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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 08:33

Les discussions actuelles sur la « la sortie des traités européens » sont proprement surréalistes. Les traités européens sont actuellement nominalement appliqués tout en étant réellement inappliqués si l'on considère le sens objectif des textes. Il suffit de considérer la politique de quantitative easing de la BCE qui gonfle le bilan central avec du collatéral dont le prix est arbitraire hors du droit commun européen et dénoncé comme tel par les Allemands eux-mêmes. Ou les normes de déficit et d'endettement public qui sont tordus dans tous les sens selon les pays pour afficher un semblant de cohérence.

Le programme de France Insoumise consiste à ne pas appliquer les textes d'une autre manière que l'actuelle afin de revenir dans la finalité d'une construction possible de l'Europe politique. Il s'agit de changer des faits contradictoires avec les traités par des faits alternatifs qui posent une réalité cohérente et acceptable aux peuples européens. De cette nouvelle réalité doit émerger les conditions politiques de possibilité économique d'une matière commune formalisable dans une délibération politique de la réalité européenne.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat Théorie
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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 17:38

La proposition de matérialiser l'empreinte écologique dans le calcul économique par la modulation des taux de TVA est puissante et concrète. Elle repose sur les principes et constats :

  1. 1. que le prix de revient à la consommation des biens et services doit provisionner le coût de régénération par produit de ce qui a été prélevé dans la nature ;

  2. 2. que le consommateur doit régler sur ses revenus le financement fiscal de l'effort nécessairement collectif à protéger le milieu naturel du bien vivre de tous ;

  3. 3. que la préservation du milieu naturel passe nécessairement par un budget public de recettes fiscales et de commandes à l'économie réelle pour investir et réparer dans des projets sur des domaines qui appartiennent aux biens communs publics collectifs ;

  4. 4. que l'économie des échanges privés entre particuliers et intérêts privés doit s'intégrer totalement sans aucune échappatoire possible dans le cadre négociable délibéré des lois, normes et actions communes publiques de préservation globale mondiale du milieu naturel.

La mutation de la TVA en impôt du bien commun naturel physique n'est rien moins que l'abandon à l'échelle de la souveraineté nationale puis de la souveraineté mondiale du non-système de pouvoir virtuel du capitalisme libéral. Si on est sincèrement et sérieusement désireux de régénérer la planète livrée au pillage libéral ainsi que nos sociétés anéanties par les intérêts oligarchiques, comment peut-on éviter un travail constitutionnel de remise à plat de l’État au moins français du vivre ensemble ?

Il faut poser objectivement la responsabilité économique politique de la nation sur le territoire naturel étatique ; lequel doit lui être attribué et reconnu par la société mondiale des nations. Il faut que les normes de protection de l'homme dans son milieu naturel de vie fassent système opératoire imposable à tout intérêt ; que les intérêts particuliers soient négociables dans une loi commune indépendante de l'économie des individus ; que la force publique de contrôle et de régulation des échanges ne soit pas financièrement capturable par un calcul économique décontextualisé de la réalité naturelle universelle.

L'enjeu est évidemment de remettre la circulation et l'accumulation du capital dans les frontières de la loi des hommes et des sociétés de nature commune. Juridiquement cela signifie que le pouvoir financier est du pouvoir judiciaire : il mesure le crédit pour émettre la liquidité monétaire de règlement des prix justes selon la loi commune professionnellement vérifiée. Le pouvoir judiciaire étant un attribut de la souveraineté ne peut pas être exercé en dehors de la personne morale d’États constitués par une même loi applicable sur un périmètre défini limité. Par conséquent, toute banque dont la prime de capitalisation n'est pas la propriété publique d'un État constitué internationalement solvable doit être mise en faillite par la constitution française.

Tout banquier doit avoir le statut de magistrat contrôlable par un organe judiciaire responsable devant le peuple souverain par un capital d'assurance fiscale. Le capital d'assurance fiscale des banquiers ne sera détenu et souscrit que par des personnes physiques qui soient citoyens de plein droit ; débiteurs de leur travail pour le bien commun et créanciers de la collectivité pour leur existence personnelle. Concrètement, le développement durable est un non sens si financé par des sociétés bancaires anonymes mais une réalité probablement vraie si financé par des compagnies (structure juridique) de citoyens ingénieux libres et responsables.

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 07:57

Titriser le travail par la monnaie, indexer la monnaie par le prix du travail

Je crois que s'il y a erreur elle n'est pas initiale mais actuelle. Elle consiste à ne pas faire la différence entre le sujet et l'objet du travail. Le libéralisme absorbe la personne sujet du travail dans son objet afin de contraindre la liberté du sujet. Grammaticalement, l'objet du travail est la conjugaison du verbe dans la réalité produite à partir du sujet mais bien hors du sujet, en altérité du sujet. Si l'objet du travail n'est pas séparable de son sujet alors le travail disparaît comme bien et comme source de bien. Le matérialisme libéral oublie que le travail a un sujet pour traiter la source du travail comme une machine ou un automate ; et donc pour acheter le travail dans les mêmes conditions qu'un simple objet matériel.

Si nous montons à la vision aristotélicienne de notre réalité platonisée, le travail est analysable dans sa matière par la forme, la finalité et l'effet. L'effet de la matière travail est alors l'effort délibéré (forme finaliste) d'un sujet vers sa fin objective (finalité matérielle). Le travail ne peut pas être une matière passive sans sujet mais un acte originé dans le sujet et finalisé dans l'objet. Comme une origine contient sa fin et qu'un objet n'existe pas finalement sans avoir d'origine, le travail ne doit pas être considéré sans la finalité qui est nécessairement dans le sujet libre et dans l'objet matériel.

Le travail réel, qui est d'un autre ordre que le travail matérialiste idéalisé dont parle le libéralisme idéologue, est un sujet pour son acheteur autant que pour son vendeur. Autrement dit, le travail est la manifestation économique du vivre ensemble dans l'intersubjectivité démocratique. Dans le régime politique de la démocratie, acheter le travail d'un autre n'a de sens que par la vente de son propre travail. Le travail échangé est la manifestation matérielle de l'éthique et de la philia qui sont la condition d'un bien commun objectivement matérialisé et subjectivement finalisé. Dans le marché aritotélicien il n'y a de prix que dans la finalisation de l'objet et dans la subjectivation de la matière par le travail.

La cause du prix est dans le travail. Acheter le travail signifie investir sa fin propre dans l'objet. Vendre le travail signifie matérialiser l'objet dans la forme de l'acheteur. Rémunérer le travail signifie échanger des fins objectives par la subectivation commune d'une matière formellement différentiable dans des objets distincts. Ces trois affirmations sont réalisées dans la monnaie qui matérialise le vivre ensemble dans une loi commune d'interdépendance subjective. Titriser le travail revient à proportionner l'émission monétaire dans une communauté de biens objectifs par le prix liquide au présent de tous les échanges de paroles, d'actes et de réalités que les acteurs citoyens jugent équivalents.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie Débat Démocratie
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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 18:23

Application pratique de la systémique de l’option dans la compensation des prix

Cette parabole théorétique développe une réponse à une demande formulée dans le Blog de Paul Jorion à propos du billet « Revenir dans la réalité ». Il s'agit de montrer grâce au paradigme aristotélicien de causalité que la monnaie est un effet du langage entre la réalité objective et la réalité subjective. La logique de la compensation ci-après décrite est immédiatement applicable à la refondation des monnaies.

Dans la structure logique aristotélicienne matière-forme-fin-effet, la forme et la fin spécifient la réalité subjective tandis que la matière et l'effet spécifient la réalité objective. La réalité objective est l'être donné à l'existence quel que soit le langage qui opère la transformation de l'être donné existant à la réalité objectivée. La réalité s'objectivise par la connaissance du sujet. La réalité inconnue d'un quelconque sujet connaissant n'a donc pas d'existence objective. C'est la réalité inconnue de quiconque objectivement inexistante qui est objet de spéculation financière. La finance libre sans fin ni forme existante monétise la logique formelle des mathématiques et du droit pour capter la réalité directement dans l'intelligence du sujet objectivant la réalité par le don de sa connaissance, c'est à dire par le commerce au sens étymologique.

La compensation ci-après racontée dans les quatre dimensions subjectives et objectives de l'effet matériel formé par la fin, établit la monnaie comme crédit de la réalité soustraite à toute spéculation gratuite. La gratuité spéculative soustrait le réel à la connaissance du sujet individuel et collectif par l'objet fictionnel ; l'objet de pur langage sans réalité vérifiable dans l'intérêt général de la société politique. La compensation des prix de la réalité travaillée dans la temporalité garantie rend la monnaie indissociable de la loi discutée par la politique dans le marché de la responsabilité personnelle collectivisée.

Le modèle de la compensation quadri-dimensionnelle met sur un même plan logique l'équilibre des transactions internationales, nationales, locales et entrepreneuriales. Implicite dans la comptabilité d'entreprise, il coordonne la gestion en monnaie de toute entreprise objective à l'intérieur d'une économie locale inscrite dans une loi nationale convertible dans un système d'échange mondial. La compensation quadri-dimensionnelle est la condition d'existence d'une monnaie mondiale dont l'euro est la préfiguration européenne moyennant le rétablissement des monnaies nationales assises sur les monnaies locales et spécialisées.

Le langage à la source de l'économie

Au commencement est un objet non nommé que Adam et Ève voient ensemble sur le même arbre. Cet objet est la matière fruitée de la matière d’un pommier. Adam dit à Ève : « pomme ». Ève répond « pomme ». Noé qui observe la scène affirme : Adam et Ève nomment « pomme » le fruit du pommier. Entre Noé, Adam et Ève, Noé a opté pour le même nom de l’objet fruité issu du pommier. Noé achète l’option de Adam et Ève de nommer la matière de la pomme par la forme « pomme ». La fin de Noé dans cette option est de former une société avec Adam et Ève pour partager la finalité de nommer la matière de la pomme par une même forme qui est « pomme ».

Dieu, nom de la parole commune de la société politique, établit le bilan de la création dénommée entre Noé, Adam et Ève :

Société Noé Adam Ève
Politique Matière Forme Finalité Matière Forme Finalité Matière Forme Finalité
Langage Pomme négociable « pomme » politique
Usage de la pomme par Noé
Pomme négociable « pomme » politique Usage de la pomme par Adam Pomme négociable « pomme » politique Usage de la pomme par Ève
Effet Noé sujet de son existence objective dans la société Adam sujet de son existence objective dans la société Ève sujet de son existence objective dans la société


Par la fin communisable de nommer la pomme par « pomme » Noé, Adam et Ève s’accordent une prime de finalité du langage ; elle consiste à discuter de la réalité de la pomme par sa forme plutôt que par sa matière. L’intérêt est de pouvoir évaluer la pomme indépendamment de sa matérialité. S’il n’y a matériellement qu’une pomme au présent commun de Noé, Adam et Ève, ils peuvent discuter de son attribution ou de son partage matériel sans avoir à abîmer la pomme. Si Noé sait cultiver les pommiers et Adam cueillir et remettre les pommes à l'auteur d'une commande, Ève peut se faire formellement promettre la remise matérielle d’une pomme l’année prochaine par Noé et Adam.

Option politique du prix en monnaie

Dans cette société d’option de la pomme formée entre Noé, Adam et Ève sur les finalités possibles que la pomme nommée « pomme » peut porter entre ces trois protagonistes, Abraham intervient et propose la loi suivante : convenons que si Noé et Adam promettent de livrer une pomme à Ève l’année prochaine, alors cette pomme vaut 1. « 1 » est le prix de la pomme pour Noé, Adam et Ève livrée par Adam à Ève dans un an. Ce prix de 1 est déterminé par la volonté commune de la société d'option pour un certain « état » politique de la connaissance collective et réciproque de la demande de pomme et des conditions de réalisation de l'offre possible de pomme. En l'occurrence la définition de l'unité monétaire à la valeur d'1 pomme fixe le prix de cet état à un instant conventionnel à partir duquel les variations collectivement mesurées de l'état font monter ou baisser la parité monétaire en pomme.

A la proposition de loi, Abraham ajoute que si jamais, Noé, Adam et Ève se retrouvaient à apprécier la pomme livrée à Ève à 0,8 du fait que la réalité produite ne vaudrait plus 1 comme anticipé mais réellement 0,8 à cause du goût de la pomme différent de celui attendu ou de la pomme véreuse malgré les efforts de Noé, alors Abraham prend à sa charge 0,2. Selon la loi proposée et garantie par Abraham, à la livraison de la pomme à Ève, celle-ci règle le prix réel à Adam. Abraham règle à Noé l’éventuelle différence de valeur négative sur le prix nominal : ce règlement de « valeur » s'exprime dans une délibération politique de la société d'option où l'on prononce la cause de la perte « payée » par Abraham.

Abraham accepte à l'avance pour une prime, en l'occurrence de 20% du prix nominal de 1, de ne pas pas percevoir ce prix si la réalité à terme est jugée inférieure à la prévision nominale. Adam et Noé sont donc certains de toucher une créance politique de 0,8 en monnaie quoiqu'il arrive au-delà de leur volonté engagée face à Ève et Abraham. A la prime de réalité du langage commun, Abraham ajoute la prime de négociabilité du prix de la réalité dans un état monétairement étalonné de la réalité politiquement connaissable, la société se donne une liberté. La compréhension partageable de la parité monétaire en pomme rend le prix de la pomme négociable selon une offre et une demande rationnellement variables.

Transformation politique du crédit en travail

Chaque acheteur ou vendeur de la pomme peut faire varier sa position selon le rôle qu'il entend jouer par rapport à lui-même et aux autres référencés à une même origine de prix du temps. La loi primaire de la monnaie ajoutée à la loi nominale de la parité monétaire fixe la référence monétaire dans quatre dimensions : le nom, le prix, la prime et la temporalité de toute chose. La prime est la variabilité du prix dans le temps ; donc le prix de l'incertitude inhérente à la variabilité des acteurs du prix par rapport à eux-mêmes dans leurs relations d'échange entre eux. La loi politique rend tous les échanges quantifiables afin de faire croître la valeur dans le temps compté certifiable.

Le temps compté certifiable est le jugement politique ouvert et obligatoire de la valeur inférieure à la réalité, situation révélée par le prix réel à l'échéance inférieur au prix nominal à l'origine. Dans le cas d'une perte de valeur du réel sur le nommé en monnaie, la prime achetée par la parole d'Abraham oblige la société à qualifier la perte constatée à l'échéance. Si la perte est jugée non réparable, Abraham doit puiser dans la réalité de son capital disponible un objet de substitution qui est acheté par Ève, Noé ou Adam au prix de la perte qui est alors liquidée. Si quelqu'un juge qu'il peut réparer la perte à terme, alors il l'a rachète par une prime : Abraham reste débiteur du prix de la perte à celui qui l'a lui rachète en vendant une réalité potentiellement supérieure à un nouveau terme négocié.

L'obligation de jugement politique permanent et ouvert par le prix négocié de toute promesse est le « crédit » : crédit réciproque d'un acheteur à terme à un vendeur à terme d'accord sur la chose et sur le prix dont la réalité nommée est certifiée par un acheteur de la prime de crédit. La prime fait le crédit du présent venant du passé en représentant la valeur réparable non produite dans le passé. La prime fait également le crédit du présent au futur ; elle actualise le prix de la valeur engagée dans la réalité nommée livrable à une échéance négociée. La transformation actualisant la prime du passé en prime du futur se nomme « travail ». Le travail transforme réciproquement la valeur en réalité par le prix.

De la loi de l'échange monétisé, Adam et Noé qui se chargent de transformer la réalité sous le prix promis, peuvent alors négocier le prix de leur travail investi dans la livraison promise à Ève. Le travail de production de la pomme est nommé par son résultat défini en réalité vérifiable et en prix. Ni Noé, ni Adam ne connaissent à l'avance la productivité de leur travail par rapport au temps qu'ils passent à élaborer et exécuter un processus de transformation efficace en qualité et en quantité. Noé et Adam négocient leur coopération sur le prix qu'ils accordent à leur travail respectif nécessaire au service effectif de la commande d'Ève ; ils doivent partager l'incertitude de ce prix en décidant qui renoncera à la rémunération du supplément éventuel de travail à fournir Ève au prix promis.

Comptabilité monétaire du travail

Imaginons que l'accord de travail partage le prix de la pomme pour moitié à la culture du pommier et pour l'autre moitié à la cueillette-livraison. Imaginons que toute l'incertitude de productivité du travail porte sur la culture. Pour un prix livré de 1, Adam et Noé conviennent de s'attribuer 0,7 pour la culture et 0,3 pour la cueillette livraison. Par cet accord, le risque de la production est évalué à 40% du prix livré et repose entièrement sur Noé qui assume la culture. Adam et Noé seront rémunérés avec certitude à hauteur de 0,3 pour leur travail. Et Noé s'attribuera 0,4 en plus sur le prix pour supporter par son travail toute surcharge quelconque nécessaire à la livraison effective d'Ève.

La loi proposée par Abraham est le service de la monnaie et du crédit. Si Noé, Adam et Ève l’adoptent, elle permet dès l’accord de vente à terme de la pomme de créditer 1 à Ève et de débiter 1 à Noé et Adam. Noé et Adam sont bénéficiaires d’un crédit de 1 sur 1 an par quoi ils deviendront propriétaires d’une créance de 0,8 dans 1 an si tout se passe comme prévu. Abraham responsable du service matériel public du crédit de la loi, du marché et de la monnaie, se fait rémunérer son service qui suppose de combler l’éventuel différentiel de prix marchand entre le nominal et le réel dans un an. Dans le cas présent, Noé reverse la moitié de sa prime de travail pour garantir la parité monétaire de 1 unité de crédit à 1 an pour une pomme.

Dieu, l'acteur de l'origine logique de la confiance vérifiable, comptabilise le crédit de la société initiée par Abraham :

Tableau de compensation Le crédit est à 4 dimensions : objet, travail, prix et prime. La relation d'équilibre des valeurs monétaires à l'intérieur de chaque dimension est déterminée exclusivement dans la subjectivité des personnes, de l'ensemble sociétal et de la langue financière formulant les règles de compensation. La règle de la compensation quadri-dimensionnelle est l'obligation politique d'équilibre général des équilibres singuliers :
  • 1 Pour chaque personne, le prix en monnaie des matérialités égale le prix en monnaie des finalités.
  • 2 Pour l'ensemble de la société sur chaque objet de transformation, la somme des prix dûs égale la somme des prix attendus
  • 3 Pour l'ensemble de la société sur tout objet transformable, le capital matériellement détenus par les uns et finalement engagé par les autres s'équilibre par la liquidité monétaire qui est finalité matérielle ou matérialité finale sans objet défini
Abraham Noé Adam Ève
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
0,2 Pomme
virtuelle
  0,8 Pomme
investie
    Pomme productible La finalité produite consommable est
due à la société
Pomme consommable
à terme
1
1 Travail
virtuel
0,8 0,8 Travail 0,3 0,3 Travail     Demande d'élaboration
1
3 Prix 1 1 Prix 1 1 Prix 1 1 Prix 3
0 Prime 0,2 0,5 Prime Dans sa confiance totale, Adam vend toute son incertitude du futur à Noé Prime 0,3   Prime  
Capital social collectif 2,2 Capital productif réel 1,8
    4 Demande générale liquide  
Compensation logique individuelle et collective La finalité est due à l'autre, la matérialité est à soi et la formalité est passage de la finalité dans la matière
Abraham Noé Adam Ève
Forme Forme Forme Forme
Pomme
virtuelle
Pomme
investie
Pomme productible Pomme consommable
à terme
Le prix du virtuel matériellement dû égale le prix du finalement réalisable
Travail
virtuel
Travail Travail Demande d'élaboration
Le prix du travail à effectuer est réparti à l'origine entre tous les acteurs
Prix Prix Prix Prix Le prix total de toutes les tâches de transformation du virtuel en réel est réparti entre tous les acteurs productifs ; la dette de finalité d'Ève est virtuelle
Prime Prime Prime Prime La prime matière circulante de la présence du prix assure le règlement à terme du crédit de tous les prix matériellement dûs par les prix finalement attendus
Capital social collectif Capital productif réel   Demande générale liquide La liquidité est la matérialité formée dans la finalité politique collective. La liquidité monétaire de la société est l'excédent de demande liquide sur le capital soit
4 - 2,2 - 1,8 = 0
  Principes personnels de quantification des finalités : exemples d'occurrence interprétative des positions personnelles de compensation
Abraham La finalité d'Abraham est de tirer de la fomulation des lois de transformation de la pomme virtuelle en pomme réelle une possibilité de pouvoir d'achat de 0,2 si la société est effectivement servie
Noé La finalité de Noé est d'acquérir par son travail au service d'Adam et par son innovation productive au service de la société un pouvoir d'achat quelconque de 0,7 au mieux et de 0,3 au pire
Adam La finalité d'Adam est d'acquérir par son travail au service d'Ève un pouvoir d'achat quelconque de 0,3 sur la société
Ève La finalité d'Ève est d'être livrée d'une pomme dans un an contre le crédit actuel de 1 à Adam


La démocratie réalisée par la monnaie

Abraham, Noé, Adam et Ève sont démocrates, également dignes de délibérer du bien collectif singulier. Ils estiment qu’aucun d’entre eux ne doit avoir de privilège particulier à évaluer le prix de quoi que ce soit. Comme l’écart à terme de prix possible entre le prix nominal et le prix réel de la pomme dépend de multiples facteurs dont la pondération et le poids final ne sont pas absolus ni dans le prix nominal, ni dans le prix réel, les quatre appellent David pour superviser le marché du « risque » personnel et collectif qu’ils prennent ensemble. Par rapport au prix nominal de 1 de la pomme, chacun peut vendre ou acheter la prime. Chacun des quatre acteurs du risque financier fait sa propre estimation de l’écart à terme en pourcentage du prix nominal de 1.

Entre la matière et la finalité de toute chose nommée, le risque n'est pas une chose de nature mais de langage. En matérialisant le risque par la prime issue de la négociation du prix de la chose, la loi proposée par Abraham impose la responsabilité du risque. Elle oblige tout acteur acheteur ou vendeur de la chose ou du prix à diviser le nominal en réalité jugée certaine et en réalité laissée incertaine jusqu'au terme négocié. Abraham instaure la loi politique du risque qui autorise la légalisation mathématique du risque par la théorie de la quantité. Sans négociabilité systématique de la prime, le « marché » est un chaos où la réalité n'a plus de prix car personne n'en achète ni n'en vend la matière et la finalité.

Après calcul de la moyenne des estimations, la compensation des primes déclare ceux qui sont en dessous de la moyenne acheteurs de la prime pour le montant de leur écart avec la moyenne tandis que les autres sont vendeurs pour le montant de leur écart avec la moyenne. David dépositaire de la confiance tient les comptes de compensation :

Abraham Noé Adam Ève
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
0,2 Pomme
virtuelle
  0,8 Pomme
investie
    Pomme productible

Pomme consommable
à terme
1
1 Travail
virtuel
0,8 0,8 Travail 0,3 0,3 Travail     Demande d'élaboration
1
3 Prix 1 1 Prix 1 1 Prix 1 1 Prix 3
0 Prime 0,2 0,5 Prime     Prime 0,3   Prime  
0,3 Achat/vente     Achat/vente 0,5 0,1 Achat/vente   0,1 Achat/vente  
Capital social collectif 2,5 Capital productif réel 1,3 Capital financier collectif
0,1 4 Demande liquide  0,1
Ève ne s'étant pas mise en position d'offre du réel achète sa prime sur le système général de compensation auquel elle offre de la liquidité par la confiance qu'elle ressent
La liquidité monétaire de la société est l'excédent de demande liquide sur le capital soit
4 - 2,5 - 1,3 - 0,1 = 0,1
  Principes personnels de quantification des finalités : exemples d'occurrence interprétative des positions personnelles de compensation
Abraham Abraham croit que Noé sous-estime l'amélioration vraisemblable des techniques de production : il est acheteur net de 0,3 de liquidité supplémentaire sur le prix de vente à terme
Noé Noé croit à la possibilité de vente à terme supérieure à l'actuelle ; mais ce supplément reste incertain ; Noé l'évalue à 50% du prix à terme de la commande d'Ève
Adam Adam croit que le potentiel de réévaluation du prix à terme des ventes est suffisant pour qu'il risque 33% de la rémunétation de son travail dans une perte éventuelle sur le prix de la livraison effective qu'il fera à Ève
Ève Ève croit que le prix de sa satisfaction à terme sera tel qu'elle risque 10% de son engagement à terme en cas d'événement défavorable pour ne régler que 90% du prix promis si sont anticipation se vérifie

A l’échéance, les acheteurs de la prime doivent combler la perte éventuelle sur le prix nominal de la pomme. Si le prix nominal de la pomme reste en dessous du prix réel, les acheteurs de la prime gardent la prime pour eux. La prime devient plus-value en étant réglée par les vendeurs primaires d’origine garants du prix réel de la pomme pour Ève. Le règlement des vendeurs primaires se fait par constatation d’une créance sur les acheteurs primaires acheteurs du crédit des nouvelles commandes négociées.

Compensation financière par l'appréciation réelle du crédit

A l’issue du cycle de production de la pomme au prix de 1, la créance d'Ève sur Noé et Adam a été remboursée par la livraison effective dont David est témoin impartial. Si le prix réel de la pomme s’est révélé au-dessus du prix nominal par le marché surveillé par David selon la loi d'Abraham, alors les acheteurs primaires se retrouvent créanciers en monnaie de la collectivité à hauteur de la plus-value réelle sur le crédit originel du prix de la pomme. Dans ce cas, les vendeurs primaires deviennent débiteurs de la collectivité à hauteur de la valeur réelle gagnée par les acheteurs primaires à l’échéance de l’option de la pomme. Les acheteurs primaires deviennent donc débiteurs de la réalité de la production de valeur qui résulte de la société qu'ils forment dans une demande renouvelée d'objets consommables.

Voici le bilan comptable de la production et de la livraison à partir de la situation précédente dans le cas où le réel advient exactement comme prévu :

Abraham Noé Adam Ève
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
0 Pomme
virtuelle
  0 Pomme
investie
    Pomme productible

1
Pomme consommable 1
1,2 Travail
virtuel
0,9 0,9 Travail 0,5 0,5
Travail     Demande d'élaboration
1,2
0,5 Prix 0,4 0,4 Prix 0 0,4 Prix 0 0 Prix 0,9
0,2 Prime 0 0,1 Prime     Prime 0,1   Prime 0,2
Capital social collectif 0,6 Capital productif réel 0,9 Capital financier collectif
0,8 2,3 Demande liquide  
Compensation logique individuelle et collective La situation représentée fait abstraction des besoins de consommation de tous les acteurs, de l'offre de production d'Ève et des compensations qui s'opèrent entre offres et demandes réelles sur des produits diversifiés
Abraham Noé Adam Ève
Forme Forme Forme Forme
Pomme
virtuelle
Pomme
investie
Pomme productible Pomme consommable
à terme
Ève dispose de l'effectivité du livrable au prix nominal d'origine
Travail
virtuel
Travail Travail Demande d'élaboration
Les prix et primes enregistrés font crédit d'une réalité anticipée par l'option de la société à continuer de travailler selon les savoir faire individuels exprimés dans le passé transformables en futur 
Prix Prix Prix Prix Ève n'ayant pas vendu de travail en couverture de sa commande se retrouve débitrice de la collectivité à hauteur du prix de la pomme diminué de la prime achetée par Ève sur la stabilité vérifiée du crédit systémique
Prime Prime Prime Prime Chacun a passé des ordres d'achat vente de prime selon sa position de commande, de travail, de crédit ou de capital à l'issu du cycle de production ; les ordres primaires marquent la confiance investie dans la productivité à terme de la société politique
Capital social collectif Capital productif réel   Demande générale liquide Liquidité monétaire : 2,3 - 0,6 - 0,9 - 0,8 = 0
En l'absence de commande ferme pour substantifier la demande, la liquidité tend à rester nulle

A l’issue du cycle de production, la croissance de la valeur réelle supérieure à la croissance nominalement anticipée dans le prix nominal de la pomme génère une croissance de la masse monétaire constituée de la position primaire de marché. La demande potentielle s’accroît pour refléter la croissance de l’offre potentielle que la valeur réelle de la pomme livrée représente sur l’offre nominale. L’offre nominale peut logiquement être maintenue dans un nouveau cycle de production de la pomme qui doit pouvoir être reconduit pareil à lui-même grâce à la compétence professionnelle prouvée par Noé et Adam.

Réconciliation compensatoire du crédit à la réalité

Si à l’issu du cycle de production de la pomme, le prix réel est inférieur au prix nominal, les acheteurs primaires perdent la prime qu’ils doivent reverser aux vendeurs primaires. Et les vendeurs primaires doivent utiliser les ordres d'achat primaire à combler la perte de crédit de Noé et Adam sur Ève. Si cette perte de crédit est de 0,3 et si Ève se fait intégralement dédommagée, Abraham devient débiteur net de Noé qui se trouve lui-même débiteur de la collectivité à hauteur du travail intégralement réglé à Adam selon la prime de travail vendue par Adam. Voici un bilan de compensation :

Abraham Noé Adam Ève
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
0 Pomme
virtuelle
  0 Pomme
investie
    Pomme productible

0,7
Pomme consommable 1
0,9 Travail
virtuel
0,7 0,7 Travail 0,3 0,3
Travail     Demande d'élaboration
0,9
0,4 Prix 0,3 0,3 Prix 0 0,2 Prix 0 0 Prix 0,6
0,2 Prime 0 0,1 Prime     Prime 0,1   Prime 0,2
Capital social collectif 0,5 Capital productif réel 0,8 Capital financier collectif
0,4 2 Demande liquide  
Compensation logique individuelle et collective La situation représentée fait abstraction des besoins de consommation de tous les acteurs, de l'offre de production d'Ève et des compensations qui s'opèrent entre offres et demandes réelles sur des produits diversifiés
Abraham Noé Adam Ève
Forme Forme Forme Forme
Pomme
virtuelle
Pomme
investie
Pomme productible Pomme consommable
à terme
Ève est livrée d'un objet de prix réel inférieur au prix nominal
Travail
virtuel
Travail Travail Demande d'élaboration
Les prix et primes enregistrés font crédit d'une réalité anticipée par l'option de la société à continuer de travailler selon les savoir faire individuels exprimés dans le passé transformables en futur 
Prix Prix Prix Prix Ève se retrouve débitrice de la collectivité à hauteur du prix de la pomme net de la prime versée en dédommagement et de la prime achetée par Ève sur la stabilité vérifiée du crédit systémique
Prime Prime Prime Prime Chacun a passé des ordres d'achat vente de prime selon sa position de commande, de travail, de crédit ou de capital à l'issu du cycle de production ; les ordres primaires marquent la confiance investie dans la productivité à terme de la société politique
Capital social collectif Capital productif réel   Demande générale liquide Liquidité monétaire : 2 - 0,5 - 0,8 - 0,4 = 0,3
La liquidité importante traduit la confiance dans le futur issue de la résilience systémique en dépit des pertes enregistrées

Pour que le consentement des acteurs créditeurs de la société ne soit pas forcé à conserver une créance après une perte de crédit substantielle, et comme David, Abraham, Noé, Adam et Ève forment une société démocratique, ils conviennent d’une loi de garantie légale du crédit subordonnant l’option du prix de la pomme à l’option politique du crédit de la pomme. Pour que Abraham, Noé, Adam et Ève puissent participer à la négociation de la prime de la pomme, il faut qu’ils vendent leur prime de crédit générique sur le marché surveillé par David institué débiteur de l'intérêt général à la réalité garantie du crédit systémique. Chaque offreur ou demandeur de la prime du prix nominal de la pomme propose un prix nominal de son crédit à acheter la prime de liquidité systémique.

Economie politique de la liquidité vérifiable du réel

Le prix nominal du crédit à garantir le prix de la pomme constitue une évaluation de la capacité de Abraham, Noé, Adam et Ève à anticiper la valeur réelle de la pomme, son prix nominal en risque monétaire et son coût de production en prix du travail de Noé et Adam. La prime de crédit de chacun des acteurs de marché est évaluée selon son rôle et ses compétences. Chaque acteur ne peut être que vendeur de sa prime de crédit pour le crédit nominal qu’il souhaite avoir sur l’achat de la prime du prix de la pomme.

Tout acheteur primaire du crédit d’un autre devient garant des engagements de crédit du vendeur de la prime de crédit. Cela signifie qu’un vendeur de prime de crédit est garanti sur tous les réglements qu’il doit effectuer en tant qu’acheteur primaire du prix nominal de la pomme. Par ce dispositif, Ève acheteur final de la pomme, n’a plus aucun doute sur la livraison de la pomme, sur son prix réel et sur la valeur réelle de la monnaie étalonnée par la pomme. Voici à partir du précédent bilan, le bilan de compensation après mise en oeuvre du calcul de la prime de liquidité systémique sous le nom de David :

Abraham Noé Adam Ève David
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
  Pomme virtuelle
  Pomme
investie

  Pomme productible   0,7 Pomme consommable 1 0,2 Existence effective du marché
0,2
0,9 Travail virtuel 0,7 0,7 Travail 0,3 0,3 Travail
  Demande d'élaboration
0,9 0,2 Élaboration collective de la Loi
0,2
0,4 Prix 0,3 0,3 Prix   0,2 Prix
  Prix 0,6 0,2 Compensation crédit 0,2
0,2 Prime   0,1 Prime
  Prime 0,1   Prime 0,2 0,2 Fiscalité 0,2
Capital social collectif 0,5 Capital productif réel 0,8 Capital financier collectif
0,4 2 Demande liquide   0,3 Liquidité monétaire consolidée  
Tout capital est public et décomposable en primes désignant nommément les personnes responsables du prix à terme de la réalité engagée au service d'un acheteur final. Le capital effectivement apprécié par le marché régi par la loi politique est nécessairement subordonné au droit universel des personnes
Capital politique de crédit public 0,3

Financer le prix politique de l'échange humanisé

Si les doutes matériels ou formels de la société politique sont levés à l'intérieur de la compensation sur la valeur réelle du crédit par l'appréciation du capital politique de crédit public, alors tous les citoyens peuvent négocier en sûreté d'eux-mêmes par les autres les prix de leurs offres et demandes. La certitude du droit par la loi, les prix, le crédit et la valeur de la monnaie en objets intégralement négociables en 4 dimensions est l’option généralisée de tous les facteurs politiques de la valeur personnelle. La loi génère la valeur par la responsabilité de marché. La négociation de tous les prix est la liberté de tout sujet ; le crédit personnel est impérativement garanti par toute la société présentée dans le marché par l'autorité politique collective incarnée par David.

La fiscalité est la prime de crédit public réglée en monnaie sur tous les objets de valeur politique instaurés dans le marché. Tout travail est vente de prime fiscale afin de garantir par le budget commun la transformation du crédit en réalité bénéfique à toute la société. En reversant aux personnes une fraction des primes fiscales achetées par David au nom du bien commun, la société politique assure l'intégrité des ordres primaires de commande, de travail et d'investissement de tous les objets échangés dans la compensation.

La définition de la monnaie par le crédit de la pomme est reproductible sur n’importe quel objet qu’un citoyen puisse offrir et produire au bénéfice d'un autre citoyen acheteur final. La valeur de la monnaie est un effet du crédit qui résulte des options de la réalité objective nommées entre les citoyens en discussion sur le marché. La réalité objective est nécessairement une matière livrable formée par la finalité définie dès l’origine du prix nominal entre l’acheteur, le vendeur, l'acheteur primaire, l'acheteur du crédit et l'acheteur politique du risque systémique.

Conditions logiques de la stabilité financière

La réalité de l’objet nommé est systématiquement couverte par la vente du prix qui produit une prime. La croissance de la masse monétaire est strictement proportionnelle à la garantie primaire des prêts et emprunts de la valeur réellement en cours de production sous le prix nominal au présent dans n’importe quel horizon futur. Comme la réalité bénéfique du futur est virtuelle donc exclusivement subjective, comme les rôles sont interchangeables dans la démocratie et comme la matérialité n'est véritablement prouvée qu'à l'instant de l'échange final entre l'objet livré et le règlement monétaire, il est impossible de différencier le réel du virtuel hors de l'autorité subjective de l'État présente dans le marché.

Comme la parole de l'État est la parole de tout citoyen, et comme l'autorité de l'État est exclusivement générale sur tout intérêt particulier, il est nécessaire de séparer dans les personnes incarnant l'autorité, l'intérêt général de l'intérêt privé particulier. La séparation des intérêts entre le réel et le crédit est la mission d'Abraham acheteur en dernier ressort du crédit par le réel. Les ordres de vente ou d'achat de David ne peuvent donc porter que sur les primes de crédit des citoyens y compris d'Abraham. La prime de crédit de David est exclusivement achetée par les citoyens hormis David ; elle est comprise dans les versements de prime fiscale à l'intérieur desquelles David effectue tous ses propres règlements. David est à l'inverse d'Abraham acheteur en dernier ressort du réel par le crédit.

Le Taux de prime fiscale applicable aux règlements du marché est voté par tous les citoyens sauf David. Le marché régi par la loi politique assure la publicité de tous les règlements afin de les intégrer dans le calcul législatif de la prime fiscale de stabilité systémique. Le marché est voulu par la société politique afin de poser les limites de stabilité de la monnaie dédiée à la matérialisation des prix selon la loi commune vérifiable. La vérité légale du réel est achetée en dernier ressort par David pour garantir le crédit d'Abraham ; la vérité réelle de la Loi est achetée en dernier ressort par Abraham dans la prime de crédit de David. La réalité légale de la vérité nommée par la démocratie est achetée par Ève, Adam, Noé et Abraham dans les primes fiscales votées par les acteurs de la réalité sous-jacente au crédit.

Responsabilité sémantique

Réalité subjective nominale Ève Adam Noé Abraham David Activité du sujet
Action subjective Consommation Production Investissement Crédit Gouvernement Agir
Activité financière objective Achat Vente Achat primaire Vente primaire Jugement politique Penser
Matérialité financière Réelle juridique Réelle économique
Réelle politique politique matérielle politique formelle Vouloir
Finalité Vivre Connaître Comprendre Confier Dire Aimer
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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 18:06

Pdf : Système de la monnaie de justice

L'effondrement en cours de l'économie mondiale sanctionne l'erreur de conception de la monnaie en vigueur depuis le XIXème siècle : la possibilité d'émission privée de la monnaie hors du contrôle public de la souveraineté du droit. Si la finalité de la monnaie est de mettre en œuvre la responsabilité rationnelle du calcul économique, les unités de compte monétaire actuellement en circulation ne sont pas ajustées aux différents niveaux d'exercice de la souveraineté. Les droits du travail ne sont désormais plus appliqués dans la concurrence internationale où plus aucun système juridique ne prédomine. La rémunération insuffisante du travail entraine une rentabilité négative du crédit à l'économie réelle donc la destruction nette du capital réellement investi dans le financement de la croissance humaine.

Le monde s'engage dans une dépression radicale sauf à réformer la monnaie. Le système existe, permettant de ré-indexer la monnaie sur la réalisation du droit délibéré et appliqué par la souveraineté politique. L'autorité politique doit s'adosser à un marché financier de compensation dans une monnaie qui lui soit propre mais convertible dans les autres monnaies de souveraineté politique. La compensation centrale publique de la monnaie crée une indexation de la liquidité sur la justice, la réalité objective, le crédit et le risque d'investissement.

La théorie de la stabilité monétaire existe depuis Aristote également théoricien de la démocratie. Mais pour réaliser pratiquement un équilibre général et durable des prix dans la croissance économique, il faut établir la dignité du travail comme offre et demande légitimes monétisée de la personne humaine garantie par la société politique. Alors l'émission monétaire peut être proportionnée à l'efficacité économique du droit à produire les biens et services désirables et nécessaires du vivre ensemble.



Les quatre causes monétaires du prix  ↑

Depuis Aristote la monnaie a trois fonctions essentielles : exprimer les prix, régler des droits de propriété et stocker du pouvoir d'achat réel dans le temps. Parce que la monnaie quantifie le prix du temps humain travaillé, elle exprime ce que les choses coûtent à l'homme pour qu'il réalise les droits qu'il s'accorde. Le prix des choses produites échangées contre monnaie contient trois ingrédients fondamentaux : du temps de travail, des droits de propriété et un usage de la chose conforme au droit ; conforme donc à la finalité que lui a donnée le travail effectivement investi dans la chose par celui qui la produit.

Les trois fonctions monétaires s'appuient sur une quatrième fonction intrinsèque à la raison d'être de la monnaie : représenter l'équilibre du travail avec la réalité des choses politiquement formées en droit. La monnaie a une fonction de rémunération du travail dans le droit instauré par la politie ; le droit à produire les choses au prix où elles sont consommées. Le signe monétaire n'est pas dissociable du contexte politique dans lequel les droits du travail sont définis, réglés, réalisés et conservés. La monnaie est un service public d'économie. Et l'économie est la rémunération du travail par la mesure de la justice.

L'effondrement en cours du système monétaire et financier a clairement son origine dans la disparition de la fonction judiciaire de la monnaie. La délibération des droits du travail, l'application de la loi à la production et l'assurance des personnes physiques ne sont plus financées et garanties par la fiscalité. La monnaie est une titrisation de la rémunération du travail par la loi politique. Ainsi les titres peuvent s'accumuler du passé et se capitaliser sur le futur. La titrisation monétaire internationalisée et dérégulée a éliminé de son champ la rémunération du travail dépensé et consommé au présent. La libre circulation internationale du capital monétisé a démonétisé les droits du travail entre pays et entreprises concurrents.

Perte de la fonction judiciaire de la monnaie  ↑

Les emprunts de capital à l'échelle du monde sont désormais disproportionnés par rapport à la rentabilité des investissements ; le remboursement et le paiement des intérêts sur l'usage du capital emprunté est très au-dessus de la rémunération du travail mesurant la production réelle. Le pouvoir politique divisé à l'échelle de l'économie mondiale ne reconnaît aucune réglementation collective du crédit en capitalisation du travail. Toutes les responsabilités publiques d'équilibrage du crédit par le droit du travail et de régulation du crédit par la politique monétaire ont été abandonnées aux intérêts privés internationaux ; lesquels sont par nature exemptés de loi du vivre ensemble.

La fonction judiciaire de la monnaie matérialisant la loi commune appliquée n'existe plus dans une finance et une monnaie totalement privées ; le pouvoir politique surendetté n'a plus les moyens financiers d'imposer l'arbitrage du bien commun. Pour masquer provisoirement le déséquilibre systémique entre les dettes et l'économie réelle, le pouvoir politique et financier tente de forcer la rentabilité des investissements en rognant les droits du travail, en abaissant autoritairement la rémunération du travail et les investissements publics dans le développement humain.

L'insolvabilité des banques et des États est définitive dans le régime monétaire de la désincarnation du travail par la titrisation des prix ; elle entraîne l'écroulement de l'euro et de tout le système des règlements internationaux en dollar. Aucun rétablissement de la croissance économique réelle, de la solvabilité des emprunteurs, de la stabilité des monnaies et de l'équilibre des prix entre travail, capital et crédit n'est envisageable sans réformer l'émission monétaire issue du crédit public engendrant le crédit privé. La réforme est déjà en gestation sous la pression des réalités ; mais improvisée et anarchique, elle n'identifie pas le travail humain dans l'économie monétaire.

Conditions systémiques d'une restauration des monnaies  ↑

La première transformation engagée depuis 2007 est la dévaluation des monnaies en prix réels. La production de liquidités par les banques centrales soutient les prix du capital aux dépens des prix du travail. La deuxième transformation engagée est une administration partielle des changes internationaux par les banques centrales afin de dévaluer les monnaies des pays déclarés les plus endettés. La troisième transformation est le rehaussement des exigences réglementaires de capital minimum des institutions financières. La quatrième transformation est l'abandon des politiques publiques de relance par les revenus du travail.

Aucune de ces transformations n'est efficace en l'absence de rétablissement de la fonction judiciaire de la monnaie. L'absence de marché des changes public mondial, de cotation transparente des actifs déposés contre liquidité monétaire, de mesure de la liquidité réelle du capital des banques et de règles objectives de comptabilité publique interdit tout ajustement du règlement des prix à une évaluation vérifiable de la justice des transactions financières.

La conformité des transactions aux droits du travail imposerait quatre degrés de régulation, d'émission, d'étalonnage et de vérification des prix en monnaie. Le travailleur ne peut pas être respecté dans ses droits si l'acheteur final du produit du travail n'en règle pas le prix en monnaie où qu'il se trouve dans le monde. La monnaie est systémiquement injuste qui ne peut pas transformer les droits du consommateurs en droits du travailleur. La monnaie représentant l'équité du droit entre les producteurs et les consommateurs est nécessairement : économiquement mondiale, juridiquement nationale, concrètement locale et objectivement entrepreneuriale.

Les quatre facteurs de la méta-stabilité monétaire  ↑

Sans ses quatre appuis logiques, la monnaie instruit l'auto-destruction de l'homme. Or la monnaie internationale n'existe pas vraiment ; elle doit mesurer le crédit entre des zones monétaires appliquant des droits différents. La régulation politique du travail a en effet des rentabilités économiques différentes ; les différentiels de rentabilité doivent être réglés par des crédits remboursables garantis des zones monétaires les plus efficaces aux zones importatrices nettes de biens et services. Les monnaies nationales n'existent pas non plus. Elles sont la mesure de la responsabilité publique collective à l'application du droit dans la production et la consommation. Au sein d'un marché mondialisé par la libre circulation des biens et des monnaies, la responsabilité du droit appliqué n'est pas identifiable.

Sans monnaies nationales, les gouvernements sont libres de masquer le prix réel de leurs décisions relatives au bien commun alors qu'ils en sont dépositaires par essence. Ils peuvent régler les importations en monnaie nationale pour acheter du travail à l'étranger sans vérifier l'application des normes qu'ils édictent dans leur souveraineté ; ou régler les exportations en monnaie étrangère pour ne pas rémunérer en droits nationaux le travail domestique. Le partage de l'euro entre plusieurs États dépourvus de monnaie nationale induit désormais une course à l'abaissement des droits et de la protection sociale du travail au niveau des pays les moins diligents.

Les monnaies locales, marginales dans l'actuel système économique, ont pour finalité de coaliser les responsabilités publiques et privées, individuelles et collectives sur des objectifs locaux de droit et d'économie. L'efficacité économique d'une norme ou d'un ensemble de normes est mutualisée entre les utilisateurs de la monnaie locale. La monnaie carbone gèle par exemple l'émission de gaz à effet de serre sur un territoire. Une monnaie régionale établit un équilibre local des prix ; l'effort économique de la société d'un territoire localisé est rémunéré distinctement des équilibres régionalisés voisins ou de l'équilibre national ou international.

Au quatrième niveau sont les monnaies entrepreneuriales ; les monnaies internes aux personnes morales à objet juridique délimité et propre. La comptabilité d'entreprise est d'origine un système de monétisation des prix internes à une production spécifique ; elle mesure les coûts d'une certaine production afin de calculer la rémunération possible des salariés, des fournisseurs, des créanciers, des dirigeants et des actionnaires. Le capital comptable sert à couvrir les erreurs de calcul et à stocker les plus-values qui financent les investissements spécifiques à l'objet social d'entreprise.

La confiance monétaire garantie par la liberté vraie du travail  ↑

Ce qui interdit de penser les quatre niveaux nécessaires d'un système monétaire stable, c'est la négation dans le savoir politique collectif contemporain de la liberté de négociation des finalités humaines sociales et personnelles. Le risque de moins-value sur la mesure du prix, sur la norme adoptée ou sur la décision prise est ainsi rendu indiscutable et imputé par défaut sur le droit du vendeur de travail producteur effectif de biens. Le calcul de la plus-value peut ainsi être forcé pour démontrer la solvabilité des décisions politiques et financières humainement irresponsables.

L'interdiction de délibérer des finalités dans la matière monétaire du prix dissocie l'économie de la justice. Chaque système juridique se juge à l'intérieur de lui-même sans comparaison possible avec d'autres. L'étalonnage des normes politiques, sociales et économiques par la monnaie impose une règle de convertibilité à l'intérieur de chaque système. La disposition d'un pouvoir d'achat en monnaie est étalonné en droit de l'unité de compte si la contrepartie du droit vendeuse du sous-jacent reste libre entre la chose, ou le crédit du prix d'une chose indéterminée au présent ou encore la conversion transparente du droit dans une autre unité de compte. La liberté qui fait monnaie permet l'indécision entre la chose, le prix et la loi sous la garantie de tout droit de la personne autorisée à choisir les échéances qui formeront sa décision.

Une monnaie est stable si son porteur quelconque reste libre du moment et de l'objet de son achat sans perdre la garantie de son droit. La liquidité des prix est une réalité juridique réglée par l'autorité politique régulant la finance. La liberté d'appréciation des choses par la monnaie est réglée par convertibilité libre, transparente, permanente et garantie entre les unités de compte monétaire. Cette règle implique la constitution d'une réserve de change collective afin de mutualiser dans la durée les pertes et gains de conversion imposés par les échanges extérieurs et la confiance intérieure.

Prix monétaire de la responsabilité du bien commun  ↑

La convertibilité monétaire est un principe de responsabilité économique publique de l'autorité politique. L'appréciation libre de l'autorité publique implique de pouvoir mettre des créances légitimes à l'abri des décisions publiques abusives ou erratiques ; donc de pouvoir garantir ses créances par une autre autorité que celle qui promet des droits et livre des services. En contrepartie de la liberté d'évaluation de la responsabilité publique, la convertibilité monétaire doit garantir le financement fiscal des services publics dont l'utilisateur de la monnaie est bénéficiaire quelle que soit sa volonté.

La convertibilité publique à l'intérieur d'une zone monétaire quelconque instaure une solidarité économique par les prix. La monnaie devient en soi l'obligation de financer l'autorité qui la régule à hauteur des services qu'elle rend effectivement. Le mécanisme producteur de l'assurance monétaire systémique est la compensation publique entre les acheteurs et les vendeurs publics et privés des contrats, des prix, des risques d'exécution économique et des opérations de change juridique. Compenser signifie penser ensemble l'identité des choses échangées au service des citoyens.

La compensation des règlements dans une même monnaie sous une même autorité dans un marché unifié fixe la transformation de l'offre en demande de travail. La compensation réalise l'équilibre entre le droit, le crédit, le risque de crédit et l'assurance des personnes et des biens. La règle économique de compensation réalisant l'équilibre général des offres de biens par les demandes en droit est le cautionnement nominatif. Le cautionnement obligatoire de toute offre et de toute position de crédit monétaire à l'intérieur de la compensation garantit les droits de tout acheteur sur la chose, de tout vendeur sur le prix, de tout prêteur sur la solvabilité des emprunteurs et de tout emprunteur sur l'intégrité de sa personne. Le prix compensé limite toute obligation par l'expression collective et engagée de l'économie objective du possible.

Compensation des droits garantis par le réel  ↑

La garantie d'intégrité des personnes dans les droits du travail est portée par la puissance publique si elle est présente dans la compensation ; si les règles appliquées par le marché sont prononcées par l'autorité publique et vérifiées dans le règlement compensé en monnaie ; si le capital de la chambre de compensation est détenu par la puissance publique adossée à la fiscalité. Enfin, si le budget et la dette publique sont compensés selon les mêmes droits et obligations que les intérêts privés. Les services publics sont alors comme les privés réglés par la compensation en droit, en budgétisation des obligations et en livraison vérifiable des biens promis. Le privé n'est plus la négation du public mais l'individualisation des droits et des devoirs de production de biens dont la définition est publique.

L'identification des personnes physiques et des personnes morales par des intermédiaires de compensation garantit la transformation, la mesure et la réalisation des droits engagés dans les transactions. Toute offre de service en travail est enregistrée sous la garantie d'une caution professionnelle assurant la qualité du bien livrable vendu quel que soit le prix de revient effectif. Toute demande de bien est enregistrée sous la garantie d'une caution de crédit assurant le règlement à la livraison au prix d'équilibre de l'offre et de la demande compensées. La causalité objective est systématiquement cautionnée par une relation d'assurance personnelle réciproque.

La compensation monétaire aux quatre degrés du droit, du prix, de la prime et de l'assurance de la liquidité rend la valeur analysable et vérifiable par toutes ses causes. Les prix ne peuvent plus se régler sans le calcul de la formation professionnelle, des innovations et des droits personnels du vendeur et de l'acheteur. Le bien d'une transaction financière n'est pas réalisable sans achat par la caution de l'acheteur de la prime du droit ; et par la caution du vendeur de la prime d'existence de la chose. Toute offre s'exprime par un prix nominal irrévocablement garanti par une prime ; une prime classique en pourcentage du prix réel effectivement réglé à la livraison.

Hors-bilan, bilan, nominal et primes de compensation  ↑

La compensation du livrable final impute sur les acheteurs primaires le règlement des primes et le coût réel du surcroît éventuel de travail nécessaire à la qualité juridiquement engagée des livraisons. La compensation à quatre degrés fait endosser le financement du prix de la conception en droit à la livraison du réel. La comptabilité compensatoire commence par l'inscription « hors-bilan » des engagements proposés dont le prix de production est potentiellement offert en dessous du prix d'achat maximum demandé.

Une transaction à terme est transférée au « bilan » de compensation quand un acheteur primaire du crédit accepte la prime qu'il devra potentiellement régler sur le découvert de liquidité encouru par l'acheteur ; et quand un vendeur primaire du crédit accepte la prime qu'il devra potentiellement régler sur le surprix de production encouru par le vendeur. Le crédit-débit d'une transaction au bilan se fait par compensation à une même échéance sur la quantité maximale échangeable de toutes les offres et demandes de prix d'un même objet juridique.

Offres et demandes de prix viennent des acheteurs primaires d'un même objet à une même date de livraison. Celui qui juge le prix réel à terme probablement plus élevé que le prix nominal compensé vend la prime de réalité à celui qui anticipe l'équilibre inverse. A coté des débits et des crédits figés entre la négociation et la livraison, le bilan de compensation enregistre les rachats et reventes nominaux sur une même date de livraison ainsi que la variation des primes que les vendeurs primaires du réel règlent aux vendeurs primaires du crédit.

Indexation de la monnaie sur le capital, le crédit et la liquidité  ↑

Les acheteurs et vendeurs primaires du réel et du crédit sont eux-mêmes primitivement achetés et vendus sur leur propre crédit ; toutes les primes de crédit varient dans la compensation selon le prix nominal des engagements garantis. La chambre de compensation tient ainsi une position de liquidité consolidée du marché. Cette position est la masse monétaire en circulation qui garantit et permet effectivement le remboursement à terme de tous les crédits en cours dans la compensation. Elle constitue le capital de liquidité des biens et services réels engagés dans le marché adossé au capital de crédit de l'ensemble des acheteurs engagés sur un prix à terme.

La masse des crédits et la masse des primes de crédit au passif de la compensation sont respectivement égales aux prix et aux primes de liquidité à l'actif de la compensation. La compensation générale uni-monétaire met en équilibre des processus de compensation qui sont dissociés dans le système financier actuel. Cet équilibre structurel du droit intègre la puissance publique et les monnaies allogènes des marchés étrangers. La puissance publique est acheteuse primaire en dernier ressort du crédit. Il lui suffit à cette fin d'acheter le risque de liquidité dans la compensation par une prime fiscale prélevée sur tout règlement créditeur.

La compensation monétaire rend transparente l'application du droit dans les transactions. Cette transparence-même génère par la fiscalité la ressource qui la réalise en proportion de la richesse produite. La compensation produit un capital fiscal collectif que la puissance publique réinvestit par la compensation-même dans les services publics de protection des personnes. L'actif de la compensation mesure la demande de bien commun offerte par le passif de la compensation. La mesure juridique de l'équilibre des prix est nécessairement adossée au réel par les échanges extérieurs compensés dans les échanges intérieurs.

Équilibre général des prix intégré à l'économie mondiale  ↑

La balance des exportations par les importations de biens et services réels est compensée par les positions de change dans les monnaies allogènes. Un crédit ou un débit exogène dans une autre monnaie est comptabilisé à la parité de change compensée à la date du règlement. La compensation d'un règlement extérieur entraîne obligatoirement la vente d'une prime de change à terme à des acheteurs primaires. Les achats et ventes de primes de change sur toutes les échéances de débits et crédits en monnaie extérieure déterminent les parités réelles probables des prix à terme par rapport aux parités nominales comptant.

La double compensation bilan-hors-bilan réalise l'équilibre du nominal et du réel. La double compensation prime-nominal réalise la garantie du crédit certifié par la réalité variable du capital. Au final et en permanence, la compensation à quatre degrés établit la stabilité du crédit par le droit et la liquidité du droit par le capital à la fois public et privé. La masse monétaire issue de la compensation des primes de change, de capital et de crédit est constamment proportionnelle à la liquidité réelle fondée sur la confiance de marché exprimant la réalité des échanges.

Le pouvoir politique est responsable de la liquidité monétaire par sa politique de change ; laquelle est exclusivement fondée sur les droits promis et dus aux citoyens. Le pouvoir politique éventuellement incapable de réaliser ce qu'il promet autorise alors ses concitoyens à acheter à l'extérieur de sa souveraineté la liquidité réelle manquant à l'intérieur. La parité de change extérieure se déprécie à proportion des importations de biens réels et des exportations de capitaux. La puissance publique a, dans la compensation, les moyens explicites de réagir par la fiscalité sur les transactions, par la ré-allocation des ressources publiques ou par la reformulation des réglementations inefficaces ou improductives sous-jacentes aux futurs crédits.

La traçabilité financière de la compensation établit l’intérêt général au-dessus des intérêts privés incarnant le pouvoir politique, le pouvoir financier ou le pouvoir entrepreneurial. L'intérêt réel du citoyen dans l'équilibre du vivre ensemble redevient l'étalon de la monnaie. La restauration de la croissance du vivre ensemble est, par la compensation, possible à n'importe quel degré de la monnaie. Elle peut intervenir par la mutation de l'euro en monnaie internationale européenne ; par la restauration d'une monnaie nationale convertible exclusivement à l'intérieur du droit national couvert par le capital budgétaire public ; ou par l'instauration d'une monnaie régionale afin de pallier la disparition de la liquidité réelle des monnaies existantes.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 18:35

Modèle thomiste de l'économie politique

Dans le modèle de régulation financière de la philosophie politique de Thomas d'Aquin, la monnaie se définit comme prime d'option d'un État de droit d'une société politique régulant un marché. La théorie thomiste des sociétés intermédiaires développant les différents degrés de la vie humaine personnelle, professionnelle, politique et ecclésiale pose les fondements d'une monnaie au service de l'Amour. D'une monnaie qui aide la raison humaine à attribuer le juste prix aux choses par le partage social des finalités personnelles dans les biens concrets qui les réalisent.

Transposée dans les techniques financières d'aujourd'hui, la monnaie thomiste est la prime de liquidité d'un marché de compensation des prix comptants de biens réels. La prime de liquidité des marchés s'exprime dans les actuelles primes de change sur les parités monétaires. La réalité des biens est ontologiquement le service de consommation, de crédit, d'investissement et d'assurance des objets issus des personnes dans la société politique. Les personnes propriétaires des biens sont instituées par les lois politiques appliquées et délimitées dans la souveraineté. Un bien est liquide par la possibilité de l'échanger immédiatement à un certain prix en conformité à la Loi. Toute liquidité est la prime du prix nominal d'un crédit consenti par un prêteur à un emprunteur sur un objet de droit vérifiable livrable à terme.

Par le modèle thomiste de la finance, la prime du crédit et la prime d'investissement dans la production de l'objet réel sont des garanties du bien à terme à condition d'être achetées librement par un créancier du crédit et un investisseur du réel. Ainsi n'existe-t-il pas de monnaie stable ni d'échanges vrais de biens économiques dans le temps sans marché financier régulé par un État de droit. Le marché thomiste est la réalité de l'autorité de l'Etat de droit ; lequel caractérise une société politique solidaire par une loi commune applicable à tout citoyen dans la production et la répartition des biens par les prix, par les primes et par le Droit.

Ce modèle politique du financement réaliste de l'économie par la monnaie du bien commun a été appliqué en Europe jusqu'aux révolutions bourgeoises des XVIIIème et XIXème siècle. Il a été abandonné dans la révolution industrielle depuis 200 ans. Le système financier s'est émancipé du service du bien commun afin de mobiliser l'épargne des nations dans les projets particuliers de puissance des intérêts privés. Le pape Léon XIII dénonce le capitalisme financier libéral dans Rerum Novarum en 1891. Les leviers politiques et juridiques de la finance spéculative sont précisément (1) la responsabilité limitée du capital sur le crédit, (2) le marché à terme du crédit capitalisé hors de tout contrôle public de légalité et (3) le transfert du pouvoir de justification de l'émission monétaire du pouvoir politique aux banques centrales.

Déshumanisation financière du capital

Le système monétaire international fondé à Bretton Woods sur l'étalon dollar repose entièrement sur le principe de dépolitisation de la monnaie. La monnaie d'un pays circulant librement dans n'importe quel pays établit en tout lieu deux régimes de légalité antagoniques selon la position financière occupée. La finance prend statutairement une position internationale en dollar pendant que la réalité économique demeure dans la position nationale soumise à des règles nationales non contraignantes pour la finance internationalisée : les hommes sont maintenus irrémédiablement inégaux dans l'accès au crédit, dans l'équité du prix, dans la mobilisation du capital et dans la réalisation de leurs projets de développement humain. Depuis l'abandon en 1971 de l'étalonnage du dollar en or, non seulement la monnaie ne contient plus aucune finalité de justice mais son émission est libre de toute référence à des réalités tangibles vérifiables par l'intelligence humaine. La zone euro a parachevé la sanctuarisation de la ploutocratie financière en imposant une monnaie unique à des régimes politiques nationaux concrètement différents.

Derrière la juste finalité de l'unité des citoyens et peuples européens, les fondateurs de la monnaie unique commettent une erreur radicale de jugement sur la nature humaine. Ils ne reconnaissent pas l'autonomie de la personne dans chaque citoyen européen ni la délibération nationale des conditions concrètes de cette autonomie au sein d’États de droit distincts. Les euro-européens se sont mis à compter dans la même monnaie leurs vies objectivement différentes bien qu'intentionnellement liées les unes aux autres dans une solidarité supra-nationale. L'euro a mis en unité monétaire les réalités nationales distinctes d'économie politique sans construire un État de droit fédératif pour discuter et financer un vivre ensemble multinational véritablement commun sur des vivre ensemble nationaux.

La crise des dettes publiques en euro révèle trois aberrations systémiques superposées dans la financiarisation déshumanisante de l'économie : (1) l'autorité des États de droit nationaux est détruite par une autorité monétaire cléricale exempte de toute responsabilité politique ; (2) l'endettement reconnu excessif de l'économie réelle croît par soi-même d'une logique financière dépourvue de tout principe d'ajustement du crédit à la réalité mesurable en monnaie ; (3) la monnaie unique s'accumule dans les comptes de la BCE et des banques internationales en règlement de la liquidité d'un système détaché de la réalité humaine. La raison humaine n'a plus de repère humain pour projeter son existence dans le futur qu'elle anticipe.

La société européenne se suicide avec une loi de comptabilité unique qui annihile les lois humaines nationales. L'autorité de la Loi est garantie par des budgets publics nationaux calculés par une loi européenne théorique. Les responsabilités politiques nationales du bien commun sont mesurées par un crédit en euro émis hors du contrôle des lois nationales et dans l'inexistence d'un pouvoir politique communautaire capable de délibérer et de légiférer les limites européennes du bien communautaire. Face à une monnaie collective, aucun État de droit confédéral ne lève de ressources collectives pour financer et justifier des obligations collectives. La zone euro est réduite à une coalition d'intérêts financiers spéculatifs étrangers aux nationalités.

Prime négative du système de la monnaie unique

La crise actuelle révèle dans l'euro un état de non-régulation de la finance. La monnaie est émise selon des règles techniques hors de toute loi politique. En tant que prime d'option d'un certain état collectif européen, l'euro est réellement une moins-value en l'absence d'autorité politique européenne efficiente à servir la convergence des intérêts européens. La croissance de la moins-value systémique de l'euro est partie pour détruire toute possibilité d'union entre les peuples européens. Cette moins-value est imputée sur les salaires et les garanties sociales des travailleurs européens au lieu d'être défalquée des actifs financiers déposés dans le système bancaire et assurantiel. Les banques exemptées de responsabilité sur le crédit constituent des enfers légaux présentés en paradis fiscaux par la captation financière libre du prix du bien commun.

La responsabilité limitée du capital bancaire sur le crédit et la libre circulation du capital en euro au-dessus des frontières politiques de la zone instaure l'état de guerre entre les riches et les pauvres ; précisément cet état de guerre évoqué dans le nouveau testament chrétien auquel Zaché le collecteur d'impôt usurier renonce en recevant Jésus de Nazareth dans sa maison. Le collecteur d'impôt pour l'autorité de police et de justice de la province romaine de Palestine au premier siècle après Jésus-Christ restaure la finalité collective et commune de la monnaie en reconnaissant sa responsabilité financière illimitée. L'argent collecté au nom de l'Etat ne peut l'être que pour les pauvres.

Le modèle aristotélo-thomiste de la monnaie fondée par les sociétés politiques dévoile toutes les causalités historiques de l'effondrement systémique en cours comme des systèmes alternatifs qui se mettent en place. Ce qui va se passer en Europe dépend de ce que les Européens décideront. Pour le moment, la BCE se met en disposition de survie en mettant sur le marché toute la liquidité nécessaire à la dissimulation de la faillite de ses deux principaux actionnaires que sont l'Allemagne et la France. Sans les liquidités massivement émises, toute l'Europe du sud serait en défaut de paiement ; ce qui obligerait les banques et les assurances à comptabiliser leurs pertes sur les portefeuilles obligataires. Et tous les États de la zone euro devraient afficher les déficits budgétaires massifs qu'implique la liquidité des déposants et des assurés.

La BCE utilise son statut extra-national bancaire pour dissimuler dans ses comptes la moins-value latente entre le total des crédits alloués à l'économie européenne et la liquidité réelle négative anticipée dans la croissance négative de la valeur ajoutée. Derrière la zone euro, tout le système financier international joue le même jeu de dissimulation. La liquidité centrale allouées aux banques comble l'effondrement des anticipations de croissance réelle. Toute la politique mondiale se mue en totalitarisme financier pour masquer l'effondrement de la valeur réelle captée dans la fiction des prix financiers d'un marché sans règles. La banque de l'ombre (shadow banking) développe des systèmes de paiement privé pour sauver des circuits économiques en dehors de toute loi applicable par les États et de toute solidarité publique financée par la fiscalité.

Dignité du travail dans la rationalité des changes

Dans le modèle économique thomiste qui fonde la doctrine sociale de l’Église, la cause première de la réalité de la valeur est le travail guidé par la prière de la société politique ecclésiale. La société ecclésiale est en langage séculier la nation formée par une loi partagée. La production nationale réelle de bien commun est exprimée par la monnaie qui mesure la légalité des activités économiques personnelles. Le prix et le salaire en monnaie matérialisent la valeur du travail de transformation en biens réels des objets achetés par le consommateur-citoyen. Entre deux marchés régis par des lois nationales différentes matérialisées par une monnaie propre, le change d'une monnaie dans l'autre mesure la valeur relative du travail selon les lois effectivement appliquées par les nations.

La monnaie unique des nations européennes différentes produit un règlement des échanges internationaux par des crédits bancaires automatiques ; des crédits non mesurés entre systèmes légaux d'efficacité différente. Le travail se retrouve au même prix entre deux pays alors que la productivité réelle, la productivité juridique et la productivité bénéfique ne sont pas les mêmes. Ainsi l'Europe latine se retrouve débitrice nette de l'Europe germanique sans que justice soit rendue aux hommes qui ont produit la contrevaleur des dettes comptabilisées. Pour sauver quelques semaines encore d'utopie financiariste, la zone euro s'est mise sur le chemin de la guerre civile comme elle l'a déjà fait dans les années trente pour résorber les dettes issues de la première guerre mondiale.

Les "accords de Munich" sont déjà signés qui ont supprimé la souveraineté grecque. La guerre civile européenne sera explicite quand l'Espagne, l'Italie puis la France déclareront leur juste incapacité politique à tenir leurs engagements nominaux de réduction du déficit budgétaire et de leur dette publique. Le dogme de la monnaie unique comme signe de l'unité politique interdit purement et simplement la logique du bien commun européen. La reconversion de l'Europe au bien humain est impossible sans différenciation des monnaies selon les cultures politiques et juridiques. L'euro du bien commun européen ne peut être que la monnaie commune de mesure du bien des nations européennes par les monnaies nationales. La réalité du bien politique européen ne peut pas se vérifier sans la variabilité en euro des parités monétaires nationales.

La monnaie européenne de bien commun ne peut être qu'un système de convertibilité de monnaies nationales et régionales en monnaie commune contrôlée par un État européen confédéral doté d'un budget, d'une fiscalité, d'une solidarité et de lois confédéraux. Un tel système définit un périmètre délimité de souveraineté commune contrôlé par des institutions dépositaires de l'intérêt commun indépendant des nationalités. Si l'euro est constitutionnellement défini comme matière de l'intérêt général européen, alors il faut créer un marché financier pan-européen public et transparent où soient cotées les monnaies européennes et tous les actifs financiers admis en collatéral de l'émission monétaire en euro.

La continuité de l'être exprimée par la monnaie

Le principe du marché financier européen du bien commun est la garantie systématique en euro de tout actif, spécialement des crédits en monnaie nationale et du capital des banques et des entreprises. La liquidité en euro devient financièrement prime de capital adossée à la prime de crédit du crédit en monnaie nationale garanti par le capital. Le capital est défini par la loi européenne confédérale comme prime de crédit en euro de tout actif négocié sur le marché financier commun. Le marché européen est un système de compensation générale adossant en temps réel les primes de capital et les primes de crédit en monnaie nationale aux primes de change en euro des prix en monnaies nationales. Le résultat de la compensation européenne est un équilibre général des prix du travail, du capital et des biens par la variation des parités de change comptant et à terme en euro.

La confédération européenne du crédit en euro restaure le principe monothéiste théorisé par Thomas d'Aquin de la continuité humaine de l'être entre le physique, le logique et le spirituel ; principe de réalité détruit par la révolution industrielle et financière accomplie par la livre sterling, le dollar et l'euro monnaie unique. Tous les outils et techniques financières existent actuellement pour créer immédiatement le marché européen du crédit garanti par la loi de réalité humaine juste. La Chine et les États-Unis demandent ouvertement aux Européens de prendre leurs responsabilités politiques pour éviter le cataclysme planétaire qu'ils ne savent ni ne peuvent contenir.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 22:05

Bancarisation de l'internet, humanisation de la finance

L'Internet des objets accomplit un saut quantique par rapport au simple réseau des internautes que nous connaissons. Il met en communication directe sans intervention humaine les objets physiques distants des utilisateurs. Les objets deviennent dans une certaine mesure contrôlables à distance comme une extension ubiquitaire du corps humain physique. La chaîne de transformation de l'idée en acte concret s'affranchit de la distance physique et de l'appropriation de l'idée par l'intelligence individuelle.

Cette troisième mutation cognitive s'accomplit derrière la mutation financière qui avait accompli les deux premières délocalisations du contrôle de la chose par l'idée. Le crédit avait en effet décomposé l'utilisation des objets en propriété et possession pour permettre le prêt. Le capital avait ensuite décomposé la disposition des objets entre présent et futur. Le prix en capital d'un objet est sa valeur d'échange au présent indépendamment de la propriété, de la possession et de la disposition ; donc la valeur pour le propriétaire indépendante de l'existence concrète physique de l'objet.

L'Internet des objets permet désormais la connaissance objective indépendante de toute existence concrète dans le temps et dans l'espace pour le sujet qui connaît. La connaissance est concrètement et intégralement décomposable et partageable hors des contraintes du temps et de l'espace. Cette nouvelle liberté humaine de l'être permet dans un premier temps de spéculer sur les divergences d'interprétation du droit humain entre des systèmes politiques en rivalité les uns contre les autres. Ce qui n'est pas autorisé dans un certain espace politique peut être vendu au-delà des frontières sans le moindre coût supplémentaire.

Dans un deuxième temps, il devient possible de décomposer rationnellement toute la comptabilité de l'être. Chaque étape de conception et de fabrication d'un objet a son prix spécifique. La monétisation des objets n'est plus arbitraire avant qu'ils ne soient effectivement produits ; l'anticipation des transactions monétaires n'est plus spéculative entre les mains des initiés du système monétaire international. Dans un troisième temps la discussion transparente par l'Internet des sujets et des objets de toute transformation des besoins en services réels aux personnes va réguler la monnaie, la finance et les techniques par le bien commun délibérable.

Nature numérique du langage humain

Bernard Benhamou, Délégué Général à l'usage de l'internet, a produit en 2009 un texte dans la revue Esprit sur l'Internet des objets (Internet des objets, défis technologiques, économiques et politiques). Cet article annonce les phénomènes critiques qui se déploient actuellement. La connaissance numérique est le foyer de la crise. Les droits humains ne sont plus protégés dans les lois et réglementations ; les réglementations n'établissent pas de différence numérique entre les sujets et les objets ; l'économie numérique ne contient pas de dispositif de séparation des intérêts humains. Or les dérives financières révèlent les clés de l'économie numérique. La virtualité que l'homme produit peut être remise au service de sa liberté.

Depuis que l'homme civilisé parle et compte, il crée une réalité numérique dans l'univers de la réalité sensible. La philosophie aristotélicienne du langage exprime ce constat par l'affirmation du nombre constitué de matière et du nom constituant la matière par la forme. Le nom désigne la matière formée dans un objet réel ; le nombre compte l'objet. De la combinaison du nom et du nombre émerge la finalité du locuteur qui parle et compte. Qui parle pour qualifier et compte pour quantifier afin de hiérarchiser des finalités disponibles dans la subjectivité.

La réalité numérique formée et matérialisée dans la réalité sensible produit la finalité. Le locuteur exprime sa finalité en attribuant des limites aux objets par le nombre ; nombre qui n'a de sens qu'attribué à des formes identifiée dans l'objet, c'est à dire à l'une des qualités choisies par le locuteur dans la matière de l'objet. Par le nom et par le nombre, par la qualité quantifiée, le locuteur assigne des fins aux objets : il s'exprime comme sujet. Un sujet distinct des autres sujets mais en relation avec eux par le langage de la réalité numérisée. La numérisation du réel par le langage sépare les sujets dans une réalité qui alors devient objectivement commune.

La réalité numérique du langage est le lieu de rencontre des sujets individualisé. Les objets de matière formée dans des fins sont échangés par les noms de la réalité dénombrée. Dans le modèle aristotélicien d'expression de la réalité, le langage est structuré par la distinction de la matière, de la forme et de la fin de l'objet ; ainsi l'objet produit-il un effet du sujet sur les autres sujets, du sujet sur la réalité objective extérieure à soi-même et du sujet dans la réalité transformée par le temps. Grâce à l'effet qui s'échappe du nombre par le temps, le sujet est libre.

Le sujet, les relations du sujet et le temps subjectif produisent le changement des objets dans le temps réel. Le changement est inexorable par le temps qui s'écoule ; il est désiré par l'échange entre les sujets ; il est subjectif par l'action du sujet introduite dans la réalité. La réalité numérique connue par le sujet est explicable dans quatre dimensions : matière, forme, fin et effet. L'effet est la conséquence du changement induit par le temps et le langage. La matière est formée dans la fin choisie du sujet.

Numérisation financière de la réalité

L'univers numérique quadri-causal du Stagirite est le lieu de la démocratie, du marché, de la finance et de la monnaie. La démocratie d'Aristote est le régime politique du langage dont le sens est discutable par tout sujet. Le marché est l'espace numérique de transformation des noms en nombres et des nombres en échange de réalités objectives. La finance est la numération des objets dans le temps de la démocratie. La monnaie est la matière du prix quantifiant les objets nommés par le langage. La matière du prix est primée par la négociation de la réalité objective.

Les trois fonctions de la monnaie nommées par Aristote sont la quantification du prix, le règlement du prix par la vérification des fins de l'acheteur et du vendeur et la mise en réserve des prix dans le temps entre la vente et le rachat. Il en résulte trois états de la monnaie : le prix nominal, le crédit entre les sujets du prix et le capital de temps négociable en prix. Les trois états de prix synthétisent la monnaie comme prime d'option ; option financière du prix nominal d'un objet informé par la réalité à terme. La monnaie est la liquidité numérique de la réalité nommée et dénombrée dans le temps.

La finance qui calcule en monnaie la liquidité du prix dans le temps transforme l'objet nommé en prix ; transformation dans la limite de la réalité possible par le capital disponible. La finance actualise au présent la liquidité du capital du sujet sur la réalité à terme des objets qu'il annonce. En matérialisant en monnaie l'actualité des fins objectives du sujet, la finance est une activité informatique du prix des objets dans le temps. Les techniques informatiques ont depuis leur origine des motifs financiers ; d'abord d'accélération du calcul, ensuite de traçage des prix et finalement de description qualitative des objets.

L'informatique finance la réalité du sujet par la transformation du nombre, puis par le stockage des nombres et des noms et enfin par la production d'images numériques dans la réalité virtuelle des nombres et des noms. La perversité de l'informatique et de la finance est de limiter le sujet inattentif aux réalités virtuelles. A des réalités imaginaires qui ne suffisent pas à vivre ou sont contradictoires avec les réalités concrètes nécessaires à la vie.

Destruction spéculative du réel par le nombre sans sujet

Si l'Internet a démultiplié la puissance financière des sujets à échanger par le langage, à calculer et à imaginer, il n'apporte aucune garantie de transformation du virtuel en réel. La spéculation financière a trouvé dans le numérique un extraordinaire terrain de jeu ; la multiplication des ventes de prix mélange les réalités vraies et les réalités illusoires ou fausses. La réalité numérique est le lieu de la subjectivité passive ; le lieu de la puissance qui ne passe pas à l'acte ; l'espace des objets qui ne sont pas concrets.

La prolifération du virtuel détruit le réel en captant toute l'attention du sujet. Le virtuel distrait l'acteur inattentif à la vie et au temps réel. La transformation de l'objet virtuel en objet réel exige le travail du sujet ; un travail actif d'information de la matière ; de transformation de la réalité physique par le choix de ses fins. Le passage de la réalité virtuelle à la réalité physique s'accomplit par l'activité financière d'indexation : le prix anticipé par le sujet d'un objet virtuel est transporté par une chaîne de sujets jusqu'au produit réel livré au consommateur final.

L'effondrement en cours du système financier vient directement de la discontinuité de la chaine d'indexation des objets dans la transformation du virtuel en réel. Conscients de la non-vérification de la continuité de l'index monétaire de l'objet conçu dans la virtualité à l'objet livré dans la réalité physique, les spéculateurs émettent des prix en crédit accumulé et jamais remboursé. Le marché financier non régulé n'indexe pas tous les emprunts sur les emprunteurs ni sur des objets effectivement produits et livrés à un acheteur final.

Quand des emprunteurs ne sont pas objectivement tenus de déclarer ce qu'ils transforment ni l'échéance de livraison de l'objet réel non marqué par l'objet virtuel promis, il est impossible d'identifier les crédits qui ne seront pas remboursés. Il est juste possible de constater la contraction relative de la réalité physique des objets de certains sujets par rapport à la réalité virtuelle annoncée dans la masse des crédits. Pour ramener la masse des crédits dans une proportion raisonnable des réalités accessibles par un prix, la facilité est de prélever sur le revenu monétaire des acteurs économiques trop faibles pour négocier le prix de ce qui leur est dû.

Différenciation numérique objective et subjective de la matière et de la forme

L'avènement de l'Internet des objets repose sur les nouvelles technologies de marquage et de mesure des objets physiques. La transmission locale sans fil et les puces d'identification par radio fréquence (RFID) transfèrent des informations par l'Internet avec une faible consommation d'énergie. L'indexation des objets est désormais possible d'un bout à l'autre de la chaine financière du producteur au consommateur des biens et services. Il n'y plus aucune raison valable de disjoindre la virtualité financière objective de la réalité physique subjective.

L'indexation des objets physiques par des puces RFID transmet les propriétés des objets physiques par des capteurs connectés à l'Internet. La représentation des objets effectifs dans l'espace numérique peut être automatisée. Deux dimensions de l'objectivité non fongibles l'une dans l'autre sont mises en évidence : celle de la réalité sensible et la nouvelle dimension de la représentation numérique des objets. Le nombre informatique fait exister les représentations de qualité et de numération en prix des objets indépendamment de l'action du sujet qui parle, regarde ou lit.

Une nouvelle source de donnée jaillit dans l'Internet directement issue des objets sans que le sujet utilisateur performatif de l'Internet n'ait à travailler ni à décider la production de la donnée. La création des données numériques relatives aux objets remonte donc aux concepteurs des modèles de données et aux propriétaires des puces RFID et des capteurs. Un nouveau pouvoir émerge à l'insu potentiel des utilisateurs des objets ; ils peuvent devenir les sujets inconscients et passifs de leur objectivité numérique.

Une mutation s'opère par l'Internet des objets où la production de données n'est plus asservie à l'initiative de tout sujet individuel mais à celle de quelques-uns. Le gisement d'informations numérisées va croître sans que tous les sujets qui font la matière d'origine des objets numériques soient conscients de leur existence ni de leur utilisation potentielle. Le contrôle de l'information numérisée par les sujets est entièrement décidable selon la responsabilité que les sujets veulent assumer les uns des autres. L'arbitrage politique se pose sur les trois axes du sujet, de l'objet et du langage reliant les sujets par les objets.

Langage de la propriété objective, réelle et humaine

Le réductionnisme objectiviste limite la problématique de la connaissance à la description des sujets et des objets sans considérer la complexité de la relation entre les sujets. La complexité de la relation est contenue et exprimée par le langage. Ou bien le langage est transparent et transforme la complexité en bénéfice commun ; ou alors le langage cherche la complication afin de livrer le réel au rhéteur. La spéculation trompe le sujet en retranchant le particulier de sa connaissance ; l'objet réel est masqué par la généralité numérique abstraite. L'oblitération de la finalité du langage à restituer et faire connaître la réalité humaine livre le contrôle de la réalité à des minorités d'initiés.

Les experts du langage dans les différents domaines de la connaissance sont toujours tentés de prendre le contrôle des sujets non initiés ; il veulent être sûrs d'exister par la privatisation de leur domaine de pouvoir. Le langage n'est plus un outil d'échange et de don entre les sujets mais un artifice de possession. La politique professionnelle, la finance et l'informatique en donnent une illustration dont tout sujet conscient de lui-même sait en ressentir les effets.

Pour évoluer dans la réalité vraie, les hommes utilisent le langage. Ils délibèrent entre eux pour nommer les objets sensibles ; partager le sens des réalités qui les mette en relation objective réciproque. Nommer de la même façon un même objet aboutit à la réalisation possible des finalités de chaque sujet. Le nom commun de tout objet permet de demander ou de proposer à l'autre. Le langage est la liberté du sujet de donner et de recevoir les réalités objectives. Mais cette liberté-même contient la possibilité de sa propre négation par le sujet technocratique.

Par le langage chacun choisit de reconnaître l'autre ou de le posséder ; la liberté est accordée ou refusée. La parole désignant une réalité partageable est une information. Les sujets sont propriétaires de l'information par la possession des objets physiques qui en sont la source. Ils sont propriétaires par les décisions qu'ils prennent à partir de l'information détenue sur les objets ; mais aussi par la définition des informations qui qualifient l'objectivation des réalités. La décision n'est pas libre sans la liberté de qualifier l'objet décidable.

Droit du langage de l'émancipation et d'interdiction de l'aliénation

La propriété des objets par laquelle la réalité concrète est utile au sujet se connaît par les trois dimensions de la matérialité, de la conceptualité et de la finalité. La finalité et la conceptualité sont intégralement numérisables alors que la matérialité se divise entre le physique sensible et le virtuel numérique. L'Internet des objets est une menace si quelques sujets captent à l'insu de tous la finalité des objets ; s'ils ont la maîtrise exclusive et opaque de la conception. La modélisation numérique des formes de l'objectivité peut être de fait captée par des intérêts particuliers étrangers à l'intérêt général. Il y a bien un enjeu à définir l'intérêt général dans la numérisation des objets.

En créant un marché unique et un espace juridique commun, les Européens ont créé les conditions d'un intérêt général à des objets communs malgré la diversité et la nationalité des langages. L'Internet des objets motive une production réglementaire qui doit former des conditions de définition d'une finalité des objets numérisés. Poser les finalités possibles dans une loi commune de réalité respecte la subjectivité des langages. Mais la démarche est piégée si la règle porte sur l'objet physique et non sur l'objet formel qui doit rester négociable dans une pluralité de langues et d'intérêts.

Le droit européen est inefficient si la protection des sujets de l'information numérique est focalisée sur les artifices physiques : détruire ou neutraliser les capteurs numériques d'indexation de la réalité. Cette représentation de l'objectivité par la physique laisse de coté le problème de l'éthique numérique : préserver la liberté individuelle du sujet à délibérer, définir, investir et réaliser ses propres finalités dans les objets. La délimitation physique de l'usage des index numériques de réalité ne crée pas une liberté numérique de choix, de conception et d'utilisation des indexations possibles du réel. La réglementation des artifices technologique ne protège pas les sujets de la captation de leurs finalités, donc de la prédation des sujets par les sujets.

L'Internet des objets porte les dangers de ses potentialités : qu'en font ses sujets ? Les réseaux sociaux numériques révèlent les profondes inégalités dans l'accès aux réalités réticulaires. Pendant que certains produisent de nouvelles réalités collectives, d'autres sont absorbés dans des réalités dont la forme leur reste inconsciente et sur quoi ils n'exercent aucun esprit critique. Il suffit de constater les addictions de consommation physique et virtuelle où le sujet reste totalement incapable de formuler ce qu'il cherche et obtient vraiment pour lui-même. Sans structuration préalable de la subjectivité sur la considération de soi dans la relation à l'autre différent de soi, l'univers numérique produit l'aliénation du sujet dans l'objectivité produite par les autres.

Responsabilité du donné derrière la propriété objective des sujets

Le sujet possédé par son image numérisée est au cœur de la crise systémique en cours. La numérisation du réel humain accentue les possessions intersubjectives de la réalité physique. La finance est depuis l'origine des civilisations l'anticipation du réel par le nombre ; elle a montré comment l'informatisation offre l'intégralité du réel au sujet financier déclaré crédible sans preuve visible. En se présentant comme activité objective sans représentation explicite du sujet dans ses droits et obligations, la finance est parvenue à imposer un crédit exclusivement issu de la quantité sans nécessité d'une qualification réelle. La monnaie est devenue pur nombre indépendant de toute loi entre des sujets identifiables et reconnus dans leurs intérêts propres.

Le passage en cours de l'Internet des sujets à l'Internet des objets sans différenciation visible des sujets par les objets numériques accentue les pouvoirs d'auto-aliénation des sujets. Or l'Internet offre au sujet un espace ouvert de dépôt de ses finalités. Les finalités numérisées dans la mémoire virtuelle collective sont libres de production, libres d'accès et libre d'élection par le sujet qui ne les a pas proposées. Toutefois, la liberté des finalités n'est pas formée par la propriété des données qui les expriment : l'auteur vivant d'une finalité choisie par un autre dans l'Internet n'est pas responsable de l'humanité transformée dans la réalité ; le prix humain des finalités vécues n'est donc pas systématique ; et le producteur d'une finalité effectivement vivable n'est pas récompensé. La reconnaissance sociale ne suffit pas à subvenir aux besoins humains de tous les producteurs de finalités efficaces.

L'absence de propriété publique des données numériques produit l'irresponsabilité sociale, collective et politique. N'importe quelle finalité peut être vendue par un prix invérifiable dans la réalité physique d'un sujet. Le phénomène s'affiche dramatiquement dans le traitement de la crise de surendettement grec : les marchés financiers produisent une mesure de la solvabilité grecque absolument déconnectée des engagements effectivement pris par les sujets de l'économie grecque. Les pouvoirs politiques cherchent une réconciliation de la virtualité financière avec la réalité économique par-dessus les sujets propriétaires des finalités poursuivies. Le chômage s'installe dans les pays endettés faute de transformation des objectifs financiers en travail humain réel objectif.

Le réel est détruit par le défaut d'appropriation des finalités par les sujets ; la destruction du réel par le virtuel vient de la non-propriété des données imposant des finalités incompréhensibles. Les informaticiens savent les conditions d'efficacité de la propriété des données : identification infalsifiable du sujet par la biométrie, détermination de l'accessibilité d'une donnée par son propriétaire, transparence de la relation de propriété, responsabilité personnelle du propriétaire sur la réalité exprimée par la donnée.

Bancariser la responsabilité des droits par le nombre

La propriété virtuelle de la donnée numérisée détermine une structure d'organisation politique de l'Internet : l'indexation des objets physiques doit être confiée aux sociétés constituées pour les produire ; l'indexation des objets numériques doit être confiée aux sociétés constituées pour identifier des finalités transformables ; l'indexation des finalités compatibles avec les droits de l'homme dans son environnement physique doit être confiée aux sociétés financières ; l'indexation des fins réalisées et réalisables par des prix d'échange en monnaie entre sujets de droit doit être confiée à des sociétés politiques.

Pour remplir la finalité d'indexation du réel humain sur le droit de liberté du sujet, toute société d'appropriation du donné procède de la démocratie au sens étymologique : autonomie des sujets, égalité de condition des sujets, liberté finale du sujet individuel et solidarité des sujets par la réalité physique. La démocratie numérique est l'articulation du réel économique à la démocratie politique par la démocratie financière. En révélant ses dévoiements, l'espace de numérisation financière de l'interaction des sujets sur les objets crée une opportunité de démocratiser l'économie réelle ; c'est à dire de garantir réellement le financement de la démocratie.

La démocratie numérique revient à bancariser l'Internet sous la loi de la finalité responsable. La banque de compensation de l'économie humaine (BCEH) consiste à sanctuariser l'identité numérique des sujets afin que les corps humains physiques soient maîtres de leurs propriétés objectivées dans l'économie des prix. La bancarisation des données numérisées établit la propriété des données objectives par la loi d'association des sujets dans leurs finalités partagées. L'individuation est libre et solidaire dans une réalité rendue commune par les fins échangées.

La destruction des sujets et des objets dans la réalité physique devient insensée dès lors que l'autorité financière dédiée à l'application de la loi s'oblige par la finalité numérique objective. Tout objet réel est contrôlé par son propriétaire responsabilisé par la propriété numérique publique sous responsabilité bancaire. La conséquence financière et monétaire de la responsabilité numérique est l'impossibilité du prix sans propriétaire, sans objet réel ou sans loi de finalité partageable.

Réhabilitation numérique du travail de reconnaissance humaine

La banque de donnée dépositaire des propriétés du sujet réalise la justice de la loi sous le pouvoir judiciaire autonome de la démocratie. Elle réalise la justice du prix en formant les échanges par égalité de droit entre sujets. Elle réalise la justice de la monnaie en attribuant la propriété numérique du crédit aux vendeurs effectifs d'objets réels répondant à la finalité des acheteurs. L'appropriation numérique bancarisée de la donnée reliant le sujet à l'objet fonde un espace de connaissance universelle.

Les acteurs financiers de l'assurance, de l'investissement et du crédit deviennent objectivement distincts et complémentaires au service du sujet, de la réalité de l'objet et de la fiabilité du prix dans le temps. La spéculation est strictement limitée par le capital exposé au futur effectivement indéterminable. La puissance publique est strictement limitée à l'intérêt général délibéré dans la loi, à l'assurance de la protection des sujets par la séparation des pouvoirs et à la maîtrise d'ouvrage des investissements et dépenses collectifs.

La comptabilité des prix en monnaie est strictement limitée par l'application d'une même loi à des sociétés politiques constituées sous un État commun. La réglementation des techniques est strictement limitée par la prise en charge des risques normatifs par les scientifiques. La science et la recherche sont rémunérées par les primes d'assurance que les techniciens versent aux propriétaires des données scientifiques. La science qui garantit l'innocuité des applications techniques ne peut plus se désintéresser de l'appropriation du savoir par le sujet.

L'objectivation de tout réel est connue par la donnée numérique déposée ; l'attribution en propriété de l'objet numérique restaure le travail d'invention véritable comme source de toute valeur. Le sujet ne peut plus prétendre à une quelconque propriété sans travailler à une finalité physiquement transformable en objet réel. Tout prix inscrit au débit d'un sujet correspond au crédit d'un autre sujet par une relation objective identifiable dans une demande, un investissement, un travail et une offre assurée de réalité à terme livrable. Tout prix nominal mesure un droit dont la réalité est engagée par un travail garanti par une prime.

Urgence de la démocratie numérique en résolution du chaos

La prime acquise par un acheteur primaire identifié par une banque de données est un objet distinct du prix nominal établi entre acheteur et vendeur nominaux. La prime comptabilisée en monnaie associée à l'objet numérique assure le crédit d'une livraison effective à l'échéance du vendeur de l'objet nominal réalisable. La financiarisation de la donnée objective numérisée crée une relation de solidarité objective entre le crédit du sujet qui travaille et le crédit du sujet qui garantit le prix de vente de l'objet travaillé.

L'Internet structuré par les sujets, les objets, les lois du vivre ensemble et la réalité physique numérisée est potentiellement un marché universel de la connaissance humaine ; une connaissance transformable par le travail en économie de la satisfaction libre. Si une communauté politique valide l'efficience morale de bien commun numérisé négociable, alors l'économie numérique de la connaissance peut être réellement formée par l'Internet ; alors les investissements monétaires sont mineurs pour :

1. convertir la zone euro en système monétaire international de liquidité du crédit

2. organiser la convertibilité économique des systèmes juridiques de protection des sujets

3. constituer un marché mondial de justification du prix des théories scientifiques

4. coordonner la régulation financière internationale des prix, du crédit, du capital et de l'assurance

5. financer l'éducation et le partage humain des connaissances philosophiques et scientifiques

6. créer un marché du travail assurant la satisfaction des besoins humains librement négociables

7. construire l'indexation des monnaies sur le travail et le financement des États dédiés à la protection des sujets du travail

Un important travail de sensibilisation et de formulation est à accomplir. L'efficience de l'économie numérique doit être démontrée par l'expérimentation locale visible : sociétés d'échange local de travail garanti, marchés de normes professionnelles, systèmes d'assurance de service public, plateforme de formation scientifique et professionnelle...

Le temps qui paraît nécessaire à l'exploitation des nouvelles technologies numériques n'est pas réellement disponible dans la crise systémique en cours. D'une part, les transformations techniques sont très rapides et d'autre part les capacités d'action collective publique sont en désagrégation accélérée. Les processus enclenchés dans les pays endettés détruisent la paix civile. Les solutions possibles doivent être discutées avant que la décrédibilisation du pouvoir politique ne débouche sur le chaos général.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 09:38

CapitalCreditMonnaieCouverture

Plan de sauvetage de l'Europe

  1. La philosophie d’Aristote abandonnée depuis la Renaissance contient une théorie de la valeur fondée sur la décision, la responsabilité et l’altérité humaines.

  2. L’explication aristotélicienne de la valeur pose l’efficience comme introduction des finalités humaines dans la matérialité physique par la formalité métaphysique.

  3. La modélisation aristotélicienne de la valeur pose la forme du prix comme effet de crédit en matière monétaire ; le capital garantit la couverture de la fin économique investie dans la valeur.

  4. La valeur est par Aristote (qui parlait de philia) la métaphysique du langage humain des sujets en quête de réalisation de soi par la relation à l'autre

  5. Le modèle de quadri-causalité aristotélicien (fin-effet-forme-matière) utilise l’intelligence, l’observation et la volonté humaines pour réduire l’incertitude du futur par la connaissance accumulée dans un marché organisé par une société de droit.

  6. La causalité de la valeur dans l’effet de la matière formée par les fins humaines est applicable aux processus financiers pour calculer la consommation de capital par unité de crédit transformée.

  7. Le crédit transforme le prix anticipé en objet réel de valeur à l’échéance du processus financier.

  8. La spéculation est la possibilité de dissimuler des fins particulières dans des marchés fragmentés dans des systèmes de valeur privatisés non partageables ; la crise actuelle de la spéculation est annulation des critères sociaux et politiques de discernement de la valeur économique future.

  9. Une impasse systémique est créée par la nécessité d’augmenter les fonds propres financiers dans un contexte de rentabilité réellement réduite par la fragmentation de la valeur des anticipations financières.

  10. Les titres de dette publique qui étalonnent la rentabilité de la valeur future sans risque sont réellement surévalués par rapport à la solvabilité démontrée des États et autorités publiques.

  11. Les parités monétaires compatibles avec le remboursement à terme des dettes internationales apparaissent contradictoires avec la stimulation monétaire actuelle des échanges et de la croissance mondiale.

  12. Les modélisations économiques et financières actuelles de la valeur n’identifient plus de causalité stable de la rentabilité durable, de la création nette de valeur au fil du temps.

  13. Les prix de la liquidité, du crédit et du risque sur les marchés financiers contiennent une volatilité incompatible avec le capital effectivement disponible pour les couvrir.

  14. La défiance s’installe et rien n’indique que la croissance réelle de la valeur mondiale puisse durablement repartir sans un renouvellement du paradigme économique et financier en vigueur à l’échelle du monde.

  15. La quadri-causalité peut structurer la gouvernance, l’organisation et le contrôle interne pour accroître la disponibilité endogène de capital dans tout processus humanisé de création de valeur.

  16. L’efficacité de la quadri-causalité aristotélicienne dépend de son assimilation dans une culture de la personne, sociale et entrepreneuriale de responsabilité humaine.

Le texte complet du plan de sauvetage.

 

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 16:41

CapitalCreditMonnaieCouverture

Aristotelian philosophy establishes four axes of causality within the reality : material, formal, final and efficient. Applying Aristotle to economics and financial practices implies four analytical elements in the price : nominal, real, credit and insurance. These elements cannot be calculated in anticipation of future reality without a framework both real and conceptual. The link between nominal price, real object, credit of value and insurance of personal ownership of value is provided by market. Not only a virtual market but a real space where subjects and objects are actually visible and verifiable.

So value is the choice of each subject on objects. Price is the common value within plurality of subjects. Uniqueness of price means market equilibrium on object exchanges. Economy is really possible if market is defined by political law materialized by one money. So money is the logical link between a specific law state and a defined market. If money is cleared by real transactions and specifies the exchange market, it may count value with fair prices. Money may be material of credit and credit may be material of real value in present and future.

The actual system crisis may be explained by denial of law in so called free capital markets. Markets have been virtualized by finance and therefore disconnected from reality of law, credit and liquidity. Economy may be restablished by a two levels monetary system with local and global currencies. The global currencies should be international credit standards within regional markets.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 13:32

Ré-humaniser immédiatement la monnaie

Depuis la confirmation en juillet 2011 d'un deuxième défaut grec malgré un plan européen de redressement décidé en mai 2010 et depuis la dégradation de la notation de la dette publique américaine sur laquelle repose l'évaluation monétaire et financière de toutes les dettes du monde, le système bancaire mondial s'achemine vers son euthanasie toute proche.

Le diagnostic d'un excès mondial de dettes est clairement formulé et démontré. La faillite générale est pourtant différée par l'accumulation de dettes nouvelles dans les banques centrales et les quelques États dont la solvabilité est supposée encore crédible. La crise est dans sa phase paradoxale ; l'explication de la dette entraîne l'aggravation de la dette.

Le monde entre étymologiquement dans une apocalypse. L'homme a jeté par la dette un voile sur sa réalité. Empêtré dans ce voile insensé, il découvre qu'il est davantage que ce qu'il se doit à lui-même. Il lui faut dépasser le voile, passer à travers le mur de la dette, pour connaître au-delà du présent ce que la dette représente.

Les dettes sont des anticipations comptables du futur. Elles engagent le futur au présent. Mais elles ne sont pas tout le futur qui par nature n'est pas encore. Derrière la représentation comptabilisée en monnaie, il y aura des vies humaines. Elles reprendront les promesses héritées du passé mais les transformeront dans leur réalité présente pour que le passé soit vivable dans la perspective d'un futur désirable.

L'apocalypse en cours est le dévoilement de la réalité derrière l'exercice de son actualisation financière. Après avoir essayé de réduire toute sa réalité à des prix présents en monnaie, après avoir confié toute son économie politique à son intelligence spéculative, la société humaine mondialisée redécouvre la pluralité de ses points de vue dans une réalité commune. Or il existe bien une monnaie représentative de la diversité commune des choix humains de vie.

Vie humaine en trois dimensions

La réalité humaine s'analyse en trois compartiments distincts synthétisé par la vie individuelle des personnes en société. La réalité empirique est celle qui s'impose d'elle-même à la sensibilité de l'homme par la matérialité. Cette réalité est la même hors de la volonté humaine pour tous les hommes vivants au présent.

A l'opposé, la réalité psychique est propre à chaque personne. Le psychisme est le nœud de relations de la personne avec les autres en elle-même. Dans le psychisme de la personne, le passé s'associe au futur par le présent ; et la vie sociale personnelle s'incarne dans les virtualités de la réalité empirique. La troisième réalité est virtuelle. C'est le lieu de la volonté individuelle et collective qui met l'homme en action.

L'action transforme réciproquement la réalité psychique par la réalité empirique. Dans la réalité virtuelle de l'homme se développent toutes les représentations qui et que décident la personne en société. La réalité virtuelle s'exprime par le discours et par toutes les productions humaines ; productions dans la réalité empirique présente issue de la réalité psychique historisée par la virtualité.

La réalité virtuelle interfère avec la réalité psychique dans l'intimité de chaque personne. Seule la réalité empirique est observable exclusivement au présent. La temporalité se situe dans la réalité psychique. Elle se communique entre les hommes par la réalité virtuelle sous la forme du discours. Le discours exprime toutes les virtualités du temps en deçà et au-delà du présent empirique. La finance, la banque et la monnaie sont des activités de la réalité virtuelle.

Conditions réelles de la virtualité financière

La finance est la virtualité des actions humaines dans le temps. Elle donne des prix au passé. Elle mesure les prix du futur au présent. Elle inscrit la réalité empirique présente sur un axe virtuel du temps collectif. L'objectif financier est la transformation collective de l'héritage du passé en objets voulus de bien commun ; bien commun négociable exprimé collectivement dans des biens personnels.

L'existence de la finance est réelle par la mise en relation de la réalité empirique avec la réalité psychique. Le psychisme humain se satisfait de la réalité empirique si elle est utilisable dans la relation entre individus dépendant les uns des autres. Si les réalités empiriques circulent d'une personne à l'autre, elles leur apportent individuellement un bien qui est commun ; un bien reconnu comme tel par les personnes en relation d'échange.

Historiquement, la virtualité financière opère le réel à deux conditions : la loi et le marché. La loi structure par la réalité virtuelle la relation entre les psychismes personnels. Le marché est la réalisation empirique de la relation des personnes par les corps. Les corps sont les personnes instituées par la loi dans la réalité empirique. Sans la loi, les corps ne sont plus l'expression des personnes sur le marché.

Avènement du totalitarisme financier

La virtualité financière n'opère la réalité que si la détermination de la loi des échanges sur le marché reste extérieure à la finance. Or la libéralisation des marchés depuis les années 70 a consisté à laisser la finance définir ses lois. Les agents de l'autorité publique dépositaires de la loi et vérificateurs de la loi entre les personnes se sont retirés des marchés.

Le marché abandonné à la finance ne réalise pas des relations entre des personnes. Il absorbe la réalité empirique des corps dans la réalité virtuelle des individus interchangeables. Toute réalité humaine est placée sur le plan de la virtualité. Toute personne est prêteuse et emprunteuse des prix en monnaie. La finance de marché auto-régulée par sa propre loi adosse le prix des emprunts au prix des prêts. La réalité empirique sous-jacente au prix est éludée.

La finance auto-régulée raisonne exclusivement en plus-value. Pour que les prêts soient suffisants pour rembourser tous les emprunts, il faut que les prêts croissent dans le temps plus vite que les emprunts. La plus-value sur les prêts doit être calculée pour lever tout doute sur les emprunts. Alors le calcul se substitue à la réalité.

La virtualité du calcul financier raisonnant sur lui-même n'a plus de considération pour la réalité empirique. Le bien ne peut plus être une réalité sensible mais uniquement le prix d'une plus-value. La plus-value raisonnée dans la virtualité devient l'unique horizon de la vie psychique. Le psychisme colonisé par le calcul de la plus-value en monnaie n'accède plus à la réalité empirique.

Le vivre ensemble détruit par la finance sans loi

La crise des subprimes a révélé la totale émancipation financière de la réalité. Les dettes s'étaient accumulées dans le seul but de faire des plus-values comptables sans qu'aucun besoin humain ne soit satisfait. Comme les États de droit ont légalement renoncé à imposer une règle humaine à la finance, ils ont accru leurs propres emprunts pour refaire la crédibilité de la plus-value financière virtuelle.

Depuis aout 2011, la finance dérégulée laisse voir que les plus-values accumulées sur les États n'existent pas dans la réalité. La dette publique des États-Unis, le plus gros emprunteur de la planète a été dégradée. Les États, dépositaires de la loi d'un bien commun, sont devant l'alternative de reconnaître que le système financier n'existe plus comme bien dans la réalité psychique ; ou de modifier la loi pour asservir la réalité humaine empirique à la virtualité financière érigée en seule réalité possible.

Comme la réalité empirique de l'économie humaine mondiale est divisée entre des nationalités désunies, la paix civile mondiale est contrainte de s'appuyer sur la virtualité financière. Les lois sont différentes selon les nations. Les marchés réels sont nationaux et régionaux mais pas internationaux. Le maintien légal de la paix et des échanges internationaux oblige en théorie les États à se désintégrer et les banques centrales à émettre de la monnaie hors de toute mesure de la réalité empirique.

Prédation légalisée du réel

Après avoir absorbé la réalité empirique, la virtualité financière absorbe la réalité psychique. Les autorités politiques se mettent à démanteler les États auxquels les marchés ne prêtent plus. Il est question aux États-Unis de supprimer les services publics fédéraux. Dans la zone euro les parlements des pays surendettés sont dessaisis de leurs pouvoirs budgétaires et fiscaux.

Dans le reste de la zone euro et au Royaume-Uni, les dépenses publiques de protection sociale et de protection du travail sont officiellement diminuées afin de rééquilibrer les budgets. Tout se joue dans la virtualité financière où il faut simuler un équilibre des prêts et des emprunts hors des réalités humaines psychique et empirique.

La simulation financière de la réalité est jouée par le prix des prêts prétendu inférieur à l'échelle du monde au prix des emprunts et des fonds propres du système financier. Or les prix sont calculés par les opérateurs financiers sur des marchés qui n'existent pas dans la réalité vérifiable. En l'absence d'une loi humaine commune d'appréciation des prêts et des emprunts internationaux, les prix ne sont pas mesurés selon le même temps réel d'un système juridique à l'autre.

La réalité en retournement contre la finance

La convertibilité des monnaies non régulée par les États autorise les banques internationales à comptabiliser des contrats dans la monnaie de leur choix au prix de leur choix. La soustraction de la finance aux réalités psychique et empirique est accomplie par la légalité de la banque de l'ombre. La licéité des prix et des échéances de crédit comptabilisés échappe à toute vérification publique.

Le sens psychique des monnaies est désormais inversé. Les monnaies ne sont plus émises à proportion du règlement des transactions reconnues légales. Elles sont émises à proportion des besoins empiriques que le psychisme doit dissocier de la loi. L'homme est obligé d'abandonner la loi du vivre ensemble pour ne pas reconnaître l'inexistence de la plus-value financière dans la réalité vraie.

L'émission de monnaie par les banques centrales hors de tout bien visible dans la réalité empirique implique la disparition du système financier à brève échéance. Les liquidités empruntées à la banque centrale sont immobilisées dans le soutien du prix des actifs fictifs accumulés dans les bilans financiers. La monnaie n'est plus liquide pour financer des projets réels.

La réalité lisible dans le marché régie par la loi

L'Allemagne prépare l'abandon de l'euro. Elle ne peut plus perdre l'épargne des Allemands dans des prêts internationaux à des activités sans réalité empirique donc sans consistance morale. Les autres créanciers nets du monde comme le Japon, la Chine et le Brésil préparent de leur coté l'abandon du dollar. La promotion du FMI dans une nouvelle régulation internationale des monnaies prend acte de la défaillance de la Fed et de la BCE.

Les deux banques centrales prêtent leur liquidité à la plus-value financière et non à des emprunteurs dont la solvabilité soit démontrable. Fed et BCE sont dans l'incapacité d'apprécier les débiteurs de la monnaie qu'elles émettent à cause de l'utilisation multinationale de la liquidité de leur crédit. La solvabilité des monnaies serait mesurable à condition d'une intégration des économies par les souverainetés nationales responsables de la solvabilité selon la loi qu'elles appliquent effectivement.

Remettre la monnaie sous le régime d'un bien commun consiste à remettre la finance sous le contrôle des lois nationales. L'équité financière est impossible sans l'adhésion morale des parties à une même loi. Mais les lois nationales restent librement appréciables dans la réalité empirique de n'importe quelle monnaie s'il est institué une monnaie mondiale commune ; une monnaie dédiée à l'appréciation de la loi d'économie de n'importe quelle souveraineté nationale sur son propre marché.

Monnaie universelle de décompte de la légalité nationale

S'il existe un marché financier international fondé sur l'appréciation des monnaies d'application des lois nationales à des marchés nationaux, alors les parités de change intègrent la réalité empirique dans la réalité virtuelle par la réalité psychique d'une loi humainement appliquée. Lois et monnaies deviennent de la réalité virtuelle négociable dans les pays où elles sont émises.

En dehors de sa nationalité, l'étranger ne doit pas pouvoir dissocier la richesse concrète, de la loi qui la définit ni de l'unité monétaire nationale qui comptabilise la richesse réelle. Entre deux monnaies nationales, les différences d'appréciation d'un emprunteur par rapport à un prêteur doivent s'exprimer par une monnaie neutre d'égale signification quelle que soit la position des parties.

Un marché financier international peut par nature unir des virtualités nationales distinctes en formant une même réalité empirique quelle que soit la nationalité. Cela se réalise effectivement en rétablissant la relation logique entre la loi et la monnaie : la monnaie est la représentation dans la réalité empirique nationale de la loi appliquée dans la réalité psychique. De la restauration de la virtualité financière de la loi par la monnaie naît l'étalon monétaire universel.

Loi universelle du crédit indexé sur la réalité

La monnaie universelle est la conséquence de l'application universelle des lois nationales à la condition de transactions internationales visibles sur un marché transparent. L'application d'une loi nationale à une transaction internationale doit être alors explicitement garantie par la communauté internationale. Et le prix des monnaies nationales en monnaie internationale varie selon le risque que les lois nationales ne soient pas appliquées.

Pour indexer la parité d'une monnaie nationale sur l'application d'une loi nationale il suffit de garantir en monnaie internationale les emprunts internationaux des États et des banques nationaux. La régulation financière s'applique par les parités nationales contractuellement dévaluées si la prime de garantie de tous les emprunteurs n'est pas positive en monnaie internationale.

La régulation universelle du crédit par la cotation publique des primes de crédit implique simplement un marché mondial unifié où tout acheteur de prime est vendeur de sa propre prime. Le marché multinational de garantie du crédit émet la monnaie universelle à proportion des crédits effectivement garantis et effectivement remboursés.

Société multinationale de démocraties

De la même manière que la fusion financière des réalités empirique et psychique provoque la destruction de la civilisation, la distinction multinationale des trois dimensions de l'homme vivant rétablit l'équilibre mondial de l'existence humaine personnelle et sociale. La monnaie d'un marché international du crédit d'une réalité commune restaure instantanément la possibilité d'un bien humain dans la diversité des personnes et des nations.

L'apocalypse financière exposée au regard du monde vient du croisement des cultures dans une représentation globalisée du monde. La numérisation en réseau de la connaissance humaine confronte plusieurs visions contradictoires d'une même réalité empirique. Le psychisme humain fait face à un choix radical entre l'uniformité rêvée ou la pluralité acceptée.

Soit les hommes se refusent dans leurs différences : la guerre économique se prolonge. Les nations s'effacent derrière des intérêts financiers en lutte pour asservir l'homme à de fausses dettes. Soit les hommes décident de s'enrichir de leurs différences : les nations se démocratisent pour discuter les lois qui transforment la réalité en satisfaction humaine. Alors la monnaie traduit la réalité empirique d'une virtualité au service des personnes en collaboration dans la démocratie multinationale.

 

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