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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 17:09

La construction du mouvement "Podemos" en Espagne s'appuie sur un diagnostic d'économie politique produit par deux universitaires espagnols reconnus et réputés. Le "projet économique pour les gens" propose une vision keynésienne de l'économie politique afin d'échapper à l'effondrement de la civilisation provoqué par la globalisation de la technocratie libérale. "Podemos" suggère qu'il soit impossible de penser une économie des gens sans organiser la démocratie entre les citoyens et les peuples. Cette étude veut montrer que la théorie de la démocratie économique existe en pleine cohérence avec l'expérience et le sens communs. Les techniques actuelles d'économie numérique permettent la mise en oeuvre du modèle keynésien de la monnaie multinationale publique contre la ploutocratie financière.

Après sept ans d'agonie monétaire et financière consécutive au krach des subprimes, la démocratie réémerge en Espagne par la mobilisation des citoyens. Les gens de base se regroupent pour reconstruire les services du vivre ensemble délaissés sous l'empire européen du libéralisme spéculatif en monnaie virtuelle. Le mouvement “Podemos” organise la discussion de l'économie politique à reconstruire sur les ruines de l'économie non régulable par l'intérêt général public. Les réformes demandées par Podemos visent à rétablir la finalité des échanges dans le plein emploi de l'offre de travail au financement de la croissance économique de la société politique du bien commun.

La présente analyse veut montrer que la régulation du crédit, de l'épargne et de la liquidité bancaire est réalisable au service des gens par un vrai marché de titrisation du travail ; c'est à dire par un marché du travail politique, entrepreneurial, bancaire et assurantiel, engagé par les citoyens dans des sociétés qui les rendent effectivement solidaires. Les réseaux sociaux numériques en développement constituent l'espace de négociation de toutes les espèces de travail à l'origine des biens demandés par la société civile. Face à la modélisation numérique de l'économie réelle des échanges, l'actuelle monnaie bancaire issue du réseau financier global virtuel n'est adossée à aucune mesure intelligible de la réalité attendue par les gens.

Pour que la rationalité économique retrouve ses fondements réels dans la démocratie, le crédit en monnaie doit être réconciliable au crédit rémunérant le travail. L'offre bancaire de crédit doit égaler strictement la demande de services exprimable par le travail des citoyens personnellement responsables de leurs États communs de droit. Le marché de la monnaie véritable que Podemos revendique est un marché de la titrisation du travail par la puissance publique du bien commun. La société civile refondée par Podemos est aujourd'hui en mesure de reconstruire une économie humaine sociale objective au milieu du vide conceptuel simulé par les élites politiques et financières actuellement au pouvoir.

 

Pas d'économie objective sans démocratie

"Podemos" est un mouvement émergent de la politique espagnole enregistré en mars 2014 comme parti pour offrir une alternative démocrate au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol et au Parti Populaire. Le PSOE et le PP qui gouvernent l'Espagne en alternance depuis 1978 ont renoncé à une économie au service de la démocratie. Podemos a obtenu d'emblée 8% des voix aux élections européennes et se trouve en tête des intentions de vote pour les législatives espagnoles de 2015. Les initiateurs de Podemos récusent le libéralisme économique du PSOE et du PP actuellement au pouvoir. Le mouvement se construit en mode participatif sur l'objectif de remettre le système économique de l'Espagne au service du vivre ensemble. En novembre 2014, Podemos a publié un "projet économique pour les gens" afin d'établir une base de discussion des réformes économiques, sociales et politiques qui seront proposées aux suffrages législatifs des Espagnols.

La plateforme de débat économique de Podemos a été établie par deux professeurs d'économie politique d'orientation sociale démocrate, Vicenç Navarro et Juan Torres López. Ils posent le constat de la mise en faillite de l’État de droit par le système apolitique de la monnaie unique européenne ; une monnaie conçue pour soustraire l'économie au contrôle de la démocratie dans le contexte de la globalisation financière et commerciale. La politique des socialistes puis du Partido Popular après la disparition de la liquidité financière depuis 2008, a consisté comme partout ailleurs à renflouer les banques par la dette publique puis à réduire la part des dépenses publiques dans l'économie pour freiner la croissance de la dette. Alors que le chômage a triplé en 6 ans, que les revenus salariaux se sont effondrés, le gouvernement espagnol réduit les services publics et les prestations de solidarité sociale. La politique monétaire et financière de la zone euro contraint l'Espagne à détourner son économie du bien-être pour rembourser des dettes qui n'ont jamais financé une croissance bénéfique à tous les Espagnols. Une partie substantielle du peuple espagnol a été renvoyée à son niveau de vie des années cinquante.

Podemos constate que l'Espagne est dépossédée de son activité économique au profit de créanciers extérieurs, parmi lesquels les Espagnols les plus riches désolidarisés de leurs concitoyens par le régime libéral de la zone euro. Le principe même du marché européen unique de libre circulation du capital financier permet de produire et d'investir en Espagne hors des lois voulues par les citoyens et sans contribuer par la fiscalité aux charges et dépenses communes de l’État de droit espagnol. L'égalité des droits et la solidarité minimale du vivre ensemble n'ont plus cours en Espagne par nécessité de l'euro détaché des États de droit. Les États dépossédés du contrôle de la monnaie sont dans l'incapacité de réguler le crédit et les revenus par la levée des impôts. L'euro produit une dénationalisation déshumanisante du pouvoir de la loi au profit des entreprises et du capital extérieurs à la citoyenneté. Il n'y a plus d'économie en Espagne par l'existence même d'un système européen interdisant la délibération politique des lois applicables à la production et à la consommation. L'économie est réduite au service exclusif des propriétaires du capital financier virtuel aux dépens des droits du travail et de la société politique.

Politique de l'économie au service des gens

Sous l'angle de l'économie du bien commun, la réalité espagnole est corrompue par une liberté absolue des investisseurs et dirigeants de l'économie financière. Non seulement les équilibres sociaux spécifiques de la démocratie sont anéantis mais la solvabilité des banques et de l’État espagnols ne peuvent plus être calculés dans le contexte de l'euro. La suppression des frontières monétaires, financières et juridiques par la monnaie unique induit la captation systématique des efforts nationaux de redressement par des intérêts non nationaux. Focalisant leur diagnostic sur l'économie espagnole, les économistes de Podemos signalent que la liquidation de la réalité de l’État de droit en Espagne n'est nullement rattrapée par l'action d'un gouvernement de la zone euro. Le capital en euro circule par la seule force de l'intérêt financier privé en dehors de toute formation d'un intérêt européen par une communauté publique véritable. Aucun pouvoir politique n'a plus dans la zone euro la capacité financière de réguler le calcul financier du crédit. Le système financier auto-référencé de l'euro ignore absolument l'équilibre économique réel du travail, du crédit et du capital des citoyens à l'intérieur des pays et entre les pays membres.

Le "projet économique pour les gens" est la première analyse d'un mouvement de révolte politique populaire pointant la cause de l'impasse actuelle du capitalisme libéral dans l'absence de gouvernance démocratique du crédit et de la monnaie. Toutes les propositions de Podemos visent à remettre l'économie au service des gens par la régulation politique de la finance. Toutes les propositions tendent à forcer pratiquement l'utilisation des dépôts et de l'épargne au financement d'un équilibre entre production et revenus du travail. Autrement dit, la consommation des gens devrait se financer par le travail des gens plutôt que par un endettement et un déficit d'échanges extérieurs. Podemos demande un vrai marché du travail où les gens puissent négocier leurs revenus aux prix de ce qu'ils demandent par leur production effective et par leurs intentions mesurables en épargne. Un vrai marché du travail engendrerait l'offre des objets d'investissement qui répondent à l'épargne des revenus du travail. Podemos proclame le droit au crédit qui soit la mesure juste du travail actuel et futur engagé par les gens pour satisfaire leurs besoins.

Sur le fond, les économistes de Podemos réclament une réintégration de l'économie dans la règle politique. Le marché financier réglé par la politique signifie que la monnaie négocie des prix entre les citoyens qui tous travaillent, entreprennent, épargnent, consomment et investissent. Pour que les revenus escomptés du travail soient mesurables en crédit bancaire, il ne faut pas que les besoins des gens et le travail nécessaire pour les satisfaire soient définis par des spéculations financières. L'épargne ne peut pas être une abstraction financière déconnectée de l'économie réelle des projets humains. Le financement de la demande des citoyens par le travail des citoyens implique que l'équilibre des prix entre l'offre et la demande de crédit soit déterminé par l'équilibre des finances publiques entre l'offre et la demande de droits civiques ; et que l'équilibre juste de la distribution des revenus de production des biens et services ne soit pas déterminé entre les seuls détenteurs de capital mais entre tous les citoyens qui définissent, transforment et emploient le capital.

Les quatre degrés du travail dans le capital

Le système économique réclamé par Podemos est un capitalisme du travail producteur de la satisfaction des gens en lieu et place d'un capitalisme de la monnaie financière apolitique. Une capitalisation de la demande des gens en travail implique que la monnaie ne soit pas émise par des comités secrets de banquiers mais par un marché de tous les acteurs économiques de la citoyenneté. Le règlement des biens en monnaie doit rendre compte publiquement à la société civile des prix réels de tous les services qu'elle est apte à commander et exécuter. La transparence économique et politique du marché requiert alors quatre degrés différenciés de négociation de l'équilibre des prix. Le premier degré est celui de l'entreprise entre l'offre de travail de chaque citoyen et la demande collectivisée par le gouvernement d'entreprise. L'entreprise est le lieu du calcul économique de toutes les demandes de productions des citoyens en travail, épargne, investissement et assurance.

Dans l'économie de la démocratie, l'entreprise est représentable en titre de capital négociable contre monnaie à la condition de se constituer en sociétés d'intermédiation des objectifs mis en communs. Un enchaînement d'objectifs communs est une entreprise. Mettre en commun des moyens de réalisation collective d'objectifs communs est un second type d'entreprise. Mettre en commun le prix des lois réglant des objectifs communs est une entreprise d'entreprises. Ces trois types d'entreprise sont contenues dans l'entreprise politique qui fédère le travail des citoyens dans l'appréciation de leur demande collective par une même monnaie. Les trois équilibres actuellement détruits des prix du crédit, du capital et de l'assurance du système de l'économie des gens sont réparables dans une économie efficiente à la condition du plein emploi de la demande de travail. La négociation fondatrice de tous les équilibres de l'économie est la combinaison des facteurs de travail à l'intérieur de chaque entreprise et entre les entreprises réunies d'une même politique de production finale.

L'existence effective d'un bien à un certain prix réglé par l'acheteur est nécessairement une combinaison d’œuvres au quatre degrés de nécessité du travail : la transformation de la matière, l'entreprise, la capitalisation du prix et la délibération du règlement des biens en comptabilité de loi commune. Le système libéral, dont Podemos constate la défaillance du point de vue de la démocratie comme de l'économie réelle, est une théorie libérée de la réalité objective du citoyen. L'entreprise est réduite à la spéculation du seul travail financier sur la comptabilité du capital, lequel est défini en fonction du pouvoir d'achat d'un consommateur dont la citoyenneté est niée. Le consommateur libéral est un moteur de transformation mécanique du capital en monnaie. Le capital libéral est monétisé hors de ses causes dans le travail de délibération des biens, dans le travail de coordination des citoyens, et dans le travail d'assurance de la réalité des droits du citoyen. La finalité de l'entreprise libérale n'est pas décomposable ; elle n'a de réalité que dans la croissance du capital en monnaie nominale abstraite de toute loi réelle.

Le crédit véritable indexé sur la rentabilité du travail

Pour qu'une production soit engagée au bénéfice de tous ses contributeurs, il faut nécessairement un accord de prix sur chaque œuvre de travail entre toutes les entreprises pour que le prix de revient final soit inférieur ou égal au paiement en monnaie de l'acheteur final ; lequel acheteur final a nécessairement obtenu la rémunération de sa quote-part d’œuvre du travail commun. Un accord de prix réel est aussi une identification concertée de tous les objets d’œuvre nécessaires à l'existence effective du bien final. Le marché du travail efficient est donc à la fois une confrontation des libertés individuelles et une organisation des coopérations qui mutualisent le risque économique objectif. Le risque objectif est la possibilité d'une offre effective inadéquate, entre toutes les entreprises mobilisées dans la livraison des biens servis à des citoyens qui sont des consommateurs. Par entreprise vendeuse d'emploi, il faut entendre toute société de coopération mutuelle dont le capital ait pour finalité de garantir les droits du travail rentable ; c'est à dire le travail dont les fruits promis sont anticipés par le crédit qui comptabilise l'investissement ; lequel investissement a pour finalité d'assurer la pérennité de la communauté de production à servir la demande réelle effective des citoyens.

La rentabilité n'est rien d'autre en économie réelle que l'efficacité du travail à satisfaire la demande monétisée du consommateur citoyen. La rentabilité définie en travail intègre en soi-même la rationalité économique dans la contrainte de stabilité financière. La rentabilité libérale est au contraire une spéculation financière sur la déstabilisation d'un système dépourvu d'obligation de travail. La crise mondiale de la dette dont l'Espagne est l'une des victimes expiatoires n'est rien d'autre que la liberté des entreprises hors sol (off shore) d'emprunter sans acheter le travail au prix des biens où le travail est prêt à les acheter. Le capital financier est comptabilisé par des banques sur des prêts qui ne sont pas adossés au prix réel d'un travail effectuable par des citoyens incarnés. Ce capital est en nature une dette fictionnelle que personne ne remboursera. Le système de la libre circulation du capital entre des sociétés sans États de droit n'a pas d'autre finalité que d'autoriser des pseudo-élites à emprunter des richesses sans jamais les produire ni les rembourser. L'actuel système mondial de la finance déterritorialisée engendre une économie non proportionnable à la réalité des gens libres.

La première étape d'un processus rationnel réaliste de négociation marchande des prix des biens à produire se déroule nécessairement à l'intérieur des entreprises et entre les entreprises qui rémunèrent le travail ; à l'intérieur des entreprises pour construire l'offre, et entre les entreprises pour agréger la demande. Pour qu'un crédit en monnaie réglant l'achat d'un citoyen consommateur soit réparti entre tous les citoyens organisés en entreprises, il faut des entreprises spécifiques de régulation des échanges par des lois communes. Les entreprises d'assurance de la réalité effective des biens par le Droit sont les États souverains et les associations de souveraineté. En structurant tous les principes d'organisation économique par les degrés locaux, nationaux, européen et mondial de l’État de droit, Podemos rétablit la condition démocratique de possibilité d'un ordre économique réel.

Les lois publiques délibérables de l'économie des prix

Podemos opère la restauration de l'économie dans une réalité qui ne soit plus absorbable dans la virtualité financière. Podemos demande l'asservissement de la politique monétaire de l'euro à la délibération du Parlement Européen ; politique monétaire exécutable à la condition d'un véritable Trésor Public européen contrôlé par le parlement d'un véritable État confédéral. La loi du marché européen ne doit plus porter sur les seuls objets matériels mais sur la législation du travail et des assurances sociales interprétable par les États et les entreprises. Les crédits monétaires de la BCE ne doivent plus être accordés à des banques privées mais à des marchés universels publics dont la politique de crédit soit assurée et contrôlée par les institutions politiques de la démocratie européenne des nations. La liquidité des titres de dette et de capital ne doit plus se calculer sur des objectifs privés de rentabilité statistique mais sur des engagements publics de vente de biens réels vérifiables en droit du citoyen qui travaille pour consommer.

Le projet économique pour les gens pose la raison de formation des prix dans la démocratie monétaire. Le crédit en monnaie au vendeur d'un bien ne peut plus être de la décision privée d'un prêteur financier sous un capital bancaire mais doit réunir ouvertement à l'intérêt de l'acheteur, les intérêts du travail, de l'épargne, de l'entrepreneur et de la société politique d'intérêt général. La monnaie qui règle le prix ne peut être une matière privée mais la matérialisation publique d'un bien échangé par un ensemble de prix entre toutes les parties concernées dans la vente de quelque bonne chose. Si l'euro est arraché aux spéculations privées de banques exonérées de la loi commune, le marché commun de la citoyenneté européenne dévoilera les quatre causes nécessaires à la formation rationnelle des prix entre les citoyens investisseurs entrepreneurs acheteurs consommateurs. Après organisation de la production structurée par le partage du prix de revient entre toutes les œuvres de travail issues des entreprises, la monétisation du prix final des services consommables requiert la conversion de la valeur demandée en crédit bancaire ; puis la couverture du risque économique en capital de vérification par la loi commune ; et enfin la mutualisation par la fiscalité des réparations, des moins-values et des biens communs non distribuables.

L'égalité de puissance entre le travail, l'entreprise, le crédit et le bien commun revient à un marché financier de la liquidité monétaire indexée sur le travail. Il contient quatre catégories d'acteur : l'entrepreneur, le marchand courtier, le banquier et le juge de la puissance publique garante de l'intégrité des acteurs du marché. La liquidité monétaire ne s'adosse au crédit bancaire que convertible dans toutes les tâches de travail achetées qui font la livraison certaine en droit d'un bien réel à un prix donné. La liquidité du crédit est pure fiction en dehors des sociétés politiques de citoyens libres et responsables de leurs entreprises. La mesure du crédit reste virtuelle s'il n'est gouverné par le droit commun propre à des États identifiables ; s'il n'existe un marché commun de la monnaie pour mesurer la responsabilité propre à chaque État de sa souveraineté indivisible.

Le gouvernement du marché par quoi les prix sont garantis en droit des citoyens consiste à assurer continûment l'équilibre des pouvoirs entre l'entreprise qui produit, l'entreprise qui crédite le prix à terme contre promesse de livraison, et l'entreprise qui mesure et réduit le risque économique au bénéfice civil des acteurs engagés. Dans un marché régulé par l'exécution collective de la loi, le paiement en monnaie prouve l'universalité du bien produit et vendu. L'augmentation du capital financier des actionnaires de l'entreprise est strictement conditionnée par l'incertaine rentabilité de l'investissement ; lequel est négociation des œuvres de travail propices à l'augmentation des biens offerts par la loi commune.

Quatre causes d'assurance des biens par la démocratie

La refondation de l'euro suggérée par Podemos implique quatre degrés de souveraineté politique : la confédération, la nation, la région et la commune. La confédération de l'euro serait la société européenne des citoyens partageant une même économie de la démocratie. Les nations membres de l'euro sont des sociétés partageant chacune une même conception des droits du travail sous un capital public commun comptabilisé en euro. Chaque nation et chaque degré d’État dans les nations a son propre capital en euro. Les régions sont des coopératives juridictionnelles assurées par une même fiscalité. Les nations peuvent s'associer dans une même région, par exemple l'Espagne ou l'Allemagne, ou plusieurs régions se regrouper dans une même nation, par exemple la France. Enfin, la commune est la société politique élémentaire où un même pouvoir public gouverne les intérêts économiques fédérés d'une même communauté de citoyens. Chaque degré d’État souverain est repéré par sa propre unité monétaire convertible en une autre unité d'un autre État par le prix fiscal exclusif en euro du droit local.

La discrimination de la souveraineté du bien commun entre les sociétés de la démocratie requiert la séparation des quatre fonctions financières actives dans le prix de tout bien réel. La fonction de dépôt distingue par des titres financiers les différents objets nécessaires à l'existence d'un bien livrable. Le titre déposé d'un bien spécifie la légalité de tout règlement en monnaie à l'échéance négociable par le marché. Le dépôt d'un objet est nécessairement le fait d'un sujet de citoyenneté identifié dans une personne physique représentant une personne morale dans d'autres personnes morales garantes. La personne morale est une association de citoyens solidaires de la réalisation d'un même bien dans des objets communs. Un objet déposé acquiert un prix par la fonction de crédit. Un objet prisé dans un crédit acquiert une existence physique livrable par la fonction de capitalisation. Enfin l'offre du prix d'un bien livrable à une certaine échéance devient service effectivement réalisé d'une personne par la fonction d'assurance. Assurer un bien à un citoyen consiste en la prise en charge par une communauté assurantielle de tous les coûts imprévisibles non réglés dans le prix d'achat. L'assurance est le règlement effectif de toute les réparations qui garantissent les droits de la personne dans le prix qu'elle a réglé.

La mise en œuvre obligatoire à la démocratie des quatre fonctions financières de conversion de l'objet en bien licite réel implique l'intervention séparée et distincte de quatre types de banque : dépôt, crédit, investissement et assurance. Le dépôt est l'enregistrement des contrats, des contractants, des objets et de la responsabilité interpersonnelle de la propriété des objets. Toute transaction relative à un objet déposé est tracée par la banque dépositaire par le transfert du dépôt du prix en monnaie d'un déposant à l'autre. Le crédit est l'anticipation du prix d'un bien déposé négociable dans le futur auprès d'un acheteur final encore inconnu. L'investissement est l'identification des objets, des taches et des prix du travail nécessaire à la livraison effective d'un bien à terme. L'assurance est le prix probable réel à régler en réparations imprévues au consommateur acheteur d'un bien dans la communauté politique qui le protège. Le dépôt est donc l'assurance de l'assurance en travail engagé de la personne physique à faire ce qu'elle dit pour garantir à tout acheteur potentiel la réalité du bien dont elle répond du dépôt-même.

Révolution latente de la démocratie monétaire numérique

Podemos grandit depuis son origine dans la pratique de la démocratie du dépôt. La technologie des réseaux sociaux numériques provoque l'organisation d'un marché des principes politiques et des mesures économiques discutables et interprétables par les citoyens. Technologie de l'échange réticulaire qui est également celle des entreprises et des marchés pour organiser la production et comptabiliser la négociation des prix. Un réseau social numérique matérialise tout autant le dépôt d'un vote pour un dirigeant politique, pour un gérant d'entreprise ou pour un gestionnaire de patrimoine. La cotation d'une idée déposée est la cotation d'un titre d'assurance en titre de capital. La comptabilité déposée d'un crédit budgétaire est la comptabilité d'une prime d'option financière, que la finance actuelle appelle "dérivé de crédit". Le dépôt d'un bulletin de vote ou le règlement d'un prix en monnaie sont de même nature dans un réseau numérique. Moyennant le dépôt et le réseau, voter est synonyme de payer. Le paiement est le vote d'un acheteur pour un vendeur dont l'objet est échangé contre monnaie représentative de tout travail dans un contexte de droits déposés en réseau.

Le réseau social numérique représente les modélisations possibles des liens sociaux ; les acteurs économiques des biens y construisent par le nombre monétisable la formalité de leurs objets communs. Avant d'être mise à disposition de n'importe quelle communauté d'intérêts par le réseau des réseaux, la technologie numérique réticulaire a été l'armature de la finance globalisée en monnaie interbancaire internationale virtuelle. La dématérialisation des titres et des flux monétaires en vigueur depuis plus de trente ans repose sur les réseaux numériques de données bancaires. Les chambres de compensation où s'effectuent actuellement le règlement financier interbancaire des dettes sont des convertisseurs d'obligations juridiques en prix universalible de marché. Mais l'interbancarité mondiale des prix en monnaie a été réalisée par élusion du travail effectivement engagé par les organisations sociales. La virtualité des prix n'est pas réellement transformé en biens servis aux personnes physiques déposant dans les banques. L'effondrement de la liquidité bancaire est depuis 2008 la ruine potentielle des déposants par la spéculation bancaire non réconciliable avec la réalité matérielle tangible.

Un réseau numérique est la convertibilité en mots par les nombres, d'images subjectives de la réalité. La finance moderne est née de la mise en réseau des sociétés par une religion monothéiste de l'économie des biens. Une définition convergente des biens a engendré le crédit commercial international, donc la conversion marchande des mots en prix à terme, donc un système de comptabilité des biens en monnaie. Si un réseau numérique est aligné sur une société politique gouvernée par une interprétation commune d'une même loi, alors les personnes agissant de concert par un même marché deviennent garantes de la conversion en biens réels des mots associés aux prix.

Si les acteurs d'un réseau numérique sont des citoyens solidaires dans des nationalités ; si chaque nation se structure sur une autorité politique commune unique ; si chaque autorité politique est représentée par une unité de compte monétaire propre ; si la convertibilité réelle de l'autorité politique a un prix de change spécifique variable selon la nationalité ; et si les unités de compte sont convertibles moyennant un prix de change variable dans une monnaie de supra-nationalité ; alors un équilibre général des prix peut être négocié qui transforme toute la demande de travail en offre de travail par une production maximale de services véritables.

La théorie éprouvée de la liquidité par le plein emploi du travail

La croissance économique des biens maximisée par le plein emploi du travail par nationalité est théorisée depuis keynes. La représentation keynésienne de l'équilibre économique du plein emploi de l'offre de travail par la demande publique est efficace à la condition d'un mécanisme de fermeture de l'espace marchand de négociation des prix. La fermeture logique du marché virtuel de l'économie réelle est l’État de droit plurinational. Le travail offert peut être intégralement transformé en biens et services vendus et consommés à la condition d'une monétisation du droit commun des citoyens par un seul gouvernement responsable de son marché par sa monnaie.

Le problème non clarifié par l'économie keynésienne qui est devenu l'alibi du libéralisme spéculaire, est l'équilibre multinational des parités de change entre des gouvernements débiteurs les uns des autres soit par des échanges commerciaux, soit par des délégations partielles de souveraineté. La zone euro a imaginé résoudre l'instabilité potentielle du crédit international en récusant son expression financière dans les parités de change. Les faits ont montré que la maîtrise des dettes publiques et des balances commerciales est impossible par une seule unité monétaire entre des souverainetés objectivement plurielles. Par l'euro, la responsabilité politique n'est plus mesurable, ni solidaire, ni convertible entre des nationalités objectivement et réellement différentes de citoyens producteurs, consommateurs et investisseurs.

Pour que les règlements monétaires soient une application du droit des personnes et de la propriété spécifique à chaque système gouvernable de la solidarité économique, il faut et il suffit rendre la monnaie décomposable en États de droit séparables. La monnaie uniciste est négation de la réalité objective. Pour obliger le détenteur d'une créance quelconque à s'inscrire dans le droit d'une citoyenneté réelle, donc à s'acquitter de la fiscalité que le coût commun de citoyenneté impose, il suffit de ne pas représenter la monnaie par des espèces physiques indifférenciantes. Le pouvoir libératoire de la monnaie doit être réservé à l'espèce exclusivement numérique.

Dans la zone euro, les espèces en une quelconque devise seraient intégralement remplacées par des cartes de paiement. La monnaie ne pourrait plus alors se manifester sans que l'identité du porteur physique soit connaissable, garantie par la banque de dépôt, elle-même impérativement couverte par une société politique garante de la légalité des dépôts bancaires. La liquidité de la monnaie ne pourrait plus exister hors du travail identifiable d'une personne physique. Le dépôt en serait couvert par la solvabilité d'une banque dépositaire de la définition des œuvres de travail. La souveraineté politique serait déposée comme garantie du bien commun par les prix en monnaie. Tout paiement monétaire matérialise alors la responsabilité de l'acheteur dans la légalité du bien acquis, donc dans la rémunération de tout travail contenu dans le bien, donc dans le règlement de la dette au vendeur et par conséquent dans l'acquittement de la fiscalité garantissant la conformité de la transaction à l'intérêt général.

La technologie actuelle des réseaux sociaux permet l'identification transaction par transaction de tous les citoyens vendeurs de travail dans un bien. Si la loi commune l'impose, chaque titre de bien est concrètement rattachable à toutes les sociétés, de travail, d'entreprise, de crédit et d'assurance, qui solidarisent la responsabilité des vendeurs et de l'acheteur. Pour réaliser la responsabilité des entrepreneurs, des travailleurs, des épargnants et des États de droit dans les prix, il suffit que la loi monétaire récuse la valeur libératoire d'un dépôt bancaire dont le possesseur, la société garante et la juridiction politique assurantielle ne sont pas physiquement représentés. L'identification physique d'un débiteur en monnaie signifie que les biens réels qui sont la contrepartie du crédit bancaire sont enregistrés comme capital saisissable par un pouvoir judiciaire officiel de souveraineté. La souveraineté rétablie des citoyens sur l'économie implique la responsabilité financière personnelle illimitée de tout représentant exécutif, législatif ou judiciaire d'un quelconque pouvoir. La parole politique personnellement responsable devient la relation officielle obligée de la finance à la réalité.

Contrôle des changes de la liquidité du capital en démocratie

La mission de tout mandataire social d'économie politique est d'assurer l'application de la loi spécifique à son périmètre de souveraineté délimité dans le réseau social numérique où il agit. L'unité monétaire spécifie le prix d'une souveraineté économique dans les autres souverainetés. Chaque souveraineté assure le crédit de ses gouvernants par le prix public négociable de la prime de crédit budgétaire de chaque dirigeant. Le régime de la démocratie implique qu'un dirigeant perd sa délégation de pouvoir dès que le prix d'assurance de son crédit devient négatif sur le marché public du crédit. La prime de crédit d'un dirigeant quelconque est cotée par rapport aux objectifs budgétaires qualitatifs et quantitatifs sur lesquels il est engagé au sein de la société qui l'élit. Le marché financier numérique est un cadastre temporel de tous les engagements politiques déposés par le travail de gouvernance.

Dans un système monétaire purement numérique, la différenciation des unités de compte fait la convertibilité des prix d'un État du droit à l'autre par le régime de fiscalité. La fiscalité est en économie réelle un régime de convertibilité monétaire ; une composante nécessaire du prix des transactions de toute société économique vendeuse des biens qu'elle produit à une société politique. Le prix de la convertibilité des monnaies n'est plus pris en charge par des banques hors sol à capital privé mais par l'autorité publique de marché numériquement territorialisée. Les primes de change restent des primes d'assurance actuelles sur la stabilité du pouvoir d'achat réel de la monnaie. Mais les primes de change sont taxées selon la consommation de services publics imputable aux flux monétaires selon les qualifications légales du capital transféré d'un État à l'autre.

Tout entrepreneur est par définition en tout domaine responsable sur son patrimoine et sa rémunération du dépôt de la nature des biens vendus quelle qu'en soit l'origine. Le capital n'a plus d'existence reconnue sans que des citoyens identifiés en soient gérants obligés à la rémunération de tout le travail qui fait la rentabilité objective des actifs gérés. En monnaie numérique, il n'est plus possible d'importer d'une société exogène sans régler par la taxation des changes les assurances sociales des citoyens consommateurs domestiques. Un marché des changes est un marché d'assurance du bien commun des nationalités différentes.

La numérisation de la monnaie dans un marché délimité par la responsabilité politique publique, a bien pour objectif de mettre la circulation du capital sous contrôle de la loi commune. La circulation du capital est limitée par l'obligation de rémunérer en bien commun public le travail qui produit toute transformation du capital en bien privé. La monnaie numérique impose de rendre la nature des biens verbalement transparente et consistante au citoyen. Les différents degrés de souveraineté se rendent juridiquement solidaires de la réalité des droits de tous les consommateurs finaux. Un paiement en monnaie numérique est l'engagement d'un citoyen dans la souveraineté sous la dépendance de laquelle il se place à garantir le prix du bien-être de la collectivité à qui il achète le bien qu'il consomme.

Le travail qui change le prix en réalité universellement bonne

Le travail de production et d'exécution de la Loi est garanti et vérifiable par la comptabilisation exhaustive dans la monnaie de la société vendeuse de son change. Une société vendeuse quelconque est par le change assurée dans la monnaie de la communauté acheteuse de déposants bancaires. Enfin si le marché des changes est posé comme tel, la monnaie de la société politique, distincte du change acheteur et du change vendeur, garantit la communion de Droit. La monnaie d'une société politique est la prime de liquidité de la garantie du patrimoine, des rémunérations, des décisions et des dépenses communes qui font la réalité sociale des biens par les sociétés intermédiaires.

Le remplacement d'une économie financière de la prédation par une économie de la responsabilité des citoyens à l'échelle de l'euro ou à l'échelle de l'Espagne est l'antinomie du rêve spéculatif actuel. Podemos revendique l'indexation de la monnaie sur le prix des biens en travail capitalisable. La capitalisation du travail par les droits du citoyen en lieu et place de la spéculation bancaire libre signifie l'encadrement des marchés de l'assurance, du capital et du crédit par un marché des changes qui soit également un marché du travail. Le marché du capital monétisé par le crédit bancaire en mesure du travail anticipé, est en nécessité logique enfermé dans un système politique d'assurance intrinsèque du travail. Le capital régulé en travail ne peut plus alors sortir de son espace de régulation sans acquitter le prix fiscal du droit. En économie réelle, la libéralité du non-droit paye une prime de change à l'assurance du travail qui garantit la solvabilité de tout emprunteur.

L'économie de la démocratie de Podemos impose de fixer les frontières de la civilisation soit aux limites de la citoyenneté espagnole, soit à celles de la zone euro. Les frontières financières déterminent la base fiscale d'indexation de la monnaie par le Droit. Si les partenaires de l'Espagne en euro acceptent de revenir dans l'économie réelle de la démocratie, ils formeront une communauté humaine diversifiée en mesure d'affronter la menace spéculative impériale du monde libéral. Si la zone euro préfère le régime de la guérilla financière libre, elle contraindra l'Espagne à organiser seule le contrôle fiscal de ses frontières financières. Dans ce cas, le rétablissement de la peseta dans un marché numérique intégral limité à l'Espagne se résoudra par une dévaluation des prix domestiques entre tous les résidents espagnols. La compétitivité solidaire durablement restaurée du travail espagnol induira le retour rapide au plein emploi, donc le retour des capitaux expatriés, la reprise de l'investissement non spéculatif et la hausse des recettes fiscales sur les remboursements privés de dette extérieure.

La sortie de l'euro libéral par un euro régulé seulement en Espagne induirait une forte dévaluation du pouvoir d'achat des déposants espagnols compensée par une forte réévaluation de la rentabilité du travail et du capital. La fausse accumulation de capital financier serait remplacé par un capital réel reconstitué de croissance des revenus en peseta. La révocation de la corruption financière libre des pouvoirs publics et privés réassigne toute la liquidité monétaire à la croissance réelle solvable du bien-être. Non seulement la dette publique sera rapidement remboursée mais le gouvernement de la démocratie espagnole reconstituera une position de change publique créditrice en euro et en dollar qui soit le prix public de régulation du prix du travail espagnol en peseta contre devise étrangère. L'équilibre interne du marché du travail et de la balance des capitaux extérieurs redevient l'objectif de la politique publique par la politique de change. Les Espagnols bénéficieront alors des mêmes avantages actuels que le Royaume Uni, la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie demeurant hors de l'euro. Mais la politique de change espagnole aura pour finalité structurelle le bien-être du citoyen au service de ses concitoyens.

Réalité européenne de la démocratie assurable en euro

Si les citoyens de la zone euro se déclarent solidaires des citoyens espagnols, alors l'euro devient la monnaie de la supra-nationalité de la démocratie entre les nations et les régions d'Europe. Le marché des changes en euro devient le marché public du capital de garantie des juridictions confédérale, nationales et régionales de l'économie du travail des citoyens européens. Tous les flux commerciaux et financiers aux frontières de l'euro et entre les souverainetés locales sont alors taxés par le Trésor Public de la Confédération à hauteur du prix de la garantie de toutes les dettes publiques convertibles en euro. L'endettement public est à nouveau strictement limité à l'anticipation des recettes fiscales résultant des lois votées par les parlements. La corruption financière interdite à l'échelle de la zone euro engendre la fiabilité des bases fiscales et la sûreté du recouvrement fiscal. La dépense publique est strictement calculable à tous les degrés de la souveraineté au prix réel légal des assurances sociales et de l'investissement public garantis par chaque juridiction de la Confédération à la commune.

Comme à l'échelle de l'Espagne, le rétablissement financier de la démocratie détermine la solvabilité des sociétés européennes en plein emploi du travail offert par les citoyens. La définition financière de toute société comme assureur de la rentabilité économique des offres de travail de ses membres implique que la parité de change d'une quelconque société en euro varie selon la compétitivité universelle du travail. Quelle qu'en soit la raison, défaut de la Loi, défaut d'organisation, défaut d'éducation ou erreur de gouvernement, une perte de compétitivité du travail dans une société est compensée par la dévaluation du change. Le prix dévalué en euro du capital généré par une société est rationnellement compensé par une rentabilité collective accrue du travail, donc par l'employabilité supérieure du travail domestique, donc par l'augmentation collective des revenus futurs, donc par la restauration de la capacité sociale et individuelle d'emprunt interne et externe de la réalité des biens économiques.

Inversement la réévaluation d'une unité de compte en euro sur le marché des changes confédéral accroît le pouvoir assurantiel des différentes sociétés identifiées au bénéfice de la citoyenneté européenne. Quand le plein emploi en variabilité des changes en euro provoque des excédents budgétaires, les gouvernements dont l'efficacité économique se trouve confirmée et certifiée, ont objectivement intérêt à exporter le capital de liquidité excédentaire comptabilisé dans les réserves de change en euro. La fermeture de la zone euro au non-droit libertarien oblige toutes les entreprises en rentabilité excédentaire de leur capital de travail à exporter leur savoir-faire en lieu et place de la représentation spéculative indéfinie du pouvoir virtuel de faire. Le contrôle politique de l'économie du capital fait circuler la réalité des biens et non leur irréalité spéculative. La condition de la croissance réelle de l'économie des biens appréciés en euro redevient le plein emploi du travail des citoyens.

Institution de la justice du vivre ensemble par la Confédération de l'euro

La faillite actuelle du gouvernement de l'Espagne est celle de tous les gouvernements de la zone euro. Elle a son origine dans la monétisation de la spéculation non réductible par la réalité objective universellement lisible. La dérégulation du système financier suscité après la décision étatsunienne d'inconvertibilité du dollar en or a détruit la perception de la possibilité du lien rationnel des monnaies à la réalité juridique et politique du travail. L'intelligence des dirigeants politiques et économiques est ontologiquement déconnectée de la réalité par la monnaie qui masque le travail au lieu de le traduire. Le calcul économique a perdu toute consistance dans la démonétisation pseudo-libérale des sociétés. La dématérialisation des biens déguisée en idéologie du libre échange immerge l'humain dans sa négation financière. Le discours politique est contraint au délire rhétorique pour capter la crédibilité de son action auprès d'une finance affolée par destruction de tout repère réel objectif. Podemos propose de rétablir la raison monétaire de la démocratie comme condition d'une économie véritable de l'humain.

L'inévitable retour à la réalité repose sur la conscience que les peuples acquièrent d'eux-mêmes dans l'expérience économiquement interprétable du vivre ensemble. Les concepteurs de la zone euro privés d'expérience réelle de la démocratie par le contexte de la spéculation financière libre en “euro-dollar” ont fabriqué une machine infernale. Cette machine entièrement numérique est reprogrammable par la substitution de l'objectif de financement de la démocratie à celui de la recapitalisation illimitée de la spéculation financière. L'émission de la liquidité bancaire doit dépendre d'un marché européen de titrisation du travail. La BCE, pilote de la monnaie, doit être réintégrée dans les institutions confédérales de la démocratie : un pouvoir communautaire de l'euro indépendant des États nationaux, régionaux et communaux et séparé en lui-même dans les trois ordres du judiciaire, du législatif et de l'exécutif. L'émission de la liquidité fait partie de l'ordre judiciaire. La liquidité centrale interprète la loi commune dans l'économie des cas particuliers de l'intérêt général.

La déréalisation monétaire du vivre ensemble cessera immédiatement le jour où la zone euro sera fermée au capital exogène fictionnel ; et le jour où les allocations de liquidité de la BCE seront subordonnées à la production par les banques de la contrevaleur marchande publique de titres de travail émis par les entreprises légalement déposées. La BCE devient alors le comptable objectif de l'économie européenne des citoyens financièrement rassemblées en sociétés capitalisées. La stabilité du crédit et des dettes publiques fédérées en euro est assurée par le capital confédéral de fiscalité financière voté dans un budget propre à la démocratie de l'euro. La mission propre et spécifique de l’État confédéral de l'euro est l'assurance de la démocratie par la liquidité des titres du travail. Le pouvoir exécutif européen inconsistant dans la machinerie actuelle de l'Union doit émaner des citoyens et non des gouvernements et intérêts nationaux. La monnaie indexée par le travail des citoyens délimite matériellement l'objectivité de tous les sujets de responsabilité et de fabrication commune des biens réels.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 08:50

La dépense publique assure la stabilité financière et monétaire

Sur le plan théorico-analytique, si l'on veut démontrer l'urgence et la pertinence d'une régulation inter-étatique du système monétaire international il faut cesser de mettre les dépenses publiques sur le même plan de réalité que les dépenses privées. La dépense publique est de nature assurantielle et "croissantielle" quand la dépense privée est entrepreneuriale et productive. Sept ans après le krach des subprimes, cette différence de nature est évidente quand on observe la survie artificielle du système financier par la croissance illimitée des dettes publiques sous-jacente au "quantitative easing" des banques centrales.

Si la croissance mondiale périclite, c'est bien parce que les investissements privés réels s'effondrent faute d'assurance par la dépense publique. La croissance de la dette publique officiellement comptabilisée est la prime d'assurance de la liquidité du système financier qui a par lui-même détruit tout son capital dans l'économie baudruche de la spéculation mathématique. Mais au lieu de financer la réparation ou la reconstitution du capital réel, la croissance primaire des dettes publiques est allouée à la valorisation fictive spéculative des actifs financiers. Le but explicite est d'éviter la comptabilisation des sur-prix d'économie financière non crédibles par rapport à l'économie réelle.

Plus fondamentalement, si la fonction économique essentielle des États est l'assurance de la stabilité des monnaies et du crédit, il faut bien que la dépense publique augmente en proportion du PIB réel dans une période de crise aiguë où l'économie privée n'a plus de repères fiables pour diriger ses propres dépenses. La situation actuelle est critique par une économie financière qui gonfle toute seule indépendamment de la rentabilité des investissements réels et de la croissance des revenus réels. La réalité du problème posé à la dépense publique n'est pas sa proportionnalité théorique excessive à la dépense privée mais bien son utilité à la reconstitution du capital réel détruit par une économie financière tautologique.

Monnaie et finance assurées par le Droit des citoyens

Si la France se distingue du reste du monde par le poids croissant de la dépense publique dans un PIB qui s'est moins effondré qu'ailleurs, c'est bien que ce pays garde une certaine conscience de la nécessité d'une régulation assurantielle publique du marché déboussolé des initiatives privées. Si l'économie a une quelconque réalité, il est tout aussi important d'équilibrer la distribution des revenus par la rentabilité réelle du capital privé que de répartir la dépense publique et privée pour un équilibre macro-économique entre revenus et investissements, revenus comptants et revenus à terme, lesquels sont issus des investissements réels publics et privés. Comment la production peut-elle croître si le Droit n'est pas publiquement assuré et si les coûts exclusivement communs ne sont pas mutualisés ?

La tragédie française, pour ne prendre que cet exemple, n'a rien à voir avec un excès de la dépense publique mais avec la démission de ses élites politiques. Les gouvernements français ont abandonné depuis 50 ans tous les instruments de la régulation économique dans le non-système européen du marché et de la monnaie uniques. La masse monétaire en euro n'est pas indexée sur l'économie réelle régulée par des pouvoirs politiques cohérents et responsables. Les bases fiscales de l'action publique ne sont pas mesurables. Les impôts ne rentrent plus en proportion d'une dépense publique où les intérêts financiers privés se servent librement par l'intérêt financier des dettes publiques monétisées hors de toute réalité économique vérifiable.

Dès lors que la dépense publique est problématisée comme prime d'assurance universelle d'une société politique constituée et gouvernée, il apparaît immédiatement que la chute de l'économie mondiale ne sera stoppée que par la reconstitution d'une fonction publique de régulation économique financièrement distincte de l'initiative privée. Techniquement cela signifie effectivement un retour à la régulation inter-étatique des changes donc à la promotion d'une unité internationale de comptabilisation du crédit. Une telle monnaie internationale qui pourrait être le DTS ou l'euro suppose une organisation financière assurantielle inter-étatique où chaque État national a des prérogatives égales aux autres en proportion de son poids réel vérifiable dans l'économie mondiale.

Capital international public de régulation des positions financières de marché

La responsabilité financière des gouvernements des États nationaux ne peut être séparée des intérêts privés nationaux et internationaux que par une capitalisation spécifique du pouvoir politique de régulation économique. Autrement dit, chaque souveraineté économique politiquement constituée doit avoir un titre de capital propre en monnaie universelle qui soit sa propre devise monétaire. Le marché monétaire international qui garantit le crédit des États par la variation des parités de change et des primes de change en DTS ou en euro universels doit se définir comme bourse internationale des titres monétaires nationaux de capital public.

Dans un tel système financier, une masse monétaire en devise nationale est la prime d'assurance intérieure du crédit international de l'économie réelle domestique. Comptablement la dette publique devient la prime d'assurance du capital public et privé national en devise domestique, lequel est la prime de crédit de l'ensemble de la dette publique et privée en monnaie domestique. Dans la logique d'assurance de l'économie privée par l'économie publique, l'assureur politique public est immunisé contre les risques qu'il assure par le fait qu'en monnaie internationale un État est actionnaire de sa propre devise pendant que l'économie réelle domestique publique et privée est créancière de sa propre devise.

Concrètement, la surveillance financière internationale publique implique le contrôle par le marché international des changes de la circulation du capital. Il s'agit de vérifier que tout crédit en monnaie est l'application d'une loi politique donnée de valorisation du capital par le travail ; donc que tout dépôt en monnaie de travail actuel ou de travail passé est correctement garanti en droit par une prime de crédit qui soit du capital réel. Pour que la vérification du crédit par le capital soit effective et financièrement efficiente, la fiscalité d'un État souverain se définit comme prime d'assurance publique de crédibilité licite mutualisée de tout capital. La prime fiscale d'assurance du Droit serait directement levée par le marché monétaire sur chaque paiement en monnaie d'un quelconque achat de bien ou service réel.

Reconstruire l'économie politique

L'universalisation de la monnaie dans un marché des changes inter-étatique assure les États de leurs recettes fiscales en unité de compte domestique proportionnelle à l'économie réelle domestique. Les recettes fiscales sont alors mécaniquement indexées sur la production assurantielle publique. Si les ressortissants d'un État ne sont pas satisfaits des contreparties fiscales sur leurs paiements domestiques, alors ils rachètent leurs droits en monnaie universelle internationale ce qui entraîne la dévaluation de leurs propres obligations en monnaie domestique. Si au contraire, un État livre aux détenteurs de créances domestiques un niveau de vie attractif, la rentabilité monétaire domestique du capital attire les capitaux exogènes. La production réelle domestique est stimulée et le change se réévalue jusqu'au point ou la rentabilité monétaire du capital domestique s'aligne sur la rentabilité universelle du capital.

L'impuissance des gouvernements et des banquiers face à la crise des dettes incontrôlable montre que la science économique officielle confine au néant en matière de monnaie. Il faut donc redéfinir le problème sur ses bases politiques.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Démocratie Etat Assurance
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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 19:08

L'économiste Jacques Marseille, décédé en 2010, est un défenseur de l'allocation universelle consistant à consolider l'ensemble des droits et revenus sociaux dans une allocation minimale versée indépendamment des revenus du travail à chaque citoyen. Considérant qu'elle doit assurer un bien-être minimum à chaque individu quelle que soit sa capacité et son travail effectif, la société verse un revenu minimum sans condition de participation à la production de biens et services.

Le versement de l'allocation universelle induit l'ouverture pour chaque citoyen d'un compte social ; compte crédité du revenu minimum alloué et débité du prix des services sociaux consommés. Le budget social peut être financé par une fraction de l'impôt progressif sur le revenu et de la taxe sur la valeur ajoutée. La redistribution et la solidarité pèsent uniquement sur les revenus et la consommation mais pas du tout sur le prix du travail entrant dans les coûts de production.

L'allocation universelle pose l'existence d'un Etat de droit fondé sur l'intégrité physique des personnes avant toute obligation de travail. Cette intégrité représente un certain prix que la collectivité fixe indépendamment des processus de production des biens et services par l'activité économique. Chaque individu certain de moyens minimum de vie offre son travail dans la perspective d'améliorer son niveau de vie par la vente de ses talents d'innovation, d'entreprise, de transformation et d'exécution.

L'allocation universelle garantit une égalité de nécessité entre l'acheteur et le vendeur de travail. Le salaire traduit exactement le prix d'équilibre de la contribution apportée par le travailleur au produit final par rapport aux autres travailleurs, par rapport à l'entrepreneur coordinateur et acheteur du travail, par rapport au créancier et par rapport à l'investisseur en capital. Le bénéfice collectif de l'équilibre ainsi créé de négociation du travail est l'identification objective des compétences nécessaires à la production et le calcul de leur vraie rareté. Acheteurs et vendeurs de travail ont un intérêt commun à investir dans l'acquisition des compétences professionnelles les plus chères et les plus rémunératrices.

Le raisonnement de Jacques Marseille est irréprochable sur le plan de la rationalité économique. L'allocation universelle est économiquement efficace, juste et parfaitement réaliste ! Il suffit de ré-indexer les monnaies sur le bien commun. A tout le moins d'opérer cette ré-indexation par la réforme de la zone euro en système de compensation multinationale des monnaies nationales et locales.

Les monnaies ne seront plus émises par les dettes fictives que contractent l'économie réelle envers le système financier mais par la dette que l'économie réelle contracte sur son engagement de bien commun vis-à-vis d'elle-même. Les différents degrés du pouvoir politique, local, national et européen sont réassignés au calcul du bien commun de la collectivité qu'ils servent. Chaque pouvoir politique financièrement représenté par une monnaie se réévalue monétairement par l'efficacité de la production et de la distribution des revenus que son autorité produit. Chaque pouvoir politique sur-anticipant l'avenir par l'emprunt sans réguler la production et la répartition des biens individuels et collectifs est au contraire dévalué par sa parité de change en euro.

La dévaluation en euro d'une monnaie nationale est nécessaire à la dépréciation des dettes publiques d'une collectivité ne sachant pas assurer à ses ressortissants le niveau de vie monétaire correspondant aux droits qu'elle accorde en revenus réels effectifs. L'intérêt de la variabilité des changes régulée en euro, monnaie de solidarité des démocraties européennes, est de restaurer une responsabilité politique de l'économie du bien commun. L'échec des politiques économiques locales, nationales ou communautaire européenne, se paie alors par un travail supplémentaire pour un même revenu monétaire nominal afin de rembourser aux étrangers de la collectivité déficitaire les emprunts en excès sur le potentiel réel de production. 

Le revenu minimum humain est bien la monétisation du droit individuel et collectif à la vie. Quand le droit à la vie est insuffisamment servi dans une collectivité, la monnaie de cette collectivité se déprécie afin que le travail de production réelle à l'intérieur de la collectivité puisse s'exporter davantage à l'extérieur afin d'importer ce que la collectivité ne parvient pas à produire.

Pour réaliser cette économie nationale et internationale du bien commun, il faut juridiquement redéfinir le capital comme la prime de droit du crédit. Concrètement les entrées et sorties de capitaux d'une zone monétaire locale ou nationale vers les autres sont compensées en droit par l'euro : toute sortie de capital implique le règlement d'une prime fiscale garantissant les droits du travail dans les biens exportés ; implique le règlement d'une prime de crédit garantissant les remboursements des crédits ayant financé les biens exportés ; implique le règlement d'une prime de change sur le crédit étranger permettant à la zone monétaire de destination de prêter à la zone monétaire d'exportation du capital.

En dépit de sa rationalité économique et philosophique, l'allocation universelle est bien une utopie tant qu'est maintenue la fiction actuelle de la monnaie abstraite non vérifiable par l'économie réelle. Pour réaliser l'utopie, il faut effectivement recréer le marché par la loi du vivre ensemble à la place du marché actuel de la spéculation financière sur des promesses non réalisables. Le nihilisme financier est aisément contournable par le communisme de marché capitalisé par la responsabilité politique du vivre ensemble. Le système du capitalisme libéral de la finalité communiste des biens existe déjà si l'euro est muté en monnaie de compensation des monnaies nationales et locales de responsabilité politique.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Assurance
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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 16:04

La représentation de toute personne et de tout objet dans l'espace de la virtualité numérique change les conditions de négociation économique des objets de valeur. Entre la nécessité matérielle objective et la délibération subjective des biens offerts et demandés, la numérisation du réel transforme fondamentalement le travail de production, d'anticipation, de négociation et d'appréciation des services rendus. Le financement économique de la valeur se réorganise dès à présent sur une représentation ouverte, transparente et discutable de ses objets.


 

Nouvelle économie de la connaissance

Prix et primes de la réalité du temps

Assurances financières de la valeur économique

Financement continu du réel par la compensation

Compensation du travail et du prix par la parole

Financement réciproque de la monnaie par le capital et le crédit

La vérité de la valeur provisionnée par numérisation de la réalité

 

Nouvelle économie de la connaissance

Le réseau informatique mondial change radicalement les processus de production de la valeur. L'économie de la transformation est devenue une économie de la connaissance potentiellement sans limite. Les choix, la volonté et l'intelligence des personnes interviennent à tous les stades de la production sous le regard collectif permanent des clients, des investisseurs, des producteurs et des fournisseurs.

Les moyens de transformation sont démultipliés à la condition que tous les acteurs de la valeur puissent exprimer leur travail d'objectivation comme consommateur, concepteur, investisseur ou producteur. La transformation positive des connaissances en objet de service est instable sans coordination de toute la chaine des acteurs qui sont individuellement les sujets de la valeur.

L'échange économique se réalise par des prix. Le prix sert à vérifier le motif économique équitable de l'échange entre l'acheteur et le vendeur. Dans un contexte de liberté contractuelle, l'échange se réalise si les parties peuvent y trouver un avantage. Ce qu'on achète doit avoir plus de valeur présente et potentielle que ce qu'on cède. Le sujet acquiert l'objet s'il y retrouve une plus-value.

La plus-value de l'échange libre et équitable contient trois primes réalisées dans le temps par la possession de la chose ou du prix. Ces primes existent mêmes si elles ne sont pas calculées et échangées séparément de l'objet produit. Les primes dérivées du prix sont (1) l'utilité attendue du bon usage de l'objet dans le temps ; (2) la valeur réelle actuelle négociable de cette utilité ; (3) et l'assurance de la valeur de l'objet pour l'acheteur et l'acheteur du prix qu'est le vendeur.

Prix et primes de la réalité du temps

L'échange économique s'étale dans le temps. Le prix peut être conclu avant la livraison et réglé indépendamment de la livraison. La séparation temporelle en trois événements du prix en monnaie, de la livraison et du règlement est nécessaire pour des objets contenant du temps de conception, de transformation et de fabrication. La séparation des événements est naturelle dans un contexte de confiance et de collaboration.

La négociation du temps engendre le crédit. Le règlement en monnaie requiert le crédit pour croire au respect de l'échéance de paiement et pour croire en la contrevaleur possible de la monnaie acquise dans le crédit. Comme le crédit sépare dans le temps le prix de l'objet de la jouissance future de sa contrevaleur, la négociation du crédit suppose la représentation verbale de l'objet distincte de sa matérialité physique. Là se déploie l'économie de la connaissance numérisée où la réalité physique est séparée de la réalité virtuelle.

Le crédit existe par la parole nommant un objet physiquement inexistant au présent. La fiabilité du crédit est indissociable du sujet nommant le prix par le nombre et l'objet. Le risque du crédit a trois causes : l'erreur d'appréciation de l'emprunteur et du prêteur, l'imprécision de l'objet nommé et la réalisation incertaine de l'objet promis dans le futur. Par le crédit, le prix anticipe un futur nécessairement nommé dans l'incertitude du réel.

L'incertitude se décompose en primes à la négociation du prix et se réalise en plus ou moins-value après livraison de l'objet. La moins-value signifie qu'après consommation ou revente, l'objet a produit moins de valeur pour son utilisateur que le prix payé à l'acquisition. Si l'acheteur d'un objet a réglé sur le prix nominal des primes de temps, d'objectivité réelle et d'assurance, alors les moins-values éventuelles retombent sur les acheteurs primaires.

Assurances financières de la valeur économique

Le calcul des prix primaires réglés en fraction du prix nominal apporte une garantie de plus-value à l'acheteur. Si les primes constamment réévaluées demeurent de prix positif, le possesseur de la chose ou du prix garanti par des acheteurs primaires est sûr de ne pas supporter de moins-value ; laquelle peut provenir d'une livraison non conforme après paiement du prix, d'une destruction imprévue de l'objet ou d'une défaillance quelconque du vendeur.

La vente des trois causes d'incertitude du crédit d'un objet quelconque sépare dès l'origine du prix, la valeur nominale invariable au temps de la plus-value probable garantie par le droit, l'inventivité et l'attention à la demande finale. Le portage de primes positives sur le prix de tout acte de production vérifie l'anticipation d'une croissance nette de la valeur. Tout sujet nominalement engagés dans le réel à terme est sûr d'une plus-value positive pour lui-même.

L'identification d'une société organisée pour acheter la répartition de tous les risques de la valeur, assure tout vendeur de nominal de ne pas perdre de monnaie dans les transactions engagées. La vérification permanente par le prix du droit, de l'objet, des primes et de la possibilité de livraison effective réelle de l'objet engagé s'appelle la compensation financière.

Financement continu du réel par la compensation

La compensation économise le travail en le subordonnant systématiquement à la réalisation possible d'une plus-value pour ses sujets. La représentation informatisée de toutes les tâches d'une quelconque production permet la systématisation de la compensation. Tous les sujets de la valeur sont représentés et actifs dans la transformation numérique de la demande d'achat final en projet de production d'un objet livrable à terme.

La compensation est alors l'opération permanente de calcul collectif du prix à terme de tout travail produisant l'objet avec la plus-value sur le crédit, sur l'investissement et sur l'assurance de l'acheteur de chaque tâche. L'interactivité d'un espace numérique commun délimité entre les acteurs de la valeur protège la propriété et la responsabilité de chaque sujet sur sa part de production.

Toutes les composantes du prix sont attribuables à des propriétaires identifiés couverts les uns par les autres. Le prix nominal d'un objet livrable à une échéance engagée est perpétuellement équilibré avec la réalité à terme. La compensation fait varier les primes selon l'actualisation active des anticipations par les événements de production exécutant les transactions.

Toute offre de production de valeur est déposée avec une quantité, une description, un prix et une échéance. Une offre est confirmée si un acheteur primaire assure la livraison par une prime réglée sur le prix à l'échéance. Une offre d'achat primaire est confirmée si l'assureur de la livraison est couvert par un acheteur primaire du crédit sur le risque objectif d'assurance.

Une demande d'achat est compensable si un acheteur primaire du prix à terme garantit le règlement à l'échéance. La transaction nominale est conclue dans la limite de la quantité offerte si le prix de demande est égal ou supérieur au prix offert. La compensation de l'offre par la demande se fait sur le prix et la quantité en fonction de la demande d'achat de primes. Les primes de fabrication et d'investissement s'adossent aux primes de crédit de la livraison de la chose et du prix à terme.

Compensation du travail et du prix par la parole

La formulation déposée d'une offre de production détermine deux transactions primaires de professionnalisation et d'investissement. Le prix à terme possible final de l'offre est partagé entre le maximum que les acheteurs primaires puissent couvrir et le minimum qui justifie le travail de production. L'offre peut alors rencontrer une demande dont le prix maximum est limité par l'acheteur primaire du crédit et par le prix minimum du travail offert du vendeur.

La compensation numérisée s'exprime par les deux équilibres distincts de prix nominal et de prix primaire sur chaque objet déposé par sa description numérique. Les primes de couverture des acheteurs à terme s'ajustent aux primes des vendeurs à terme. Tout engagement primaire est irrévocable à proportion des transactions nominales conclues. Tout engagement primaire est transférable à un autre acheteur primaire au prix d'équilibre de la compensation.

Une société de compensation numérisée définit sur les objets qu'elle y négocie une économie du travail ; un travail rationalisée par trois réalités calculables séparément. La réalité physique est mesurée par les prix nominaux valorisant le travail de transformation. La réalité virtuelle garantit le physique par la mesure des primes assurant les plus-values. La réalité finale numérique prouve la valeur par l'identification objective des propriétaires sujets responsables par leur travail spécifique.

La compensation numérique s'applique à n'importe quelle société politiquement organisée pour produire sa propre valeur par ses lois d'échange interne et externe. Les primes échangées entre les acheteurs de l'incertitude et les acheteurs de réalité certaine à terme est le capital engagé effectivement disponible. Les prix nominaux prêtés par les acheteurs aux vendeurs forment la mesure du crédit.

La liquidité du capital et du crédit est prouvée par le rattachement de chaque prix nominal ou primaire à des sujets propriétaires du risque ou du crédit de l'objet explicitement nommé. Les primes de crédit attribuées aux acheteurs en compensation de leurs engagements primaires ou nominaux sont la monnaie du système numérisé d'échange et de production de la réalit&eacut

Financement réciproque de la monnaie par le capital et le crédit

La compensation fait circuler la monnaie créée dans l'espace social numérique. La création monétaire est amorcée par les offres de prime professionnelle sur les offres de service. Elle est confirmée par l'investissement des objets professionnellement garantis. Elle est réalisée par l'engagement des primes de crédit sur les prix nominaux couverts par les primes d'investissement et de professionnalisation.

La masse monétaire de compensation est le prix global des primes de crédit adossées aux primes de production. Cette monnaie circulante s'accroît avec les nouveaux engagements crédibles de livraison à terme mais décroît sur les engagements estimés non tenables au prix nominal engagé à l'origine. Les crédits sous-jacents croissent avec le volume des primes et la certitude des prix nominaux engagés.

Les erreurs d'anticipation mises en évidence par les livraisons intermédiaires sont compensées par le remboursement anticipé des crédits en cours. Les primes réservent la garantie des prix nominaux de la valeur finale objectivée par la compensation. Toute variation de prix résulte de faits évalués par le jugement de sujets identifiables et engagés. Les faits jugés défavorables au terme des crédits indui­sent des ventes de prime réduisant le pouvoir global d'achat des objets surévalués en prix ou en quantité.

Une société de compensation numérisée contient ses relations d'échange avec les tiers extérieurs par l'intermédiation de ses membres. Tout objet extérieur nommé par un prix d'achat ou de vente est garanti par une prime de change ; une prime achetée d'exportation des objets vendus et une prime vendue d'importation des objet achetés. L'incertitude de conversion monétaire est constamment compensée. La monnaie interne est convertible en n'importe quelle monnaie externe par la position primaire interne nette.

Une société de compensation est solvable et liquide en monnaie externe si son capital de change primaire est positif en monnaie interne ; si la prime de change des emprunts extérieurs est positive en sus de la prime de crédit compensée positive des acheteurs internes du prix des emprunts externes. La compensation numérique est un système réel, juridique, financier et monétaire d'économie de la valeur universelle de tout objet.

La vérité de la valeur provisionnée par numérisation de la réalité

La monnaie de compensation numérisée est émise à proportion de toutes les causes d'économie de la valeur. Au capital garantissant la mesure du crédit, la monnaie relie l'appréciation de la valeur réelle du travail selon la demande exprimée dans les prix à terme. Le travail n'est plus seulement facteur de production, mais anticipation de la valeur socialement inventée et ordonnée à la réalité sous-jacente au prix.

La compensation produit l'équilibre des trois transformations financières : de la réalité physique, de la logique économique et de l'échange politique des finalités. L'intégration différentiée des trois caté­gories de prime dans les prix nominaux rend les lois de transformation du réel constamment investies et transformables par le travail. Les fins du travail déposées dans l'espace numérique sont assurées par un équilibre politique concret de l'intégrité psychique, intellectuelle et corporelle des personnes.

La source de production de la valeur est bien le travail et non le calcul économique isolé de la réalité travaillée. Les procédures législatives, normatives, comptables et distributives du revenus sont indexées sur la production et l'échange autant que sur le calcul. Les règles budgétaires et comptables d'analyse de la rentabilité sont réconciliées avec le jugement négociable de tous les acteurs de la valeur.

Toute la gamme des connaissances humaines est ravivée dans la négociation des prix nominaux par les primes. L'intermédiation numérisée oblige chaque acteur à déposer sa production de connaissance pour argumenter ses offres dans la différentiation véritable des objets proposés. La liberté de la demande strictement délimitée par la société numérique prouve alors la valeur possible de toute offre par la compensation positive des primes effectivement souscrites.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Assurance
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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 16:27

Défaillance politique de l'Europe

Dans son appel paru dans Libération à vite repenser le projet européen, Thomas Piketty nous ramène dans la plénitude économique du réel. Par quelle mystérieuse idéologie le continent le plus riche et le plus développé de la planète en vient-il à appeler au secours les plus pauvres que lui ? Quelle est cette représentation de l'économie qui rend les riches pauvres et incapables d'investir l'avenir ?

En proposant une consolidation des dettes européennes par un budget européen contrôlé par un parlement financier européen, Thomas Piketty rappelle deux vérités oubliées ou dissimulées par l'économisme libertaire. Les représentations économiques ont leurs racines dans la politique. La finance est la transformation des représentations politiques de l'économie dans le réel humain ou inhumain.

La crise des dettes publiques dans la zone euro n'est pas substantiellement économique mais bien politique. Il n'y a pas en euro de règle d'équilibre des finances publiques par le jeu de la démocratie. Il n'y a pas non plus de production dans la démocratie de règles de limitation du crédit par l'anticipation de la réalité possible. Enfin les démocraties de la zone euro n'ont aucune loi de répartition des erreurs politiques de mesure économique de la solvabilité des sociétés et des citoyens.

Sortir de la dette illégitime

La constitution d'un sénat financier de la zone euro à partir des commissions des finances des parlements nationaux est bien la première étape de restauration de la finance dans la responsabilité politique. La production européenne de règles financières n'est pas crédible aux yeux-mêmes des marchés. Le Conseil Européen reste sans légitimité si aucune représentation parlementaire ne peut le contester au nom de l'intérêt général européen.

Dès lors que les ressources fiscales et financières d'un organe exécutif européen gestionnaire d'une dette commune sont votées par une émanation des pouvoirs législatifs nationaux, la crédibilité de la dette européenne repose à nouveau sur l'engagement des citoyens européens. La dette de la zone euro en euro acquiert la même crédibilité que la dette en dollar des États-Unis ou la dette en livre sterling du Royaume-Uni.

Un Trésor Public Européen garant des émissions mutualisées d'euro-obligations remet la zone euro à égalité avec la zone dollar. Mais dès que la couverture de la dette publique européenne par un pouvoir législatif et fiscal européen sera réalisée, il faudra répondre à la requête des Allemands. Ce qui empêche l'Allemagne de donner son accord à un endettement mutualisé, c'est l'absence de régulation commune des finances publiques et privées.

La loi déficiente de la propriété

La régulation financière européenne signifie que tout emprunteur en euro, public, bancaire ou acteur de l'économie réelle est soumis aux mêmes obligations de transparence comptable et de garantie de la dette. La régulation du crédit par le système politique implique une égale soumission des prêteurs et des emprunteurs à une loi économique d'équilibre entre l'épargne et le crédit.

La garantie du crédit implique une égale exposition de la propriété des prêteurs et des emprunteurs aux erreurs d'évaluation de la solvabilité. Le capital défini par la loi politique et protégé par l'autorité publique doit être exposé de la même manière quels que soient les emprunteurs, États, banques, entreprises ou particuliers.

Si la zone économique la plus riche du monde est en crise de la dette, n'est-ce pas tout simplement que la propriété du patrimoine n'est pas suffisamment mobilisée en garantie des engagements de crédit ? La crise européenne de la dette n'est-elle pas due à la mobilisation du capital public de la loi et de la fiscalité pour éponger les pertes de crédit privé des banques, des entreprises et des particuliers ?

Le prix de l'incivilité financière

L'Europe dispose d'un gigantesque patrimoine. Mais elle laisse ses banques emprunter sans être garanties par des actionnaires engagés par leur patrimoine réel. Les banques européennes, comme toutes les banques du monde, sont autorisées à transformer l'épargne sans que leurs réserves financières soient objectivement vérifiables et réellement mesurées. C'est donc l'épargne en monnaie et non le patrimoine réel des investisseurs qui fait office de capital de garantie du crédit.

Les États se sont endettés au-delà du raisonnable à cause de la production illimitée de liquidités en dollar. La libre circulation du capital offre au système bancaire international de recycler la liquidité hors du contrôle d'un quelconque intérêt général. Les banques ont émis de la dette sans limite pour accumuler de la richesse fictive sur des crédits sans contrepartie réelle ; des crédits fictifs finalement garantis par le rachat public automatique des pertes.

Il n'est pas possible d'engager les Allemands dans une mutualisation européenne des dettes publiques sans leur expliquer comment les banques sont interdites de revendre leurs pertes à la collectivité. C'est ici que les Européens doivent puiser dans leur immense patrimoine juridique la restauration des marchés à terme et de la compensation. Ces techniques ont été dévoyées depuis le 19ème siècle par l'esprit de spéculation et de cupidité.

Compensation des prix par le droit à la réalité

La compensation est une technique d'économie juridique permettant de mettre en équivalence des prêts et des emprunts d'objets réels par les prix. L'emprunt par le moyen d'une compensation vise l'achat immédiat d'un objet réel quelconque contre la promesse publique vérifiable de rembourser le prix à une certaine échéance à n'importe quel prêteur également engagé dans la compensation. La compensation implique un marché à terme centralisé et réglementé intermédié par des compensateurs.

Un compensateur est le représentant exclusif de l'intérêt général de marché. Sa mission unique est la reconnaissance des droits des prêteurs et des emprunteurs. Cette mission implique trois obligations : l'établissement du prix d'équilibre comptant et à terme sur chaque objet de prêt-emprunt ; la vérification de l'exécution réelle des obligations des acheteurs et des vendeurs ; la prise en charge intégrale par la collectivité de marché de tous les risques contractuels et réels issus des transactions compensées.

Si les Européens veulent réintégrer la finance sous le régime de la démocratie et recouvrer la maîtrise de leurs dettes, il leur suffit de créer une chambre de compensation financière du capital et du crédit en euro. Au lieu d'utiliser les prix opaques issus des compensations privées effectuées dans des monnaies non régulées, les Européens mettent en place un système public de compensation où tous les contrats soient visibles et vérifiables par n'importe quel juge selon le droit commun d'une nationalité.

Structure nominale et primaire du prix

Tout contrat financier à l'intérieur de l'espace juridique de l'euro reçoit deux prix, nominal et primaire. Le prix nominal est exprimé en monnaie nationale ou régionale selon le droit choisi par le prêteur et l'emprunteur. Le prix primaire est exprimé en euro comme garantie du prix nominal. L'euro devient une monnaie exclusivement destinée à la mesure de la garantie du crédit. La garantie du crédit est la propriété définie en droit national et comptée en monnaie nationale.

La mesure du capital par l'euro garantit l'indépendance de l'acheteur de la prime de crédit par rapport au prêteur et à l'emprunteur de l'objet du crédit. La mesure du crédit en monnaie spécifique à un système juridique national garantit l'ajustement du prix nominal à la solvabilité générale du droit dans un pays de l'espace euro. La monnaie est systématiquement l'application solidaire d'une loi commune.

La double monnaie de capital en euro et de crédit en monnaies nationales rétablies restaure la responsabilité des gouvernements et des communautés nationales sur la mesure du crédit par l'application du droit. Les pays où l’État, les entreprises et les citoyens ne remboursent pas l'intégralité de leurs dettes sont régulièrement dévalués en euro. Les pays qui régulent le crédit et les banques afin que toute dette intérieure ou extérieure soit remboursée sont réévalués par leur parité en euro.

Quatre révolutions monétaires

La transparence financière instaurée par une compensation européenne publique en euro monnaie commune entraîne quatre révolutions financières. La monnaie devient l'unité de compte de la démocratie réelle ; c'est à dire l'instrument de comptabilité de l'application de la loi discutée par les citoyens. L'euro monnaie commune des Européens devient l'unité de compte du crédit inaltérable en droit ; les intérêts particuliers nationaux ou internationaux ne peuvent pas manipuler une monnaie construite sur la transparence garantie des contrats.

La troisième et la quatrième révolutions transforment la finance. Les États dont le financement est garanti par la compensation des dettes et des monnaies nationales en euro ne peuvent plus être capturés par des intérêts financiers particuliers. Les lois nationales deviennent alors le capital juridique matériellement illimité des systèmes bancaires.

La régulation des parités de change nationales par la compensation européenne garantit à tout prêteur européen ou étranger couvert en euro le remboursement intégral de ses prêts. La quatrième révolution est l'extension des lois de la démocratie à l'espace financier international. Tout détenteur de réserves de change internationales peut acheter une assurance en euro.

L'économie restaurée de la démocratie

La souscription d'une prime de change en euro et d'une prime de crédit sur le débiteur d'une quelconque nationalité en n'importe quelle monnaie a pour conséquence immédiate le dépôt de tous les éléments juridiques et économiques du prix en droit européen. Tout actif, toute monnaie et tout débiteur peut être coté en euro et bénéficiaire de la justice en démocratie européenne.

La démocratie multinationale européenne devient par l'euro un moteur mondial de liquidité. Mais la liquidité n'est plus le résultat d'une spéculation financière improbable dont la contre-réalité est invisible. La liquidité est la conséquence de l'économie de la démocratie ; proportionnelle par la compensation à la réalisation effective de tout engagement financier.

Le traçage en euro des causes subjectives, objectives et financières de la liquidité rend une comptabilité réaliste des revenus en crédit garanti par le capital. Les Etats garants de la liquidité de la compensation en euro disposent d'une image objective de l'économie de la justice rendue à leurs ressortissants. La fiscalité prélevée par la compensation redevient le prix juste et objectif du développement humain.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Assurance
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 11:23

Dans son entretien à Atlantico.fr, Paul Jorion en appelle à l'hétérodoxie. La rupture systémique en cours se révèle par la réalité inexprimable dans le discours de l'orthodoxie. L'orthodoxie-même n'a plus de sens ; elle produit des affirmations que la réalité confirme ou infirme au hasard. Ce billet fait à nouveau la proposition hétérodoxe d'une orthopraxie politique du discours économique. La rationalité économique est interne au langage. Elle existe par le sujet humain qui la projette dans le futur.

La rationalité est vérifiable dans la réalité objective uniquement à l'échéance annoncée de l'objet économique. Si cette hypothèse hétérodoxe est adoptée vraie, alors la révolution en train de s'accomplir est celle de la monnaie selon les termes proposés par Keynes à Bretton Woods : émission d'une monnaie internationale à proportion d'une compensation internationale rationalisée du crédit.

Le système monétaire keynésien établit la rationalité humaine de l'imprévisible. Il articule quatre axes de rationalité que le capitalisme financier a spéculativement réduit à un seul : la matière physique quantitativement limitée, la logique humaine infinie du raisonnement par le prix, la liberté de rationaliser ses choix dans la durée et la négociation infinie de la vérité à l'intérieur d'une société de droit.

La compensation est une loi d'économie politique maîtrisée en pratique depuis plusieurs siècles. Mais elle a été dévoyée par l'instauration d'une orthodoxie monétaire entre des États de droit qui ne se donnent pas d'obligation à se comprendre. La compensation multinationale adoptée dès le prochain G20 peut changer immédiatement un monde qui pour le moment contemple sa désintégration. Pour grandir, il faut choisir de vivre ensemble.

La fin du capitalisme libertaire

Le capitalisme financier libertaire a été institué en Europe et aux États-Unis au XIXème siècle par la légalisation de la vente à terme libre sous responsabilité financière limitée. Ce principe est celui du crédit nominal non vérifié par la réalité publique visible. Il accorde aux propriétaires du capital financier d'emprunter sans apporter systématiquement la preuve réelle de leur solvabilité.

Le système des monnaies actuellement en vigueur s'est construit sur la dette des États et des banques. La dette des emprunteurs systémiques est nominalement garantie par un capital que personne ne mesure objectivement. Ce système a fait faillite le 5 août 2011. La dette publique des États-Unis prêteur en dernier ressort du système a été dégradée par l'agence de notation Standard and Poors acteur pivot du système.

Le capitalisme financier a désormais muté en système totalitaire. Les élites au pouvoir sont aveuglées par une rationalité comptable qui les conduit à nier la finalité de l'économie financière. Le calcul de la demande humaine solvable dans le réel possible a été retourné en négation de la réalité humaine par la comptabilité nominale du crédit. Le pouvoir financier alloue son crédit fictif au démantèlement de la démocratie.

La finance est totalitaire en inversant la raison d'être de la monnaie. Au lieu de compter le prix des choix humains dans les limites de la matière physique, elle enferme la liberté humaine dans les prix dirigés par les oligarchies ploutocratiques. La monnaie retrouve immédiatement sa finalité si la démocratie n'est pas seulement nommée mais réalisée. Si la monnaie n'est plus émise sur du crédit nominal mais sur le crédit réel de la responsabilité humaine infinie en droit.

Le système de la responsabilité humaine infinie est l'économie de la démocratie. Le financement de la responsabilité humaine dans les limites du possible se réalise par la compensation ; mais la compensation du crédit par les droits personnels engagés en parole et en acte. Contrairement aux allégations gratuites de la ploutocratie, la monétisation publique d'une réalité universellement accessible peut exister ; c'est la légalisation nationale de la compensation multinationale.

Une monnaie multinationale issue de la compensation constitue par nature le capital de la démocratie. Alors les démocraties nationales ne sont plus dépendantes du faux crédit de la ploutocratie pour produire ce qu'elles promettent. Par la compensation, le capital multinational de démocratie est limité en lui-même au crédit que les personnes de toute nationalité s'accordent par l'échange de leur travail.

Comme tous les totalitarismes, le capitalisme financier agit par négation de la réalité humaine en dehors de lui-même. La responsabilité personnelle et le droit personnel universel à agir pour son propre bien ne peuvent pas exister sous la ploutocratie. Mais la majorité des humains voient la réalité en eux-mêmes par la relation vraie avec autrui.

Le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) est l'amorce d'un système européen de compensation ouvert au monde. C'est la seule initiative multinationale crédible de restaurer le primat du politique par la régulation financière de l'économie. Mais pour sauver quelques plus-values fictives, les ploutocrates affichent ouvertement leur amoralité en déformant le FESF en fonds spéculatif pour piller le travail et les impôts des Européens.

Brouillage systémique

En dépit de leurs dénégations, la mésentente s'étale entre Allemands et Français sur le format et la mission du FESF. L'effondrement patent du système financier globalisé se situe exactement dans ce désaccord. Une réalité commune est inexprimable de façon cohérente entre des parties pourtant solidaires.

Deux pays ayant coordonné leur destin sont incapables de formuler une décision commune pour sauver leur monnaie, leurs finances et leur intégration dans l'Union Européenne. Les Allemands jugent avec l'appui de leur Cour Constitutionnelle que l'investissement des impôts allemands dans le FESF doit être rigoureusement limité. L'utilisation des allocations de crédit public doit être assortie d'engagements précis de la part des bénéficiaires directs et indirects des crédits du FESF.

Pour les Allemands, il n'est pas pensable que des fonds publics soient alloués à de quelconques intérêts non explicitement soumis à des obligations conformes au bien commun. Pour les Français abstraitement plus universalistes, l'intérêt général peut s'accommoder d'interprétations souples qu'il n'est pas nécessaire de détailler ni de justifier devant la démocratie.

Le gouvernement français souhaite donc que la dotation publique du FESF soit considérée comme du capital et non comme du crédit. Ainsi le FESF pourrait-il fonctionner comme un hedge fund en émettant des titres de créance produisant un effet de levier. Un statut de banque augmenterait le levier. Il permettrait au FESF de racheter des titres sur le marché en déposant ses propres émissions en collatéral contre liquidité de la BCE.

Les Français essaient de vendre aux Allemands une seconde planche à billet à coté de la BCE. La BCE réduirait sa production nominale de liquidité et transfèrerait une partie de ses risques au FESF. La proposition française jouerait sur le statut mi-public mi-bancaire du FESF pour émettre de la monnaie qui ne dise pas son nom. Les Allemands culturellement hostiles à la monétisation des dettes refusent la vision exprimée par les Français.

Or la position allemande renforce l'éventualité d'un éclatement définitif de la zone euro. Un FESF contraint par des limites d'engagement est par nature incapable de faire face à un défaut dans le système actuel d'opacification du crédit des banques et des États. En demandant aux États de soutenir tout seuls leurs banques et leur économie domestique, les Allemands prononcent virtuellement la dissolution de l'euro.

Irréalisme monétaire

La duplicité française avance que l'éclatement officiel de l'euro coûterait plus cher à l'économie allemande en compétitivité monétaire qu'elle ne coûterait aux exclus de l'euro. Les Français cachent de qu'ils savent : sortir de l'euro permet en effet de dévaluer la mesure des prix domestiques et de restaurer la liquidité par redirection de la demande sur l'économie domestique.

Même si le niveau de vie baisse brutalement et durablement, la restauration de la compétitivité relance la production domestique et la distribution de revenus. La dévaluation de la monnaie revalorise l'activité du présent contre un futur redevenu possible. Les Français qui ne pourront pas ne pas dévaluer veulent diluer leur responsabilité dans la dévaluation de l'euro.

Les Allemands qui voient dans la monnaie la mesure de leur responsabilité politique n'ont pas besoin de créer de la monnaie et de risquer l'inflation puisqu'ils savent partager entre eux les sacrifices nécessaires à leur philosophie du crédit. Allemands et Français se retrouvent implicitement sur la même ligne que leurs banques contre la demande des opinions publiques d'une régulation financière.

La régulation financière signifie la comptabilisation des actifs bancaires et des dettes publiques au prix de la solvabilité réelle de l'économie. Elle implique de constater l'inexistence patente des fonds propres bancaires par la décote des dettes publiques ; donc de dévaluer le pouvoir d'achat de la monnaie et les promesses qui capturent l'épargne en dessous de son prix réel.

La compensation financière du capital par la dette publique concerne spécifiquement la réglementation et la régulation négociées entre la politique et la finance. Cependant l'économie réelle a besoin d'un étalon fiable d'anticipation des prix par le crédit pour se projeter dans le futur. Les normes légales de la régulation interprétée par la finance sont captées par le pouvoir politique et financier pour emprunter à bon compte au réel.

Dogmatisme intéressé

Pour ne pas abandonner le privilège de décider ses propres limites d'endettement, la politique et la finance franco-allemandes s'accordent à entretenir la confusion entre le réel et le verbal. L'économie réelle absorbée dans le verbal réglementaire librement interprété par la finance ne peut pas revendiquer ses droits à une monnaie déterminée par son propre crédit à produire du réel.

La captation du réel par la monnaie est le principe fondamental du capitalisme financier libertaire. Le verbe est l'instrument de la puissance sur le réel humain et physique. La puissance comme finalité en soi suppose une monnaie négociée entre la finance et la politique même si la réalité doit s'en trouver anéantie. Rétablir la réalité objectivement vérifiable sous la monnaie implique de renoncer à la plus-value produite par le déséquilibre des pouvoirs entre les banques, les États et les acteurs de l'économie réelle.

En ne posant pas de limite objective au crédit, les États ont créé les conditions de leur faillite dans le réel. Puis les banques se sont mises en faillite en déconnectant le crédit des prix du réel. Ainsi les banques prêtent aux États qui prêtent aux banques. La monnaie se fabrique toute seule pour que les États restent solvables indépendamment de toute réalité et que les banques affichent des plus-values indépendantes de toute solvabilité.

Le système financier tombe désormais dans le vide. La politique et la finance ne répondent plus du réel devant les sociétés. Il est impossible de maîtriser la mesure du crédit si le travail et l'investissement ne peuvent pas dire ce qu'ils engagent réellement selon leur propre mesure du possible. L'anticipation du réel ne peut pas s'exprimer objectivement dans les monnaies que les États et les banques contrôlent par leur propre endettement.

Toutes les monnaies sont fausses tant qu'elles ne sont pas garanties par l'économie réelle. Le FESF destiné à renflouer les États euro qui vont renflouer les banques est promis à l'anéantissement tant que les banques peuvent prêter et emprunter librement selon des prix et des règles qu'elles fixent elles-mêmes.

Le FESF n'a aucune chance d'atteindre son objectif s'il n'est pas la matérialisation d'une économie politique réelle au-dessus des intérêts catégoriels politiques et financiers. Le crédit réel est l'anticipation des prix de la production réelle. S'il existe une loi humaine du crédit, elle définit l'équilibre des prix dans la durée comme une vérification constamment renouvelée du réel présent par les anticipations de prix engagées dans le passé.

Universaliser la monnaie

Comme le verbe ne détermine pas la totalité du réel transformé dans le temps, la loi du crédit humain doit définir le capital financier comme réserve de ressource réelle qui puisse absorber toute erreur d'anticipation des prix. Le capital réel du crédit requiert une monnaie qu'aucun État ni aucune banque ne puisse posséder.

La monnaie capitale qui garantisse le crédit quelle que soit la nationalité de l'emprunteur ou du prêteur est un bien que n'importe quelle loi nationale doit reconnaître librement. Si les Européens veulent vraiment sauver le crédit de leur communauté multinationale, il ne peuvent pas se dispenser d'une unité de compte commune de l'intérêt général soustrait aux intérêts particuliers des nationalités.

La mise en équivalence de tout intérêt financier particulier de prêt, emprunt, investissement ou garantie se réalise par la technique financière multiséculaire de la compensation. Pour qu'une monnaie soit l'étalon d'une comptabilité commune de n'importe quel prix, elle doit nécessairement être émise comme résultat d'une compensation de tous les intérêts mis en commun.

La compensation doit porter sur des objets de droit livrables à n'importe quelle échéance par des vendeurs ; mais des vendeurs dont le crédit est nominativement garanti par l'achat de la monnaie de compensation. Alors le crédit de l'ensemble de la collectivité est automatiquement garanti. Le capital financier est émis et compensé en monnaie dans les primes de crédit de tout emprunteur effectif ou potentiel. La loi de compensation fonde le crédit par une relation logique objective entre le verbe appréciatif et la réalité livrable explicitement distingués.

Le FESF restera purement spéculatif sans la moindre crédibilité si les Européens ne créent pas une nouvelle monnaie qui soit la mesure du droit investi par l'Union Européenne sur une compensation multinationale. L'ECU, Unité Européenne de liquidité en droit commun à l'Union peut et doit exister comme mesure de la garantie honnête, réelle et sincère des prix compensés dans un marché financier européen.

Économie de la compensation

La finalité de l'émission monétaire en ECU est la compensation des primes de change des monnaies européennes, par les primes de crédit des dettes publiques et les primes de capital des banques opérant sous souveraineté de l'Union. L'ECU remet le verbe politique et financier à parité avec une réalité objectivement engagée par des personnes effectivement responsables de leurs erreurs d'appréciation.

Acheter la prime de crédit d'un État en ECU signifie régler en ECU toute cotation négative de la prime. Les créanciers d'un État sont donc remboursés par anticipation quand le crédit public est coté négativement en ECU. L'achat d'une prime de crédit public est un potentiel de plus-value sur un coût réel : les créanciers primaires en ECU se couvrent par la vente de la prime de change et de la prime de capital des banques qu'ils estiment trop prolixes en crédit.

Les vendeurs primaires du change et du capital bancaire font face aux acheteurs de la prime de crédit des banques centrales et des banques. La négociation des CDS aujourd'hui totalement anarchique est rationalisée par l'évaluation en ECU de la solvabilité réelle des États, des banques centrales et des banques. Le verbe est la réalité en devenir.

Les primes de crédit en ECU sont des CDS réglementés impliquant le remboursement immédiat des créanciers du débiteur défaillant en ECU. La prime de crédit en ECU d'une banque devient son capital réglementaire. Les souscripteurs primaires du crédit des acheteurs primaires du crédit bancaire sont alors les garants du capital bancaire réellement disponible à la couverture effective du crédit.

Si les acheteurs primaires sont défaillants, les acheteurs primaires du capital eux-mêmes couverts par la compensation sont immédiatement appelés en garantie. Le principe de la compensation en ECU est l'égalité solidaire devant le crédit, quel que soit le débiteur et quel que soit le créancier. Personne ne peut emprunter sans être garanti. Personne ne peut prêter au-delà des limites fixées par ses garants.

Toute limite de crédit se négocie entre l'emprunteur et son garant sur l'examen d'un budget explicitement fondé sur la comptabilité du réel. Toute erreur ou dépassement est pris en charge rétrospectivement par les acheteurs primaires garants du réel vendu par les emprunteurs. La responsabilité financière limitée du capital est abolie par l'ECU.

La masse monétaire en ECU est strictement limitée par la position primaire de marché sur les crédits nominaux en ECU. L'émission monétaire en ECU est proportionnelle aux primes de crédit achetées sur l'appréciation du réel emprunté. Tout emprunteur malhonnête ne trompe ses garants qu'une seule fois.

Tout État défaillant à produire la justice vendue à crédit sous sa souveraineté perd son crédit. Le FESF adossé à l'ECU est l'investissement de l'Union Européenne dans la démocratie. Par la parité des monnaies, le FESF investit dans le prix du droit et non dans le démantèlement des solidarités nationales. Les monnaies nationales sont des outils d'application du droit dans les échanges domestiques.

Le travail vraie source du prix

Les monnaies indexées sur l'ECU apprécient la production réelle de biens et services par le travail. Une parité de change en ECU n'est plus déterminée par les mouvements spéculatifs de capitaux flottants mais par l'efficacité du travail domestique rapportée aux économies nationales concurrentes.

Les mouvements internationaux de capitaux sont intégralement compensables en ECU ; intégralement mis en réserve du futur de n'importe quelle production de n'importe quel pays. Investis dans les économies nationales à travers les primes en ECU, les capitaux internationaux font varier les parités de change selon une anticipation objective de la réalité.

Les Européens s'interdisent de négocier leurs échanges internationaux hors de la compensation en ECU. Il n'est plus possible de négocier un prix avec un ressortissant européen sans une vérification préalable du droit par la parité de change de toutes les monnaies nationales en ECU. Les Européens n'utilisent plus le dollar comme monnaie de transaction internationale sans compensation préalable du crédit des États-Unis en ECU.

Les Européens s'interdisent également d'acheter des biens produit en Chine sans évaluation du droit du travail et de la démocratie chinoise par la parité du yuan contre l'ECU. La compensation des parités monétaires européennes en ECU oblige tout citoyen européen à évaluer les prix internationaux selon le droit qu'il s'applique à lui-même.

La ré-indexation des monnaies nationales sur le droit dévalue en ECU l'insuffisance des droits sociaux, de la régulation financière et de la responsabilité financière publique. Au contraire l'augmentation réelle de la productivité du travail par l'investissement social, la régulation financière et de la sincérité des budgets publics réévalue les parités en ECU.

Le FESF adossé à l'ECU achète les primes de change des États européens efficaces. Il réalise des plus-values par la qualité de son soutien politique à l'économie des États. En achetant la prime de change de l'euro, le FESF achète la régulation financière que la monnaie unique induit sur les finances publiques de la zone euro et sur la politique de crédit des banques empruntant en euro.

Si l'euro est un vrai système de responsabilité publique et bancaire, la parité contre ECU se maintiendra. Si l'euro est au contraire une chambre noire des comptes publics et bancaires, les monnaies nationales peuvent être rétablies. Le crédit émis en monnaie nationale peut être régulé par l'euro monnaie communautaire garantie par la compensation transparente en ECU.

Instaurer réellement la démocratie

L'émission d'ECU par une compensation européenne met un terme aux incantations politiques et aux spéculations financières. Chaque responsable politique peut promettre tout ce qu'il veut ; chaque opérateur financier peut adopter la position d'anticipation de prix de son choix. Toute parole politique ou financière déposée en ECU est compensée par une réalité publiquement vérifiable.

Tout mensonge volontaire ou non entraine la décote en ECU du crédit du menteur. Le principe opérant du crédit compensé en monnaie primaire de démocratie multinationale est une rupture systémique sur le principe actuel de la confusion du verbe avec la réalité. Dès lors qu'aucun crédit ne peut être accordé à une affirmation dont le prix n'est pas garanti par une compensation, il n'est plus possible de confondre une intention inexistante avec la réalité incertaine à terme du livrable sous-jacent.

L'existence d'une unité monétaire de crédit conditionné par une compensation multinationale ouverte établit sans ambiguïté possible la relation entre le prix et la réalité. La responsabilité personnelle rendue objective met un terme au règne de l'irresponsabilité politique et financière. Toute promesse subjective reçoit un prix vérifiable et garanti.

La personne humaine ne peut plus être réduite à une marchandise sous couvert d'une rationalité politique ou financière invérifiable. La distinction entre le verbal et le réel n'est pas opérante sans la séparation matérielle visible entre l'engagement personnel au présent, l'incertitude du réel anticipé et la production effective de l'objet livrable à terme.

La complexité humaine à effectuer les fins promises est matérialisée par la monnaie à condition d'un pouvoir politique exclusivement garant de la justice ; donc garanti dans une monnaie neutre issue d'une compensation non falsifiable par les nationalités, la diversité des langages ni l'incertitude des intentions.

Arbitrée par des États nationaux solidaires en justice, l'intermédiation financière de la compensation multinationale est nécessairement séparée dans ses quatre fonctions fondamentales d'assurance des personnes et des biens, d'investissement du prix à terme, de liquidité du prix dans la durée et vérification des droits des sujets du prix. La rationalité financière de l'économie est établie par la séparation des pouvoirs compensée dans la démocratie réelle.

La démocratie attribue à chaque personne la faculté de juger la réalisation de ses fins dans des objets dont le prix est prêté. Elle préserve la liberté de jugement en séparant les pouvoirs de liquidité, de crédit et d'investissement de la production matérielle effective des biens et services livrés contre monnaie.

La finalité de la démocratie n'est pas l'accumulation du pouvoir de l'argent. La démocratie est foncièrement irrationnelle pour la ploutocratie. L'effondrement financier du capitalisme chrématistique offre à la civilisation humaine de voir rationnellement ce qui la détruira. Chacun doit faire son choix : se laisser acheter par la cupidité ou instaurer la vraie monnaie qui finance par l'effort personnel l'égale dignité des aspirations humaines.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Assurance
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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 21:49

CapitalCreditMonnaieCouverture

Défaut systémique irrécupérable

Toutes les crises financières internationales ont été résolues depuis 30 ans par l'émission de liquidité en monnaies de réserve ; par une augmentation temporaire des déficits budgétaires ; par l'élévation de l'endettement public ; et par une dévaluation des monnaies ayant accumulé des bulles spéculatives.

La résolution des crises a été acquise par la reprise de la croissance de la production et des échanges réels ; par la stabilisation de l'endettement public relativement aux productions nationales ; par la réduction du déficit budgétaire ; et par la stabilisation des changes.

Le scénario de la présente crise ne se déroule pas selon le schéma classique. La bulle spéculative a éclaté aux États-Unis dans le cœur du système. La surévaluation des actifs subprimes a touché l'ensemble du système financier international dans des proportions incommensurables. La politique habituelle de liquidation des bulles n'a pas fonctionné.

La liquidité interbancaire a été rétablie par des déficits budgétaires non résorbables ; aux États-Unis, dans la zone euro et dans la plupart des grands pays développés. Les dettes publiques poursuivent leur croissance plus rapide que la production. La Fed et la BCE doivent poursuivre leur émission monétaire à très bas prix en empruntant des actifs nominaux au-dessus de leur prix réel.

Le prix réel des portefeuilles financiers n'est pas reconnu dans la comptabilité des opérateurs financiers afin de ne pas provoquer une autre mise en faillite de l'ampleur de Lehman Brothers. Les budgets publics les mieux évalués par les épargnants internationaux doivent poursuivre leurs émissions de titres afin de fournir une contrepartie crédible à l'émission monétaire en dollar et euro.

L'endettement des États jugés les plus solvables est nécessaire au maintien de la liquidité des monnaies et des capitaux internationaux. Mais la surface financière des États internationalement solvables est devenue trop étroite par rapport à la masse des crédits internationaux potentiellement illiquides.

La politique mise en faillite

Les règlements internationaux s'effectuent par des créances en dollar, en euro et autres monnaies de réserve. Aucune banque dépositaire de réserve internationale ne peut plus faire défaut. Pour éviter un défaut général, la Fed et la BCE sont obligées de prêter au-delà de leurs estimations du prix réel des collatéraux empruntés.

Une nouvelle grande faillite révélerait l'étendue des pertes cachées dans l'ensemble des banques. Les États empruntent à la place des banques les ressources qu'elles ne se prêtent plus entre elles faute de crédibilité des comptes bancaires. Les États appuient leurs emprunts sur la logique de la Loi posant l'infaillibilité financière de l'autorité publique.

Si les doutes croissent quant au remboursement des dettes publiques, les contribuables restent juridiquement indéfiniment responsables sur leurs biens et leur travail. Au pire les dettes seront dévaluées par la hausse générale des prix.

Mais une conjoncture absolument nouvelle est advenue : l'endettement inter-étatique massif des États-Unis émetteur de la principale monnaie de réserve envers la Chine devenue la deuxième économie mondiale. L'émission de dollars de la Fed sur les titres du Trésor étatsuniens compromet explicitement et visiblement le prix en yuan des réserves de change du système politique chinois.

Dans la zone euro, le conflit d'intérêt est explicite entre le système financier demandeur de liquidité et les contribuables et consommateurs de services publics qui devront rembourser les dettes sous-jacentes à la monnaie investie dans la spéculation.

L'émission de titres publics est à la fois nécessaire et réprouvée par le système financier selon la position prêteuse ou emprunteuse de chaque opérateur. Les banques centrales ont à la fois besoin de titres pour émettre la liquidité manquante et besoin de réduction générale des dettes pour renforcer la solvabilité des banques.

La finance et la monnaie sont en incohérence réciproques. La contradiction est transportée dans le champ politique international par la guerre des monnaies ; et dans les champs politiques nationaux par le divorce entre les autorités publiques et les opinions publiques. Au fur et à mesure que les tensions internationales s'exacerbent par la dévaluation des monnaies de réserve, les gouvernements doivent tailler dans les dépenses publiques et augmenter les impôts.

Surendettement public systémique

Les règles d'or budgétaires tentent de restaurer un principe d'équilibre entre la finance, l'économie réelle, la dépense publique et la dépense privée. Quatre ans après l'éclatement de la bulle spéculative des subprimes, la garantie du système financier par les finances publiques n'a plus aucune consistance.

Le plafonnement constitutionnel du déficit et de la dette publics en proportion de la production nationale prend acte de l'impossible stabilité financière sans mesure politique de la solvabilité publique.

Les règles d'or budgétaires amorcent un changement de système : la loi politique définissant la dépense publique va s'obliger à ne plus ignorer la capacité réelle des agents économiques à produire les biens et services répondant aux intentions de dépense publiques et privées. La question de la régulation des anticipations de la dépense nationale par le prix réel de la production va être posée.

Dans le système actuel, l'unité de compte internationale de toute anticipation est la monnaie émise discrétionnairement par la république impériale étatsunienne. La dette fédérale des États-Unis est la garantie ultime de toute anticipation financière publique ou privée. Les réserves internationales de change en dollar délimitent les émissions nationales de crédits selon les échanges et les emprunts que la masse monétaire mondiale en dollar rend possibles.

Comme une banque centrale à l'échelle nationale, le système financier international transforme en crédits de monnaie les emprunts de prix effectifs ou estimés à l'économie réelle. Les anticipations de prix de la production réelle mondiale délimitent les crédits qui financeront la production réelle. Les anticipations de production délimitent les budgets publics et privés.

Les emprunts autorisés par les budgets délimitent à leur tour la capacité d'émission monétaire des banques centrales. Jusqu'à la dégradation de la notation de la dette publique étatsunienne, la disponibilité illimitée de dollars a encouragé les banques à sur-anticiper. La liquidité quasiment gratuite des banques centrales produit des plus-values proportionnelles au volume des emprunts de monnaie.

La liquidité est recyclée en titres de créance sur emprunteurs systémiques publics et financiers. La rentabilité nominale du capital financier est maximale et certaine avec le minimum de fonds propres réglementaires. La crise actuelle a définitivement révélé l'origine des plus-values fictives du système financier dans la croissance accélérée des dettes publiques.

Conditions bancaires de l'équilibre budgétaire

Le plafonnement des déficits publics induit une règle de plafonnement des anticipations bancaires en fonction de l'économie réelle. Si le système financier transforme en crédits les anticipations réelles de la production, l'équilibre est impossible si les mêmes acteurs déterminent les anticipations par les crédits qui les rémunèrent.

La fonction financière d'anticipation du réel doit être dissociée de la fonction de recyclage de l'épargne et de la fonction d'achat de liquidité à la banque centrale. Les fonctions d'anticipation et de transformation de l'épargne restent exposées à l'erreur de sur-anticipation de la production et de sous-anticipation de l'épargne. Elles doivent être couvertes par la troisième fonction autonome d'achat de l'incertitude des anticipations qui conditionne la mobilisation de liquidité centrale.

La crise du surendettement public est la conséquence de la surévaluation systémique de la croissance internationale réelle possible sous la masse monétaire en dollar. Tout plafonnement des déficits publics est incantatoire sans prise en charge par le système financier de ses erreurs d'anticipation.

En plus de la séparation radicale entre les banques de dépôt et de marché, les banques de liquidité du crédit et les banques d'investissement, la génération d'un auto-financement bancaire de la stabilité financière impose d'empêcher toute spéculation financière contre la solvabilité publique.

Les États s'exposent à la spéculation en empruntant une autre monnaie que celle qu'ils contrôlent. Ainsi en est-il des dettes publiques financées par des emprunts bancaires sur les marchés internationaux en dollar ou en euro. Les États euro ne contrôlent pas le dollar mais ont montré qu'ils ne contrôlent pas l'euro non plus.

La BCE indépendante ne contrôle pas les dettes inter-étatiques ni inter-bancaires à l'intérieur de la zone euro. Les États de la zone ne contrôlent pas les anticipations de la BCE, ni celles de leurs banques respectives. Les Européens ne sont d'accord sur des principes communs de comptabilité publique et financière couverts par une solidarité budgétaire adaptée.

Ordre international de souveraineté monétaire

Le système actuel de concurrence des monnaies nationales dans les échanges financiers internationaux interdit aux États de contrôler la monnaie dont ils garantissent la banque centrale. Le système bancaire international échappe à tout contrôle objectif de solvabilité hors des frontières nationales des monnaies qu'il emprunte.

Les banques qui vendent du crédit aux États ne doivent pas pouvoir acheter des titres de dette publique. Les États qui vendent de la solvabilité aux banques ne doivent pas pouvoir leur emprunter de la liquidité. La prime de crédit des États ne peut être vendue que dans une monnaie internationale commune émise en proportion des garanties échangées entre États.

L’intermédiation des primes de crédit incombe à des banques d'investissement travaillant exclusivement en monnaie internationale avec du capital international. La raison d'être d'une monnaie internationale est d'étalonner objectivement le crédit par la prime de crédit négociable de toute anticipation d'un prix réel.

La négociation d'une prime est objective à la condition d'une monnaie, d'une régulation et d'un objet de crédit non contrôlés par l'emprunteur ni par le prêteur. Une anticipation réaliste se compte en monnaie nationale. Mais le prix réel d'une anticipation nationale dépend de l'anticipation de la politique monétaire, de la politique publique de régulation financière et de la solvabilité des emprunteurs publics et privés qui en découle.

Les prix des principales anticipations d'une économie nationale sont corrigés en monnaie internationale par des primes de crédit public, des primes de change sur la politique monétaire et des primes de capital sur les institutions financières en monnaie nationale.

Les États de droit sont normalement garants de l'étalonnage des monnaies par les prix des transactions effectuées sous leur souveraineté. Ils sont par conséquent garants en dernier ressort des crédits engagés selon leur droit ; et garants de l'application du droit à toute personne achetant ou vendant dans leur monnaie.

La disparition ou le non-exercice des garanties de la souveraineté monétaire et financière enlève tout contenu concret au droit. Si l’État n'identifie pas nommément des acheteurs de l'excès potentiel d'émission du crédit dans sa monnaie sur l'ensemble des anticipations de prix réels ; s'il n'identifie pas les acheteurs privés de l'erreur possible de chaque anticipation, chaque engagement de prix devient hasardeux par les obligations qu'il contient.

Union Européenne de responsabilité monétaire

Les monnaies nationales doivent servir au portage des erreurs d'anticipation financière non imputables aux épargnants. Si les États garantissent leurs emprunts par leur monnaie, les gestionnaires publics du bien commun ont des intérêts particuliers à ne pas réguler le crédit pour rester libres de leurs anticipations financières dans les budgets publics.

Garantir ses propres anticipations dans sa monnaie crée le motif logique de non-régulation hors de ses frontières juridiques. Le prix économique des mensonges politiques est dissimulable dans un marché financier international fantasmatique que personne ne peut observer concrètement. La monnaie internationale de cotation primaire du crédit de tout emprunteur matérialise la preuve d'une solidarité publique effective dans la régulation du crédit et l'application du droit.

Tant que l'Union Européenne n'annonce pas la transformation du Fonds Européen de Stabilité Financière en Trésor public commun de l'UE ; tant que les émissions de dette publique ne sont pas rétablies en monnaie nationale à moins d'une création d'un État fédéral européen ; tant que l'euro n'est pas muté en monnaie primaire de couverture internationale du crédit et de la stabilité monétaire ; les règles d'or en discussion sont le moyen de différer de quelques semaines l'éclatement de la zone euro.

Peut-être que quelques technocrates politiques et financiers croient que le pillage de l'économie réelle par l'anarchie monétaire internationale et la non-régulation financière est dans l'ordre de la nature. Ce n'est heureusement pas l'avis de la majorité des Allemands et du gouvernement de la Chancelière Merkel qui refusent l'émission d'euro-obligations.

Les Allemands ne voient pas ce qui justifierait le rachat des pertes bancaires de crédit en euro par les contribuables. Il est donc temps de rétablir la solvabilité publique par un système européen de régulation financière. L'instauration d'un marché primaire en euro permettrait de convertir les réserves de change de la Chine et du Japon en primes de crédit sur les dettes publiques en dollar, yen, deutsch mark, franc, livre, lire et peseta.

Le dollar, le franc, la lire et la peseta seraient dévalués en euro à proportion des primes de change souscrites par les investisseurs internationaux. Le deutsch mark resterait à parité avec l'euro. L’Europe germanique pourrait sans risque souscrire des euro-obligations pour financer des accords de change et de solidarité budgétaire dans le cadre de l'Union.

La finance construite sur la solvabilité publique

L’Allemagne pourrait proportionner son portefeuille de primes et de crédits en euro selon le niveau d'intégration économique qu'elle veut réellement financer avec ses partenaires européens. L'Union Européenne est refondée en société multinationale de démocraties financièrement indépendante et réellement responsable de ses engagements internationaux.

Le bénéfice capital de la transnationalisation de l'euro et de la restauration des monnaies nationales est la responsabilité financière publique de la solidarité économique nationale. Les budgets publics couverts par une prime de crédit transparente en euro transnational garantissent le crédit aux étrangers par la monnaie et le crédit aux résidents par le plein emploi du travail domestique.

La règle d'or des budgets publics est d'investir dans les droits de la personne, dans la formation du travail et dans les infrastructures économiques communes. Si l'investissement public est inefficace, le travail est sous-employé ; la production domestique est insuffisante ; la balance commerciale est déséquilibrée ; le potentiel fiscal ne progresse pas ; le déficit budgétaire croît. Et le change se dévalue.

La règle d'or de l'euro transnationalisé définit une prime de crédit public comme prix anticipé d'une cotation de la dette publique en dessous de son prix nominal d'émission en euro. Les vendeurs primaires du crédit public en euro sont engagés à verser aux États qu'ils garantissent le montant devenu négatif de la prime perçue à l'émission de dette publique. Le vendeur primaire du crédit est par construction acheteur primaire du change de la monnaie qui libelle la dette publique.

Le rétablissement de la rationalité financière par la monnaie primaire transnationalisée compense le crédit public national par le change. Les parités de change sont finalisées dans l'équilibre à terme de la balance des paiements par la solvabilité publique. La règle d'or véritable est l'interdiction publique effective de spéculer sur le prix du bien commun non réalisable.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Assurance
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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 21:21

Surréalité monétaire de la démocratie réelle

La monnaie mondiale paraît surréaliste dans le contexte actuel. La raison en est le biais cognitif des sciences politiques et économiques dissociant la monnaie des finances publiques. L'intuition de ce biais justifie la juste revendication d'un ministère européen des finances.

Depuis le 19ème siècle, la monnaie est vue comme représentation abstraite de la matière, un substitut de matière physique pour produire les prix de l'échange économique. Le droit humain est escamoté à exprimer substantiellement des désirs ; à demander d'être satisfait par la réponse d'une production humaine dont la finalité soit la satisfaction de désirs. L'émission du signe monétaire n'est pas fondée sur l'observation discutée du désir humain mais sur un décret d'une autorité bancaire ; une autorité réputée savoir abstraitement les qualités objectives des quantités que les hommes veulent et peuvent échanger.

Le biais cognitif est dans l'idée que l'économie est indépendante du désir humain ; qu'il existe une rationalité économique en soi que les hommes n'ont pas à approuver ; que la négociation de la représentation des échanges en monnaie est une gnose. La monnaie représentant exclusivement de la matière n'a, à proprement parler, pas de contrevaleur humaine. Il n'est pas nécessaire qu'un règlement monétaire soit précédé d'une reconnaissance humaine personnelle réciproque des contreparties à une transaction. Typiquement, le faible qui reçoit un paiement du fort ne peut pas ne pas être content du prix même si ses droits et son désir de dignité ne sont pas vraiment respectés.

Tant que les paiements internationaux sont restés marginaux dans les équilibres financiers sous-jacents aux monnaies, les budgets nationaux ont servi à compenser par les dépenses communes et la solidarité sociale le mépris possible des riches pour les pauvres. L'émission monétaire étant garantie en dernier ressort par le crédit de l’État, la politique pouvait modérer par la régulation financière l'arrogance des riches envers les pauvres. Cette économie du respect humain a disparu avec l'internationalisation de la finance dont la création de l'euro est une conséquence.

L'euro contradictoire

L'euro a été créé pour isoler les échanges intra-européens de l'instabilité du dollar et des conceptions étatsuniennes de la monnaie et des prix internationaux. Mais la déconnexion intervenue dans les années 70 et 80 entre les finances publiques et la gestion de la monnaie a été entérinée dans l'euro. Le financement des États et de la solidarité publique est en théorie complètement étranger à la gestion de la valeur de l'euro par la BCE. Un système commun de prix a été adopté dans la zone euro sans budget commun public pour compenser les possibles infractions réelles aux droits humains à l'intérieur du marché unifié par l'euro.

Les banques et assureurs français et allemands ont pu prêter à la Grèce au-delà de ce qu'elle pouvait réellement rembourser sans qu'un budget européen ne vienne assister le budget grec à tenir une comptabilité pertinente du droit financier en Grèce. Les transactions financières sont totalement libres et compensées dans la zone euro alors que l'évaluation financière des droits n'est ni homogène, ni régulée, ni arbitrable. Les gouvernements de l'euro ne savent pas mesurer la perte de crédit de l’État grec. Il ne savent pas à qui imputer la survaleur des dettes grecques en euro.

Les marchés financiers internationaux non régulés par un quelconque État de droit sont eux schizophrènes ; ils constatent une réalité contradictoire en soi. D'un coté ils voient des dettes affirmées telles mais qui ne seront jamais remboursées ; de l'autre, ils cherchent qui supportera le poids des pertes dont ils ont délibérément ignorer la possibilité d'occurrence. En l'absence de règle prédéfinie d'identification des pertes souveraines, il n'y a pas plus de raison d'annuler la dette non remboursable par des richesses réelles prélevées sur certains créanciers, que par des impôts payés par des Grecs ou d'autres Européens. Le problème est inextricable du fait que les créanciers de la Grèce ne sont pas seulement européens en euro.

Il existe à présent une double impasse systémique mondiale : la valeur des monnaies totalement disjointe en droit de la solvabilité publique est suspendue dans le vide ; les multiples systèmes de droit entremêlés sont en guerre pour arbitrer la répartition des pertes financières bancaires et publiques. La solution ne peut être que systémique : renoncer à la monnaie comme représentation exclusive de la matière. Il faut restaurer un droit universel de la comptabilité monétaire. Et il faut que les finalités humaines de toute culture ou nationalité soit reconnaissables par la comptabilité monétaire.

Parité monétaire et fiscalité

Un trésor public européen et une garantie budgétaire publique communautaire est absolument nécessaire à la préservation de l'euro. La logique d'un tel budget est de voter une fiscalité trans-européenne qui absorbe les pertes de crédit des États surendettés. Cette fiscalité peut aussi être monétisée par la restauration des monnaies nationales dans les pays de la zone euro les plus durablement surendettés. La dévaluation d'une monnaie nationale par rapport à l'euro aboutit en effet à déprécier le capital national de l'ensemble des citoyens d'un État afin de le rendre plus attractifs et productifs pour les créanciers extérieurs. La dévaluation est un impôt en nature versé aux budgets publics garantissant une monnaie.

La reconversion en monnaie nationale de la dette publique en euro partage la charge des pertes entre les créanciers extérieurs qui subissent la dévaluation de leurs titres de créance et la collectivité nationale dévaluée assumant une perte de pouvoir d'achat extérieur. La dévaluation réapprécie le capital national en devise et restaure la compétitivité extérieure de la production nationale. La dette extérieure non abandonnée redevient remboursable par la reprise progressive des exportations de biens et services réels.

La logique de rééquilibrage des échanges financiers par la différenciation des monnaies selon les budgets publics s'applique à l'intérieur de la zone euro comme à l'extérieur. De même que la conservation de l'euro impose le rétablissement de certaines monnaies nationales, de même elle impose une monnaie transnationale neutre par rapport à tout budget public européen ou étranger. Le rééquilibrage des échanges grecs avec la zone euro implique un rééquilibrage des échanges de la zone euro avec le monde.

Le budget transnational de solidarité de l'Union Européenne ne peut pas être évalué et calculé dans une monnaie qui privilégie l’État de droit de certains Européens par rapport à d'autres. Il faut que l'euro devienne une monnaie commune à coté de toutes les monnaies nationales rétablies ou bien qu'une monnaie commune nouvelle soit créée pour que l'euro reste monnaie unique de plusieurs pays européens. Le rétablissement d'une garantie effective des monnaies par des budgets communs suppose la capacité de ces budgets à émettre de la dette en contre-garantie de la création monétaire. La solvabilité réelle d'une monnaie et du budget qui lui est lié ne peuvent être évalués justement et équitablement que par une autre monnaie.

Etalonnage international du crédit des Etats

Il est impossible d'éviter l'émission d'un étalon de droit universel pour évaluer une monnaie et un budget d'un système particulier de droit. Cette monnaie nécessairement mondiale matérialise un budget mondial de garantie de la conformité de toute monnaie à un droit humain. Un budget de responsabilité équitable de tout échange monétisé entre systèmes juridiques différents. Mais comme il n'existe pas d'Etat mondial reposant sur un droit formellement commun, ce ne sont pas les citoyens qui contribuent au budget mondial de garantie des monnaies et des crédits internationaux. Ce sont les États.

La dotation étatique en capital d'une banque multinationale de régulation financière et budgétaire a pour finalité d'acheter le prix anticipé des infractions au droit commun dans les transactions internationales. Les États solidaires dans l'application internationale du droit se garantissent réciproquement par la mise en commun d'une fraction de leur budget. Ce capital multinational finance une police financière mondiale des normes comptables publiques et privées.

A l'échelle mondiale, les impôts de garantie collective de l'existence d'un bien commun ne sont pas réglés par les personnes mais par les sociétés politiques à travers la parité monétaire. Quand un Etat de droit dans une zone monétaire produit plus de biens et services qu'il n'en consomme, sa monnaie se réévalue en monnaie transnationale : le surplus non consommé est emprunté par le reste du monde qui doit régler ses importations par emprunt de la monnaie excédentaire. La garantie de leurs emprunts est calculée en monnaie transnationale commune.

L'existence de la monnaie transnationale neutre par rapport à tout système juridique, oblige les emprunteurs de monnaie financièrement excédentaire à garantir leurs emprunts par la dépréciation de leur propre monnaie. Pour emprunter la monnaie d'une autre nationalité, il faut déprécier sa propre monnaie à proportion de la compétitivité nécessaire pour rembourser par des exportations futures de biens et services. La monnaie transnationale de droit neutre crée le crédit réel ; le crédit dont le capital nominalement remboursable est nécessairement équilibré par la variabilité de la parité monétaire nationale qui garantit la solvabilité de l'emprunteur.

Pas de finance viable sans démocratie

La monnaie transnationale est une surréalité en produisant perpétuellement le prix de l'incertitude relative des prix dans les monnaies nationales. La monnaie mondiale doit bien exister comme condition de la réalité sous-jacente aux monnaies nationales. Celles-ci comptabilisent des droits réels par des droits strictement nationaux. La surréalité transnationale existe déjà potentiellement par les garanties de crédit (CDS) échangées par-dessus les souverainetés juridiques nationales.

Ces garanties de crédit deviennent efficientes si elles sont comptabilisées en monnaie transnationale qui oblige les propriétaires de prime de crédit (CDS) à verser des compensations de solvabilité à des emprunteurs qui doivent impérativement acheter ces primes en monnaie transnationale. Par la monnaie mondiale garantie par la société des démocraties nationales, il n'est possible de prêter que des réalités définies par des droits nationaux ; il n'est possible d'emprunter que des réalités dont le prix soit garanti par l'existence mondiale du Droit. La convertibilité juridique d'un prêt réel en emprunt réellement remboursable est assuré par un budget public multinational.

Si l'Union Européenne est une vraie démocratie, la crise des dettes publiques est soluble par la démocratie. L'Union se dote immédiatement d'un budget et d'une fiscalité commune pour négocier en son sein le rééquilibrage des parités monétaires européennes. Si les peuples européens ne veulent pas de solidarité fiscale, il faut au minimum déprécier les monnaies européennes différenciées par rapport à une monnaie commune représentant la neutralité économique des droits nationaux européens. Cette monnaie commune permet de doter par la dévaluation des monnaies nationales un fonds de garantie des dettes extérieures de l'Union. Les pays épargnants nets de l'Union sont ainsi garantis de leurs créances sur l'Union et sur le reste du monde.

Les seuls motifs d'opposition à la monnaie commune européenne ou mondiale sont : la croyance en un dualisme de la réalité humaine où la justice n'a rien à voir avec l'économie ; ou la cupidité qui pousse à posséder tout être par la matière qu'on place sous son empire personnel. Si la démocratie existe, elle ne peut pas ne pas imposer sa loi à la finance. Si la démocratie n'existe pas, la finance n'a plus que quelques jours à se faire croire qu'elle est riche.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Assurance
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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 14:47

ImageJorionRévolution monétaire de la démocratie

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.

Valeur = option (objet, prix, prime, loi du bien commun, sujet de l’objet, sujet du prix, sujet de réalité livrée)

Application au pétrole :

objet : barril de brent livrable à Londres
prix : prix nominal variable par confrontation de l'offre et de la demande aux échéances à terme proposées par les intermédiaires de marché
prime : prix versé par les vendeurs à terme du barril sur l'insuffisance de la production à terme aux acheteurs à terme à terme de l'insuffisance de liquidité du crédit permettant de régler les appels de marge et la livraison finale
loi du bien commun : aucune offre ni demande particulière n'est récusée si elle est garantie par le marché ; le prix du barril est le même pour tout le monde à l'échéance négociée
sujet de l'objet : producteur du barril de brent engagé à terme
sujet du prix : acheteur du barril de brent engagé à terme
sujet de réalité livrée : garant de la livraison du réel ou du règlement de la livraison à l'échéance


Dans la fonction ci-dessus, la valeur existe réellement mais n'est pas quantifiable car les sujets ne sont pas quantifiables dans leur décision nécessaire à la valeur. De plus la valeur est propre à chaque sujet de décision. Il est impossible de prouver qu'elle soit la même pour les trois sujets nécessaires à son existence. Le prix et la prime sont donc des fonctions dérivées de la valeur que la loi du bien commun pose identique pour tous les sujets.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Assurance
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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 13:48

Refondation du capitalisme

Commentaire déposé sur le Blog de Jean Peyrelevade.


Calculer le risque objectif de la subjectivité des modèles

Les échanges fouillés sur les chiffres et les concepts exposés dans cette discussion révèlent que l’analyse de la crise et de ses solutions patine sur l’incertitude des théories et des modèles économiques. La financiarisation de l’économie s’est accompagnée d’une illusion cognitive où nos modèles d’analyse se confondent à la réalité que nous croyons voir. La discussion des chiffres par les concepts et réciproquement nous interdit de mesurer la réalité qui nous échappe par la réduction conceptuelle que nous lui appliquons.

Par exemple, en opposant travail et capital comme sources de revenu de nature productive équivalente, on passe complètement sur l’impossibilité de faire fructifier le capital sans le travail et sur le fait que la rémunération du capital est nécessaire pour immobiliser le capital investi dans le financement du processus de travail. Les concepts économiques auxquels nous croyons donner le même sens dans nos discussions sont en fait des approximations de la réalité objective qui existe indépendamment de nos décisions et de la réalité subjective qui résulte de nos décisions.

La crise actuelle déclenchée par la manipulation cognitive des subprimes s’est construite sur une confusion totale de l’objectivité et de la subjectivité des prix dans les modèles financiers. Les fonds propres du système financier mondial ont été siphonnés par le versement de dividendes et de plus-values fictifs simulés par des modèles. Les États ont été contraints d’affirmer contre toute réalité objective et subjective la validité des modèles afin de ne pas déclarer la faillite du système et sa nécessaire reconstruction.

La manipulation de la réalité par les modèles financiers se poursuit sur les finances publiques à propos de la dette et de la fiscalité. Les États sont déclarés surendettés du fait qu’ils garantissent par un capital public non comptabilisé la solvabilité de leur système bancaire. Les contribuables sont mis à contribution par l’abandon de prestations publiques de protection et de redistribution qui n’ont pas de prix calculé affiché. Comme les modèles économiques et financiers s’écartent de la réalité, on contraint la réalité à confirmer les modèles.

Les idéologues font cause commune avec les spéculateurs. Pour sortir la réalité du piège idéologique de la virtualisation par la finance, il faut réintégrer explicitement la réalité objective et la réalité subjective dans les modèles. L’analyse de l’économie doit redevenir un exercice politique de confrontation de points de vue subjectifs conciliés par la finalité du vivre ensemble. Cela signifie que les modèles deviennent des objets économiques soumis à la négociation et validés par les résultats tangibles qu’on peut leur attribuer.

Le moyen concret de rendre les modèles politiques et financiers négociables en transparence est un marché d’options financières commun aux États de droit qui reconnaissent la primauté de l’homme sur ses raisonnements spéculatifs. Dans un tel marché, les opérateurs de toute nationalité publics ou privés sont mis à égalité de droit dans une confrontation de l’offre et de la demande des primes de change et des primes de crédit. Tout écart entre un modèle nommé dans le sous-jacent d’une option et la réalité livrée à terme comme sa conséquence est donc mesuré par une prime. L’Union Européenne si elle a encore une consistance politique a tous les moyens de réintégrer la finance dans la réalité. Voici comment.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Assurance
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