Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 07:32

Le krach des subprimes en 2007 et 2008 a, comme l'accident nucléaire de Fukushima, révélé une instabilité systémique des dispositifs de qualification économique et légale des activités humaines. Ni l'industrie financière, ni l'industrie nucléaire n'ont montré leur capacité en elles-mêmes et par elles-mêmes d'assurer la qualité et l'innocuité des services rendus aux sociétés politiques qui les font fonctionner. Les autorités indépendantes de contrôle et de régulation de la stabilité systémique instaurées dans les deux industries ne sont pas efficientes à cause d'une logique libérale nominaliste du tout ou rien où les problèmes ne sont pas décomposables en éléments solubles par une responsabilité humaine réelle et pratique.

Grexit : le chemin inéluctable de la restauration des souverainetés

En pratique, et pour rester dans l'analogie, le grexit équivaudrait à la mise à l'arrêt d'une centrale nucléaire défectueuse. La production d'électricité est amputée mais on soustrait la population aux irradiations et à la mort lente. Les Grecs auraient à gérer la démonétisation de l'euro comme une panne d'approvisionnement électrique. Quelques semaines de pagaille totale mais une renationalisation de la monnaie et un réamorçage progressif de la liquidité sur des fondements domestiques au service de l'économie réelle. L'excédent budgétaire primaire que les prédateurs européens exigent de la Grèce pourrait être immédiatement réaffecté à gager les émissions de liquidité par la Banque Centrale de Grèce selon les lois et les intérêts des Grecs.

En fait le gouvernement grec est véritablement en train de sauver l'Union Européenne plus qu'il ne défend et protège les Grecs de l'hystérie des créanciers. La zone euro est un non-Etat de droit. Les gouvernements et la Commission Européenne n'ont aucun contrôle sur les banques, ni sur les entreprises transnationales, ni sur les gros patrimoines particuliers défiscalisés. Les États nationaux de la zone euro s'euthanasient pour essayer d'afficher des équilibres budgétaires avec des recettes d'impôts inexorablement amputées. La Commission Européenne produit des réglementations de concurrence "libre et non faussée" pour achever de décrédibiliser la puissance publique impartiale de solidarité. A cause de la cupidité des classes politiques nationales, l'Etat de droit est interdit à l'échelon communautaire et réduit à néant à l'échelon national et local.

Le Grexit pour mettre fin à la liberté de mentir

Le Grexit est maintenant ce qui peut arriver de mieux. Elle soulagera le peuple grec et mettra les gouvernements de l'euro devant leur réalité. Les Grecs ne perdront absolument rien en cessant de discuter avec les autistes libéraux pseudo-européistes ; les gouvernements de l'euro seront renvoyés à leurs responsabilités démocratiques devant les peuples qu'ils rackettent. Il sera impossible sous peine de retourner à l'âge de pierre de ne pas remettre à plat à l'échelle de l'ordre monétaire international, le gouvernement de l’État de droit, la régulation des dettes par l'application impartiale des lois, et le financement des charges communes par l'impôt.

Il faudra choisir entre remettre en ordre le financement de la puissance publique chacun chez soi ou avec un État confédéral de l'euro instaurant une solidarité fiscale et judiciaire. Quel que soit le degré de solidarité européenne choisie et assumée, il sera nécessaire de remettre les marchés de capitaux sous l'autorité des États. Il sera nécessaire de mesurer et de financer la responsabilité financière des gouvernements nationaux et supra-nationaux par des parités internes de change et une fiscalité cambiaire. Et il sera nécessaire d'assurer l'égalité devant la Loi et l'impôt par le contrôle des flux de capitaux inter-étatiques. Un État confédéral de l'euro est évidemment le moyen le plus économique et efficace d'arbitrer une politique européenne d'investissement et d'assurance des droits humains.

Reconstituer la condition de possibilité d'une égalité devant la Loi

Plus vite s'effondrera le non-système de la monnaie unique négatrice de l'État de droit commun, moindre seront les pertes financières systémiques à répartir entre les peuples et les citoyens. Aucune dette n'est réellement remboursable si elle n'est pas justifiée par des droits réels garantis par un État de droit disposant de ressources propres adossées à une fiscalité efficiente et juste. Il est impossible d'apurer toutes les fausses dettes accumulées dans le non-droit de l'euro libéral sans puiser dans des ressources fiscales, lesquelles ne seront levées que par des gouvernements responsables par l'économie de la Loi. Il n'a jamais existé de mesure stable et fiable des dettes sans fiscalité financière mise en œuvre par des États justes et impartiaux contrôlables par les citoyens contribuables.

La ré-étatisation des banques et de la monnaie est absolument incontournable dans la zone euro, comme partout ailleurs, s'il existe encore une possibilité humaine d'echapper à la guerre civile généralisée. Le Grexit est en réalité la mesure conservatoire minimale dont se sont dotés les Grecs grâce à Syriza, pour se protéger de la folie meurtrière de leurs créanciers en euro, dollar et franc suisse. Le Grexit équivaudra à un dépôt de bilan de la zone euro qui obligera à une mise sous séquestre de tous les actifs en euro qui sont revendicables par les créanciers de la zone. Il n'y aura que deux issues au dépôt de bilan de la zone euro : plan de continuation de l'activité sous l'autorité d'un gouvernement commun démocratique, transparent et respectueux des gouvernements nationaux ; ou liquidation de toutes les créances par attributions des actifs nationaux aux créanciers nationaux des États nationaux.

Repost 0
Pierre Sarton du Jonchay - dans Monnaie Démocratie
commenter cet article
16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 17:09

La construction du mouvement "Podemos" en Espagne s'appuie sur un diagnostic d'économie politique produit par deux universitaires espagnols reconnus et réputés. Le "projet économique pour les gens" propose une vision keynésienne de l'économie politique afin d'échapper à l'effondrement de la civilisation provoqué par la globalisation de la technocratie libérale. "Podemos" suggère qu'il soit impossible de penser une économie des gens sans organiser la démocratie entre les citoyens et les peuples. Cette étude veut montrer que la théorie de la démocratie économique existe en pleine cohérence avec l'expérience et le sens communs. Les techniques actuelles d'économie numérique permettent la mise en oeuvre du modèle keynésien de la monnaie multinationale publique contre la ploutocratie financière.

Après sept ans d'agonie monétaire et financière consécutive au krach des subprimes, la démocratie réémerge en Espagne par la mobilisation des citoyens. Les gens de base se regroupent pour reconstruire les services du vivre ensemble délaissés sous l'empire européen du libéralisme spéculatif en monnaie virtuelle. Le mouvement “Podemos” organise la discussion de l'économie politique à reconstruire sur les ruines de l'économie non régulable par l'intérêt général public. Les réformes demandées par Podemos visent à rétablir la finalité des échanges dans le plein emploi de l'offre de travail au financement de la croissance économique de la société politique du bien commun.

La présente analyse veut montrer que la régulation du crédit, de l'épargne et de la liquidité bancaire est réalisable au service des gens par un vrai marché de titrisation du travail ; c'est à dire par un marché du travail politique, entrepreneurial, bancaire et assurantiel, engagé par les citoyens dans des sociétés qui les rendent effectivement solidaires. Les réseaux sociaux numériques en développement constituent l'espace de négociation de toutes les espèces de travail à l'origine des biens demandés par la société civile. Face à la modélisation numérique de l'économie réelle des échanges, l'actuelle monnaie bancaire issue du réseau financier global virtuel n'est adossée à aucune mesure intelligible de la réalité attendue par les gens.

Pour que la rationalité économique retrouve ses fondements réels dans la démocratie, le crédit en monnaie doit être réconciliable au crédit rémunérant le travail. L'offre bancaire de crédit doit égaler strictement la demande de services exprimable par le travail des citoyens personnellement responsables de leurs États communs de droit. Le marché de la monnaie véritable que Podemos revendique est un marché de la titrisation du travail par la puissance publique du bien commun. La société civile refondée par Podemos est aujourd'hui en mesure de reconstruire une économie humaine sociale objective au milieu du vide conceptuel simulé par les élites politiques et financières actuellement au pouvoir.

 

Pas d'économie objective sans démocratie

"Podemos" est un mouvement émergent de la politique espagnole enregistré en mars 2014 comme parti pour offrir une alternative démocrate au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol et au Parti Populaire. Le PSOE et le PP qui gouvernent l'Espagne en alternance depuis 1978 ont renoncé à une économie au service de la démocratie. Podemos a obtenu d'emblée 8% des voix aux élections européennes et se trouve en tête des intentions de vote pour les législatives espagnoles de 2015. Les initiateurs de Podemos récusent le libéralisme économique du PSOE et du PP actuellement au pouvoir. Le mouvement se construit en mode participatif sur l'objectif de remettre le système économique de l'Espagne au service du vivre ensemble. En novembre 2014, Podemos a publié un "projet économique pour les gens" afin d'établir une base de discussion des réformes économiques, sociales et politiques qui seront proposées aux suffrages législatifs des Espagnols.

La plateforme de débat économique de Podemos a été établie par deux professeurs d'économie politique d'orientation sociale démocrate, Vicenç Navarro et Juan Torres López. Ils posent le constat de la mise en faillite de l’État de droit par le système apolitique de la monnaie unique européenne ; une monnaie conçue pour soustraire l'économie au contrôle de la démocratie dans le contexte de la globalisation financière et commerciale. La politique des socialistes puis du Partido Popular après la disparition de la liquidité financière depuis 2008, a consisté comme partout ailleurs à renflouer les banques par la dette publique puis à réduire la part des dépenses publiques dans l'économie pour freiner la croissance de la dette. Alors que le chômage a triplé en 6 ans, que les revenus salariaux se sont effondrés, le gouvernement espagnol réduit les services publics et les prestations de solidarité sociale. La politique monétaire et financière de la zone euro contraint l'Espagne à détourner son économie du bien-être pour rembourser des dettes qui n'ont jamais financé une croissance bénéfique à tous les Espagnols. Une partie substantielle du peuple espagnol a été renvoyée à son niveau de vie des années cinquante.

Podemos constate que l'Espagne est dépossédée de son activité économique au profit de créanciers extérieurs, parmi lesquels les Espagnols les plus riches désolidarisés de leurs concitoyens par le régime libéral de la zone euro. Le principe même du marché européen unique de libre circulation du capital financier permet de produire et d'investir en Espagne hors des lois voulues par les citoyens et sans contribuer par la fiscalité aux charges et dépenses communes de l’État de droit espagnol. L'égalité des droits et la solidarité minimale du vivre ensemble n'ont plus cours en Espagne par nécessité de l'euro détaché des États de droit. Les États dépossédés du contrôle de la monnaie sont dans l'incapacité de réguler le crédit et les revenus par la levée des impôts. L'euro produit une dénationalisation déshumanisante du pouvoir de la loi au profit des entreprises et du capital extérieurs à la citoyenneté. Il n'y a plus d'économie en Espagne par l'existence même d'un système européen interdisant la délibération politique des lois applicables à la production et à la consommation. L'économie est réduite au service exclusif des propriétaires du capital financier virtuel aux dépens des droits du travail et de la société politique.

Politique de l'économie au service des gens

Sous l'angle de l'économie du bien commun, la réalité espagnole est corrompue par une liberté absolue des investisseurs et dirigeants de l'économie financière. Non seulement les équilibres sociaux spécifiques de la démocratie sont anéantis mais la solvabilité des banques et de l’État espagnols ne peuvent plus être calculés dans le contexte de l'euro. La suppression des frontières monétaires, financières et juridiques par la monnaie unique induit la captation systématique des efforts nationaux de redressement par des intérêts non nationaux. Focalisant leur diagnostic sur l'économie espagnole, les économistes de Podemos signalent que la liquidation de la réalité de l’État de droit en Espagne n'est nullement rattrapée par l'action d'un gouvernement de la zone euro. Le capital en euro circule par la seule force de l'intérêt financier privé en dehors de toute formation d'un intérêt européen par une communauté publique véritable. Aucun pouvoir politique n'a plus dans la zone euro la capacité financière de réguler le calcul financier du crédit. Le système financier auto-référencé de l'euro ignore absolument l'équilibre économique réel du travail, du crédit et du capital des citoyens à l'intérieur des pays et entre les pays membres.

Le "projet économique pour les gens" est la première analyse d'un mouvement de révolte politique populaire pointant la cause de l'impasse actuelle du capitalisme libéral dans l'absence de gouvernance démocratique du crédit et de la monnaie. Toutes les propositions de Podemos visent à remettre l'économie au service des gens par la régulation politique de la finance. Toutes les propositions tendent à forcer pratiquement l'utilisation des dépôts et de l'épargne au financement d'un équilibre entre production et revenus du travail. Autrement dit, la consommation des gens devrait se financer par le travail des gens plutôt que par un endettement et un déficit d'échanges extérieurs. Podemos demande un vrai marché du travail où les gens puissent négocier leurs revenus aux prix de ce qu'ils demandent par leur production effective et par leurs intentions mesurables en épargne. Un vrai marché du travail engendrerait l'offre des objets d'investissement qui répondent à l'épargne des revenus du travail. Podemos proclame le droit au crédit qui soit la mesure juste du travail actuel et futur engagé par les gens pour satisfaire leurs besoins.

Sur le fond, les économistes de Podemos réclament une réintégration de l'économie dans la règle politique. Le marché financier réglé par la politique signifie que la monnaie négocie des prix entre les citoyens qui tous travaillent, entreprennent, épargnent, consomment et investissent. Pour que les revenus escomptés du travail soient mesurables en crédit bancaire, il ne faut pas que les besoins des gens et le travail nécessaire pour les satisfaire soient définis par des spéculations financières. L'épargne ne peut pas être une abstraction financière déconnectée de l'économie réelle des projets humains. Le financement de la demande des citoyens par le travail des citoyens implique que l'équilibre des prix entre l'offre et la demande de crédit soit déterminé par l'équilibre des finances publiques entre l'offre et la demande de droits civiques ; et que l'équilibre juste de la distribution des revenus de production des biens et services ne soit pas déterminé entre les seuls détenteurs de capital mais entre tous les citoyens qui définissent, transforment et emploient le capital.

Les quatre degrés du travail dans le capital

Le système économique réclamé par Podemos est un capitalisme du travail producteur de la satisfaction des gens en lieu et place d'un capitalisme de la monnaie financière apolitique. Une capitalisation de la demande des gens en travail implique que la monnaie ne soit pas émise par des comités secrets de banquiers mais par un marché de tous les acteurs économiques de la citoyenneté. Le règlement des biens en monnaie doit rendre compte publiquement à la société civile des prix réels de tous les services qu'elle est apte à commander et exécuter. La transparence économique et politique du marché requiert alors quatre degrés différenciés de négociation de l'équilibre des prix. Le premier degré est celui de l'entreprise entre l'offre de travail de chaque citoyen et la demande collectivisée par le gouvernement d'entreprise. L'entreprise est le lieu du calcul économique de toutes les demandes de productions des citoyens en travail, épargne, investissement et assurance.

Dans l'économie de la démocratie, l'entreprise est représentable en titre de capital négociable contre monnaie à la condition de se constituer en sociétés d'intermédiation des objectifs mis en communs. Un enchaînement d'objectifs communs est une entreprise. Mettre en commun des moyens de réalisation collective d'objectifs communs est un second type d'entreprise. Mettre en commun le prix des lois réglant des objectifs communs est une entreprise d'entreprises. Ces trois types d'entreprise sont contenues dans l'entreprise politique qui fédère le travail des citoyens dans l'appréciation de leur demande collective par une même monnaie. Les trois équilibres actuellement détruits des prix du crédit, du capital et de l'assurance du système de l'économie des gens sont réparables dans une économie efficiente à la condition du plein emploi de la demande de travail. La négociation fondatrice de tous les équilibres de l'économie est la combinaison des facteurs de travail à l'intérieur de chaque entreprise et entre les entreprises réunies d'une même politique de production finale.

L'existence effective d'un bien à un certain prix réglé par l'acheteur est nécessairement une combinaison d’œuvres au quatre degrés de nécessité du travail : la transformation de la matière, l'entreprise, la capitalisation du prix et la délibération du règlement des biens en comptabilité de loi commune. Le système libéral, dont Podemos constate la défaillance du point de vue de la démocratie comme de l'économie réelle, est une théorie libérée de la réalité objective du citoyen. L'entreprise est réduite à la spéculation du seul travail financier sur la comptabilité du capital, lequel est défini en fonction du pouvoir d'achat d'un consommateur dont la citoyenneté est niée. Le consommateur libéral est un moteur de transformation mécanique du capital en monnaie. Le capital libéral est monétisé hors de ses causes dans le travail de délibération des biens, dans le travail de coordination des citoyens, et dans le travail d'assurance de la réalité des droits du citoyen. La finalité de l'entreprise libérale n'est pas décomposable ; elle n'a de réalité que dans la croissance du capital en monnaie nominale abstraite de toute loi réelle.

Le crédit véritable indexé sur la rentabilité du travail

Pour qu'une production soit engagée au bénéfice de tous ses contributeurs, il faut nécessairement un accord de prix sur chaque œuvre de travail entre toutes les entreprises pour que le prix de revient final soit inférieur ou égal au paiement en monnaie de l'acheteur final ; lequel acheteur final a nécessairement obtenu la rémunération de sa quote-part d’œuvre du travail commun. Un accord de prix réel est aussi une identification concertée de tous les objets d’œuvre nécessaires à l'existence effective du bien final. Le marché du travail efficient est donc à la fois une confrontation des libertés individuelles et une organisation des coopérations qui mutualisent le risque économique objectif. Le risque objectif est la possibilité d'une offre effective inadéquate, entre toutes les entreprises mobilisées dans la livraison des biens servis à des citoyens qui sont des consommateurs. Par entreprise vendeuse d'emploi, il faut entendre toute société de coopération mutuelle dont le capital ait pour finalité de garantir les droits du travail rentable ; c'est à dire le travail dont les fruits promis sont anticipés par le crédit qui comptabilise l'investissement ; lequel investissement a pour finalité d'assurer la pérennité de la communauté de production à servir la demande réelle effective des citoyens.

La rentabilité n'est rien d'autre en économie réelle que l'efficacité du travail à satisfaire la demande monétisée du consommateur citoyen. La rentabilité définie en travail intègre en soi-même la rationalité économique dans la contrainte de stabilité financière. La rentabilité libérale est au contraire une spéculation financière sur la déstabilisation d'un système dépourvu d'obligation de travail. La crise mondiale de la dette dont l'Espagne est l'une des victimes expiatoires n'est rien d'autre que la liberté des entreprises hors sol (off shore) d'emprunter sans acheter le travail au prix des biens où le travail est prêt à les acheter. Le capital financier est comptabilisé par des banques sur des prêts qui ne sont pas adossés au prix réel d'un travail effectuable par des citoyens incarnés. Ce capital est en nature une dette fictionnelle que personne ne remboursera. Le système de la libre circulation du capital entre des sociétés sans États de droit n'a pas d'autre finalité que d'autoriser des pseudo-élites à emprunter des richesses sans jamais les produire ni les rembourser. L'actuel système mondial de la finance déterritorialisée engendre une économie non proportionnable à la réalité des gens libres.

La première étape d'un processus rationnel réaliste de négociation marchande des prix des biens à produire se déroule nécessairement à l'intérieur des entreprises et entre les entreprises qui rémunèrent le travail ; à l'intérieur des entreprises pour construire l'offre, et entre les entreprises pour agréger la demande. Pour qu'un crédit en monnaie réglant l'achat d'un citoyen consommateur soit réparti entre tous les citoyens organisés en entreprises, il faut des entreprises spécifiques de régulation des échanges par des lois communes. Les entreprises d'assurance de la réalité effective des biens par le Droit sont les États souverains et les associations de souveraineté. En structurant tous les principes d'organisation économique par les degrés locaux, nationaux, européen et mondial de l’État de droit, Podemos rétablit la condition démocratique de possibilité d'un ordre économique réel.

Les lois publiques délibérables de l'économie des prix

Podemos opère la restauration de l'économie dans une réalité qui ne soit plus absorbable dans la virtualité financière. Podemos demande l'asservissement de la politique monétaire de l'euro à la délibération du Parlement Européen ; politique monétaire exécutable à la condition d'un véritable Trésor Public européen contrôlé par le parlement d'un véritable État confédéral. La loi du marché européen ne doit plus porter sur les seuls objets matériels mais sur la législation du travail et des assurances sociales interprétable par les États et les entreprises. Les crédits monétaires de la BCE ne doivent plus être accordés à des banques privées mais à des marchés universels publics dont la politique de crédit soit assurée et contrôlée par les institutions politiques de la démocratie européenne des nations. La liquidité des titres de dette et de capital ne doit plus se calculer sur des objectifs privés de rentabilité statistique mais sur des engagements publics de vente de biens réels vérifiables en droit du citoyen qui travaille pour consommer.

Le projet économique pour les gens pose la raison de formation des prix dans la démocratie monétaire. Le crédit en monnaie au vendeur d'un bien ne peut plus être de la décision privée d'un prêteur financier sous un capital bancaire mais doit réunir ouvertement à l'intérêt de l'acheteur, les intérêts du travail, de l'épargne, de l'entrepreneur et de la société politique d'intérêt général. La monnaie qui règle le prix ne peut être une matière privée mais la matérialisation publique d'un bien échangé par un ensemble de prix entre toutes les parties concernées dans la vente de quelque bonne chose. Si l'euro est arraché aux spéculations privées de banques exonérées de la loi commune, le marché commun de la citoyenneté européenne dévoilera les quatre causes nécessaires à la formation rationnelle des prix entre les citoyens investisseurs entrepreneurs acheteurs consommateurs. Après organisation de la production structurée par le partage du prix de revient entre toutes les œuvres de travail issues des entreprises, la monétisation du prix final des services consommables requiert la conversion de la valeur demandée en crédit bancaire ; puis la couverture du risque économique en capital de vérification par la loi commune ; et enfin la mutualisation par la fiscalité des réparations, des moins-values et des biens communs non distribuables.

L'égalité de puissance entre le travail, l'entreprise, le crédit et le bien commun revient à un marché financier de la liquidité monétaire indexée sur le travail. Il contient quatre catégories d'acteur : l'entrepreneur, le marchand courtier, le banquier et le juge de la puissance publique garante de l'intégrité des acteurs du marché. La liquidité monétaire ne s'adosse au crédit bancaire que convertible dans toutes les tâches de travail achetées qui font la livraison certaine en droit d'un bien réel à un prix donné. La liquidité du crédit est pure fiction en dehors des sociétés politiques de citoyens libres et responsables de leurs entreprises. La mesure du crédit reste virtuelle s'il n'est gouverné par le droit commun propre à des États identifiables ; s'il n'existe un marché commun de la monnaie pour mesurer la responsabilité propre à chaque État de sa souveraineté indivisible.

Le gouvernement du marché par quoi les prix sont garantis en droit des citoyens consiste à assurer continûment l'équilibre des pouvoirs entre l'entreprise qui produit, l'entreprise qui crédite le prix à terme contre promesse de livraison, et l'entreprise qui mesure et réduit le risque économique au bénéfice civil des acteurs engagés. Dans un marché régulé par l'exécution collective de la loi, le paiement en monnaie prouve l'universalité du bien produit et vendu. L'augmentation du capital financier des actionnaires de l'entreprise est strictement conditionnée par l'incertaine rentabilité de l'investissement ; lequel est négociation des œuvres de travail propices à l'augmentation des biens offerts par la loi commune.

Quatre causes d'assurance des biens par la démocratie

La refondation de l'euro suggérée par Podemos implique quatre degrés de souveraineté politique : la confédération, la nation, la région et la commune. La confédération de l'euro serait la société européenne des citoyens partageant une même économie de la démocratie. Les nations membres de l'euro sont des sociétés partageant chacune une même conception des droits du travail sous un capital public commun comptabilisé en euro. Chaque nation et chaque degré d’État dans les nations a son propre capital en euro. Les régions sont des coopératives juridictionnelles assurées par une même fiscalité. Les nations peuvent s'associer dans une même région, par exemple l'Espagne ou l'Allemagne, ou plusieurs régions se regrouper dans une même nation, par exemple la France. Enfin, la commune est la société politique élémentaire où un même pouvoir public gouverne les intérêts économiques fédérés d'une même communauté de citoyens. Chaque degré d’État souverain est repéré par sa propre unité monétaire convertible en une autre unité d'un autre État par le prix fiscal exclusif en euro du droit local.

La discrimination de la souveraineté du bien commun entre les sociétés de la démocratie requiert la séparation des quatre fonctions financières actives dans le prix de tout bien réel. La fonction de dépôt distingue par des titres financiers les différents objets nécessaires à l'existence d'un bien livrable. Le titre déposé d'un bien spécifie la légalité de tout règlement en monnaie à l'échéance négociable par le marché. Le dépôt d'un objet est nécessairement le fait d'un sujet de citoyenneté identifié dans une personne physique représentant une personne morale dans d'autres personnes morales garantes. La personne morale est une association de citoyens solidaires de la réalisation d'un même bien dans des objets communs. Un objet déposé acquiert un prix par la fonction de crédit. Un objet prisé dans un crédit acquiert une existence physique livrable par la fonction de capitalisation. Enfin l'offre du prix d'un bien livrable à une certaine échéance devient service effectivement réalisé d'une personne par la fonction d'assurance. Assurer un bien à un citoyen consiste en la prise en charge par une communauté assurantielle de tous les coûts imprévisibles non réglés dans le prix d'achat. L'assurance est le règlement effectif de toute les réparations qui garantissent les droits de la personne dans le prix qu'elle a réglé.

La mise en œuvre obligatoire à la démocratie des quatre fonctions financières de conversion de l'objet en bien licite réel implique l'intervention séparée et distincte de quatre types de banque : dépôt, crédit, investissement et assurance. Le dépôt est l'enregistrement des contrats, des contractants, des objets et de la responsabilité interpersonnelle de la propriété des objets. Toute transaction relative à un objet déposé est tracée par la banque dépositaire par le transfert du dépôt du prix en monnaie d'un déposant à l'autre. Le crédit est l'anticipation du prix d'un bien déposé négociable dans le futur auprès d'un acheteur final encore inconnu. L'investissement est l'identification des objets, des taches et des prix du travail nécessaire à la livraison effective d'un bien à terme. L'assurance est le prix probable réel à régler en réparations imprévues au consommateur acheteur d'un bien dans la communauté politique qui le protège. Le dépôt est donc l'assurance de l'assurance en travail engagé de la personne physique à faire ce qu'elle dit pour garantir à tout acheteur potentiel la réalité du bien dont elle répond du dépôt-même.

Révolution latente de la démocratie monétaire numérique

Podemos grandit depuis son origine dans la pratique de la démocratie du dépôt. La technologie des réseaux sociaux numériques provoque l'organisation d'un marché des principes politiques et des mesures économiques discutables et interprétables par les citoyens. Technologie de l'échange réticulaire qui est également celle des entreprises et des marchés pour organiser la production et comptabiliser la négociation des prix. Un réseau social numérique matérialise tout autant le dépôt d'un vote pour un dirigeant politique, pour un gérant d'entreprise ou pour un gestionnaire de patrimoine. La cotation d'une idée déposée est la cotation d'un titre d'assurance en titre de capital. La comptabilité déposée d'un crédit budgétaire est la comptabilité d'une prime d'option financière, que la finance actuelle appelle "dérivé de crédit". Le dépôt d'un bulletin de vote ou le règlement d'un prix en monnaie sont de même nature dans un réseau numérique. Moyennant le dépôt et le réseau, voter est synonyme de payer. Le paiement est le vote d'un acheteur pour un vendeur dont l'objet est échangé contre monnaie représentative de tout travail dans un contexte de droits déposés en réseau.

Le réseau social numérique représente les modélisations possibles des liens sociaux ; les acteurs économiques des biens y construisent par le nombre monétisable la formalité de leurs objets communs. Avant d'être mise à disposition de n'importe quelle communauté d'intérêts par le réseau des réseaux, la technologie numérique réticulaire a été l'armature de la finance globalisée en monnaie interbancaire internationale virtuelle. La dématérialisation des titres et des flux monétaires en vigueur depuis plus de trente ans repose sur les réseaux numériques de données bancaires. Les chambres de compensation où s'effectuent actuellement le règlement financier interbancaire des dettes sont des convertisseurs d'obligations juridiques en prix universalible de marché. Mais l'interbancarité mondiale des prix en monnaie a été réalisée par élusion du travail effectivement engagé par les organisations sociales. La virtualité des prix n'est pas réellement transformé en biens servis aux personnes physiques déposant dans les banques. L'effondrement de la liquidité bancaire est depuis 2008 la ruine potentielle des déposants par la spéculation bancaire non réconciliable avec la réalité matérielle tangible.

Un réseau numérique est la convertibilité en mots par les nombres, d'images subjectives de la réalité. La finance moderne est née de la mise en réseau des sociétés par une religion monothéiste de l'économie des biens. Une définition convergente des biens a engendré le crédit commercial international, donc la conversion marchande des mots en prix à terme, donc un système de comptabilité des biens en monnaie. Si un réseau numérique est aligné sur une société politique gouvernée par une interprétation commune d'une même loi, alors les personnes agissant de concert par un même marché deviennent garantes de la conversion en biens réels des mots associés aux prix.

Si les acteurs d'un réseau numérique sont des citoyens solidaires dans des nationalités ; si chaque nation se structure sur une autorité politique commune unique ; si chaque autorité politique est représentée par une unité de compte monétaire propre ; si la convertibilité réelle de l'autorité politique a un prix de change spécifique variable selon la nationalité ; et si les unités de compte sont convertibles moyennant un prix de change variable dans une monnaie de supra-nationalité ; alors un équilibre général des prix peut être négocié qui transforme toute la demande de travail en offre de travail par une production maximale de services véritables.

La théorie éprouvée de la liquidité par le plein emploi du travail

La croissance économique des biens maximisée par le plein emploi du travail par nationalité est théorisée depuis keynes. La représentation keynésienne de l'équilibre économique du plein emploi de l'offre de travail par la demande publique est efficace à la condition d'un mécanisme de fermeture de l'espace marchand de négociation des prix. La fermeture logique du marché virtuel de l'économie réelle est l’État de droit plurinational. Le travail offert peut être intégralement transformé en biens et services vendus et consommés à la condition d'une monétisation du droit commun des citoyens par un seul gouvernement responsable de son marché par sa monnaie.

Le problème non clarifié par l'économie keynésienne qui est devenu l'alibi du libéralisme spéculaire, est l'équilibre multinational des parités de change entre des gouvernements débiteurs les uns des autres soit par des échanges commerciaux, soit par des délégations partielles de souveraineté. La zone euro a imaginé résoudre l'instabilité potentielle du crédit international en récusant son expression financière dans les parités de change. Les faits ont montré que la maîtrise des dettes publiques et des balances commerciales est impossible par une seule unité monétaire entre des souverainetés objectivement plurielles. Par l'euro, la responsabilité politique n'est plus mesurable, ni solidaire, ni convertible entre des nationalités objectivement et réellement différentes de citoyens producteurs, consommateurs et investisseurs.

Pour que les règlements monétaires soient une application du droit des personnes et de la propriété spécifique à chaque système gouvernable de la solidarité économique, il faut et il suffit rendre la monnaie décomposable en États de droit séparables. La monnaie uniciste est négation de la réalité objective. Pour obliger le détenteur d'une créance quelconque à s'inscrire dans le droit d'une citoyenneté réelle, donc à s'acquitter de la fiscalité que le coût commun de citoyenneté impose, il suffit de ne pas représenter la monnaie par des espèces physiques indifférenciantes. Le pouvoir libératoire de la monnaie doit être réservé à l'espèce exclusivement numérique.

Dans la zone euro, les espèces en une quelconque devise seraient intégralement remplacées par des cartes de paiement. La monnaie ne pourrait plus alors se manifester sans que l'identité du porteur physique soit connaissable, garantie par la banque de dépôt, elle-même impérativement couverte par une société politique garante de la légalité des dépôts bancaires. La liquidité de la monnaie ne pourrait plus exister hors du travail identifiable d'une personne physique. Le dépôt en serait couvert par la solvabilité d'une banque dépositaire de la définition des œuvres de travail. La souveraineté politique serait déposée comme garantie du bien commun par les prix en monnaie. Tout paiement monétaire matérialise alors la responsabilité de l'acheteur dans la légalité du bien acquis, donc dans la rémunération de tout travail contenu dans le bien, donc dans le règlement de la dette au vendeur et par conséquent dans l'acquittement de la fiscalité garantissant la conformité de la transaction à l'intérêt général.

La technologie actuelle des réseaux sociaux permet l'identification transaction par transaction de tous les citoyens vendeurs de travail dans un bien. Si la loi commune l'impose, chaque titre de bien est concrètement rattachable à toutes les sociétés, de travail, d'entreprise, de crédit et d'assurance, qui solidarisent la responsabilité des vendeurs et de l'acheteur. Pour réaliser la responsabilité des entrepreneurs, des travailleurs, des épargnants et des États de droit dans les prix, il suffit que la loi monétaire récuse la valeur libératoire d'un dépôt bancaire dont le possesseur, la société garante et la juridiction politique assurantielle ne sont pas physiquement représentés. L'identification physique d'un débiteur en monnaie signifie que les biens réels qui sont la contrepartie du crédit bancaire sont enregistrés comme capital saisissable par un pouvoir judiciaire officiel de souveraineté. La souveraineté rétablie des citoyens sur l'économie implique la responsabilité financière personnelle illimitée de tout représentant exécutif, législatif ou judiciaire d'un quelconque pouvoir. La parole politique personnellement responsable devient la relation officielle obligée de la finance à la réalité.

Contrôle des changes de la liquidité du capital en démocratie

La mission de tout mandataire social d'économie politique est d'assurer l'application de la loi spécifique à son périmètre de souveraineté délimité dans le réseau social numérique où il agit. L'unité monétaire spécifie le prix d'une souveraineté économique dans les autres souverainetés. Chaque souveraineté assure le crédit de ses gouvernants par le prix public négociable de la prime de crédit budgétaire de chaque dirigeant. Le régime de la démocratie implique qu'un dirigeant perd sa délégation de pouvoir dès que le prix d'assurance de son crédit devient négatif sur le marché public du crédit. La prime de crédit d'un dirigeant quelconque est cotée par rapport aux objectifs budgétaires qualitatifs et quantitatifs sur lesquels il est engagé au sein de la société qui l'élit. Le marché financier numérique est un cadastre temporel de tous les engagements politiques déposés par le travail de gouvernance.

Dans un système monétaire purement numérique, la différenciation des unités de compte fait la convertibilité des prix d'un État du droit à l'autre par le régime de fiscalité. La fiscalité est en économie réelle un régime de convertibilité monétaire ; une composante nécessaire du prix des transactions de toute société économique vendeuse des biens qu'elle produit à une société politique. Le prix de la convertibilité des monnaies n'est plus pris en charge par des banques hors sol à capital privé mais par l'autorité publique de marché numériquement territorialisée. Les primes de change restent des primes d'assurance actuelles sur la stabilité du pouvoir d'achat réel de la monnaie. Mais les primes de change sont taxées selon la consommation de services publics imputable aux flux monétaires selon les qualifications légales du capital transféré d'un État à l'autre.

Tout entrepreneur est par définition en tout domaine responsable sur son patrimoine et sa rémunération du dépôt de la nature des biens vendus quelle qu'en soit l'origine. Le capital n'a plus d'existence reconnue sans que des citoyens identifiés en soient gérants obligés à la rémunération de tout le travail qui fait la rentabilité objective des actifs gérés. En monnaie numérique, il n'est plus possible d'importer d'une société exogène sans régler par la taxation des changes les assurances sociales des citoyens consommateurs domestiques. Un marché des changes est un marché d'assurance du bien commun des nationalités différentes.

La numérisation de la monnaie dans un marché délimité par la responsabilité politique publique, a bien pour objectif de mettre la circulation du capital sous contrôle de la loi commune. La circulation du capital est limitée par l'obligation de rémunérer en bien commun public le travail qui produit toute transformation du capital en bien privé. La monnaie numérique impose de rendre la nature des biens verbalement transparente et consistante au citoyen. Les différents degrés de souveraineté se rendent juridiquement solidaires de la réalité des droits de tous les consommateurs finaux. Un paiement en monnaie numérique est l'engagement d'un citoyen dans la souveraineté sous la dépendance de laquelle il se place à garantir le prix du bien-être de la collectivité à qui il achète le bien qu'il consomme.

Le travail qui change le prix en réalité universellement bonne

Le travail de production et d'exécution de la Loi est garanti et vérifiable par la comptabilisation exhaustive dans la monnaie de la société vendeuse de son change. Une société vendeuse quelconque est par le change assurée dans la monnaie de la communauté acheteuse de déposants bancaires. Enfin si le marché des changes est posé comme tel, la monnaie de la société politique, distincte du change acheteur et du change vendeur, garantit la communion de Droit. La monnaie d'une société politique est la prime de liquidité de la garantie du patrimoine, des rémunérations, des décisions et des dépenses communes qui font la réalité sociale des biens par les sociétés intermédiaires.

Le remplacement d'une économie financière de la prédation par une économie de la responsabilité des citoyens à l'échelle de l'euro ou à l'échelle de l'Espagne est l'antinomie du rêve spéculatif actuel. Podemos revendique l'indexation de la monnaie sur le prix des biens en travail capitalisable. La capitalisation du travail par les droits du citoyen en lieu et place de la spéculation bancaire libre signifie l'encadrement des marchés de l'assurance, du capital et du crédit par un marché des changes qui soit également un marché du travail. Le marché du capital monétisé par le crédit bancaire en mesure du travail anticipé, est en nécessité logique enfermé dans un système politique d'assurance intrinsèque du travail. Le capital régulé en travail ne peut plus alors sortir de son espace de régulation sans acquitter le prix fiscal du droit. En économie réelle, la libéralité du non-droit paye une prime de change à l'assurance du travail qui garantit la solvabilité de tout emprunteur.

L'économie de la démocratie de Podemos impose de fixer les frontières de la civilisation soit aux limites de la citoyenneté espagnole, soit à celles de la zone euro. Les frontières financières déterminent la base fiscale d'indexation de la monnaie par le Droit. Si les partenaires de l'Espagne en euro acceptent de revenir dans l'économie réelle de la démocratie, ils formeront une communauté humaine diversifiée en mesure d'affronter la menace spéculative impériale du monde libéral. Si la zone euro préfère le régime de la guérilla financière libre, elle contraindra l'Espagne à organiser seule le contrôle fiscal de ses frontières financières. Dans ce cas, le rétablissement de la peseta dans un marché numérique intégral limité à l'Espagne se résoudra par une dévaluation des prix domestiques entre tous les résidents espagnols. La compétitivité solidaire durablement restaurée du travail espagnol induira le retour rapide au plein emploi, donc le retour des capitaux expatriés, la reprise de l'investissement non spéculatif et la hausse des recettes fiscales sur les remboursements privés de dette extérieure.

La sortie de l'euro libéral par un euro régulé seulement en Espagne induirait une forte dévaluation du pouvoir d'achat des déposants espagnols compensée par une forte réévaluation de la rentabilité du travail et du capital. La fausse accumulation de capital financier serait remplacé par un capital réel reconstitué de croissance des revenus en peseta. La révocation de la corruption financière libre des pouvoirs publics et privés réassigne toute la liquidité monétaire à la croissance réelle solvable du bien-être. Non seulement la dette publique sera rapidement remboursée mais le gouvernement de la démocratie espagnole reconstituera une position de change publique créditrice en euro et en dollar qui soit le prix public de régulation du prix du travail espagnol en peseta contre devise étrangère. L'équilibre interne du marché du travail et de la balance des capitaux extérieurs redevient l'objectif de la politique publique par la politique de change. Les Espagnols bénéficieront alors des mêmes avantages actuels que le Royaume Uni, la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie demeurant hors de l'euro. Mais la politique de change espagnole aura pour finalité structurelle le bien-être du citoyen au service de ses concitoyens.

Réalité européenne de la démocratie assurable en euro

Si les citoyens de la zone euro se déclarent solidaires des citoyens espagnols, alors l'euro devient la monnaie de la supra-nationalité de la démocratie entre les nations et les régions d'Europe. Le marché des changes en euro devient le marché public du capital de garantie des juridictions confédérale, nationales et régionales de l'économie du travail des citoyens européens. Tous les flux commerciaux et financiers aux frontières de l'euro et entre les souverainetés locales sont alors taxés par le Trésor Public de la Confédération à hauteur du prix de la garantie de toutes les dettes publiques convertibles en euro. L'endettement public est à nouveau strictement limité à l'anticipation des recettes fiscales résultant des lois votées par les parlements. La corruption financière interdite à l'échelle de la zone euro engendre la fiabilité des bases fiscales et la sûreté du recouvrement fiscal. La dépense publique est strictement calculable à tous les degrés de la souveraineté au prix réel légal des assurances sociales et de l'investissement public garantis par chaque juridiction de la Confédération à la commune.

Comme à l'échelle de l'Espagne, le rétablissement financier de la démocratie détermine la solvabilité des sociétés européennes en plein emploi du travail offert par les citoyens. La définition financière de toute société comme assureur de la rentabilité économique des offres de travail de ses membres implique que la parité de change d'une quelconque société en euro varie selon la compétitivité universelle du travail. Quelle qu'en soit la raison, défaut de la Loi, défaut d'organisation, défaut d'éducation ou erreur de gouvernement, une perte de compétitivité du travail dans une société est compensée par la dévaluation du change. Le prix dévalué en euro du capital généré par une société est rationnellement compensé par une rentabilité collective accrue du travail, donc par l'employabilité supérieure du travail domestique, donc par l'augmentation collective des revenus futurs, donc par la restauration de la capacité sociale et individuelle d'emprunt interne et externe de la réalité des biens économiques.

Inversement la réévaluation d'une unité de compte en euro sur le marché des changes confédéral accroît le pouvoir assurantiel des différentes sociétés identifiées au bénéfice de la citoyenneté européenne. Quand le plein emploi en variabilité des changes en euro provoque des excédents budgétaires, les gouvernements dont l'efficacité économique se trouve confirmée et certifiée, ont objectivement intérêt à exporter le capital de liquidité excédentaire comptabilisé dans les réserves de change en euro. La fermeture de la zone euro au non-droit libertarien oblige toutes les entreprises en rentabilité excédentaire de leur capital de travail à exporter leur savoir-faire en lieu et place de la représentation spéculative indéfinie du pouvoir virtuel de faire. Le contrôle politique de l'économie du capital fait circuler la réalité des biens et non leur irréalité spéculative. La condition de la croissance réelle de l'économie des biens appréciés en euro redevient le plein emploi du travail des citoyens.

Institution de la justice du vivre ensemble par la Confédération de l'euro

La faillite actuelle du gouvernement de l'Espagne est celle de tous les gouvernements de la zone euro. Elle a son origine dans la monétisation de la spéculation non réductible par la réalité objective universellement lisible. La dérégulation du système financier suscité après la décision étatsunienne d'inconvertibilité du dollar en or a détruit la perception de la possibilité du lien rationnel des monnaies à la réalité juridique et politique du travail. L'intelligence des dirigeants politiques et économiques est ontologiquement déconnectée de la réalité par la monnaie qui masque le travail au lieu de le traduire. Le calcul économique a perdu toute consistance dans la démonétisation pseudo-libérale des sociétés. La dématérialisation des biens déguisée en idéologie du libre échange immerge l'humain dans sa négation financière. Le discours politique est contraint au délire rhétorique pour capter la crédibilité de son action auprès d'une finance affolée par destruction de tout repère réel objectif. Podemos propose de rétablir la raison monétaire de la démocratie comme condition d'une économie véritable de l'humain.

L'inévitable retour à la réalité repose sur la conscience que les peuples acquièrent d'eux-mêmes dans l'expérience économiquement interprétable du vivre ensemble. Les concepteurs de la zone euro privés d'expérience réelle de la démocratie par le contexte de la spéculation financière libre en “euro-dollar” ont fabriqué une machine infernale. Cette machine entièrement numérique est reprogrammable par la substitution de l'objectif de financement de la démocratie à celui de la recapitalisation illimitée de la spéculation financière. L'émission de la liquidité bancaire doit dépendre d'un marché européen de titrisation du travail. La BCE, pilote de la monnaie, doit être réintégrée dans les institutions confédérales de la démocratie : un pouvoir communautaire de l'euro indépendant des États nationaux, régionaux et communaux et séparé en lui-même dans les trois ordres du judiciaire, du législatif et de l'exécutif. L'émission de la liquidité fait partie de l'ordre judiciaire. La liquidité centrale interprète la loi commune dans l'économie des cas particuliers de l'intérêt général.

La déréalisation monétaire du vivre ensemble cessera immédiatement le jour où la zone euro sera fermée au capital exogène fictionnel ; et le jour où les allocations de liquidité de la BCE seront subordonnées à la production par les banques de la contrevaleur marchande publique de titres de travail émis par les entreprises légalement déposées. La BCE devient alors le comptable objectif de l'économie européenne des citoyens financièrement rassemblées en sociétés capitalisées. La stabilité du crédit et des dettes publiques fédérées en euro est assurée par le capital confédéral de fiscalité financière voté dans un budget propre à la démocratie de l'euro. La mission propre et spécifique de l’État confédéral de l'euro est l'assurance de la démocratie par la liquidité des titres du travail. Le pouvoir exécutif européen inconsistant dans la machinerie actuelle de l'Union doit émaner des citoyens et non des gouvernements et intérêts nationaux. La monnaie indexée par le travail des citoyens délimite matériellement l'objectivité de tous les sujets de responsabilité et de fabrication commune des biens réels.

Repost 0
27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 19:39

Etat de droit, république et démocratie

L’État de droit est un régime politique d'arbitrage mais qui n'a pas de consistance sans différenciation à la fois pratique et principielle de l'intérêt général et de l'intérêt particulier. Les conditions de possibilité d'un État de droit réel qui ne soit pas seulement une image esthétique, sont nées de la transformation de la république platonicienne en démocratie aristotélicienne. Le marché aristotélicien des biens est républicanisé par l'éthique de la monnaie.

L’État de droit démocratique qui ne soit pas juste une république, développe la justice par la double discussion du principe et de son interprétation pratique dans la réalité des cas particuliers. L’État de droit est l'existence d'une formulation publique de la loi, discutable par les citoyens autant que sa mise en pratique ajustée à chaque citoyen particulier. L'Etat de droit est l'application égale à tous les citoyens quel que soit leur rôle des principes communs d'une même loi nationale.

L'intérêt général supérieur aux intérêts particuliers élève la république au degré de la démocratie. L'égalité positive en droit des intérêts particuliers est la transformation en réalité démocratique des pouvoirs de la république de l'intérêt général. La publicité de l'intérêt général fait la réalité des intérêts particuliers solidaires par un bien théorique et pratique qui appartienne à tous les citoyens. Dans la démocratie aristotélicienne, la république des droits se réalise selon la loi véridiquement commune par l'échange des biens en monnaie.

Conditions générales de la justice réelle et concrète

Il résulte de la réalité démocratique des lois publiques d'égalité entre citoyens qu'il n'est de justice jugée que sur des cas particuliers parfaitement distincts en principe et en pratique, des principes généraux. Dans notre civilisation de démocratie réelle publique, la justice porte exclusivement sur l'égalité de principe entre des intérêts concrets particuliers posés sur le même plan d'un droit commun de volonté générale. L'égalité est uniment qualitative et quantitative.

Un juge qui arbitre entre des intérêts généraux et particuliers ne peut pas dire la justice dans le bien commun si l'intérêt général ne transcende pas les intérêts particuliers mis en balance ; si donc la représentation de l'intérêt général n'est pas incarnée par des individus "fonctionnaires" physiquement différents des intérêts particuliers qui s'affrontent ; si enfin le juge lui-même n'est pas placé dans la dépendance exclusive de l'intérêt général matériellement immunisé des intérêts particuliers.

Or l'intérêt général matérialisé, individualisé et dirigé au-dessus des intérêts particuliers, c'est l’État. Depuis Platon et Aristote, deux expériences de l’État s'affrontent : l’État comme principe qui ne répond pas de la réalité et l’État comme réalité qui doit répondre de la conformité des intérêts particuliers à un intérêt général public incarné. Aujourd'hui le débat sur l'effectivité de l’État de droit porte sur les modalités d'incarnation du pouvoir politique. Si le droit n'est juste qu'un principe, une bonne norme suffit à la réalité de l’État de droit.

Le libéralisme totalitaire

La pratique du droit comme idéalité réelle désincarnée est la position gagnante de la mondialisation libérale actuelle. Le libéralisme des Lumières fut autant politique, c'est à dire démocratique, qu'économique, c'est à dire républicain. La mondialisation économique menée par la monnaie des républiques anglo-saxonnes, la livre sterling, puis le dollar finalement renforcés par l'euro, a relégué la réalité démocratique dans l'idéalité républicaine. La démocratie n'est plus une question de réalité mais un simple principe qui s'applique tout seul par des normes et des institutions.

Deux expériences de réalité, la production de justice et la monnaie, illustrent l'empire du matérialisme libéral dans le monde moderne. La justice s'est désincarnée dans une prolifération de textes abstraits illisibles par les citoyens. Les normes sont appliquées exclusivement par des administrateurs et des experts qui travaillent des dossiers loin des personnes physiques singulières. Le justiciable ne voit plus son bien par rapport à autrui mais par rapport à son gain ou sa perte en comptabilité monétaire.

La monnaie n'est plus la rémunération d'un effort réel de production de biens pour des citoyens conscients mais la quantification d'une hiérarchisation des individus selon leurs facultés calculatoires. La comptabilité s'abstrait des biens réels par le capital financé en crédit bancaire. La justice n'est plus qu'une affaire de prix quantique ; et le prix n'est plus qu'un classement d'actifs financiers par des règles de pouvoir comptable sur des individus insensibles. Un arbitrage moderne n'est que financier, que réalisation monétaire d'un rapport de force inhumain.

Traité transatlantique et liquidité du néant

La platonisation libérale du monde a la force de la simplicité. La justice est automatique et ne coûte plus rien ; sauf à celui qui doit apprendre par le solde débiteur de son compte en banque à quel point il doit son existence aux sages qui émettent la monnaie et créditent chaque individu selon ses mérites absolus éternels. L'égalité pratique de rang envisagée dans le marché commun transatlantique entre un État particulier et une entreprise publique multinationale a pour but de solidifier la non-distinction libérale entre l'intérêt général et l'intérêt particulier.

La manœuvre est systémique ; elle est conduite en toute transparence par les intérêts particuliers qui possèdent le système libéral de négation des États ; le système de désincarnation de l'intérêt général des personnes morales et physiques dans la démocratie formelle. Si l'on convient que la démocratie n'a rien à voir avec la réalité des personnes, alors l’État de droit n'est effectivement nullement menacé par l'accord transatlantique. Les technocrates de Bruxelles ne font que leur boulot de production de normes qui accroitront la liquidité du grand marché.

Ce n'est effectivement pas la faute de Bruxelles si les pouvoirs politiques nationaux se montrent incapables de réguler la délibération et l'application des lois ; si la politique des personnes est incapable de rigueur budgétaire ; si la démocratie ne trouve pas d'autre financement que dans la dette. Ce n'est pas la faute de Bruxelles si l'inexistence de l'intérêt général dans l’État de droit anglo-saxon permet le financement illimité des équilibres économiques domestiques par l'épargne étrangère, laquelle est miraculeusement drainée par la rentabilité financière du marché des intérêts privés.

De la simplicité du projet européen

Ce n'est pas non plus la faute de Bruxelles si la zone euro a préféré confier à la BCE l'assurance en dernier ressort des équilibres financiers des États de droit nationaux. Le marché unique construit par la Commission Européenne sous le contrôle du Parlement Européen est explicitement un système de normes qu'une entreprise saura toujours mieux interpréter et appliquer dans son intérêt particulier qu'un État divisé par les opinions particulières sur l'intérêt général.

Quoi donc de plus naturel, simple et logique que de mobiliser les intérêts particuliers des deux cotés de l'Atlantique sur des normes communes qui évitent tout enlisement du business dans de coûteux débats sur les états de la justice ? L'intérêt particulier n'est-il pas déjà auto-financé et auto-régulé par des individus visiblement plus raisonnables que les autres ?

Repost 0
22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 08:21

Les Français et l'euro, malentendu ou malversation ?

Oui il faut parler aux Allemands et mieux encore les aimer. Et il faut que les Italiens, les Français et les autres Européens parlent à leur germanité. Il n'y a pas d'autre moyen pour que le vivre ensemble européen subsiste dans son existence propre et sa pluralité essentielle. Pour que les essences et les existences soient négociables entre les personnes fédérale, nationales, sociales et individuelles, il faut déconcentrer la monnaie dans la démocratie financière réelle.

Les Français doivent questionner leur germanité. L'ordo-libéralisme allemand est l'alibi bien pratique du social-libéralisme français. Les Allemands n'étaient pas très chauds pour faire l'euro. Et une certaine classe dirigeante française avait bien compris comment elle pouvait réduire la démocratie sociale française par une camisole de force financière. Les libéraux français ont pris le dessus sur les démocrates en 1984 sous la présidence Mitterand par l'argument de la concurrence économique allemande déclarée ingérable en responsabilité politique des gouvernements français.

Comme la dévaluation du franc en 1984 a été portée au passif de la politique socialiste ainsi qu'il en était advenu précédemment des gouvernements de droite, un consensus libéral gauche droite s'est formé pour soustraire l'économie à la politique par le projet de monnaie unique européenne. Ainsi la classe politique française a pu mettre en scène un combat gauche droite avec la garantie d'une politique économique et sociale dénationalisée par la nécessaire convergence avec l'Allemagne. Les ordo-libéraux allemands n'en reviennent toujours pas de la puissance que leur attribue le débat politique franco-français.

Repost 0
13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 18:45

Qu'est-ce qu'une monnaie résiliente ?

Une monnaie résiliente permet :

  1. 1) de calculer le prix d'échange économique de tout ce que les sociétés humaines considèrent comme des biens ;

  2. 2) d'économiser le travail, c'est à dire d'utiliser tout travail disponible comme ressource allouée au bien de celui qui met sa capabilité de travail au service des sociétés dont il se fait membre ;

  3. 3) d'intégrer dans le calcul économique tous les facteurs de production physiques, sociaux, politiques et environnementaux ;

  4. 4) de concilier la liberté individuelle de penser, de vouloir et de faire avec l'existence sociale solidaire des libertés individuelles dans un environnement physique limité, fini, universel et commun.

Une monnaie résiliente :

  1. 1) différencie objectivement à l'intérieur des sociétés constituées le prix de ce qui est communément acceptable comme bien, du prix de ce qui ne peut être que le coût partageable des nuisances inhérentes à la vie physique collective ;

  2. 2) différencie objectivement les sociétés par leur raison d'être, par les lois qu'elles se donnent en vue d'accomplir leur raison d'être, par les modes de gouvernement qu'elles adoptent entre leurs membres et par le degré de nécessité qu'elles représentent pour la survie de leurs citoyens ;

  3. 3) différencie objectivement le prix réel de la justice pour chaque citoyen qui est distinct de tout autre par son corps, ses capacités, ses opinions et sa liberté de vivre ;

  4. 4) différencie objectivement le prix du commun indispensable à la bonne vie de tous, du prix privé d'un bien individuel non partageable par essence.

Une monnaie résiliente ne peut pas être neutre du point de vue épistémologique, philosophique, politique et éthique. Elle doit permettre le jugement discriminatoire entre l'humain et le non-humain, entre le vital et le létal. Un prix positif en monnaie résiliente ne peut représenter une nuisance pour quiconque.

La monnaie libérale actuelle n'est pas résiliente : elle n'intègre pas les externalités positives du calcul économique ni ne filtre les externalités négatives, lesquelles offrent des aubaines illimitées de spéculation sur le capital invérifiable. La croissance économique est aujourd'hui calculée positive en monnaie alors que :

  1. 1) tous les humains ne disposent pas du minimum vital,

  2. 2) que les droits formels fondamentaux ne sont pas appliqués à la réalité de tous les citoyens,

  3. 3) que des comportements explicitement prédateurs ne sont pas interdits ni sanctionnés,

  4. 4) que les ressources naturelles s'épuisent ou sont irrémédiablement détruites sans pouvoir engager de travail de régénération.

Pistes pratiques d'une monnaie résiliente

La résilience monétaire implique une citoyenneté intégrable sur quatre degrés de responsabilité : individuel, entrepreneurial, politique et mondial. L'arithmétique monétaire n'a de sens que dans un algèbre du droit :

  • 1) qui lie les éléments de prix à des ensembles d'identifications politiques de la réalité économique pratique,

  • 2) qui fait résulter le prix de la réalité objectivement visible dans un marché transparent, d'hypothèses subjectives sur les conditions universelles d'existence des biens.

La monnaie résiliente est une dette unitaire à quatre dimensions évaluables séparément :

  • 1) par les droits inaliénables du citoyen libre par lui-même,

  • 2) par les nécessités objectives de production de biens réels livrables aux personnes physiques,

  • 3) par les règles politiques publiques de négociation des prix dans un périmètre circonscrit de souveraineté,

  • 4) par des montants de dette entre personnes morales irrévocablement engagées au remboursement intégral de leurs déficits commerciaux garantis par un capital mutualisé dans une unité monétaire commune universelle.

La systémique de résilience monétaire est intégralement décrite dans l'oeuvre de Keynes. La chambre de compensation en bancor indexé sur les dettes commerciales et financières de zones juridiques distinctes placées sur un pied d'égalité, en est la possible implémentation depuis 1944.

Le modèle keynésien serait effectivement appliqué aujourd'hui si :

  • 1) le pouvoir libératoire de chaque monnaie n'était endossé et garanti que par une seule souveraineté politique contrôlable par une communauté identifiée et séparée de citoyens ;

  • 2) le capital des institutions financières faisant la liquidité des transactions était impérativement garanti par un fond étatique mutuel international et une souveraineté nationale unique responsable de la légalité de tous les prix au-dessus des intérêts privés actionnaires ;

  • 3) une dette internationale ne pouvait pas être comptabilisée sans l'identification de toutes les personnes morales débitrices de l'économie réelle, ni de la personne politique débitrice de la justice des prix, ni des personnes physiques responsables sur leur patrimoine personnel de chaque créancier de l'économie financière ;

  • 4) les systèmes de compensation monétaire étaient totalement publics et exclusivement assurés par des personnes politiques responsables sur la ressource fiscale prélevée démocratiquement sur les citoyens.

L'euro serait une monnaie keynésienne résiliente si :

  • 1) toute compensation financière en euro était garantie en dernier ressort par un État confédéral démocratique de la zone euro distinct et subsidiaire des États membres ;

  • 2) tout État fédéral, national ou local de la zone euro était responsable de son commerce extérieur en euro par une parité monétaire intérieure publiquement et exclusivement négociable dans un marché monétaire central unique de l'euro ;

  • 3) toute devise étrangère échappant aux pouvoirs politiques institués de la zone euro était cotée en euro comme n'importe quel actif à la condition du dépôt dans un État fédératif, national ou local, de la personne morale propriétaire et de la personne physique responsable de la loyauté sociale à la démocratie en euro ;

  • 4) toute personne physique, morale ou politique était identifiée comme propriétaire de dettes ou de créances convertibles en euro dans un fichier central des contreparties garanti par l’État confédéral de l'euro contrôlé par la société des citoyens de l'euro.

Possibilité immédiate d'expérimentation pratique

Les normes actuelles de comptabilité internationale IFRS sont la trame comptable opérationnelle d'une monnaie résiliente à la condition de marchés délimitables par la régulation unique d'un pouvoir politique effectivement responsable du contrôle des personnes privées. N'importe quel réseau social numérique adossé à une entreprise de production quelconque entre des personnes physiques contractuellement engagées et solidaires suffit à constituer une base d'émission monétaire résiliente.

La monétisation d'un réseau social numérique implique :

  • 1) une société constituée de personnes comptabilisant leur livraisons de biens et services réels par leur réseau intranet ;

  • 2) une mise en commun publique des procédures et normes de production assurée par une dette quantifiée du réseau sur lui-même et par une indemnisation individuelle arbitrale effective de tout travail de production ou de réparation dont la collectivité est bénéficiaire ;

  • 3) une fonction de contrôle interne juridico-financière consistant à négocier l'équilibre permanent entre les biens effectivement utiles aux acheteurs livrés, et le prix des dettes des acheteurs au crédit des vendeurs engagés à livrer des services objectifs ;

  • 4) une convertibilité de la monnaie interne en n'importe quelle monnaie externe moyennant une parité de change négociable par les importateurs du réseau en fonction du prix auquel ils s'engagent à livrer dans la monnaie et les règles internes.

Le système d'information du réseau social numérique doit être bancarisé pour assurer l'intégrité, la disponibilité, la confidentialité et l'auditabilité de toutes les données transactionnelles entrant dans les règlements comptabilisés. La bancarisation des données informatiques instaure un cadastre de l'information financière des prix par quoi toute donnée renvoie à une réalité dont la personne physique et morale est effectivement responsable. Tout bien quantifiable par un prix est matériellement produit au regard de chaque citoyen membre du réseau.

Repost 0
Pierre Sarton du Jonchay - dans Monnaie
commenter cet article
9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:18

La théorie en retard sur la réalité

Le moteur de compensation présenté sur ce blog tire les enseignements de la nouvelle réalité issue de l'économie numérique de la connaissance. Non seulement toute la connaissance humaine objective de la réalité est représentable dans l'espace numérique mondial, mais encore et surtout toutes les relations humaines intersubjectives qui produisent cette connaissance. Tout le monde entre dans des réseaux sociaux numériques et fait du commerce numérique consciemment ou non.

Les commentaires produits depuis deux ans sur le Blog de Paul Jorion à propos de cette mutation technologique montrent qu'elle est largement accessible à l'intuition sans que la théorisation scientifique soit aboutie et validée. Le développement de la crise de l'euro, de l'Europe et de la finance montre un cheminement intuitif vers le modèle de la compensation générale que les sciences politiques ne théorisent pas.

La politique dépossédée de la monnaie

Ce contexte réhabilite la fonction économique et politique du dépôt et de la consignation. L'institution française «Caisse des Dépôts et Consignations» qui a été reprise dans de nombreux pays de l'aire de culture francophone va être amenée à un rôle complètement renouvelé dans le système financier numérique globalisé en cours d'émergence. Les caisses nationales ou régionales des dépôts et consignations sont les interfaces financières entre la science, la banque et la politique.

La philosophie du moteur de compensation est de catalyser par le formalisme numérique la synthétisation de la monnaie dans la corresponsabilité du savoir, de la politique et de la réalité économique. Plusieurs scientifiques comme Paul Jorion, Bernard Stiegler, Michel Aglietta ou Gaël Giraud voient dans la compensation une solution à explorer mais se heurtent au véto du pouvoir politique qui croit garder la main sur la monnaie alors que l'émission monétaire est entièrement captée par le shadow banking.

Déposer et consigner l'émission monétaire

Si nous pouvions dans le cadre bancaire public de la CDC construire une présentation concrète du moteur de compensation, elle pourrait être officiellement expertisée par les scientifiques ce qui permettrait de proposer un projet crédible au pouvoir politique. Les négociations politiques en cours entre l'Allemagne et la France sur la consolidation de l'euro sont capturées par l'omniprésence, à travers la Commission et la BCE, du modèle monétaire anglo-saxon qui ne jure que par la compensation bancaire privée (scandale du Libor).

Concrètement la compensation publique de la monnaie nécessite une chambre de compensation dotée du moteur de compensation générale garanti par la détention entièrement publique du capital : l'Etat confédéral européen, l'Etat français ou une collectivité publique locale. Si la CDC prend une participation dans le développement du moteur de compensation et dans la couverture financière de son fonctionnement, l'agglomération de Nantes peut se doter très rapidement de la chambre de compensation lui permettant d'émettre sa monnaie territoriale convertible et garantie en euro par la Loi française.

Réintégrer la finance dans le Droit

Le billet Attention, révolution ! démontre que l'impasse actuelle est idéologique et non technique ou économique. Une simple expérimentation technique du moteur de compensation peut lever empiriquement le verrou idéologique de la liquidité publique et bancaire : la spéculation financière se cache derrière l'argumentation politique et juridique de la liberté d'entreprendre pour tenter de se survivre à elle-même sans assumer la responsabilité économique de son existence réelle.

Tous les projets européens de pacte budgétaire de croissance, d'union bancaire et de mutualisation des risques systémiques sont impossibles sans compensation des monnaies. Plus tôt est mis en oeuvre le moteur de compensation, plus les chances de sortie de la crise par le haut sont élevées.

Repost 0
Pierre Sarton du Jonchay - dans Monnaie
commenter cet article
11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 16:10

Tester la compensation keynésienne en quatre dimensions numériques

Contexte

L'auteur de ce blog a entamé depuis 2010 une collaboration avec Paul Jorion pour promouvoir et expliciter la vision keynésienne de la monnaie qui avait sans succès inspiré la proposition du bancor à Bretton Woods. Contrairement aux apparences du discours politique ou économiste, voire même aux déclarations de Keynes lui-même, le système monétaire et financier en vigueur depuis 1944 n'institue aucune coopération réelle entre les Etats pour régler la stabilité du crédit et des monnaies.

Le « gold exchange standard » a été abandonné en 1971 à cause de l'accumulation de dettes en dollar des Etats-Unis envers le reste du monde. La suspension de toute convertibilité à un prix fixe des monnaies en or a permis de faire monter sans limite rationnelle la pyramide des dettes des Etats et des banques envers l'économie réelle. Le désastre apparaît dans toute son ampleur : l'effondrement en cours des Etats, des banques et des monnaies a pour origine la dissolution pratique de la relation entre les prix et les actes d'achat et de vente des biens et services réels.

L'émission monétaire est capturée par la spéculation initiée à partir des places financières dites off shore dont la City et Wall Street sont les têtes de pont. La finance extra-territorialisée échappe à toute régulation des systèmes de droit des Etats nationaux ou internationaux tels l'Union Européenne.

Le problème à résoudre

Les propositions de Keynes à Bretton Woods n'avaient pas abouti en l'absence de marché international établissant une relation logique entre les transactions réelles et le crédit des personnes physiques agissant solidairement par des personnes morales assurées par les Etats. Jusqu'à aujourd'hui, il n'existe pas de règle objective de continuité de la responsabilité du crédit par les transactions réelles. La liberté de circulation des capitaux est interprétable dans le monde entier comme liberté de ne pas respecter les lois ni de payer les impôts qui financent le bien collectif.

Dans Comment la vérité et la réalité furent inventées puis dans Le prix, Paul Jorion a montré que les conditions de connaissance et d'appréciation de la réalité entre les personnes qui la transforment et l'échangent sont posées depuis Aristote. La responsabilité de tout acteur économique sur les prix du présent et du futur peut être objectivement posée par la numérisation monétaire du réel. Depuis Aristote, la finalité du signe monétaire est de réguler les échanges selon les lois de la cité.

Il n'est plus douteux à présent que la globalisation des échanges et la numérisation des transactions a d'abord servi à exonérer les puissants des lois nécessairement nationales. Le chaos financier qui en résulte invite à un nouvel age de la monnaie reconvertie en lien universel entre les droits humains et les choses matérielles. Le principe de la convertibilité de la monnaie en droits des citoyens obéit aux règles bien connues depuis le Moyen Age de la compensation. Règles dont Keynes avait précisément réclamé l'application à l'échelle internationale par la chambre de compensation en bancor.

Maquétisation de la compensation

La numérisation totale des flux financiers internationaux déjà réalisée dans le système financier actuel permet une compensation internationale automatisée au profit des banques et intérêts financiers privés. Les parités de change sont fixées pour allouer les bénéfices de croissance de l'économie réelle aux intérêts spéculatifs improductifs. L'extra-territorialité financière autorise le système financier à faire péricliter l'économie réelle pour accroître ses prélèvements par des dettes usuraires remboursables par les contribuables à la place des débiteurs définitivement insolvables.

Afin de montrer que les techniques numériques permettent sans difficulté de modéliser non seulement l'attribution des prix aux choses mais aussi la responsabilité personnelle des individus sur les choses, l'auteur de ce blog a, comme annoncé dans ses derniers articles sur le Blog de Paul Jorion, développé une maquette dynamique d'une chambre de compensation indépendante des lois nationales mais garantie par les réserves de change accumulables par les Etats dans leur zone monétaire.

L'algorithme de compensation reprend toutes les règles nécessaires d'équilibre des prix. Ces règles produisent et contiennent :

  1. 1 la liquidité en biens et services réels de toute transaction licitée par la transparence de marché

  2. 2 l'assurance réelle et financière par la puissance publique de l'intégrité des personnes et des biens

  3. 3 la couverture financière en travail, en crédit, en capital et en assurance mutuelle de toute transaction

  4. 4 la stabilité monétaire dans un environnement économique ouvert intégrant plusieurs unités de compte et plusieurs systèmes de prix

La maquette montre visuellement et numériquement :

  1. 1 que les règles de l'économie de la production sont entièrement informatisables par le langage d'indexation hypertexte (html)

  2. 2 que la production, l'économie, la monnaie et le crédit sont régulables par la responsabilité financière mise en réseau des personnes physiques et des personnes morales

  3. 3 que les systèmes juridiques, les systèmes politiques et les systèmes informatiques sont actuellement interconnectables par des chambres de compensation supervisable par les États de droit institués

  4. 4 que les spécifications des réformes monétaire, bancaire et budgétaire en cours d'élaboration dans l'Union Européenne correspondent au système de compensation keynésien en quatre dimensions : assurance, capital, crédit, liquidité

Valider et tester le concept

L'instabilité systémique peut être réduite par la reconstitution de la responsabilité publique sur la légalité des prix. Le prototypage informatique en voie d'achèvement modélise tous les instruments financiers de règlement économique et juridique en 6 tables élémentaires : substantifs, personnes, objets, biens, primes et offres de prix. Une table de synthèse historise tous les prix d'équilibre par bien et service résultant de l'algorithme programmé en SQL. L'interactivité de la maquette est assurée par des formulaires de saisie, d'analyse et de synthèse. Le résultat livré est le calcul en temps réel de la position financière de marché équilibrée par bien, par personne physique et par personne morale.

Une fois validé le modèle conceptuel de donnée, le moteur de compensation est implantable pour expérimentation dans n'importe quel système d'information comptable. Son effet principal est d'indexer tout les prix sur l'engagement vérifiable du droit ; la convertibilité de toute unité monétaire est indexée sur le capital de marché constitué par négociation organisée des garanties de crédit (Credit Default Swaps).

Repost 0
Pierre Sarton du Jonchay - dans Monnaie
commenter cet article
20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 09:09

Le modèle monétaire ici présenté distingue et articule trois logiques différentes : la politique, la finance et l'économie. Chaque discipline a du mal à comprendre la cohérence de la monnaie parce qu'habituée à ne pas différentier les deux autres disciplines qu'elle exclut de son champ. La monnaie est une logique générale des prix. Or l'euro a été fondé sur la division logique irréductible de la politique, de la finance et de l'économie. Les trois logiques entrées en conflit à propos de la Grèce se détruisent réciproquement aux dépens de la vie des Grecs et de l'union des Européens.

Il n'est d'autre issue que de formuler autrement le paradigme de l'euro. L'intégration du calcul des prix dans un droit discutable et variable par les nationalités de la politique est le seul modèle de monnaie qui puisse être cohérent avec la réalité empirique que les Européens souhaitent maîtriser. Depuis le début de la crise des subprimes, l'Union Européenne va vers ce modèle. Mais la théorie de la monnaie n'a pas encore été formulée en termes transparents communs à la politique, à la finance et à l'économie.

Tout le monde reconnaît la condition de la croissance pour sauver le projet européen ; mais la fonction monétaire de l'euro n'est pas argumentée pour financer le système politique qui puisse absorber les excès de dette bancaire accumulés sur l'économie réelle. Or la liquidité des dettes est la répartition permanente des erreurs d'appréciation en droit du prix nominal de toute production réelle anticipée dans la durée. L'euro est tout proche de devenir l'étalon européen de la stabilité financière des États nationaux entre tous les citoyens de l'Union.

La création d'un budget public confédéral sur un marché européen unifié de la liquidité en euro est l'ultime réforme à accomplir pour relancer la croissance dans l'Union Européenne. Les différents degrés européens du pouvoir politique peuvent recouvrer la responsabilité du financement de la croissance par le vecteur de la monnaie. Il suffit de titriser la responsabilité politique par des monnaies exclusivement convertibles par l'euro dans le marché européen unifié de la liquidité.

Version Pdf


 

 

L'Europe dans l'impasse morale et financière 

Pour le moment, la Grèce est exsangue. La croissance économique est indéfiniment négative. Les impôts ne rentrent pas. La dette publique ne peut pas être remboursée. L'activité économique s'effondre ; la misère se répand avec le chômage et les services publics fondamentaux sont suspendus. L'intérêt vital des Grecs est de sortir de l'Union Européenne.

L'exigence de remboursement de la dette en euro oblige les Grecs à s'euthanasier en tant que communauté humaine partageant un même destin. Les crédits alloués en euro à l’État grec et aux banques grecques sont juste une permission accordée aux créanciers de la Grèce de continuer à réclamer des règlements pour ne pas enregistrer leurs pertes. Non seulement, la zone euro ne fournit plus la moindre liquidité monétaire à la Grèce, mais les Grecs produisant encore quelque chose chez eux gardent par l'euro la liberté de comptabiliser leurs transactions en dehors de la Grèce.

La zone euro est actuellement la liberté accordée aux Grecs et à leurs créanciers étrangers publics et bancaires d'abandonner l’État grec au défaut ; donc la liberté accordée par l'Europe de ne pas appliquer solidairement la loi grecque en Grèce ; donc la liberté de priver les Grecs les plus faibles et les plus pauvres de toute solidarité publique nationale ou européenne.

La liquidité définie par la réalité du droit 

Posons l'hypothèse de redéfinition de l'euro comme prime d'assurance européenne des dettes publiques de souveraineté des États membres. La condition première d'émission de l'euro n'est plus alors la décision de la BCE d'allouer un certain montant de crédits aux banques européennes à un certain taux d'intérêt. La condition impérative d'un emprunt en euro à la BCE devient l'application d'un droit national ou du droit confédéral de la zone euro dans toutes les transactions utilisant la monnaie de l'Union.

Posons que les banques centrales nationales du Système Européen des Banques Centrales (SEBC) sont vendeuses à la BCE de la prime d'assurance de la liquidité de leur État de droit national. Tout emprunt bancaire en euro à la BCE entraîne le dépôt par la banque centrale nationale d'un collatéral assurantiel public en complément du collatéral privé actuellement remis par les banques commerciales emprunteuses. Pour toute liquidité centrale prêtée en euro à leurs banques privées, les banques centrales nationales touchent alors un pourcentage représentant le prix de leur contrôle sur la légalité des transactions bancaires dans leur territoire de juridiction.

L'euro légalisé en prime d'assurance publique du droit dans la souveraineté européenne repose sur les États nationaux indépendants associés dans un État confédéral. Les États nationaux sont monétairement responsables de l'application du droit dans leur espace de souveraineté tandis que la confédération de l’euro hérite de la légalité des transactions entre les souverainetés nationales. L'euro légal comptabilise la prime de change de la convertibilité des transactions entre les droits nationaux et dans les droits extérieurs à l'euro.

Calculer la liquidité systémique 

L’État confédéral européen devient dépositaire de la prime de liquidité de l'euro souscrite par la BCE. Les eurobonds se définissent comme collatéral confédéral des émissions de liquidité en euro. Le budget communautaire confédéralisé acquiert une capacité d'émission obligataire par ses recettes propres. La fiscalité financière confédérale est le prix légal de la liquidité primaire de l'euro en droit communautaire.

Les fonds de réserve confédérale publique de liquidité de l'euro existent déjà : Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), futur Mécanisme Européen de Stabilité, Banque Européenne d'Investissement et Fonds Social Européen. Pour consolider le financement de la réserve confédérale de liquidité de l'euro, il reste à mettre en œuvre la fiscalité financière européenne à travers la réforme du système européen de compensation interbancaire ; donc à mettre en œuvre un marché interbancaire européen public où les États soient mis sur un pieds d'égalité avec les banques pour l'appréciation du collatéral remis à la BCE en échange de la liquidité en euro.

Le marché confédéral de la liquidité en euro autorise la titrisation de la fiscalité des États nationaux sur des obligations publiques nationales financièrement vérifiées par l'Union. Le marché confédéral rétablit l'égalité de sûreté financière entre les titres publics et les titres émis par les banques sur leurs crédits, leurs investissements, leurs emprunts et leur capital. Les banques privées perdent ainsi leur privilège d'appréciation financière des titres publics remis à la BCE contre la liquidité en euro.

Les banques centrales nationales acheteuses de la prime de liquidité des souverainetés nationales en euro deviennent les arbitres financiers visibles de la liquidité des États. Elles intègrent leur appréciation du prix de la liquidité des banques en droit confédéral dans la garantie nationale qu'elles vendent à la BCE.

Le prix public de la liquidité du droit 

Les banques centrales du SEBC sont déjà sollicitées depuis le début de la crise des dettes publiques et bancaires pour racheter les pertes latentes du collatéral remis par les banques nationales à la BCE. En titrisant les engagements des banques centrales sur l'euro-marché confédéral, les États nationaux et l’État confédéral évaluent en pleine responsabilité financière les primes de crédit des banques centrales et des banques commerciales privées. Les recettes fiscales titrisées sur le marché confédéral permettent aux États d'acheter le prix de la liquidité de toute banque y compris de la BCE.

Le système bancaire en euro est remis sous le contrôle public des lois nationales. Techniquement, il suffit d'obliger toute banque empruntant ou prêtant en euro à émettre des options de capital et des primes de crédit (Credit Default Swap) sur tous les passifs bancaires. Les États sont tenus à la même obligation ; ils rendent négociable sur le marché confédéral, la liquidité de leurs primes de crédit sur leurs émissions de titres d'obligations publiques.

Le prix de la liquidité en euro devient totalement public, universellement négociable selon des règles identiques pour les États nationaux et confédéral, pour les banques centrales et commerciales ainsi que pour tout emprunteur privé ressortissant de l'Union. L'euro prime d'assurance publique du droit dans la zone euro ne change rien aux techniques financières et bancaires ; mais il place la souveraineté publique du droit de tous les Européens au-dessus de toute transaction financière de bien réel, de crédit, d'investissement ou d'assurance.

Restauration monétaire de l'économie du travail 

La création monétaire redevient une prérogative de souveraineté nationale et confédérale dans le cadre du marché commun d'économie de l'Union. Les fiscalités nationales et confédérale acquièrent en légalité européenne un statut de garantie financière ultime de la liquidité. La restauration des unités monétaires nationales complétées par des monnaies locales et des monnaies spécialisées sur l'application de normes environnementales permet d'adosser les différents degrés de souveraineté à des parités de change en euro.

A ce stade, la Grèce est toujours en faillite : les recettes fiscales de l’État restent insuffisantes pour assurer les services publics nécessaires au financement du travail des Grecs qui subvienne à leurs besoins et au remboursement de leurs dettes. La cotation en euro des primes de crédit de l’État, des banques, d'une nouvelle drachme et de l'économie grecs reste négative. Tant que personne ne veut risquer un euro de crédit supplémentaire dans des exportations grecques globalement supérieures aux importations, la dette nationale reste irréductible au potentiel effectif de production réelle.

Comme les euro-Européens n'ont pas de capitaux bancaires ni de recettes fiscales suffisantes pour combler en euro toutes les pertes sur les emprunteurs, il faut que le prix du travail des Grecs redevienne suffisamment compétitif en euro pour que soit produit sous la souveraineté grecque tout ce qui permet aux Grecs de vivre en dégageant les excédents de liquidité nécessaires aux importations essentielles, à la diminution de la dette extérieure et au financement national des services publics.

L'euro adossé à la liquidité des droits nationaux 

Le prix du travail entre les Grecs doit permettre d'acheter le maximum sur le marché domestique en réglant toute la fiscalité qui garantisse les droits individuels et collectifs engagés par la loi nationale. L'euro redéfini en prime d'assurance européenne du droit de tous les citoyens de l'Union peut allouer une petite fraction des ressources fiscales communautaires non pas à acheter la baisse des salaires et des droits des Grecs en euro mais à garantir le prix en euro du plein emploi du travail grec à produire la réalisation économique des droits grecs.

L'euro prime d'assurance de la liquidité européenne du droit confédéré induit la définition de la drachme en prime de liquidité grecque du droit national grec. Le FESF souscrit sur le marché interbancaire en euro la prime de crédit de la Banque Centrale de Grèce (BCG). Le motif et la condition de l'adossement de la BCG au FESF sont l'organisation d'un marché grec de la liquidité en drachme. Tous les impôts et taxes grecs sont convertis en drachme. L’État grec titrise ses recettes fiscales en drachme par le rétablissement des comptes publics en drachmes. La prime titrisée de crédit public en drachme est cotée exclusivement sur le marché public européen de la liquidité.

Toute la dette publique grecque en euro est rachetée par la BCG sur le marché monétaire européen. Le prix des titres publics grecs en euro est compensé dans les comptes de la BCG par le prix du collatéral acheté en drachme ; collatéral déposé en garantie de la liquidité émise sur le nouveau marché monétaire en drachme. La drachme est déposée comme titre de souveraineté grecque sur le marché public européen de la liquidité. La prime de capital et la prime de passif de la BCG sont négociables exclusivement en euro sous le contrôle public de l'État confédéral.

Équilibrage numérique des prix au droit 

La monnaie fiduciaire circulant en pièces et billets sur le territoire grec reste l'euro. La drachme est uniquement instrument numérique de compte, de règlement et d'épargne sous la loi grecque ; non un moyen matériel de paiement. La BCG émet en drachme numérique la prime de liquidité du système légal grec de calcul des prix en souveraineté nationale. La monnaie numérique non physiquement matérialisable oblige tout vendeur de quelque chose à déposer dans une banque de donnée son identité et les catégories de contrat par lesquelles il entend acquérir du pouvoir d'achat légal en unité de compte nationale.

Pour permettre à la BCG et aux banques opérant en Grèce de comptabiliser des dépôts en drachmes, l’État grec mute l'état civil et le cadastre en banques de données numérisées comptabilisant tous les droits positifs attribués aux résidents grecs. Les qualifications professionnelles officielles reconnues, les biens immobiliers et mobiliers détenus en propriété sont légalement enregistrés dans les banques de dépôt sous contrôle du pouvoir judiciaire de l'État, distinctes des banques de crédit.

Le crédit en drachme est émis par la collatéralisation au nom des établissements de crédit, des transactions à terme sur les titres de propriété déposés. L'enregistrement numérisé de tous les sujets de droits et des objets de contrat déterminant les transactions grecques en euro délimite la conformité juridique des prix par la monnaie nationale. La gestion objective des titres de propriété engendre le règlement en taxes de tous les droits garantis par la collectivité ; le règlement en salaires du travail ; et le règlement en crédit numérisé des biens et services effectivement livrés.

Compensation du crédit par monétisation du réel objectif 

Le règlement général des prix s'opère par le processus de la compensation interbancaire décomposée en quatre équilibres complémentaires de droit positif. Le prix nominal comptant effectue le droit ; le prix au terme réalise le prix nominal ; la prime comptant en monnaie garantit constamment la livraison effective des biens au prix nominal à terme. Pour que la compensation numérique interbancaire engendre la solvabilité stable de tout emprunteur, il faut que les fonctions bancaires de garantie du droit, de financement du crédit, de comptabilité de l'investissement et d'assurance de la liquidité soient dissociées et ordonnées.

Le marché financier mutualise les risques à condition que tout acheteur soit spécifiquement assuré dans sa personne, son travail, ses biens et son crédit ; que tout prêteur soit spécifiquement garanti dans le prix de ses droits ; que tout garant enregistre les biens, le travail et les investissements dont il répond ; et que l’État agisse par des représentants publics dont le crédit personnel soit financièrement garanti en compensation.

La vraie réforme structurelle que la zone euro puisse négocier avec la Grèce est la mesure de la croissance réelle par la monnaie analytiquement compensée en prix nominal du droit. Sur le marché de la liquidité en drachme, la compensation numérique est créatrice nette de monnaie par le volume de l'offre des biens nominalement achetée dans une demande appréciée par des crédits garantis en drachmes. Tout acquéreur comptant d'un bien grec règle en prime de crédit émise par une banque d'investissement acheteuse de tout risque en drachme.

Tout acquéreur à terme règle en crédit d'une banque de crédit ; laquelle est par la compensation obligatoirement vendeuse de sa prime de crédit à une banque d'investissement. Tout vendeur d'un bien règle son ordre de vente par une prime d'assurance de sa capacité professionnelle à livrer. Tout paiement compensé dans les banques de données marchandes est règlement d'une prime fiscale d'assurance de l'intégrité personnelle du vendeur. Le prix nominal de service de tout bien livrable s'établit à l'équilibre nominal de l'offre et de la demande ; lequel est déterminé par l'égalisation en compensation de toutes les souscriptions de prime d'assurance sur les vendeurs aux souscriptions de primes de crédit sur les acheteurs.

Cohérence juridique du nommé au réel 

La réforme monétaire de la drachme induite par l'euro restructure la finance ; elle consiste à déterminer les prix nominaux des biens négociables par les primes fiscales et assurantielles des droits personnels. Ainsi la monnaie nationale est spécifiée par l'objectif financiarisé du plein emploi du travail offert par les personnes physiques en règlement de leurs besoins d'assurance, de consommation et d'investissement. La BCG ré-émettrait la drachme par rachat de la dette publique au 1er juillet 2012 à la parité de 1 pour 1 euro. Tous les vendeurs de dette publique grecque sont alors réglés en prime de crédit en euro de la BCG et en prime de change de la drachme à l'échéance des titres cédés.

Les non-résidents grecs et les Grecs souhaitant acheter à terme en drachme déposent des actifs réels et financiers dans la compensation grecque garantie par la BCG. L'achat de la drachme à la BCG provoque le calcul des prix réels à terme des actifs escomptables dans les établissements de crédit grecs. Les prix nominaux à terme sont compensés par les ordres d'achat primaire de l’État, des investisseurs résidents, des consommateurs et des exportateurs grecs.

En étant vendeur primaire de la liquidité des services publics, l’État grec en achète le prix nominal fiscal. Le prix réalisable à terme d'émission budgétaire des titres de fiscalité est objectivement issu du marché monétaire où tous les droits sont représentés. Les ventes de biens réels ou de collatéral juridique sont crédités en drachme par les banques de crédit à échéance de l'engagement de livraison du bien déposé en compensation. A l'échéance engagée, le remboursement des crédits du vendeur est compensé par le règlement primaire du crédit des acheteurs et de la prime fiscale du bien réellement servi.

Politique de responsabilité monétaire générale 

Toute la liquidité de l'économie grecque est mesurable par le bilan en drachme de la BCG. Tous les crédits centraux accordés par la compensation à différentes échéances de court terme sont adossés au prix nominal des collatéraux déposés dans les banques de marché. La compensation s'effectue en droit, en crédit, en prime investie et en prix réglé des primes d'assurance. La drachme est liquide en euro si le capital de la BCG est intégralement racheté en primes de change non nulles en euro sur le marché financier confédéral.

Comme le passif de la BCG est totalement garanti par la vente en euro de la prime des crédits centraux en drachme, les États et les banques de la zone euro sont créanciers de la Grèce par des primes dont le prix est nul si la drachme reste à la parité de 1 pour 1. Les créanciers vendent la prime de change de la drachme. Comme l'euro est une obligation de liquidité juridique positive de tout emprunteur sur le marché monétaire confédéral, les créanciers de la Grèce ont le droit de vendre leur collatéral de droit grec remis par des emprunteurs résidents grecs. Alors la baisse de la contrevaleur en euro de la position de crédit de la BCG dans la compensation en drachme finit par dégager une prime de crédit positive des emprunteurs grecs en euro et en drachme. Le change restaure la liquidité.

L'euro prime de crédit des souverainetés nationales dans la confédération européenne interdit toute répudiation de dette en euro. Un crédit en euro ne peut être remboursé dans la compensation confédérale que par le crédit d'une prime de crédit positive de l'emprunteur ; la prime étant détenue par le marché. La vente de la prime de crédit de la position nette consolidée de la BCG dans la compensation en drachme provoque une dépréciation ordonnée de la parité grecque sur la solvabilité réelle de l'économie domestique.

Équilibre rationnel monétisé de la propriété au crédit 

La dévaluation est structurellement limitée par la réévaluation des actifs réels grecs en drachme et la dépréciation nominale des actifs financiers détenus en euro sur des débiteurs produisant en drachme ; c'est à dire par du travail grec et des actifs réels sis en Grèce. La cotation des actifs de la BCG s'apprécie en drachme au fur et à mesure que le prix du collatéral grec se réévalue et augmente par les dépôts du système bancaire. le marché monétaire grec assure la liquidité en drachme par l'appréciation objective du collatéral offert par les banques à la demande de la BCG.

Le bilan de la BCG cote le collatéral réel adossé à la drachme ainsi que le collatéral financier en euro adossé à la compensation européenne de la parité des crédits centraux en drachme. Le capital de la BCG constitue ainsi la réserve de change intérieur en drachme et extérieure en euro de la souveraineté grecque. La compensation en drachme et la compensation en euro sont réciproquement adossées en parité de change ; laquelle est garantie d'application politique du droit en Grèce et dans l'Union.

A l'actif du bilan en euro des banques de l'Union, la conversion des dettes grecques en drachme et la dépréciation de la drachme en euro se traduisent par la dépréciation des titres de crédit, des primes de change rétablies et des primes de crédit. Mais la restauration systémique de la solvabilité grecque ouvre la voie par les mêmes moyens à la solvabilité de tout État rétabli dans sa fonction d'assureur financier en dernier ressort de la stabilité bancaire en euro.

La politique objectivée par la monétisation du réel 

Le bénéfice de liquidité systémique obtenu par l'adossement de l'euro à la drachme est démultiplié par la mesure objective possible des pertes de crédit en euro des États nationaux, des banques, des citoyens de l'Union et des non-résidents internationaux déposants en euro. La Confédération européenne impose par le nouveau marché monétaire européen une parité objective fixe et garantie entre la liquidité émise par la BCE et le prix nominal du collatéral immobilisé en garantie légale. Ni les États ni les banques n'ont plus la liberté d'émettre de la dette hors de la garantie fiscale des citoyens européens effective dans le marché financier.

Les paradis fiscaux et réglementaires ne peuvent plus exister dans la zone euro. En contrepartie, tout État demeurant souverain sur sa fiscalité est obligé de titriser ses lois et son budget par la restauration d'une unité de compte nationale exclusivement convertible en euro et déposée dans le marché monétaire confédéral. Le principe de liquidité du crédit en euro acquis par la Confédération est l'objectivité marchande de toute parité monétaire en collatéral financièrement déposé. Les États s'obligent à exercer leur souveraineté par leurs lois et leur budget comparables par l'euro sur des droits positifs financièrement explicites ; les banques n'ont aucun accès à la liquidité sans se soumettre publiquement aux lois et à la fiscalité qui délimitent et garantissent leur solvabilité.

L'adossement de l'euro aux compensations nationales permet la dévaluation du collatéral émis en titres de crédit par les États et les banques et la réévaluation du capital émis en titre de propriété, titres de travail et titres de capital émis par les États, les entreprises et les personnes physiques. Une monnaie interne ou externe à la confédération européenne n'est convertible en euro qu'à la condition d'être déposée dans des banques de marché en euro comme titre de rationalité du crédit par le capital objectivement mesuré.

Liquidité universelle des droits européens 

La confédération de l'Union Européenne s'impose en logique le même système bancaire en euro que celui qu'elle propose à la Grèce pour refinancer la souveraineté mise en défaut. Les banques en euro sont distinctes des banques en monnaie nationale par un capital et des primes de capital cotés séparément en euro. Les banques de crédit liquides en euro vendent tout leur capital à des banques d'investissement en euro. Tous les fonds de mutualisation publique du risque systémique et du risque sur la vie des personnes physiques ont un statut d'assureur dans la compensation en euro. Le Trésor Confédéral est assureur en dernier ressort de l'euro-système.

Tous les biens et services, tous les actifs et toutes les monnaies achetables par la liquidité empruntée à la BCE sont déposés et juridiquement garantis par les banques de marché en euro. Comme la Confédération de l'euro garantit dans la compensation européenne tous les engagements de ressortissants de l'Union envers des déposants étrangers, les parités de change nominales de toutes les monnaies en euro varient selon l'équilibre compensé en crédit de l'offre et de la demande des primes de change.

Tous les actifs étrangers déposés en euro sont des titres de souveraineté étrangère appréciés en droit européen des personnes, du travail, de l'environnement et des sociétés ; la fiscalité financière confédérale détermine sur l'appréciation du droit le prix de toute collatéralisation du crédit en euro. La liquidité de l'euro finance le droit des personnes et la dépollution de la planète à l'intérieur et à l'extérieur de la souveraineté confédérale. La compensation en euro réévalue les devises étrangères en position créditrice nette de liquidité sur les ressortissants de la Confédération ; positions qui sont par conséquent débitrices nettes en droit européen des personnes et de l'environnement.

Le travail transformateur du discours en réalité 

Les dettes publiques ne sont pas maîtrisables dans un système économique qui monétise le capital bancaire à la place du travail objectif de production du réel. Si l'intérêt général public ne s'intègre pas dans le calcul financier des prix, les intérêts privés captent la finance pour valoriser le capital au présent indépendamment du travail qui produira la richesse réelle. L'euro en crise monétise des transactions financières hors du droit réel visé par un pouvoir politique financièrement responsable. Le capital n'est plus la rémunération du travail qui puisse rembourser les dettes de la Grèce ou de tout autre pays européen.

Le nouveau marché monétaire public européen referme la trappe à liquidité où s'abîme l'Union. Le droit des nationalités européennes les plus protectrices du travail des personnes devient l'étalon d'appréciation intérieure et extérieure de l'euro. La réévaluation des monnaies de nationalité en euro et la dépréciation de l'euro par rapport aux zones monétaires excessivement créditrices en euro restaure la liquidité des transactions par le plein emploi domestique et international de l'offre de travail.

La demande européenne de bien-être discutée et délibérée par tous les degrés politiques locaux, nationaux et confédéral de la démocratie répond à une offre réelle solvable de biens et services produit par un travail justement rémunéré en liquidité du droit. Le sauvetage financier de la démocratie grecque est le sauvetage financier de la démocratie en euro. Il implique que la monnaie soit soustraite à la spéculation politique ; que le capital garantisse le crédit ; que la rémunération du capital soit le prix de la liquidité des débiteurs ; que la liquidité soit le prix de la croissance humaine réelle.

Repost 0
Pierre Sarton du Jonchay - dans Monnaie
commenter cet article
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 10:24

La municipalité de Nantes a annoncé en décembre dernier un projet de monnaie locale. Cette étude développe l'analyse et les perspectives du projet à partir des informations publiées.

Version Pdf


 

 

Le projet de monnaie locale lancé par la ville de Nantes est potentiellement une expérience d'économie de la contribution telle que théorisée par Ars Industrialis . Ce projet d'économie locale ouverte repose sur une chambre de compensation visant à mettre en équivalence toute offre et toute demande de biens, services et valeurs collectives immatérielles. Le nouveau signe monétaire sera explicitement fondé sur le crédit issu des transactions locales où les intérêts subjectifs communs ont les objets les plus manifestes ; où l'implication de la puissance publique dans la dynamique des échanges est explicite ; où les initiatives locales sont valorisables par des collaborations visibles à l'intérieur de communautés objectivement responsables.

Restaurer la liberté du sujet sur l'objet  ↑

La subjectivité des transactions monétisées a pour origine le crédit que le vendeur doit faire à l'acheteur et à l'ensemble de la collectivité pour accepter le paiement du prix en monnaie plutôt qu'en nature. Le paiement en monnaie est un acte de confiance inter-subjective par lequel les personnes acceptent d'échanger sans se connaître personnellement et en admettant un délai entre la cession de l'objet vendu et l'acquisition ultérieure de l'objet acheté. La monnaie matérialise la loi d'inter-subjectivité d'une collectivité partageant le même contexte d'appréciation des objets échangés. La même loi attribue au même objet le même prix reconnu par la même monnaie dans une même société politique partageant une même temporalité.

Dans l'économie des contributions subjectives, la monnaie est l'objectivité des prix. La société forme l'objectivité des richesses dans l'adhésion subjective à une loi commune. L'objectivité des prix fait la liquidité des échanges par la réduction des coûts de transaction. Quand la loi appliquée par une autorité politique commune garantit une solidarité des intérêts dans une définition visiblement partagée des biens et des services, la négociation des prix ainsi que la production et la livraison des objets vendus est accélérée. Le temps prend de la valeur par la fiabilité des objets nommés sous les prix. Le risque du prix, de l'investissement à la livraison finale, est réduit objectivement par le sujet. Par la loi commune applicable dans la même monnaie sous une autorité politique commune, les acteurs économiques mettent les mêmes limites à la confiance qu'ils se font les uns aux autres.

Le principe adopté par Nantes de la compensation financière a potentiellement quatre conséquences fondamentales : (1) transparence comptable des engagements, (2) garantie de l'équilibre du crédit par la collectivité publique, (3) promotion collective de la responsabilité personnelle et (4) mobilisation des ressources au-delà de l'offre et de la demande déjà exprimées en euro. Précisons que le système de la monnaie européenne repose sur une compensation unique du crédit entre plusieurs nationalités, plusieurs États, plusieurs régimes juridiques et plusieurs degrés de collectivité politique. Il en résulte que les finalités de la politique financière et monétaire européenne sont parfaitement abstraites pour la majorité des divers intérêts matérialisés dans les lois nationales représentées.

Localiser la réalité financée par la politique du marché  ↑

Le citoyen-entrepreneur-producteur-consommateur ne peut pas interpréter sa demande en euro par une offre formulée dans sa langue et son droit. Le concept de monnaie locale reprend donc les règles de la monnaie unique dans un équilibre politique de l'économie déterminé par la localité des besoins particuliers de chaque personne. La règle reste unique dans une pluralité de lois et d'autorités mais dans la singularisation des offres et des demandes. Chaque degré d'autorité politique acquiert par une unité monétaire de compte propre la responsabilité d’interpréter la loi commune dans ses figures nationales et locales. La réalité économique locale devient effectivement lisible par des collectivités formées dans les lois différentes d'un droit commun unifié.

La liquidité monétaire locale sera assurée par l'agent financier public de la municipalité nantaise : le Crédit Municipal de Nantes. La compensation monétaire pourra offrir tous les services financiers disponibles en euro : règlement, épargne, crédit, investissement, assurance et change mais sous une régulation de la concurrence contrôlable par la responsabilité politique locale. Le contrôle public de la nouvelle monnaie implique qu'elle soit entièrement numérique ; son émission et son utilisation peut être complètement assurée par un capital financier de régulation inscrit dans les budgets publics. La monnaie locale nantaise peut devenir une expérience pilote de restauration de la responsabilité politique sur les finalités de l'économie financière et monétaire.

Les principes de l'économie de la contribution s'interprètent intégralement en règles financières de compensation. La contribution réintègre dans la pratique économique la double responsabilité d'offre et de demande de toute transaction de prix. Les biens et services acquis et consommés sont nécessairement évalués au prix de toutes les causes humaines de leur production. La pratique financière de la compensation peut réaliser l'intégration de toute l'offre par la demande de toutes les causes de production, de négociation et d'effectuation d'un bien. A la condition du marché organisé à cette fin, l'identification et la décomposition de toutes les contributions nécessaires à l'existence réelle d'un service est totalement prise en charge dans les techniques numériques existantes de représentation, de modélisation et d'appréciation de la réalité observable.

Génération des prix justes et réels par la compensation  ↑

L'économie numérique mondialisée permet un système de compensation générale des règlements de crédit sur quatre niveaux : international, national, local et entrepreneurial. La toile mondiale est un espace d'intégration de tous les calculs humains . Si la société politique restaure par la compensation financière son contrôle moral de réalité efficiente du bien commun, alors elle établit toute monnaie comme outil d'interprétation de la loi universelle et négociable en production du vivre ensemble concret et local. Le projet nantais constituera la première expérimentation de l'un des deux étages actuellement manquant du processus d'interprétation de la loi universelle en réalités humaines singulières.

L'étage international de la monnaie sera créé par transformation de l'euro en étalon de crédit européen ou bien par mutation du droit de tirage spécial (DTS) en monnaie émise par le FMI ; lequel sera transformé en banque centrale mondiale . Les monnaies nationales seront rétablies là où les souverainetés nationales demeurent. Entre un état juridique international et national de régulation de l'activité économique et les personnes physiques et morales transformant les actifs financiers en biens et services, les collectivités politiques intermédiaires sont indispensables ; leur rôle est de réguler par l’État de droit les espaces locaux de transaction économique entre les travailleurs, les entrepreneurs et les actionnaires du capital.

Pour devenir une monnaie locale stable et complète, la monnaie nantaise devra être compensée dans les quatre dimensions juridique, transactionnelle, créditrice et assurantielle. La croissance des échanges et la stabilité des prix et du crédit en monnaie locale implique une fiscalisation spécifique des transactions afin de garantir le droit des personnes et des biens. Cette fiscalité prélevée sur les positions créditrices et sur les flux compensés alimentera un fonds de garantie du système. Le fonds collectif est adossé au financement systémique des services publics de justice, de police, de formation et de protection de l'intérêt des personnes indépendamment de leur activité économique.

La monnaie publiquement convertible en droit  ↑

Sur le plan financier, la matérialisation du droit, du crédit, du capital et de l'assurance contenu dans toute transaction économique détermine une chambre de compensation monétaire associant séparément les trois fonctions de dépositaire des contrats, de tenue des comptes en crédit et de garantie universelle du prix. La livraison, le droit et la valeur à terme des biens et services sont réglés par la compensation. Le contrat d'adhésion des déposants à la liquidité locale est couvert en dernier ressort par la réserve financière collective de légalité des transactions. Le dépôt des contrats permet aux travailleurs indépendants, aux petites entreprises et aux consommateurs de bénéficier d'une assurance professionnelle. Tout objet localement négociable est déposé sous la garantie d'une prime de conformité réglée par la compensation en monnaie locale.

La nouvelle monnaie connaîtra un développement rapide et fructueux pour l'économie régionale nantaise si elle apparaît au moins aussi stable que l'euro tout en étant plus liquide. La liquidité implique une convertibilité assurée en euro . Si la parité nominale est fixée invariable à raison de 1 pour 1, alors il faut que le marché des changes interne à la compensation locale permette le règlement de primes de change suffisantes pour garantir toute conversion de dépôt local en euro. La prime de change est versée en monnaie locale aux banques en euro rachetant des positions créditrices locales.

La prime de change en euro de la monnaie locale est réglée aux banques par les déposants engagés à l'extérieur à un certain terme sur un prix fixé en euro. Au mécanisme déjà en vigueur de la convertibilité des monnaies, la monnaie locale doit ajouter une réserve publique de change. Le déposant conservant son pouvoir d'achat local s'acquitte d'une prime de change systémique sur l'encours conservé liquide. La liquidité d'un avoir est le fait juridique qu'il ne soit pas contractuellement prêté pour une durée définie, ni investi dans des risques de production, ni dépensé dans la consommation de biens et services. La monnaie locale restaure la cohérence de la définition juridique de la liquidité avec la réalité économique. Un avoir est économiquement liquide s'il peut être échangé contre toute chose y compris du temps sans perte de prix non mesurable en droit.

Réconciliation du prix de nomination du Droit à la réalité des droits  ↑

Les primes de change systémique prélevées sur les soldes liquides constituent une fiscalité financière allouée à la prospérité économique commune locale. Elles constituent un capital public au nom de l'autorité collective locale ; le crédit municipal en serait le gérant sous le contrôle de la commission des finances du budget municipal. Le prix de la liquidité est en compensation locale un taux d'intérêt de tout prix décomposable en trois éléments mesurés séparément : (1) la contribution de la partie créancière à la réserve de change systémique, (2) la contribution de la partie débitrice à la garantie de son crédit et (3) la contribution de la partie productrice à l'assurance des prix engagés.

Le prix local de la liquidité nécessaire à la justice et à la justesse des transactions est déterminé par l'équilibre public entre la garantie du change et la garantie du crédit. Les technologies financières de convertibilité des monnaies sont robustes et fiables à condition d'une séparation transparente des intérêts financiers en euro et en monnaie locale. La séparation des intérêts doit être assurée par la chambre de compensation locale ; laquelle est garantie en dernier ressort par le capital public de change qui couvre l'application des règles de l'intérêt général par la compensation.

Si le projet de Nantes est mis en œuvre, le nouvel instrument de transaction locale constituera une avancée pratique majeure dans la résolution de la crise systémique internationale. L'absence de règle d'ajustement du crédit à l'économie réelle dans l'espace international a abouti au rachat massif des pertes bancaires par les budgets publics. Les dettes publiques ne sont plus maîtrisables adossées à une production publique et privée insuffisante pour fournir une contrepartie réelle aux créances déposées dans le système financier. Les États et les collectivités publiques sont obligés de se saborder pour prolonger la fiction d'un crédit financier nominal sans réalité économique. La réduction des droits sociaux qui en découle détruit les capacités effectives d'emploi du travail en remboursement de la masse des crédits.

Économie publique du développement privé  ↑

Le projet nantais se présente comme une expérience de déprolétarisation par la monnaie ré-indexée sur les droits du travail. La monnaie est restaurée en instrument d'économie du travail : calcul et négociation du milieu de vie, mesure de la rentabilité des investissements selon la demande collective, financement des contributions individuelles dans l'économie générale des ressources. La territorialisation des monnaies dans un système international organisé est la voie logique de ré-indexation des prix internationaux sur la localité des ressources et des droits humains.

La territorialisation de la monnaie délimite la responsabilité financière de l'autorité publique ; laquelle ne peut pas se dispenser d'assurer les droits des personnes sous peine d'agréer l'actuel effondrement économique. Les monnaies locales sont l'outil d'intégration dans toutes les transactions du prix réel de production des services publics nécessaires à l'équilibre local de l'offre et de la demande. L'existence de la monnaie locale autorise un ajustement de la rémunération du travail en fonction de l'offre et de la demande effectives de biens et services véritablement garanties par le service public local du droit humain.

En assurant l'équilibre local de toute offre à toute demande, la compensation en monnaie locale garantit par les prix en droit, en crédit, en prime de crédit et en prime d'assurance collective mutuelle, la rémunération de toute demande juridiquement solvable par une offre liquide de travail. La demande formulée dans les budgets publics est intégralement financée dans la compensation par l'offre de services, par le capital investi en monnaie locale en garantie de l'offre nominale et par les primes fiscales réglées à l'exécution des droits par la compensation. La chambre de compensation consolide les comptes publics avec les comptes privés : les crédits budgétaires publics d'assurance des droits personnels se compensent avec le taux de fiscalité sur les transactions et les soldes courants créditeurs ; les dépenses publiques se compensent avec la distribution des rémunérations privées ; les investissements publics se compensent avec le fonds public de garantie systémique ; la livraison des prestations publiques se compense avec les règlements fiscaux sur les règlements en monnaie locale.

Réalisation publique du capital privé de citoyenneté  ↑

Tous les échanges de droits de propriété sont conformés dans la compensation au budget public des droits collectifs du bien commun. Le fonds de garantie de la liquidité en monnaie locale est inscrit comme capital au budget de la collectivité publique ; de même en est-il des fonds propres du Crédit Municipal qui sera donc la banque centrale du système de compensation locale. Tous les paiements seront effectués par crédit du vendeur et débit de l'acheteur. Il appartient pour le moment au Crédit Municipal de Nantes de fixer les autorisations de découvert des acheteurs au-delà desquelles les ordres de dépenses ne sont plus inscrits et réglés dans la compensation car excessivement risqués pour la liquidité du crédit de la collectivité.

La solvabilité des débiteurs peut être garantie par la compensation si l'obligation est faite aux établissements de crédit dédiés à cette fonction d'acheter la prime de crédit de toute personne habilitée à dépenser en monnaie locale. Selon cette règle, toute autorisation de crédit réglée par la prime sur le solde de compensation débiteur peut être garantie par le dépôt de droits de propriété. La titrisation de n'importe quelle propriété actuelle et future dans le système public de compensation permet l'émission de liquidité monétaire par l'achat de primes de capital sur la vente à terme conditionnelle des biens et actifs déposés. Le cadastre tenu par le puissance publique est intégré à la compensation financière publique et généralisé à toute propriété admissible en sûreté du crédit.

La monétisation de la propriété sous le capital public de compensation locale des prix restaure la liquidité sur la réalité des biens, sur la responsabilité personnelle engagée de toute propriété et sur la conformité publique au droit des prix attribués aux choses. Le prix compensé du capital investi dans la sûreté du crédit intègre la valeur du temps, du travail du débiteur et de la justice garantie par les acheteurs primaires privés et publics du capital. La fonction historique de crédit sur gage des crédits municipaux est généralisée par la compensation en monnaie locale. Les créanciers nets du système monétaire mesurent par le prix compensé du capital déposé en garantie le risque qu'ils encourent réellement sur la liquidité nominale qu'ils désirent conserver.

Financement de l'économie réelle de la personne  ↑

Le mécanisme par lequel les créanciers nets peuvent convertir leurs avoirs en euro est clairement défini et garanti par la collectivité politique locale. Les processus financiers de couverture du risque de crédit et du risque de change sont contrôlés par la puissance publique. C'est l'enjeu clé du projet nantais que d'instaurer un processus transparent de liquidité intérieure et extérieure de la nouvelle monnaie. Les fonds propres du Crédit Municipal devront pouvoir croître pour garantir toutes les transactions dans leur dimension de change, de crédit et d'assurance. Le plein emploi de l'offre de travail et l'assurance publique de la régularité des transactions est la garantie systémique de la liquidité. La compensation des primes de crédit par les primes de change et les primes de capital proportionne la masse monétaire en circulation à la matérialité vérifiable de la confiance.

Le projet nantais est innovant en posant le principe d'une assurance systémique de la nouvelle monnaie par la collectivité publique officielle. Les pouvoirs de police, de justice, d'assurance et de solidarité de la collectivité sont intégralement mobilisés pour protéger les utilisateurs de la nouvelle monnaie, pour favoriser leur liquidité, pour surveiller leur crédit et pour produire un contexte d'offre maximale de biens et services. Le système de compensation calcule le prix réel des services publics sous la forme des primes fiscales d'assurance réglées sur le prix des transactions. L'identification est transparente des risques pris par les acheteurs et les vendeurs sur leurs compétences professionnelles, sur la qualité de leurs produits livrables et sur les diligences de tous les garants à solvabiliser les transactions.

La nouvelle monnaie de transaction, de crédit, d'investissement et d'assurance restaure la raison économique de la fiscalité : financer la puissance publique responsable de l'effectivité du bien commun. Cette réhabilitation de la dimension juridique publique de la monnaie entraîne la déprolétarisation du travail par l'intermédiation financière publique dans toute transaction bilatérale privée. Le travailleur-entrepreneur indépendant ou isolé est transformé en personne morale publique vendant des produits du travail dans un marché local où la puissance publique participe directement et explicitement à l'intégrité et au développement de la capacité individuelle de travail. L'acheteur de bien ou de service ne peut plus être un consommateur ignorant du prix du travail d'autrui. Tout acheteur en monnaie est rendu ontologiquement débiteur de la collectivité, laquelle existe au service de la réalisation individuelle des personnes.

Repost 0
Pierre Sarton du Jonchay - dans Monnaie
commenter cet article
1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 11:05

Cette étude a été présentée et commentée à la Mission d'information commune du Sénat français sur le fonctionnement, la méthodologie et la crédibilité des agences de notation.

Résumé

Cette étude reprend la position épistémologique de Paul Jorion sur les systèmes de notation et de garantie du crédit. Le problème actuellement posé est celui de la rationalité et de la pertinence des dispositifs existant d'appréciation du crédit. L'hypothèse en vigueur dans le système monétaire international adossé au dollar et dans la zone euro est la possibilité d'une mesure scientifique objective du risque de crédit. La présente analyse montre que la crise des subprimes et maintenant des dettes publiques invalide l'hypothèse.

Si le crédit est reposé comme un fait humain de politique, alors l'appréciation du risque de crédit sur les anticipations économiques redevient un problème de loi, de marché et de monnaie. Dans ce cas, il appartient au pouvoir politique de restaurer sa responsabilité du cadre formant le crédit et d'adopter ce cadre dans les processus budgétaires publics et privés de négociation du crédit. Il se trouve que toutes les technologies financières existent de régulation publique et transparente du crédit. Il faut que la zone euro adosse son émission monétaire à un marché public de garantie du crédit surveillé par une autorité politique confédérale financée par une fiscalité financière.


Chute mécanique de la monnaie sans crédit

Nous sommes bien dans un défaut systémique mondial : la masse mondiale des crédits construite sur la liquidité non régulée du dollar monnaie internationale ne peut plus être ré-indexée sur la croissance de l'économie réelle. Le système bancaire international prend ses dernières plus-values nominales sur la zone euro qui est le seul système monétaire à extérioriser le risque de crédit macro-économique dans une monnaie unique plaquée sur des marchés objectivement différents. Les opérateurs financiers en euro peuvent vendre librement à l'intérieur d'une seule politique monétaire des dettes nominales de même prix pour des régulations nationales différentes du crédit.

En l'occurrence, l'Allemagne est attentive au surendettement de ses partenaires qu'elle finance directement par ses excédents commerciaux en monnaie unique. La menace d'une sortie de l'Allemagne de l'euro rend crédible la faillite possible des autres États de la zone. Cette possibilité est achetée en dollar par des primes d'assurance sur les défauts de crédit, les CDS (Credit Default Swap), grâce aux liquidités empruntées à la BCE à un coût très inférieur au prix du risque acheté. La liquidité de la BCE est réemployée dans des placements théoriquement sans risque ; c'est à dire couverts par des CDS contre le risque de défaut des États Européens mais rachetés en dollar par des « swaps de devise » pour tirer bénéfice de l'affaiblissement ou de l'éclatement de la zone euro.

La principale utilisation de la liquidité quasiment gratuite en dollar et en euro est désormais l'accumulation de créances off shore sur des États qui ne peuvent plus ne pas tomber financièrement en faillite à cause de leurs engagements hors-bilan. Les emprunts illimités des banques à la BCE sont garantis par les États qui détiennent le capital de la BCE. Plus les banques spéculent avec les liquidités de la BCE plus elles gagnent sur la couverture de leur risque public qui croît indéfiniment avec l'exposition des États au risque systémique de la BCE.

Spéculer contre les États et la BCE est une obligation systémique à l'intérieur de la zone euro à cause de la réglementation prudentielle. A l'extérieur de la zone euro, la spéculation contre la BCE est une source de plus-value à saisir impérativement dans la compétition bancaire internationale. La zone euro est donc déjà morte dans le système actuel de la spéculation libre entre monnaies. Les eurobonds n'y changeront rien : l'Allemagne en portera l'essentiel du risque ce qui attirera contre elle toute la spéculation au fur et à mesure que les autres pays européens tomberont les uns derrière les autres sous perfusion financière permanente.

Absorbé par l'obsession de rester liquide, le système financier international fait semblant d'ignorer que l'éclatement de la zone euro précipitera tout le système dans l'abime. Les créances off shore accumulées contre l'euro sur des débiteurs de solvabilité très inégale gèleront instantanément toute liquidité des capitaux en dollar. Les paiements internationaux seront interrompus et toute l'économie réelle mondiale s'effondrera dans la disparition totale de la confiance internationale.

Les gouvernements n'ont plus aucune influence sur le système bancaire international tant qu'ils ne reprennent pas le contrôle nominal de la liquidité des banques centrales. Si le système bancaire mondial ne se remet pas de lui-même sous le contrôle juridique des États, l'opération se fera dans la violence : soit par des coups d’État, soit par des émeutes, soit par des guerres. La deuxième guerre mondiale a soldé par l'empire mondial des États-Unis la crise des dettes publiques héritées de la première guerre mondiale.

Les faux semblant de la régulation financière européenne

La liberté de circulation des capitaux est un principe de mystification financière : un alibi d'irresponsabilité dans l'espace international pour prélever en toute impunité des plus-values fictives sur l'économie réelle à l'intérieur des souverainetés. La zone euro a tout les moyens de mettre fin à la prédation financière par un marché interne de capitaux qui soit dissocié des intérêts de crédit, d'investissement, d'assurance et de change. Seule organisation politique multi-étatique et multinationale au monde, l'Union Européenne dispose d'un pouvoir politique capable de transcender les intérêts particuliers dans un équilibre général multinational du crédit public et privé.

La notation du crédit par les agences de notation est une commodité adoptée par les autorités publiques de régulation pour soustraire le crédit en euro au contrôle national de la loi. Le pouvoir public se défausse de sa responsabilité de dire la loi dans le domaine du crédit où il a des intérêts particuliers d'investisseur, d'emprunteur et d'assureur. Or les intérêts financiers particuliers de la puissance publique son l'attribut du pouvoir exécutif. La limitation du crédit par les agences de notation dispense le pouvoir exécutif de se soumettre à un contrôle précis du pouvoir législatif ; lequel n'a plus dès lors à définir les règles d'équité entre le contribuable, l'épargnant, l'ordonnateur et l'exécutant de la dépense publique.

Enfin l'absence de critères légaux de limitation de l'endettement des organes d’État évite de soumettre l'exécution des budgets à l'appréciation d'un pouvoir judiciaire indépendant de l'exécutif et du législatif. La justice est abstraite de la réalisation économique des obligations publiques. Le prix des obligations d'investissement, de crédit et d'assurance de la puissance publique échappe au juge faute de cadre d'équilibre objectif entre l'obligation et les moyens économiques de faire. Le législateur est dispensé de garantir la faisabilité économique des droits qu'il définit. Le citoyen est invité à compter des droits promis par la puissance publique sans pouvoir saisir le juge en cas de défaut de crédit alloué à une obligation publique mal évaluée par le pouvoir exécutif.

La notation privée du crédit dispense la puissance publique de l'obligation de cohérence économique du rôle qu'elle se donne. La formation du marché et des conditions légales et juridiques de l'équilibre des prix sont abandonnées à des intérêts privés supranationaux. Les prix et le crédit ne sont plus garantis par la séparation des pouvoirs entre la discussion de la loi, l'exécution économique de la loi et le jugement indépendant de justice sur la conformité des biens et services rendus par l'exécution de la loi.

Vérifier la liquidité nominale du crédit par la réalité tangible

Le marché confronte des intérêts privés sans arbitrage véritable de l'intérêt commun à la stabilité du crédit. Les réglementations européennes ont placé les agences de notation au-dessus des marchés pour définir des critères de solvabilité et de liquidité appartenant à la loi commune du crédit. Les émetteurs de dette, dont les États eux-mêmes, se retrouvent asservis à des intérêts privés qui contredisent le principe politique de l'égalité universelle des droits.

La logique même de la négociation de marché libre et responsable est détruite par la rémunération arbitraire non concurrentielle des notateurs ; laquelle est déconnectée d'une prestation réelle objective vérifiable. L'information réputée produite par les agences de notation n'a pas de valeur économique puisque dépourvue de conséquence économique liée à la qualité objective du service rendu par les notateurs. La notation unilatérale est assimilée à un fait objectif plus fort que l'équilibre des primes de crédit achetées et vendues par les investisseurs concrètement engagés dans des contrats. Le jugement individuel passif de l'émetteur de titre noté porte plus de valeur que le jugement collectif actif exprimé sur le marché par les acheteurs et vendeurs de titre.

Le simple principe de réalité contredit le rôle attribué aux agences de notation par la législation financière européenne. La hiérarchie des notations accordées n'a pas empêché le défaut de débiteurs bien notés rendus réglementairement comparables à des débiteurs moins bien notés qui n'ont jamais fait défaut. Les notes n'ont de fait aucune valeur prédictive normative. Elles n'apportent rien à la qualification des contrats de crédit inscrits dans un contexte juridique que la notation n'éclaire pas.

Le recours à un tiers privé pour normer le crédit n'a d'explication que politique. Soit le pouvoir politique n'a pas d'opinion sur les conditions légales du crédit, soit il souhaite imposer un point de vue particulier en s'exonérant de la délibération politique selon les procédés de la démocratie. L'histoire des régimes politiques européens illustre amplement la tentation permanente des pouvoirs exécutifs de s'exonérer d'un discours de transparence et de responsabilité effective du bien commun.

Dans la construction d'un marché commun européen, la fonction normative attribuée aux agences de notation pallie l'absence de consensus entre les cultures européennes sur les critères de la solvabilité et de la liquidité du crédit. A l'échelle mondiale, la même absence de consensus conduit à ajouter à la cotation des crédits en dollar, une notation réputée transcender les différences culturelles entre tous les utilisateurs internationaux du crédit en dollar, euro ou livre sterling.

Étalonnage nécessairement public de la monnaie en crédit

De fait, les agences de notation pallient l'absence d'étalon réel de crédit international dans le système financier mondial. Les monnaies de réserve internationale ne sont pas suffisantes de par leur pluralité à assoir les comparaisons de crédit entre débiteurs de différents systèmes juridiques. L'adoption universelle de trois agences de notation internationalement reconnues simule un consensus mondial sur la norme du crédit. Le défaut est systémique à simuler une objectivité du crédit qui n'existe pas réellement en rationalité financière universellement reconnaissable. La preuve en est apportée par le chaos désormais évident de l'évaluation du crédit des débiteurs systémiques : États, banques et assurances.

Pour restaurer une économie du crédit qui soit facteur de confiance, il n'y a pas d'autre voie logique que mettre en commun à l'échelle du monde tous les critères abstraits du crédit afin de les tester dans la transparence d'un marché générique des différentes garanties possibles du crédit. Ce marché existe déjà mais n'est pas transparent ni cohérent avec la finalité de sûreté du crédit : le marché informel et empirique des CDS s'est substitué aux anciens marchés nationaux du cautionnement public et privé.

La zone euro attaquée par la spéculation avec les CDS a trois raisons de construire un marché du cautionnement en CDS normé : (1) refonder le crédit de la responsabilité publique des lois, (2) restaurer le crédit public par des instruments objectifs de couverture du risque et (3) créer un cadre de calcul du prix du risque de crédit non captable par la spéculation.

L'absence de norme internationalement vérifiable de crédit public est le motif de la défiance financière entre Européens. Bien que partageant dans l'euro un même instrument de règlement, les États européens n'ont pas de dispositif concret de cautionnement réciproque de leurs contrats de solvabilité publique à terme ; les contrats implicites actuels peuvent sans conséquence rester inexécutés. L'anomie du crédit international dissimulé sous les agences de notation offre un boulevard à la spéculation sur les primes de CDS dont le sous-jacent est librement falsifiable en l'absence de marché organisé du crédit.

Encadrement public du crédit par le marché de légalité des contrats

Tous les professionnels du crédit connaissent empiriquement la théorie analytique du crédit vrai. Ils commencent par identifier un objet contractuel concrètement engagé entre un prêteur et un emprunteur. Ils évaluent le prix possible probable des engagements complètement exécutés à une échéance donnée. Ils identifient le porteur de la perte potentielle au cas où le crédit ne serait pas remboursé. Et ils donnent un prix au risque de crédit par la perte que la caution effective du prêt est nominalement capable de verser au prêteur en remboursement de toute perte nominale.

La prime de crédit est une probabilité entre le réel et l'estimatif puisqu'il s'agit d'évaluer un possible raisonnable qui ne s'est pas encore produit et ne se produira peut-être pas. Tout acheteur de prime de crédit sait que son risque est limité à la condition de financer l'autorité validant la loi par quoi l'objet du crédit est défini. Les agences de notation privées captent le prix d'une responsabilité générale publique actuellement non exercée. Sans loi déposée et active de contractualisation du crédit, tout objet de crédit est librement falsifiable.

Le prix de l'autorité de la loi est le prix de la liquidité à l'échéance du contrat de crédit garanti. La théorie du crédit permettant le calcul véritable du crédit est donc radicalement simple : une loi juridique, un objet de contrat, un livrable concret à l'échéance, un prix nominal, une prime de crédit, une prime de liquidité, un marché de droit, des prêteurs et des emprunteurs personnellement identifiés et responsables de leurs obligations.

Pour que le prix nominal, la prime de crédit et le prix de la liquidité soient calculables en équilibre de l'offre et de la demande, il faut : (1) des sujets prêteurs et emprunteurs identifiés, (2) des objets déposés vérifiables, (3) un périmètre délimité de contrats de crédit en cours, (4) une contractualisation systématique des cautions et (5) une cotation publique transparente des primes. La prime de crédit est la valeur subjectivement actualisée du prix nominal que les acheteurs et vendeurs primaires s'accordent à garantir à l'échéance du nominal.

La loi, l'autorité et le marché de négociation du crédit ne sont pas identifiables sans l'unité de compte monétaire. La monnaie est le seul moyen de qualifier le système marchand d'application de la loi par l'autorité publique qui fonde la légalité des prix. Un marché de CDS se définit par sa monnaie qui ne peut être la même que celle d'un autre marché de CDS appliquant d'autres lois. Un périmètre de négociation des primes de cautionnement est donc un marché monétaire cotant la liquidité de tout contrat de crédit dans une même monnaie non fongible avec d'autres.

La monnaie posée comme prime systémique de la liquidité du crédit

L'infongibilité des monnaies nécessaire à la mesure et à la couverture du crédit impose la cotation des monnaies comme unités de crédit de marchés différentiés par les lois politiques différentes qu'ils appliquent. Le CDS d'une monnaie étrangère sur un marché se définit pour ce qu'il est de fait : la prime de change d'un contrat de change à terme de crédits en monnaies distinctes mises à parité. La monétisation internationale des primes de crédit redonne à la puissance régalienne publique la fonction de notation du crédit en dernier ressort.

L'adossement de l'euro à un marché de CDS implique une chambre européenne publique de compensation. Tous les débiteurs garantis en euro doivent y déposer le compte de tous leurs contrats de crédit impérativement garantis par des primes de crédit. Les cautions sont nécessairement distinctes des emprunteurs. La compensation créée une solidarité calculée entre la masse des emprunteurs, des prêteurs et des acheteurs primaires. La compensation en euro implique alors une circulation publique et vérifiable du capital en monnaie ; laquelle interdit la dissimulation des engagements de crédit et oblige à s'acquitter de la fiscalité finançant la loi du crédit.

L'indexation du crédit en euro sur une compensation publique transparente transforme l'activité de notation du crédit en production de modèles d'appréciation du crédit selon les lois, les prix et la moralité des emprunteurs. La rémunération des notateurs est indexée sur la qualité des modèles ; laquelle est appréciée publiquement dans la compensation en euro des primes de crédit. Les acheteurs primaires du crédit garants effectifs du risque de crédit achètent les modèles de notation à proportion de la certitude qu'ils leur apportent sur le crédit des débiteurs qu'ils couvrent.

Un marché de garantie systématique de tout objet de crédit par des primes compensées dans une unique monnaie est en soi un moteur de notation objective, réaliste, sûre et concrète. Le règlement monétaire compense les primes dans une loi commune au prêteur et à l'emprunteur. La notation est alors la prime d'un emprunteur réglée sur le prix emprunté de l'objet à terme. La valeur de la notation est alors d'engager la responsabilité effective d'un acheteur primaire sur le crédit d'un emprunteur. Le crédit est apprécié par l'impossibilité marchande de se dérober à la réalité de ses engagements entre l'emprunteur et ses garants. La prime de compensation d'un CDS devient alors une monnaie absolument stable.

Pascal Ordonneau : Le financement privé des Etats et leur notation sont-ils illégitimes ?

Repost 0
Pierre Sarton du Jonchay - dans Monnaie
commenter cet article

Pierre Sarton Du Jonchay

  • : Le blog de Pierre Sarton du Jonchay
  • Le blog de Pierre Sarton du Jonchay
  • : La crise économique actuelle a ses racines dans la civilisation. La compréhension des phénomènes en cours exige une redéfinition de la monnaie, du crédit, du risque, du marché et de la responsabilité publique. La discussion est ouverte.
  • Contact

Recherche

Catégories