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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 18:43

L'actuelle constitution de la République Française est construite sur l'articulation des fonctions aux hommes et sur la division des fonctions nécessaires et suffisantes à l'Etat de droit au service des libertés publiques. Si l’on ne fait pas la différence entre le texte et son actualisation interprétative par des rôles et les acteurs législatifs, judiciaires et exécutifs distincts, dont notre constitution et notre système juridique posent fermement l’existence et la mission, alors on fait le lit de la religion féroce. La religion de la liberté individuelle absolue régie mécaniquement par le pouvoir du capital monétaire de la ploutocratie hors sol et hors loi des citoyens.

Le Président de la République n’est pas le chef de l’exécutif ni dans le texte ni dans l’esprit de la constitution de la 5ème République. C’est bien le premier ministre qui dirige et conduit le gouvernement à la condition fondamentale déterminante de ne pas agir contre l’opinion de la majorité des députés. Le président de la république n’a qu’un pouvoir judiciaire particulier qui est de nommer le premier ministre dont la politique exécutive puisse être soutenue par les majorités d’opinion que le président discerne au sein du corps des députés de l’Assemblée Nationale. Une fois le premier ministre investi du pouvoir exécutif de la majorité politique de l’Assemblée, le Président ne peut rien décider d’autre que les commentaires qu’il fait de la politique gouvernementale devant l’opinion et la dissolution de l’Assemblée Nationale s’il juge que celle-ci n’est pas en phase avec le pouvoir exécutif ni avec la majorité du corps électoral.

L'hypothèse de la bonne foi

Le problème de l’électeur démocrate entre les candidatures Le Pen et Macron n’est pas de choisir le moins pire des dictateurs mais de désigner le moins mauvais censeur de la politique gouvernementale que le futur président sera au nom de la nation souveraine. Contrairement à ce qu’ont laissé croire la plupart des candidats emportés dans le spectacle médiatique, l’élection présidentielle n’est pas le choix d’une politique ni de son chef exécutif. Eu égard au triomphe de l’ordo-libéralisme en France par le moyen de la technocratie bruxelloise et de la finance indépendante des États de droit, la fonction du futur président français ne sera pas d’incarner une prépondérance de la droite ou de la gauche, soient-elles extrêmes, mais d’interpréter la volonté du peuple français à se dissoudre dans le consumérisme globalisé ou à poursuivre son projet de démocratie sociale juste.

Quel que soit le gagnant du second tour de l’élection présidentielle, une infime partie de ce qui aura été promis par les candidats sera appliqué, sauf si les électeurs désignent une majorité absolue de députés dans le parti politique du futur président. Or la décrédibilisation des programmes et des projets qui ont structuré la vie politique française depuis une génération est beaucoup trop profonde pour qu’une majorité parlementaire claire se dégage par la dynamique de l’élection présidentielle. La recomposition du paysage politique autour des enjeux concrets de la protection sociale, du pouvoir des États, de la régulation financière, de la responsabilité économique, de la régénération des milieux naturels va se faire par tâtonnements, essais et erreurs. Il y aura probablement cohabitation de visions différentes entre Assemblée Nationale, Gouvernement et Président de la République. Il est vraisemblable que l’Assemblée Nationale sera dissoute, que plusieurs premiers ministres se succéderont et que le Président démissionnera ou sera mis en accusation avant la fin de son mandat.

Protéger la dignité de tous les citoyens même de ceux qui ont tort

Le danger imminent pour la démocratie en France, en Europe et pour la civilisation humaine est une victoire trop massive d’Emmanuel Macron. Elle provoquerait une adhésion factice au programme libéral flou du nouveau président qui serait poussé à accentuer l’effacement de la fonction du premier ministre pour pallier l’inconsistance politique du futur parlement dominé par un marais d’extrême centre. Le Président de la République pourrait ne plus être qu’un associé gérant délégué par la finance globale pour administrer le démantèlement de la souveraineté des États définitivement démis de leur fonction de régulation économique, financière et monétaire au service de la société civile et des droits réels des citoyens.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 14:52

L'élection présidentielle française débouche après le premier tour sur une impasse existentielle. Les Français sont enjoints soit de s'abandonner comme peuple et société dans la globalisation libérale des consommateurs commandés par la dette, soit de s'extraire du monde pour persévérer dans leur être commun, leur travail, leur vie propre et leurs lois. Cette impasse découle d'un point de départ flouté qui est la notion et l'expérience de la souveraineté. Cette notion est l'argument d'une guerre de religion qui dispense et les libéraux et les souverainistes d'expliciter la réalité collectivement désirable dans le débat politique.

L'économie incohérente d'un monde sans souveraineté

La souveraineté n'a pas de sens efficient dans nos réalités économiques et politiques si elle est enfermée dans la théorie du dépassement dialectique inéluctable des États-nations par la globalisation des échanges à l'échelle unique d'un monde sans frontières. Pour illustrer l'inconsistance d'une représentation du monde sans souveraineté, il suffit de regarder l'état actuel de la zone euro. Les États ont mutualisé leur pouvoir d'émission monétaire dans une BCE indépendante des pouvoirs politiques ainsi que leurs pouvoirs de législation économique dans une "Commission Européenne" indépendante des parlements nationaux.

Or la souveraineté se vit à l'échelle des peuples et des sociétés comme le contrôle des réalités objectives d'une même communauté d'intérêts par les lois, le pouvoir et la justice de cette communauté d'intérêts. Quels que soient la nature et l'expression des intérêts, ils ne sont pas représentables dans une politique du réel sans la médiation de communautés constituées. La transformation du réel implique forcément des coalitions d'intérêts pour coordonner des actions intéressées à un objectif commun. Quelle que soit la taille de la communauté constituée dans une politique d'action commune, que le sujet de l'action soit le clan, le village, l'association, le pays, la nation, l'empire, l'ONG ou l'humanité toute entière, il n'est pas de responsabilité ni de sens à l'action si la communauté n'est séparée et distincte des autres communautés posées comme étrangères dans un extérieur juridiquement défini.

De fait, la souveraineté se vit comme une appropriation d'un compartiment nominalement délimité de la réalité objective par une communauté de loi, de pouvoir et de justice entre des sujets solidaires par la loi, le pouvoir et la justice qu'ils ont mis en commun. Le point de départ de l'union politique des Européens et de la zone de monnaie unique sont les États-nations constitués en communautés nationales de loi, de pouvoir et de justice juxtaposées sur le territoire commun de l'Europe. Avant l'Union Européenne et avant l'euro, la souveraineté politique des sociétés humaines sur les choses matérielles s'exerce exclusivement mais concrètement par les États-nations.

Pour libérer les échanges et solidariser les Européens dans une chose commune, une république, l'Union et l'euro ont aboli les frontières qui résidaient dans le fait des lois nationales distinctes et des pouvoirs politiques identifiables. La direction d'un pouvoir politique par les lois de la communauté constituée dans ce pouvoir était distingués par une monnaie propre. La valeur relative de la production d'une communauté géopolitique aux autres communautés était exprimables par le prix fluctuant des parités de change des monnaies nationales. Les frontières juridiques matérialisées en unités de compte différentes rendaient factuelles des compensations monétaires de justice. La justice était concrètement différenciable et ajustée selon la domiciliation des sujets de droit impliqués dans les transactions litigieuses.

La dette incalculable de la non-souveraineté

La conséquence de l'effacement des frontières a bien été la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes dans un espace matériel unique. Mais cette unification de l'espace matériel a un prix moral et financier : l'accumulation de dettes non remboursables de l'Europe non germanique à l'égard de l'Europe germanique. Pour ralentir la croissance des dettes dans le contexte d'une monnaie unique à des communautés de droits différentes sans gouvernance commune, il n'est pas d'autre solution que de diminuer les revenus des communautés locales d'intérêts dont les représentations et l'activité ne sont pas visibles par la communauté globale.

L'unification physique des Européens n'est pas payée par une unification réelle, c'est à dire par une unification morale, politique et financière qui équilibre la matérialité des échanges. De fait, les souverainetés nationales ont disparu mais la vision que les Européens gardent de leur république commune reste structurée par le fait des nationalités. Il y a effectivement accumulation de dettes non remboursables des non-germains à l'égard des germains d'où découle une politique européenne empirique d'anéantissement des pouvoirs politiques locaux surendettés. La réduction forcée des revenus du travail dans les États déclarés en déficit public abroge les droits du travail et de la société qui sont préjudiciables à la rentabilité financière du capital qui garantit les dettes.

L'effacement des frontières politiques, judiciaires et économiques a débouché sur le mur de la dette contre lequel le droit, la vie et la solidarité des personnes physiques pauvres se désintègre mécaniquement. Les échanges dans l'espace physique ne peuvent plus s'équilibrer, donc se compenser dans un espace moral, politique et financier cohérent avec des communautés d'intérêts structurés lisibles. La souveraineté n'existe plus de fait. Il n'y a plus de responsabilité calculable, négociable et compensable des sujets de la plus-value sur les objets réalisables de la plus-value virtuelle financiarisée.

La Commission Européenne et la BCE indépendantes des États nationaux et non encadrées par un État européen de souveraineté mutualisée partageable, opèrent de fait une dissociation absolue entre la réalité économique objective des individus atomisés et la réalité politique subjective des citoyens solidaires par la démocratie sociale. Le néo-libéralisme totalitaire s'est imposé mécaniquement par négation de la souveraineté nécessaire. Toute délibération politique s'est évidée en opposition insoluble entre souverainisme collectiviste et liberté individuelle.

Dans le monde numérisé d'aujourd'hui, la virtualité financière est par construction subjective, donc commune à tout individu quelle que soit sa culture nationale. Mais la réalité objective des individus incarnés dans des sociétés réelles est dans les faits structurée par les lois, les pouvoirs et les jugements des acteurs réels de l'échange. Derrière les apparences et les idéologies, les États nationaux matérialisent dans la conscience subjective des individus globalisés ou européïsés, l'efficience possible et demandée des lois, des pouvoirs et de la justice factuelle.

Monnaie non gouvernée, conscience dévoyée

L'intérêt financier du détenteur libéral du capital est immédiat dans la négation de la souveraineté : il détermine mécaniquement le calcul des prix et des plus-values par une compensation bancaire mondiale privée factuellement exonérée des lois, des charges d'intérêt général et de tout critère public partageable de justice. Mieux encore, les sociétés politiques par qui la production de la plus-value réelle est effective, sont mécaniquement obligées de servir une plus-value sans contrepartie aux propriétaires individuels du capital pour pouvoir disposer d'une unité de compte de compensation universelle de leurs échanges réels de travail productif. Les dépôts bancaires des travailleurs domestiques sont à la merci du capital anonyme ubiquitaire libre de toute loi.

Nier la souveraineté et les États-nations qui en sont la condition de possibilité efficace, aboutit concrètement à neutraliser la loi. La responsabilité humaine objective du prix et de la plus-value n'est pas judicieusement compensable et liquidable entre les intérêts individuels inégaux. Récuser la souveraineté par le libéralisme est aussi le moyen d'interdire l'émergence d'une souveraineté monétaire et fiscale européenne légale et publique. L'exacerbation des visions nationalistes induites sur la réalisation possible d'un intérêt commun des Européens empêche objectivement d'organiser la solidarité fiscale opérative entre les démocraties. La régulation de la circulation du capital par les droits du travail, du citoyen et de la nature, factuellement différents selon les nations qui les expriment est rendue inintelligible dans la réalité.

L'économisme libéral focalise l'attention sur l'individu : l'altérité et la différence sont dissoutes dans le comptage ; la responsabilité de reconnaître le vrai se réduit au calcul monétaire ; le travail du réel est avalé dans la comptabilité des dettes ; la solidarité contractuelle se résout en propriété du capital financier. L'humain est de fait librement marchandisable de manière qu'il soit toujours possible aux forts de prendre possession des faibles par la dette et par l'exclusion des processus de valeur rentable. L'interdiction de la souveraineté par la globalisation au-dessus des États élimine du calcul de la plus-value du capital le prix des biens communs publics que sont l'existence et la solidarité de citoyens responsables de ce qu'ils produisent pour la satisfaction des besoins de tous.

L'affaire de la viande de cheval roumaine non déclarée dans les lasagnes françaises... avait révélé les ressorts de la rentabilité financière de la non-souveraineté. Les marchandises ainsi que les flux financiers étaient passés par plusieurs intermédiaires sous plusieurs juridictions non coordonnables du marché unique. Ainsi était-il possible de rompre la chaine d'information et de justification du prix final par le produit objectif réellement livré au consommateur et au citoyen. La réalité subjective matérialisée dans le prix réglé à la chaine des intermédiaires cachés par le secret bancaire des affaires, n'était pas vérifiable en réalité objective définie et contrôlée par la loi d'un seul et même État de droit, lequel soit représenté et efficient par la responsabilité de la monnaie propre dans laquelle il opère.

L'anti-souverainisme est rentable en créant les conditions pratiques de l'inégalité devant la loi et l'impôt. L'arbitrage réglementaire entre des juridictions faussement équivalentes est une source inépuisable de plus-value artificieuse prélevée par les forts transnationaux sur les faibles enclavés dans des États impuissants et divisés face aux intérêts privés dissimulés dans l'anonymat monétaire. La souveraineté est la responsabilité objective des prix de la réalité concrète délimitée par les frontières visibles de la loi. La loi sépare et relie les sujets différents et pluriels de la plus-value à la condition de la monnaie qui représente les sujets différentiables de la souveraineté. Les libéraux dénigrent la souveraineté parce qu'elle les obligerait à rendre des comptes réels sur la transformation de leurs discours en actes bénéfiques à toute humanité par une loi commune effective.

La monnaie qui gouverne le prix par la loi des citoyens

Répétons que la chambre keynésienne de compensation des dettes internationales par le bancor est depuis 1944 l'instrument financier efficient de la responsabilité calculable des souverainetés sur la réalité économique mondiale partageable dans la démocratie. Les libéraux ont noyé la proposition keynésienne dans des arguties d'impossibilité technique pour ne pas perdre le pouvoir de l'oligarchie et du nationalisme sur la majorité des citoyens du monde. Dans l'actuel Système Européen des Banques Centrales (SEBC), il suffit de mutualiser sous un État confédéral de l'euro les énormes soldes de compensation, créditeurs pour les germaniques et débiteurs pour les non-germaniques.

Au lieu d'utiliser les 800 milliards de liquidité inter-étatique gelée dans le SEBC à détruire la réalité des droits des peuples en garantie des pseudo-intérêts nationalistes de leurs créanciers, la balance des soldes de liquidité entre banques centrales de l'euro peut devenir le budget d'investissement de la Confédération de l'euro. L’État confédéral doté d'un gouvernement financier politiquement responsable devant un parlement de l'euro formé par les députés européens des États membres devient propriétaire public de l'emploi et du remboursement des soldes des banques centrales nationales à la BCE. Cela signifie que le gouvernement confédéral devient nu-propriétaire public des titres de dette publique et privée qui forment le collatéral de la masse monétaire centrale en euro.

La nu-propriété confédérale du collatéral en euro détermine un pouvoir souverain solidaire entre national et confédéral de contrôle juridique et politique des émetteurs de titres. La fiscalisation confédérale des acheteurs de titre assure la solvabilité des émetteurs. Le budget confédéral de l'euro devient assureur systémique de la solvabilité publique et privée dans le périmètre de souveraineté de l'euro. La fiscalisation des acheteurs de titres finance une politique eurozonale d'investissements publics dans la stabilité du crédit, dans la conformité des livrables aux droits du citoyen européen, dans l'efficacité des services publics, dans la transition énergétique et dans l'aide au développement extérieur.

L'euro devient inconvertible en devises extérieures à la souveraineté en euro sauf si le créancier ou le débiteur de la contrevaleur en euro est représenté par une personne morale dument capitalisée de droit eurozonal. Dans la compensation du SEBC, la représentation physique des étrangers dans la souveraineté de l'Eurozone garantit le respect universel de la loi et l'acquittement de la fiscalité en droit confédéral commun. La taxation confédérale des mouvements de capitaux entrant et sortant a pour but de garantir la solvabilité extérieure réelle des ressortissant de l'euro et la légalité sociale et environnementale des importations dans l'Eurozone.

Constitution économique de la politique de souveraineté européenne

L'entrée ou la sortie dans la souveraineté politique, juridique et financière de la Confédération de l'euro est par définition un acte de souveraineté nationale libre et réversible. Contradictoirement aux catéchismes libéral et nationaliste, le rétablissement du lien entre prix et souveraineté par la monnaie keynésienne politiquement compensée fonde la responsabilité des peuples sur leur liberté d'entreprendre. Intégrer la confédération de l'euro signifie acheter une prime d'assurance du crédit en droit européen moyennant : la participation des euro-députés nationaux au parlement de l'euro ; la renonciation à la propriété nationale du solde créditeur de la banque centrale nationale à la BCE ; l'acquittement de la TVA financière confédérale sur les crédits et débits interétatiques.

Sortir de la confédération de l'euro signifie la liquidation de la prime d'assurance du crédit national en droit européen. Cela revient concrètement : à ne pas bénéficier des investissements confédéraux ni de la garantie confédérale des dépôts que les investissements confédéraux rachètent ; à dévaluer ou réévaluer sa monnaie par rapport à l'euro selon la politique de change souveraine de la Confédération ; à s'acquitter de la fiscalité financière en euro dans les échanges avec l'Eurozone. Autrement dit, la compensation keynésienne publique du capital par le crédit confédéral en euro permet de donner un prix économique légal de souveraineté vérifiable au statut actuel du Royaume Uni que n'importe quel État-nation de l'Eurozone peut imiter selon sa vision libérale ou démocrate de ses intérêts nationaux et européens.

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 07:24

Il est prudent de ne pas désigner la perversion nationaliste par le vocable de "souverainiste".

Il ne faut plus tomber dans le piège de l'amalgame du globalisme libéral sans Etat avec le véritable internationalisme. Les nationalistes internationalistes posent la réalité des nations comme manifestation de la collectivisation nécessaire au vivre ensemble humain. Les nationalistes idéologiques ne considèrent pas la réalité vivante et féconde des nations mais l'idée ramenée à leurs intérêts particuliers exclusifs du commun et de l'universel. Comme les libéraux affairistes ou dogmatiques, les nationalistes idéologiques instrumentalisent les nations pour diviser l'humanité en objets manipulables contre elle-même.

La même escroquerie fonctionne avec le socialisme : il y a les socialistes qui se servent du concept pour en détruire la réalisation efficiente concrète. Et il y a les socialistes qui réfléchissent et discutent à la réalisation de l'humain par la production de sociétés qui fassent du lien et de la solidarité entre les individus.

Le platonisme aujourd'hui libéral fonctionne depuis l'origine comme une destruction de la réalité soit par réduction de la matière à la forme, soit par absorption de la substance dans l'idée, soit encore par absolutisation de la loi ou de la règle hors de l'effet sensible concret. Il faut garder la réalité objective discutable dans la réalité subjective libre. Il faut maintenir l'économie des intérêts particuliers dans la délibération politique de l'intérêt général.

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 10:58

ImageJorion
Les attentats de Paris et Bruxelles ont délivré à des gens ordinaires le message de leur insignifiance aux yeux d’autres gens ordinaires. Des terroristes ont déclaré à la face des gens actuels qu’ils ne sont rien dans un monde qui n’a pour eux plus de sens. Cette fièvre nihiliste a-t-elle une origine ? La montée de l’idéologie islamiste est concomitante au triomphe de la mondialisation financière et à la désintégration de l’utopie communiste. Les oligarchies libérales sont en guerre contre les peuples pendant que des organisations terroristes sophistiquées agressent les sociétés de droit.

La cupidité libérale coïncide sans frottement avec le fanatisme théocratique. La guerre contre le terrorisme arrive à point pour relancer les dépenses en dépit de la surcharge des dettes non remboursables. La réalité disparaît sous une nécessité qui semble échapper à toute volonté. Plus personne ne décide et il n’y a pas d’alternative (TINA). Il n’est plus que le choix entre des mécanismes financiers imparables ou la vanité définitive de l’existence terrestre pour les mécréants. Il n’y a pas ou plus de capital pour tous.

Le capital, la Loi et la personne

Le capitalisme est un régime d’économie politique où la richesse reconnue comme telle a son origine dans l’initiative individuelle formulée dans une loi commune. La loi qui permet le capital est à l’origine, humaine et vivante. La mesure du capital en vue de l’échange et de la transformation en biens s’effectue par des personnes physiques. Par la loi vivante, les individualités personnelles sont réciproquement solidaires dans des personnes morales. La personnalisation morale des individus fonde la réalité économique du capital.

A l’origine, la rationalité du capital est verbale. Elle implique un verbe social par quoi la raison des individus élabore un objet partageable transformable dans la réalité commune. La personne morale est l’unité décisionnelle d’une association, d’une concertation, d’une délibération de personnes physiques. Par la confiance morale dans la loi vivante commune, les personnes répondent collectivement du prix du capital proposé comme bien disponible à la vente sur le marché.

L’existence probable du capital par les personnes physiques moralement solidaires fait la consistance économique de la dette. Le capital de la personne qui vend est cessible contre la dette de la personne qui achète. Le prix de la dette de l’acheteur est crédible par la disposition effective d’un capital collectivement reconnu ; et par la double garantie morale de la collectivité dépositaire de la loi commune ainsi que de l’existence vérifiable dans la société vendeuse de la chose sous le capital.

Depuis son origine dans l’Europe du Moyen-Age, le capitalisme a oscillé entre deux substantiations possibles de la personne. La substantiation simpliste réduit la personne à ce qu’elle possède physiquement. La substantiation complexe attribue des prix aux choses selon les contrats entre personnes : les dettes sont le prix des choses à livrer par les choses possédées entre les personnes irréductibles à ce qu’elles peuvent vendre ou acheter. La dette est consubstantielle à l’appropriation qui implique en disposant du prix de produire pour autrui. La possession individuelle du capital est soit simplement pour soi-même au-dessus des autres, soit personnelle au service d’autrui dans le contexte de la société politique.

Dette d’usure ou dette interpersonnelle

Si l’économie du prix est déterminée par des individus, le capital hiérarchise les individus par un pouvoir issu des choses. Si l’économie du prix est déterminée par les personnes dans leurs relations de réciprocité, le capital est contrevaleur réelle de toutes les dettes que les personnes se reconnaissent entre elles. Tout individu quoi qu’il possède est alors débiteur du prix de ce que la société politique lui confie. Dans la morale qui fonde le capital à l’origine, la propriété n’est pas le droit d’abuser des choses que l’on possède mais le devoir d’en user au bénéfice des personnes. Si au contraire le capital est juste une surface quantifiable d’individus, les dettes qui naissent de la circulation des biens usent les personnes qui ont moins de surface que d’autres.

Le capitalisme libéral est la forme du capitalisme imposée au XIXème siècle qui permet de comptabiliser le prix du capital, donc de la dette qui l’achète, hors de la responsabilité personnelle. Les dettes du capital emprunté se calculent indépendamment de la dignité des personnes. Les juristes libéraux ne récusent pas la responsabilité : ils la désubstantivent en excluant la société politique de la régulation du marché où se négocient les prix. Le capital libéral est fiction de prix sans réalité collatérale publiquement et ouvertement vérifiable. Le capital libéral existe libéré de la loi d’égalité de droit entre les personnes physiques dans les personnes morales.

Le capital libéral existe par la seule virtualité juridique. Le principe juridique nominal du capital irréel est le titre de société dite anonyme par quoi le propriétaire du titre peut utiliser le pouvoir d’achat du capital titrisé sans se faire reconnaître physiquement. La société anonyme qui justifie le capital n’est plus obligatoirement incarnée par des personnes physiques. Il n’y a pas d’obligation de réalité des personnes au-dessus des choses publiquement visibles pour répondre du prix du capital dans les dettes.

Masquer la responsabilité personnelle physique par un titre négociable contre dette, entraîne que des intermédiaires financiers puissent emprunter au profit d’intérêts anonymes. La dette « ex nihilo » prêtée par des inconnus devient substance invisible d’un capital scripturaire. Les propriétaires anonymes du capital peuvent, par la seule parole de l’intermédiaire qui les masque, utiliser librement le pouvoir d’achat du titre sans être reconnus par la société qui définit le Droit. Le régime libéral place les propriétaires de titres financiers hors du régime commun de responsabilité par quoi on règle sur ses biens réels propres les charges qu’on inflige à la société civile.

Spéculation du capital sans travail

La conséquence immédiate du capital anonyme est le décret du prix du travail par le seul intérêt du capital. La détermination du travail nécessaire à la production est le fait exclusif du capital. L’établissement du prix en proportion de la plus-value finale est propriété du capital et des individus qui le contrôlent. La personne qui travaille vend son activité à un acheteur virtuel sans corps et sans âme. La dette qui peut acheter le travail n’est plus calculable en humanité réelle. Le travail-même n’appartient plus à celui qui agit mais à une comptabilité anonyme désincarnée.

L’anonymisation du capital déshumanise les prix. Le prix devient valeur en soi par une simple écriture détachée de la réalité objective. Le capital dématérialisable engendre une dégradation de la monnaie. La monnaie redevient la matière comptable primitive de ce qui a de la valeur en soi hors d’une quelconque responsabilité personnelle morale et physique. Le pouvoir de quelques individus suffit à justifier les prix indépendamment de la loi et d’une identification collective et partageable des biens objectifs réels.

Jusqu’au XVIIIème siècle, quand les titres financiers ne sont pas encore négociables par un marché officiel, l’unique moyen légal et moral d’émettre de la monnaie a été de déposer des richesses réelles auprès de personnes publiques souverainement instituées. La monnaie qui matérialise la liquidité du prix des choses échangées est à l’origine une dette garantie par le souverain. La loi commune explicitement appliquée à tous les échanges interpersonnels peut seule conclure la discussion du prix d’un bien contre dette réglée en monnaie.

Le souverain indifféremment physique et moral a d’abord émis des pièces de monnaie contenant en elles-mêmes le métal qui puisse valoir le prix nominal inscrit sur le signe. Puis l’affermissement de la confiance publique dans un état politique reconnu et partageable à permis l’émission des titres papier de dette du Trésor Public. Le prix de la monnaie en papier fut garanti par la réalisation collatérale souveraine de la loi commune. Le bien commun légal était financièrement assuré dans la solidarité fiscale. La solidarité fiscale instaurée par la loi commune fait le Trésor Public par quoi tout créancier en monnaie d’une réalité publique licite est assuré de recevoir les quelconques biens promis par la collectivité des personnes.

Privatisation de la fiscalité et propriété privée

Les assignats furent émis sous la Révolution Française comme titres de propriété potentielle à terme sur les biens nationalisés du clergé. L’impôt exceptionnel sur le capital d’un groupement social impliquait que les nouveaux pouvoirs publics se substituent aux personnes expropriées dans la production des services qu’elles assumaient. Mais la désorganisation de l’État, la disparition des services financés par le capital de l’institution ecclésiale, l’insuffisance de la production nationale et la volatilité des recettes fiscales entraînèrent la dévalorisation donc la démonétisation des assignats émis.

La sacralisation de la propriété privée confirmée par la Révolution Française un siècle après les révolutions hollandaise et anglaise avait rendu possible l’émission de titres de créance sur un capital privé soustrait légalement à la vérification publique de la loi commune. Les créances d’origine privée avaient conquis le même statut obligataire public que les créances du souverain. A l’intérieur de son domaine privé de propriété, la loi de l’individu devient souveraine.

L’émission des signes monétaires n’avait plus pour contrepartie unique les créances de la volonté générale sur la société mais le prix d’effets exclusivement privés de volontés particulières soustraites de la loi commune par la loi formelle. La puissance publique n’était plus totalement responsable de la valeur réalisable du signe monétaire. Les intérêts privés progressivement anonymisés se sont appropriés en un siècle toute la substantiation de la matière monétisable.

La révolution industrielle a été financée par l’adossement de l’émission de la monnaie au prix des titres financiers anonymes. Le signe monétaire totalement déconnecté de la responsabilité personnelle du réel s’est imposé au XXème siècle avec l’internationalisation obligatoire du dollar. La déshumanisation de la monnaie et du prix s’est achevée dans l’instauration de l’euro, première monnaie légalement multinationale abstraite de toute loi incarnée par des sociétés politiques constituées.

La monnaie virtualisée de l’État désincarné

Jusqu’à l’avènement du dollar et de l’euro, les monnaies sont émises par des nations en devenir constituées en États de droit. Les gouvernements des états nations sont matériellement responsables des conséquences générales de leurs décisions par le prix international de leur monnaie sur le marché mondial. Selon qu’une politique gouvernementale est jugée ou non créatrice nette de valeur par la collectivité nationale et internationale, le marché des changes pousse à dévaluer ou réévaluer les parités internationales du titre monétaire. La personne étrangère est juge public indépendant du bien-être de la personne domestique.

A partir de 1945, la Réserve Fédérale des États-Unis dont le capital est privé, étend au monde entier son droit domestique d’émettre des dollars hors du contrôle politique légal. Les dettes de l’État fédéral étatsunien sont réglées par des certificats de dépôt sur des banques privées non seulement auprès des fournisseurs domestiques étatsuniens mais des créanciers extérieurs étrangers à la légalité étatsunienne. Les intérêts particuliers privés de la banque hors sol de droit étatsunien deviennent la contrepartie internationale de l’émission monétaire des souverainetés nationales étrangères à la loi libérale étatsunienne.

Le libéralisme étatsunien est pur, fondé sur le puritanisme. L’individu est seul face à la vérité qui n’a pas de transformation commune. La loi s’applique telle qu’elle est écrite. Les faits ne sont pas négociables ; les individus ne sont pas interprétables ; il n’y a pas de transition entre mal et bien. Le bien commun est une théorie concrètement inconciliable entre des intérêts individualisés. L’État n’a pas de personnalité morale ; il ne représente pas d’intérêt général qui soit plus que la somme des intérêts particuliers.

Jusqu’au 15 août 1971, les souverainetés étrangères gardent un moyen de pression sur l’émission de monnaie bancaire en dollar par le rachat à prix fixe garanti des réserves d’or de la banque centrale privée des Etats-Unis. Par la convertibilité fixe du dollar en or, les états nationaux sont demeurés comptables du prix international réel de leur monnaie. Les réserves de change en métal et en titres de dette publique étaient les contregaranties officielles reconnues entre banques centrales nationales. Les transferts en matière précieuse exécutaient une politique monétaire établie dans les lois nationales.

Monnaie libérale et politique vidée de sa substance

A partir de 1971, les États n’ont plus d’obligation les uns envers les autres. Les personnes morales publiques en puissance encore dirigées par des personnes physiques répondant du pouvoir d’achat international d’une monnaie ne sont plus que des motifs de spéculation. Vis-à-vis de leurs ressortissants comme de leurs créanciers étrangers, les États sont le prix arbitraire invérifiable d’actifs financiers en monnaie nationale. Le pouvoir factuel de donner substance à la monnaie est intégralement transféré au capital privé des banques. Les États sont émetteurs de titres mais comme n’importe quelle autre personne privée au service d’intérêts particuliers propres indépendants d’un intérêt général délibéré.

Depuis 1971, les prix internationaux et donc nationaux s’expriment par des monnaies dont la valeur n’est pas légalement définie en responsabilité réelle des personnes qui gouvernent et produisent. Ni matériellement, ni formellement, la quantité de signes monétaire en circulation n’est reliée à la légalité collective des biens partageables effectivement livrés aux personnes physiques. Les intermédiaires politiques et économiques de la valeur ne sont plus responsables de ce qu’ils peuvent produire au bénéfice des personnes.

L’euro achève la déconnexion entre la loi commune et le prix en mettant les souverainetés en concurrence sur l’interprétation des lois dans l’économie. Les contrats privés priment la délibération des lois. La réalité ne se définit plus dans les personnes quand la loi s’achète qui délimite les intérêts réciproques. La politique du Droit est asservie à la production des choses au bénéfice des propriétaires indéfinis et anonymes du capital. Le pouvoir politique n’est plus l’expression de l’intérêt général souverain mais d’une confrontation des intérêts particuliers en capital évalué et négocié par les seules banques.

Dans le régime de la libre circulation bancaire du capital, il n’y a pas de frontière pour distinguer les intérêts personnels ni solidariser les personnes à l’intérêt général. La parole politique mécanisée est vide de bien commun. Le calcul économique est réduit à des mathématiques sans sujet ni objet autre que l’accroissement anonyme de la quantification d’un réel absolument fictionnel. La seule finalité reconnu au travail dans le calcul exclusivement économique est la plus-value monétaire au coût marginal de la vie.

La légalité n’est plus obligation d’humanisation des individus. Le bien être n’est plus l’effet du vivre ensemble dans des sociétés. Le capitalisme libéral universel applique le dogme de la neutralité morale de la monnaie. La quantité des signes monétaires en circulation n’a rien à voir avec la réalité des biens servis aux personnes individuelles et collectives. Les prix de la production s’accumulent dans des dettes exponentielles. La masse des consommateurs est infiniment débitrice de quelques démiurges qui créent les vrais biens rentables par le prix exclusivement monétaire.

Le renard libre dans le poulailler sans porte

La finance libérale est démiurgique ; elle détient le monopole universel d’identification et de définition des biens négociables. La liquidation du prix par l’écriture du crédit en monnaie est le seul objet possible de négociation. La mécanisation de la loi dans le crédit bancaire scriptural se substitue totalement à la délibération sociale et politique du droit des personnes. Dans la loi libérale, le travail n’est pas le fait de la personne qui humanise la réalité. Le travail est une marchandisation de l’individu chosifié ; un coût soustrait à la plus-value du capital sur le prix de la consommation qui ne travaille pas.

Le compte bancaire dématérialise le travail de la personne pour la personne. La relation personnelle devient insaisissable par l’abolition des frontières politiques. Le sens des choses n’est plus rapportable aux relations entre les personnes par les sociétés. Il suffit pour cela que les personnes physiques ne soient pas exhaustivement et centralement identifiées dans un état civil. Tous les noms propres ne sont pas référencés dans une nationalité qui oblige à la responsabilité effective des biens négociés.

Le financiarisme libéral dissimule la cause du prix en monnaie dans la discontinuité du lien de la propriété au propriétaire. L’impossibilité délibérée de rattacher les prix à des personnes physiques responsables de la réalité des biens titrisés a deux conséquences géopolitiques fondatrices : les paradis fiscaux et les territoires physiques de non-droit. Le paradis fiscal est une légalité fictionnelle exonérant le dépôt financier de capital de la vérification par une loi souveraine. Les charges fiscales de souveraineté ne sont pas réglées qui pourtant permettent l’existence-même du capital.

Le paradis fiscal autorise la rémunération sans cause du capital par la seule décision du banquier exonéré de loi réelle par la loi écrite. Le territoire du non-droit trouve actuellement sa manifestation la plus affirmée dans le phénomène Daesh. Ce pseudo-état existe par anéantissement financier des États réels nominalement souverains sur le territoire occupé par Daesh. Il a suffi que le capital circule librement hors de la responsabilité des personnes dans des États irréels.

Les règles internationales du libre échange interdisent de taxer les flux aux frontières des États. Les droits des personnes ne sont pas assurables par l’application fiscale souveraine des lois nationales sur des territoires circonscrits. Les banques hors sol corrompent en toute liberté les pouvoirs politiques locaux au profit des intérêts particuliers qu’elles financent. Les intérêts particuliers exploitent les richesses naturelles, les vendent et les exportent à leur profit exclusif au mépris de l’intérêt général sans contribution aucune aux charges du bien commun.

L’argent de la terreur plutôt que la force de la justice

La prospérité économique et politique de Daesh est le fruit accompli de l’anarchisme économique libéral. Les intérêts agissant sous Daesh ne sont pas identifiables ni dans les flux de marchandises intraçables, ni dans les comptes bancaires hors sol, ni dans la propagande anonyme véhiculée par l’Internet. Les hommes de main de Daesh sont manipulés en n’importe quel point du globe par les mêmes techniques de programmation des consciences qu’utilisent les organisations capitalistes consuméristes du monde libéral. La conscience personnelle est affamée ; l’individu est sur-puissant.

La « sola scriptura », la monnaie scripturale, dont le capitalisme libéral réserve l’interprétation au seul intérêt particulier, actualise la vieille théorie de l’écriture divine incrée. Pour limiter à quelques prêtres politiques les bénéfices d’interprétation de la Loi, il est juste nécessaire d’inventer une écriture libre de la réalité inaccessible à l’intelligence commune des personnes concrètes. Les Omeyades ont inventé le coran inimitable pour fonder le premier califat. Les matérialistes libéraux perpétuent l’empire par l’économisme spéculatif. Les prix sont calculés en monnaie moralement neutre qui n’est pas vérifiable en droit réel des personnes égales en dignité.

Le capitalisme libéral est nihiliste comme le régime de dhimmitude dans le dar el islam. Le droit d’exister librement est financièrement payant. La valeur ne provient pas de l’égale dignité des personnes mais des fortunes inégales entre les individus. La répartition inégalitaire du capital et des pouvoirs traduit un ordre transcendant sans finalité ni raison intelligibles. Le paradigme est rentable dans l’impôt que les incroyants en islam, ou l’intérêt que les pauvres en capital, doivent verser à l’oligarchie pour acheter leur existence par le travail qui aliène sans motif.

Le nihilisme libéral pose l’impossibilité de la finalité vivante dans les personnes. Le travail détaché de sa raison d’être à informer le bien-être des personnes asservit les individus faibles aux individus forts. Si la mise en rapport des forces s’applique par un capital anonyme exclusivement financier, le politique a plus facile à promettre ce qu’il ne fera jamais, le banquier à financer ce qui n’est pas produit, le trader à spéculer sur la faillite des entreprises humaines, le manager à remplacer des personnes par des machines et des procédures, le communiquant à négocier du temps de cerveau en guise d’information et le ploutocrate à terroriser ses débiteurs avec les désespérés qu’il fabrique.

Souveraineté restaurée des personnes indexées en monnaie

Le terrorisme, l’état d’urgence civile, la guerre extérieure, la compétition législative entre États, la privatisation du bien commun, la dissimulation des identités personnelles et le dénigrement de la souveraineté sont les moyens nécessaires de la rentabilité du capital financier de l’oligarchie. Au contraire, l’établissement civil des personnes physiques reliées par des personnes morales fonde le capital des biens communs distribuables selon des besoins humains délibérables, discutables et vérifiables.

Le capital indexé par la personne signifierait que la monnaie ne peut être créditée qu’à des vendeurs de travail ; que le travail ne soit vendu qu’à des acheteurs effectivement responsables des biens capitalisés par le droit commun. L’abolition de la souveraineté et des frontières dénationalise la monnaie. Sans la nationalité des monnaies, la responsabilité des politiques, des banquiers et des entrepreneurs face aux personnes physiques n’est plus mesurable ; le prix des biens et des services est calculable sans la contribution aux charges communes d’assurance de l’existence intégrale des personnes. La souveraineté économiquement et juridiquement efficiente implique la personnalité morale de L’État de droit.

La personne publique incarnée est la seule protection réelle des pauvres contre la prédation des riches. Un État de droit est constitué en personne morale si et seulement si il dispose du pouvoir propre d’émission de sa monnaie, laquelle est définie comme prime d’assurance de toutes les obligations domestiques issues de la loi nationale. La monnaie qui assure la personne est adossée à l’état civil. Toute personne morale jusqu’à l’État dépositaire de l’état civil ne doit pas exister hors d’une identification exhaustive des personnes physiques qui l’incarnent.

Si l’État est assureur en dernier ressort des droits personnels, la responsabilité financière entre deux États distincts réciproquement débiteurs par leurs ressortissants ne peut se solder que par l’ajustement de la parité de change international. Le prix consolidé de toutes les dettes nationales publiques et privées à l’égard des personnes physiques nationales ou étrangères doit pouvoir varier dans les monnaies des autres États appliquant des droits différents de la personne. Sans la nationalisation des unités de compte, le remboursement obligatoire des dettes internationales signifie l’effacement des droits du plus faible entre des individus factuellement inégaux.

Un gouvernement juridiquement souverain ne disposant pas de sa propre monnaie est par force menteur, irresponsable et tyrannique. Si la monnaie est commune à des systèmes juridiques et des gouvernements distincts, les biens, services, dettes et liquidités produits sous une même juridiction ne sont pas librement négociables dans une juridiction alternative. La légalité et la justice ne peuvent pas avoir un prix propre comparable à d’autres juridictions.

Sortir la monnaie de la guerre d’anéantissement du travail personnel

Aux États-Unis comme en zone euro, les injustices entre les juridictions étatiques bien distinctes sont résolues par des dettes assises sur des non-valeurs. Il n’est pas possible de dévaluer une juridiction fautive pour qu’elle répare par sa production en monnaie domestique les dommages mesurés selon ses propres lois aux personnes nationales et étrangères. Sans monnaies distinctes, les citoyens n’ont aucun moyen de calculer le prix de leurs créances de justice sur les dirigeants des sociétés où ils travaillent.

A cause de la monnaie unique dans les 18 États de l’euro, les États forts sont instruments de pillage des États faibles. Les gouvernements surendettés doivent voter des lois iniques et aberrantes pour simuler une contre-réalité positive à des créances nihilistes impossibles à déprécier. A cause du dollar monnaie mondiale de réserve, les banques de droit divin utilisent impunément l’épargne des travailleurs pour volatiliser les prix des matières premières, acheter les lois et les gouvernements et financer l’exploitation des humains et de l’environnement dans les pays pauvres par le chômage et la dette des pauvres dans les pays riches.

La monnaie sans la souveraineté des personnes produit la fiction des richesses par la misère humaine. Dans la misère libérale, l’intelligence s’arrête à la représentation monétaire ; elle n’a plus accès à la réalité. Pour restaurer une valeur du réel dans le calcul des prix, les personnes physiques n’ont d’autre moyen que la réintégration forcée de leurs élites dans le corps de loi de leur puissance souveraine. Un crédit bancaire non rattaché à un objet légal doit avoir un prix nul en monnaie. Le dépôt dans la loi commune est vérifiable par les sociétés intermédiaires qui produisent le bien. Le prix déposé n’est garanti en capital qu’à la condition du travail de tous ses propriétaires.

Dans la zone euro, le prix d’un objet produit hors de la souveraineté européenne doit être nul sauf si un ressortissant physique d’une loi européenne se porte garant du prix non nul par son travail déposé en euro. Tout actif comptabilisé dans un paradis fiscal par une banque empruntant à la BCE doit avoir un prix nul sauf si le propriétaire réel déclaré règle la prime d’assurance fiscale du droit d’usage de son pouvoir d’achat. Tout importateur de quoique ce soit doit se porter garant fiscal selon une loi européenne, des droits personnels des travailleurs étrangers ayant produit le bien importé.

Titriser la souveraineté pour la rendre au citoyen

Toute loi européenne invoquée en justification du prix non nul d’un bien vendu sur le territoire de l’euro, doit être déposée au nom d’un État souverain. La souveraineté en euro implique la responsabilité personnelle financière illimitée des dirigeants politiques, laquelle est assurée par le capital de l’État confédéral indépendant des intérêts nationaux. La confédération des démocraties souveraines en euro a son propre corps de loi dont l’application est financée par une fiscalité propre indiscutable par les États nationaux ou locaux. En contrepartie, les recettes fiscales nationales et locales sont garanties par la confédération selon le jugement que la démocratie politique confédérale pose sur la conformité des gouvernances locales aux lois locales et communes.

A quelque niveau qu’elle s’exerce, la souveraineté est responsable d’elle-même à la condition de sa parité de change propre à l’intérieur de la zone euro. Le franchissement d’une frontière marque le changement de formulation de la loi dans une responsabilité juridictionnelle différente. La parité de change variable selon le ressort juridictionnel produit une rémunération monétaire non spéculative de l’efficacité gouvernementale. Une souveraineté en excédent de paiements courants sur une autre souveraineté en euro est en plus-value de légalité domestique par rapport à la loi commune des Européens.

La traduction financière de la plus-value de souveraineté est une réévaluation de la parité par laquelle les ressortissants des États en déficit paient une taxe de change au budget confédéral. Le risque de change intrinsèque entre des souverainetés distinctes devient la base de la fiscalité confédérale dont la finalité spécifique est l’assurance du droit des personnes physiques et morales sur tout le territoire de l’euro. La banque en euro n’est plus au-dessus de l’intérêt général mais dépositaire de l’identification et du prix des droits particuliers de chaque personne.

Tous les prix sont librement négociables à la condition du dépôt des biens négociés dans une légalité souveraine. Le prix des parités souveraines de l’euro et du capital des banques asservies à une souveraineté est la propriété de la personne morale étatique domiciliataire. Les charges et les revenus de la stabilité financière des monnaies et du crédit reviennent à l’intérêt général et non à des intérêts spéculatifs particuliers privés. La monnaie ne peut plus être émise sans la réalité visible des personnes engagées dans la Loi.

Sacrifier l’humanité à la barbarie libérale ou investir dans la démocratie

Le système de la monnaie civilisée est descriptible à partir de la philosophie politique européenne parce que mûrie dans la plus longue expérience de la démocratie. Le système étatsunien libéral a été imposé en Europe par la cupidité des élites. Il va sans dire que les règles ici posées de la civilité financière sont incompréhensibles aux actuels détenteurs du capital. La barbarie produit des taux de profit plus alléchants que la démocratie. Mais il apparaît bien aujourd’hui que l’oligarchie barbare ne remboursera jamais ses dettes. La crise financière est devenue crise politique et géo-politique de toute la civilisation humaine.

La solvabilité de l’économie réelle ne peut pas être restaurée sans déclarer la faillite du capital libre de la responsabilité personnelle réelle des emprunteurs de la loi en monnaie. La démocratie produit davantage de réalité collatérale aux dettes car elles engage toutes les personnes dans la délibération, la production et la transformation des biens qui satisfassent la demande humaine. Tout candidat aux prochaines élections qui ne promette pas une refondation de la souveraineté sur la responsabilité des personnes est assurément un bonimenteur rémunéré à proportion des gogos suicidaires qu’il aura captés par les urnes.

Ne pas rétablir les frontières du capital dans l’économie de la personne au service des personnes, c’est explicitement et matériellement subventionner la mort, Daesh et la guerre civile mondialisée.

CapitalCreditMonnaieCouverture

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 09:52

Sous l'intelligence spéculative de notre cerveau brassant des généralités, il y a l'intelligence objective du coeur de chacun qui s'appelle la morale. La morale, c'est l'intelligence de la singularité irréductible à l'idéologie, aux modèles financiers et aux codes juridiques. Le nominalisme libéral repose sur l'hypothèse d'inutilité de la morale : le singulier n'existe pas sous la généralité du discours ; le vrai est confondu avec la réalité privative de quelques cerveaux sur-puissants réputés omniscients.

Nous ne parvenons pas à sortir de la crise de la raison totalitaire à cause de la religion féroce imposée par le moyen de la monnaie émise secrètement par des coteries d'oligarques politiques et financiers. Mais derrière les volutes d'encens produits par l'Eurogroupe, la réalité va vers une mise en faillite objective de l'oligarchie financière européenne qui dirige l'euro. Les projections financières que l'Eurogroupe cherche à glisser dans son accord avec la Grèce sont un rideau de fumée derrière les réformes concrètes que le gouvernement grec met en oeuvre. Des réformes qui ré-ouvrent concrètement l'espace de la morale et de la responsabilité en politique et en finance.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 09:36

A propos de la question débatue aux Matins de France Culture : Peut-on venir à bout des paradis fiscaux ?

Condition numérique de la monnaie juste

La numérisation de l'euro en Grèce revient à appliquer toutes les règles comptables et fiscales actuellement en vigueur plus la taxation spécifique des paiements en espèce. Cette taxation des espèces doit intervenir au moment des retraits sur les comptes de dépôt et au passage des frontières du territoire grec. Il doit être proposé à toute personne physique entrant avec des pièces et billets en euro sur le territoire grec de les déposer intégralement sur un compte de dépôt dans une banque grecque ou sur une carte à puce ou encore un compte numéroté associé à un téléphone mobile. Concrètement, toute circulation d'espèce physique en euro sur le territoire grec se retrouve sans pouvoir libératoire à moins d'être immédiatement taxable en changeant physiquement de main pour quelle que raison que ce soit.

Pour tout paiement numérique intégralement tracé dans une banque domiciliée à la Banque Centrale de Grèce (BCG), les taux de TVA s'appliquent sans changement par rapport à aujourd'hui entre résidents grecs pourvus de leur compte bancaire. Il faut que la TVA soit prélevée directement par les banques et systématiquement créditée au bénéfice du Trésor grec comme condition de validité du paiement. La nature du bien ou du service livré dont découle le taux de TVA appliqué doit être déclaré dans les mêmes termes par l'acheteur et le vendeur dans le libellé de l'ordre de paiement. Le système de compensation interbancaire de la BCG doit donc étendre la qualification authentique actuelle des paiements avec l'index de désignation du bien déposé dans le système bancaire et le taux de TVA officiellement applicable.

L'euro extérieur doit être déposé à la BCG comme un actif réel non monétaire en droit grec. Tout paiement en euro extérieur est donc automatiquement taxé au taux de TVA de l'euro extérieur en euro grec numérique. Un euro extérieur est un euro provenant d'une banque non domiciliée à la BCG. L'importation en Grèce d'un quelconque bien ou service d'un non-résident supporte donc la TVA de l'euro externe et la TVA du bien déposé dans le système bancaire par l'importateur grec.

La dévaluation de l'euro grec par la TVA est une généralisation du plan appliqué à Chypre il y a deux ans. Au lieu d'une taxation ponctuelle des comptes de dépôt des résidents et non-résidents, il s'agit désormais d'un système permanent de taxation spécifique des Grecs non-résidents et des résidents non-grecs, parmi lesquels tous les intérêts grecs pratiquant l'évasion fiscale par la libre circulation du capital. Ce nouvel euro grec est matériellement le même que l'euro actuel mais il contient un effet supplémentaire qui est la garantie de la finalité humaine des échanges économiques par l’État de droit des citoyens grecs. Phénoménologiquement, les espèces physiques de la monnaie disparaissent par la numérisation intégrale du signe monétaire.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 09:16

Réalité considérable

La position du gouvernement Syriza est forte pour la simple raison qu’il tient la réalité pendant que les gouvernements de la zone euro sont dans des calculs de virtualité financière insoluble. La Grèce est en excédent budgétaire primaire : elle couvre ses dépenses publiques intérieures si elle s’abstient de payer les intérêts de sa dette détenue par les non-résidents. Que les autres européens veuillent ou ne veuillent pas en accepter les conséquences financières sur leurs propres finances publiques, aucun citoyen sain d’esprit, où qu’il vive en zone euro, ne peut imaginer que le gouvernement grec ne va pas financer ses obligations constitutionnelles fondatrices en priorité sur ses obligations politico-financières par rapport aux pseudo-amis de la zone euro. Il n’y a que les marchands de business et les retraités du nord qui soutiennent la technocratie ordo-libérale de la zone euro.

La seule possibilité que les Franco-Allemands ont de faire payer la Grèce actuelle, réellement et objectivement insolvable, est d’envoyer des chars à Athènes pour s’approprier des actifs réels sur le territoire grec. Or fort opportunément, les seules armées impériales encore opérationnelles à la défense d'intérêts nationalistes dans le monde sont celles des États-Unis, de la Russie et de la Chine. Les seuls actifs financiers que les franco-allemands pourraient saisir en euro sont ceux des Grecs qui ne paient pas d’impôts grâce à la libre circulation du capital en euro. La technocratie ordo-libérale européïste se parle à elle-même dans l’abstraction de toute réalité humaine tangible.

Dans les négociations qui s’ouvrent, il suffit que le gouvernement grec propose de taxer les importations réglées en euro ou en devise pour assécher la corruption fiscale domestique et payer les intérêts de sa dette extérieure. Immédiatement, tous les Européens grecs ou non-grecs vivant dans la réalité comprendront que le problème de la dette grecque est juste un délire religieux féroce d’idéologues angéliques et de spéculateurs patentés.

Clé fiscale

Le principe de la dévaluation fiscale de l’euro grec est le seul mécanisme qui permet de réconcilier la réalité économique et la réalité financière dans le maintien d’une zone euro efficiente économiquement et politiquement. La dévaluation fiscale est techniquement sans difficulté dans le système bancaire européen actuel. La difficulté est d’ordre mental : elle contraint les oligarques de l’euro à renoncer à leur privilège de spéculation libre contre le travail et l’épargne des Européens.

En pratique, les conséquences économiques et financières d’une dévaluation fiscale par la taxation des importations sont connues. Les Allemands y ont recouru avec les réformes Schröder par quoi le taux de TVA a été augmenté pour stimuler le commerce extérieur et réduire le déficit budgétaire. La situation de l’Allemagne était en 2002 moins problématique ; l’application d’une TVA spécifique aux importations était interdite par le traité de l’euro libéral et contraire aux intérêts des puissants exportateurs allemands. Actuellement, l’euro libéral se retourne contre l’épargnant allemand quand il ne permet en aucun cas aux Grecs de travailler davantage pour rembourser leurs dettes. La TVA d’importation est le seul instrument de pilotage des dettes publiques en euro qui protège à la fois l’épargnant, le marché commun et l’union politique.

Mais bien sûr, il faut un cadastre financier européen, une numérisation totale de la monnaie et un budget confédéral public de pilotage des taux de TVA en fonction de l’équilibre souhaité de l’endettement dans la zone euro.

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 15:51

Le nouveau gouvernement Syriza est apparamment ligoté de tous les cotés. Mais le moindre spasme de la politique grecque fait bouger toute la zone euro que ce soit dans les consciences politiques ou sur les marchés financiers. Il n'est pas besoin d'être visionnaire pour constater que la mécanique financière de l'euro engendre l'annihilation des processus démocratiques et l'anesthésie des responsables politiques nominalement au pouvoir.

La zone euro est le radeau de la méduse. Le sacrifice de la petite Grèce pour la survie provisoire du reste de la zone n'inverse pas la mécanique d'anéantissement des libertés par le capital libertarien. Les gouvernements de la zone euro sont noyés sous les rapports qui annoncent la désintégration politique et sociale de tout le continent. Les politiques attendent simplement que la demande populaire de souveraineté soit suffisamment forte pour reprendre la main sur la monnaie. Donc pour reconstruire un marché inter-étatique des capitaux et de la fiscalité.

Pour le moment, on fait ou on laisse monter le fascisme parce que la propagande et la répression sont les outils de pouvoir les plus simples à manier. Mais les opinions publiques européennes sont formées et informées. Elles perçoivent que le discours politique n'a plus prise sur la réalité à cause de la liberté fictionnelle de dire sans avoir à faire pour ceux à qui on s'adresse nominalement mais pas en vérité. Il saute aux yeux que la civilisation ne peut pas faire l'économie de la souveraineté des sociétés sur elles-mêmes.

Les politiques sont par nature forcés de comprendre qu'ils représentent la souveraineté qui finit par les broyer s'ils ne s'en montrent pas responsables. La bascule va se faire entre la dictature financière et la démocratie monétaire pluraliste. Dans ce rapport de force, les voix qui porteront Syriza vont avoir un effet de levier énorme sur les opinions publiques et sur les politiques de tout bord. Ce qui se mesure en Grèce c'est l'efficacité réelle de la propagande fasciste financiariste face à la recherche tatonnante de la vérité des gens.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 10:36

Non seulement le fédéralisme européen n'est pas indispensable à la mise en oeuvre de la compensation, mais la légalité européenne actuelle contenue dans la directive "Mifid" pose le cadre des chambres de compensation autonomes par rapport à l'ordre politique national et international. L'algorithme de compensation keynésienne commenté sur ce blog a juste besoin d'une société politique réelle pour faire tenir un état civil des personnes physiques et morales physiquement reconnaissables en justification et en authentification du cadastre financier de tous les actifs compensables. Un point critique, mais qui n'est pas un obstacle dans les pratiques monétaires et bancaires actuelles, est la renonciation aux espèces physiques de manière à garantir le traçage de la responsabilité des acheteurs et le paiement systématique de la prime fiscale d'assurance du droit des personnes.

Dans la terminologie du bancor et de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, le principe appliqué dans le moteur de compensation est celui de l'assurance des personnes physiques par la liquidité monétaire des transactions anticipées par le crédit. L'algorithme de compensation induit la modélisation des anticipations de crédit dans leurs garanties par le capital couvert par des options publiques de change de nature fiscale à l'intérieur de l'espace de compensation et de nature cambiaire à l'extérieur de l'espace de compensation. Autrement dit les primes de change qui sont captées par des intérêts privés dans le régime monétaire actuel deviennent publiques et partageables entre les banques responsables de l'allocation du crédit et les États responsables de la stabilité interne et externe de la liquidité.

La compensation keynésienne fonctionne comme une assurance de la démocratie par la publicité du marché des changes qui produit à la fois une transparence cambiaire internationale, une garantie calculable consolidée du crédit bancaire et un prix libre de l'efficacité politique à générer la liquidité financière de la croissance du bien-être. Dans un marché des changes public inter-étatique, la dévaluation d'une parité signale la démagogie des objectifs politiques ou les défauts économiques de leur mise en œuvre. Par la parité monétaire inter-étatique plutôt qu'interbancaire, le citoyen dispose d'une évaluation objective universelle de l'efficience économique de la politique assumée par des personnes responsables. Par ailleurs, la monnaie dont la liquidité est assurée par le marché des changes public garantit le financement de l'intérêt général par des citoyens, lesquels sont dissociables de leurs intérêts particuliers intégralement déposés dans le cadastre financier.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 09:14

La corruption dont on accuse les Grecs comme cause de leur insolvabilité en euro est consubstantielle au système de la monnaie unique. Le régime appliqué en euro de la libre circulation du capital est la libre corruption du politique. La libre circulation du capital est de fait l'impossibilité de localiser l'investissement dans la légalité d'une souveraineté identifiable par la monnaie. Le motif de cet oubli est d’exonérer les gérants et les propriétaires du capital du prix de la propriété dû à l’État de droit. L'économisme libéral pose le droit de propriété comme un absolu. Ainsi n'est-il pas nécessaire de penser une contrepartie économique pour les citoyens dont la discipline permet pourtant la jouissance effective du droit de propriété.

Le système qui dispense les Grecs riches de payer des impôts pour financer le bien commun est explicitement celui de la monnaie unique. Un système qui abolit la distinction entre la propriété grecque et la propriété non grecque ; donc un système qui institutionnalise et généralise à tous les résidents de la zone euro l'aversion des propriétaires grecs pour le cadastre et la fiscalité. La suppression des frontières politiques et de tout cadastrage étatique de la propriété financière par le marché unique du capital financier est le moyen de la corruption libre du politique dans toute l'Europe.

La victoire de Syriza en Grèce est un cri de détresse des citoyens contre la corruption de l'euro. Les électeurs grecs ont posé que la démocratie est incompatible avec la circulation d'un capital en euro libre de toute régulation réelle par l’État de droit. Il n'est maintenant plus possible de se réclamer de la démocratie en prolongeant l'actuel système européen de comptabilisation des dettes. L'émission des dettes n'est plus compatible avec la liberté sans une réelle régulation politique impartiale du crédit ; impartialité qui impose une régulation exclusivement financée par la fiscalité du capital.

La révolution de l'euro est engagée en Grèce. Soit la zone euro va confirmer son option mécaniste libérale d'anomie financière, soit elle se dote de la démocratie monétaire qui relèvera la Grèce gouvernée par Syriza. La démocratie en euro consiste à rétablir un pouvoir politique responsable de l'économie des vraies gens :

  • 1

    par la régulation de la circulation monétaire du capital qui règle l'économie des revenus et les prix,

  • 2

    par la taxation de tout capital en proportion de l'engagement que son investissement réclame en travail des citoyens,

  • 3

    par la limitation des dettes à la garantie qu'apporte le capital réellement investi à leur remboursement intégral,

  • 4

    et donc par le cadastrage public de toute propriété financière sous l'autorité de personnes morales étatiques assurant l'équité des prix entre personnes physiques.

La restauration de la démocratie sauvera la liquidité des déposants en euro à la condition de mesures concrètes immédiates :

  • 1

    suspension du pouvoir libératoire de la monnaie papier afin de tracer la responsabilité personnelle de tout acheteur au respect de la loi dans le règlement en nature et en monnaie de ses obligations juridiques fiscalisées ;

  • 2

    création d'un cadastre financier européen reliant toute dette à la rémunération des travailleurs qui la remboursent et toute créance aux personnes physiques et morales concrètement obligées par la Loi ;

  • 3

    domiciliation comptable de toutes les transactions en euro dans des États de droit identifiés et garants du Droit compté en monnaie contre paiement de la fiscalité votée par les assemblées législatives ;

  • 4

    contrôle de la circulation financière du capital entre tous les États régionaux, fédérés et nationaux par une fiscalité confédérale d'assurance du crédit de tous les gouvernements souverains déclarés et reconnus dans la zone euro ;

  • 5

    compensation par le marché interbancaire confédéralisé de la liquidité en euro de tous les paiements interbancaires et interétatiques selon la règle d'assurance de tout capital bancaire par une et une seule collectivité publique elle-même garantie par la prime cotée en euro confédéral liquide ;

  • 6

    dévaluation fiscale de l'euro dans toutes les souverainetés locales ou nationales ayant une prime de crédit négative dans la compensation du Système Européen des Banques Centrales ;

  • 7

    versement par le budget confédéral de l'euro d'un capital public par collectivité souveraine assurant l'application des droits sociaux européens matérialisé par un revenu universel minimal défini en euro ;

  • 8

    contrôle par les banques de dépôt de droit public garanties par la fiscalité des collectivités souveraines, de l'exécution réelle des droits contractuels et sociaux comptabilisé dans le revenu minimal universel personnel ;

  • 9

    prélèvement des primes de change assurant le travail en droit européen, par les banques de marché réglant en euro des importations de travail exécuté hors de la confédération ou bien des exportations de travail livrés à l'extérieur de l'euro par des personnes morales européennes ;

  • 10

    fixation politique confédérale des parités nominales de l'euro entre États membres et avec les devises étrangères pour garantir le remboursement de toute dette en euro par le plein emploi du travail disponible dans chaque souveraineté emprunteuse.

Evidemment, le rétablissement de la liberté des citoyens ne permet pas d'imposer des règles à quiconque sans son consentement. En Grèce comme en France ou en Allemagne, la démocratie reconnaît aux riches le droit de ne pas payer d'impôt ni d'assurer le droit des autres. La refondation des États et de la solidarité sociale par l'euro public confédéral définira donc un en-dehors de la démocratie ; en-dehors matérialisé par toute autre monnaie qui ne soit pas l'euro déposé dans les banques de souveraineté confédérale. Pour échapper à toute fiscalité il suffit de ne plus résider sur le territoire de la zone euro et de n'y rien posséder.

Dès lors qu'il n'y a plus d'espèce en euro et que tout dépôt liquide en euro est inscrit sur le cadastre confédéral de la liquidité, toute transaction reste libre avec n'importe quel citoyen résident qui assume par lui-même toute obligation de droit et de fiscalité. Mais la condition de tout achat réel dans la zone euro est de régler tout le travail qui permet l'existence des biens dans le remboursement intégral des dettes par quoi la production a été financée. La contribution à l'assurance de tous les droits de la personne, du travail et de la société est nécessairement incluse dans tout règlement compensable en euro.

Tout le programme de Syriza est applicable comme le remboursement total de la dette publique, si la zone euro se dote d'une chambre de compensation centrale publique garantie par un gouvernement et un budget financiers confédéraux. Une dévaluation de l'euro grec et de la dette publique grecque peut immédiatement rétablir l'équilibre de la balance grecque des paiements courants. Par le versement au budget confédéral d'une prime de convertibilité de l'euro grec contre n'importe quel autre euro, les résidents grecs se mettent à rembourser solidairement leurs dettes actuelles par l'exportation de leur travail en bien et services réels plutôt que par des emprunts à la BCE et aux contribuables non grecs en euro.

Tout non-résident grec achetant en Grèce des services ou du capital réel est contraint par la compensation numérique en euro de régler à l’État grec les impôts qui assurent sa solvabilité. Si les créanciers de la Grèce souhaitent ne pas perdre de leur compétitivité réelle, il leur suffit de subventionner l’État grec par la fiscalité, le budget et l'arbitrage de la Confédération de l'euro. Si au contraire, des créanciers souhaitent s'assurer du recouvrement de leur créance jusqu'au dernier euro, ils doivent déposer leurs titres dans les États qui, pour ne pas verser un centime au budget de la Confédération, acceptent la réévaluation fiscale immédiate de leur parité nominale.

Le marché européen des parités de change fiscal existe déjà avec la Pologne, la République Tchèque et la Hongrie, qui font partie de l'hinterland allemand en conservant leur monnaie propre convertible en euro par un accord de change politique. La révolution démocratique de la zone euro consistera donc à inscrire le prix fiscal transparent des accords politiques de change dans un budget propre à la zone euro voté par le Parlement Confédéral. L'euro officiellement gouverné et dissocié des gouvernements nationaux ne sera plus l'outil de la corruption financière de l'économie politique aux mains d'intérêts nationaux ou internationaux invisibles.

La constitution du nouveau gouvernement au service des citoyens grecs met les régimes politiques allemand et français au pied de leur réalité. Si les Allemands et les Français optent pour la démocratie, il faudra nécessairement que la parité monétaire des Allemands soit réévaluée par rapport à celle des Français. Il faudra nécessairement que les banques allemandes et françaises soient recapitalisées par les impôts qu'elles n'ont pas payés sur le capital dissimulé en contournant la démocratie. Il faudra nécessairement taxer les entrées de capitaux dans la zone euro pour assurer le travail qui garantit la convertibilité de l'euro en biens et services réels.

Les Grecs demandent maintenant aux citoyens de la zone euro de prendre leurs responsabilités. Ou bien ils votent pour le maintien de la liberté de corruption des élites par le capital hors la loi ; et la Grèce sortira de l'euro qui finira de se dissoudre. Ou bien ils rétablissent un vrai système de souveraineté politique sur le capital mesurable par la responsabilité financière en euro ; et la Grèce remboursera l'intégralité de ses dettes par le plein emploi du travail européen au bien commun réalisable en euro.

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Pierre Sarton Du Jonchay

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