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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 07:24

Il est prudent de ne pas désigner la perversion nationaliste par le vocable de "souverainiste".

Il ne faut plus tomber dans le piège de l'amalgame du globalisme libéral sans Etat avec le véritable internationalisme. Les nationalistes internationalistes posent la réalité des nations comme manifestation de la collectivisation nécessaire au vivre ensemble humain. Les nationalistes idéologiques ne considèrent pas la réalité vivante et féconde des nations mais l'idée ramenée à leurs intérêts particuliers exclusifs du commun et de l'universel. Comme les libéraux affairistes ou dogmatiques, les nationalistes idéologiques instrumentalisent les nations pour diviser l'humanité en objets manipulables contre elle-même.

La même escroquerie fonctionne avec le socialisme : il y a les socialistes qui se servent du concept pour en détruire la réalisation efficiente concrète. Et il y a les socialistes qui réfléchissent et discutent à la réalisation de l'humain par la production de sociétés qui fassent du lien et de la solidarité entre les individus.

Le platonisme aujourd'hui libéral fonctionne depuis l'origine comme une destruction de la réalité soit par réduction de la matière à la forme, soit par absorption de la substance dans l'idée, soit encore par absolutisation de la loi ou de la règle hors de l'effet sensible concret. Il faut garder la réalité objective discutable dans la réalité subjective libre. Il faut maintenir l'économie des intérêts particuliers dans la délibération politique de l'intérêt général.

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 10:58

ImageJorion
Les attentats de Paris et Bruxelles ont délivré à des gens ordinaires le message de leur insignifiance aux yeux d’autres gens ordinaires. Des terroristes ont déclaré à la face des gens actuels qu’ils ne sont rien dans un monde qui n’a pour eux plus de sens. Cette fièvre nihiliste a-t-elle une origine ? La montée de l’idéologie islamiste est concomitante au triomphe de la mondialisation financière et à la désintégration de l’utopie communiste. Les oligarchies libérales sont en guerre contre les peuples pendant que des organisations terroristes sophistiquées agressent les sociétés de droit.

La cupidité libérale coïncide sans frottement avec le fanatisme théocratique. La guerre contre le terrorisme arrive à point pour relancer les dépenses en dépit de la surcharge des dettes non remboursables. La réalité disparaît sous une nécessité qui semble échapper à toute volonté. Plus personne ne décide et il n’y a pas d’alternative (TINA). Il n’est plus que le choix entre des mécanismes financiers imparables ou la vanité définitive de l’existence terrestre pour les mécréants. Il n’y a pas ou plus de capital pour tous.

Le capital, la Loi et la personne

Le capitalisme est un régime d’économie politique où la richesse reconnue comme telle a son origine dans l’initiative individuelle formulée dans une loi commune. La loi qui permet le capital est à l’origine, humaine et vivante. La mesure du capital en vue de l’échange et de la transformation en biens s’effectue par des personnes physiques. Par la loi vivante, les individualités personnelles sont réciproquement solidaires dans des personnes morales. La personnalisation morale des individus fonde la réalité économique du capital.

A l’origine, la rationalité du capital est verbale. Elle implique un verbe social par quoi la raison des individus élabore un objet partageable transformable dans la réalité commune. La personne morale est l’unité décisionnelle d’une association, d’une concertation, d’une délibération de personnes physiques. Par la confiance morale dans la loi vivante commune, les personnes répondent collectivement du prix du capital proposé comme bien disponible à la vente sur le marché.

L’existence probable du capital par les personnes physiques moralement solidaires fait la consistance économique de la dette. Le capital de la personne qui vend est cessible contre la dette de la personne qui achète. Le prix de la dette de l’acheteur est crédible par la disposition effective d’un capital collectivement reconnu ; et par la double garantie morale de la collectivité dépositaire de la loi commune ainsi que de l’existence vérifiable dans la société vendeuse de la chose sous le capital.

Depuis son origine dans l’Europe du Moyen-Age, le capitalisme a oscillé entre deux substantiations possibles de la personne. La substantiation simpliste réduit la personne à ce qu’elle possède physiquement. La substantiation complexe attribue des prix aux choses selon les contrats entre personnes : les dettes sont le prix des choses à livrer par les choses possédées entre les personnes irréductibles à ce qu’elles peuvent vendre ou acheter. La dette est consubstantielle à l’appropriation qui implique en disposant du prix de produire pour autrui. La possession individuelle du capital est soit simplement pour soi-même au-dessus des autres, soit personnelle au service d’autrui dans le contexte de la société politique.

Dette d’usure ou dette interpersonnelle

Si l’économie du prix est déterminée par des individus, le capital hiérarchise les individus par un pouvoir issu des choses. Si l’économie du prix est déterminée par les personnes dans leurs relations de réciprocité, le capital est contrevaleur réelle de toutes les dettes que les personnes se reconnaissent entre elles. Tout individu quoi qu’il possède est alors débiteur du prix de ce que la société politique lui confie. Dans la morale qui fonde le capital à l’origine, la propriété n’est pas le droit d’abuser des choses que l’on possède mais le devoir d’en user au bénéfice des personnes. Si au contraire le capital est juste une surface quantifiable d’individus, les dettes qui naissent de la circulation des biens usent les personnes qui ont moins de surface que d’autres.

Le capitalisme libéral est la forme du capitalisme imposée au XIXème siècle qui permet de comptabiliser le prix du capital, donc de la dette qui l’achète, hors de la responsabilité personnelle. Les dettes du capital emprunté se calculent indépendamment de la dignité des personnes. Les juristes libéraux ne récusent pas la responsabilité : ils la désubstantivent en excluant la société politique de la régulation du marché où se négocient les prix. Le capital libéral est fiction de prix sans réalité collatérale publiquement et ouvertement vérifiable. Le capital libéral existe libéré de la loi d’égalité de droit entre les personnes physiques dans les personnes morales.

Le capital libéral existe par la seule virtualité juridique. Le principe juridique nominal du capital irréel est le titre de société dite anonyme par quoi le propriétaire du titre peut utiliser le pouvoir d’achat du capital titrisé sans se faire reconnaître physiquement. La société anonyme qui justifie le capital n’est plus obligatoirement incarnée par des personnes physiques. Il n’y a pas d’obligation de réalité des personnes au-dessus des choses publiquement visibles pour répondre du prix du capital dans les dettes.

Masquer la responsabilité personnelle physique par un titre négociable contre dette, entraîne que des intermédiaires financiers puissent emprunter au profit d’intérêts anonymes. La dette « ex nihilo » prêtée par des inconnus devient substance invisible d’un capital scripturaire. Les propriétaires anonymes du capital peuvent, par la seule parole de l’intermédiaire qui les masque, utiliser librement le pouvoir d’achat du titre sans être reconnus par la société qui définit le Droit. Le régime libéral place les propriétaires de titres financiers hors du régime commun de responsabilité par quoi on règle sur ses biens réels propres les charges qu’on inflige à la société civile.

Spéculation du capital sans travail

La conséquence immédiate du capital anonyme est le décret du prix du travail par le seul intérêt du capital. La détermination du travail nécessaire à la production est le fait exclusif du capital. L’établissement du prix en proportion de la plus-value finale est propriété du capital et des individus qui le contrôlent. La personne qui travaille vend son activité à un acheteur virtuel sans corps et sans âme. La dette qui peut acheter le travail n’est plus calculable en humanité réelle. Le travail-même n’appartient plus à celui qui agit mais à une comptabilité anonyme désincarnée.

L’anonymisation du capital déshumanise les prix. Le prix devient valeur en soi par une simple écriture détachée de la réalité objective. Le capital dématérialisable engendre une dégradation de la monnaie. La monnaie redevient la matière comptable primitive de ce qui a de la valeur en soi hors d’une quelconque responsabilité personnelle morale et physique. Le pouvoir de quelques individus suffit à justifier les prix indépendamment de la loi et d’une identification collective et partageable des biens objectifs réels.

Jusqu’au XVIIIème siècle, quand les titres financiers ne sont pas encore négociables par un marché officiel, l’unique moyen légal et moral d’émettre de la monnaie a été de déposer des richesses réelles auprès de personnes publiques souverainement instituées. La monnaie qui matérialise la liquidité du prix des choses échangées est à l’origine une dette garantie par le souverain. La loi commune explicitement appliquée à tous les échanges interpersonnels peut seule conclure la discussion du prix d’un bien contre dette réglée en monnaie.

Le souverain indifféremment physique et moral a d’abord émis des pièces de monnaie contenant en elles-mêmes le métal qui puisse valoir le prix nominal inscrit sur le signe. Puis l’affermissement de la confiance publique dans un état politique reconnu et partageable à permis l’émission des titres papier de dette du Trésor Public. Le prix de la monnaie en papier fut garanti par la réalisation collatérale souveraine de la loi commune. Le bien commun légal était financièrement assuré dans la solidarité fiscale. La solidarité fiscale instaurée par la loi commune fait le Trésor Public par quoi tout créancier en monnaie d’une réalité publique licite est assuré de recevoir les quelconques biens promis par la collectivité des personnes.

Privatisation de la fiscalité et propriété privée

Les assignats furent émis sous la Révolution Française comme titres de propriété potentielle à terme sur les biens nationalisés du clergé. L’impôt exceptionnel sur le capital d’un groupement social impliquait que les nouveaux pouvoirs publics se substituent aux personnes expropriées dans la production des services qu’elles assumaient. Mais la désorganisation de l’État, la disparition des services financés par le capital de l’institution ecclésiale, l’insuffisance de la production nationale et la volatilité des recettes fiscales entraînèrent la dévalorisation donc la démonétisation des assignats émis.

La sacralisation de la propriété privée confirmée par la Révolution Française un siècle après les révolutions hollandaise et anglaise avait rendu possible l’émission de titres de créance sur un capital privé soustrait légalement à la vérification publique de la loi commune. Les créances d’origine privée avaient conquis le même statut obligataire public que les créances du souverain. A l’intérieur de son domaine privé de propriété, la loi de l’individu devient souveraine.

L’émission des signes monétaires n’avait plus pour contrepartie unique les créances de la volonté générale sur la société mais le prix d’effets exclusivement privés de volontés particulières soustraites de la loi commune par la loi formelle. La puissance publique n’était plus totalement responsable de la valeur réalisable du signe monétaire. Les intérêts privés progressivement anonymisés se sont appropriés en un siècle toute la substantiation de la matière monétisable.

La révolution industrielle a été financée par l’adossement de l’émission de la monnaie au prix des titres financiers anonymes. Le signe monétaire totalement déconnecté de la responsabilité personnelle du réel s’est imposé au XXème siècle avec l’internationalisation obligatoire du dollar. La déshumanisation de la monnaie et du prix s’est achevée dans l’instauration de l’euro, première monnaie légalement multinationale abstraite de toute loi incarnée par des sociétés politiques constituées.

La monnaie virtualisée de l’État désincarné

Jusqu’à l’avènement du dollar et de l’euro, les monnaies sont émises par des nations en devenir constituées en États de droit. Les gouvernements des états nations sont matériellement responsables des conséquences générales de leurs décisions par le prix international de leur monnaie sur le marché mondial. Selon qu’une politique gouvernementale est jugée ou non créatrice nette de valeur par la collectivité nationale et internationale, le marché des changes pousse à dévaluer ou réévaluer les parités internationales du titre monétaire. La personne étrangère est juge public indépendant du bien-être de la personne domestique.

A partir de 1945, la Réserve Fédérale des États-Unis dont le capital est privé, étend au monde entier son droit domestique d’émettre des dollars hors du contrôle politique légal. Les dettes de l’État fédéral étatsunien sont réglées par des certificats de dépôt sur des banques privées non seulement auprès des fournisseurs domestiques étatsuniens mais des créanciers extérieurs étrangers à la légalité étatsunienne. Les intérêts particuliers privés de la banque hors sol de droit étatsunien deviennent la contrepartie internationale de l’émission monétaire des souverainetés nationales étrangères à la loi libérale étatsunienne.

Le libéralisme étatsunien est pur, fondé sur le puritanisme. L’individu est seul face à la vérité qui n’a pas de transformation commune. La loi s’applique telle qu’elle est écrite. Les faits ne sont pas négociables ; les individus ne sont pas interprétables ; il n’y a pas de transition entre mal et bien. Le bien commun est une théorie concrètement inconciliable entre des intérêts individualisés. L’État n’a pas de personnalité morale ; il ne représente pas d’intérêt général qui soit plus que la somme des intérêts particuliers.

Jusqu’au 15 août 1971, les souverainetés étrangères gardent un moyen de pression sur l’émission de monnaie bancaire en dollar par le rachat à prix fixe garanti des réserves d’or de la banque centrale privée des Etats-Unis. Par la convertibilité fixe du dollar en or, les états nationaux sont demeurés comptables du prix international réel de leur monnaie. Les réserves de change en métal et en titres de dette publique étaient les contregaranties officielles reconnues entre banques centrales nationales. Les transferts en matière précieuse exécutaient une politique monétaire établie dans les lois nationales.

Monnaie libérale et politique vidée de sa substance

A partir de 1971, les États n’ont plus d’obligation les uns envers les autres. Les personnes morales publiques en puissance encore dirigées par des personnes physiques répondant du pouvoir d’achat international d’une monnaie ne sont plus que des motifs de spéculation. Vis-à-vis de leurs ressortissants comme de leurs créanciers étrangers, les États sont le prix arbitraire invérifiable d’actifs financiers en monnaie nationale. Le pouvoir factuel de donner substance à la monnaie est intégralement transféré au capital privé des banques. Les États sont émetteurs de titres mais comme n’importe quelle autre personne privée au service d’intérêts particuliers propres indépendants d’un intérêt général délibéré.

Depuis 1971, les prix internationaux et donc nationaux s’expriment par des monnaies dont la valeur n’est pas légalement définie en responsabilité réelle des personnes qui gouvernent et produisent. Ni matériellement, ni formellement, la quantité de signes monétaire en circulation n’est reliée à la légalité collective des biens partageables effectivement livrés aux personnes physiques. Les intermédiaires politiques et économiques de la valeur ne sont plus responsables de ce qu’ils peuvent produire au bénéfice des personnes.

L’euro achève la déconnexion entre la loi commune et le prix en mettant les souverainetés en concurrence sur l’interprétation des lois dans l’économie. Les contrats privés priment la délibération des lois. La réalité ne se définit plus dans les personnes quand la loi s’achète qui délimite les intérêts réciproques. La politique du Droit est asservie à la production des choses au bénéfice des propriétaires indéfinis et anonymes du capital. Le pouvoir politique n’est plus l’expression de l’intérêt général souverain mais d’une confrontation des intérêts particuliers en capital évalué et négocié par les seules banques.

Dans le régime de la libre circulation bancaire du capital, il n’y a pas de frontière pour distinguer les intérêts personnels ni solidariser les personnes à l’intérêt général. La parole politique mécanisée est vide de bien commun. Le calcul économique est réduit à des mathématiques sans sujet ni objet autre que l’accroissement anonyme de la quantification d’un réel absolument fictionnel. La seule finalité reconnu au travail dans le calcul exclusivement économique est la plus-value monétaire au coût marginal de la vie.

La légalité n’est plus obligation d’humanisation des individus. Le bien être n’est plus l’effet du vivre ensemble dans des sociétés. Le capitalisme libéral universel applique le dogme de la neutralité morale de la monnaie. La quantité des signes monétaires en circulation n’a rien à voir avec la réalité des biens servis aux personnes individuelles et collectives. Les prix de la production s’accumulent dans des dettes exponentielles. La masse des consommateurs est infiniment débitrice de quelques démiurges qui créent les vrais biens rentables par le prix exclusivement monétaire.

Le renard libre dans le poulailler sans porte

La finance libérale est démiurgique ; elle détient le monopole universel d’identification et de définition des biens négociables. La liquidation du prix par l’écriture du crédit en monnaie est le seul objet possible de négociation. La mécanisation de la loi dans le crédit bancaire scriptural se substitue totalement à la délibération sociale et politique du droit des personnes. Dans la loi libérale, le travail n’est pas le fait de la personne qui humanise la réalité. Le travail est une marchandisation de l’individu chosifié ; un coût soustrait à la plus-value du capital sur le prix de la consommation qui ne travaille pas.

Le compte bancaire dématérialise le travail de la personne pour la personne. La relation personnelle devient insaisissable par l’abolition des frontières politiques. Le sens des choses n’est plus rapportable aux relations entre les personnes par les sociétés. Il suffit pour cela que les personnes physiques ne soient pas exhaustivement et centralement identifiées dans un état civil. Tous les noms propres ne sont pas référencés dans une nationalité qui oblige à la responsabilité effective des biens négociés.

Le financiarisme libéral dissimule la cause du prix en monnaie dans la discontinuité du lien de la propriété au propriétaire. L’impossibilité délibérée de rattacher les prix à des personnes physiques responsables de la réalité des biens titrisés a deux conséquences géopolitiques fondatrices : les paradis fiscaux et les territoires physiques de non-droit. Le paradis fiscal est une légalité fictionnelle exonérant le dépôt financier de capital de la vérification par une loi souveraine. Les charges fiscales de souveraineté ne sont pas réglées qui pourtant permettent l’existence-même du capital.

Le paradis fiscal autorise la rémunération sans cause du capital par la seule décision du banquier exonéré de loi réelle par la loi écrite. Le territoire du non-droit trouve actuellement sa manifestation la plus affirmée dans le phénomène Daesh. Ce pseudo-état existe par anéantissement financier des États réels nominalement souverains sur le territoire occupé par Daesh. Il a suffi que le capital circule librement hors de la responsabilité des personnes dans des États irréels.

Les règles internationales du libre échange interdisent de taxer les flux aux frontières des États. Les droits des personnes ne sont pas assurables par l’application fiscale souveraine des lois nationales sur des territoires circonscrits. Les banques hors sol corrompent en toute liberté les pouvoirs politiques locaux au profit des intérêts particuliers qu’elles financent. Les intérêts particuliers exploitent les richesses naturelles, les vendent et les exportent à leur profit exclusif au mépris de l’intérêt général sans contribution aucune aux charges du bien commun.

L’argent de la terreur plutôt que la force de la justice

La prospérité économique et politique de Daesh est le fruit accompli de l’anarchisme économique libéral. Les intérêts agissant sous Daesh ne sont pas identifiables ni dans les flux de marchandises intraçables, ni dans les comptes bancaires hors sol, ni dans la propagande anonyme véhiculée par l’Internet. Les hommes de main de Daesh sont manipulés en n’importe quel point du globe par les mêmes techniques de programmation des consciences qu’utilisent les organisations capitalistes consuméristes du monde libéral. La conscience personnelle est affamée ; l’individu est sur-puissant.

La « sola scriptura », la monnaie scripturale, dont le capitalisme libéral réserve l’interprétation au seul intérêt particulier, actualise la vieille théorie de l’écriture divine incrée. Pour limiter à quelques prêtres politiques les bénéfices d’interprétation de la Loi, il est juste nécessaire d’inventer une écriture libre de la réalité inaccessible à l’intelligence commune des personnes concrètes. Les Omeyades ont inventé le coran inimitable pour fonder le premier califat. Les matérialistes libéraux perpétuent l’empire par l’économisme spéculatif. Les prix sont calculés en monnaie moralement neutre qui n’est pas vérifiable en droit réel des personnes égales en dignité.

Le capitalisme libéral est nihiliste comme le régime de dhimmitude dans le dar el islam. Le droit d’exister librement est financièrement payant. La valeur ne provient pas de l’égale dignité des personnes mais des fortunes inégales entre les individus. La répartition inégalitaire du capital et des pouvoirs traduit un ordre transcendant sans finalité ni raison intelligibles. Le paradigme est rentable dans l’impôt que les incroyants en islam, ou l’intérêt que les pauvres en capital, doivent verser à l’oligarchie pour acheter leur existence par le travail qui aliène sans motif.

Le nihilisme libéral pose l’impossibilité de la finalité vivante dans les personnes. Le travail détaché de sa raison d’être à informer le bien-être des personnes asservit les individus faibles aux individus forts. Si la mise en rapport des forces s’applique par un capital anonyme exclusivement financier, le politique a plus facile à promettre ce qu’il ne fera jamais, le banquier à financer ce qui n’est pas produit, le trader à spéculer sur la faillite des entreprises humaines, le manager à remplacer des personnes par des machines et des procédures, le communiquant à négocier du temps de cerveau en guise d’information et le ploutocrate à terroriser ses débiteurs avec les désespérés qu’il fabrique.

Souveraineté restaurée des personnes indexées en monnaie

Le terrorisme, l’état d’urgence civile, la guerre extérieure, la compétition législative entre États, la privatisation du bien commun, la dissimulation des identités personnelles et le dénigrement de la souveraineté sont les moyens nécessaires de la rentabilité du capital financier de l’oligarchie. Au contraire, l’établissement civil des personnes physiques reliées par des personnes morales fonde le capital des biens communs distribuables selon des besoins humains délibérables, discutables et vérifiables.

Le capital indexé par la personne signifierait que la monnaie ne peut être créditée qu’à des vendeurs de travail ; que le travail ne soit vendu qu’à des acheteurs effectivement responsables des biens capitalisés par le droit commun. L’abolition de la souveraineté et des frontières dénationalise la monnaie. Sans la nationalité des monnaies, la responsabilité des politiques, des banquiers et des entrepreneurs face aux personnes physiques n’est plus mesurable ; le prix des biens et des services est calculable sans la contribution aux charges communes d’assurance de l’existence intégrale des personnes. La souveraineté économiquement et juridiquement efficiente implique la personnalité morale de L’État de droit.

La personne publique incarnée est la seule protection réelle des pauvres contre la prédation des riches. Un État de droit est constitué en personne morale si et seulement si il dispose du pouvoir propre d’émission de sa monnaie, laquelle est définie comme prime d’assurance de toutes les obligations domestiques issues de la loi nationale. La monnaie qui assure la personne est adossée à l’état civil. Toute personne morale jusqu’à l’État dépositaire de l’état civil ne doit pas exister hors d’une identification exhaustive des personnes physiques qui l’incarnent.

Si l’État est assureur en dernier ressort des droits personnels, la responsabilité financière entre deux États distincts réciproquement débiteurs par leurs ressortissants ne peut se solder que par l’ajustement de la parité de change international. Le prix consolidé de toutes les dettes nationales publiques et privées à l’égard des personnes physiques nationales ou étrangères doit pouvoir varier dans les monnaies des autres États appliquant des droits différents de la personne. Sans la nationalisation des unités de compte, le remboursement obligatoire des dettes internationales signifie l’effacement des droits du plus faible entre des individus factuellement inégaux.

Un gouvernement juridiquement souverain ne disposant pas de sa propre monnaie est par force menteur, irresponsable et tyrannique. Si la monnaie est commune à des systèmes juridiques et des gouvernements distincts, les biens, services, dettes et liquidités produits sous une même juridiction ne sont pas librement négociables dans une juridiction alternative. La légalité et la justice ne peuvent pas avoir un prix propre comparable à d’autres juridictions.

Sortir la monnaie de la guerre d’anéantissement du travail personnel

Aux États-Unis comme en zone euro, les injustices entre les juridictions étatiques bien distinctes sont résolues par des dettes assises sur des non-valeurs. Il n’est pas possible de dévaluer une juridiction fautive pour qu’elle répare par sa production en monnaie domestique les dommages mesurés selon ses propres lois aux personnes nationales et étrangères. Sans monnaies distinctes, les citoyens n’ont aucun moyen de calculer le prix de leurs créances de justice sur les dirigeants des sociétés où ils travaillent.

A cause de la monnaie unique dans les 18 États de l’euro, les États forts sont instruments de pillage des États faibles. Les gouvernements surendettés doivent voter des lois iniques et aberrantes pour simuler une contre-réalité positive à des créances nihilistes impossibles à déprécier. A cause du dollar monnaie mondiale de réserve, les banques de droit divin utilisent impunément l’épargne des travailleurs pour volatiliser les prix des matières premières, acheter les lois et les gouvernements et financer l’exploitation des humains et de l’environnement dans les pays pauvres par le chômage et la dette des pauvres dans les pays riches.

La monnaie sans la souveraineté des personnes produit la fiction des richesses par la misère humaine. Dans la misère libérale, l’intelligence s’arrête à la représentation monétaire ; elle n’a plus accès à la réalité. Pour restaurer une valeur du réel dans le calcul des prix, les personnes physiques n’ont d’autre moyen que la réintégration forcée de leurs élites dans le corps de loi de leur puissance souveraine. Un crédit bancaire non rattaché à un objet légal doit avoir un prix nul en monnaie. Le dépôt dans la loi commune est vérifiable par les sociétés intermédiaires qui produisent le bien. Le prix déposé n’est garanti en capital qu’à la condition du travail de tous ses propriétaires.

Dans la zone euro, le prix d’un objet produit hors de la souveraineté européenne doit être nul sauf si un ressortissant physique d’une loi européenne se porte garant du prix non nul par son travail déposé en euro. Tout actif comptabilisé dans un paradis fiscal par une banque empruntant à la BCE doit avoir un prix nul sauf si le propriétaire réel déclaré règle la prime d’assurance fiscale du droit d’usage de son pouvoir d’achat. Tout importateur de quoique ce soit doit se porter garant fiscal selon une loi européenne, des droits personnels des travailleurs étrangers ayant produit le bien importé.

Titriser la souveraineté pour la rendre au citoyen

Toute loi européenne invoquée en justification du prix non nul d’un bien vendu sur le territoire de l’euro, doit être déposée au nom d’un État souverain. La souveraineté en euro implique la responsabilité personnelle financière illimitée des dirigeants politiques, laquelle est assurée par le capital de l’État confédéral indépendant des intérêts nationaux. La confédération des démocraties souveraines en euro a son propre corps de loi dont l’application est financée par une fiscalité propre indiscutable par les États nationaux ou locaux. En contrepartie, les recettes fiscales nationales et locales sont garanties par la confédération selon le jugement que la démocratie politique confédérale pose sur la conformité des gouvernances locales aux lois locales et communes.

A quelque niveau qu’elle s’exerce, la souveraineté est responsable d’elle-même à la condition de sa parité de change propre à l’intérieur de la zone euro. Le franchissement d’une frontière marque le changement de formulation de la loi dans une responsabilité juridictionnelle différente. La parité de change variable selon le ressort juridictionnel produit une rémunération monétaire non spéculative de l’efficacité gouvernementale. Une souveraineté en excédent de paiements courants sur une autre souveraineté en euro est en plus-value de légalité domestique par rapport à la loi commune des Européens.

La traduction financière de la plus-value de souveraineté est une réévaluation de la parité par laquelle les ressortissants des États en déficit paient une taxe de change au budget confédéral. Le risque de change intrinsèque entre des souverainetés distinctes devient la base de la fiscalité confédérale dont la finalité spécifique est l’assurance du droit des personnes physiques et morales sur tout le territoire de l’euro. La banque en euro n’est plus au-dessus de l’intérêt général mais dépositaire de l’identification et du prix des droits particuliers de chaque personne.

Tous les prix sont librement négociables à la condition du dépôt des biens négociés dans une légalité souveraine. Le prix des parités souveraines de l’euro et du capital des banques asservies à une souveraineté est la propriété de la personne morale étatique domiciliataire. Les charges et les revenus de la stabilité financière des monnaies et du crédit reviennent à l’intérêt général et non à des intérêts spéculatifs particuliers privés. La monnaie ne peut plus être émise sans la réalité visible des personnes engagées dans la Loi.

Sacrifier l’humanité à la barbarie libérale ou investir dans la démocratie

Le système de la monnaie civilisée est descriptible à partir de la philosophie politique européenne parce que mûrie dans la plus longue expérience de la démocratie. Le système étatsunien libéral a été imposé en Europe par la cupidité des élites. Il va sans dire que les règles ici posées de la civilité financière sont incompréhensibles aux actuels détenteurs du capital. La barbarie produit des taux de profit plus alléchants que la démocratie. Mais il apparaît bien aujourd’hui que l’oligarchie barbare ne remboursera jamais ses dettes. La crise financière est devenue crise politique et géo-politique de toute la civilisation humaine.

La solvabilité de l’économie réelle ne peut pas être restaurée sans déclarer la faillite du capital libre de la responsabilité personnelle réelle des emprunteurs de la loi en monnaie. La démocratie produit davantage de réalité collatérale aux dettes car elles engage toutes les personnes dans la délibération, la production et la transformation des biens qui satisfassent la demande humaine. Tout candidat aux prochaines élections qui ne promette pas une refondation de la souveraineté sur la responsabilité des personnes est assurément un bonimenteur rémunéré à proportion des gogos suicidaires qu’il aura captés par les urnes.

Ne pas rétablir les frontières du capital dans l’économie de la personne au service des personnes, c’est explicitement et matériellement subventionner la mort, Daesh et la guerre civile mondialisée.

CapitalCreditMonnaieCouverture

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 09:52

Sous l'intelligence spéculative de notre cerveau brassant des généralités, il y a l'intelligence objective du coeur de chacun qui s'appelle la morale. La morale, c'est l'intelligence de la singularité irréductible à l'idéologie, aux modèles financiers et aux codes juridiques. Le nominalisme libéral repose sur l'hypothèse d'inutilité de la morale : le singulier n'existe pas sous la généralité du discours ; le vrai est confondu avec la réalité privative de quelques cerveaux sur-puissants réputés omniscients.

Nous ne parvenons pas à sortir de la crise de la raison totalitaire à cause de la religion féroce imposée par le moyen de la monnaie émise secrètement par des coteries d'oligarques politiques et financiers. Mais derrière les volutes d'encens produits par l'Eurogroupe, la réalité va vers une mise en faillite objective de l'oligarchie financière européenne qui dirige l'euro. Les projections financières que l'Eurogroupe cherche à glisser dans son accord avec la Grèce sont un rideau de fumée derrière les réformes concrètes que le gouvernement grec met en oeuvre. Des réformes qui ré-ouvrent concrètement l'espace de la morale et de la responsabilité en politique et en finance.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 09:36

A propos de la question débatue aux Matins de France Culture : Peut-on venir à bout des paradis fiscaux ?

Condition numérique de la monnaie juste

La numérisation de l'euro en Grèce revient à appliquer toutes les règles comptables et fiscales actuellement en vigueur plus la taxation spécifique des paiements en espèce. Cette taxation des espèces doit intervenir au moment des retraits sur les comptes de dépôt et au passage des frontières du territoire grec. Il doit être proposé à toute personne physique entrant avec des pièces et billets en euro sur le territoire grec de les déposer intégralement sur un compte de dépôt dans une banque grecque ou sur une carte à puce ou encore un compte numéroté associé à un téléphone mobile. Concrètement, toute circulation d'espèce physique en euro sur le territoire grec se retrouve sans pouvoir libératoire à moins d'être immédiatement taxable en changeant physiquement de main pour quelle que raison que ce soit.

Pour tout paiement numérique intégralement tracé dans une banque domiciliée à la Banque Centrale de Grèce (BCG), les taux de TVA s'appliquent sans changement par rapport à aujourd'hui entre résidents grecs pourvus de leur compte bancaire. Il faut que la TVA soit prélevée directement par les banques et systématiquement créditée au bénéfice du Trésor grec comme condition de validité du paiement. La nature du bien ou du service livré dont découle le taux de TVA appliqué doit être déclaré dans les mêmes termes par l'acheteur et le vendeur dans le libellé de l'ordre de paiement. Le système de compensation interbancaire de la BCG doit donc étendre la qualification authentique actuelle des paiements avec l'index de désignation du bien déposé dans le système bancaire et le taux de TVA officiellement applicable.

L'euro extérieur doit être déposé à la BCG comme un actif réel non monétaire en droit grec. Tout paiement en euro extérieur est donc automatiquement taxé au taux de TVA de l'euro extérieur en euro grec numérique. Un euro extérieur est un euro provenant d'une banque non domiciliée à la BCG. L'importation en Grèce d'un quelconque bien ou service d'un non-résident supporte donc la TVA de l'euro externe et la TVA du bien déposé dans le système bancaire par l'importateur grec.

La dévaluation de l'euro grec par la TVA est une généralisation du plan appliqué à Chypre il y a deux ans. Au lieu d'une taxation ponctuelle des comptes de dépôt des résidents et non-résidents, il s'agit désormais d'un système permanent de taxation spécifique des Grecs non-résidents et des résidents non-grecs, parmi lesquels tous les intérêts grecs pratiquant l'évasion fiscale par la libre circulation du capital. Ce nouvel euro grec est matériellement le même que l'euro actuel mais il contient un effet supplémentaire qui est la garantie de la finalité humaine des échanges économiques par l’État de droit des citoyens grecs. Phénoménologiquement, les espèces physiques de la monnaie disparaissent par la numérisation intégrale du signe monétaire.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 09:16

Réalité considérable

La position du gouvernement Syriza est forte pour la simple raison qu’il tient la réalité pendant que les gouvernements de la zone euro sont dans des calculs de virtualité financière insoluble. La Grèce est en excédent budgétaire primaire : elle couvre ses dépenses publiques intérieures si elle s’abstient de payer les intérêts de sa dette détenue par les non-résidents. Que les autres européens veuillent ou ne veuillent pas en accepter les conséquences financières sur leurs propres finances publiques, aucun citoyen sain d’esprit, où qu’il vive en zone euro, ne peut imaginer que le gouvernement grec ne va pas financer ses obligations constitutionnelles fondatrices en priorité sur ses obligations politico-financières par rapport aux pseudo-amis de la zone euro. Il n’y a que les marchands de business et les retraités du nord qui soutiennent la technocratie ordo-libérale de la zone euro.

La seule possibilité que les Franco-Allemands ont de faire payer la Grèce actuelle, réellement et objectivement insolvable, est d’envoyer des chars à Athènes pour s’approprier des actifs réels sur le territoire grec. Or fort opportunément, les seules armées impériales encore opérationnelles à la défense d'intérêts nationalistes dans le monde sont celles des États-Unis, de la Russie et de la Chine. Les seuls actifs financiers que les franco-allemands pourraient saisir en euro sont ceux des Grecs qui ne paient pas d’impôts grâce à la libre circulation du capital en euro. La technocratie ordo-libérale européïste se parle à elle-même dans l’abstraction de toute réalité humaine tangible.

Dans les négociations qui s’ouvrent, il suffit que le gouvernement grec propose de taxer les importations réglées en euro ou en devise pour assécher la corruption fiscale domestique et payer les intérêts de sa dette extérieure. Immédiatement, tous les Européens grecs ou non-grecs vivant dans la réalité comprendront que le problème de la dette grecque est juste un délire religieux féroce d’idéologues angéliques et de spéculateurs patentés.

Clé fiscale

Le principe de la dévaluation fiscale de l’euro grec est le seul mécanisme qui permet de réconcilier la réalité économique et la réalité financière dans le maintien d’une zone euro efficiente économiquement et politiquement. La dévaluation fiscale est techniquement sans difficulté dans le système bancaire européen actuel. La difficulté est d’ordre mental : elle contraint les oligarques de l’euro à renoncer à leur privilège de spéculation libre contre le travail et l’épargne des Européens.

En pratique, les conséquences économiques et financières d’une dévaluation fiscale par la taxation des importations sont connues. Les Allemands y ont recouru avec les réformes Schröder par quoi le taux de TVA a été augmenté pour stimuler le commerce extérieur et réduire le déficit budgétaire. La situation de l’Allemagne était en 2002 moins problématique ; l’application d’une TVA spécifique aux importations était interdite par le traité de l’euro libéral et contraire aux intérêts des puissants exportateurs allemands. Actuellement, l’euro libéral se retourne contre l’épargnant allemand quand il ne permet en aucun cas aux Grecs de travailler davantage pour rembourser leurs dettes. La TVA d’importation est le seul instrument de pilotage des dettes publiques en euro qui protège à la fois l’épargnant, le marché commun et l’union politique.

Mais bien sûr, il faut un cadastre financier européen, une numérisation totale de la monnaie et un budget confédéral public de pilotage des taux de TVA en fonction de l’équilibre souhaité de l’endettement dans la zone euro.

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 15:51

Le nouveau gouvernement Syriza est apparamment ligoté de tous les cotés. Mais le moindre spasme de la politique grecque fait bouger toute la zone euro que ce soit dans les consciences politiques ou sur les marchés financiers. Il n'est pas besoin d'être visionnaire pour constater que la mécanique financière de l'euro engendre l'annihilation des processus démocratiques et l'anesthésie des responsables politiques nominalement au pouvoir.

La zone euro est le radeau de la méduse. Le sacrifice de la petite Grèce pour la survie provisoire du reste de la zone n'inverse pas la mécanique d'anéantissement des libertés par le capital libertarien. Les gouvernements de la zone euro sont noyés sous les rapports qui annoncent la désintégration politique et sociale de tout le continent. Les politiques attendent simplement que la demande populaire de souveraineté soit suffisamment forte pour reprendre la main sur la monnaie. Donc pour reconstruire un marché inter-étatique des capitaux et de la fiscalité.

Pour le moment, on fait ou on laisse monter le fascisme parce que la propagande et la répression sont les outils de pouvoir les plus simples à manier. Mais les opinions publiques européennes sont formées et informées. Elles perçoivent que le discours politique n'a plus prise sur la réalité à cause de la liberté fictionnelle de dire sans avoir à faire pour ceux à qui on s'adresse nominalement mais pas en vérité. Il saute aux yeux que la civilisation ne peut pas faire l'économie de la souveraineté des sociétés sur elles-mêmes.

Les politiques sont par nature forcés de comprendre qu'ils représentent la souveraineté qui finit par les broyer s'ils ne s'en montrent pas responsables. La bascule va se faire entre la dictature financière et la démocratie monétaire pluraliste. Dans ce rapport de force, les voix qui porteront Syriza vont avoir un effet de levier énorme sur les opinions publiques et sur les politiques de tout bord. Ce qui se mesure en Grèce c'est l'efficacité réelle de la propagande fasciste financiariste face à la recherche tatonnante de la vérité des gens.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 10:36

Non seulement le fédéralisme européen n'est pas indispensable à la mise en oeuvre de la compensation, mais la légalité européenne actuelle contenue dans la directive "Mifid" pose le cadre des chambres de compensation autonomes par rapport à l'ordre politique national et international. L'algorithme de compensation keynésienne commenté sur ce blog a juste besoin d'une société politique réelle pour faire tenir un état civil des personnes physiques et morales physiquement reconnaissables en justification et en authentification du cadastre financier de tous les actifs compensables. Un point critique, mais qui n'est pas un obstacle dans les pratiques monétaires et bancaires actuelles, est la renonciation aux espèces physiques de manière à garantir le traçage de la responsabilité des acheteurs et le paiement systématique de la prime fiscale d'assurance du droit des personnes.

Dans la terminologie du bancor et de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, le principe appliqué dans le moteur de compensation est celui de l'assurance des personnes physiques par la liquidité monétaire des transactions anticipées par le crédit. L'algorithme de compensation induit la modélisation des anticipations de crédit dans leurs garanties par le capital couvert par des options publiques de change de nature fiscale à l'intérieur de l'espace de compensation et de nature cambiaire à l'extérieur de l'espace de compensation. Autrement dit les primes de change qui sont captées par des intérêts privés dans le régime monétaire actuel deviennent publiques et partageables entre les banques responsables de l'allocation du crédit et les États responsables de la stabilité interne et externe de la liquidité.

La compensation keynésienne fonctionne comme une assurance de la démocratie par la publicité du marché des changes qui produit à la fois une transparence cambiaire internationale, une garantie calculable consolidée du crédit bancaire et un prix libre de l'efficacité politique à générer la liquidité financière de la croissance du bien-être. Dans un marché des changes public inter-étatique, la dévaluation d'une parité signale la démagogie des objectifs politiques ou les défauts économiques de leur mise en œuvre. Par la parité monétaire inter-étatique plutôt qu'interbancaire, le citoyen dispose d'une évaluation objective universelle de l'efficience économique de la politique assumée par des personnes responsables. Par ailleurs, la monnaie dont la liquidité est assurée par le marché des changes public garantit le financement de l'intérêt général par des citoyens, lesquels sont dissociables de leurs intérêts particuliers intégralement déposés dans le cadastre financier.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 09:14

La corruption dont on accuse les Grecs comme cause de leur insolvabilité en euro est consubstantielle au système de la monnaie unique. Le régime appliqué en euro de la libre circulation du capital est la libre corruption du politique. La libre circulation du capital est de fait l'impossibilité de localiser l'investissement dans la légalité d'une souveraineté identifiable par la monnaie. Le motif de cet oubli est d’exonérer les gérants et les propriétaires du capital du prix de la propriété dû à l’État de droit. L'économisme libéral pose le droit de propriété comme un absolu. Ainsi n'est-il pas nécessaire de penser une contrepartie économique pour les citoyens dont la discipline permet pourtant la jouissance effective du droit de propriété.

Le système qui dispense les Grecs riches de payer des impôts pour financer le bien commun est explicitement celui de la monnaie unique. Un système qui abolit la distinction entre la propriété grecque et la propriété non grecque ; donc un système qui institutionnalise et généralise à tous les résidents de la zone euro l'aversion des propriétaires grecs pour le cadastre et la fiscalité. La suppression des frontières politiques et de tout cadastrage étatique de la propriété financière par le marché unique du capital financier est le moyen de la corruption libre du politique dans toute l'Europe.

La victoire de Syriza en Grèce est un cri de détresse des citoyens contre la corruption de l'euro. Les électeurs grecs ont posé que la démocratie est incompatible avec la circulation d'un capital en euro libre de toute régulation réelle par l’État de droit. Il n'est maintenant plus possible de se réclamer de la démocratie en prolongeant l'actuel système européen de comptabilisation des dettes. L'émission des dettes n'est plus compatible avec la liberté sans une réelle régulation politique impartiale du crédit ; impartialité qui impose une régulation exclusivement financée par la fiscalité du capital.

La révolution de l'euro est engagée en Grèce. Soit la zone euro va confirmer son option mécaniste libérale d'anomie financière, soit elle se dote de la démocratie monétaire qui relèvera la Grèce gouvernée par Syriza. La démocratie en euro consiste à rétablir un pouvoir politique responsable de l'économie des vraies gens :

  • 1

    par la régulation de la circulation monétaire du capital qui règle l'économie des revenus et les prix,

  • 2

    par la taxation de tout capital en proportion de l'engagement que son investissement réclame en travail des citoyens,

  • 3

    par la limitation des dettes à la garantie qu'apporte le capital réellement investi à leur remboursement intégral,

  • 4

    et donc par le cadastrage public de toute propriété financière sous l'autorité de personnes morales étatiques assurant l'équité des prix entre personnes physiques.

La restauration de la démocratie sauvera la liquidité des déposants en euro à la condition de mesures concrètes immédiates :

  • 1

    suspension du pouvoir libératoire de la monnaie papier afin de tracer la responsabilité personnelle de tout acheteur au respect de la loi dans le règlement en nature et en monnaie de ses obligations juridiques fiscalisées ;

  • 2

    création d'un cadastre financier européen reliant toute dette à la rémunération des travailleurs qui la remboursent et toute créance aux personnes physiques et morales concrètement obligées par la Loi ;

  • 3

    domiciliation comptable de toutes les transactions en euro dans des États de droit identifiés et garants du Droit compté en monnaie contre paiement de la fiscalité votée par les assemblées législatives ;

  • 4

    contrôle de la circulation financière du capital entre tous les États régionaux, fédérés et nationaux par une fiscalité confédérale d'assurance du crédit de tous les gouvernements souverains déclarés et reconnus dans la zone euro ;

  • 5

    compensation par le marché interbancaire confédéralisé de la liquidité en euro de tous les paiements interbancaires et interétatiques selon la règle d'assurance de tout capital bancaire par une et une seule collectivité publique elle-même garantie par la prime cotée en euro confédéral liquide ;

  • 6

    dévaluation fiscale de l'euro dans toutes les souverainetés locales ou nationales ayant une prime de crédit négative dans la compensation du Système Européen des Banques Centrales ;

  • 7

    versement par le budget confédéral de l'euro d'un capital public par collectivité souveraine assurant l'application des droits sociaux européens matérialisé par un revenu universel minimal défini en euro ;

  • 8

    contrôle par les banques de dépôt de droit public garanties par la fiscalité des collectivités souveraines, de l'exécution réelle des droits contractuels et sociaux comptabilisé dans le revenu minimal universel personnel ;

  • 9

    prélèvement des primes de change assurant le travail en droit européen, par les banques de marché réglant en euro des importations de travail exécuté hors de la confédération ou bien des exportations de travail livrés à l'extérieur de l'euro par des personnes morales européennes ;

  • 10

    fixation politique confédérale des parités nominales de l'euro entre États membres et avec les devises étrangères pour garantir le remboursement de toute dette en euro par le plein emploi du travail disponible dans chaque souveraineté emprunteuse.

Evidemment, le rétablissement de la liberté des citoyens ne permet pas d'imposer des règles à quiconque sans son consentement. En Grèce comme en France ou en Allemagne, la démocratie reconnaît aux riches le droit de ne pas payer d'impôt ni d'assurer le droit des autres. La refondation des États et de la solidarité sociale par l'euro public confédéral définira donc un en-dehors de la démocratie ; en-dehors matérialisé par toute autre monnaie qui ne soit pas l'euro déposé dans les banques de souveraineté confédérale. Pour échapper à toute fiscalité il suffit de ne plus résider sur le territoire de la zone euro et de n'y rien posséder.

Dès lors qu'il n'y a plus d'espèce en euro et que tout dépôt liquide en euro est inscrit sur le cadastre confédéral de la liquidité, toute transaction reste libre avec n'importe quel citoyen résident qui assume par lui-même toute obligation de droit et de fiscalité. Mais la condition de tout achat réel dans la zone euro est de régler tout le travail qui permet l'existence des biens dans le remboursement intégral des dettes par quoi la production a été financée. La contribution à l'assurance de tous les droits de la personne, du travail et de la société est nécessairement incluse dans tout règlement compensable en euro.

Tout le programme de Syriza est applicable comme le remboursement total de la dette publique, si la zone euro se dote d'une chambre de compensation centrale publique garantie par un gouvernement et un budget financiers confédéraux. Une dévaluation de l'euro grec et de la dette publique grecque peut immédiatement rétablir l'équilibre de la balance grecque des paiements courants. Par le versement au budget confédéral d'une prime de convertibilité de l'euro grec contre n'importe quel autre euro, les résidents grecs se mettent à rembourser solidairement leurs dettes actuelles par l'exportation de leur travail en bien et services réels plutôt que par des emprunts à la BCE et aux contribuables non grecs en euro.

Tout non-résident grec achetant en Grèce des services ou du capital réel est contraint par la compensation numérique en euro de régler à l’État grec les impôts qui assurent sa solvabilité. Si les créanciers de la Grèce souhaitent ne pas perdre de leur compétitivité réelle, il leur suffit de subventionner l’État grec par la fiscalité, le budget et l'arbitrage de la Confédération de l'euro. Si au contraire, des créanciers souhaitent s'assurer du recouvrement de leur créance jusqu'au dernier euro, ils doivent déposer leurs titres dans les États qui, pour ne pas verser un centime au budget de la Confédération, acceptent la réévaluation fiscale immédiate de leur parité nominale.

Le marché européen des parités de change fiscal existe déjà avec la Pologne, la République Tchèque et la Hongrie, qui font partie de l'hinterland allemand en conservant leur monnaie propre convertible en euro par un accord de change politique. La révolution démocratique de la zone euro consistera donc à inscrire le prix fiscal transparent des accords politiques de change dans un budget propre à la zone euro voté par le Parlement Confédéral. L'euro officiellement gouverné et dissocié des gouvernements nationaux ne sera plus l'outil de la corruption financière de l'économie politique aux mains d'intérêts nationaux ou internationaux invisibles.

La constitution du nouveau gouvernement au service des citoyens grecs met les régimes politiques allemand et français au pied de leur réalité. Si les Allemands et les Français optent pour la démocratie, il faudra nécessairement que la parité monétaire des Allemands soit réévaluée par rapport à celle des Français. Il faudra nécessairement que les banques allemandes et françaises soient recapitalisées par les impôts qu'elles n'ont pas payés sur le capital dissimulé en contournant la démocratie. Il faudra nécessairement taxer les entrées de capitaux dans la zone euro pour assurer le travail qui garantit la convertibilité de l'euro en biens et services réels.

Les Grecs demandent maintenant aux citoyens de la zone euro de prendre leurs responsabilités. Ou bien ils votent pour le maintien de la liberté de corruption des élites par le capital hors la loi ; et la Grèce sortira de l'euro qui finira de se dissoudre. Ou bien ils rétablissent un vrai système de souveraineté politique sur le capital mesurable par la responsabilité financière en euro ; et la Grèce remboursera l'intégralité de ses dettes par le plein emploi du travail européen au bien commun réalisable en euro.

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 17:09

La construction du mouvement "Podemos" en Espagne s'appuie sur un diagnostic d'économie politique produit par deux universitaires espagnols reconnus et réputés. Le "projet économique pour les gens" propose une vision keynésienne de l'économie politique afin d'échapper à l'effondrement de la civilisation provoqué par la globalisation de la technocratie libérale. "Podemos" suggère qu'il soit impossible de penser une économie des gens sans organiser la démocratie entre les citoyens et les peuples. Cette étude veut montrer que la théorie de la démocratie économique existe en pleine cohérence avec l'expérience et le sens communs. Les techniques actuelles d'économie numérique permettent la mise en oeuvre du modèle keynésien de la monnaie multinationale publique contre la ploutocratie financière.

Après sept ans d'agonie monétaire et financière consécutive au krach des subprimes, la démocratie réémerge en Espagne par la mobilisation des citoyens. Les gens de base se regroupent pour reconstruire les services du vivre ensemble délaissés sous l'empire européen du libéralisme spéculatif en monnaie virtuelle. Le mouvement “Podemos” organise la discussion de l'économie politique à reconstruire sur les ruines de l'économie non régulable par l'intérêt général public. Les réformes demandées par Podemos visent à rétablir la finalité des échanges dans le plein emploi de l'offre de travail au financement de la croissance économique de la société politique du bien commun.

La présente analyse veut montrer que la régulation du crédit, de l'épargne et de la liquidité bancaire est réalisable au service des gens par un vrai marché de titrisation du travail ; c'est à dire par un marché du travail politique, entrepreneurial, bancaire et assurantiel, engagé par les citoyens dans des sociétés qui les rendent effectivement solidaires. Les réseaux sociaux numériques en développement constituent l'espace de négociation de toutes les espèces de travail à l'origine des biens demandés par la société civile. Face à la modélisation numérique de l'économie réelle des échanges, l'actuelle monnaie bancaire issue du réseau financier global virtuel n'est adossée à aucune mesure intelligible de la réalité attendue par les gens.

Pour que la rationalité économique retrouve ses fondements réels dans la démocratie, le crédit en monnaie doit être réconciliable au crédit rémunérant le travail. L'offre bancaire de crédit doit égaler strictement la demande de services exprimable par le travail des citoyens personnellement responsables de leurs États communs de droit. Le marché de la monnaie véritable que Podemos revendique est un marché de la titrisation du travail par la puissance publique du bien commun. La société civile refondée par Podemos est aujourd'hui en mesure de reconstruire une économie humaine sociale objective au milieu du vide conceptuel simulé par les élites politiques et financières actuellement au pouvoir.

 

Pas d'économie objective sans démocratie

"Podemos" est un mouvement émergent de la politique espagnole enregistré en mars 2014 comme parti pour offrir une alternative démocrate au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol et au Parti Populaire. Le PSOE et le PP qui gouvernent l'Espagne en alternance depuis 1978 ont renoncé à une économie au service de la démocratie. Podemos a obtenu d'emblée 8% des voix aux élections européennes et se trouve en tête des intentions de vote pour les législatives espagnoles de 2015. Les initiateurs de Podemos récusent le libéralisme économique du PSOE et du PP actuellement au pouvoir. Le mouvement se construit en mode participatif sur l'objectif de remettre le système économique de l'Espagne au service du vivre ensemble. En novembre 2014, Podemos a publié un "projet économique pour les gens" afin d'établir une base de discussion des réformes économiques, sociales et politiques qui seront proposées aux suffrages législatifs des Espagnols.

La plateforme de débat économique de Podemos a été établie par deux professeurs d'économie politique d'orientation sociale démocrate, Vicenç Navarro et Juan Torres López. Ils posent le constat de la mise en faillite de l’État de droit par le système apolitique de la monnaie unique européenne ; une monnaie conçue pour soustraire l'économie au contrôle de la démocratie dans le contexte de la globalisation financière et commerciale. La politique des socialistes puis du Partido Popular après la disparition de la liquidité financière depuis 2008, a consisté comme partout ailleurs à renflouer les banques par la dette publique puis à réduire la part des dépenses publiques dans l'économie pour freiner la croissance de la dette. Alors que le chômage a triplé en 6 ans, que les revenus salariaux se sont effondrés, le gouvernement espagnol réduit les services publics et les prestations de solidarité sociale. La politique monétaire et financière de la zone euro contraint l'Espagne à détourner son économie du bien-être pour rembourser des dettes qui n'ont jamais financé une croissance bénéfique à tous les Espagnols. Une partie substantielle du peuple espagnol a été renvoyée à son niveau de vie des années cinquante.

Podemos constate que l'Espagne est dépossédée de son activité économique au profit de créanciers extérieurs, parmi lesquels les Espagnols les plus riches désolidarisés de leurs concitoyens par le régime libéral de la zone euro. Le principe même du marché européen unique de libre circulation du capital financier permet de produire et d'investir en Espagne hors des lois voulues par les citoyens et sans contribuer par la fiscalité aux charges et dépenses communes de l’État de droit espagnol. L'égalité des droits et la solidarité minimale du vivre ensemble n'ont plus cours en Espagne par nécessité de l'euro détaché des États de droit. Les États dépossédés du contrôle de la monnaie sont dans l'incapacité de réguler le crédit et les revenus par la levée des impôts. L'euro produit une dénationalisation déshumanisante du pouvoir de la loi au profit des entreprises et du capital extérieurs à la citoyenneté. Il n'y a plus d'économie en Espagne par l'existence même d'un système européen interdisant la délibération politique des lois applicables à la production et à la consommation. L'économie est réduite au service exclusif des propriétaires du capital financier virtuel aux dépens des droits du travail et de la société politique.

Politique de l'économie au service des gens

Sous l'angle de l'économie du bien commun, la réalité espagnole est corrompue par une liberté absolue des investisseurs et dirigeants de l'économie financière. Non seulement les équilibres sociaux spécifiques de la démocratie sont anéantis mais la solvabilité des banques et de l’État espagnols ne peuvent plus être calculés dans le contexte de l'euro. La suppression des frontières monétaires, financières et juridiques par la monnaie unique induit la captation systématique des efforts nationaux de redressement par des intérêts non nationaux. Focalisant leur diagnostic sur l'économie espagnole, les économistes de Podemos signalent que la liquidation de la réalité de l’État de droit en Espagne n'est nullement rattrapée par l'action d'un gouvernement de la zone euro. Le capital en euro circule par la seule force de l'intérêt financier privé en dehors de toute formation d'un intérêt européen par une communauté publique véritable. Aucun pouvoir politique n'a plus dans la zone euro la capacité financière de réguler le calcul financier du crédit. Le système financier auto-référencé de l'euro ignore absolument l'équilibre économique réel du travail, du crédit et du capital des citoyens à l'intérieur des pays et entre les pays membres.

Le "projet économique pour les gens" est la première analyse d'un mouvement de révolte politique populaire pointant la cause de l'impasse actuelle du capitalisme libéral dans l'absence de gouvernance démocratique du crédit et de la monnaie. Toutes les propositions de Podemos visent à remettre l'économie au service des gens par la régulation politique de la finance. Toutes les propositions tendent à forcer pratiquement l'utilisation des dépôts et de l'épargne au financement d'un équilibre entre production et revenus du travail. Autrement dit, la consommation des gens devrait se financer par le travail des gens plutôt que par un endettement et un déficit d'échanges extérieurs. Podemos demande un vrai marché du travail où les gens puissent négocier leurs revenus aux prix de ce qu'ils demandent par leur production effective et par leurs intentions mesurables en épargne. Un vrai marché du travail engendrerait l'offre des objets d'investissement qui répondent à l'épargne des revenus du travail. Podemos proclame le droit au crédit qui soit la mesure juste du travail actuel et futur engagé par les gens pour satisfaire leurs besoins.

Sur le fond, les économistes de Podemos réclament une réintégration de l'économie dans la règle politique. Le marché financier réglé par la politique signifie que la monnaie négocie des prix entre les citoyens qui tous travaillent, entreprennent, épargnent, consomment et investissent. Pour que les revenus escomptés du travail soient mesurables en crédit bancaire, il ne faut pas que les besoins des gens et le travail nécessaire pour les satisfaire soient définis par des spéculations financières. L'épargne ne peut pas être une abstraction financière déconnectée de l'économie réelle des projets humains. Le financement de la demande des citoyens par le travail des citoyens implique que l'équilibre des prix entre l'offre et la demande de crédit soit déterminé par l'équilibre des finances publiques entre l'offre et la demande de droits civiques ; et que l'équilibre juste de la distribution des revenus de production des biens et services ne soit pas déterminé entre les seuls détenteurs de capital mais entre tous les citoyens qui définissent, transforment et emploient le capital.

Les quatre degrés du travail dans le capital

Le système économique réclamé par Podemos est un capitalisme du travail producteur de la satisfaction des gens en lieu et place d'un capitalisme de la monnaie financière apolitique. Une capitalisation de la demande des gens en travail implique que la monnaie ne soit pas émise par des comités secrets de banquiers mais par un marché de tous les acteurs économiques de la citoyenneté. Le règlement des biens en monnaie doit rendre compte publiquement à la société civile des prix réels de tous les services qu'elle est apte à commander et exécuter. La transparence économique et politique du marché requiert alors quatre degrés différenciés de négociation de l'équilibre des prix. Le premier degré est celui de l'entreprise entre l'offre de travail de chaque citoyen et la demande collectivisée par le gouvernement d'entreprise. L'entreprise est le lieu du calcul économique de toutes les demandes de productions des citoyens en travail, épargne, investissement et assurance.

Dans l'économie de la démocratie, l'entreprise est représentable en titre de capital négociable contre monnaie à la condition de se constituer en sociétés d'intermédiation des objectifs mis en communs. Un enchaînement d'objectifs communs est une entreprise. Mettre en commun des moyens de réalisation collective d'objectifs communs est un second type d'entreprise. Mettre en commun le prix des lois réglant des objectifs communs est une entreprise d'entreprises. Ces trois types d'entreprise sont contenues dans l'entreprise politique qui fédère le travail des citoyens dans l'appréciation de leur demande collective par une même monnaie. Les trois équilibres actuellement détruits des prix du crédit, du capital et de l'assurance du système de l'économie des gens sont réparables dans une économie efficiente à la condition du plein emploi de la demande de travail. La négociation fondatrice de tous les équilibres de l'économie est la combinaison des facteurs de travail à l'intérieur de chaque entreprise et entre les entreprises réunies d'une même politique de production finale.

L'existence effective d'un bien à un certain prix réglé par l'acheteur est nécessairement une combinaison d’œuvres au quatre degrés de nécessité du travail : la transformation de la matière, l'entreprise, la capitalisation du prix et la délibération du règlement des biens en comptabilité de loi commune. Le système libéral, dont Podemos constate la défaillance du point de vue de la démocratie comme de l'économie réelle, est une théorie libérée de la réalité objective du citoyen. L'entreprise est réduite à la spéculation du seul travail financier sur la comptabilité du capital, lequel est défini en fonction du pouvoir d'achat d'un consommateur dont la citoyenneté est niée. Le consommateur libéral est un moteur de transformation mécanique du capital en monnaie. Le capital libéral est monétisé hors de ses causes dans le travail de délibération des biens, dans le travail de coordination des citoyens, et dans le travail d'assurance de la réalité des droits du citoyen. La finalité de l'entreprise libérale n'est pas décomposable ; elle n'a de réalité que dans la croissance du capital en monnaie nominale abstraite de toute loi réelle.

Le crédit véritable indexé sur la rentabilité du travail

Pour qu'une production soit engagée au bénéfice de tous ses contributeurs, il faut nécessairement un accord de prix sur chaque œuvre de travail entre toutes les entreprises pour que le prix de revient final soit inférieur ou égal au paiement en monnaie de l'acheteur final ; lequel acheteur final a nécessairement obtenu la rémunération de sa quote-part d’œuvre du travail commun. Un accord de prix réel est aussi une identification concertée de tous les objets d’œuvre nécessaires à l'existence effective du bien final. Le marché du travail efficient est donc à la fois une confrontation des libertés individuelles et une organisation des coopérations qui mutualisent le risque économique objectif. Le risque objectif est la possibilité d'une offre effective inadéquate, entre toutes les entreprises mobilisées dans la livraison des biens servis à des citoyens qui sont des consommateurs. Par entreprise vendeuse d'emploi, il faut entendre toute société de coopération mutuelle dont le capital ait pour finalité de garantir les droits du travail rentable ; c'est à dire le travail dont les fruits promis sont anticipés par le crédit qui comptabilise l'investissement ; lequel investissement a pour finalité d'assurer la pérennité de la communauté de production à servir la demande réelle effective des citoyens.

La rentabilité n'est rien d'autre en économie réelle que l'efficacité du travail à satisfaire la demande monétisée du consommateur citoyen. La rentabilité définie en travail intègre en soi-même la rationalité économique dans la contrainte de stabilité financière. La rentabilité libérale est au contraire une spéculation financière sur la déstabilisation d'un système dépourvu d'obligation de travail. La crise mondiale de la dette dont l'Espagne est l'une des victimes expiatoires n'est rien d'autre que la liberté des entreprises hors sol (off shore) d'emprunter sans acheter le travail au prix des biens où le travail est prêt à les acheter. Le capital financier est comptabilisé par des banques sur des prêts qui ne sont pas adossés au prix réel d'un travail effectuable par des citoyens incarnés. Ce capital est en nature une dette fictionnelle que personne ne remboursera. Le système de la libre circulation du capital entre des sociétés sans États de droit n'a pas d'autre finalité que d'autoriser des pseudo-élites à emprunter des richesses sans jamais les produire ni les rembourser. L'actuel système mondial de la finance déterritorialisée engendre une économie non proportionnable à la réalité des gens libres.

La première étape d'un processus rationnel réaliste de négociation marchande des prix des biens à produire se déroule nécessairement à l'intérieur des entreprises et entre les entreprises qui rémunèrent le travail ; à l'intérieur des entreprises pour construire l'offre, et entre les entreprises pour agréger la demande. Pour qu'un crédit en monnaie réglant l'achat d'un citoyen consommateur soit réparti entre tous les citoyens organisés en entreprises, il faut des entreprises spécifiques de régulation des échanges par des lois communes. Les entreprises d'assurance de la réalité effective des biens par le Droit sont les États souverains et les associations de souveraineté. En structurant tous les principes d'organisation économique par les degrés locaux, nationaux, européen et mondial de l’État de droit, Podemos rétablit la condition démocratique de possibilité d'un ordre économique réel.

Les lois publiques délibérables de l'économie des prix

Podemos opère la restauration de l'économie dans une réalité qui ne soit plus absorbable dans la virtualité financière. Podemos demande l'asservissement de la politique monétaire de l'euro à la délibération du Parlement Européen ; politique monétaire exécutable à la condition d'un véritable Trésor Public européen contrôlé par le parlement d'un véritable État confédéral. La loi du marché européen ne doit plus porter sur les seuls objets matériels mais sur la législation du travail et des assurances sociales interprétable par les États et les entreprises. Les crédits monétaires de la BCE ne doivent plus être accordés à des banques privées mais à des marchés universels publics dont la politique de crédit soit assurée et contrôlée par les institutions politiques de la démocratie européenne des nations. La liquidité des titres de dette et de capital ne doit plus se calculer sur des objectifs privés de rentabilité statistique mais sur des engagements publics de vente de biens réels vérifiables en droit du citoyen qui travaille pour consommer.

Le projet économique pour les gens pose la raison de formation des prix dans la démocratie monétaire. Le crédit en monnaie au vendeur d'un bien ne peut plus être de la décision privée d'un prêteur financier sous un capital bancaire mais doit réunir ouvertement à l'intérêt de l'acheteur, les intérêts du travail, de l'épargne, de l'entrepreneur et de la société politique d'intérêt général. La monnaie qui règle le prix ne peut être une matière privée mais la matérialisation publique d'un bien échangé par un ensemble de prix entre toutes les parties concernées dans la vente de quelque bonne chose. Si l'euro est arraché aux spéculations privées de banques exonérées de la loi commune, le marché commun de la citoyenneté européenne dévoilera les quatre causes nécessaires à la formation rationnelle des prix entre les citoyens investisseurs entrepreneurs acheteurs consommateurs. Après organisation de la production structurée par le partage du prix de revient entre toutes les œuvres de travail issues des entreprises, la monétisation du prix final des services consommables requiert la conversion de la valeur demandée en crédit bancaire ; puis la couverture du risque économique en capital de vérification par la loi commune ; et enfin la mutualisation par la fiscalité des réparations, des moins-values et des biens communs non distribuables.

L'égalité de puissance entre le travail, l'entreprise, le crédit et le bien commun revient à un marché financier de la liquidité monétaire indexée sur le travail. Il contient quatre catégories d'acteur : l'entrepreneur, le marchand courtier, le banquier et le juge de la puissance publique garante de l'intégrité des acteurs du marché. La liquidité monétaire ne s'adosse au crédit bancaire que convertible dans toutes les tâches de travail achetées qui font la livraison certaine en droit d'un bien réel à un prix donné. La liquidité du crédit est pure fiction en dehors des sociétés politiques de citoyens libres et responsables de leurs entreprises. La mesure du crédit reste virtuelle s'il n'est gouverné par le droit commun propre à des États identifiables ; s'il n'existe un marché commun de la monnaie pour mesurer la responsabilité propre à chaque État de sa souveraineté indivisible.

Le gouvernement du marché par quoi les prix sont garantis en droit des citoyens consiste à assurer continûment l'équilibre des pouvoirs entre l'entreprise qui produit, l'entreprise qui crédite le prix à terme contre promesse de livraison, et l'entreprise qui mesure et réduit le risque économique au bénéfice civil des acteurs engagés. Dans un marché régulé par l'exécution collective de la loi, le paiement en monnaie prouve l'universalité du bien produit et vendu. L'augmentation du capital financier des actionnaires de l'entreprise est strictement conditionnée par l'incertaine rentabilité de l'investissement ; lequel est négociation des œuvres de travail propices à l'augmentation des biens offerts par la loi commune.

Quatre causes d'assurance des biens par la démocratie

La refondation de l'euro suggérée par Podemos implique quatre degrés de souveraineté politique : la confédération, la nation, la région et la commune. La confédération de l'euro serait la société européenne des citoyens partageant une même économie de la démocratie. Les nations membres de l'euro sont des sociétés partageant chacune une même conception des droits du travail sous un capital public commun comptabilisé en euro. Chaque nation et chaque degré d’État dans les nations a son propre capital en euro. Les régions sont des coopératives juridictionnelles assurées par une même fiscalité. Les nations peuvent s'associer dans une même région, par exemple l'Espagne ou l'Allemagne, ou plusieurs régions se regrouper dans une même nation, par exemple la France. Enfin, la commune est la société politique élémentaire où un même pouvoir public gouverne les intérêts économiques fédérés d'une même communauté de citoyens. Chaque degré d’État souverain est repéré par sa propre unité monétaire convertible en une autre unité d'un autre État par le prix fiscal exclusif en euro du droit local.

La discrimination de la souveraineté du bien commun entre les sociétés de la démocratie requiert la séparation des quatre fonctions financières actives dans le prix de tout bien réel. La fonction de dépôt distingue par des titres financiers les différents objets nécessaires à l'existence d'un bien livrable. Le titre déposé d'un bien spécifie la légalité de tout règlement en monnaie à l'échéance négociable par le marché. Le dépôt d'un objet est nécessairement le fait d'un sujet de citoyenneté identifié dans une personne physique représentant une personne morale dans d'autres personnes morales garantes. La personne morale est une association de citoyens solidaires de la réalisation d'un même bien dans des objets communs. Un objet déposé acquiert un prix par la fonction de crédit. Un objet prisé dans un crédit acquiert une existence physique livrable par la fonction de capitalisation. Enfin l'offre du prix d'un bien livrable à une certaine échéance devient service effectivement réalisé d'une personne par la fonction d'assurance. Assurer un bien à un citoyen consiste en la prise en charge par une communauté assurantielle de tous les coûts imprévisibles non réglés dans le prix d'achat. L'assurance est le règlement effectif de toute les réparations qui garantissent les droits de la personne dans le prix qu'elle a réglé.

La mise en œuvre obligatoire à la démocratie des quatre fonctions financières de conversion de l'objet en bien licite réel implique l'intervention séparée et distincte de quatre types de banque : dépôt, crédit, investissement et assurance. Le dépôt est l'enregistrement des contrats, des contractants, des objets et de la responsabilité interpersonnelle de la propriété des objets. Toute transaction relative à un objet déposé est tracée par la banque dépositaire par le transfert du dépôt du prix en monnaie d'un déposant à l'autre. Le crédit est l'anticipation du prix d'un bien déposé négociable dans le futur auprès d'un acheteur final encore inconnu. L'investissement est l'identification des objets, des taches et des prix du travail nécessaire à la livraison effective d'un bien à terme. L'assurance est le prix probable réel à régler en réparations imprévues au consommateur acheteur d'un bien dans la communauté politique qui le protège. Le dépôt est donc l'assurance de l'assurance en travail engagé de la personne physique à faire ce qu'elle dit pour garantir à tout acheteur potentiel la réalité du bien dont elle répond du dépôt-même.

Révolution latente de la démocratie monétaire numérique

Podemos grandit depuis son origine dans la pratique de la démocratie du dépôt. La technologie des réseaux sociaux numériques provoque l'organisation d'un marché des principes politiques et des mesures économiques discutables et interprétables par les citoyens. Technologie de l'échange réticulaire qui est également celle des entreprises et des marchés pour organiser la production et comptabiliser la négociation des prix. Un réseau social numérique matérialise tout autant le dépôt d'un vote pour un dirigeant politique, pour un gérant d'entreprise ou pour un gestionnaire de patrimoine. La cotation d'une idée déposée est la cotation d'un titre d'assurance en titre de capital. La comptabilité déposée d'un crédit budgétaire est la comptabilité d'une prime d'option financière, que la finance actuelle appelle "dérivé de crédit". Le dépôt d'un bulletin de vote ou le règlement d'un prix en monnaie sont de même nature dans un réseau numérique. Moyennant le dépôt et le réseau, voter est synonyme de payer. Le paiement est le vote d'un acheteur pour un vendeur dont l'objet est échangé contre monnaie représentative de tout travail dans un contexte de droits déposés en réseau.

Le réseau social numérique représente les modélisations possibles des liens sociaux ; les acteurs économiques des biens y construisent par le nombre monétisable la formalité de leurs objets communs. Avant d'être mise à disposition de n'importe quelle communauté d'intérêts par le réseau des réseaux, la technologie numérique réticulaire a été l'armature de la finance globalisée en monnaie interbancaire internationale virtuelle. La dématérialisation des titres et des flux monétaires en vigueur depuis plus de trente ans repose sur les réseaux numériques de données bancaires. Les chambres de compensation où s'effectuent actuellement le règlement financier interbancaire des dettes sont des convertisseurs d'obligations juridiques en prix universalible de marché. Mais l'interbancarité mondiale des prix en monnaie a été réalisée par élusion du travail effectivement engagé par les organisations sociales. La virtualité des prix n'est pas réellement transformé en biens servis aux personnes physiques déposant dans les banques. L'effondrement de la liquidité bancaire est depuis 2008 la ruine potentielle des déposants par la spéculation bancaire non réconciliable avec la réalité matérielle tangible.

Un réseau numérique est la convertibilité en mots par les nombres, d'images subjectives de la réalité. La finance moderne est née de la mise en réseau des sociétés par une religion monothéiste de l'économie des biens. Une définition convergente des biens a engendré le crédit commercial international, donc la conversion marchande des mots en prix à terme, donc un système de comptabilité des biens en monnaie. Si un réseau numérique est aligné sur une société politique gouvernée par une interprétation commune d'une même loi, alors les personnes agissant de concert par un même marché deviennent garantes de la conversion en biens réels des mots associés aux prix.

Si les acteurs d'un réseau numérique sont des citoyens solidaires dans des nationalités ; si chaque nation se structure sur une autorité politique commune unique ; si chaque autorité politique est représentée par une unité de compte monétaire propre ; si la convertibilité réelle de l'autorité politique a un prix de change spécifique variable selon la nationalité ; et si les unités de compte sont convertibles moyennant un prix de change variable dans une monnaie de supra-nationalité ; alors un équilibre général des prix peut être négocié qui transforme toute la demande de travail en offre de travail par une production maximale de services véritables.

La théorie éprouvée de la liquidité par le plein emploi du travail

La croissance économique des biens maximisée par le plein emploi du travail par nationalité est théorisée depuis keynes. La représentation keynésienne de l'équilibre économique du plein emploi de l'offre de travail par la demande publique est efficace à la condition d'un mécanisme de fermeture de l'espace marchand de négociation des prix. La fermeture logique du marché virtuel de l'économie réelle est l’État de droit plurinational. Le travail offert peut être intégralement transformé en biens et services vendus et consommés à la condition d'une monétisation du droit commun des citoyens par un seul gouvernement responsable de son marché par sa monnaie.

Le problème non clarifié par l'économie keynésienne qui est devenu l'alibi du libéralisme spéculaire, est l'équilibre multinational des parités de change entre des gouvernements débiteurs les uns des autres soit par des échanges commerciaux, soit par des délégations partielles de souveraineté. La zone euro a imaginé résoudre l'instabilité potentielle du crédit international en récusant son expression financière dans les parités de change. Les faits ont montré que la maîtrise des dettes publiques et des balances commerciales est impossible par une seule unité monétaire entre des souverainetés objectivement plurielles. Par l'euro, la responsabilité politique n'est plus mesurable, ni solidaire, ni convertible entre des nationalités objectivement et réellement différentes de citoyens producteurs, consommateurs et investisseurs.

Pour que les règlements monétaires soient une application du droit des personnes et de la propriété spécifique à chaque système gouvernable de la solidarité économique, il faut et il suffit rendre la monnaie décomposable en États de droit séparables. La monnaie uniciste est négation de la réalité objective. Pour obliger le détenteur d'une créance quelconque à s'inscrire dans le droit d'une citoyenneté réelle, donc à s'acquitter de la fiscalité que le coût commun de citoyenneté impose, il suffit de ne pas représenter la monnaie par des espèces physiques indifférenciantes. Le pouvoir libératoire de la monnaie doit être réservé à l'espèce exclusivement numérique.

Dans la zone euro, les espèces en une quelconque devise seraient intégralement remplacées par des cartes de paiement. La monnaie ne pourrait plus alors se manifester sans que l'identité du porteur physique soit connaissable, garantie par la banque de dépôt, elle-même impérativement couverte par une société politique garante de la légalité des dépôts bancaires. La liquidité de la monnaie ne pourrait plus exister hors du travail identifiable d'une personne physique. Le dépôt en serait couvert par la solvabilité d'une banque dépositaire de la définition des œuvres de travail. La souveraineté politique serait déposée comme garantie du bien commun par les prix en monnaie. Tout paiement monétaire matérialise alors la responsabilité de l'acheteur dans la légalité du bien acquis, donc dans la rémunération de tout travail contenu dans le bien, donc dans le règlement de la dette au vendeur et par conséquent dans l'acquittement de la fiscalité garantissant la conformité de la transaction à l'intérêt général.

La technologie actuelle des réseaux sociaux permet l'identification transaction par transaction de tous les citoyens vendeurs de travail dans un bien. Si la loi commune l'impose, chaque titre de bien est concrètement rattachable à toutes les sociétés, de travail, d'entreprise, de crédit et d'assurance, qui solidarisent la responsabilité des vendeurs et de l'acheteur. Pour réaliser la responsabilité des entrepreneurs, des travailleurs, des épargnants et des États de droit dans les prix, il suffit que la loi monétaire récuse la valeur libératoire d'un dépôt bancaire dont le possesseur, la société garante et la juridiction politique assurantielle ne sont pas physiquement représentés. L'identification physique d'un débiteur en monnaie signifie que les biens réels qui sont la contrepartie du crédit bancaire sont enregistrés comme capital saisissable par un pouvoir judiciaire officiel de souveraineté. La souveraineté rétablie des citoyens sur l'économie implique la responsabilité financière personnelle illimitée de tout représentant exécutif, législatif ou judiciaire d'un quelconque pouvoir. La parole politique personnellement responsable devient la relation officielle obligée de la finance à la réalité.

Contrôle des changes de la liquidité du capital en démocratie

La mission de tout mandataire social d'économie politique est d'assurer l'application de la loi spécifique à son périmètre de souveraineté délimité dans le réseau social numérique où il agit. L'unité monétaire spécifie le prix d'une souveraineté économique dans les autres souverainetés. Chaque souveraineté assure le crédit de ses gouvernants par le prix public négociable de la prime de crédit budgétaire de chaque dirigeant. Le régime de la démocratie implique qu'un dirigeant perd sa délégation de pouvoir dès que le prix d'assurance de son crédit devient négatif sur le marché public du crédit. La prime de crédit d'un dirigeant quelconque est cotée par rapport aux objectifs budgétaires qualitatifs et quantitatifs sur lesquels il est engagé au sein de la société qui l'élit. Le marché financier numérique est un cadastre temporel de tous les engagements politiques déposés par le travail de gouvernance.

Dans un système monétaire purement numérique, la différenciation des unités de compte fait la convertibilité des prix d'un État du droit à l'autre par le régime de fiscalité. La fiscalité est en économie réelle un régime de convertibilité monétaire ; une composante nécessaire du prix des transactions de toute société économique vendeuse des biens qu'elle produit à une société politique. Le prix de la convertibilité des monnaies n'est plus pris en charge par des banques hors sol à capital privé mais par l'autorité publique de marché numériquement territorialisée. Les primes de change restent des primes d'assurance actuelles sur la stabilité du pouvoir d'achat réel de la monnaie. Mais les primes de change sont taxées selon la consommation de services publics imputable aux flux monétaires selon les qualifications légales du capital transféré d'un État à l'autre.

Tout entrepreneur est par définition en tout domaine responsable sur son patrimoine et sa rémunération du dépôt de la nature des biens vendus quelle qu'en soit l'origine. Le capital n'a plus d'existence reconnue sans que des citoyens identifiés en soient gérants obligés à la rémunération de tout le travail qui fait la rentabilité objective des actifs gérés. En monnaie numérique, il n'est plus possible d'importer d'une société exogène sans régler par la taxation des changes les assurances sociales des citoyens consommateurs domestiques. Un marché des changes est un marché d'assurance du bien commun des nationalités différentes.

La numérisation de la monnaie dans un marché délimité par la responsabilité politique publique, a bien pour objectif de mettre la circulation du capital sous contrôle de la loi commune. La circulation du capital est limitée par l'obligation de rémunérer en bien commun public le travail qui produit toute transformation du capital en bien privé. La monnaie numérique impose de rendre la nature des biens verbalement transparente et consistante au citoyen. Les différents degrés de souveraineté se rendent juridiquement solidaires de la réalité des droits de tous les consommateurs finaux. Un paiement en monnaie numérique est l'engagement d'un citoyen dans la souveraineté sous la dépendance de laquelle il se place à garantir le prix du bien-être de la collectivité à qui il achète le bien qu'il consomme.

Le travail qui change le prix en réalité universellement bonne

Le travail de production et d'exécution de la Loi est garanti et vérifiable par la comptabilisation exhaustive dans la monnaie de la société vendeuse de son change. Une société vendeuse quelconque est par le change assurée dans la monnaie de la communauté acheteuse de déposants bancaires. Enfin si le marché des changes est posé comme tel, la monnaie de la société politique, distincte du change acheteur et du change vendeur, garantit la communion de Droit. La monnaie d'une société politique est la prime de liquidité de la garantie du patrimoine, des rémunérations, des décisions et des dépenses communes qui font la réalité sociale des biens par les sociétés intermédiaires.

Le remplacement d'une économie financière de la prédation par une économie de la responsabilité des citoyens à l'échelle de l'euro ou à l'échelle de l'Espagne est l'antinomie du rêve spéculatif actuel. Podemos revendique l'indexation de la monnaie sur le prix des biens en travail capitalisable. La capitalisation du travail par les droits du citoyen en lieu et place de la spéculation bancaire libre signifie l'encadrement des marchés de l'assurance, du capital et du crédit par un marché des changes qui soit également un marché du travail. Le marché du capital monétisé par le crédit bancaire en mesure du travail anticipé, est en nécessité logique enfermé dans un système politique d'assurance intrinsèque du travail. Le capital régulé en travail ne peut plus alors sortir de son espace de régulation sans acquitter le prix fiscal du droit. En économie réelle, la libéralité du non-droit paye une prime de change à l'assurance du travail qui garantit la solvabilité de tout emprunteur.

L'économie de la démocratie de Podemos impose de fixer les frontières de la civilisation soit aux limites de la citoyenneté espagnole, soit à celles de la zone euro. Les frontières financières déterminent la base fiscale d'indexation de la monnaie par le Droit. Si les partenaires de l'Espagne en euro acceptent de revenir dans l'économie réelle de la démocratie, ils formeront une communauté humaine diversifiée en mesure d'affronter la menace spéculative impériale du monde libéral. Si la zone euro préfère le régime de la guérilla financière libre, elle contraindra l'Espagne à organiser seule le contrôle fiscal de ses frontières financières. Dans ce cas, le rétablissement de la peseta dans un marché numérique intégral limité à l'Espagne se résoudra par une dévaluation des prix domestiques entre tous les résidents espagnols. La compétitivité solidaire durablement restaurée du travail espagnol induira le retour rapide au plein emploi, donc le retour des capitaux expatriés, la reprise de l'investissement non spéculatif et la hausse des recettes fiscales sur les remboursements privés de dette extérieure.

La sortie de l'euro libéral par un euro régulé seulement en Espagne induirait une forte dévaluation du pouvoir d'achat des déposants espagnols compensée par une forte réévaluation de la rentabilité du travail et du capital. La fausse accumulation de capital financier serait remplacé par un capital réel reconstitué de croissance des revenus en peseta. La révocation de la corruption financière libre des pouvoirs publics et privés réassigne toute la liquidité monétaire à la croissance réelle solvable du bien-être. Non seulement la dette publique sera rapidement remboursée mais le gouvernement de la démocratie espagnole reconstituera une position de change publique créditrice en euro et en dollar qui soit le prix public de régulation du prix du travail espagnol en peseta contre devise étrangère. L'équilibre interne du marché du travail et de la balance des capitaux extérieurs redevient l'objectif de la politique publique par la politique de change. Les Espagnols bénéficieront alors des mêmes avantages actuels que le Royaume Uni, la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie demeurant hors de l'euro. Mais la politique de change espagnole aura pour finalité structurelle le bien-être du citoyen au service de ses concitoyens.

Réalité européenne de la démocratie assurable en euro

Si les citoyens de la zone euro se déclarent solidaires des citoyens espagnols, alors l'euro devient la monnaie de la supra-nationalité de la démocratie entre les nations et les régions d'Europe. Le marché des changes en euro devient le marché public du capital de garantie des juridictions confédérale, nationales et régionales de l'économie du travail des citoyens européens. Tous les flux commerciaux et financiers aux frontières de l'euro et entre les souverainetés locales sont alors taxés par le Trésor Public de la Confédération à hauteur du prix de la garantie de toutes les dettes publiques convertibles en euro. L'endettement public est à nouveau strictement limité à l'anticipation des recettes fiscales résultant des lois votées par les parlements. La corruption financière interdite à l'échelle de la zone euro engendre la fiabilité des bases fiscales et la sûreté du recouvrement fiscal. La dépense publique est strictement calculable à tous les degrés de la souveraineté au prix réel légal des assurances sociales et de l'investissement public garantis par chaque juridiction de la Confédération à la commune.

Comme à l'échelle de l'Espagne, le rétablissement financier de la démocratie détermine la solvabilité des sociétés européennes en plein emploi du travail offert par les citoyens. La définition financière de toute société comme assureur de la rentabilité économique des offres de travail de ses membres implique que la parité de change d'une quelconque société en euro varie selon la compétitivité universelle du travail. Quelle qu'en soit la raison, défaut de la Loi, défaut d'organisation, défaut d'éducation ou erreur de gouvernement, une perte de compétitivité du travail dans une société est compensée par la dévaluation du change. Le prix dévalué en euro du capital généré par une société est rationnellement compensé par une rentabilité collective accrue du travail, donc par l'employabilité supérieure du travail domestique, donc par l'augmentation collective des revenus futurs, donc par la restauration de la capacité sociale et individuelle d'emprunt interne et externe de la réalité des biens économiques.

Inversement la réévaluation d'une unité de compte en euro sur le marché des changes confédéral accroît le pouvoir assurantiel des différentes sociétés identifiées au bénéfice de la citoyenneté européenne. Quand le plein emploi en variabilité des changes en euro provoque des excédents budgétaires, les gouvernements dont l'efficacité économique se trouve confirmée et certifiée, ont objectivement intérêt à exporter le capital de liquidité excédentaire comptabilisé dans les réserves de change en euro. La fermeture de la zone euro au non-droit libertarien oblige toutes les entreprises en rentabilité excédentaire de leur capital de travail à exporter leur savoir-faire en lieu et place de la représentation spéculative indéfinie du pouvoir virtuel de faire. Le contrôle politique de l'économie du capital fait circuler la réalité des biens et non leur irréalité spéculative. La condition de la croissance réelle de l'économie des biens appréciés en euro redevient le plein emploi du travail des citoyens.

Institution de la justice du vivre ensemble par la Confédération de l'euro

La faillite actuelle du gouvernement de l'Espagne est celle de tous les gouvernements de la zone euro. Elle a son origine dans la monétisation de la spéculation non réductible par la réalité objective universellement lisible. La dérégulation du système financier suscité après la décision étatsunienne d'inconvertibilité du dollar en or a détruit la perception de la possibilité du lien rationnel des monnaies à la réalité juridique et politique du travail. L'intelligence des dirigeants politiques et économiques est ontologiquement déconnectée de la réalité par la monnaie qui masque le travail au lieu de le traduire. Le calcul économique a perdu toute consistance dans la démonétisation pseudo-libérale des sociétés. La dématérialisation des biens déguisée en idéologie du libre échange immerge l'humain dans sa négation financière. Le discours politique est contraint au délire rhétorique pour capter la crédibilité de son action auprès d'une finance affolée par destruction de tout repère réel objectif. Podemos propose de rétablir la raison monétaire de la démocratie comme condition d'une économie véritable de l'humain.

L'inévitable retour à la réalité repose sur la conscience que les peuples acquièrent d'eux-mêmes dans l'expérience économiquement interprétable du vivre ensemble. Les concepteurs de la zone euro privés d'expérience réelle de la démocratie par le contexte de la spéculation financière libre en “euro-dollar” ont fabriqué une machine infernale. Cette machine entièrement numérique est reprogrammable par la substitution de l'objectif de financement de la démocratie à celui de la recapitalisation illimitée de la spéculation financière. L'émission de la liquidité bancaire doit dépendre d'un marché européen de titrisation du travail. La BCE, pilote de la monnaie, doit être réintégrée dans les institutions confédérales de la démocratie : un pouvoir communautaire de l'euro indépendant des États nationaux, régionaux et communaux et séparé en lui-même dans les trois ordres du judiciaire, du législatif et de l'exécutif. L'émission de la liquidité fait partie de l'ordre judiciaire. La liquidité centrale interprète la loi commune dans l'économie des cas particuliers de l'intérêt général.

La déréalisation monétaire du vivre ensemble cessera immédiatement le jour où la zone euro sera fermée au capital exogène fictionnel ; et le jour où les allocations de liquidité de la BCE seront subordonnées à la production par les banques de la contrevaleur marchande publique de titres de travail émis par les entreprises légalement déposées. La BCE devient alors le comptable objectif de l'économie européenne des citoyens financièrement rassemblées en sociétés capitalisées. La stabilité du crédit et des dettes publiques fédérées en euro est assurée par le capital confédéral de fiscalité financière voté dans un budget propre à la démocratie de l'euro. La mission propre et spécifique de l’État confédéral de l'euro est l'assurance de la démocratie par la liquidité des titres du travail. Le pouvoir exécutif européen inconsistant dans la machinerie actuelle de l'Union doit émaner des citoyens et non des gouvernements et intérêts nationaux. La monnaie indexée par le travail des citoyens délimite matériellement l'objectivité de tous les sujets de responsabilité et de fabrication commune des biens réels.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 13:53

Citibank joue sur la taille de son hors-bilan incalculable pour pratiquer la fuite en avant dans le négativisme totalitaire ; la négation mathématique et juridique de la réalité économique objective. Avec un portefeuille notionnel de dérivés de crédit égal à 10 ou 20 fois le PIB des Etats-Unis, et avec le monde entier comme contrepartie, les seuls dirigeants de Citibank ont la possibilité d'emmener les États-Unis dans la troisième guerre mondiale, une guerre civile dans un monde unifié avec cette fois la certitude de perdre le capital engagé.

Citibank contrôle le cerveau d'Obama par simulation d'une certitude réelle du risque financier en dollar, Obama qui sait avoir le doigt physique sur l'apocalypse nucléaire réelle potentielle. Dans la même dynamique de capture spéculative du pouvoir exécutif, Citibank stimule financièrement le cerveau de chaque congress man qui peut voter l'impeachment d'un Obama qui démantelerait l'hydre financière en prononçant formellement une cessation de paiement de la fédération des États-Unis d'Amérique.

La dialectique fonctionnaliste des mastodontes financiers, c'est le contrôle de l'être par le néant. La compensation keynésienne consisterait à objectiver les lois du vivre ensemble en dehors de la sphère du calcul financier de manière à annuler publiquement, rationnellement et universellement tous les notionnels de dérivé de crédit qui ne s'adosseraient pas à des engagements juridiques réels, c'est à dire à une réalité économique effectivement compromise entre des personnes physiques vraiment responsables du remboursement de leurs dettes.

Une fois déposés contre la réalité vérifiable tous les sous-jacents de contrats de dérivé, un simple marché international public de primes d'option en monnaie des banques centrales nationalisées, c'est à dire des banques centrales non achetables par les émetteurs de titres de crédit, de capital ou de primes financières d'assurance réelle, permet :

Liquidation des pertes en 10 étapes

  1. d'annuler les notionnels nominaux fictionnels,

  2. de réévaluer les notionnels juridiquement valides et substantiellement réels,

  3. d'imputer sur les fonds propres financiers le prix négatif des primes perdantes,

  4. de mettre en faillite et de liquider les actifs réels des opérateurs en capital réel négatif,

  5. de recapitaliser par des dettes publiques réelles les banques de dépôt qui sont effectivement dépositaires de monnaie adossée à l'économie réelle,

  6. de prélever une taxation des patrimoines proportionnelle aux créances financières légales détenues par l'intermédiaire des banques,

  7. de calculer un bilan patrimonial réel des États afin d'adosser tous les passifs publics à des actifs réels légaux vérifiables,

  8. d'organiser un marché international public régulé des primes de crédit des dettes publiques,

  9. de dévaluer l'unité monétaire et donc la dette de tout État dont la prime de crédit est négative sur le marché international des primes,

  10. de calculer entre États par leur représentation bancaire centrale une dotation publique en réserve de change, garantie par le FMI et adossée à la prime de crédit internationale de la masse monétaire en unité domestique ; laquelle prime de crédit international est négociable librement par n'importe quel citoyen du monde sous la surveillance du FMI dont le capital est détenu et négociable librement entre les États ; le DTS (Droit de Tirage Spécial) monnaie actuelle du FMI est redéfini comme subdivision unitaire de son capital nominal qui devient en substance la garantie internationale solidaire interétatique de toutes les dettes internationales en monnaie de crédit.

Equilibre monétaire par taxation du capital

Notons que ce schéma de judiciarisation du système international des monnaies est bien celui proposé par Keynes en 1944. Il revient à virtualiser les destructions que les guerres réelles engendrent sur le capital. Ainsi n'est-il plus nécessaire de recourir à la guerre réelle pour solder les dettes internationales impayées. Ainsi interdit-on aux riches de menacer les pauvres d'anéantissement par des prêts en monnaie qui ne correspondent pas à un achat réel de travail à la personne qui emprunte afin de vivre.

La taxation objective du capital financier est inéluctable. Tous les banquiers intelligents le savent. Mais ils ne peuvent pas le dire étant donné que les dirigeants bancaires officiels sont désignés par des actionnaires privés hors sol qui ne répondent à aucune loi en vertu de la "libre" circulation internationale du capital. Il va donc falloir attendre que les États-Unis, la France ou l'Allemagne soient complètement ruinés par leurs ventes financières gratuites forcées de dérivés de crédit, pour que les citoyens contribuables en révolte forcent les gouvernements impotents à exercer véritablement le pouvoir de la loi commune ; laquelle est nécessairement adossée à une fiscalité rationnelle incompatible avec l'actuelle anarchie du capital.

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Pierre Sarton Du Jonchay

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  • : La crise économique actuelle a ses racines dans la civilisation. La compréhension des phénomènes en cours exige une redéfinition de la monnaie, du crédit, du risque, du marché et de la responsabilité publique. La discussion est ouverte.
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