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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 14:52

L'élection présidentielle française débouche après le premier tour sur une impasse existentielle. Les Français sont enjoints soit de s'abandonner comme peuple et société dans la globalisation libérale des consommateurs commandés par la dette, soit de s'extraire du monde pour persévérer dans leur être commun, leur travail, leur vie propre et leurs lois. Cette impasse découle d'un point de départ flouté qui est la notion et l'expérience de la souveraineté. Cette notion est l'argument d'une guerre de religion qui dispense et les libéraux et les souverainistes d'expliciter la réalité collectivement désirable dans le débat politique.

L'économie incohérente d'un monde sans souveraineté

La souveraineté n'a pas de sens efficient dans nos réalités économiques et politiques si elle est enfermée dans la théorie du dépassement dialectique inéluctable des États-nations par la globalisation des échanges à l'échelle unique d'un monde sans frontières. Pour illustrer l'inconsistance d'une représentation du monde sans souveraineté, il suffit de regarder l'état actuel de la zone euro. Les États ont mutualisé leur pouvoir d'émission monétaire dans une BCE indépendante des pouvoirs politiques ainsi que leurs pouvoirs de législation économique dans une "Commission Européenne" indépendante des parlements nationaux.

Or la souveraineté se vit à l'échelle des peuples et des sociétés comme le contrôle des réalités objectives d'une même communauté d'intérêts par les lois, le pouvoir et la justice de cette communauté d'intérêts. Quels que soient la nature et l'expression des intérêts, ils ne sont pas représentables dans une politique du réel sans la médiation de communautés constituées. La transformation du réel implique forcément des coalitions d'intérêts pour coordonner des actions intéressées à un objectif commun. Quelle que soit la taille de la communauté constituée dans une politique d'action commune, que le sujet de l'action soit le clan, le village, l'association, le pays, la nation, l'empire, l'ONG ou l'humanité toute entière, il n'est pas de responsabilité ni de sens à l'action si la communauté n'est séparée et distincte des autres communautés posées comme étrangères dans un extérieur juridiquement défini.

De fait, la souveraineté se vit comme une appropriation d'un compartiment nominalement délimité de la réalité objective par une communauté de loi, de pouvoir et de justice entre des sujets solidaires par la loi, le pouvoir et la justice qu'ils ont mis en commun. Le point de départ de l'union politique des Européens et de la zone de monnaie unique sont les États-nations constitués en communautés nationales de loi, de pouvoir et de justice juxtaposées sur le territoire commun de l'Europe. Avant l'Union Européenne et avant l'euro, la souveraineté politique des sociétés humaines sur les choses matérielles s'exerce exclusivement mais concrètement par les États-nations.

Pour libérer les échanges et solidariser les Européens dans une chose commune, une république, l'Union et l'euro ont aboli les frontières qui résidaient dans le fait des lois nationales distinctes et des pouvoirs politiques identifiables. La direction d'un pouvoir politique par les lois de la communauté constituée dans ce pouvoir était distingués par une monnaie propre. La valeur relative de la production d'une communauté géopolitique aux autres communautés était exprimables par le prix fluctuant des parités de change des monnaies nationales. Les frontières juridiques matérialisées en unités de compte différentes rendaient factuelles des compensations monétaires de justice. La justice était concrètement différenciable et ajustée selon la domiciliation des sujets de droit impliqués dans les transactions litigieuses.

La dette incalculable de la non-souveraineté

La conséquence de l'effacement des frontières a bien été la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes dans un espace matériel unique. Mais cette unification de l'espace matériel a un prix moral et financier : l'accumulation de dettes non remboursables de l'Europe non germanique à l'égard de l'Europe germanique. Pour ralentir la croissance des dettes dans le contexte d'une monnaie unique à des communautés de droits différentes sans gouvernance commune, il n'est pas d'autre solution que de diminuer les revenus des communautés locales d'intérêts dont les représentations et l'activité ne sont pas visibles par la communauté globale.

L'unification physique des Européens n'est pas payée par une unification réelle, c'est à dire par une unification morale, politique et financière qui équilibre la matérialité des échanges. De fait, les souverainetés nationales ont disparu mais la vision que les Européens gardent de leur république commune reste structurée par le fait des nationalités. Il y a effectivement accumulation de dettes non remboursables des non-germains à l'égard des germains d'où découle une politique européenne empirique d'anéantissement des pouvoirs politiques locaux surendettés. La réduction forcée des revenus du travail dans les États déclarés en déficit public abroge les droits du travail et de la société qui sont préjudiciables à la rentabilité financière du capital qui garantit les dettes.

L'effacement des frontières politiques, judiciaires et économiques a débouché sur le mur de la dette contre lequel le droit, la vie et la solidarité des personnes physiques pauvres se désintègre mécaniquement. Les échanges dans l'espace physique ne peuvent plus s'équilibrer, donc se compenser dans un espace moral, politique et financier cohérent avec des communautés d'intérêts structurés lisibles. La souveraineté n'existe plus de fait. Il n'y a plus de responsabilité calculable, négociable et compensable des sujets de la plus-value sur les objets réalisables de la plus-value virtuelle financiarisée.

La Commission Européenne et la BCE indépendantes des États nationaux et non encadrées par un État européen de souveraineté mutualisée partageable, opèrent de fait une dissociation absolue entre la réalité économique objective des individus atomisés et la réalité politique subjective des citoyens solidaires par la démocratie sociale. Le néo-libéralisme totalitaire s'est imposé mécaniquement par négation de la souveraineté nécessaire. Toute délibération politique s'est évidée en opposition insoluble entre souverainisme collectiviste et liberté individuelle.

Dans le monde numérisé d'aujourd'hui, la virtualité financière est par construction subjective, donc commune à tout individu quelle que soit sa culture nationale. Mais la réalité objective des individus incarnés dans des sociétés réelles est dans les faits structurée par les lois, les pouvoirs et les jugements des acteurs réels de l'échange. Derrière les apparences et les idéologies, les États nationaux matérialisent dans la conscience subjective des individus globalisés ou européïsés, l'efficience possible et demandée des lois, des pouvoirs et de la justice factuelle.

Monnaie non gouvernée, conscience dévoyée

L'intérêt financier du détenteur libéral du capital est immédiat dans la négation de la souveraineté : il détermine mécaniquement le calcul des prix et des plus-values par une compensation bancaire mondiale privée factuellement exonérée des lois, des charges d'intérêt général et de tout critère public partageable de justice. Mieux encore, les sociétés politiques par qui la production de la plus-value réelle est effective, sont mécaniquement obligées de servir une plus-value sans contrepartie aux propriétaires individuels du capital pour pouvoir disposer d'une unité de compte de compensation universelle de leurs échanges réels de travail productif. Les dépôts bancaires des travailleurs domestiques sont à la merci du capital anonyme ubiquitaire libre de toute loi.

Nier la souveraineté et les États-nations qui en sont la condition de possibilité efficace, aboutit concrètement à neutraliser la loi. La responsabilité humaine objective du prix et de la plus-value n'est pas judicieusement compensable et liquidable entre les intérêts individuels inégaux. Récuser la souveraineté par le libéralisme est aussi le moyen d'interdire l'émergence d'une souveraineté monétaire et fiscale européenne légale et publique. L'exacerbation des visions nationalistes induites sur la réalisation possible d'un intérêt commun des Européens empêche objectivement d'organiser la solidarité fiscale opérative entre les démocraties. La régulation de la circulation du capital par les droits du travail, du citoyen et de la nature, factuellement différents selon les nations qui les expriment est rendue inintelligible dans la réalité.

L'économisme libéral focalise l'attention sur l'individu : l'altérité et la différence sont dissoutes dans le comptage ; la responsabilité de reconnaître le vrai se réduit au calcul monétaire ; le travail du réel est avalé dans la comptabilité des dettes ; la solidarité contractuelle se résout en propriété du capital financier. L'humain est de fait librement marchandisable de manière qu'il soit toujours possible aux forts de prendre possession des faibles par la dette et par l'exclusion des processus de valeur rentable. L'interdiction de la souveraineté par la globalisation au-dessus des États élimine du calcul de la plus-value du capital le prix des biens communs publics que sont l'existence et la solidarité de citoyens responsables de ce qu'ils produisent pour la satisfaction des besoins de tous.

L'affaire de la viande de cheval roumaine non déclarée dans les lasagnes françaises... avait révélé les ressorts de la rentabilité financière de la non-souveraineté. Les marchandises ainsi que les flux financiers étaient passés par plusieurs intermédiaires sous plusieurs juridictions non coordonnables du marché unique. Ainsi était-il possible de rompre la chaine d'information et de justification du prix final par le produit objectif réellement livré au consommateur et au citoyen. La réalité subjective matérialisée dans le prix réglé à la chaine des intermédiaires cachés par le secret bancaire des affaires, n'était pas vérifiable en réalité objective définie et contrôlée par la loi d'un seul et même État de droit, lequel soit représenté et efficient par la responsabilité de la monnaie propre dans laquelle il opère.

L'anti-souverainisme est rentable en créant les conditions pratiques de l'inégalité devant la loi et l'impôt. L'arbitrage réglementaire entre des juridictions faussement équivalentes est une source inépuisable de plus-value artificieuse prélevée par les forts transnationaux sur les faibles enclavés dans des États impuissants et divisés face aux intérêts privés dissimulés dans l'anonymat monétaire. La souveraineté est la responsabilité objective des prix de la réalité concrète délimitée par les frontières visibles de la loi. La loi sépare et relie les sujets différents et pluriels de la plus-value à la condition de la monnaie qui représente les sujets différentiables de la souveraineté. Les libéraux dénigrent la souveraineté parce qu'elle les obligerait à rendre des comptes réels sur la transformation de leurs discours en actes bénéfiques à toute humanité par une loi commune effective.

La monnaie qui gouverne le prix par la loi des citoyens

Répétons que la chambre keynésienne de compensation des dettes internationales par le bancor est depuis 1944 l'instrument financier efficient de la responsabilité calculable des souverainetés sur la réalité économique mondiale partageable dans la démocratie. Les libéraux ont noyé la proposition keynésienne dans des arguties d'impossibilité technique pour ne pas perdre le pouvoir de l'oligarchie et du nationalisme sur la majorité des citoyens du monde. Dans l'actuel Système Européen des Banques Centrales (SEBC), il suffit de mutualiser sous un État confédéral de l'euro les énormes soldes de compensation, créditeurs pour les germaniques et débiteurs pour les non-germaniques.

Au lieu d'utiliser les 800 milliards de liquidité inter-étatique gelée dans le SEBC à détruire la réalité des droits des peuples en garantie des pseudo-intérêts nationalistes de leurs créanciers, la balance des soldes de liquidité entre banques centrales de l'euro peut devenir le budget d'investissement de la Confédération de l'euro. L’État confédéral doté d'un gouvernement financier politiquement responsable devant un parlement de l'euro formé par les députés européens des États membres devient propriétaire public de l'emploi et du remboursement des soldes des banques centrales nationales à la BCE. Cela signifie que le gouvernement confédéral devient nu-propriétaire public des titres de dette publique et privée qui forment le collatéral de la masse monétaire centrale en euro.

La nu-propriété confédérale du collatéral en euro détermine un pouvoir souverain solidaire entre national et confédéral de contrôle juridique et politique des émetteurs de titres. La fiscalisation confédérale des acheteurs de titre assure la solvabilité des émetteurs. Le budget confédéral de l'euro devient assureur systémique de la solvabilité publique et privée dans le périmètre de souveraineté de l'euro. La fiscalisation des acheteurs de titres finance une politique eurozonale d'investissements publics dans la stabilité du crédit, dans la conformité des livrables aux droits du citoyen européen, dans l'efficacité des services publics, dans la transition énergétique et dans l'aide au développement extérieur.

L'euro devient inconvertible en devises extérieures à la souveraineté en euro sauf si le créancier ou le débiteur de la contrevaleur en euro est représenté par une personne morale dument capitalisée de droit eurozonal. Dans la compensation du SEBC, la représentation physique des étrangers dans la souveraineté de l'Eurozone garantit le respect universel de la loi et l'acquittement de la fiscalité en droit confédéral commun. La taxation confédérale des mouvements de capitaux entrant et sortant a pour but de garantir la solvabilité extérieure réelle des ressortissant de l'euro et la légalité sociale et environnementale des importations dans l'Eurozone.

Constitution économique de la politique de souveraineté européenne

L'entrée ou la sortie dans la souveraineté politique, juridique et financière de la Confédération de l'euro est par définition un acte de souveraineté nationale libre et réversible. Contradictoirement aux catéchismes libéral et nationaliste, le rétablissement du lien entre prix et souveraineté par la monnaie keynésienne politiquement compensée fonde la responsabilité des peuples sur leur liberté d'entreprendre. Intégrer la confédération de l'euro signifie acheter une prime d'assurance du crédit en droit européen moyennant : la participation des euro-députés nationaux au parlement de l'euro ; la renonciation à la propriété nationale du solde créditeur de la banque centrale nationale à la BCE ; l'acquittement de la TVA financière confédérale sur les crédits et débits interétatiques.

Sortir de la confédération de l'euro signifie la liquidation de la prime d'assurance du crédit national en droit européen. Cela revient concrètement : à ne pas bénéficier des investissements confédéraux ni de la garantie confédérale des dépôts que les investissements confédéraux rachètent ; à dévaluer ou réévaluer sa monnaie par rapport à l'euro selon la politique de change souveraine de la Confédération ; à s'acquitter de la fiscalité financière en euro dans les échanges avec l'Eurozone. Autrement dit, la compensation keynésienne publique du capital par le crédit confédéral en euro permet de donner un prix économique légal de souveraineté vérifiable au statut actuel du Royaume Uni que n'importe quel État-nation de l'Eurozone peut imiter selon sa vision libérale ou démocrate de ses intérêts nationaux et européens.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 17:38

La proposition de matérialiser l'empreinte écologique dans le calcul économique par la modulation des taux de TVA est puissante et concrète. Elle repose sur les principes et constats :

  1. 1. que le prix de revient à la consommation des biens et services doit provisionner le coût de régénération par produit de ce qui a été prélevé dans la nature ;

  2. 2. que le consommateur doit régler sur ses revenus le financement fiscal de l'effort nécessairement collectif à protéger le milieu naturel du bien vivre de tous ;

  3. 3. que la préservation du milieu naturel passe nécessairement par un budget public de recettes fiscales et de commandes à l'économie réelle pour investir et réparer dans des projets sur des domaines qui appartiennent aux biens communs publics collectifs ;

  4. 4. que l'économie des échanges privés entre particuliers et intérêts privés doit s'intégrer totalement sans aucune échappatoire possible dans le cadre négociable délibéré des lois, normes et actions communes publiques de préservation globale mondiale du milieu naturel.

La mutation de la TVA en impôt du bien commun naturel physique n'est rien moins que l'abandon à l'échelle de la souveraineté nationale puis de la souveraineté mondiale du non-système de pouvoir virtuel du capitalisme libéral. Si on est sincèrement et sérieusement désireux de régénérer la planète livrée au pillage libéral ainsi que nos sociétés anéanties par les intérêts oligarchiques, comment peut-on éviter un travail constitutionnel de remise à plat de l’État au moins français du vivre ensemble ?

Il faut poser objectivement la responsabilité économique politique de la nation sur le territoire naturel étatique ; lequel doit lui être attribué et reconnu par la société mondiale des nations. Il faut que les normes de protection de l'homme dans son milieu naturel de vie fassent système opératoire imposable à tout intérêt ; que les intérêts particuliers soient négociables dans une loi commune indépendante de l'économie des individus ; que la force publique de contrôle et de régulation des échanges ne soit pas financièrement capturable par un calcul économique décontextualisé de la réalité naturelle universelle.

L'enjeu est évidemment de remettre la circulation et l'accumulation du capital dans les frontières de la loi des hommes et des sociétés de nature commune. Juridiquement cela signifie que le pouvoir financier est du pouvoir judiciaire : il mesure le crédit pour émettre la liquidité monétaire de règlement des prix justes selon la loi commune professionnellement vérifiée. Le pouvoir judiciaire étant un attribut de la souveraineté ne peut pas être exercé en dehors de la personne morale d’États constitués par une même loi applicable sur un périmètre défini limité. Par conséquent, toute banque dont la prime de capitalisation n'est pas la propriété publique d'un État constitué internationalement solvable doit être mise en faillite par la constitution française.

Tout banquier doit avoir le statut de magistrat contrôlable par un organe judiciaire responsable devant le peuple souverain par un capital d'assurance fiscale. Le capital d'assurance fiscale des banquiers ne sera détenu et souscrit que par des personnes physiques qui soient citoyens de plein droit ; débiteurs de leur travail pour le bien commun et créanciers de la collectivité pour leur existence personnelle. Concrètement, le développement durable est un non sens si financé par des sociétés bancaires anonymes mais une réalité probablement vraie si financé par des compagnies (structure juridique) de citoyens ingénieux libres et responsables.

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21 février 2015 6 21 /02 /février /2015 19:42

L'immatérialisation de l'euro consisterait à supprimer dans un premier temps en Grèce puis dans toute la zone euro, la circulation des billets de banque au porteur émis par la BCE. L'euro pourrait avoir une parité unitaire nominale variable selon les réalités différentes des pays de la monnaie unique.

L'immatérialisation de l'euro en Grèce engendre l'option de souveraineté démocratique de la citoyenneté grecque. En Grèce un règlement monétaire en euro devient prime transactionnelle du prix nominal d'un objet conforme à la justice grecque. Un dépôt d'euro dans une banque domiciliée à la Banque Centrale de Grèce devient juste l'écriture d'un crédit nominal en droit réel de la souveraineté nationale grecque. La BCG représentant la liquidité de la souveraineté de la démocratie en Grèce est propriétaire de la prime du dépôt. Propriétaire de la prime des dépôts bancaires en Grèce signifie assureur de la liquidité du pouvoir d'achat de tout dépôt monétaire contre des biens et services régis par la Loi des citoyens de Grèce.

Responsabilité monétaire nominative

La numérisation de l'euro intraine que le pouvoir d'achat de la monnaie n'est plus attribué au porteur du signe mais à son propriétaire qui est alors nécessairement une personne physique réelle responsable devant la démocratie grecque. L'utilisation de la monnaie conformément au droit, à la loi du bien commun, est matériellement dévirtualisé par l'identification scripturale du corps physique qui déclenche le règlement. Comme tout transfert de dépôt monétaire se trouve tracé dans des livres bancaires par rapport à un propriétaire personnifié dans un corps physique, le pouvoir libératoire du capital monétaire devient indissociable d'une responsabilité morale effective des sujets d'une transaction ; des acteurs identifiés comme acheteur, vendeur, courtier et tiers de confiance publique.

En pratique, il suffit que le Parlement Grec vote la taxation de tout retrait de billet en euro et de tout dépôt de billet sur un compte bancaire. L'utilisation du chèque ou de tout autre moyen de paiement scriptural passant par une banque n'est pas taxé. Toute transaction non réglée en billet émis par la BCE reste dans le régime fiscal actuel de la TVA et de l'imposition des revenus et du capital. La démonétisation des billets de la BCE induit la nationalisation réelle de tous les paiements licites. Tout paiement devient un acte public de légalité dont la conformité de l'objet au droit est vérifiable par la puissance publique.

Il n'est aucunement nécessaire de modifier la propriété du capital des banques. Juste de confirmer la loi fondatrice du crédit selon laquelle il n'existe pas de dividende distribuable sur une activité de dépositaire bancaire si une banque n'est pas capable de prouver la licéité de tous les actifs déclarés en contrepartie du capital, des emprunts et des dépôts. Avec la monnaie exclusivement scripturale et numérique, le droit bancaire s'applique dans toute sa rigueur multiséculaire : pas d'écriture de crédit sans vérification de la légalité de la provision réelle sous-jacente au débit.

Le prix calculable de la justice civile

Si le crédit devient impossible hors de la réalité de l’État de droit, la fiscalité prélevée par la puissance publique retrouve sa finalité première d'assurer la justice entre les citoyens qui s'échangent des droits. Taxer les retraits et les dépôts de titres monétaires au porteur, c'est imposer le règlement du prix de la police et de la justice dans l'espace économique réel. Si les billets de banque ne sont pas taxés, le crédit public est engagé dans des transactions privées dont personne publiquement responsable ne peut vérifier la conformité au bien de tous les citoyens.

Le problème de la Grèce insolvable en euro est la liberté laissée aux individus de transporter des valises de billets dont l'usage est invérifiable par une quelconque responsabilité publique sur le territoire de la Grèce. Plus grave et plus profond, la confusion entre l'unité monétaire des citoyens grecs et celle des non-résidents dans le reste de la zone euro permet aux intérêts étrangers de capter et de privatiser la ressource fiscale de l’État grec. L'Etat grec est insolvable à cause de l'interdiction faite à tout Etat en euro de contrôler l'utilisation réelle du capital et du crédit géré par des règlements interbancaires privés. L'interdiction est construite par la possibilité du dépôt anonyme et de la titrisation anonyme du capital financier.

Dès lors que le gouvernement Tsipras supprime l'anonymat des dépôts et des titres financiers dans son périmètre de souveraineté, l'Etat grec de citoyenneté acquiert une connaissance de toutes les bases fiscales du bien commun grec. L'économie des Grecs peut être remise au service de la bonne vie de tous les Grecs par l'obligation de payer des impôts sur tout bénéfice de propriété ou de revenu en souveraineté grecque. Tout actif domicilié dans le droit des Grecs est taxable à proportion de tout le travail public, général, particulier et privé mobilisé au bénéfice du propriétaire physiquement identifié.

Comptablement, la taxation des retraits et des dépôts des titres monétaires papier de la BCE engendre l'identification d'un périmètre de souveraineté grecque dans la masse monétaire en euro. La vente d'un bien quelconque à un citoyen grec identifié et garanti comme tel dans ses droits entraîne alors la perception à la source de la prime fiscale d'assurance du droit de l'acheteur. Si le vendeur n'est pas résident grec, la taxation du bien livré est majorée pour faire garantir le paiement en liquidité grecque par du travail acheté à l'extérieur de la Grèce.

Le crédit en euro assuré par les finances publiques grecques

Le versement dans le Trésor Public grec d'une prime de change fiscale en euro sur les importations a pour contrepartie financière la garantie du pouvoir d'achat du dépôt en euro reçu en paiement du résident grec. L'Etat grec devient assureur en dernier ressort de tout debiteur grec en Euro, donc des banques grecques qui achètent de la liquidité à la BCE. La condition pour qu'une banque grecque soit assurée par l'Etat grec est qu'elle justifie la licéité de toute provision à un paiement eu euro par tout déposant dans ses livres. Les banques de dépôt grecques assurent la réalité du droit dans chaque transaction par le prélèvement des taxes à la source.

Comme la fiscalité devient prime d'assurance du droit des citoyens, la mission d'une banque de dépôt devient le traçage exhaustif dans le temps des actifs et des revenus qui sont la réalité effectivement produite des biens. Les bases fiscales exhaustivement recensées permettent la gestion objective des dépenses publiques d'investissement, de fonctionnement du commun et de garantie des personnes. La réalité des gens assurée par un État circonscrit et solvable engendre la certitude du crédit. Tout défaut ponctuel d'une personne est couvert par des déposants identifiés de droits réels solidaires de tout débiteur par la comptabilité bancaire surveillée par la puissance publique.

Pour demeurer dans le régime actuel d'irresponsabilité au bien commun en dépit de la monnaie immatérialisée en Grèce, il suffira de déposer ses euros hors du droit grec. Tous les mouvements de capitaux avant ou après l'immatérialisation de l'euro sont neutres sur l'économie du Droit. La taxation de la monnaie anonyme par les retraits et des dépôts de billets de banque rend l'espèce monétaire indissociable de la citoyenneté et de la justice entre les personnes physiques assumées dans leur corps. Pour rester libre d'asservir l'autre en fausses dettes, il faut impérativement se placer en dehors de la souveraineté qui identifie et personnalise ; ne jamais s'incarner sous une identité de relation à l'autre en réalité interpersonnelle.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 09:36

A propos de la question débatue aux Matins de France Culture : Peut-on venir à bout des paradis fiscaux ?

Condition numérique de la monnaie juste

La numérisation de l'euro en Grèce revient à appliquer toutes les règles comptables et fiscales actuellement en vigueur plus la taxation spécifique des paiements en espèce. Cette taxation des espèces doit intervenir au moment des retraits sur les comptes de dépôt et au passage des frontières du territoire grec. Il doit être proposé à toute personne physique entrant avec des pièces et billets en euro sur le territoire grec de les déposer intégralement sur un compte de dépôt dans une banque grecque ou sur une carte à puce ou encore un compte numéroté associé à un téléphone mobile. Concrètement, toute circulation d'espèce physique en euro sur le territoire grec se retrouve sans pouvoir libératoire à moins d'être immédiatement taxable en changeant physiquement de main pour quelle que raison que ce soit.

Pour tout paiement numérique intégralement tracé dans une banque domiciliée à la Banque Centrale de Grèce (BCG), les taux de TVA s'appliquent sans changement par rapport à aujourd'hui entre résidents grecs pourvus de leur compte bancaire. Il faut que la TVA soit prélevée directement par les banques et systématiquement créditée au bénéfice du Trésor grec comme condition de validité du paiement. La nature du bien ou du service livré dont découle le taux de TVA appliqué doit être déclaré dans les mêmes termes par l'acheteur et le vendeur dans le libellé de l'ordre de paiement. Le système de compensation interbancaire de la BCG doit donc étendre la qualification authentique actuelle des paiements avec l'index de désignation du bien déposé dans le système bancaire et le taux de TVA officiellement applicable.

L'euro extérieur doit être déposé à la BCG comme un actif réel non monétaire en droit grec. Tout paiement en euro extérieur est donc automatiquement taxé au taux de TVA de l'euro extérieur en euro grec numérique. Un euro extérieur est un euro provenant d'une banque non domiciliée à la BCG. L'importation en Grèce d'un quelconque bien ou service d'un non-résident supporte donc la TVA de l'euro externe et la TVA du bien déposé dans le système bancaire par l'importateur grec.

La dévaluation de l'euro grec par la TVA est une généralisation du plan appliqué à Chypre il y a deux ans. Au lieu d'une taxation ponctuelle des comptes de dépôt des résidents et non-résidents, il s'agit désormais d'un système permanent de taxation spécifique des Grecs non-résidents et des résidents non-grecs, parmi lesquels tous les intérêts grecs pratiquant l'évasion fiscale par la libre circulation du capital. Ce nouvel euro grec est matériellement le même que l'euro actuel mais il contient un effet supplémentaire qui est la garantie de la finalité humaine des échanges économiques par l’État de droit des citoyens grecs. Phénoménologiquement, les espèces physiques de la monnaie disparaissent par la numérisation intégrale du signe monétaire.

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 13:07

La France va-t-elle sauver l'Allemagne en sauvant la Grèce européenne ?

La BCE est subvertie par les rigidités mentales issues de la non-politique franco-allemande face au retour de la politique en Grèce. La suspension de l'escompte des titres grecs est une nécessité juridico-contractuelle de la technocratie franco-allemande. La Grèce n'appliquant plus le programme de la Troika ne peut plus en droit monétaire nominal recevoir des crédits de la BCE. Mais sur un plan réglementaire international, la décision de la BCE est interprétable comme un événement de défaut qui déclenche un grand nombre d'appels en garantie sur les contrats de dérivés de crédit (CDS) dont les banques en euro sont gorgées en tant qu'assureurs et assurées.

Le marché mondial des CDS n'étant pas organisé ni régulé, la BCE ne peut que s'inquiéter de la réaction en chaine que le défaut grec officialisé entraine dans tout le système bancaire mondial. Pour la première fois depuis la panique de 2008, un événement de défaut frappe une banque centrale et ses actionnaires souverains qui n'ont pas de règles opérationnelles pour mesurer et se répartir la perte entre eux. La prise de position d'Obama en faveur de la Grèce est aussi un avertissement formel à la France-Allemagne que la Réserve Fédérale n'a plus les moyens constitutionnels et juridiques d'intervenir aussi massivement qu'en 2008 pour renflouer toutes les banques qui risquent de tomber derrière le défaut financier de la Grèce et de la BCE. Les gouvernements allemands et français sont donc obligés de faire leur comptes tout seuls le prix réel de l'attitude qu'ils entendent adopter face au peuple grec et à leurs opinions publiques.

La classe politique franco-allemande se retrouve complètement piégée dans le discours de la pseudo-rigueur qu'elle a tenu à l'opinion publique allemande. Le déni de réalité d'une monnaie non adossée à un pouvoir politique fiscalement cohérent apparaît massif aux opinions publiques qui voient leurs gouvernements nationaux dépassés. Et cette fois-ci, la zone euro ne sera pas soutenue par la Réserve Fédérale. La fuite de la matière fiscale et de la liquidité systémique dans le shadow banking et les paradis fiscaux ne sera pas compensée par des crédits centraux en dollar. Or dans la finance off shore, les conflits ne se règlent pas avec des juges publics mais avec des contrats mafieux où aucun argument n'est illégal. La zone euro qui ne repose pas sur un État supranational ni même sur une alliance militaire concrète d’États nationaux est totalement désarmée face aux arguments des États-Unis, de la Russie ou de la Chine.

La direction franco-italienne de la BCE est de fait en conflit ouvert avec l'actionnaire allemand majoritaire. La BCE mène donc deux politiques contradictoires vis-à-vis de la Grèce pour éviter le pugilat au sein de son conseil et entre les administrations française et allemande. La BCE ne fait plus directement la liquidité des titres grecs mais elle accorde une autorisation de découvert officiellement d'urgence aux banques grecques. La BCE est donc un machin inerte dans le jeu politique que la Grèce a initié. Devant le tsunami qui arrive, le gouvernement allemand oscille entre l'autisme et la pétrification. L'Allemagne sans tête s'achemine vers la sortie de l'euro. A moins que la politique française ne renaisse pour proposer de sauver l'Allemagne en sauvant la Grèce par un vrai système politique européen fondé sur un gouvernement financier confédéral où  la monnaie commune sera assurée par une fiscalité commune du capital en couverture de la stabilité du crédit des Etats et des banques en euro.

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 09:14

La corruption dont on accuse les Grecs comme cause de leur insolvabilité en euro est consubstantielle au système de la monnaie unique. Le régime appliqué en euro de la libre circulation du capital est la libre corruption du politique. La libre circulation du capital est de fait l'impossibilité de localiser l'investissement dans la légalité d'une souveraineté identifiable par la monnaie. Le motif de cet oubli est d’exonérer les gérants et les propriétaires du capital du prix de la propriété dû à l’État de droit. L'économisme libéral pose le droit de propriété comme un absolu. Ainsi n'est-il pas nécessaire de penser une contrepartie économique pour les citoyens dont la discipline permet pourtant la jouissance effective du droit de propriété.

Le système qui dispense les Grecs riches de payer des impôts pour financer le bien commun est explicitement celui de la monnaie unique. Un système qui abolit la distinction entre la propriété grecque et la propriété non grecque ; donc un système qui institutionnalise et généralise à tous les résidents de la zone euro l'aversion des propriétaires grecs pour le cadastre et la fiscalité. La suppression des frontières politiques et de tout cadastrage étatique de la propriété financière par le marché unique du capital financier est le moyen de la corruption libre du politique dans toute l'Europe.

La victoire de Syriza en Grèce est un cri de détresse des citoyens contre la corruption de l'euro. Les électeurs grecs ont posé que la démocratie est incompatible avec la circulation d'un capital en euro libre de toute régulation réelle par l’État de droit. Il n'est maintenant plus possible de se réclamer de la démocratie en prolongeant l'actuel système européen de comptabilisation des dettes. L'émission des dettes n'est plus compatible avec la liberté sans une réelle régulation politique impartiale du crédit ; impartialité qui impose une régulation exclusivement financée par la fiscalité du capital.

La révolution de l'euro est engagée en Grèce. Soit la zone euro va confirmer son option mécaniste libérale d'anomie financière, soit elle se dote de la démocratie monétaire qui relèvera la Grèce gouvernée par Syriza. La démocratie en euro consiste à rétablir un pouvoir politique responsable de l'économie des vraies gens :

  • 1

    par la régulation de la circulation monétaire du capital qui règle l'économie des revenus et les prix,

  • 2

    par la taxation de tout capital en proportion de l'engagement que son investissement réclame en travail des citoyens,

  • 3

    par la limitation des dettes à la garantie qu'apporte le capital réellement investi à leur remboursement intégral,

  • 4

    et donc par le cadastrage public de toute propriété financière sous l'autorité de personnes morales étatiques assurant l'équité des prix entre personnes physiques.

La restauration de la démocratie sauvera la liquidité des déposants en euro à la condition de mesures concrètes immédiates :

  • 1

    suspension du pouvoir libératoire de la monnaie papier afin de tracer la responsabilité personnelle de tout acheteur au respect de la loi dans le règlement en nature et en monnaie de ses obligations juridiques fiscalisées ;

  • 2

    création d'un cadastre financier européen reliant toute dette à la rémunération des travailleurs qui la remboursent et toute créance aux personnes physiques et morales concrètement obligées par la Loi ;

  • 3

    domiciliation comptable de toutes les transactions en euro dans des États de droit identifiés et garants du Droit compté en monnaie contre paiement de la fiscalité votée par les assemblées législatives ;

  • 4

    contrôle de la circulation financière du capital entre tous les États régionaux, fédérés et nationaux par une fiscalité confédérale d'assurance du crédit de tous les gouvernements souverains déclarés et reconnus dans la zone euro ;

  • 5

    compensation par le marché interbancaire confédéralisé de la liquidité en euro de tous les paiements interbancaires et interétatiques selon la règle d'assurance de tout capital bancaire par une et une seule collectivité publique elle-même garantie par la prime cotée en euro confédéral liquide ;

  • 6

    dévaluation fiscale de l'euro dans toutes les souverainetés locales ou nationales ayant une prime de crédit négative dans la compensation du Système Européen des Banques Centrales ;

  • 7

    versement par le budget confédéral de l'euro d'un capital public par collectivité souveraine assurant l'application des droits sociaux européens matérialisé par un revenu universel minimal défini en euro ;

  • 8

    contrôle par les banques de dépôt de droit public garanties par la fiscalité des collectivités souveraines, de l'exécution réelle des droits contractuels et sociaux comptabilisé dans le revenu minimal universel personnel ;

  • 9

    prélèvement des primes de change assurant le travail en droit européen, par les banques de marché réglant en euro des importations de travail exécuté hors de la confédération ou bien des exportations de travail livrés à l'extérieur de l'euro par des personnes morales européennes ;

  • 10

    fixation politique confédérale des parités nominales de l'euro entre États membres et avec les devises étrangères pour garantir le remboursement de toute dette en euro par le plein emploi du travail disponible dans chaque souveraineté emprunteuse.

Evidemment, le rétablissement de la liberté des citoyens ne permet pas d'imposer des règles à quiconque sans son consentement. En Grèce comme en France ou en Allemagne, la démocratie reconnaît aux riches le droit de ne pas payer d'impôt ni d'assurer le droit des autres. La refondation des États et de la solidarité sociale par l'euro public confédéral définira donc un en-dehors de la démocratie ; en-dehors matérialisé par toute autre monnaie qui ne soit pas l'euro déposé dans les banques de souveraineté confédérale. Pour échapper à toute fiscalité il suffit de ne plus résider sur le territoire de la zone euro et de n'y rien posséder.

Dès lors qu'il n'y a plus d'espèce en euro et que tout dépôt liquide en euro est inscrit sur le cadastre confédéral de la liquidité, toute transaction reste libre avec n'importe quel citoyen résident qui assume par lui-même toute obligation de droit et de fiscalité. Mais la condition de tout achat réel dans la zone euro est de régler tout le travail qui permet l'existence des biens dans le remboursement intégral des dettes par quoi la production a été financée. La contribution à l'assurance de tous les droits de la personne, du travail et de la société est nécessairement incluse dans tout règlement compensable en euro.

Tout le programme de Syriza est applicable comme le remboursement total de la dette publique, si la zone euro se dote d'une chambre de compensation centrale publique garantie par un gouvernement et un budget financiers confédéraux. Une dévaluation de l'euro grec et de la dette publique grecque peut immédiatement rétablir l'équilibre de la balance grecque des paiements courants. Par le versement au budget confédéral d'une prime de convertibilité de l'euro grec contre n'importe quel autre euro, les résidents grecs se mettent à rembourser solidairement leurs dettes actuelles par l'exportation de leur travail en bien et services réels plutôt que par des emprunts à la BCE et aux contribuables non grecs en euro.

Tout non-résident grec achetant en Grèce des services ou du capital réel est contraint par la compensation numérique en euro de régler à l’État grec les impôts qui assurent sa solvabilité. Si les créanciers de la Grèce souhaitent ne pas perdre de leur compétitivité réelle, il leur suffit de subventionner l’État grec par la fiscalité, le budget et l'arbitrage de la Confédération de l'euro. Si au contraire, des créanciers souhaitent s'assurer du recouvrement de leur créance jusqu'au dernier euro, ils doivent déposer leurs titres dans les États qui, pour ne pas verser un centime au budget de la Confédération, acceptent la réévaluation fiscale immédiate de leur parité nominale.

Le marché européen des parités de change fiscal existe déjà avec la Pologne, la République Tchèque et la Hongrie, qui font partie de l'hinterland allemand en conservant leur monnaie propre convertible en euro par un accord de change politique. La révolution démocratique de la zone euro consistera donc à inscrire le prix fiscal transparent des accords politiques de change dans un budget propre à la zone euro voté par le Parlement Confédéral. L'euro officiellement gouverné et dissocié des gouvernements nationaux ne sera plus l'outil de la corruption financière de l'économie politique aux mains d'intérêts nationaux ou internationaux invisibles.

La constitution du nouveau gouvernement au service des citoyens grecs met les régimes politiques allemand et français au pied de leur réalité. Si les Allemands et les Français optent pour la démocratie, il faudra nécessairement que la parité monétaire des Allemands soit réévaluée par rapport à celle des Français. Il faudra nécessairement que les banques allemandes et françaises soient recapitalisées par les impôts qu'elles n'ont pas payés sur le capital dissimulé en contournant la démocratie. Il faudra nécessairement taxer les entrées de capitaux dans la zone euro pour assurer le travail qui garantit la convertibilité de l'euro en biens et services réels.

Les Grecs demandent maintenant aux citoyens de la zone euro de prendre leurs responsabilités. Ou bien ils votent pour le maintien de la liberté de corruption des élites par le capital hors la loi ; et la Grèce sortira de l'euro qui finira de se dissoudre. Ou bien ils rétablissent un vrai système de souveraineté politique sur le capital mesurable par la responsabilité financière en euro ; et la Grèce remboursera l'intégralité de ses dettes par le plein emploi du travail européen au bien commun réalisable en euro.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 13:53

Citibank joue sur la taille de son hors-bilan incalculable pour pratiquer la fuite en avant dans le négativisme totalitaire ; la négation mathématique et juridique de la réalité économique objective. Avec un portefeuille notionnel de dérivés de crédit égal à 10 ou 20 fois le PIB des Etats-Unis, et avec le monde entier comme contrepartie, les seuls dirigeants de Citibank ont la possibilité d'emmener les États-Unis dans la troisième guerre mondiale, une guerre civile dans un monde unifié avec cette fois la certitude de perdre le capital engagé.

Citibank contrôle le cerveau d'Obama par simulation d'une certitude réelle du risque financier en dollar, Obama qui sait avoir le doigt physique sur l'apocalypse nucléaire réelle potentielle. Dans la même dynamique de capture spéculative du pouvoir exécutif, Citibank stimule financièrement le cerveau de chaque congress man qui peut voter l'impeachment d'un Obama qui démantelerait l'hydre financière en prononçant formellement une cessation de paiement de la fédération des États-Unis d'Amérique.

La dialectique fonctionnaliste des mastodontes financiers, c'est le contrôle de l'être par le néant. La compensation keynésienne consisterait à objectiver les lois du vivre ensemble en dehors de la sphère du calcul financier de manière à annuler publiquement, rationnellement et universellement tous les notionnels de dérivé de crédit qui ne s'adosseraient pas à des engagements juridiques réels, c'est à dire à une réalité économique effectivement compromise entre des personnes physiques vraiment responsables du remboursement de leurs dettes.

Une fois déposés contre la réalité vérifiable tous les sous-jacents de contrats de dérivé, un simple marché international public de primes d'option en monnaie des banques centrales nationalisées, c'est à dire des banques centrales non achetables par les émetteurs de titres de crédit, de capital ou de primes financières d'assurance réelle, permet :

Liquidation des pertes en 10 étapes

  1. d'annuler les notionnels nominaux fictionnels,

  2. de réévaluer les notionnels juridiquement valides et substantiellement réels,

  3. d'imputer sur les fonds propres financiers le prix négatif des primes perdantes,

  4. de mettre en faillite et de liquider les actifs réels des opérateurs en capital réel négatif,

  5. de recapitaliser par des dettes publiques réelles les banques de dépôt qui sont effectivement dépositaires de monnaie adossée à l'économie réelle,

  6. de prélever une taxation des patrimoines proportionnelle aux créances financières légales détenues par l'intermédiaire des banques,

  7. de calculer un bilan patrimonial réel des États afin d'adosser tous les passifs publics à des actifs réels légaux vérifiables,

  8. d'organiser un marché international public régulé des primes de crédit des dettes publiques,

  9. de dévaluer l'unité monétaire et donc la dette de tout État dont la prime de crédit est négative sur le marché international des primes,

  10. de calculer entre États par leur représentation bancaire centrale une dotation publique en réserve de change, garantie par le FMI et adossée à la prime de crédit internationale de la masse monétaire en unité domestique ; laquelle prime de crédit international est négociable librement par n'importe quel citoyen du monde sous la surveillance du FMI dont le capital est détenu et négociable librement entre les États ; le DTS (Droit de Tirage Spécial) monnaie actuelle du FMI est redéfini comme subdivision unitaire de son capital nominal qui devient en substance la garantie internationale solidaire interétatique de toutes les dettes internationales en monnaie de crédit.

Equilibre monétaire par taxation du capital

Notons que ce schéma de judiciarisation du système international des monnaies est bien celui proposé par Keynes en 1944. Il revient à virtualiser les destructions que les guerres réelles engendrent sur le capital. Ainsi n'est-il plus nécessaire de recourir à la guerre réelle pour solder les dettes internationales impayées. Ainsi interdit-on aux riches de menacer les pauvres d'anéantissement par des prêts en monnaie qui ne correspondent pas à un achat réel de travail à la personne qui emprunte afin de vivre.

La taxation objective du capital financier est inéluctable. Tous les banquiers intelligents le savent. Mais ils ne peuvent pas le dire étant donné que les dirigeants bancaires officiels sont désignés par des actionnaires privés hors sol qui ne répondent à aucune loi en vertu de la "libre" circulation internationale du capital. Il va donc falloir attendre que les États-Unis, la France ou l'Allemagne soient complètement ruinés par leurs ventes financières gratuites forcées de dérivés de crédit, pour que les citoyens contribuables en révolte forcent les gouvernements impotents à exercer véritablement le pouvoir de la loi commune ; laquelle est nécessairement adossée à une fiscalité rationnelle incompatible avec l'actuelle anarchie du capital.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 08:50

La dépense publique assure la stabilité financière et monétaire

Sur le plan théorico-analytique, si l'on veut démontrer l'urgence et la pertinence d'une régulation inter-étatique du système monétaire international il faut cesser de mettre les dépenses publiques sur le même plan de réalité que les dépenses privées. La dépense publique est de nature assurantielle et "croissantielle" quand la dépense privée est entrepreneuriale et productive. Sept ans après le krach des subprimes, cette différence de nature est évidente quand on observe la survie artificielle du système financier par la croissance illimitée des dettes publiques sous-jacente au "quantitative easing" des banques centrales.

Si la croissance mondiale périclite, c'est bien parce que les investissements privés réels s'effondrent faute d'assurance par la dépense publique. La croissance de la dette publique officiellement comptabilisée est la prime d'assurance de la liquidité du système financier qui a par lui-même détruit tout son capital dans l'économie baudruche de la spéculation mathématique. Mais au lieu de financer la réparation ou la reconstitution du capital réel, la croissance primaire des dettes publiques est allouée à la valorisation fictive spéculative des actifs financiers. Le but explicite est d'éviter la comptabilisation des sur-prix d'économie financière non crédibles par rapport à l'économie réelle.

Plus fondamentalement, si la fonction économique essentielle des États est l'assurance de la stabilité des monnaies et du crédit, il faut bien que la dépense publique augmente en proportion du PIB réel dans une période de crise aiguë où l'économie privée n'a plus de repères fiables pour diriger ses propres dépenses. La situation actuelle est critique par une économie financière qui gonfle toute seule indépendamment de la rentabilité des investissements réels et de la croissance des revenus réels. La réalité du problème posé à la dépense publique n'est pas sa proportionnalité théorique excessive à la dépense privée mais bien son utilité à la reconstitution du capital réel détruit par une économie financière tautologique.

Monnaie et finance assurées par le Droit des citoyens

Si la France se distingue du reste du monde par le poids croissant de la dépense publique dans un PIB qui s'est moins effondré qu'ailleurs, c'est bien que ce pays garde une certaine conscience de la nécessité d'une régulation assurantielle publique du marché déboussolé des initiatives privées. Si l'économie a une quelconque réalité, il est tout aussi important d'équilibrer la distribution des revenus par la rentabilité réelle du capital privé que de répartir la dépense publique et privée pour un équilibre macro-économique entre revenus et investissements, revenus comptants et revenus à terme, lesquels sont issus des investissements réels publics et privés. Comment la production peut-elle croître si le Droit n'est pas publiquement assuré et si les coûts exclusivement communs ne sont pas mutualisés ?

La tragédie française, pour ne prendre que cet exemple, n'a rien à voir avec un excès de la dépense publique mais avec la démission de ses élites politiques. Les gouvernements français ont abandonné depuis 50 ans tous les instruments de la régulation économique dans le non-système européen du marché et de la monnaie uniques. La masse monétaire en euro n'est pas indexée sur l'économie réelle régulée par des pouvoirs politiques cohérents et responsables. Les bases fiscales de l'action publique ne sont pas mesurables. Les impôts ne rentrent plus en proportion d'une dépense publique où les intérêts financiers privés se servent librement par l'intérêt financier des dettes publiques monétisées hors de toute réalité économique vérifiable.

Dès lors que la dépense publique est problématisée comme prime d'assurance universelle d'une société politique constituée et gouvernée, il apparaît immédiatement que la chute de l'économie mondiale ne sera stoppée que par la reconstitution d'une fonction publique de régulation économique financièrement distincte de l'initiative privée. Techniquement cela signifie effectivement un retour à la régulation inter-étatique des changes donc à la promotion d'une unité internationale de comptabilisation du crédit. Une telle monnaie internationale qui pourrait être le DTS ou l'euro suppose une organisation financière assurantielle inter-étatique où chaque État national a des prérogatives égales aux autres en proportion de son poids réel vérifiable dans l'économie mondiale.

Capital international public de régulation des positions financières de marché

La responsabilité financière des gouvernements des États nationaux ne peut être séparée des intérêts privés nationaux et internationaux que par une capitalisation spécifique du pouvoir politique de régulation économique. Autrement dit, chaque souveraineté économique politiquement constituée doit avoir un titre de capital propre en monnaie universelle qui soit sa propre devise monétaire. Le marché monétaire international qui garantit le crédit des États par la variation des parités de change et des primes de change en DTS ou en euro universels doit se définir comme bourse internationale des titres monétaires nationaux de capital public.

Dans un tel système financier, une masse monétaire en devise nationale est la prime d'assurance intérieure du crédit international de l'économie réelle domestique. Comptablement la dette publique devient la prime d'assurance du capital public et privé national en devise domestique, lequel est la prime de crédit de l'ensemble de la dette publique et privée en monnaie domestique. Dans la logique d'assurance de l'économie privée par l'économie publique, l'assureur politique public est immunisé contre les risques qu'il assure par le fait qu'en monnaie internationale un État est actionnaire de sa propre devise pendant que l'économie réelle domestique publique et privée est créancière de sa propre devise.

Concrètement, la surveillance financière internationale publique implique le contrôle par le marché international des changes de la circulation du capital. Il s'agit de vérifier que tout crédit en monnaie est l'application d'une loi politique donnée de valorisation du capital par le travail ; donc que tout dépôt en monnaie de travail actuel ou de travail passé est correctement garanti en droit par une prime de crédit qui soit du capital réel. Pour que la vérification du crédit par le capital soit effective et financièrement efficiente, la fiscalité d'un État souverain se définit comme prime d'assurance publique de crédibilité licite mutualisée de tout capital. La prime fiscale d'assurance du Droit serait directement levée par le marché monétaire sur chaque paiement en monnaie d'un quelconque achat de bien ou service réel.

Reconstruire l'économie politique

L'universalisation de la monnaie dans un marché des changes inter-étatique assure les États de leurs recettes fiscales en unité de compte domestique proportionnelle à l'économie réelle domestique. Les recettes fiscales sont alors mécaniquement indexées sur la production assurantielle publique. Si les ressortissants d'un État ne sont pas satisfaits des contreparties fiscales sur leurs paiements domestiques, alors ils rachètent leurs droits en monnaie universelle internationale ce qui entraîne la dévaluation de leurs propres obligations en monnaie domestique. Si au contraire, un État livre aux détenteurs de créances domestiques un niveau de vie attractif, la rentabilité monétaire domestique du capital attire les capitaux exogènes. La production réelle domestique est stimulée et le change se réévalue jusqu'au point ou la rentabilité monétaire du capital domestique s'aligne sur la rentabilité universelle du capital.

L'impuissance des gouvernements et des banquiers face à la crise des dettes incontrôlable montre que la science économique officielle confine au néant en matière de monnaie. Il faut donc redéfinir le problème sur ses bases politiques.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Démocratie Etat Assurance
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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 16:40

Quelles sont mes possibilités réelles de faire naître la chambre de compensation dont je parle sur ce blog et chez Paul Jorion depuis maintenant deux ans ?

Il ne suffit pas en effet qu'un projet soit beau pour son auteur et généreux pour la société pour justifier l'énergie dépensée et la précarité économique et sociale qu'il induit. La vraie morale des gens responsables est ancrée dans la réalité telle qu'elle est et telle qu'elle peut devenir effectivement ; un projet est moralement viable s'il offre une perspective réelle et véritable d'apporter un bien économique pour la société ainsi qu'à ceux qui y travaillent.

Quelle est la réalité actuelle générale et particulière, pour moi entrepreneur en gestation, et pour tout entrepreneur en acte ? La crise dans laquelle nous sommes enlisés depuis 2008 et qui a déclenché la présente recherche, est une réalité très profonde. Les sources sont asséchées du capital financier et du crédit bancaire. Le niveau de vie ne progresse plus qualitativement et tend à stagner quantitativement à l'échelle mondiale. Des secteurs essentiels de l'économie s'affaissent. Les États de droit sont inexorablement mis en faillite.

Outre que le nombre de gens sans travail ou en situation précaire ne cesse d'augmenter, les dettes publiques ont explosé dans le monde entier. En France, la dette publique est passée en 7 ans de 60% à 100% d'un PIB (prix total de la production annuelle de la France) qui a stagné et peut-être régressé.

Notre système économique est en faillite selon ses propres critères de constitution. Il ne répond plus à sa finalité ni à sa raison d'être de donner au maximum de monde les moyens de vivre correctement en contribuant effectivement à la production des biens par le travail et l'entreprise. Sous l'angle comptable et financier, la masse mondiale des dettes croît irrémédiablement plus vite que la production et les revenus. L'effondrement des banques et des monnaies est depuis 2008 comptablement dissimulé par une énorme création de liquidité par les banques centrales. La banqueroute s' inscrit dans les réalités quotidiennes ; les services publics fondamentaux qui permettent la croissance économique sont en cours de démantèlement pour freiner provisoirement la croissance des dettes dans l'attente d'un système économique et financier alternatif.

Comme je suis issu de la banque, mon parcours professionnel est déterminé par la crise. J'ai accepté de prendre du champ parce que je ne voyais plus le sens de ce que je pouvais faire. En tant que cadre dirigeant, j'avais été obligé d'exprimer mes réserves sur la moralité, la légalité et l'honnêteté des opérations dont j'étais coresponsable. J'ai mis à profit ma liberté professionnelle retrouvée pour démontrer dans un livre que le système politique et financier mis en place dans les années quatre-vingts est économiquement incohérent, c'est à dire destructeur des réalités humaines. La désintégration à laquelle nous assistons est donc la conséquence directe de l'inconscience ou de la folie des élites de pouvoir.

J'ai choisi de m'exposer à la déchéance professionnelle pour montrer l'aberration de notre système économique qui, pour faire de l'argent avec de l'argent, ignore les compétences professionnelles à entreprendre et produire du vrai. En réalité je n'ai jamais autant travaillé, inventé et produit que depuis que je suis en congé du système. Bien évidemment, je survis grâce à la solidarité économique du pays hautement civilisé dont je suis un citoyen. Bien sûr, dans le système actuel de barbarie économique et financière, je suis un assisté et un parasite. Si je fais partie des pauvres, j'apprends à comprendre ce qu'est la précarité organisée par le système. En contrepartie je peux apprécier de ne pas vivre contre ma conscience.

Au stade actuel de programmation de la chambre de compensation, je prouve qu'il existe un système économique alternatif au délire actuel. Il consiste simplement en un rétablissement des lois et de la responsabilité personnelle telles qu'elles ont existé jusque dans les années quatre-vingts. Aujourd'hui, grâce aux technologies numériques d'information et de réseau, l'application de la loi, des contrats et de la responsabilité des personnes peut être rendue vérifiable par la monnaie. Il suffit que la monnaie soit numériquement émise proportionnellement au contrôle politique et juridique effectif des sociétés produisant des biens réels vrais, c'est à dire au service des gens qui achètent en vendant leur vrai travail. La monnaie qui comptabilise les prix ne pourra plus être utilisée comme un voile masquant la responsabilité des faux dirigeants.

La logique de la compensation est connue et appliquée au moins depuis Aristote. Les soi-disant élites qui ont pris le pouvoir mondial par la révolution libérale et par la globalisation financière, appliquent la compensation mais a leur profit exclusif grâce aux paradis fiscaux et à l'extra-territorialité financière du capital. La présentation que je fais des possibilités de la compensation numérique que je programme a évidemment pour les élites parasitaires un caractère hautement subversif.

Mon projet consiste à appliquer les techniques financières et juridiques d'aujourd'hui à la proposition qu'avait fait Keynes en 1944 d'un système monétaire véritablement international. Il réalise l'égale responsabilité des États et des intérêts bancaires dans l'équilibre général de l'économie, de l'échelle de la micro-entreprise à celle de la société mondiale. Comme le système actuel de la libre circulation du crédit en dollar donne tout le pouvoir aux banquiers et aux actionnaires privés anonymes, tout système alternatif qui rétablirait l'équilibre des droits et devoirs entre banquiers et non-banquiers se trouve par définition non finançable. Il précipiterait la liquidation des fausses dettes des non-privilégiés vis-à-vis des privilèges fabriqués par la finance dérégulée.

Au-delà du renouvellement au demeurant simple des techniques de compensation, nous sommes en réalité dans une crise morale très profonde ; en fait une véritable guerre de religion entre une poignée d'élus par la divine magie du "business" et un peuple mondial de gens de bonne volonté envoûté par la richesse virtuelle des puissants. La religion de l'argent substitue le capital financier fictif au travail réel collectif comme cause véritable du bien être.

Tous ceux qui entrent dans un dialogue direct avec leur concitoyens pour se répartir le travail qui réponde aux besoins humains délibérables et véritables, sont excommuniés par les prêtres du business. Les faux entrepreneurs se sont arrogés par l'argent le monopole de la rationalité économique. La religion de l'argent servie par le catéchisme du business libre a instauré le veau d'or au centre de toute réalité digne de l'attention humaine.

Vu du système actuel, la chambre de compensation est par nature et par définition vouée à l'échec. Chaque jour supplémentaire qui passe sans contrepartie en espèces sonnantes et trébuchantes, vient montrer que le rêve est rêve sans réalisation possible. La compensation des prix en monnaie par la réalité humaine commune ne commencera à fonctionner que dans la discrétion en marge du système actuel. Les premières communautés de compensation seront aussi marginales que les israélites et les premiers chrétiens dans l'empire romain. Mais le nouveau système d'échange rétabli sur la monétisation des biens économiques réels, supplantera le système financier actuel aussi massivement et rapidement que Google a remplacé nos répertoires et nos dictionnaires. L'humain n'a pas une capacité infinie à supporter l'inefficience de son labeur.

Dans le nouveau monde en construction sous les ruines visibles de l'ancien monde, le vrai défi n'est plus l'argent et la reconnaissance sociale mais le langage de la communion réelle, le langage de la finalité commune possible des biens. Pendant que les gens de business se dessècheront isolés dans leur fausse monnaie, les gens qui entreprennent et travaillent dans le réel vont inventer le langage du partage et du don de ce qu'ils sont capables de connaître et de transformer. Comme la révolution libertarienne a récusé la "communion des saints" depuis le XVIème siècle, nous ne savons plus comment elle opère. Mais nous sommes capables de réapprendre. Le mobile et la finalité de la compensation monétaire numérique des réalités humaines est tout simplement la communion des saints !...

Que croyons-nous et que voulons-nous ? Qu'allons-nous donc choisir ?

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 07:59

Ce billet complète celui publié sur le Blog de Paul Jorion à propos de l'actualité des stress tests bancaires dans la zone euro.

Quelle est la nature de l'escroquerie ?

En ontologie financière, l'escroquerie de l'euro est basique. Une monnaie est un titre de capital d'un Etat de droit souverainement constitué. Les citoyens épargnants sont les vrais actionnaires du système bancaire dans la zone monétaire où ils effectuent leurs dépôts de liquidité. Un dépôt de monnaie est ontologiquement un règlement des contrats en cours du déposant : principalement les contrats de travail et les contrats sociaux de capitalisation des entreprises réelles. Les contrats commerciaux et professionnels du citoyen d'un Etat de droit sont couverts par la liquidité monétaire du contrat social, lequel constitue l'économie d'un vivre ensemble national et international.

La fonction essentielle d'un actionnaire déposant dans une banque est de surveiller la politique de crédit des dirigeants bancaires. A l'échelle d'une zone monétaire, le contrôle du crédit est délégué au pouvoir politique ; lequel agit en faisant appliquer par les banques le droit du travail et le droit économique dans les règlements en monnaie. L'effet de l'unification monétaire dans la zone euro a été la rupture du lien de responsabilité des Etats sur la monnaie émise dans les banques par les crédits à l'économie réelle. Les banques et intermédiaires financiers ne travaillent plus que pour eux-mêmes dans un espace virtuel indépendant de l'Etat de droit commun aux acteurs de l'économie réelle.

La multiplicité des Etats dans une même zone monétaire a pour conséquence d'accorder les mêmes droits d'actionnaire aux déposants résidents et non-résidents. L'ontologie financière est placée par la monnaie unique perpendiculairement à la réalité humaine : ce sont les citoyens allemands qui doivent contrôler la politique de crédit des banques françaises ou italiennes pendant que les gouvernements français et italiens empruntent l'épargne en euro aux citoyens allemands qui ne les élisent pas et ne leurs versent aucun impôt. L'économie en euro est au service exclusif de la rente du capital bancaire et de ses actionnaires nominaux protégés dans un paradis d'irresponsabilité fiscale et légale.

La monnaie unique est une Porsche allemande lancée sans conducteur, accélérateur et volant bloqués, sur une autoroute italienne ou française. Qui va payer les dégats de l'exportateur-allemand-libre de voitures ?

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Etat Démocratie Régulation
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