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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 18:43

Prix de la vérité politique, économie des personnes

Préambule

Le présent texte n'est pas facile d'accès ; il reprend tout le vocabulaire politique de la finance dans un contexte rénové qui le rende intelligible. La finance actuelle s'effondre sous les contradictions qu'elles a cultivées pour s'émanciper du réel humainement intelligible. La complexité financière s'est débordée elle-même dans la crise des subprimes. Les gens de bon sens ont tous compris que la crise actuelle est l'ultime effort de l'intelligence spéculative déconnectée de toute réalité observable pour masquer qu'elle ne sait plus rien sur rien. Pour revenir dans une finance au service de la réalité humaine, il faut malheureusement repartir du sens originel des théorèmes financiers. C'est humiliant de devoir réapprendre à parler !

Toutes les définitions ici reformulées sont issues de la réalité financière vraie reconstituée dans un moteur informatique de prix. L'économie qui est une science morale a ses fondations objectives dans le langage humain et non dans la réalité physique sensible. Il est donc tout à fait possible de rédiger les règles de l'économie vraie des biens et des services échangeables, dans une base de données relationnelles. La modélisation du savoir dans les bases de données mises en relation est le principe de l'Internet. La Toile est construite pour constituer un marché mondial de financement du savoir. En pratique, les définitions qui suivent sont évidentes dès lors que leur fonctionnement est visible par le moteur informatique de compensation ici spécifié.


La source

Dans Remettre l'intelligence de la personne au service de la réalité économique du vivre ensemble, l'auteur de la démonstration qui suit rebondissait sur Crise financière et logique de la prédispotion. L'économie aristotélicienne réhabilitée par Paul Jorion dans Le Prix contient l'explication du phénomène actuellement critique de perte de la réalité dans le jugement humain. Dans l'économie originelle, la finalité des échanges est dans les acteurs humains et non dans les choses. Dans l'économie mathématisée par la finance, l'abolition de la notion de sujet en interaction par l'objet opère en elle-même sur elle-même sans intervention apparente de quiconque.

En fait, l'intelligence humaine finit en ce moment de s'égarer dans le mirage de la réalité indistincte du langage adressant l'intelligibilité de l'être. L'accélération et la reproductibilité du raisonnement par l'informatique parachève la confusion entre le sujet et l'objet du savoir. Or cette confusion tient uniquement à l'oubli de la personne dans la pertinence des savoirs ; alors même que justement aucun savoir ne se numérise sans l'investissement des personnes. Toute la démonstration qui suit repose sur l'hypothèse de la personne que la connaissance numérisée permet de coder séparément des objets de connaissance.

La technologie des bases de données relationnelles permet de codifier le système aristotélicien de causalité décisionnelle. Matière, forme, fin et effet sont matérialisés distinctement par le code du sujet dans le code de l'objet. Toute hypothèse de prix est alors modélisable en mots rattachés aux personnes engagées dans le sens acheteur ou vendeur. La mémorisation des occurrences de cause dans la logique du réel et de l'imaginaire, du vrai et du faux, du présent et du futur et enfin du certain et de l'incertain autorise l'algorithme d'équilibe permanent des prix. Le développement informatique du prototype de compensation universelle est maintenant achevé ; il attend sa mise en œuvre pour « mettre fin à la crise ».

Lois d'économie politique

Économie politique des prix

La loi de compensation des données du prix est bien d'ordre politique : le droit de l'économie est la mise en intelligence de la réalité par le vivre ensemble des personnes. L'algorithmique de compensation des prix s'exprime dans un tableau d'ordres nominaux à douze entrées et deux combinaisons calculatoires. Les douze données sont des décisions humaines personnelles de quatre genres :

  • 1. le genre du langage exprimé en texte,

  • 2. le genre du nombre exprimé en chiffres,

  • 3. le genre de la temporalité exprimée en date

  • 4. et le genre du prix, synthèse des trois précédents.

Le prix numérise l'investissement de la personne dans la réalité par le temps. Le genre du prix contient la décision indexée par le temps de prêter ou d'emprunter le sens de la réalité.

Pour qu'un prix existe rationnellement, il faut au minimum quatre personnes d'accord sur la chose, sur les quotités du prix, sur la date de livraison et sur l'échéance de validité du prix. La limite temporelle de validité du prix est appelée « maturité » comme dans la pratique financière. Les quatre personnes sont l'acheteur qui demande, le vendeur qui offre, la société qui produit et la société qui assure. La personnalisation informatique du prix rend clairement impossible un quelconque équilibre rationalisé des échanges sans l'existence identifiable de deux natures de personne morale réunissant les personnes physiques par couples acheteur-vendeur.

Entre les deux personnes morales nécessaires à la formation de l'économie du prix, l'une protège et institue l'auteur du travail, l'autre capitalise le langage du travail. Le capital apparaît comme substance du travail producteur d'objets concrets de bien. Le travail est échéancé par des livraisons d'objets visibles sur un marché. Le bien est échéancé par des maturités lisibles sur le même marché. Le marché est le lieu d'échange dans le temps des objets de bien contre le règlement d'un prix en monnaie. Le signe monétaire compte le bien travaillé dans les sociétés de travail économique garanties par les sociétés politiques.

Qualité quantifiable par quotité

Le rôle des sociétés politiques dans l'économie du prix vrai est de nommer les objets de bien. Un bien est l'objet consenti des volontés personnelles dans une communauté de vie entre citoyens. Le rôle des sociétés de production est de coordonner le travail des personnes physiques pour transformer matériellement les objets de bien en objets de bien supérieur. La plus-value n'existe pas dans la vérité politique sans le travail augmentant le bien par le temps passif d'attente des personnes. Il en découle que le temps actif des personnes est le travail d'augmentation du prix des objets de bien posés dans les sociétés politiques.

La notion de société politique s'applique à toute communauté de personnes adhérant à une même loi de transformation de la réalité. Si le champ de réalité transformable est délimité dans l'espace et le temps par des objets précis, la finalité d'une société est productive. Si la réalité transformable n'est limitée que par la subjectivité des personnes, la société est souveraine et sa finalité est civile. La radicalité de « la crise » est dans l'indistinction des sociétés productives et des sociétés civiles. Les sujets n'ont plus de statut à part des objets. L'homme est réductible à la chose. Les actes des personnes physiques ne sont plus source de plus-value : les prix n'ont plus d'objet collectivement reconnu qui prouve l'augmentation réelle du bien.

Le rétablissement du prix dans la liberté du sujet induit deux dimensions dans l'algorithme de compensation. La première dans l'ordre du visible est quantitative. Dans le moment critique présent, la quantité écrase la seconde dimension qui est première dans le raisonnement invisible du sujet : la quotité. La quotité est médiatrice de la quantité par la qualité. Pour qu'un prix signifie quelque chose à une personne, il faut qu'il soit attribué à un bien reconnaissable objectivement. Or un bien n'a pas de limite matérielle en lui-même : il n'existe pas dans l'ordre de la quantité mais seulement dans l'ordre de la qualité laquelle est totalement issue de la subjectivité.

Travail de la réalité économique

Numération réelle par le travail

Pour que la formalité des biens soit matérialisable en réalité collective, l'intelligence humaine dispose la quotité. La quotité est un objet de raison : elle projette la qualité dans la quantité pour faire la réalité calculable donc vérifiable d'un bien. Dans la grammaire de l'économie, la quotité est la copule verbale du sujet travaillant à l'objet produit. Mathématiquement, la quotité est la copule associant les deux parties réelle et imaginaire du prix exprimé en numération complexe du temps. La quotité contient la quantité réelle dans la qualité imaginée dans la société politique.

Le tableau de compensation décompose chaque ordre de prix en quatre quotités exprimées par des nombres entiers positifs :

  1. 1. la quotité de travail,

  2. 2. la quotité de gestion,

  3. 3. la quotité de crédit

  4. 4. et la quotité de capital.

Dans l'imagination quotitative du réel par le prix, chacune des quatre quotités nécessaires à l'existence vraie du prix est qualitativement interchangeable avec les autres. Quand le prix n'est pas d'offre mais de demande, la quotité de travail devient la quotité de crédit ; la gestion devient du capital ; le crédit devient du travail ; et le travail s'exprime en quotité d'assurance du capital. La quotité vendue d'assurance est la quotité achetée du travail. Le travail informe en définitive la stabilité quotitative du crédit.

En vertu du système aristotélicien de réciprocité des causes, les quatre types de quotité s'attachent à celle quelconque des causalités de la matière, de la forme et de la fin qui assure l'efficience des trois autres dans le temps. Les quotités sont transmutables à l'intérieur du prix selon l'intérêt décisif des acteurs économiques mus par le service des biens économiques véritables. Les trois quotités du travail, du crédit et du capital induisent la quotité d'intérêt de la personne qui attend la matérialité du bien dans les limites du marché ; lequel est régi par la loi politique qui fait la quotité d'existence discutable du bien offert et demandé dans le prix.

Emprunter la matière légale

Par son objet défini dans la loi politique, la quotité d'intérêt exprime la gestion du bien dans sa matière positive. Une dépense physique d'énergie dans le temps ne suffit pas à définir un travail humain finalisé dans un bien. Le travail physique produit l'humain à la condition du travail politique d'objectivation de la réalité ; à la condition d'une définition légale commune de la réalité du bien entre les acheteurs et les vendeurs. Le travail de réalisation de la loi politique dans l'objet de prix s'appelle la finance : c'est à dire la transformation des offres et demandes de prix en objets livrables dans la loi des sociétés initiant le marché.

Un prix décomposé en quatre quotités d'objectivité est simultanément travaillé par les sociétés et les gérants qu'elles portent. Le gérant est maître d'ouvrage ; il intègre le travail des autres gérants dans l’œuvre dont il garantit le bien. L'ouvrage est borné par deux échéances de livraison de la matérialité et de maturité du bien dans l'usage de l'objet. Le prix d’œuvre a un sens intelligible à la condition d'une position d'achat adossée par le marché à une position de vente. Le dixième argument de réalité légale d'un ordre de prix est le sens acheteur ou vendeur des positions personnelles sur une même oeuvre.

Le sens du prix se pose dans trois espaces de jugement :

1. la pluralité des volontés subjectives,

2. la localité physique

3. et l'existence temporelle.

La finance n'est réelle que comme éthique : le sens n'existe pas sans une pratique morale engendrée par la société politique. Achat et vente sont les deux positions financières de toute réalité verbalisée dans la production de bien. Le vendeur fournit une réalité ; l'acheteur lui donne un prix. Réalité et prix existent à cause du marché et à cause de la loi politique auxquels acheteurs et vendeurs conforment leurs engagements dans le temps. Le sens d'un ordre de prix existe par la décision du gérant de l'objet ; il quantifie son intérêt à vendre l'objet donc à acheter la prime d'un crédit. Le crédit est l'attribution d'un prix à la promesse d'une autre personne de livrer ou de régler un bien réel dans le futur. La prime est toujours le prix du crédit d'un objet emprunté à la réalité légale du présent promise au futur.

Economie du singulier pluriel

Le travail capitalisé par les sociétés

Le sens acheteur ou vendeur d'une position financière de marché détermine donc la réalité prêtée par la réalité empruntée. Le vendeur de la quotité de travail ou de crédit est financièrement en situation prêteuse. L'acheteur primaire de ces quotités est en situation emprunteuse : il assume, et par conséquent couvre, l'incertitude financière du futur dans le présent. La vraie compensation consiste justement à adosser les quotités d'intérêt et de capital aux prix anticipés des quotités de travail et de crédit. L'algorithmique de compensation est une production continue dans le temps de ventes d'objets travaillés de bien emprunté « couvertes » par l'achat de crédits d'intérêts et de capitaux.

Financer l'offre par la demande signifie compenser toute perte possible de prix sur un travail engagé par une diminution de prix d'un capital ; cela revient à compenser toute perte de prix à terme d'un bien par la commande de travail qui reconstitue le capital détruit. Cette règle de compensation pose la stabilité du crédit dans le temps : elle interdit concrètement qu'un crédit vendu en travail ne soit pas acheté en capital de même prix. Le présent couvre le possible jusqu'à la date d'échéance négociée. La quotité de capital d'un bien échappe donc à l'usure du temps grâce à la mobilisation du travail : les quotités sont achetées et vendues autant que de besoin pour couvrir le crédit.

L'algorithmique de compensation spécifie à l'intérieur de tout prix l'intellection du bien livrable par la responsabilité coordonnée de l'acheteur, du vendeur, de la société de production et de la société civile. Les quotités de travail, d'intérêt et de capital mesurent la responsabilité du travailleur, du gérant et de l'actionnaire à l'intérieur de la société de production. Les quotités de crédit, de capital et d'assurance mesurent le prix de la responsabilité du citoyen salarié, du responsable politique et de l'actionnaire contribuable à l'intérieur de la société civile souveraine.

Transformation financière des prix

L'interaction entre les sociétés de production et les sociétés politiques est travaillée par des sociétés hybrides : les sociétés financières. L'association des courtiers du droit, des courtiers du crédit, des courtiers du capital et des courtiers en assurance transforme les lois de la société civile en prix de production garantie des biens et services. La fonction bancaire porteuse de transformation financière est de réunir, collecter et apprécier les dix données de qualité, quotité et temporalité qui argumentent le prix.

Contrairement à la société de production ou à la société politique, la société dédiée au financement de l'équilibre de marché doit renoncer à la marge de passage de la quotité au prix. En finance compensée, la quotité achetée ou vendue est nécessairement égale au prix d'offre ou au prix de demande. Le travail financier est exclusivement transformation de nombre entre la transformation de matière par la production et la transformation de forme par la politique. La finance n'a qu'une seule matière de travail : le capital. Le capital est recalcul permanent du travail acheté dans les biens ; le capital est vérification de la réalité du prix vendu aux acheteurs.

Dans une compensation, la transformation financière produit l'équilibre des prix par quatre étapes qui doivent être séparées pour se causer ; pour s'expliquer mutuellement. L'étape initiale est l'actualisation des droits dus aux personnes morales et physiques impliquées dans les prix. La deuxième étape est l'appréciation de la réalité effective au présent quel que soit le futur : toute livraison objective est réglée par un prix acheté dans une prime garantissant le bien jusqu'à maturité. Après l'étape du droit et l'étape du crédit, la troisième étape est l'appréciation de la couverture du prix du crédit comptabilisé au débit des vendeurs à terme.

Le crédit assuré par la sociabilité

La capitalisation du crédit débouche sur la quatrième étape : l'assurance du prix du capital par le travail de production, le travail de gestion, le travail de décision et le travail de délibération du droit. L'assurance du prix du capital effectivement disponible à garantir le crédit du prix des objets de bien, est l'investissement. Du réel analysé par le langage, l'investissement extrait les lois de transformation qui rendent probable la réalisation des engagements de bien acheté et vendu.

Par le travail financier de l'investissement, l'épargne est capitalisation de la production de capital des sociétés assurant la transformation des lois politiques en réalité économique. L'investissement de l'épargne transforme la demande livrable dans le futur en engagement d'offre au présent. L'investissement délimite la demande de travail en qualité nominale et quotité selon l'offre de travail présentée dans les prix. Lesquels sont garantis par les sociétés de production présentant la demande de travail à la société civile.

Les sociétés de production initient le travail dans le bien que la société civile assure. La vente de travail par une personne physique isolée sans couverture assurantielle d'une personne morale est incompatible avec l'équilibre des prix à terme. L'asymétrie de négociation financière des droits personnels détruit le capital faute d'appréciation réelle du prix de constitution, de renouvellement et de développement des métiers. Toute société civile est en économie du vrai, assureur du travail en dernier ressort pour que le bien qu'elle définisse soit réalisable au prix annoncé dans les crédits en cours.

Économie de la personne publique et privée

Budget public, capital financier de la politie

La quotité d'assurance de la réalité du bien, comprise dans la quotité de liquidité du capital du prix, est la mesure financière de l'impôt. L'impôt est le prix nécessaire à la réalisation sociale possible des objets de bien. Aucune société de marché ne peut exister dans l'économie réelle des biens et services sans financer son travail législatif et judiciaire par la fiscalité. L'enveloppe budgétaire publique de fiscalité est le capital d'assurance de la réalité des biens dans l'économie politique de financement des biens. Dans la compensation générale des prix conformes au bien commun, toute ligne de crédit budgétaire public a le statut d'un ordre de vente à terme de la quotité de capital couvrant la position globale de crédit du marché.

Un budget public délimite financièrement la stabilité du marché dans une société civile. Pour que le plein emploi du travail couvre toute la demande de biens et services, il faut que la puissance politique achète par les députés, personnes physiques gérantes du bien commun législatif, le travail qui est et sera nécessaire pour assurer les personnes et les biens. L'économie de la Loi engendre l'économie réelle : un budget public est l'anticipation du prix de réparation des dommages que les sociétés de production n'auront pas garantis effectivement au prix de maturité de leurs ventes de services.

La budgétisation politique de l'assurance économique des objets de bien est en pratique un achat de travail d'enseignement, de défense, de police et de justice. La fonction financière des agents civils est d'adosser leur travail de régulation au prix d'anticipation de la quotité de garantie du capital réellement investi dans les sociétés intermédiaires. Une société de production ne peut pas être propriétaire de la prime réelle du bien que représentent les agents de la collectivité civile. Comme les agents publics doivent incarner personnellement l'existence d'une garantie du bien commun, le prix de leur travail ne peut être acheté que par des représentants élus de la société politique.

Prix du citoyen dans le marché de la responsabilité

La voix élective du citoyen est la quotité de financement du capital public de bien commun par les personnes. La primauté de la personne dans le bien implique un vote par citoyen dans tout scrutin législatif. Plus un responsable politique recueille de voix dans l'économie de la loi, plus sa crédibilité est grande à garantir l'exécution budgétaire de la loi produite. Les investisseurs sont d'autant plus enclins à acheter la prime de crédit du pouvoir politique qu'ils voient dans la production des sociétés intermédiaires, la croissance des offres de travail de conception et de réalisation des définitions de bien achetés dans la loi politique.

La modélisation des prix en quatre arguments de légalité, quatre arguments d'économie et trois arguments financiers d'échéance, de maturité et de sens, offre une résolution monétaire de la liquidité générale. La monnaie se trouve définie comme quotité de bien universel dont le prix unitaire est posé par la Loi invariable dans le temps. La stabilité monétaire, donc la liquidité de tous les prix, est probable si les limites de la compensation coïncident avec les limites de la souveraineté d'un même droit sous une même autorité politique. La monnaie est la matière de la souveraineté.

L'unité de compte monétaire exprimant toutes les quotités de bien livrable à prix garanti est convertible en réalité stable dans le temps à la triple condition :

1. d'un système de droit effectivement commun aux utilisateurs de la même unité monétaire ;

2. d'un système politique législatif, exécutif et judiciaire commun ;

3. d'un capital de liquidité monétaire adossé à un budget commun de services publics et de fiscalité.

Les sociétés politiques peuvent se chevaucher ou s'imbriquer les unes dans les autres à la condition d'être responsables de leur budget et de leur fiscalité par un marché propre et un capital public propre. Les unités monétaires différentiables par la loi ou par le capital public, induit entre les sociétés politiques la convertibilité de l'équilibre général des prix d'une souveraineté à l'autre. L'ignorance de ce principe est la cause de l'anarchie financière internationale actuelle.

Logique de politique monétaire

Une zone de stabilité monétaire implique nécessairement la compensation du capital de la banque centrale par le budget de fiscalisation des services publics assurant le crédit collectif. Les gérants de la banque centrale vendent leurs prévisions de croissance réelle du crédit au gouvernement de la zone monétaire. La société politique placée en contrepartie unique de la banque centrale achète le prix de réalisation du crédit de la banque centrale par une quotité de fiscalisation de toute quotité de prix compensable sous le même régime de souveraineté.

Par la monnaie émise dans la compensation, le pouvoir politique est responsable :

1. devant ses électeurs par le prix effectif de la croissance du marché qu'il réglemente ;

2. devant les investisseurs par la prime de crédit qu'il règle à l'économie de production sur toutes ses exécutions budgétaires ;

3. devant les personnes physiques par les biens réels que l'économie politique apporte contre les règlements effectués en travail.

La négociation publique de toute quotité de travail sous la couverture de sociétés d'assurance des personnes engagées par un salaire, garantit :

1. que la finalité de l'économie est bien universellement humaine ;

2. que le travail et le capital se financent réciproquement ;

3. que les générations et les métiers sont bien solidaires dans l'attribution d'un prix temporel aux biens ;

4. que toute personne est en position d'offre de travail à une demande humaine de bien.

La compensation des prix en quatre quotités bornées par l'échéance et la maturité indexe la monnaie sur la réalisation effective des biens vendus en achats de travail. Chaque personne accède à la mesure réelle de ses besoins par le travail qui en réalise les objets.

Lumière sur le chaos

Chaos de la réalité théorique inversée

Dès lors que la compensation des prix en douze arguments de droit, de quantité, de temps, de sens et d’efficience produit un équilibre continu, durable, général et cumulatif des échanges dans la réalité physique des sociétés, le chemin de restauration de la rationalité économique est explicite. L'économie ne peut plus être un jeu réducteur d'individus et d'agences en concurrence pour leur survie mais une construction de sociétés. La finalité des sociétés est rétablie dans l'augmentation du bien être des personnes actrices singulières de leur vie.

La globalisation, le libre échange et la numérisation du savoir déclenchent l'effondrement d'un système qui n'identifie pas la responsabilité personnelle dans les prix. La globalisation mélange plusieurs langues d'appréciation du réel sans référence nominale partagée à une réalité commune. La libre circulation monétaire du capital prive les démocraties de la capacité de réguler la solvabilité en biens réels ; l'équité de la démocratie n'a plus de ressortissants identifiables. Enfin la numérisation de la connaissance dans un marché sans droit ni autorité dissocie les productions de la négociation du travail des biens. La quotité travail ne peut plus exister dans les prix ; les États de droit ne peuvent plus assurer les personnes dans les choses.

Le prix des crédits bancaires enfle donc sans limite à l'intérieur des bilans financiers : la quotité de liquidité des prix intermédiés par la finance grossit hors de toute réalité économique. La numération du crédit est forcée par les banques centrales. Les quotités allouées au travail et à l'assurance publique de la réalité personnelle positive s'effacent dans le nominalisme sans réalité. Le travail n'est rentable qu'à la condition que sa quotité dans le prix final soit subordonnée à la quotité de liquidité arbitrairement requise au remboursement des dettes comptabilisées. Les prix sont décidés par la finance dans la négation du travail nécessaire à l'existence des biens crédités.

L'économie évidée du travail

Sans l'adossement du crédit au travail, le prix du travail ne rémunère pas les besoins humains qu'il exprime et satisfait. Les personnes sont massivement refoulées hors du marché. Dans un contexte d'insolvabilisation systémique du salarié, la quotité de capital que les sociétés de production allouent à l'investissement du travail doit être indéfiniment réduite. La quotité d'assurance de la solvabilité à terme grignote inexorablement le revenu consommable au présent. La part du capital réel qui doit rester liquide pour surmonter l'irrationalité économique devient systémiquement supérieure à la quotité de capital véritablement allouée à la sûreté des créanciers.

L'économie mondiale s'asphyxie dans l'inflation des crédits non remboursables dans la réalité tangible. Le capital fiscal des sociétés politiques est absorbé par la prime de crédit monétairement négative des systèmes bancaires. Une compensation mondiale économiquement transparente de la finance par la réalité des biens effectivement servis montrerait une position globale nette acheteuse du système financier adossée à une position nette vendeuse des personnes physiques et morales. Les modèles financiers actuels montrent cette réalité ; mais les polities, les entreprises et les travailleurs sont installés dans l'ignorance du prix réel des dettes revendiquées dans les comptabilités bancaires. Le remboursement implicite des dettes est immédiat par les impôts et les primes d'assurance alors qu'il est n'est pas comptabilisé par la finance au crédit des épargnants.

La compensation numérique sur les douze positions de prix du temps humain rétablit un espace de rationalisation de la quantité par la quotité de qualité. Le travail produit par la personne est le seul facteur de transformation économique qui fasse l'équilibre social marchand de l'offre à la demande de bien. En autorisant la responsabilité limitée des actionnaires sur le crédit des sociétés de production et en supprimant le contrôle du marché par la loi politique des sociétés civiles, le « système » a perdu tout moyen de qualification du travail dans la structure des prix.

Simplicité de l'économie du bien

Simuler totalement la logique du prix

La simulation informatique des prix dans la théologie de la personne montre que l'abolition de la responsabilité personnelle dans l'économie financière globalisée supprime toute barrière à la destruction des sociétés politiques. La corruption financière du raisonnement économique réduit tout prix à la quotité de crédit d'un créancier anonyme imperméable au réel. Le travail devient un combat sans issue contre l'usure d'un consommateur inconscient de lui-même.

La globalisation du calcul économique ne peut pas survivre dans la réalité humaine à la désagrégation des lois politiques. La compensation numérique renforce le travail dans la rationalité économique en posant l'algorithmique du prix à n'importe quelle échelle de société. L'algorithme de finance vraie indexe les prix sur toutes les qualités verbalisées du bien objectif ; la personne est forcée de vouloir en société engager tout travail. La numérisation du texte, du nombre et des transactions dans une société mue par la production provoque la reconstitution logique d'une personnalité sociale politique de la collectivité. Toutes les personnes membre de la politie s'obligent en logique à la délimitation temporelle des biens en travail réparti.

Les premières sociétés qui adopteront la compensation numérique ré-introduiront dans l'intelligence humaine la perception collective des limites de la réalité. Ces limites sont matérialisées dans l'intellection par les lois discutables, par la monnaie, par les prix et par les bénéfices physiques du bien être collectif effectif. La connaissance humaine numérisée offre pour la première fois dans l'histoire un marché potentiellement commun du savoir ; un espace d'information sans barrière physique, invulnérable à l'entropie et techniquement compatible avec toutes les langues et civilisations.

Rationalité du bien réel

La maquette informatique dynamique de l'algorithme de compensation des prix réels montre concrètement la transformation logique de la réalité dans l'intelligence économique. Le démonstrateur de motorisation du prix fonctionne dans n'importe quel système d'information marchand, bancaire, assurantiel ou budgétaire. Il suffit d'écouter le prix des autres, de décider le bien qui est dit et de regarder la réalité objectivée pour comprendre ce que la confiance responsable peut produire. Le discours décomposable en qualité, quotité, quantité et monnaie ne peut plus détourner la volonté de la réalité intelligible du sens bon de la vie des personnes.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Capital
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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 18:50

Restaurer les politiques publiques de change dans les normes de stabilité financière

La guerre des modèles financiers

Dans l'indigeste cuisine des régulateurs, François Leclerc analyse sur le Blog de Paul Jorion les couches basses du plat de lasagnes financières européennes. La croissance qui fait débat est le gratiné à la surface du plat cuisiné sur une couche de liquidité financière ; laquelle devrait sourdre de la couche de crédit posée sur un capital consistant. La crise des subprimes a révélé une accumulation de crédits sans capital. La liquidité s'est perdue dans les profondeurs du plat de lasagnes ; le gratiné de la croissance s'est calciné sur la couche de crédit mise à nu.

Le recul de la croissance enregistre l'insuffisance supputée des capitaux bancaires qui garantissaient le crédit de la liquidité interbancaire. Les accords internationaux de Bâle III ont prescrit le renforcement des fonds propres bancaires en proportion d'une mesure conventionnelle des risques pris par les banques. Une question reste sans réponse dans la recette financière préconisée : comment régénérer le capital sans croissance réelle de la production consommée et de l'investissement ?

La directive européenne CRD4 (Capital Requirements Directive) va fixer une interprétation européenne commune des normes bancaires internationales. Les désaccords exprimés entre Britanniques et continentaux ne révèlent pas seulement des intérêts concurrents mais des conceptions différentes de la stabilité de la monnaie et du crédit. Allemands et Français raisonnent par rapport à une monnaie commune ; ils ont besoin d'une convergence non seulement sur le niveau de capitaux propres qui fait la solidité des bilans bancaires mais également sur la qualité des crédits acceptés par la BCE en contrepartie des allocations de liquidité en euro.

Idéalisme en euro contre pragmatisme anglo-saxon

Les Britanniques ont une politique monétaire indépendante. Ils apprécient par eux-mêmes la qualité des titres de crédit en livre que les banques fournissent en collatéral des emprunts à la Banque d'Angleterre. Leurs exigences officielles de fonds propres supérieurs à ce que souhaite le continent correspondent au levier plus important toléré entre le prix réel du collatéral en livre et le prix nominal des engagements de la Banque d'Angleterre. La base économique réelle de la masse monétaire en livre est relativement plus étroite que la base économique de l'euro.

La livre est financièrement plus fragile que l'euro même si la crise de la dette apparaît plus violente dans la zone euro. Les Britanniques cherchent à minimiser le handicap de rentabilité du capital qu'implique une plus grande exigence de fonds propres bancaires nécessaire à la sauvegarde de la livre. Ils ne dissocient pas la régulation bancaire de leur politique de change. Au contraire, la zone euro n'a pas de politique de change et n'intègre donc pas un risque spécifique de change dans les exigences de fonds propres qu'elle veut imposer à ses banques. Pourtant le système bancaire espagnol s'est mis en faillite par la gratuité factice du change sur ses emprunts au reste de la zone euro.

La position euro-européenne est idéologiquement marquée par le choix de la monnaie unique. Une monnaie unique pour plusieurs États et plusieurs systèmes juridiques repose sur l'hypothèse de la neutralité de l'outil monétaire dans l'économie, la production et l'échange. Pour créer l'euro, le continent a supposé que la finance gestionnaire de la monnaie se régule par elle-même ; que les dépenses publiques et la fiscalité contribuent marginalement à la stabilité monétaire et financière ; que la législation de la propriété, du crédit et des faillites est indépendante de l'administration du crédit par les banques et le marché financier.

Les normes et le dogme contre la loi du crédit

Dans la vision anglo-saxonne, la monnaie est un instrument politique. Le postulat de l'euro est au contraire la monnaie passive dans l'équilibre à construire entre la politique et l'économie réelle. La parité de change de la livre a pu mesurer la désindustrialisation du Royaume-Uni et les erreurs de gestion financière des banques installées à la City ; les fonds propres bancaires britanniques gagés sur les actifs réels et des crédits dévaluables par rapport à l'économie réelle ont pu s'ajuster à la montée des risques. La politique de change a ramené l'évaluation des risques bancaires à une proportion prudemment tenable des crédits émis en livre.

Dans la zone euro, le risque de désajustement de la politique à l'économie n'a pas d'existence financière. Le risque est abstraitement formulé dans une norme de fonds propres bancaires fixant un équilibre immuable entre les dettes des banques et le capital nécessaire à leur garantie. En euro, il est inconcevable que les gouvernements nationaux aient des intérêts de crédit propres dans le cadre réglementaire commun ou que les directions de banque aient des intérêts de plus-value non réellement limités par la norme réglementaire officielle.

La cuisine réglementaire de l'Union Européenne tente un compromis entre les univers financiers radicalement différents des Britanniques et du continent. Mais la question de l'indexation des normes de capital sur la croissance effectivement financée par le crédit est suspendue. Ni d'un coté, ni de l'autre, les principes et les normes ne répondent à la finalité monétaire de donner un prix politique à tous les échanges en vigueur :

  • 1) entre la réalité produite et le prix nominal en crédit,
  • 2) entre le risque de crédit et la prime de monnaie qui évite la perte au prêteur,
  • 3) entre la souveraineté domestique et la souveraineté étrangère,
  • 4) entre la consommation mondiale du présent et l'investissement du futur.

Restaurer le prix de l'intérêt général dans la mondialisation

La crise des subprimes a mis à mal le système financier, la zone euro et le développement économique du monde par l'utilisation que les États et les banques ont eu de la monnaie. L'internationalisation des règlements monétaires, la comptabilité du crédit entre les États et l'évaluation mondialisée des investissements a été obtenue par l'universalisation du dollar puis de l'euro ; c'est à dire par la privatisation de la convertibilité des monnaies entre elles ainsi que de la convertibilité internationale en biens et en services réels. La monnaie instrument de l'intérêt général à l'échange public des biens produits par les personnes privées est devenue le bien en soi destiné à des intérêts particuliers exempts de toute responsabilité politique du vivre ensemble.

Le dollar, l'euro et la norme réglementaire de Bâle III sont des postulats de finance auto-justifiée : le prix en monnaie n'a pas pour finalité dernière d'économiser la réalité observable selon la loi du vivre ensemble au service du bien-être collectif. Or pour que la croissance exprimée en monnaie ne soit pas seulement nominale et privée mais bien réelle et générale, il n'est pas possible de dissocier la réglementation internationale du crédit d'un marché mondial des changes négociables par le pouvoir politique. L'équilibre des intérêts particuliers ne peut pas exister sans arbitre public exclusivement rémunéré par l'intérêt général.

Un marché des changes mondial public signifie : la publicité financière de la transparence des échanges internationaux, la responsabilité financière des États par des monnaies propres, le financement de la régulation financière par la fiscalisation des règlements internationaux et nationaux et la détermination des parités de change par l'équilibre mondial de tous les prix réels réglés par un droit national garanti en capital de monnaie internationale.

Réguler publiquement la convertibilité interne et externe des monnaies

Le capital de change international est généré de fait par un marché public de convertibilité internationale des crédits obligeant les investisseurs internationaux à acheter en monnaie internationale des primes de change sur le remboursement à terme de tout emprunt en monnaie nationale. Les réserves de change internationales ainsi formées garantissent le prix international de la responsabilité des États sur le crédit de la loi appliquée en monnaie nationale. La fiscalité réglée en monnaie nationale assure le contrôle des équilibres budgétaires nationaux par l'ensemble des bénéficiaires d'une souveraineté politique délimitée par la monnaie.

La monnaie n'est ni le droit, ni le prix de la réalité, ni la richesse physique mais seulement leur mesure économique. La monnaie est donc le prix objectif de la régulation financière investie par l'intérêt collectif public ; par l'intérêt à produire des réalités économiques liquides pour tout le monde. Le dollar, la livre et l'euro peuvent être immédiatement converties en règles de crédit si les gouvernements reprennent par la nationalisation des monnaies la responsabilité financière des souverainetés nationales et multinationales.

Dans une compensation mondiale de la responsabilité financière des États, l'euro devient le capital commun des démocraties de l'Union Européenne. L’État confédéral européen acquiert son existence dans la mise en commun d'un capital de régulation financière du crédit inter-étatique et de la solvabilité des banques. Le crédit en euro et en monnaie nationale est alors issu de la transformation de l'épargne et des dépôts définis par les systèmes politiques et juridiques nationaux de l'Union.

Rentabilité publique du capital privé investi dans le travail

Dans la compensation mondiale des biens et services, le Droit de Tirage Spécial (DTS) du FMI peut être muté en unité primaire de change universel. Le DTS monétisé partagerait le risque de change entre toute monnaie selon le potentiel de production effectif des économies nationales et régionales. Transformé en banque centrale de la liquidité mondiale intervenant exclusivement sur un marché des changes en DTS, le FMI devient par son bilan financier l'étalon international de crédit des monnaies régulées par la volonté générale.

Le DTS unité de crédit international provient alors de l'adossement des réserves de change publiques et du capital public mondial inscrit au passif du FMI, aux prix relatifs à terme des masses monétaires régionales. L'actif du FMI mesure la garantie mondiale de la stabilité financière en primes de change sur le prix nominal international garanti des masses monétaires. Toutes les parités de change peuvent alors se négocier pour que tout crédit se mesure par le travail qui en produira la contrepartie réelle et non par la plus-value fictive de l'intérêt financier au service exclusif de lui-même.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Capital
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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 11:47
Michel Aglietta est intervenu le 20 mars 2012 devant le groupe « économie de la contribution» de Ars Industrialis.

Michel Aglietta : propositions de financement d'une croissance durable et soutenable devant Ars Industrialis

Mécanismes de divergences économiques sous la monnaie unique

Michel Aglietta suggère un vice de conception de la politique de monnaie unique pour expliquer la crise actuelle de la zone euro. L'euro a provoqué comme prévu à son lancement une convergence des taux d'intérêt sur la dette publique de tous les États membres. Les pays traditionnellement enclins à emprunter pour financer les dépenses publiques ainsi que la redistribution intérieure des revenus ont pu en conséquence s'endetter au taux de l'Allemagne sans se soumettre à la même rigueur budgétaire, sociale et politique.

La croissance de la dette en euro a dissimulé la divergence des équilibres réels dans les différents pays de la zone. Pendant que l'Allemagne a veillé à maintenir la progression des salaires en dessous des gains de productivité du travail, l'Europe latine a emprunté du pouvoir d'achat pour stimuler la croissance par les revenus du travail. La compétitivité de l'économie allemande a engendré des excédents commerciaux croissants vis-à-vis du reste de la zone euro. La déstabilisation des banques par le choc financier des subprimes a finalement révélé les divergences de solvabilité entre les emprunteurs publics et privés des différents pays de la zone euro.

Michel Aglietta constate pendant les dix premières années de l'euro, une polarisation internationale interne de l'économie euro-européenne. Les finances publiques et la rémunération du travail ont divergé par rapport à la productivité réelle des économies nationales. Au prix unique de la liquidité en euro ont répondu des politiques d'investissement, de distribution salariale et de protection sociale divergentes quant à la compétitivité des productions domestiques. L'Europe latine se retrouve structurellement endettée face à l'Europe germanique. Les transferts publics de capitaux par la politique économique communautaire sont tout à fait insuffisants pour compenser la déflation autoritaire appliquée aux pays surendettés.

Ré-outiller la politique monétaire en euro sur l'investissement public

En l'état actuel, la politique monétaire unique ne contient aucun outil de direction des investissements vers les pays en retard de compétitivité. C'est ce qui conduit Michel Aglietta à proposer le couplage d'une politique européenne d'investissement avec la politique monétaire de la BCE. Le sujet d'investissement est la transition énergétique qui concerne toute la zone euro et chacun de ses territoires quelle que soit la situation financière des États membres. L'acteur de cette politique doit être un organe communautaire doté de ressources fiscales indexées sur les activités économiques émettrices de gaz à effet de serre.

L'organe européen d'investissement s'appuierait sur un fond de financement public émetteur de titres de crédit ou de titres de garantie de crédit ; titres adossés aux ressources fiscales collectées dans le cadre communautaire. Les titres seraient émis sur le marché financier en euro et éligibles dans les collatéraux acceptés par la BCE en garantie de ses allocations de liquidité. Au final les investisseurs privés européens et internationaux disposeraient d'un nouvel actif sûr et liquide de diversification de leurs avoirs. L'émission monétaire en euro est partiellement redirigée vers des intérêts économiques explicitement communautaires que l'initiative privée n'est pas capable de financer.

La proposition de Michel Aglietta amorce la construction d'une Europe fédérale par la constitution d'un pouvoir économique étatique communautaire dans la zone euro. Toutefois les mécanismes proposés heurtent les conceptions allemandes exprimées jusqu'à présent sur les plans politique, financier et économique. L'attribution directe de ressources fiscales à un pouvoir supranational impose au minimum pour les Allemands, en vertu-même de leur constitution, une réforme institutionnelle accordant une représentation parlementaire aux contribuables de la zone euro. L'organe communautaire d'investissement impose un contrôle budgétaire du citoyen. Comme le poids de la contribution fiscale allemande sera forcément prépondérant, il faut pour les Allemands des garanties de représentativité dans la composition de cette chambre parlementaire communautaire.

Sur le plan financier, les Allemands voient dans une hypothétique autorité européenne d'investissement une capacité d'endettement public supplémentaire de la zone euro. Pour parer la menace inflationniste, les Allemands sont enclins à demander une gestion globale de la dette publique en euro qui soit contraignante pour les budgets nationaux. Enfin sur le plan économique, les Allemands sont attachés à la concurrence entre les futurs soumissionnaires aux contrats publics européens. Ils entendent exploiter leur avantage compétitif au sein de la zone euro et capter l'essentiel des contrats. S'ils sont à même d'offrir le meilleur rapport qualité-prix sur les objectifs nouveaux de politique économique communautaire, les Allemands ne voient pas pourquoi ils rennonceraient à y jouer un rôle prépondérant.

Sortir l'euro de l'option monétariste de la liquidité

La vision allemande impose en fait de ne pas dissocier une quelconque initiative économique publique sectorielle européenne d'un modèle général d'économie politique ; modèle général nécessairement traduisible dans la politique monétaire de l'euro. Or ce modèle existe mais n'est pas discuté du fait de la vision implicitement monétariste du modèle actuel de l'euro. L'émission monétaire n'est plus un pouvoir régalien en zone euro afin de pousser l'unification au-delà de la fédéralisation du pouvoir politique entre les pays membres. Et c'est bien la dépolitisation de la monnaie qui a permis la divergence des politiques économiques nationales sous le régime d'unification européenne forcée par la monnaie.

Le monétarisme pose la neutralité politique et économique de la monnaie. Il en découle que le prix de la liquidité monétaire est posé indépendant des politiques économiques, des cultures juridiques et des organisations sociales de la production. Le prix du temps, c'est à dire le taux d'intérêt d'une dette absolument sûre d'un emprunteur qui ne puisse en aucune manière se trouver défaillant, est érigé en constante absolue comme la vitesse de la lumière dans l'économie de la rationalité physique. Dans la réalité de la zone euro comme des autres zones monétaires, il n'existe, par la loi politique, qu'un seul emprunteur infaillible : la banque centrale et le système bancaire empruntant la liquidité de la banque centrale.

La BCE est posée infaillible dans la zone euro sur la fixation du prix de la liquidité pour tous les pays. Cette pétition de principe nulle part confirmée par les faits économiques oblige les États de la zone euro à porter tout le poids des erreurs d'appréciation de la banque centrale. Dans la zone dollar, les économies réelles ayant sur-estimé ou sous-estimé leur liquidité réévaluent ou dévaluent leur monnaie pour que les budgets publics et les prix restent à l'équilibre sur le long terme. Hors de la zone euro et hormis le cas des Etats-Unis, le prix de l'efficacité réelle de la politique monétaire de la banque centrale est donné et ajusté par le taux de change de la monnaie nationale ; l'équilibre des comptes publics est par nécessité systémique réalisé par la parité monétaire nationale.

La neutralité de la monnaie est donc une option idéologique de l'euro et des Etats-Unis attribuant au pouvoir financier la responsabilité réelle en dernier ressort de la politique économique. Cette option fonctionne dans le régime de changes flottants de la zone monétaire mondiale du dollar du fait que tout l'effort d'ajustement économique repose sur les détenteurs étrangers de créances en dollar. Ils supportent tout le prix de l'instabilité des changes par les pertes de change qu'impliquent l'émission libre de dollars par le système bancaire international refinancé par la Fed.

L'option de la neutralité monétaire ne fonctionne pas dans la zone euro car elle oblige les États créanciers nets à mettre en faillite les États débiteurs nets. La faillite d'un État consiste à mettre le pouvoir de dépense publique sous tutelle du pouvoir administratif supranational européen ; lequel applique les instructions du pouvoir financier exonéré de toute responsabilité politique. L'option de neutralité monétaire est de fait aux Etats-Unis et dans l'Union Européenne la subordination du pouvoir et des institutions politiques au système financier auteur de ses règles de fonctionnement.

La finance réintégrée au réel par l'économie publique

Le modèle, inversé par rapport à celui actuellement en vigueur, de l'économie financée par l'application de la loi politique du bien commun existe bien. Il implique de conditionner la politique de taux de la banque centrale à l'application vérifiable de la loi dans les règlements en monnaie du crédit et de l'investissement. Quelle que soit la loi applicable, les crédits bancaires sont accordés par un marché transparent où les prêteurs qui évaluent les prix à terme des investissements financés ne sont pas les garants du crédit consenti. Si tout crédit bancaire est escompté par la banque centrale à la condition impérative que le risque d'investissement sous-jacent soit garanti par un investisseur distinct et séparé de l'emprunteur, alors le prix de liquidité de la monnaie adossée au crédit est déterminé par le droit de l'emprunteur et le crédit réel de l'investisseur.

L'indexation de la liquidité monétaire sur le potentiel de développement durable et soutenable de l'économie impose la séparation réelle des activités de crédit et des activités d'investissement ; séparation concrètement accessible si les activités de marché intercalées entre le crédit et l'investissement sont dédiées à l'équilibre juridique des prix. L'équilibre des prix ne se définit plus seulement par une offre et une demande mises en équivalence par le crédit. Il implique la vérification des droits de l'emprunteur et de la collectivité publique qui en est l'assureur. Il implique l'identification par le marché des investisseurs acheteurs du risque dans l'anticipation de la plus-value. Le prix de la liquidité n'est plus la décision arbitraire des banques mais le prix d'équilibre entre le risque d'investissement et le droit des emprunteurs tenus par la loi du bien commun.

Pour que le marché de la liquidité soit économiquement équilibré, il faut un investisseur public dépositaire de la Loi qui en vérifie activement l'application sur le marché financier. L'investisseur public engage les dépenses dont le bénéfice ne peut pas être individualisé ; les dépenses indispensables au bien commun comme le milieu collectif de vie et l'environnement naturel, sont ré-intégrées dans les conditions de rentabilité économique des investissements. Mais pour que l'engagement public dans le bien commun ne soit pas contestable, il faut à la fois les ressources propres de la fiscalité et une responsabilité financière objective sur la rentabilité fiscale de l'action publique.

Pour qu'une collectivité publique soit économiquement responsable de ses décisions sans dépendre des crédits du pouvoir financier privé, elle doit avoir sa propre monnaie émise sur le marché financier. Le marché de la liquidité en euro matérialise la spécification en droit européen des services publics rendus obligatoires par la Loi. De la même manière que le pouvoir de dépense publique européen est rendu liquide par le marché transparent de la liquidité en euro, les pouvoirs nationaux doivent être rendus liquides par des monnaies nationales exclusivement convertibles en euro. Les crédits en sous-monnaies de l'euro sont garantis par des réserves de change en euro détenus par le système bancaire collectant l'épargne en euro.

Si la collectivité publique nationale ou locale émettrice de la monnaie dans laquelle elle emprunte n'inspire pas confiance à la collectivité euro-européenne, alors le marché de la liquidité en euro est obligé de dévaluer la sous-monnaie. L'instauration d'un marché de compensation délimité par un intérêt multinational commun de stabilité du crédit entraîne une solidarité explicite entre des niveaux identifiables de responsabilité publique. Les rôles financiers séparés du prix, du crédit, de l'investissement et de l'assurance publique et privée imposent par la monnaie la cohérence de toutes décisions avec l'économie du réel.

Décomposition monétaire de la souveraineté du bien commun

Le système monétaire de la liquidité en euro fondé sur la responsabilité collective repose nécessairement sur une règle de convertibilité déterminant les parités à l'intérieur de la souveraineté euro. Cette règle est l'obligation de remboursement intégral de toute dette ; laquelle s'en trouve impérativement garantie par des investisseurs distincts des emprunteurs. Une collectivité publique nationale ou locale ne peut plus être mise en défaut autrement que par la dévaluation de sa monnaie. La variabilité des parités de change partage le risque de crédit de la décision politique entre les emprunteurs de la monnaie décisionnelle et les prêteurs de la monnaie de garantie. L'expression du change par les unités différentes d'un même ordre monétaire oblige juridiquement l'économie humaine à l'équilibre entre le réel et le possible. La négociation politique entre tous les points de vue nécessaires au bien commun détermine l'équilibre économique.

Aucun prix d'une quelconque négociation financière ne peut plus échapper ni à un engagement vérifiable de valeur ajoutée, ni à un prix garanti du crédit à terme ; ni à la mise en garantie d'un capital financier suffisant pour couvrir tous les risques ; ni au versement d'une prime fiscale d'assurance de l'objet d'investissement en bien commun. La conséquence du nouveau système européen de monnaie pluraliste est le rééquilibrage de l'économie sur les organisations politiques nationales, régionales et internationales. Les flux de capitaux intra-européens et extra-européens sont intégralement traçables en euro pour bénéficier de la garantie européenne de liquidité monétaire. Tout actif de droit étranger à l'Union est liquide en euro à condition d'être déposé dans la compensation européenne où il est garanti par la prime de crédit et la prime de change de son propriétaire.

La règle monétaire de convertibilité des prix par le crédit garanti transforme l'euro en étalon de crédit international. La compensation des monnaies, des prix et des primes en euro provoque l'étalonnage de toute monnaie par la solvabilité des zones monétaires en droit européen. Les parités de change nominales sont alors déterminées par la rentabilité du capital indexée sur la rentabilité du travail elle-même délimitée par l'assurance publique du droit des personnes. Les parités varient en euro pour que la prime du capital souscrit en garantie du crédit assuré par la prime de change soit toujours suffisante à solvabiliser les droits comptabilisés en une quelconque monnaie nationale compensée en euro.

La transformation de l'euro en monnaie primaire du crédit définit explicitement la liquidité par le prix de toute offre de travail mobilisable dans les communautés politiques composant la zone euro ; toute communauté acquiert le statut d'Etat en assurant le financement d'une loi du vivre ensemble. La solvabilité n'est plus un décret financier mais une discussion politique sur les conditions d'allocation économique du crédit aux objets à produire. La masse des crédits en cours est perpétuellement ajustée aux possibilités du réel par la variabilité rationalisée du change euro selon les collectivités humaines constituées. La rationalité cambiaire produit l'équilibre des choix et des échanges de travail dans un environnement naturel de légalité humanisante.

L'économie est à nouveau une fonction collective d'humanisation de la nature. La demande écologique européenne est formulée par des crédits publics en euro délibérés par un pouvoir législatif communautaire. Les investisseurs internationaux achètent la prime de crédit du budget européen d'investissement ; ce qui revient à produire les actifs écologiques déposés dans la compensation européenne. Les erreurs d'anticipation du prix à terme collectif des investissements programmés sont absorbées par les primes de change et les parités des monnaies en euro ; la réalité de la plus-value anticipée est délimitée par la législation appliquée en Europe. Les primes de crédit des propriétaires des actifs écologiques adossés aux commandes publiques absorbent les désajustements de l'offre privée à la demande collective.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Capital
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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 09:26

Une manifestation concrète de la crise mondiale de la dette est la charge écrasante des intérêts dans les budgets des Etats, des entreprises et des particuliers. La perte de contrôle de la dette mondiale peut s'analyser comme un problème de répartition du capital et des revenus. Une certaine conception de la propriété engendre un déséquilibre systémique de répartition de la richesse dont le surendettement est le symptôme pathologique.

Dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, Paul Jorion révèle une faille systémique dans la construction des représentations du savoir humain. Représentations qui structurent la compréhension des phénomènes économiques. Pour simplifier la question de la vérité, l'hypothèse a été entérinée de l'existence d'une réalité parfaitement décrite dans le discours qualifié de scientifique dans le domaine du physique autant que de l'humain. Les sciences sont supposées vraies par l'apparence d'exactitude que leur donne la mathématisation.

L'hypothèse de la vérité scientifique par les mathématiques est la ré-actualisation de la cosmologie de Pythagore. Elle dispense d'une autre vérification que la théorisation mathématisée : l'appropriation humaine. La faille systémique de la vérification pythagoricienne de la vérité scientifique est de ne pas reposer sur une accessibilité universelle des énoncés scientifiques. Quelques sachants suffisent à l'énoncé d'une vérité. Ils possèdent la vérité sans qu'un usage complet de la logique n'ait rendu le raisonnement accessible à toute intelligence humaine honnêtement conduite par son sujet.

La connaissance pythagoricienne du monde n'est pas accessible à "l'honnête homme". L'accumulation moderne du savoir scientifique s'est opérée par une réduction cognitive. Cette réduction a transformé la compréhension humaine de l’intérêt et de la propriété. L'aboutissement de cette transformation est l'implosion actuelle du capitalisme financier. L’intérêt et la propriété ont été vidé de la substance cognitive qu'ils avaient jusqu'à la révolution financière de l'ère contemporaine.

Depuis que l’être donné et la réalité objective ont été fusionnés à la fin du Moyen Age, l’homme et la matière physique sont devenus le même objet de connaissance à l’intérieur de l’être donné. Ainsi la science économique progressivement élaborée à partir du XVIIIème siècle a-t-elle été dès l’origine incapable d’établir une différence claire entre la nécessité des choses et la nécessité des hommes.

 Adam Smith a écrit sa « Richesse des nations » après sa « Théorie des sentiments moraux ». La main invisible de Smith désignait la morale comme force invisible d’équilibre dans le jeu humain de l’économie. Mais dès Smith, le pythagorisme stérilise la réflexion sur l’économie. La matière économique est supposée contenir en elle-même la logique de la quantité indépendamment de la délibération des acteurs économiques.

La morale de Smith est déjà une théorie mathématique ; elle existe en soi par une révélation que l’homme ne choisit ni ne discute. Smith fonde une science économique sans sujet avec une rationalité en soi ; une nécessité qui est donnée. Cette rationalité est faussement objective parce qu’inaccessible au sujet universel. L'homme n'a pas besoin de nommer la rationalité économique pour qu’elle agisse.

Le grand Marx se révolte contre les conséquences de l’économie smithienne. Mais il n’identifie pas l’origine de la dérive économiste : la confusion de l’être donnée avec la réalité objective. Les conséquences tragiques de cette confusion s’étalent dans le capitalisme libertaire dès le XVIIIème siècle. Les libertaires ne font pas la différence entre l’être et la réalité. La liberté est une réalité qu'aucune loi de l'être ne peut ni ne doit limiter. Les libertaires se cachent sous les libéraux politiques. Le libéralisme politique dégénère en libéralisme économique par la négation de la morale qui porte la liberté des personnes.

Les libertaires sont ce qu’ils possèdent physiquement. Ils sont donc absolument libres de faire ce qu’ils veulent avec ce qu’ils possèdent : leur propre corps physique, celui des autres qu’ils réduisent à l’esclavage et bien sûr tous les biens matériels dont ils abusent. La loi morale qui régule la relation avec soi-même, les autres et le monde physique n’existe pas pour le libertaire. La propriété se confond avec la possession ; rien ne peut limiter la propriété-possession puisque la rationalité du don inter-subjectif n’existe pas.

A l'origine, la propriété est une notion morale et politique. Elle établit la limite entre soi et les autres dans les relations humaines d’échange. Elle distingue des fins personnelles différentes dans la matérialité objective. La propriété ne peut pas exister sans une société politique pour discuter les limites et les faire appliquer. Par contre la possession est un état de fait exempt de tout jugement moral. En supposant que l’autorité publique n’a pas à s’investir dans la propriété économique, que la propriété économique est assimilable à une possession, Smith rend possible une matière économique hors de la morale politique.

L'économie affranchie de la politique va transformer la perception de la propriété. La propriété va pouvoir s'attacher à des objets de créance et des objets d’entreprise à l'intérieur desquels sont enfermés des sujets humains. La propriété assimilée à la possession permet aujourd’hui de passer par pertes et profits des pays entiers et d’asservir méthodiquement le travail à la possession du capital.

Le capitalisme financier est par la confusion de la possession et de la propriété un marxisme inversé. Comme la possession collective du capital physique a été un échec, la possession privée du capital est le seul moyen efficient de produire de la richesse. Possession collective et possession individuelle ont aboli la morale de la propriété.

Comme la morale est devenue une question purement privée sans rapport avec la politique, la possession de l’homme par le capital est libre. La liberté libertaire ne connaît pas la loi réelle. La loi libertaire est théorie de l’alignement physique de sons codés par le langage juridique ; elle n’a rien à voir avec l’être puisque la science sait tout de la réalité objective au-delà de quoi il n'y a rien. En tout état de cause, dans le régime de la propriété privée objective, une dette se rembourse et un capital accumule des plus-values ; l’objet libertaire n’a pas de sujet.

 Les notions morales d’intérêt et de plus-value changent complètement de contenu dans l’économie non politique qui régit la globalisation des échanges. Dans le monde pré-capitaliste, l’intérêt était le prix de la propriété distincte de la possession. Le propriétaire peut se déposséder de l’objet réel de son bien mais reste responsable de son bon usage. Moralement, il en répond devant la société.

Le versement d’un intérêt au propriétaire prêteur d’un bien est le prix de son bon usage. Un bon usage matériellement visible par la société dans un transfert de monnaie portant l'effigie du souverain. Le mauvais usage d’un bien par son emprunteur entraîne la condamnation morale du prêteur qui doit restituer l’intérêt perçu à la victime ; laquelle est physiquement représentée par les agents publics de la souveraineté.

L’interdiction de l’intérêt dans la société pré-capitaliste est dans notre terminologie contemporaine l’interdiction de la plus-value sur un bien qu’on ne possède pas. La plus-value pré-capitaliste ne peut venir que de la transformation des objets par le travail ; la plus-value va a celui qui possède l’objet éventuellement emprunté à un propriétaire, lequel perçoit l’intérêt moral qu'il lui appartient de mesurer dans la dépossession de l'objet prêté au travail.

Le capitalisme financier se construit dès son origine sur l’hypothèse néo-pythagoricienne de la confusion de l’être donné avec le réel objectif. Donc la propriété est possession ; et la plus-value est l’intérêt. Ainsi est-il possible d’acheter la plus-value du travail contre salaire. Bien évidemment le salaire est le prix de l’énergie du corps physique mais pas celui d’un être humain que personne ne devrait posséder.

Dans la civilisation pré-capitaliste, l’intérêt est le prix du droit de la morale alors que la plus-value est le prix de la transformation de la matière physique par le travail. Il est immoral de faire de la plus-value sur la possession d’un droit qui n’est pas la propriété d’un objet matériel concret. Dans la civilisation pré-capitaliste il est non seulement immoral mais illégal de faire de la plus-value sur la possession d’un corps humain. Évidemment, la morale et le droit ne suffisent pas à empêcher dans le pré-capitalisme les abus que le capitalisme a légalisés.

Si Marx n’a pas su poser les conditions morales d’une économie politique il a en revanche anticipé les conséquences des contradictions du capitalisme livré à lui-même hors de toute loi morale. Jusque dans les années 1980, le capitalisme a paradoxalement subi la contrainte morale du communisme. Les États de droit libéraux ont dû édicté des lois pour protéger le travail, contrôler l’intérêt et réguler la plus-value par l’impôt. A partir de la chute du communisme, toutes les digues morales cèdent : les libéraux sont remplacés par les libertaires.

Le libre échange et la libre circulation du capital transforment les États en entreprises capitalistes concurrentes des banques et des sociétés multinationales. En plus de la morale recluse dans la sphère privée, les lois sont privatisées. La finalité des lois n’est plus la protection des personnes mais l’allègement des obligations pesant sur la propriété-possession. Les plus-values du capital ne sont plus taxées. Il faut attirer le capital qui fait des plus-values sur le travail. La taxation du travail rémunère les administrations publiques engagées dans la « guerre économique mondiale » par le capitalisme gouvernemental.

Les banques et entreprises multinationales accumulent sans limite des plus-values financières dans les paradis fiscaux et des plus-values sur le travail non protégé par le droit dans les pays en développement. La plus-value expropriée au travail provoque la diminution de la demande par rapport à l’offre. Le déséquilibre a été masqué par la production débridée de dettes publiques et privées. Conformément à la prédiction de Marx, la plus-value financière a tué la plus-value du travail. Le capitalisme politico-financier se perd dans des illusions de plus-value déniées de la réalité.

La dette écrase désormais le travail. Les impôts augmentent qui vont déclencher la révolution qui va entrainer la guerre qui va détruire le capital. Est-il nécessaire que Marx ait vu juste jusqu'à la révolution ? Oui du point de vue de la froide raison économique du capitalisme ; mais peut être non du point de vue de la raison morale de la politique. Si la politique existe encore.

Tout est question désormais de choix moral. Si la morale des personnes se trouve dans les tréfonds de l’être donné qui n'a pas encore émergé dans la réalité objective, alors la solution alternative à la rationalité économiste du capitalisme libertaire doit encore murir. Quand la solution aura été trouvé, la propriété, la possession, la plus-value, l’intérêt et les États de droit auront été détruits par le capitalisme : il sera abstraitement possible de reconstruire du propre à partir de rien.

Si la morale est au contraire dans la réalité objective qui se déclare enfin distincte de l’être donné, alors le débat politique sur le bien commun entre les nations peut renaître. Les gouvernements de la zone euro sont fondés à déclarer la faillite du système bancaire en euro. Ils rétablissent le contrôle des frontières physiques pour percevoir des taxes. Ils maintiennent la liquidité des finances publiques par la taxation des rentrées de capitaux et bloquent les sorties de capitaux pour vérifier la légalité des dettes remboursées aux étrangers.

La fermeture des frontières financières de la zone euro permet le contrôle des règlements effectués par les banques. Toutes les banques sous souveraineté euro sont garanties par le FESF qui contrôle les sorties de capitaux en règlement des engagements extérieurs effectivement conformes au droit européen. L’administration publique des paiements extérieurs de la zone euro dévalue de fait l’euro par rapport au yuan et autres monnaies créancières de la zone euro.

La zone euro reconnaît d’un coup son appauvrissement par rapport à la Chine. Elle reconnaît que ses dettes sont plus élevées qu’initialement comptabilisées et abaisse son coût du travail afin de permettre la reprise des exportations en remboursement des dettes extérieures accumulées. Les États euro peuvent alors négocier la remises en ordre de leurs finances publiques par la primauté du droit des personnes sur la possession des biens.

La primauté de la personne remet le libéralisme politique à la place de l’économisme libertaire. La propriété est à nouveau liée aux droits et obligations de la personne. La Cité régit à nouveau la possession des biens. Le prêt d’un bien matérialisé en monnaie donne droit à l’intérêt comme prix de l’usage conforme à la loi du bien commun. L’intérêt est le même, proportionnel au prix du bien, pour tout prêteur et tout emprunteur. Il rémunère la responsabilité assumée par le propriétaire du bon usage d’un bien ; lequel implique la restitution par l’emprunteur qui n’en a plus l’usage moral. Et le paiement de l’impôt par le propriétaire.

La primauté de la personne implique la ré-attribution de la plus-value au travail. Mais pour que les droits du travail soient réels entre travailleurs face aux propriétaires du capital financier, l’employabilité de la personne offrant du travail est assurée. L’assureur du travail en dernier ressort est l’État qui garantit par les ressources fiscales la protection, la formation et la liberté des personnes. La production des services d’assurance est garantie par un marché organisé du travail.

Ce n’est plus l’emploi des personnes qui est négocié mais des prestations professionnelles. Les contrats de travail sont des contrats d’entreprise de la production de biens objectifs ; la tâche est rémunérée par un salaire identique pour toutes les personnes disposant des mêmes compétences compensées par les marchés de travail. L’entreprise est rémunérée par la plus-value du prix du produit final sur les salaires et achats. L’entreprise associe des travailleurs partageant les responsabilités et les risques de production rémunérés par un accord de partage de la plus-value.

Le capital financier n’est plus défini comme un apport extérieur de monnaie mais comme accord de partage révisable de la plus-value entre ses contributeurs liés par les contrats d'entreprise. Le partage de la plus-value s’opère par la compensation des risques à l’intérieur de la société d’entreprise constituée par l’association des contrats de travail des objets intermédiaires. Le capital financier se mesure en monnaie par les primes de garantie professionnelle que les associés de l’entreprise négocient et compensent entre eux sous le contrôle d’investisseurs financiers exclusivement garants de la légalité des relations d’entreprise.

Dans le régime de la réalité objective ordonnée à l’être donné de la personne humaine, le capital, la propriété, l’intérêt et la plus-value retrouvent leur sens naturel que le capitalisme libertaire a retourné contre l’homme par le sens de la loi. Le capitalisme libertaire ne connaît pas la loi comme séparateur de réalité humaine entre les personnes solidaires dans la société politique. Le capitalisme libertaire inverse la réalité. Il détruit l’homme par la rationalité lancée contre la liberté. Il anéantit la morale pour vider la responsabilité de tout contenu réel.

L’homme est un être personnel intéressé par sa relation à l’autre ; relation qui produit le réel par la vie sociale à l'intérieur du politique. Après sept siècles d’exploration de la cupidité et de réflexion sur l’existence empirique, l’homme se trouve devant le choix de se perdre dans le néant de la spéculation ou de transformer réellement sa vie sociale terrestre. Et cette fois-ci le choix n’est plus réservé à quelques privilégiés.

L'échec du régime de la possession financière de l'homme ouvre une nouvelle étape de la civilisation mondiale. La définition de l'usage des biens terrestres n'appartient plus à des oligarchies mais à la responsabilité personnelle universelle comptabilisée dans la monnaie du droit. La monnaie du droit n'existe pas dans le capitalisme financier. Elle est donc à créer dans une monnaie universelle de compensation mondiale des échanges internationaux.

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 12:27

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Constitution de l’économie politique : projet


Principes d’une compensation européenne des budgets publics par le capital bancaire et les parités de changes

  1. Les comptes publics et lois financières sont déposés dans la chambre européenne de compensation

  2. Les excédents primaires d’exécution budgétaire sont négociables par la compensation sur le marché européen du crédit public

  3. La capacité nette d’emprunt d’un État européen est constitutionnellement limitée à la cotation de son excédent primaire titrisé

  4. Toutes les cotations, souscriptions et appels de marge sur prime de crédit public s’effectuent en monnaie européenne commune non nationale garantie par un Trésor Public Européen

  5. Les souscripteurs de la prime de crédit public deviennent contribuables de l’État emprunteur à hauteur de la prime compensée négative (position vendeuse de la prime en excès sur la position acheteuse)

  6. Les appels de marge sur prime de crédit public sont versés aux souscripteurs de titres de dette (prix nominal en monnaie nationale garanti par la monnaie commune)

  7. Les émissions de dette publique sont exclusivement en monnaie nationale et compensées par les souscriptions européennes libres de l’excédent budgétaire primaire titrisé

  8. Les titres d’excédent primaire sont acquis aux souscripteurs au remboursement effectif des dettes publiques couvertes

  9. Un État européen en déficit primaire ne peut émettre aucun titre primaire de sa dette garantie en monnaie commune

  10. Un État européen en déficit primaire peut se refinancer auprès de sa banque centrale dans sa monnaie nationale

  11. Chaque banque centrale nationale européenne émet des primes de crédit en monnaie commune à hauteur de ses concours ; les primes sont réglées par ses débiteurs publics et bancaires

  12. Chaque souscripteur de prime de crédit émise par une banque centrale nationale verse le montant de la prime compensée négative à la banque centrale qu’il garantit

  13. Chaque souscripteur en monnaie commune de prime de crédit bancaire national a faculté à se couvrir par la vente à terme de la monnaie nationale ; la position emprunteuse sous-jacente en monnaie nationale est compensée par les primes de crédit puis les primes de change

  14. Les parités monétaires européennes sont compensées exclusivement en monnaie commune par les positions nominales déposées par les États et par les banques

  15. La compensation en monnaie commune des monnaies nationales induit des appels de marge entre acheteurs et vendeurs primaires jusqu’à l’échéance des nominaux sous-jacents

  16. Une prime de change nationale compensée négative avant l’échéance en monnaie commune transfert les versements de marge des acheteurs primaires du change aux vendeurs comptants du change

  17. L’équilibre général obligatoirement nécessaire de la compensation primaire du crédit, du capital bancaire et du change en monnaie commune repose sur :

    1. la couverture des achats primaires de crédit bancaire (capital bancaire) par les ventes primaires de change,

    2. la couverture des achats primaires de crédit public par les ventes primaires de crédit bancaire,

    3. la couverture des achats primaires de change par des ventes primaires de crédit public

  18. Les banques en monnaie nationale garantissent leur passif par l’émission de primes de crédit sur la souscription de leur capital et de primes de crédit sur leurs actifs collatérilasables à la banque centrale nationale

  19. La compensation en monnaie commune des primes d’actif bancaire national par des primes de capital induit le dépôt des comptes bancaires en chambre de compensation européenne

  20. La compensation européenne inclut la prime et le prix de n’importe quel actif étranger réel, monétaire ou financier à la condition d’un dépôt de garantie par un résident européen

  21. La compensation européenne induit l’autonomie financière internationale en crédit public, garantie bancaire et liquidité par application du droit européen à n’importe quel non-ressortissant sous réserve de domiciliation des contrats sous souveraineté européenne

  22. L’État de droit européen financé par la compensation multinationale est couvert exclusivement par la société des États nationaux dissociée des intérêts financiers nationaux

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Capital
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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 09:53

Constats

1. Depuis la dégradation de la note de crédit des États-Unis, il n’existe plus de titres de créance sûre pour adosser des liquidités monétaires

2. Dans le monde entier, l’appréciation du capital financier disponible à la couverture des crédits nominaux effectivement engagés par la production réelle est strictement invérifiable

3. La confiance sous-jacente aux anticipations économiques des prix n’a plus de base rationnelle objective

4. La solvabilité des emprunteurs systémiques n’est plus mesurable ; un défaut majeur peut déboucher n’importe quand sur une liquidation en cascade des pertes de crédit

5. L’augmentation des dépôts de liquidité dans les banques centrales anticipe la cessation des règlements internationaux par les circuits interbancaires privés

6. La rupture prochaine du système des monnaies compensées en dollar surviendra par des ventes massives à perte de positions prêteuses sur des emprunteurs systémiques en dollar

7. La liquidation des pertes de change en dollar imposera la compensation en unité de compte multinationale négociée entre tous les créanciers internationaux

8. La liquidation des pertes de crédit entre des systèmes de droit national différents imposera un accord de convertibilité des monnaies nationales alignées sur la production réelle des États

Mutation systémique

1. Le transfert des pertes de crédit du système financier international sur les économies réelles nationales détruit la base humaine des échanges par les prix

2. La déshumanisation de l’économie signifie la dissolution des sociétés politiques ; elle induit l’effondrement de l’offre et de la demande réelles issues du travail

3. La disparition des États de droit entrainera ipso facto la disparition des activités financières sous-jacentes à l'émission monétaire publique

4. La relance de l’économie mondiale est impossible sans l’instauration d’un État de droit international concerté protégeant la rémunération du travail de production réelle

5. La possibilité de protéger le travail dans les espaces nationaux de droit implique la régulation financière internationale par la compensation ouverte des engagements échangés

6. Le système de la compensation multinationale des échanges a été proposé par Keynes en 1944 et refusé par les États-Unis afin de monopoliser la liquidité des échanges internationaux

7. La restauration d’une justice internationale des prix et du crédit suppose la possibilité d'une égalité des droits financiers entre des origines nationales distinctes

8. L’égalité des droits financiers est réalisée par la séparation des activités bancaires d’investissement, de crédit, de compensation des prix et d'assurance des personnes

9. La protection des personnes est une responsabilité publique dont le financement est une activité d'assurance garantie en dernier ressort par la ressource publique et le pouvoir politique administratif

10. La condition du rétablissement du plein emploi des ressources humaines à la satisfaction des besoins humains est la régulation financière de l’économie par le régime politique de la démocratie

Reconstruction systémique

1. La compensation produit un équilibre général des prix dans le temps et dans l’espace à condition de la responsabilité humaine personnelle de garantie réelle vérifiable du prix de tout objet

2. Le marché de compensation crée une solidarité du crédit sur la production réelle par la garantie systématique des acheteurs et des vendeurs par un acheteur primaire indépendant du prix

3. La compensation vérifie la garantie personnelle effective de tout vendeur par l’enregistrement nominatif chez un intermédiaire de marché lui-même garanti par la compensation

4. La compensation de l’investissement, du crédit et du prix séparés assure l’intégration de l’économie de la responsabilité personnelle dans la réalisation objective concrète du droit en toute nationalité

5. Un marché de compensation est un système d’information du prix à l’intérieur de n’importe quelle société adoptant les mêmes règles d’appréciation du réel dans un ensemble commun de finalités

6. La compensation offre à toute société de produire des réponses réelles à une demande humaine en économie de travail, de temps, de ressources naturelles et de répartition de la plus-value

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Capital
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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 16:52

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A la grâce de Dieu


Finance contre démocratie

La démocratie étatsunienne est en train de piéger la finance dans ses contradictions. Contradictions qui sont celles du système monétaire conçu sur l’utilisation du dollar comme étalon monétaire international et du dollar gagé par une dette supposée absolument sûre, celle de l’État fédéral étatsunien. Contradictions :

1) si le dollar étatsunien est l’expression monétaire des engagements de droit entre Étatsuniens, comment la démocratie étatsunienne vérifie-t-elle que le droit est respecté selon ses normes entre non-Étatsuniens ?

2) si le dollar étatsunien est le signe matériel de la solidarité juridique et économique de la nation étatsunienne, pourquoi l’État fédéral étatsunien se finance-t-il auprès des étrangers déposants en dollar ?

3) si le dollar étatsunien permet de régler n’importe quel achat dans le monde, pourquoi les États émetteur de cette monnaie sont-ils seulement unis en Amérique ?

La démocratie étatsunienne piège la finance dans ses contradictions par le dollar. La démocratie politique est un système de gestion de la contradiction ; spécialement aux États-Unis où la représentation parlementaire consulte l’électorat tous les deux ans, où tout se débat en permanence et où le consensus ne peut être forcé par le pouvoir dictatorial de quelques-uns. La démocratie étatsunienne transforme la réalité présente en réalité future par la discussion. La réalité future ne peut pas être certaine tant qu’elle n’est pas devenue présente après que le temps du débat toujours possible se soit écoulé.

La finance de crédit aux Etats-Unis comme dans le reste du monde dollarisé, fait l’hypothèse d’une neutralité du débat sur le futur. Pour gagner de l’argent avec du crédit, il faut transformer la plus grosse masse possible de dépôts et d’épargne en prêts. Il faut donc supposer que tout ce qui se produit au présent se reproduira à l’identique voire plus dans le futur. Il faut supposer que le débat n’a pas de conséquence ; qu’il est sans risque.

La finance mondialisée en dollar a leurré la démocratie étatsunienne avec la dette publique. Pendant 70 ans, elle a transformé l’épargne mondiale pour acheter la dette fédérale étatsunienne. Le financement de l’État fédéral par une fraction des réserves de change international a fait de la mondialisation financière un miracle pour le contribuable étatsunien. Les finances publiques fédérales sont sorties du débat de la démocratie. Brutalement la dette publique des États-Unis, devient trop lourde pour le monde. La démocratie étatsunienne reprend le débat de l’État fédéral ; le miracle devient un mirage.

Le piège démocratique se referme sur la finance mondialisée. En Europe, le piège est déjoué par le démantèlement de la démocratie. Le contribuable paie les erreurs d’anticipation de la finance et des pouvoirs publics. Aux États-Unis, ce n’est pas possible. L’Etat ne peut ni augmenter les impôts ni dépenser sans l’autorisation des citoyens. Trois positions politiques transversales aux partis s’affrontent :

1) l’impossibilité de mettre la finance en faillite par l’arrêt de production de liquidité sur la dette fédérale

2) la négociabilité du format de l’Etat fédéral pour rééquilibrer son budget

3) l’impossibilité de supprimer les dépenses fédérales de solidarité nationale inter-individuelles et inter-étatiques.

Les républicains sont plutôt sur la position 2 tandis que les démocrates sont plutôt sur les positions 1 et 3. Les 3 positions ne sont conciliables que par le « bas financier », c’est à dire par la réalité concrètement concevable : ralentissement drastique de la croissance de la dette, rééquilibrage du budget surtout par la baisse des dépenses et abaissement des normes publiques de solidarité fédérale. La tentation impérialiste pour réunifier les Étatsuniens n’a pas de véritable ennemi extérieur pour se déployer.

La finance est donc piégée par la fermeture du robinet à liquidité de l’endettement public. Pas seulement la finance étatsunienne : la liquidité n’a pas de nationalité dans le régime de la finance auto-régulée. Les taux d’intérêt vont flamber dans le monde entier. Les actifs financiers, crédits prêtés et contrats à terme, vont s’effondrer du fait de la faillite des intermédiaires financiers tandis que les actifs réels vont flamber : immobilier, terres, matières premières. Les emprunteurs trop faibles en droit par rapport à leur prêteur vont être jetés à la rue afin de restituer les biens réels qu’ils ne peuvent plus acheter par leur travail.

La finance mondiale piégée par la démocratie étatsunienne, c’est la réalité piégée par le verbe de la démocratie formelle non universelle : la démocratie qui n’oblige pas le verbe à transformer la réalité, qui ne met pas tout le monde devant la même exigence de responsabilité et qui ne reconnaît pas l’égalité universelle des droits et devoirs humains. La chute du dollar est l’échec financier de la démocratie étatsunienne qui n’a pas cru bon de partager ses aspirations avec le reste du monde. Le monde présente désormais la facture des achats impayés des Étatsuniens.

Si la démocratie étatsunienne doit maintenant faire ses comptes, cela suppose qu’elle se dote d’un système financier conçu à cette fin. Et si l’Union Européenne veut restaurer la liquidité de son système financier, il faut qu’elle se dote d’une démocratie. La régulation du crédit des citoyens à l’État, de l’État aux banques et des banques aux citoyens ne peut pas se faire sans démocratie et sans égalité devant la monnaie. Ni les États-Unis, ni l’Europe n’ont de vraie démocratie qui impose aux banques et aux collectivités publiques d’emprunter dans les mêmes conditions et dans la même position de négociation que le citoyen de base.

Tant que le bien commun universel n’est pas matérialisé par un marché international du crédit régulé par le juge judiciaire de l’égalité des droits, les banques emprunteront des privilèges aux États contre des créances sur les contribuables. Le seul équilibre d’un tel système est la disparition du droit, l’enrichissement de la minorité sur l’appauvrissement de la majorité et finalement la déshumanisation du réel. Quelles limites le verbe va-t-il imposer à son pouvoir de privatiser la réalité universelle ?

 

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Capital
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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 14:13

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Le calcul économique en défaut

Quatre ans après les prémices de la crise des subprimes, la profondeur historique des dysfonction­nements de l'économie mondiale se révèle avec évidence. L'effondrement des anticipations financières est momentanément stoppé mais l'économie concrète se dérobe actuellement dans tous les pays développés. Le fait inédit depuis la deuxième mondiale est la conversion massive des pertes des opérateurs financiers en dettes publiques non intégrables dans les anticipations de marché. Le renflouement des débiteurs en défaut a évité la comptabilisation et la répartition des pertes sur actifs pourris. Les opérateurs financiers et étatiques continuent de produire de la valeur nominale non vérifiable par une réalité économique mesurable. Les États et banques centrales garantissent tous les débiteurs systémiques indépendamment de leur solvabilité réelle qui n'est plus mesurée. Pour continuer d'agir sur les marchés, il suffit d'emprunter au plus grand nombre possible de créanciers même tout petits pour obliger implicitement la puissance publique. Le système financier vend massivement du risque en spéculant sur l'économie réelle ; la puissance publique rachète massivement le risque non mesuré par une dette publique non évaluable par le marché.

Force est de constater que la régulation de l'économie par la Loi est en défaut. La signature financière des États ne s'appuie sur aucune anticipation de réalité véritablement mesurable ; le bilan des banques centrales n'est pas rationnellement proportionné à la mesure de l'activité économique réelle ; les institutions financières ne transforment plus la liquidité apparente en investissements ; la production de biens et services réels ne trouve plus les financements que la demande réelle est prête à lui acheter. Comme dans les années 1930, la dégradation brutale visible de la conjoncture est illisible par les agents économiques. L'observation des prix réels et financiers ne dit rien de l'offre et de la demande solvables. Les outils d'analyse économique sont explicitement en défaut.

La solvabilité non mesurable

Depuis 2007, États et banques centrales soutiennent la croissance par le déficit budgétaire et la facilité monétaire. La communauté de mouvement évite les positions d'arbitrage explicites entre grands États et leur zone monétaire. Les masses monétaires donnent l'impression que l'activité réelle se reprend et les parités monétaires restent relativement stables en l'absence d'argument fort de spéculation. Mais derrière la mesure financière nominalement stable, l'économie réelle se transforme et se détériore dans les zones monétaires de réserve dont la monnaie est unité de compte internationale. Parce que ces monnaies sont des outils de transaction et d'épargne internationale, leur parité est surévaluée par rapport à la réalité ; l'émigration de l'activité économique dans les pays émergents n'est plus tenable dans les sociétés développées. L'économie se financiarise dans les zones monétaires de réserve pour se réaliser effectivement dans le reste du monde.

Les sociétés et États développés sont en pleine désagrégation. Noyées dans la liquidité nominale, les sources de valeur réelle ne sont plus identifiables et se trouvent en sous-financement pendant que les pays émergents accumulent des réserves de change dont la valeur réelle est de plus en plus hypothétique. La cause de la crise est la disparition de toute régulation financière et monétaire : les mesures financières ne traduisent plus la réalité. La mesurabilité réelle du crédit n'est pas définie dans l'économie mondialisée. Toutes les règles verbalement affirmées de solvabilité sont abolies en pratique. Les États et institutions privées empruntent sur le seul critère de la puissance matérielle. Le principe d'égalité des droits se nominalise ; tout emprunteur ou épargnant petit par sa surface financière est exclu du marché ou soumis à des conditions léonines sans rapport avec la valeur réelle relative de ses engagements. La croissance réelle mondiale est vraisemblablement négative ; à un rythme lent mais durable, ou rapide et catastrophique.

Théoriser la monnaie par le Droit

Nous sommes dans une crise de la science économique et du droit financier. C'est la théorie keynésienne de l'État, de la monnaie et de l'économie qui permet de l'affirmer. L'intuition en est déjà présente par l'application actuelle des prescriptions keynésiennes de relance budgétaire et monétaire. Mais l'interprétation présente de Keynes est empirique. La théorie keynésienne de la monnaie reste inachevée ; une théorie de la monnaie posant l'ordre public de la Loi comme préalable à tout calcul financier. Tout le matériel financier est disponible d'une anticipation économique de croissance véritable et consistante par la mesure monétaire. Mais il manque un pilier essentiel : l'État de droit mondial ; non pas un gouvernement politique mondial mais une gouvernance financière mondialisée. Exactement la proposition des Britanniques à Bretton Woods. Les États-Unis avait écartée le principe d'un étalon rationnel de valeur internationale afin d'imposer le dollar dont ils croyaient posséder la maîtrise.

Toutes les zones monétaires de réserve ont perdu la maîtrise de leur monnaie par l'impossibilité de réguler les échanges économiques. Le recollement de la monnaie à la réalité impose la constitution d'une société financière mondiale des États nationaux. Elle transformerait la partie internationale du système bancaire actuel en système du bancor régulé par une Banque Centrale Mondiale (BCM) et une Banque Mondiale de Contrôle Financier (BMCF). Le nouvel étalon monétaire de calcul économique serait indépendant des politiques nationales. La clé du miracle serait la définition juridique de la monnaie internationale comme nominal international d'option de mesure constante dans le temps de la valeur économique. De cette seule définition mise en œuvre par un système monétaire international (SMI) exclusivement dédié à l'émission d'une unité de mesure constante de la valeur réelle découlerait une régulation naturelle, logique et matérielle des échanges internationaux de tout objet de valeur.

Cause de la monnaie dans le crédit

La nature optionnelle de la monnaie peu évidente à l'époque de Keynes l'est totalement aujourd'hui dans un régime de libre circulation des capitaux. Elle découle de son utilisation comme unité de compte de l'échange marchand. Tout marché effectivement fondé dans le Droit permet le règlement des échanges étalé dans le temps, c'est à dire le règlement en crédit matériellement compté en monnaie. Le crédit est délai de paiement accordé par le vendeur à l'acheteur ; également reconnaissance sanctionnée par une autorité politique de la capacité d'une personne à ne pas produire immédiatement la matérialité physique de la contrevaleur d'un échange. Trois causes sont nécessaires à l'existence de la monnaie : la production de réalité physique par un vendeur, la promesse verbale engagée par un acheteur d'en produire la contrevaleur à terme et la Loi appliquée par une autorité publique. La responsabilité publique établit l'équivalence des promesses quantifiées en droit des réalités physiques et de leur mesure métaphysique.

La difficulté des anglo-saxons à penser toutes les conséquences pratiques de l'État de droit a conduit la science économique contemporaine à négliger la Loi sociale et politique à l'origine de la rareté de la valeur matérielle. Toute société dirige par ses lois les comportements humains vers des activités dont elle juge la valeur acceptable pour la collectivité. Les expressions verbales de la Loi sociale sont la seule structure de la valeur anticipée en l'absence de la matérialité palpable des objets à produire. La mesure monétaire de la valeur future est la présomption d'un objet matériel avant son existence physiquement constatable ; mais tout aussi fondamentalement, l'affirmation d'un motif licite de valeur sans réalité physique immédiatement vérifiable. L'option sous-jacente à un crédit de monnaie appartient aux emprunteurs de son pouvoir d'achat : normalement, ils ont choisi de produire des objets de valeur définis comme tels par le crédit de la société avant d'être physiquement matérialisés.

Le marché internationale : une fiction idéologique

L'actuel système politique et financier ne comprend pas les conséquences de l'inexistence réelle d'un État de droit dans les échanges internationaux. Une vision purement matérialiste du marché s'est imposée dans l'espace international. L'offre et la demande sont désincarnées par l'absence de définition commune du sujet de la valeur. Les obligations financières des parties internationales sont librement interprétées quant à la liquidité du risque et du crédit échangés. L'immatérialité physique des objets financiers permet de virtualiser leur domiciliation là où les conditions légales et matérielles sont les plus favorables au vendeur de la mesure par rapport à l'acheteur fournisseur de la réalité finale. Contrairement au discours idéologique néo-libéral, le marché international n'existe pas réellement faute de définition et de mise en œuvre communes des droits et obligations financiers des sujets de l'échange. La finance internationale est une anarchie à la main de la tyrannie des puissants. Le risque est non mesurable par l'absence de vrai marché.

La monnaie est un ensemble de nominaux d'options financières : acheteur et vendeur choisissent une certaine mesure de leur échange plutôt qu'une autre ; acheteur et vendeur décident de se soumettre à une même Loi ; leur choix est de valeur incertaine quant à la satisfaction qu'ils en tirent et quant à la capacité de l'autorité publique émettrice de la monnaie à garantir l'identité de leur droit malgré leurs différences d'intérêt. De l'option financière de la monnaie découle la mesure en crédit de tout objet nominal défini dans le droit de la monnaie utilisée. Pour qu'il en soit réellement ainsi, il ne suffit pas de libeller la monnaie d'une transaction : il faut la porter à la connaissance de l'autorité régulatrice de la monnaie, celle qui assumera l'éventuel écart entre le sous-jacent réel de la masse monétaire émise et sa mesure nominale. Cette nécessité logique impose la délimitation des marchés par la monnaie qu'ils utilisent et la transparence de ces marchés à leur autorité de régulation. L'hyper-réglementation ne compense pas l'opacité du marché.

Option de vérité du crédit

La conséquence de la monnaie reconnue comme option dans les échanges internationaux est la structuration des marchés selon le droit y applicable et l'autorité de régulation y responsable. Tout objet financier est interprétable dans une seule nationalité de droit dont l'application ressortit à un seul système de régulation sous une même autorité arbitrale. A l'intérieur d'un marché défini par la nationalité du Droit, le risque devient clairement séparable du crédit. Un objet de financement est sous-jacent de sa mesure en crédit. Associé à la prime de risque de crédit, l'objet nominal matérialise l'option d'une monnaie régulée par une autorité publique. Par la réalité du marché régulé en droit, l'option transforme le droit des parties négociantes à l'objet de valeur : en crédit payable à terme, en prix certain immédiatement disponible et en prix incertain immédiatement réglé contre le risque de non-règlement à terme du crédit. Le crédit sûr est nominal d'une option de valeur achetée au propriétaire de son risque. Le risque est par nature une prime d'option monétaire dont la nationalité définit en droit à qui elle peut appartenir et comment elle est négociable par le marché.

La conjoncture actuelle réunit trois menaces sur le calcul financier en monnaie. Deux sont anciennes : d'une part, la puissance publique endettée peut modifier la mesure de ses obligations en changeant la définition légale des objets de la valeur ; d'autre part, la réalisation matérielle physique de la valeur anticipée dans le crédit peut rester partielle. Certains emprunteurs ont la capacité à imposer leurs prix indépendamment de la réalité négociée. La troisième menace est revenue au premier plan par les effets de la mondialisation : aucune puissance politique n'impose plus sa loi dans la mesure des échanges internationaux. En l'absence d'un critère commun de la valeur vraie, la production de fausse valeur est en pratique acceptée pour jouer avec ses concurrents internationaux. En l'absence d'obligation d'achat des primes de risque à l'origine des opérations financières, les pertes de crédit à l'échéance retombent sur des prêteurs ou sont rachetées par des États.

Condition d'annulation du sophisme financier

La condition d'existence de l'option est le marché où se confrontent les sujets de valeur égaux en droit ; un droit qui définisse toutes les limites formelles des objets échangeables. Le marché non régulé par un même État de droit est une fiction économique par échange inégal du risque. L'État de droit sans expression par le marché est nominalité sans réalité ; l'échange des objets physiques de la valeur ne respecte pas l'équivalence à terme du risque et du crédit avec le comptant. Le marché des monnaies actuelles est virtuel qui confronte l'offre et la demande de valeur réalisables par des nationalités différentes de droit. Sans un principe international de régulation accordant une définition universelle unique au nominal des options de change, le marché est virtuel par l'inégalité non reconnaissable et non mesurée des droits entre les parties.

Le vrai marché n'est pas seulement un réseau de flux physiques et financiers mais une société de sujets responsables dans la durée de la valeur échangée. L'option construit la solidarité de la valeur entre trois sujets : celui qui prête le crédit sous-jacent à l'option, celui qui achète la prime de l'option et celui qui produit la valeur réelle contrepartie du crédit à terme de l'option. L'acception financière actuelle de l'option méconnaît le rôle du producteur réel de sa valeur. Les intermédiaires financiers peuvent ainsi cantonner la négociation entre l'acheteur de la mesure en crédit et l'acheteur de la prime. Le tiers arbitral disparaît, celui qui répond de la mesure du nominal par une réalité qu'il doit produire mais aussi de la mesure de la prime qui détermine le risque encouru par le propriétaire de la prime.

Etat de droit financier universel

La vraie option de la valeur contient une probabilité de réalisation qui engage le gérant de son objet. Le gérant est responsable de la production réelle de valeur derrière la mesure en crédit vendue au prêteur du nominal. La plus-value vendue à l'acheteur de la prime doit être l'anticipation mesurée de la moins-value possible sur le crédit ; la moins-value découlant d'une valeur effectivement réalisée inférieure à la mesure promise à l'origine par le crédit. La plus-value de l'option est le résultat de la prudence. L'option est principe incarné de responsabilité de la valeur présente et future ; de la valeur mesurée dans la réalité de tout objet. Le maquillage des options en produits dérivés est une astuce linguistique et mathématique pour produire une mesure soi-disant sûre du risque. Elle élude la responsabilité de son gérant et la transformation financière des mesures en réalité comptant. Les intermédiaires financiers négocient en toute liberté des primes et des nominaux sans prendre la responsabilité d'en produire la réalité à terme.

Si les sociétés politiques nationales décident d'assumer leur responsabilité de rendre intelligible le bien commun qui les constituent, elles fondent un droit commun du calcul financier par l'option des monnaies. La négociation d'options par des gérants personnellement responsables devient principe universel de mesure de la valeur de toute décision humaine. La réalité de la valeur propre d'un gérant certifie la transaction du crédit par la transaction de la prime du crédit. Le capital se définit alors comme une prime de risque de crédit à sa souscription et une plus-value sur le remboursement du crédit à son échéance. Même la valeur objective d'un système juridique ou d'une politique publique devient mesurable sur le marché international des options. La division des risques n'est plus un calcul mathématique abstrait mais une répartition de toutes les causes de la valeur entre des gérants identifiés d'objets réalisables. Tout objet anticipé de valeur est couvert par la gestion effective de sa réalité, la mesure de son crédit et la propriété de son risque. Pour que le risque de crédit soit vraiment couvert, il faut que le propriétaire du capital soit indépendant de son gérant, matériellement et formellement.

Condition financière d'efficience de la propriété

Dans un vrai marché international organisé par la responsabilité financière personnelle, l'option s'applique tout autant à l'intérêt public qu'à l'intérêt privé. Tout intérêt est identifié par le marché dans un droit transparent et public ; géré par un responsable public garanti par ses biens privés ou par une prime d'option de son engagement personnel ; et contrôlé par un actionnaire publiquement identifiable, propriétaire de la plus-value parce que responsable sur ses biens privés. Tout prix est garanti par le propriétaire de l'option de capital du remboursement intégral des emprunts du gérant. Un gérant a nécessairement une responsabilité publique garantie par son patrimoine privé physique et métaphysique. Une société politique régie par le droit de l'option ne souffre aucune promesse de valeur dont la mesure ne soit garantie par une chaine d'achat de la prime. Chaque prime valorise une cause identifiée de la réalité nommée à terme. Les erreurs de calcul du futur ne sont pas dissimulées par les mathématiques ni logées dans des véhicules juridiques sans propriétaire capable. Les erreurs sont achetées en droit par des opérateurs de marché bien identifiables. Le vendeur d'un objet est systémati­quement couvert par le vendeur de sa mesure et le vendeur de la mesure systématiquement couvert par le propriétaire de la réalité délimitée par une caution financière.

Le propriétaire de la réalité ne vend de certitude que couvert sans limite par la répartition dans le marché des primes de toutes les causes de sa certitude. Le marché exprime l'objectivité de la valeur par la réalité des sujets d'anticipation de tout objet de promesse. Un objet financier n'est pas visiblement délimité au présent par son existence physique à terme. Le marché est donc nécessaire comme lieu de confrontation publique des sujets d'offre et de demande de toute prime et de tout nominal d'option. Le marché confronte à la fois les offres et demandes du crédit de tout objet réel de valeur mais aussi les offres et demandes de la prime de risque de la mesure du crédit. Les engagements négociés en prix du risque et prix du crédit d'un même objet sont enregistrés par le marché jusqu'à l'échéance des contrats. Le gérant de l'objet de l'option doit effectivement en fournir la réalité ; l'acheteur de la prime de crédit doit effectivement suppléer la défaillance possible du gérant ; l'épargnant doit effectivement récupérer l'exacte mesure de son pouvoir d'achat à l'échéance convenue.

Quatre causes aristotéliciennes au prix juste

Un marché international de l'option définit matériellement la valeur conventionnelle d'un étalon international de la mesure financière. Le bancor est la subdivision unitaire du nominal de toutes les positions nettes d'options d'objets à terme négociées dans le marché régulé du SMI. La régulation internationale repose sur un marché de quatre classes d'option : liquidité du crédit dans le temps, liquidité du crédit par l'emprunteur, liquidité du crédit des objets assurés et liquidité des prix en crédit. Options portées par quatre catégories d'opérateurs capitalisés indépendamment les uns des autres et en contrôle prudentiel réciproque les uns des autres : les banquiers de crédit, d'investissement, d'assurance et d'intermédiation de marché. Le SMI est monétisation de la régulation financière des quatre natures de cause d'anticipation financière : la compréhension de la valeur par un gérant de la réalité, la mesure d'utilité de la valeur par sa disponibilité effective dans le temps, la sûreté des objets de la valeur par l'assurance de l'entropie physique et le droit de la valeur mesurée par l'intermédiation de marché.

La production de régulation par la structure optionnelle du marché est arbitrée par un gérant central de la liquidité quantitative (BCM), un gérant central de la liquidité qualitative (BMCF). La société multinationale des États de droit actionnaires du système et les opérateurs de la réalité engagés en droit transnationalisé en bancor. La production des objets sous-jacents aux options est nominalement enregistrée et réellement surveillée par les intermédiaires financiers de marché. Le marché du bancor est une chambre de compensation du crédit sous-jacent aux options dont toutes les primes sont achetées par l'intermédiation du système bancaire. Les primes de change évaluent objectivement dans la transnationalité l'incertitude de la réalité sous-jacente aux monnaies nationales. Les nationalités récupèrent la pleine responsabilité de leur système juridique. Les étrangers rachètent en toute liberté à leur juste prix l'incertitude du Droit par des primes de change.

Le prix de la régulation intégré dans la monnaie

Le modèle international de régulation financière est librement acheté et vendu par les États nationaux et par les zones monétaires. Le marché du bancor est un bien commun qu'aucun individu, aucune nation, aucune coalition d'intérêts quelconques ne peut acheter sans s'exposer au prix de la mesure réaliste de la valeur de la société mondiale ; réaliste par la responsabilité de tout sujet à réaliser et couvrir la mesure de ses promesses. Obligation appliquée dans l'internationalité à tous les responsables publics engageant le pouvoir d'État. Toute autorité publique empruntant sur le marché international doit y déposer ses comptes et régler sa prime de risque. Les banques d'investissement assurent la garantie du risque par l'intermédiation systématique des primes. Les seigneuriages sont versés au capital de la Banque Mondiale en garantie de la liquidité de la régulation monétaire internationale ; et recouvrés en plus-value de régulation internationale aux échéances de contrôle multinational.

La monnaie internationale est émise à proportion de la liquidité déposée sous couvert de la régulation de la BCM et de la BMCF en contrevaleur réelle des échanges de production nationale. Les monnaies nationales sont émises à proportion de la juste répartition de la valeur effectivement produite à l'intérieur des espaces de juridiction nationale. Ces espaces ouverts sont en échange avec le marché international dont ils internalisent l'équilibre. La domiciliation de l'épargne et du financement de l'investissement dans le bancor ou les monnaies nationales offre à toute personne de spéculer sur sa nationalité ou sa transnationalité. Les signes monétaires en bancor se multiplient ou se détruisent selon la valeur réelle sous-jacente aux investissements financés en bancor ou en monnaies nationales.

Prix de la responsabilité financière personnelle

Le bancor fonde le risque systémique sur le droit des personnes individuelles et collectives à la responsabilité du réel. L'intégration au SMI est absolument libre mais subordonnée, si elle est engagée, à la production de liquidité en valeur réellement livrable au marché multinational. A partir de sa définition identique dans toutes les nationalités adhérentes, le bancor produit dynamiquement ses normes de solvabilité. Les acheteurs de risque garantissent par leur propre intelligence engagée dans le réel toute mesure du crédit. Aucune mesure n'est garantie par le bénéficiaire du remboursement. Il n'est pas possible en bancor de vendre comme crédit son incapacité potentielle à saisir le réel ou d'acheter comme risque sa propre mesure engagée en réalité du crédit. Il n'est plus possible de contourner par un statut d'internationalité les règles prudentielles édictées par des autorités publiques nationales. Toute autorité monétaire connaît financièrement son risque de régulation.

L'objectivité transnationale du bancor est un outil de garantie de la valeur des monnaies et de la réalité de toute dette. Toute banque en monnaie nationale peut couvrir ses dettes en valeur réelle par l'achat aux échéances de son passif de sa prime de crédit (CDS de soi-même contre la banque centrale mondiale) et de sa prime de change en bancor. La couverture de la solvabilité de tout un système bancaire détermine la parité des monnaies dans lesquelles il travaille. Le marché du bancor est par destination obligé de négocier l'équilibre de l'offre et de la demande de la devise qu'il couvre. La libre convertibilité d'une monnaie nationale en bancor implique que des banques et États en monnaie nationale déposent leurs actifs dans des banques de marché et soient crédités par un dépôt dans des banques de crédit en bancor ; que les banques de marché et crédit se couvrent de leur propre solvabilité par le placement de leur capital auprès des banques d'investissement en bancor ; et que la liquidité des crédits adossés aux actifs soit couverte par des primes de crédit (CDS) réglées par tout emprunteur en bancor aux banques d'investissement.

Un marché mondial de sûreté financière

Les dépôts en bancor d'une zone monétaire sont ses réserves de change. L'ensemble de ses emprunts sont couverts par le marché du risque en bancor. La position nette d'une zone monétaire en bancor est strictement limitée par les capitaux investis en bancor dans l'achat des plus-values à terme du crédit en bancor. Les parités monétaires et les politiques monétaires nationales sous-jacentes sont strictement limitées par les achats de risque des investisseurs en bancor de toute nationalité. L'instauration du SMI bancor produit immédiatement l'équilibre de la liquidité mondiale par l'achat du risque de tous les objets réels anticipables. Les États ou banques centrales paient en bancor les primes de change qu'ils estiment pouvoir payer pour défendre leurs objectifs de parité en étalon de stabilité monétaire. Les erreurs passées ou potentielles de régulation, de politique monétaire ou budgétaire sont calculées et achetées par la communauté internationale selon les objectifs nominaux de masse de crédit que les zones monétaires se donnent.

Si une zone monétaire vend au marché international une réalité qu'elle ne peut produire, elle paie la prime dont la communauté internationale estime que la zone aura à fournir la contre-réalité. En convaincant le marché de l'exacte mesure de ce qu'elle estime pouvoir produire, une zone monétaire paie une prime minimale sur la parité qui rembourse dans la durée tous ses emprunts en bancor. Les zones monétaires souhaitant soumettre au marché la vraie valeur de leur parité autorisent sans restriction leurs ressortissants à convertir leurs dépôts en bancor. La défiance des déposants et des épargnants devient mesurable par les sorties de capitaux indépendantes des flux physiques ; sorties qui dévaluent la monnaie vendue et resolvabilise les emprunteurs domestiques par leur marge potentielle sur le marché international. Les salaires sont exclusivement fixés en monnaie du lieu où le travail est accompli. Toute épargne de toute nature est par l'existence de l'étalon bancor garantie en valeur réelle par l'achat privé ou public de primes de stabilité monétaire.

Sortir de l'aliénation financière

La possibilité d'existence du bancor démontre à l'instant présent la vérité possible d'une rationalité de la stabilité économique et financière. S'agissant d'une vérité, elle ne peut advenir que par le choix délibéré des personnes en société, en l'occurrence d'au minimum deux sociétés nationales régies par des systèmes juridiques différents qui puissent se mesurer réciproquement en étalonnage de la valeur mondiale. Ce pourrait être la Chine, le Japon et les États-Unis, ou l'Euroland et le Royaume-Uni ou idéalement toutes les nations adhérents à la responsabilité économique personnelle de la valeur du Droit. L'alternative au bancor est l'effondrement probable des dettes publiques non objectivement évaluées, des banques qui les financent et de tout le système de paiement international. Sans le bancor, l'économie mondialisée s'ajustera à sa mesure financière par le bas ; à un niveau de risque qui rémunère des créanciers qui ne peuvent pas mesurer le potentiel réel de la croissance économique. Sans le bancor, les sociétés nationales développées devront se désintégrer pour échapper à leurs créanciers internationaux.

La logique de la responsabilité n'est évidemment pas une nécessité de la nature. Les prévisions économiques sont pour cette raison toujours fausses qui ne prennent pas en compte la liberté de choix des agents économiques et les erreurs d'anticipation de la valeur matérielle. En revanche, les raisonnements économiques fondés sur l'éthique de la connaissance partagée de la réalité observable conduisent à des décisions rentables. Une vision modernisée de Keynes peut placer la monnaie au centre d'un dialogue entre États et marché, entre sa forme humaine et sa matérialité physique, entre son existence sociale et son initiative privée.

Une économie morale à reconstruire

La faillite de Lehman est la faillite du dollar, la crise grecque la crise de l'euro, l'effondrement en cours du dollar et de l'euro l'effondrement de l'économie réelle mondialisée. Ces menaces sont évidentes par l'existence d'une parade : le SMI de Keynes rejeté à Bretton Woods. Il reste beaucoup d'explications, de définitions et de pédagogie à fournir dans le champ politique. Les pays développés vont devoir se classer selon l'autonomie et la responsabilité qu'ils accordent à la personne individuelle. Seuls ceux qui acceptent la régulation des intérêts privés par la responsabilité publique indissociable de la responsabilité financière personnelle pourront héberger le système bancor sous leur juridiction. Il est vraisemblable que les États développés devront procéder à la nationalisation des systèmes bancaires afin de les restructurer et les rendre régulables à la responsabilité privée.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Capital
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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 09:38

ImageJorionCommentaire sur "un code de la route pour la finance"

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.

Exprimer l'économie dans les finalités de la démocratie

La démocratie est première dans l'ordre politique de la finalité. Mais la finalité de la démocratie doit être dicible pour être effective dans un monde pluriel et multipolaire. Pour que la démocratie advienne, il faut que ses conditions d'existence soient discutables en son sein ou en dehors. Sinon la démocratie reste une abstraction, une belle parole pour beaucoup de monde mais sans réalisation concrète. La démocratie peut être un radar au milieu des champs ; ou une route où aucune voiture ne circule ; ou une voiture qui n’avance pas. Elle peut aussi être un radar au bord d’une route où les voitures circulent à la bonne vitesse pour aller quelque part.

La démocratie est un système au sens où elle décrit une certaine réalité concrète mue par la finalité du pouvoir politique au service du peuple en chacun de ses membres citoyens égaux en droit. Mais un système est sans réalité s’il n’est organisé ; s’il n’est mu par des organes qui produisent la valeur concrète de sa finalité dans le temps. Les organes de la démocratie sont les citoyens associés dans différents pouvoirs, législatifs, exécutifs, judiciaires et économiques. Quatre pouvoirs qui effectuent en système la transformation réciproque de la vie des citoyens.

Un quatrième pouvoir politique est nécessaire dans la théorie classique des conditions de la démocratie. L’économie est politique parce qu’elle est une condition de fonctionnement de la démocratie. Jusqu’au XIXème siècle et à l’avènement du libéralisme politique, cela était une évidence peu discutée. Mais quand la démocratie est devenue une discussion explicite du régime de la liberté des citoyens, la liberté d’entreprendre est devenue une problématique autonome de la Loi, du pouvoir souverain et de la justice. Le capitalisme s’est progressivement affranchi de la démocratie en créant sa propre rationalité indépendante des conditions de la démocratie.

La démocratie prise en otage par le capital financier

Nous sommes désormais au sommet de cette évolution avec le capitalisme financier mondialisé. L’accumulation infinie du capital est devenue une réalité et une logique totalement autonome de la démocratie grâce à la délocalisation de la finance hors des territoires de la démocratie. Le sommet de l’économisme, abstrait de la réalité démocratique, signifie que le système s’effondre désormais sur lui-même. Il n’existe plus aucun feed-back négatif. La finalité du capitalisme financier est la plus-value calculée sur la valeur de la démocratie. Mais la démocratie n’ayant plus aucune capacité d’imposer ses propres règles de valeur, la ploutocratie fabrique les lois politiques à sa place. La ploutocratie produit les règles qui rendent la plus-value (la valeur probable du futur au-dessus de la valeur du présent) mathématiquement certaine.

La mécanique de la plus-value financière absolument certaine est maintenant parfaitement visible puisqu’elle polarise la production politique des lois. Elle passe par la monnaie, par le crédit et l’internationalité financière du capital. L’émission monétaire requiert des titres de dette qui doivent être couverts par du capital afin d’absorber les incertitudes d’anticipation de l’avenir. La monnaie est nécessaire à la comptabilité des échanges en droit de la démocratie. Sans monnaie, il n’est plus que des droits virtuels qui ne se réalisent plus. Le capitalisme financier s’est donc mis en faillite en 2008 pour menacer de faire disparaître les dépôts monétaires en lieu et place des capitaux investis dans des actifs pourris.

Les États de droit ont été obligés d’emprunter la non-faillite du système pour empêcher la disparition du stock de monnaie. Ils ont fabriqué du crédit couvert par le capital financier délocalisé dans les paradis fiscaux. La monnaie est désormais la propriété privée du capital international requis à la garantie nominale des dettes des démocraties. Si les démocraties ne votent pas les lois et les budgets qui rendent les plus-values certaines, elles sont immédiatement mises en thrombose économique par la fuite des capitaux. Sans capitaux, les dettes non remboursables produisent l’incapacité à représenter la liquidité de la valeur des échanges humains. La démocratie est obligée de se nier pour rester liquide.

Subvertir l'asservissement de la démocratie par le capital

La privatisation de la démocratie par le capital est un phénomène de système. Elle provient de l’intelligence humaine qui produit la réalité par sa capacité subjective à s’abstraire de la réalité objectivée. Le langage qui exprime l’intelligence humaine est l’outil de systémisation de la réalité par ses causes ; des causes qui organisent le réel par des intentions, par la logique et par la science positive. Le capital est une cause intentionnelle de la réalité. Le capital conforme la réalité à la plus-value. Mais le capital exprime à partir de sa matérialité monétaire ses intentions par sa cause logique qu’est la démocratie et par sa cause concrète qu’est la monnaie. Comme les trois causalités d’intention, de logique et de matérialité sont libres les unes par rapport aux autres, il n’est pas difficile pour le capital de s’extraire de la logique de la démocratie en s’installant en Chine et dans les paradis fiscaux. Expatrié de la démocratie, le capital capte la monnaie en vidant la démocratie de son sang monétaire.

Le capitalisme financier est un système formellement auto-stable : la finalité de la plus-value peut monopoliser l’intentionnalité des lois exclusivement exprimée en comptabilité monétaire. Mais ce système ne peut pas se réaliser en dehors de la démocratie : la réduction des lois et du langage par la monnaie détruit la vie humaine qui n’est pas seulement un concept. Si la démocratie fait vivre l’homme, ce n’est pas seulement parce qu’il y échange librement des biens matériels mais parce qu’il parle librement de ses intentions qui précèdent toute production matérielle de réalité. Or la liberté de la parole et de l’intention disparaît quand le langage et la loi sont achetés par la plus-value. Le capitalisme disparaît avec la démocratie qu’il achète.

Dire que la démocratie est première, est nécessaire mais pas suffisant pour la sauver de la cupidité du capital. Il faut permettre à la démocratie d’exister économiquement hors du contrôle d’un capital qu'elle ne contrôle pas. Or la démocratie existe actuellement par des États nationaux qui pour rester démocratiques doivent garder leur souveraineté. La souveraineté est la possibilité de produire la réalité par une langue commune parlée entre tous ses acteurs. La réalité intentionnelle et la réalité logique sont inaccessibles sans passer par sa langue maternelle. Les lois du vivre ensemble ne peuvent être produites que par des démocraties nationales même si le vrai vivre ensemble n’est pas intentionnellement divisible entre des nationalités.

Réalisation de l'égalité des droits par la monnaie

Pour produire du vivre ensemble par des démocraties qui ne se combattent pas, il faut qu’elles aient une réalité commune. En l’occurrence la réalité matérielle de la démocratie est la monnaie contrôlable par la démocratie. Or toutes les monnaies actuelles sont la propriété du capital apatride puisqu’elles sont garanties par du capital délocalisé hors de la loi démocratique. Si les démocraties créent un marché financier commun contrôlable physiquement et verbalement par le juge indépendant dans la démocratie, elles se dotent d’un espace de légalité du capital. Un capital qui couvre l’incertitude de la valeur en droit de la monnaie.

Le bancor est la monnaie commune des démocraties si tous les objets de prix sont contrôlables par un juge. Un juge écomique de la démocratie dépositaire de la justice de la valeur librement échangée. La valeur librement échangée est matérialisée par un objet réel visible. Elle est nommée et discutée dans la loi de la démocratie. Et les intentions de l’acheteur et du vendeur sont protégées par l’équilibre de la Loi qui définit le souhaitable à l’intérieur du concrètement possible. Du possible d’égale valeur pour tous les citoyens, d’égale réalité matérielle verbalisée par l’intention. L’égalité de valeur des citoyens est une équation différentielle soluble par la discussion démocratique. L’égalité des droits à la valeur est donc une vue de l’esprit universellement monétisable à la condition d’un juge capable de combler le différentiel de subjectivité entre deux agents économiques en désaccord sur le juste prix.

L’internationalité du bancor permet un jugement indépendant sur le prix des dettes publiques ; donc sur la valeur réelle des engagements publics sous-jacents aux lois. Les décisions publiques qui délimitent le marché du bancor dans le périmètre physique des démocraties sont librement évaluées par des intérêts indépendants des démocraties particulières. Le bancor dénationalise la démocratie par la liberté du citoyen de choisir la démocratie qui produit la meilleure justice de ses droits. Le marché du bancor est donc un périmètre multinational, unifié et réel où les sujets du prix sont identifiés, visibles et responsables. Physiquement responsables par leur personne et leur patrimoine appréhendables par un jugement judiciaire indépendant de tout autre pouvoir par la loi de la démocratie.

Intérêt général à la publicité de la responsabilité privée

Le marché financier commun des démocraties détruit la mystification de l’opposition capitaliste entre l’intérêt public et l’intérêt privé. Public et privé n’existent plus que par l’intérêt général à la responsabilité privé du bien commun public. Le marché enfermé dans la transparence démocratique supprime tout intérêt qui ne soit la responsabilité privée d’un bien public nécessairement commun. L’achat de la démocratie par le capital est possible parce que tout responsable public peut se faire rémunéré par un capital caché dans les paradis fiscaux hors des démocraties ; et parce que tout capital privé peut être soustrait au contrôle de la Loi par sa financiarisation, par sa titrisation au nom d’un propriétaire étranger anonyme.

Le marché du bancor monétise la démocratie par une chambre de transparence de la valeur. Une valeur qui ne peut pas être simplement comptée sans révéler les intentions de son sujet dans une réalité contrôlée par la Loi. La compensation des prix en bancor s’opère pas des options : elle porte sur des objets nominaux soumis sans limite au jugement du juge judiciaire ; elle porte sur des prix nominaux qui forment le crédit ; et elle porte sur des primes qui forment le capital. Les compensations juridique, financière et primaire sont prises en charge par des intermédiaires distincts dont les intérêts sont disjoints en dehors de leur solidarité dans la démocratie.

Le bancor monétise la démocratie comme représentation de l’intérêt général universel à la démocratie. En organisant le contrôle réel des débiteurs de la démocratie que sont les capitalistes, les politiciens et les scientifiques, le bancor garantit les créanciers de la démocratie que sont les citoyens, les travailleurs et les épargnants. Le marché international des options de prix nommés dans la démocratie n’élimine pas la cupidité, le cynisme et le nominalisme. Il les rend simplement visibles donc réellement optionnels. Celui qui veut la démocratie ne peut plus se faire berner par du néant verbal. Il achète la démocratie en plaçant le fruit de son travail et de son épargne dans une monnaie qui finance le contrôle effectif de sa valeur de citoyen.

Rétablir la synthèse humaine du réel

La crise de la mondialisation et de la numérisation du monde nous oblige à nous regarder tels que nous sommes pour nous choisir. Ou bien l’homme est son auto-analyse qui ne se conclut jamais dans l’unité de sa personne : il est alors à la merci de toutes les spéculations. Ou bien l’homme s’analyse par la démocratie et il peut se vivre dans l’unité de ses relations matérielles, formelles et finales. L’homme produit de son seul raisonnement est la matière du capitalisme. L’homme produit de la discussion du capital avec ses concitoyens investit sa liberté, sa réalité et sa valeur. Pour financer ses choix, il faut choisir l’autre.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Capital
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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 09:38

ImageJorionOlivier Berruyer : météo des taux

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion. http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/meteo-des-taux-souverains-1-pj.jpg

On ne saurait mieux montrer que la zone euro est devenue une fiction financière complètement déconnectée des réalités politiques et économiques. Les taux d’intérêt astronomiques auxquels investisseurs et épargnants échangent les dettes publiques des États européens qui sont propriétaires du capital de la BCE donne une idée des pertes abyssales que la BCE accumule. La BCE prête des euros quasiment gratuitement sur un collatéral dont la valeur nominale est très au-dessus de la valeur réelle.

La BCE n’a donc plus de capital mais continue néanmoins à refinancer les banques. Celles-ci n’ont pas d’autre solution pour compenser les pertes qu’elles accumulent sur leur portefeuille de titres publics et de crédits à l’économie réelle européenne que d’acheter à terme des actifs réels à l’intérieur et à l’extérieur de la zone euro. Le système bancaire européen produit des déficits de paiements courants à l’extérieur de la zone, de l’inflation à l’intérieur de la zone. L’économie réelle se désintègre dans la zone euro par la déflation salariale et fiscale sauf en Allemagne et aux Pays-Bas qui sont restés dans les limites du gérable.

L’Europe centrale est seule en mesure de renflouer la BCE ce que les contribuables allemands et néerlandais n’accepteront pas. L’euro est mort : il est temps de construire une alternative. Comme le dollar, la livre et le yen sont aussi morts, il est temps de convoquer un nouveau Bretton Woods pour solder les comptes de la guerre financière engagée depuis les années 60. Pour reparler du bancor bien sûr.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Capital
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Pierre Sarton Du Jonchay

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