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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 08:42

Déficit public : une solution technique.

Par Marc Timsit

Une évolution des structures de la monnaie capable de financer les budgets de l’État.

Nous vivons sans doute dans le meilleur environnement que l’homme ait jamais connu, nous contrôlons suffisamment notre milieu pour ne pas subir les aléas de la nature et nous avons élaboré la civilisation la plus puissante de notre histoire.

Notre société a considérablement évolué depuis 35 ans : en 1980 il fallait 3 mois pour obtenir le téléphone contre quelques secondes aujourd’hui, on est passé du minitel à l’internet, les voitures consommaient et polluaient plus, elles étaient plus dangereuses et moins intelligentes. A cette époque le sida faisait son apparition, on ne savait rien sur cette nouvelle maladie, et presque tous les cancers tuaient. Aujourd’hui, la majorité des cancers guérissent et on ne meurt plus systématiquement du sida.

Ces progrès extraordinaires sont les résultats de la recherche scientifique, pourtant les chercheurs qui nous permettent d’accéder à ces technologies ont à ferrailler contre une nature qui ne leur fait pas de cadeaux.

Dans le même temps on est passé de 1 à 3,5 millions de chômeurs et de 200 milliards de dette publique à 2 000 milliards aujourd’hui.

On constate de ces observations que les scientifiques cherchent et trouvent des solutions, ce qui ne semble pas être le cas en matière économique. On pourrait en déduire que les solutions en économie n’existent pas, et que nous devons nous résoudre à gérer au mieux une faillite annoncée et inéluctable.

Pourtant la réalité est exactement l’inverse : il est très difficile de comprendre et de contrôler la nature car ses lois mystérieuses nous sont inconnues; alors que l’économie et toutes ses règles ne concernent, ne dépendent et ne sont établies que par les hommes. Dans la mesure où tout dépend des hommes en matière économique, il y a la possibilité d’organiser les choses pour que l’économie fonctionne mieux. Ce qui n’aurait pas été le cas si l’économie subissait une contrainte physique naturelle.

On peut penser que notre système d’organisation ne fonctionne pas tout à fait bien car depuis très longtemps les crises succèdent aux crises, et si toutes les solutions connues ont été essayées sans succès nous devons explorer de nouvelles voies. L’économie est une structure essentielle de notre société, elle est le siège de beaucoup de nos problèmes, mais elle abrite aussi les solutions qui nous font défaut.

Au cœur de l’économie se trouve un objet particulier, son vecteur : la monnaie. La monnaie n’a rien de naturelle, elle ne pousse pas aux arbres, elle est le résultat de la longue histoire des hommes qui l’ont façonnée à leurs besoins. Aujourd’hui, et depuis très longtemps, est considéré comme de la monnaie tout ce qui remplit les trois fonctions de la monnaie, pour rappel : « permettre les échanges économiques », « indiquer les prix » et «  pouvoir être une réserve de valeur ».

Une brève histoire de l’évolution de l’économie et de la monnaie :

Notre histoire a débuté il y a 200 000 ans, et pendant les 130 000 premières années, la survie était assurée par les capacités de chacun ou du petit groupe auquel il appartenait. Les hommes vivaient uniquement de ce qu’ils pouvaient se procurer directement dans la nature; à l’époque, il n’y avait pas d’activité économique.

Puis avec l’homme moderne, il y a 70 000 ans, naît la première économie : le troc. La monnaie n’existait pas vraiment puisqu’elle n’avait pas de support, mais le troc fonctionnait en autorisant les échanges économiques, chaque bien échangé devenant vecteur de l’économie en étant une monnaie d’échange. Même sans support monétaire représentatif, le troc était une économie qui fonctionnait car on utilisait déjà la première fonction de la monnaie : permettre les échanges économiques.

Le troc a été le système économique le plus longtemps utilisé par les hommes, cette économie a évolué en se complexifiant, mais elle ne permettait pas l'apparition d’un système bancaire par exemple.

Puis les évolutions techniques augmentèrent la diversité et la valeur des biens produits, comme les outils ou les armes. L’acquisition de ces biens par échanges directs, en utilisant le troc, devint alors très compliquée. La progression de la société humaine mena le système économique de l’époque au bout de ses possibilités, le troc atteignant ses limites quand les biens échangés ne sont pas de valeur équivalente.

La période qui suivit, avec l’apparition de l’agriculture il y a 10 000 ans, fût beaucoup plus riche, complexe et ambitieuse que l’époque paléolithique. Les hommes eurent la possibilité de faire évoluer le système économique en utilisant comme vecteur un objet intermédiaire, une valeur fixe comme une mesure de blé ou de riz, pour évaluer chaque bien échangé. La notion de prix était née. Il devenait alors aisé d'acquérir des biens : il suffisait de payer avec la quantité de riz, de monnaie, nécessaire à cet achat. La monnaie de l’époque assurait alors deux fonctions : elle autorisait les échanges économiques et permettait de fixer les prix.

Le monde a pu tourner avec une monnaie à deux fonctions pendant longtemps, mais les échanges économiques restaient limités. En effet, utiliser le riz, le blé, ou encore le sel ou la bière qui sont périssables et volumineux, contient l’activité économique à un usage domestique. Une monnaie à deux fonctions rend inconcevable la notion d’épargne. Il est alors impossible d’acquérir des biens de grande valeur comme une terre, une maison ou un navire.

L’économie était plus complexe car elle utilisait une monnaie avec un support, mais celui-ci ne permettait pas à la monnaie de remplir ses fonctions actuelles, il manquait alors la fonction de réserve. L’économie de l’époque offrait plus de possibilités que le troc mais ne pouvait pas non plus conduire à l'élaboration d’un système bancaire.

Ce sont les Grecs de l’Antiquité qui ont imaginé la monnaie qu’on utilise encore aujourd’hui. On était à l'âge du bronze et parce que le support de la monnaie était devenu métallique, elle pouvait désormais être une réserve de valeur et nous permettre, plus tard, d’élaborer un système bancaire. Notre monnaie, qui nous vient de cette lointaine époque, est, de fait, une monnaie antique.

On est passé d’une monnaie qui ne permettait pas la fonction de réserve ni l’établissement d’un système bancaire à une monnaie qui peut être une réserve et qui permet un système bancaire. Cette évolution de la monnaie est le fait du changement du support utilisé pour la véhiculer. On peut faire une réserve avec des pièces de monnaie, pas avec de la bière...

Même si, aujourd’hui, les supports de la monnaie sont très divers (pièces, billets, chèques, etc...), les fonctions de la monnaie n’ont pas changé. On pourrait développer un système bancaire en sesterces, mais toujours pas en bière.

Cette dernière évolution de la monnaie nous a permis d’imaginer des systèmes d’échanges et de circulation des biens très complexes. Grâce à elle, l’économie a changé de dimension, et ainsi l’utilisation d’une monnaie antique à trois fonctions a permis de bâtir toutes les civilisations qui nous ont précédés. Il s'agit de la même monnaie antique que nous utilisons aujourd'hui, et c’est grâce à l’usage d’une monnaie à trois fonctions que le monde économique que nous connaissons existe. De l’épargne à l’emprunt en passant par la fiscalité, rien ne serait possible sans une monnaie antique à trois fonctions.

De la même manière qu’on est passé d’une économie de type néolithique à une économie moderne en changeant le support de la monnaie, on pourrait aujourd’hui faire un pas de plus en changeant une nouvelle fois de support pour passer à une monnaie exclusivement électronique qui deviendrait, de ce fait, contrôlable. Elle pourrait ainsi remplir une quatrième fonction.

Une monnaie à quatre fonctions sera donc exclusivement électronique, elle ne circulera que dans le cadre d’un réseau informatique contrôlé. Il n’y aura plus de pièces ni de billets pour la véhiculer, et ce support exclusivement numérique et sous contrôle nous permettra d’ajouter une fonction à la monnaie. Et on pourrait définir librement cette fonction.

La quatrième fonction :

N’ayant pas de contrainte physique à respecter, nous sommes libres d’imaginer et de définir cette nouvelle fonction à notre convenance. Il faut néanmoins que cette monnaie à quatre fonctions soit compatible avec notre système économique, qu’elle soit utile au développement de notre société et qu’elle soit facile à utiliser.

On peut considérer que la société dans son ensemble est constituée d’individus et que son organisation repose sur l’expression de forces. Parmi ces forces, on peut identifier une force politique, une force économique, une force religieuse, et encore quelques autres. Si on considère l’économie comme une force d’organisation, on constate qu’elle s’exprime par l’intermédiaire d’un vecteur : la monnaie.

Il existe un système qui est organisé par des forces, qui utilisent des vecteurs, et qui fonctionne plutôt bien, c’est la nature. En effet, la physique quantique décrit l’univers comme étant constitué de particules qui sont organisées entre elles par des forces. Ces forces sont au nombre de quatre : la force de gravité, la force électromagnétique, la force nucléaire faible et la force nucléaire forte. Ces forces utilisent des vecteurs (les bosons) pour s’exprimer.

Pour aller droit au but, la force nucléaire forte est responsable de la cohésion des nucléons (les protons et les neutrons sont des nucléons, ils constituent le noyau atomique). Les nucléons sont constitués de trois quarks liés par des gluons (de la famille des bosons) qui sont les vecteurs de la force nucléaire forte.

Si on observe un proton au repos, il n’y a pas de gluon car les quarks n’en ont pas besoin pour conserver la cohérence du proton. Si on tape sur ce proton pour le casser, pour disperser ses quarks, des gluons apparaissent, et plus on va taper fort, plus il y aura de gluons; c’est cet étrange et bien réel comportement de la matière qui permet à la force nucléaire forte d’assurer la cohésion de ce proton. On peut dire que le besoin de gluons crée des gluons, et que lorsqu’ils ne sont pas nécessaires ils disparaissent. L’énergie investie pour casser le proton se transforme en gluons qui assurent sa cohésion.

On sait que la force nucléaire forte fonctionne correctement puisque l’univers existe, mais on constate que ce n’est pas le cas de la force économique qui participe à l’organisation de notre société. On observe l'efficacité du gluon qui répond à la nécessité de cohésion des nucléons, et on constate qu’aucune propriété équivalente n’existe pour la monnaie. Le gluon et la monnaie sont pourtant tout les deux des vecteurs de forces.

Serait-il possible d’utiliser une monnaie qui se comporterait comme les gluons, qui répondrait à la nécessité économique par création monétaire; une monnaie qui serait capable de transformer la nécessité économique en monnaie ? Probablement pas, car il suffirait à n’importe qui d’exprimer une nécessité économique pour que la monnaie dont il a besoin soit créée. On peut aisément admettre qu’une économie qui utiliserait une telle monnaie ne pourrait pas fonctionner car les agents économiques étant ce qu’ils sont, chacun cherchant naturellement son propre intérêt, la situation serait tout de suite ingérable.

Il y a cependant un agent économique particulier qui utilise déjà la création de monnaie lorsque cela lui est nécessaire. Il s’agit de l’État qui créé de la monnaie quand il en a besoin, mais cette création monétaire s’accompagne d’un endettement sans fin qui ne peut pas être remboursé. Si, seulement pour l’État, la monnaie fonctionnait comme le gluon et adoptait un comportement quantique, l’État continuerait à créer de la monnaie quand il en aurait besoin, mais sans le déficit assorti de l’énorme dette qui va avec.

On utilisera alors une monnaie qu’on qualifiera de quantique et qui remplira quatre fonctions : permettre les échanges économiques, indiquer les prix, pouvoir être une réserve de valeur et couvrir les budgets de l’État.

Pour rendre possible l’utilisation d’une monnaie quantique à quatre fonctions, il faut qu’elle soit exclusivement électronique et qu’elle évolue sur un réseau informatique contrôlé par l’État. Ce réseau informatique ne sera pas exactement celui que nous utilisons aujourd’hui pour notre monnaie antique élaborée il y a plus de vingt cinq siècles.

La Banque deviendra un organisme unique intégré à l’État, elle rassemblera l’ensemble des institutions financières : toutes les banques, les succursales, les agences, etc... Tous les intervenants agissant sur la monnaie seront sous le contrôle de l’État. Il ne s’agira pas de nationaliser les banques, mais de les intégrer à l’État. Il y aura un ministre de la Banque comme il y a un ministre de l’Éducation Nationale. Les banques dépendront de la Banque comme les écoles de l’Éducation Nationale.

La Banque assurera toutes les missions de toutes les banques que nous connaissons aujourd’hui : l’épargne, l’emprunt, les placements, les mouvements, les paiements, etc... Elle gérera tous les comptes bancaires : ceux de l’État, des particuliers, des entreprises, etc...

Il n’y aura donc qu’une seule Banque qui contiendra et gèrera la totalité de la monnaie quantique sur son propre réseau informatique. Toutes les banques existantes seront toujours là, avec les mêmes agences, le même personnel, les mêmes activités et mêmes les enseignes pourront être conservées pour préserver les repères de la clientèle. Par contre la gestion de la Banque ainsi que la politique économique seront définies et menées par l’État. La motivation de l’État devra être l'efficacité de l’économie pour servir les gens et leurs activités.

Aujourd’hui, avec notre monnaie antique, le financement des budgets de l’État est assuré par la perception d’impôts et de taxes en tous genres et, comme cela ne suffit pas, l’État est contraint d’emprunter tous les jours pour couvrir ses budgets.

Une monnaie quantique couvrira les budgets de l’État, cela signifie que l’État sera financé par la quatrième fonction de la monnaie. Concrètement, la quatrième fonction permettra de créer toute la monnaie nécessaire au financement de l’État et imposera de détruire toute celle entrant dans ses caisses par analogie avec le comportement quantique des gluons.

STOP : « créer toute la monnaie nécessaire au financement de l’État » donc inflation et hyper inflation comme en 29 !

C’est sûr qu’avec une monnaie à trois fonctions on aurait ce scénario. Car avec une monnaie antique les risques d’inflation et d’hyper inflation sont induits par la perte de la confiance qu’on peut avoir en la monnaie dont on ne peut contrôler, évaluer en fait, que le nombre.

Mais avec une monnaie quantique les choses seront sensiblement différentes car on aura sur la monnaie un contrôle total et absolu. On connaîtra en permanence et en temps réel son nombre, ses mouvements, sa localisation, et même l’historique de chaque partie de monnaie depuis sa création. A tel point que, schématiquement, si en 1929 on avait utilisé une monnaie quantique, on aurait pu réinstaller la sauvegarde du mercredi 23 octobre et ainsi éviter la catastrophe du jeudi noir.

Les contraintes :

Pour remplir ses fonctions, la monnaie quantique n’existera que par l’information, elle n’aura pas de support physique. Les pièces de monnaie et les billets de banque sont des supports physiques, ce n’est pas le cas des autres modes de paiement que nous utilisons comme les chèques, les cartes bancaires et autres virements qui ne font que transmettre de l’information.

Du fait de la disparition de la forme numéraire de la monnaie, on ne pourra régler nos factures et nos achats que par virements, chèques, cartes bancaires, téléphone, clics de souris, etc... Mais cette évolution de nos habitudes de paiement est déjà en marche et ne devrait pas présenter de difficulté.

Quelques applications d’une monnaie quantique :

Prenons le cas d’une société où toutes les personnes et les entreprises produisent 1 000 de richesse, l’État prélève 300 pour assurer ses missions (santé, éducation, sécurité, etc...). Il reste 700 que les gens vont consommer, et l’État va dépenser son budget de 300. On aura donc 700 + 300 de consommation pour 1 000 de production.

Pour schématiser cet exemple avec notre monnaie antique actuelle, on a :
- production = 1 000
- fiscalité = 300
- consommation = 700
- dépense publique = 300

On a donc : production = 1 000 et demande = 1 000 (700 + 300)
Tout va bien.

La même situation avec une monnaie quantique :
- production = 1 000
- fiscalité = 300
destruction des 300 perçus par l’État (la quatrième fonction impose de détruire la monnaie qui entre dans les caisses de l’État)
- consommation = 700
création de 300 versés à l’État (la quatrième fonction permet la création de toute la monnaie nécessaire à la couverture des budgets de l’État)
- dépense publique = 300

On a là aussi : production = 1 000 et demande = 1 000 (700 + 300)
Tout va bien.

Mais nous savons que les choses ne se passent pas ainsi, les 300 prélevés par l’État ne suffisent pas car il a besoin de 350.

Avec une monnaie antique on a :
- production = 1 000
- fiscalité = 300
- consommation = 700
- emprunt = 50
- dépense publique = 350

On a alors : production = 1 000 et demande = 1 050 (700 + 350)
- déficit = 50
- dette = 50

On ne peut pas dire que tout aille bien, car pour rembourser cet emprunt de 50 avec intérêts (emprunt A), l’État contractera un emprunt B plus important, puis un emprunt C encore plus important pour rembourser l’emprunt B, etc...

D’après les critères européens de bonne gestion, tout irait bien avec un déficit de 3%. Or 3% de déficit fait doubler la dette tous les 25 ans. En 2015 on avait 2 000 M de dette, si on a une bonne maîtrise de nos budgets on aura 4 000 M de dette en 2040, et si on poursuit nos efforts de bonne gestion on aura 8 000 M de dette en 2065, etc... Pour ajouter au problème, il convient de rappeler que depuis des années le déficit est supérieur aux 3 % tant espérés, et que rien ne semble pouvoir le réduire.

La même situation avec une monnaie quantique :
- production = 1 000
- fiscalité = 300
destruction des 300 perçus par l’État (la quatrième fonction impose de détruire la monnaie qui entre dans les caisses de l’État)
- consommation = 700
création de 350 versés à l’État (la quatrième fonction permet la création de toute la monnaie nécessaire à la couverture des budgets de l’État)
- dépense publique = 350

On a alors : production = 1 000 et demande = 1 050 (700 + 350)
- déficit = 0
- dette = 0
Tout va bien.

L’utilisation d’une monnaie quantique permettra à l’État de dissocier ses recettes de ses dépenses ce qui autorisera des stratégies économiques nouvelles car il n’aura pas besoin d’ajuster ses prélèvements pour financer son action.

Prenons le cas d’un salarié qui touche un salaire net de 2 000. Les charges salariales, patronales, sociales, etc... représentent 2 200. Le coût de ce salarié pour l’entreprise est donc de 2 000 + 2 200 = 4 200.

Avec une monnaie quantique on pourrait avoir :

Salaire net = 2 100 (5 % d’augmentation) et charges = 1 900. Le coût de ce salarié devient  alors 2 100 + 1 900 = 4 000 (5 % moins cher pour l’entreprise).

On aura donc une situation où les salariés auront une augmentation du salaire net de 5 %, les entreprises une baisse du coût du travail de 5 %, et il va de soi que la couverture sociale sera assurée par l’État grâce à la quatrième fonction de la monnaie quantique. Une situation où les salaires nets sont augmentés, les charges des entreprises baissées, et la couverture sociale assurée semble bien plus confortable que ce que nous connaissons aujourd’hui.

De plus, nos entreprises supportent 65 % de prélèvement quand on additionne la fiscalité, les charges sociales et les taxes. Avec une monnaie quantique, l’État n’ayant plus un besoin impératif de ces financements, il pourra réduire la charge des entreprises à 50 % comme en Allemagne ou même à 20 % comme au Luxembourg.

Par ailleurs, le temps de travail devrait être envisagé du point de vue de la biologie. Il est évident que lorsqu’on est jeune on a une plus grande capacité de travail qu’en fin d’activité professionnelle. Le travail devrait être apprécié sur la totalité du temps d’activité. Une monnaie quantique permettrait de financer une retraite qui conserve le niveau de vie après 35 ans de travail, et la durée du travail évoluerait suivant le temps déjà travaillé. On pourrait travailler 40 heures par semaine les 10 premières années d’activité, puis 35 heures par semaine les 10 années suivantes, puis 30 heures par semaine pendant encore 10 ans et enfin 25 heures par semaine les 5 dernières années d’exercice. Soit une moyenne de 33,5 heures par semaine.

Les applications proposées ici ne sont qu'un aperçu de ce que pourrait réaliser notre société si elle utilisait une monnaie quantique, ces principes peuvent se décliner pour toutes les activités humaines.

Quelques remarques :

Les échanges internationaux :

Changer le support de la monnaie pour lui conférer une quatrième fonction n’impose pas forcement de changer d’unité monétaire, nous conserverons l’euro comme monnaie nationale et nous la doterons simplement d’une quatrième fonction. Pour cela, nous n’utiliserons plus les supports numéraires de l’euro. Cela signifie qu'en France, personne ne pourra utiliser d’euro, ni aucune autre monnaie, en pièces et billets, ni les français ni les étrangers de qui nous accepterons les transactions numériques.

En ce qui concerne les échanges avec les autres pays, ils se feront dans la continuité, les mouvements financiers se dérouleront, comme aujourd’hui, sur des réseaux informatiques qui sont l'environnement naturel d’une monnaie quantique. Sur les comptes gérés par la Banque une monnaie électronique remplira quatre fonctions, mais seulement trois sur les comptes des banques étrangères. Ce qui ne changera rien, ni pour les étrangers ni pour nous.

Les relations économiques que nous avons avec nos partenaires qui utilisent l’euro ne se font pas en espèces, elles se poursuivront sans raison de changer. Néanmoins le fait d’utiliser la même monnaie nous permettra de les aider à boucler leurs budgets; de plus, comme l’État n’aura pas de contrainte budgétaire, il pourra financer les budgets européens pour alléger la pression fiscale de nos partenaires, y compris de ceux qui n’utilisent pas l’euro.

Concernant les taux de change, il n’y a pas de raison pour qu’ils soient influencés par l’utilisation d’une monnaie quantique, car la valeur d’une monnaie n'est pas liée à ses structures mais à l’économie dont elle dépend. Néanmoins, le fait d’utiliser une monnaie quantique renforcera notre économie et pourrait entraîner une évolution des taux de change que l’État veillera à encadrer pour déranger le moins possible l’ordre économique mondial.

Les riches :

On pourrait penser que l’utilisation d’une monnaie quantique risque de desservir une partie de la population, ce ne sera pas le cas. Mais les plus riches pourraient s’inquiéter sur l’avenir de leur fortune et être tentés par un exode économique.

Aujourd’hui, avec notre monnaie antique, on risquerait un ralentissement de l’activité économique par manque de financement. Mais avec une monnaie quantique les problèmes de financement disparaissent pour l’État qui contrôle la monnaie et la Banque. Donc s’il y a fuite des capitaux par crainte d’une évolution de la monnaie, notre économie ne sera pas touchée car l’État injectera la monnaie nécessaire à sa stabilité.

Cependant, au moment de la transition d’une monnaie antique à une monnaie quantique, on changera directement l’ancienne monnaie antique en monnaie quantique sans prendre en compte l’origine des fonds car le principe sera de changer la monnaie et rien d’autre. Une fois ce changement fait, il est très probable qu’il faudra justifier l’origine de toute monnaie antique qu’on voudrait introduire sur le réseau de la Banque pour la convertir en monnaie quantique.

Reportons nous à la dernière évolution de la monnaie, à l’époque de la Grèce Antique, quand elle a acquis sa fonction de réserve avec l’apparition des pièces de monnaie. Jusque là, la monnaie était supportée par des graines de céréales, du sel, de la bière, etc... Il y a certainement eu des riches en monnaie à deux fonctions qui ont refusé de changer leurs réserves de sel en pièces de monnaie, et ils se sont probablement ruinés. On peut supposer un scénario équivalent lors du passage à une monnaie quantique.

Si on n’a rien à craindre d’une fuite de monnaie antique avant la conversion monétaire, on risque de voir plutôt le mouvement inverse, les riches étrangers tenteront de détenir le plus de monnaie dans notre économie pour conserver un accès à celle-ci en utilisant une monnaie quantique.

Les pauvres :

Concernant les plus pauvres de notre société, l’utilisation d’une monnaie quantique les obligera, comme tout le monde, à avoir un compte bancaire, une carte de paiement, un carnet de chèque, un téléphone, et un accès à tous les modes de paiements numériques. La Banque fonctionnera probablement sans frais pour tous ses clients, qu’ils soient riches ou pauvres, l’utilisation d’une monnaie quantique se fera sans restriction pour personne.

Ceux qui ont des difficultés financières :

Il y a tous ceux qui aujourd’hui sont interdits bancaires, ou qui risquent de l’être, ou qui n’ont pas accès aux banques. Une monnaie quantique ne proposant pas d’alternative à l’utilisation de la forme électronique de la monnaie, il ne pourra pas y avoir d’interdiction bancaire. La Banque fonctionnera comme nos agences bancaires d’aujourd’hui, les incidents de paiement auront des conséquences : aujourd’hui on exclut les mauvais clients du système bancaire, avec une monnaie quantique on ne pourra pas le faire. Ils seront mis sous une forme de tutelle financière et ne pourront dépenser que ce qui leur permettra de boucler leurs fins de mois. Il faut garder à l’esprit que l’État aura les moyens d’augmenter la protection sociale afin d’éviter les situations personnelles dramatiques.

Les étrangers :

Il y a chaque année des millions de touristes qui visitent notre pays. Ils sont généralement équipés de cartes de paiement, de chèques, de smartphone, etc... Ils pourront utiliser leurs moyens de paiement chez nous sans problème et sans frais. Mais ils devront veiller à ne pas détenir de monnaie sous forme numéraire car les monnaies antiques étant incontrôlables, elles ne sont pas compatibles avec une économie qui utilise une monnaie quantique.

Les entrepreneurs étrangers qui souhaiteront investir dans notre économie seront les bienvenus, ils pourront utiliser de la monnaie quantique qu’ils auront déjà ou se financer par des investissements venant de l’étranger sous réserve d’indiquer l’origine de leurs fonds. Mais une économie avec une monnaie quantique n’aura pas besoin de rechercher des financements dans un système économique ancien pour être florissante, le contrôle que nous aurons sur la monnaie nous permettra de conserver notre économie saine et propre.

Il convient de remarquer aussi que les gens qui viennent clandestinement, sans compte bancaire, n’auront aucune chance d’interagir avec qui que ce soit. Ils ne pourront ni se nourrir ni se loger, encore moins trouver un emploi ou avoir accès à un service public. Ils seront très vite localisés. L’utilisation d’une monnaie quantique interdit l’anonymat, si on n’est pas identifié on ne pourra utilisé aucun moyen de paiement.

Les impôts :

Avec une monnaie quantique, l’État n’aura pas besoin des taxes et des impôts pour se financer, et on pourrait s’interroger sur l’opportunité de supprimer purement et simplement la fiscalité.

Les multiples prélèvements que nous impose l’usage d’une monnaie antique sont une forte pression économique mais aussi autant de liens entre l’État et ses citoyens. L’État influence, quelque fois sans le vouloir, les comportements des gens en usant de la fiscalité. Quand il taxait les fenêtres on a construit des bâtiments plus sombres, mais quand il détaxe les panneaux solaires il augmente l’activité économique du secteur et favorise l’utilisation d’une énergie renouvelable.

Supprimer la fiscalité priverait l’État de la possibilité d’agir sur les comportements de ses citoyens. Par exemple, la disparition des taxes sur les carburants ne conduirait pas nécessairement à des comportements très responsables.

En fait, entre une économie sans aucun prélèvement et la situation fiscale actuelle il y a une très grande différence, et rien ne peut nous assurer que nous optimiserons le développement de notre société avec une fiscalité nulle. Par contre, ce que nous savons, c’est qu’une baisse de la fiscalité des entreprises et des particuliers sera salutaire.

Il sera donc prudent de réduire la pression fiscale avec retenue pour inscrire notre économie dans une croissance ferme, maîtrisée et raisonnable. On simplifiera et utilisera la fiscalité comme un tableau de commande de notre stratégie économique, mais elle ne devra pas disparaître.

L’économie :

L’État est au centre de deux importants flux financiers qui concernent des sommes gigantesques et qui représentent, chacun, pratiquement la moitié de notre activité économique. Il y a un flux qui part des caisses de l’État vers tous les agents économiques à travers les salaires versés aux fonctionnaires, les prestations sociales, les aides et commandes passées aux entreprises, etc... Et il y a un deuxième flux qui se dirige vers les caisses de l’État et qui est alimenté, sous forme de taxes et impôts, par tous les agents économiques. 

Théoriquement, avec une monnaie antique, ces deux flux doivent être strictement de même valeur pour que les choses se passent bien. Ce qui n’est évidemment pas le cas, car le flux sortant des caisses de l’État est toujours plus important que le flux entrant. Comme ils sont totalement liés l’un à l’autre, pour tenter d’atteindre l’équilibre comptable il faut régulièrement augmenter le flux entrant en alourdissant la pression fiscale et promettre de réduire le flux sortant, sans jamais y parvenir. Mais cela ne suffit pas et l’État emprunte pour couvrir ses budgets.

Avec une monnaie quantique, ces deux flux ne seront plus dépendants l’un de l’autre, ce qui autorisera des stratégies sociales et économiques très différentes de ce que nous connaissons aujourd’hui. L’augmentation de la protection sociale deviendra alors compatible avec une politique économique libérale et une fiscalité allégée. Il deviendra possible de protéger mieux tout en baissant les charges et les impôts.

La liberté est le fondement de notre société, elle doit concerner toutes les activités humaines, et bien sûr l’économie. L’économie libérale n’aime pas le vide, elle explore en permanence de nouvelles possibilités, et elle s’adapte au mieux à son environnement. C’est la liberté de l’activité économique qui permet de créer les richesses et c’est elle qui pousse à les distribuer. La liberté de l’économie sera toujours plus efficace qu’une économie dirigée, et l’État, bien qu’ayant le contrôle sur la monnaie, risquerait de scléroser le système s’il ne veillait pas à encourager le libéralisme économique.

La confiance :

Au cœur du système économique se trouve la monnaie, et à la base de l’économie il y a la confiance. Aujourd’hui nous utilisons l’euro, preuve que nous avons confiance en l’économie de la zone euro. Pourtant notre économie est pratiquement à l’arrêt, sans croissance, avec un chômage très élevé depuis longtemps, les caisses de l'État sont déficitaires, nous avons accumulé une dette colossale, etc...

Mais nous avons confiance en notre économie, car les gouvernements successifs nous promettent la reprise, la croissance qui va avec et enfin une réduction du chômage, beaucoup d’incantations sans résultat. Et même si tout se mettait à aller bien et qu’on respecte les critères de déficit prévu, nous continuerons à accumuler de la dette. 

Alors si nous avons confiance avec une monnaie antique qui n’offre aucune perspective, nous pourions avoir confiance avec une monnaie quantique qui nous permettra de cesser l’endettement de l’État, de diminuer la fiscalité sur les particuliers et les entreprises, d’augmenter les salaires nets, de renforcer la protection sociale, etc... 

Utiliser une monnaie quantique qui s'appuiera sur une économie libérale dynamique et innovante, soutenue par un État providentiel, pourrait bien recueillir la confiance des gens et permettre de construire une nouvelle économie pour une société mieux adaptée à nos besoins.

Conclusion :

Étant donné notre aptitude aux progrès scientifiques, si difficiles à obtenir, on peut s’interroger sur l’absence de solutions à nos problèmes économiques. Pourtant, tout ce qui fait l’économie est purement et exclusivement humain à commencer par son vecteur : la monnaie.

A chaque étape de l'évolution de la monnaie il y a eu la nécessité de répondre à un besoin réel, et à chaque fois un changement du support de la monnaie et l'évolution psychologique des utilisateurs ont permis l'acquisition d’une fonction supplémentaire à la monnaie.

Au début de notre histoire la monnaie n’existait pas, puis l’humanité s’est organisée en société et le troc est né. Avec l’agriculture, la monnaie s’est dotée d’une fonction supplémentaire, puis avec la métallurgie d’une troisième. Aujourd’hui nous entrons dans l’ère de l’information et comme la monnaie n’a plus besoin de support physique pour exister, elle pourrait remplir une quatrième fonction.

Nous avons créé la monnaie pour qu’elle réponde à nos besoins, et comme nous l’avons déjà faite évoluer plusieurs fois dans l’histoire, rien ne nous impose ses limites actuelles. Utiliser une monnaie exclusivement numérique nous permettra de la contrôler et de lui attribuer une quatrième fonction pour en faire une monnaie quantique qui couvrira les budgets de l’État.

On peut considérer que l’État utilise déjà la fonction de création monétaire pour couvrir ses budgets, mais il doit s’endetter pour le faire avec une monnaie antique, ce qui n’arrivera plus avec une monnaie quantique. L’utilisation d’une monnaie quantique permettra à l’État de se financer sans dépendre des impôts et des taxes.

La monnaie quantique est parfaitement compatible avec notre système actuel car la presque totalité de nos euros est déjà sous forme numérique. Elle est facile d’utilisation et l’État, libéré de ses contraintes budgétaires, pourrait enfin mener des politiques cohérentes pour améliorer la vie de ses citoyens.

La monnaie quantique n’est pas une théorie économique, elle ne s’appuie sur aucune idéologie, c’est une évolution technologique de la monnaie. Elle règle le problème des déficits publics et autorisera l’État à mener des politiques qui répondront au principe de nécessité plutôt qu’à des exigences comptables.

Devant la succession de crises que nous ne réglons pas, ceux qui pensent qu’on a tout essayé se trompent car ils ont la faiblesse de croire que, ne connaissant pas de solution, il n’y en a pas; et pire, que ce n’est même pas la peine d’en chercher. Si les scientifiques avaient eu ce comportement on continuerait à subir des famines, à se déplacer à cheval et à avoir une espérance de vie de 25 ans.

Étant donné la qualité des résultats obtenus par notre personnel politique, il n’y a rien d’étonnant à ce que le peuple exprime son mécontentement de diverses façons. Notre société semble prête à faire évoluer ses structures politiques, économiques et sociales pour sortir d’un système que nous savons voué à l’échec. Si elle ne l’a pas encore fait c’est parce qu’elle n’a pas de nouveau modèle pour remplacer l’ancien, mais les choses pourraient changer...

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commentaires

Gérard P. 05/09/2017 14:40

Votre 4ème exemple de monnaie quantique ne peut-il pas être précisé et analysé comme suit ?
1) Production :
1.1) privée : 700 unités monétaires (U.M.), avec création monétaire par les banques secondaires de 700 U.M. pour payer les salaires des travailleurs.
1.2) publique : 350 U.M., avec création monétaire de 350 U.M. par la banque centrale (ou les banques secondaires) pour payer les salaires des fonctionnaires.
1.3) Total des revenus monétaires : 700 U.M. + 350 U.M. = 1050 U.M.

2.1) Fiscalité : 350 U.M. prélévées sur les revenus monétaires. Cette somme permet le paiement de l'achat des services publiques et ensuite le remboursement de la banque centrale (ou banques secondaires) (destruction monétaire des 350 U.M. créées pour la rémunération des fonctionnaires).
2.2) Consommation de la production privée : 700 U.M. correspondant au solde des revenus monétaires (1050 U.M. - 350 U.M.). Cette somme permet le paiement de l'achat de la production privée et ensuite le remboursement des banques secondaires (destruction monétaire des 700 U.M. créées pour la rémunération des travailleurs).
2.3) Total des revenus monétaires détruits : 1050 U.M.

Les chiffres peuvent être adaptés au 3e exemple de monnaie quantique.

Gérard P. 13/09/2017 22:13

Bonsoir Pierre,

Sachez aussi que les derniers cours polycopiés de Bernard Schmitt peuvent être téléchargés à partir de ce site de l'Université de Fribourg :
https://www.unifr.ch/macroeco/students.html
Le mot de passe doit être demandé à un assistant :
http://www.unifr.ch/mapom/fr/team/assistants/

Still Learning and Sharing "Toujours apprendre et partager" [Ma traduction]
Ron Reich (cerf-voliste américain, rec.kites 28.12.1993)

Pierre Sarton du Jonchay 10/09/2017 18:36

"Si la monnaie n'intervenait pas, la production échapperait effectivement à l'analyse. La science économique a donc pour premier objet l'étude de la monnaie. C'est grâce à la monnaie que le produit existe ; il faut entendre cette proposition en son sens littéral: si le produit n'était pas changé en monnaie, il ne serait pas déposé dans le temps continu. Il en résulte qu'aucun bien ne serait, en tant que produit, présent sur les marchés pour y être échangé."
Excellent ! La monnaie est "en réalité" une unité d'oeuvre (un quantum mécanique) qui permet de vérifier dès l'origine de l'origine de la production la vraisemblance d'une valeur ajoutée subjectivée dans la transformation des choses concrètes. L'origine de l'origine de la production est la demande de biens qui rencontre l'offre de services dans des objectifs qualitatifs et quantitatifs nommés consensuellement dans une société politique de travail et de consommation.
Merci de me signaler de Gottardi et Schmitt.

Gérard P. 10/09/2017 17:55

Bonjour Pierre,

Mes commentaires sont dans le désordre : veuillez m'excuser, mais je ne sais pas comment faire bien.

1) Vous semblez vouloir analyser des grandeurs microéconomiques fondées sur le comportement économique de l'homme pour obtenir une loi de conversion de macroéconomie monétaire.

L'analyse macroéconomique n'est-elle pas aussi autre chose ?
A ce sujet, Curzio de Gottardi, élève de Bernard Schmitt, écrit que "[...] c’est bien l’homme qui a créé le système économique. Cependant, avec cette création, il a aussi créé la partie mécanique du système ; il est donc soumis à ses lois". Il remarque "[...] que cette vision de la macroéconomie est analogue à celle de la physique." (C. de Gottardi, 2000, p. 5)
Pour découvrir ces lois, la méthode d'analyse hypothético-déductive ne peut pas être utilisée, mais doit être fondée "[...] sur l’observation de la réalité économique (induction) et, d’autre part, sur la logique (déduction fondée sur le principe de la non-contradiction)." (C. de Gottardi, 2000, p. 6)
Il pense "[...] qu’une théorie qui décrit la réalité est logique. « Si la réalité contredisait la théorie, faudrait-il choisir la théorie ou la réalité ? Il est évident que la réalité ne peut pas être infirmée, et que c’est la théorie qui doit disparaître » (Schmitt, 1975b, p. 60). En d’autres termes, une théorie logique découvre les lois qui gouvernent le système." (C. de Gottardi, 2000, p. 6).
"La mécanique étant bien démontée, le scientifique a désormais la capacité de transmettre au politique à la fois l'explication exacte du désordre et la mesure fondamentale qui permettra de l'éviter. Notons bien que la question reste logique et analytique jusque dans le domaine du normatif. Il n'est pas question de demander à la morale ni à la science politique, ni au droit, de légiférer, car les lois économiques sont tout aussi "objectives" que les lois de la nature et l'homme ne peut que s'effacer. C'est encore la monnaie, une fois découverte, qui dicte la réforme exacte, dans son principe et dans ses applications, propre à instaurer le nouvel ordre économique dans la conciliation du déterminisme de la monnaie avec l'"empêchement" définitif des émissions vides." (B. Schmitt, 1984, p. 302)
2) Dans votre analyse, le marché semble central, comme dans votre livre "Capital, crédit et monnaie dans la mondialisation" (Voir p. 29 : "A l'origine : l'échange").
Ne faut-il pas commencer l'analyse par la production ?
Le professeur Bernard Schmitt part de la production :
"Tout bien apparaissant sur le marché des produits y est déposé à l'issue du marché des services producteurs. Bien plus, aucun produit ne disparaît du marché des biens réels pour y revenir plus tard. Le retrait est définitif. Cela signifie que la production n'est en aucun cas la transformation d'un produit antérieur en un produit nouveau. Même le «recyclage» d'un produit (bouteilles, papier-journal) est une toute nouvelle production, un nouveau travail, une émission initiale.
Toutefois, bien que la production ne change pas le produit antérieur, elle est un échange parfaitement constitué, car elle change le produit actuel en monnaie. Si la monnaie n'intervenait pas, la production échapperait effectivement à l'analyse. La science économique a donc pour premier objet l'étude de la monnaie. C'est grâce à la monnaie que le produit existe ; il faut entendre cette proposition en son sens littéral: si le produit n'était pas changé en monnaie, il ne serait pas déposé dans le temps continu. Il en résulte qu'aucun bien ne serait, en tant que produit, présent sur les marchés pour y être échangé (acheté)." (B. Schmitt, 1984, p. 257).
Cordialement

(1) Curzio de Gottardi : http://www.degottardi.ch/
Voir : Doctoral thesis (Université de Fribourg 2000)
(2) Bernard Schmitt : http://www.quantum-macroeconomics.info/
Voir dans la bibliographie : Inflation, chômage et malformations du capital, Castella 1984.

Pierre Sarton du Jonchay 07/09/2017 12:30

Bonjour Gérard,

Votre commentaire de Marc démontre que la monnaie qui amorce et entretient le cycle de conception-production-vente-liquidation de la valeur ajoutée est du crédit, c'est à dire une anticipation qualifiée et quantifiée d'une production à consommer effectivement par la réponse d'une offre à une demande de mesure monétaire exactement équivalente. La qualification est déterminée par l’État de droit qui produit le contexte matériel, juridique et moral d'une confrontation équilibrée entre l'offre de production et la demande de consommation. La quantification est déterminée par le système bancaire qui collecte les demandes et évalue les offres pour anticiper une production et une consommation de biens déterminés qui vont s'échanger dans une certaine quantité à une certaine quotité de prix. La quotité de prix étant le rapport anticipé produit par produit, entre la valeur ajoutée qui résulte de l'acquisition intégrale et de la consommation, et la contrevaleur attribuée à la monnaie par la quantité de signes émis qui règle toutes les dettes d'achat et de livraison de la valeur ajoutée.

Une loi de conversion est nécessaire entre la monnaie publique et la monnaie marchande pour plein de raisons concrètes :
- quand la puissance publique règle ses achats avec sa monnaie, il faut que les fournisseurs du secteur marchand sachent si le prix contractuel couvre bien leur travail et tous leurs coûts de production engagés,
- quand les consommateurs, les entreprises et les contribuables paient leurs impôts, ils veulent pouvoir vérifier que les bases de calcul correspondent à leur consommation, leur situation et leur revenus tels qu'ils les mesurent et ils veulent savoir si les services publics dont ils vont bénéficier en contrepartie couvrent tout ou partie de leurs besoins essentiels.
On voit bien pourquoi le débat sur la nature de la monnaie, son utilité et ses règles d'émission et de destruction ne s'est jamais épuisé.

Gérard P. 07/09/2017 11:50

@Marc

Bonjour Marc,

Cela fait des milliers d'années que la monnaie a été créée par l'homme et les hommes ne sont toujours pas d'accord entre eux sur la nature de la monnaie (tant les économistes que les juristes). Comment alors l'économie peut-elle bien fonctionner ?

Si je comprends bien dans vos exemples, l'Etat ne fait pas partie des producteurs : "santé, éducation, sécurité etc..." sont produits par "toutes les personnes et entreprises". L'Etat permettrait de répartir les revenus monétaires entre "toutes les personnes et entreprises" pour permettre à "toutes les personnes et entreprises" l'accès aux services de "santé, éducation, sécurité, etc..." si besoin est. N'est-ce pas ?

Vous écrivez : "La Banque n’a pas à créer de monnaie pour payer les salaires, c’est l’activité des entreprises qui, comme aujourd’hui, permet de payer les salaires."

Voulez-vous dire par là que c'est la vente du produit qui permet de payer les salaires ?

Partons de zéro ou d'une table rase. Dans une économie salariale, les travailleurs dans les entreprises créent le produit. Ils ne reçoivent pas le produit en nature, mais de la monnaie pour acheter le produit aux entreprises.
D'où vient cette monnaie ? Elle ne provient pas d'un dépôt bancaire préalable puisque nous partons de zéro. Elle ne vient pas non plus de la vente du produit par l'entreprise, puisque les travailleurs sont payés avant que le produit soit vendu sur le marché.
La monnaie vient des banques qui la créent et la prêtent aux entreprises pour payer les salaires. Ainsi, les prêts ne font pas les dépôts bancaires : les dépôts bancaires proviennent de la production nationale, laquelle est intégrée dans les dépôts bancaires.

Les faits sont sans doute différents. Mais, n'est-ce pas comme cela que tout devrait fonctionner ?

Cordialement.

@Pierre

Bonjour Pierre,

La valeur ajoutée dans le secteur privé n'est-elle pas, comme dans le secteur public, d'origine productive et non d'origine marchande ? Au stade de la production, dans les deux secteurs, il y a identité de l'offre et de la demande globale.

Une loi de conversion est-elle donc vraiment nécessaire ?

Cordialement

Marc 22/08/2017 23:40

Bonsoir,

Je crois qu’il ne faut pas s’emballer, l’installation d’une monnaie quantique est un processus qui devrait prendre quelques mois. Une fois qu’elle sera en place il n’y aura rien d’autre qui aura changé hormis le fait de ne plus avoir de pièces ni de billets. Il n’y aura pas d’autres contraintes.

C’est seulement après cette étape qu’on peut agir sur l’économie, et là, il convient, à mon avis, de définir des principes, des orientations, avant d’agir. Mes préférences philosophiques iraient d'abord à l’éradication de la misère et à une économie plus juste.

On peut imaginer un système d’allocations qui seraient versées à la plus grande partie de la population (par ex : les 80 % des moins riches) et qui seraient dégressives. Ainsi, les plus pauvres toucheront le max, ceux qui sont à peine moins pauvre toucheront aussi, mais un peu moins, etc. Au final presque tout le monde touche, et on peut faire varier le montant des allocations jusqu’à supprimer la misère.

Lorsque je parle de justice, je ne parle pas du système judiciaire lui même, je pense plutôt aux injustices économiques. Une femme qui perd son mari se retrouve très souvent dans la précarité, un salarié qui se retrouve au chômage est comme sur une pente savonneuse, il va perdre sa maison, quelque fois sa femme, en fait il va avoir une vie gâchée juste parce qu’il a perdu son boulot. Je ne dis pas qu’il ne doit pas y avoir de conséquences à la perte de son emploi, mais qu’elles devraient être plus limitées, mieux encadrées. Il faudrait que personne ne puisse atteindre le fond de la piscine, le point de non retour.

Quelques mots encore sur les épargnants. Une fois qu’on aura changé la monnaie, on n’aura rien fait d’autre. Ceux qui perçoivent des intérêts sur leurs placements financiers continueront à les toucher. Ceux qui ont de l’immobilier continueront à toucher les loyers, ceux qui ont des actions toucheront des dividendes comme d’habitude. C’est seulement si on en décidait autrement que les choses changeraient. Et on pourrait en décider autrement, car ceux qui détiennent les richesses ne seront plus indispensables à l’activité économique courante.

Il s’agit alors de faire des choix politiques, il faut voir les options et les analyser avant de prendre des décisions. Par exemple, je préconise un encadrement des marges. Si on constate que la marge brute est de 200 % dans la restauration, c’est à dire que chaque euro dépensé (achat des produits, loyer, salaire, charges, impôts, etc.) produit une facture de 2 €. Dans ce cas, si le restaurateur veut augmenter ses prix, il faut qu’il augmente aussi ses dépenses (les salaires par exemples) pour que le ratio de 200 % soit conservé.

Quelques mots sur les rapports avec la BCE. Il va de soit qu’il faudra faire en sorte que les relations restent les plus amicales possibles. Mais nous ne nous adresserons plus à la BCE pour obtenir des euros pour une raison simple : la banque centrale ne peut fournir que des euros antiques à trois fonctions, elle ne contrôle pas la monnaie qu’elle produit. Nous produirons nous même nos euros quantiques à quatre fonctions, ce qui nous permettra d’en garder le contrôle.

Il faut noter que nos euros à quatre fonctions ressembleront aux euros antiques produits par la BCE ce qui fait que sur les comptes bancaires étrangers il sera impossible de faire la différence.

Pierre Sarton du Jonchay 23/08/2017 20:08

Marc,
Vous énoncez la nécessité d'une politique que vous suggérez selon votre préférence. Comment vos préférences et celles de n'importe quel citoyen acteur se concilient-elles dans un chemin cohérent avec le résultat "juste" que chacun attend ?

Luc 22/08/2017 09:49

@Pierre
Dans les 30 glorieuses l'inflation bénéficiait aux salariés et pensionnés puisque les revenus étaient indexés à l'inflation. Le taux de la Caisse d'épargne aussi. Un emprunt pour acheter une maison par exemple pouvait fondre comme neige au soleil de ce fat.
Les rentiers en souffraient c'est un fait.
Mais ils en souffrent aujourd'hui indirectement. La BCE fait de la création monétaire comme la Banque centrale du Japon ou la FED, et il y a inflation sur les prix des actifs boursiers ce qui est à 1ère vue un avantage énorme pour les rentiers. Mais l'économie réelle n'étant pas alimentée par cette monnaie créée, ces actifs risquent de devenir des coquilles vides...et là quid des rentiers si tout s'effondre?
Nous somme dans un paradigme qui nous pousse à croire à priori que le rentier et le salariés ont des intérêts antinomiques et que la couverture n'est pas assez grande pour les deux.
Au lieu d'augmenter la valeurs des actifs boursiers par la demande en bourse (via le "quantitative easing"), pourquoi ne pas les laisser augmenter naturellement en injectant cette monnaie créée dans l'économie réelle, c'est à dire en augmentant leur valeur intrinsèque réelle correspondant à une activité et création de richesses factuelles.
C'est pourquoi j'évoquais l'utilisation d'une monnaie intérieure non concurrente des grosses monnaies...
qui permettrait de nourrir l'économie et de générer des actifs rachetables à terme en Euro.
A moins de convaincre les banques d'investir dans l'économie réelle? c'est peine perdue je crois.
A moins d'indexer le prix des actifs boursiers sur l'inflation pour apaiser les rentiers? est-ce absurde?
Cela induit encore plus de création monétaire mais il y aurait un équilibre et il est possible de dévaluer une monnaie face aux devises étrangères si elle a été sur-produite, ce qui revient à une destruction quantique quelque part.

Pierre Sarton du Jonchay 22/08/2017 11:05

Vous rappeler justement que la monnaie quantique signifie des actions délibérées d'un observateur régulateur de l'équilibre des prix.

Pierre Sarton du Jonchay 22/08/2017 11:01

L'allocation de la liquidité monétaire du crédit bancaire à des activités et des productions répondant effectivement à la demande économique de toute la société est bien le problème non résolu du système bancaire et financier actuel. Ce qui me paraît intéressant dans votre concept de monnaie quantique couplée au financement des comptes publics, c'est qu'il pose la nécessité d'une intervention régulatrice d'une responsabilité publique au cœur du fonctionnement bancaire d'identification, d'évaluation et d'assurance des demandes de crédit à l'économie. L'anticipation des prix et de la rentabilité des investissements par les marchés de titres où les intérêts publics, généraux et réels ne sont pas représentés en tant que tels fait que le crédit et l'intermédiation bancaires sont massivement captés par quelques intérêts privés beaucoup plus spéculatifs que réels.

On peut en déduire que la monnaie quantique devrait reposer sur une représentation formelle objective négociable de tous les objets sous-jacents aux prix effectivement vendus et achetés entre producteurs et consommateurs de biens et services. La représentation formelle objective des sous-jacents du prix jouerait la même fonction que le formalisme quantique pour mesurer et tester les phénomènes physiques à l'échelle quantique. Comme les quanta, les sous-jacents du prix sont représentables par des vecteurs qui quantifient les qualités existentielles fondamentales de l'objet. D'ailleurs, sur un marché financier, le prix est un vecteur à 7 scalaires : identifiant du vendeur-producteur, identifiant de l'objet acheté, date d'origine, date d'échéance, quantité, prix nominal et sens acheteur ou vendeur.

Si l'on pose les acheteurs et vendeurs d'un même marché de tous les prix en cours d'un même objet comme une société solidaire de la plus-value nette totale en cours de transformation par le marché, on définit un prix d'équilibre du marché comme objet négociable dans un sur-marché d'achat-vente de tout prix contre un vecteur monétaire toujours à 7 scalaires où le producteur-vendeur est une société solidaire du réel, et l'objet acheté le prix d'équilibre du marché d'un objet particulier déposé. Dans ce sur-marché, la dévaluation ou la réévaluation des vecteurs de monnaie aux différentes échéances du temps permet effectivement l'émission-destruction des signes pour conserver l'équilibre homéostatique de toutes les offres et demandes.

Luc 22/08/2017 10:34

Errata :
...il est possible de dévaluer une monnaie face aux devises étrangères si elle a été sur-produite, ce qui revient à une destruction quantique quelque part.

C'est absurde une monnaie sur-produite se dévalue automatiquement. Je voulais dire qu'une monnaie sur-produite pourrait faire l'objet d'une destruction "quantique" pour ne pas se dévaluer face aux monnaies étrangères
Donc l'idée de la destruction est donc là opportune car elle permet une inflation bi-latérale (actifs boursiers &travail) tout en sauvant la valeur de la monnaie a posteriori.

Luc 20/08/2017 09:07

Marc,

le besoin de détruire la monnaie (4ème fonction) serait une nécessité pour ne pas engendrer d'inflation, mais l'Etat outre l'impôt peut (pouvait) émettre des "emprunts d'Etat" auprès des épargants. Cela fonctionnait très bien jadis et limitait naturellement la quantité de monnaie émise.

Pierre Sarton du Jonchay 20/08/2017 17:24

Marc,

Vous énoncer un principe fondamental du fonctionnement fiscal quantique de la monnaie. Je développe :
1) Pour que la monnaie quantique couvre effectivement tous les besoins de transaction licite légaux de l'économie d'un pays, il faut que la valeur effective de l'unité de comptage monétaire découle du budget de L’État qui régule l'économie nationale par l'efficience monétaire.
2) Il faut que les budgets publics génèrent à destination de tous les agents économiques les informations (les gluons) qui permettent d'identifier et de quantifier tous les besoins individuels et collectifs que l'émission publique des crédits autorise à couvrir qualitativement et quantitativement par des paiements en monnaie.
3) Il faut que chaque citoyen puisse inclure dans les budgets publics l'information qu'il produit par lui-même sur ses besoins propres et sur ses capacités à répondre aux besoins de la collectivité publique.
4) il faut que la destruction des signes monétaires quantiques émis soit proportionnel au temps qui s'écoule et au degré de satisfaction quantitatif et qualitatif des besoins identifiés dans les budgets publics ; la résorption des déficits publics doit être d'autant plus rapide que les besoins ont été satisfaits et d'autant plus lente qu'il demeure des attentes légitimes et réalistes à satisfaire par un travail d'innovation et d'invention.

La monnaie quantique est donc une monnaie qui porte, contient ou génère dans son processus d'émission et de destruction toute l'information permettant la satisfaction intégrale des besoins humains par le réel physique, social, politique.

Marc 20/08/2017 11:17

@ Pierre :

Concrètement, l’État établira un budget qui sera débattu et voté dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui, puis la Banque créera la monnaie correspondante qui sera versée aux comptes de chaque ministère, administration, etc.

La partie fiscale du budget, qui aura lui aussi été débattu et voté, déterminera l’impôt de chacun. Quand on payera ses impôts, la monnaie versée au trésor public sera détruite par la Banque, mais pas les informations liées.


@ Luc :

La destruction de la monnaie qui rentre dans les caisses de l’État découle de l’analogie avec le comportement du gluon. C’est ce qui permet à la nature de disposer en permanence du nombre exact de gluons pour que l’univers fonctionne correctement.

Il est vraisemblable qu’une économie qui dispose exactement du nombre de monnaie nécessaire à son bon fonctionnement, fonctionne correctement. Quel est ce nombre de monnaie ? Je ne sais pas, mais je ne doute pas qu’une analyse approfondie d’une économie quantique permette de répondre à cette question.

Ceci dit, il est vrai que depuis très longtemps on cherche à contenir l’inflation. Et quelques fois on a pu obtenir des résultats quand la conjoncture économique le permettait. Mais rien n’a été efficace sur la durée.

L’État emprunte en émettant des obligations, qui sont des dettes. Quand vous faites référence aux «emprunts d’État», vous faites sans doute référence aux emprunts Pinay, Giscard, Balladur, etc... Toutes les études montrent que c’est emprunts ce sont avérés plutôt bénéfiques pour les épargnants, mais qu’ils ont couté une fortune à l’État qui a du emprunter pour couvrir cette dette.

Pierre Sarton du Jonchay 19/08/2017 18:40

Marc,
Dans votre billet, vous liez la notion de monnaie quantique à la quatrième fonction que vous attendez d'une monnaie complètement efficace. Vous dites qu'il s'agit d'une fonction de contrôle que vous liez à l'existence de l’État donc à l'application d'un régime de droit et de légalité dans l'utilisation de la monnaie pour produire et échanger. Pouvez-vous préciser les règles applicables par l’État qui feraient que la monnaie ait effectivement les qualités quantiques que vous posez ?

Concrètement, comment l’État doit-il définir le volume de crypto-monnaie qu'il peut émettre en complément de ses ressources fiscales ? Comment fait-il pour "détruire" la crypto-monnaie qui "efface" sa dette dont la contrepartie liquide se trouve comptabilisée au bénéfice des fournisseurs de l’État réglés en crypto-monnaie ?

Pierre Sarton Du Jonchay

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