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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 16:08

Revenir à la monnaie d'Aristote

Revenons à la définition aristotélicienne de la monnaie comme réserve de valeur, unité de compte et moyen de règlement. Sans ces trois fonctions distinctes et logiquement nécessaires les unes aux autres, la monnaie ne répond plus à sa finalité humaine, sociale et politique.

La finalité politique est matérialisée dans la dette publique : la dette publique compte ce que la société politique se doit à elle-même pour constituer un État souverain. La finalité sociale est matérialisée dans la dette bancaire : la dette bancaire compte les promesses que la société s’est échangé avec elle-même pour produire des biens et services. La finalité humaine personnelle est matérialisée dans les dettes privées.

Les dettes privées sont de trois natures qui sont représentées dans les bilans financiers publics et bancaires. La nature des dettes personnelles se différencie par des degrés de conditionalité échéancés dans le temps. Ces degrés s'expriment dans le hors-bilan, les actifs et passifs et les fonds propres.

Les trois sources comptables du prix

Le hors-bilan compte le prix nominal maximal que tout engagement légal ou contractuel représente au présent et dans le futur entre des parties prenantes liées par une communauté de droits. Les actifs et passifs comptent le prix nominal actuel effectivement réglé ou à régler résultant des transactions négociées entre une origine passée et une échéance contractuelle future.

Enfin les fonds propres comptent le prix réel estimé au présent de l’écart possible et probable entre les actifs et les passifs comptabilisés. Entre la personne publique, les personnes morales et les personnes physiques, seules les personnes morales tiennent une comptabilité précise de leurs fonds propres.

L’État dans toutes ses composantes institutionnelles est garant sans limite comptable de l’application du droit. Ses fonds propres sont virtuellement infinis si le droit est appliqué avec des dépenses publiques réduites. Les fonds propres publics sont au contraire virtuellement négatifs si les ressources publiques sont consommées à l’encontre du bien commun.

La personne physique est dans la même position comptable que la société politique. Ses fonds propres sont potentiellement infinis si elle n’a aucune dette comptabilisée par une autre personne ; et négatifs si les créances qu’elle pourrait contracter resteront vraisemblablement inférieures aux dettes dues.

Les abus de la vision capitaliste

La notion de fonds propres ou de capital est éminemment subjective. Elle dépend des obligations que les lois reconnaissent aux personnes et à leurs propriétés. Elle dépend également de ce que les personnes morales décident effectivement de comptabiliser en actif et en passif. Dans le système actuel de dérégulation publique, la finance privée est prépondérante.

Les obligations et droits privés ne sont pas évalués selon le même étalon de prix que les obligations et droits publics. Les personnes morales qui le peuvent comptabilisent des actifs en minimisant leurs obligations publiques et leurs dettes privées.

Afin d’afficher avec certitude des bénéfices comptables, les personnes morales cherchent la taille critique qui leur permette de laisser le prix des obligations publiques à la dépense publique. A l’inverse elles captent le prix du travail des personnes physiques en négociant le maximum de créances sous un rapport de force favorable.

La monétarisation et la privatisation des échanges économiques offrent aux grandes organisations industrielles une capacité de négociation asymétrique. La force est assimilée à la quantité. Le capital quantifié des personnes morales prime sur le capital qualifié des personnes publiques et les personnes physiques.

La suprématie des personnes morales sur les personnes physiques et publiques s’exprime dans le système monétaire et financier par la survalorisation de la fonction de réserve de valeur des monnaies. Afin de faire croître leur capital et d’afficher une rentabilité du capital attractive en capital, les personnes morales internationalisées effectuent leurs règlements en monnaie là où la personne publique ne leur impose pas d’obligation : dans les pays en développement et les paradis fiscaux. Et elles tiennent leurs comptes là où la personne publique est garante de la valeur de la monnaie : dans les États de droit développés.

Reconstruire l'équilibre systémique

L’asymétrie monétaire a pour origine systémique l’indifférenciation substantielle du capital et du crédit. Le bilan comptable des personnes morales exprime les fonds propres comme si l’unité de compte avait le même degré de certitude que les autres passifs. Ainsi la logique comptable de la personne morale préoccupée de sa survie s’inverse par rapport à la personne publique et à la personne physique dont l’existence n’est pas discutable. La personne morale limite ses obligations morales par son capital comptable et la plus-value qu’elle en extrait. Les personnes publiques et physiques produisent, elles, des plus-values par leurs engagements moraux que la comptabilité ne compte pas.

Les monnaies s’effondrent actuellement par asymétrie morale systémique. Les personnes morales multinationales ont poussé leur privilège monétaire au-delà du réel acceptable et supportable aux personnes. Le conflit est maintenant frontal entre personnes morales et personnes réelles. Si les personnes réelles se soumettent, la morale disparaît dans la virtualité d'une humanité qui ne choisit plus. Mais si les personnes morales disparaissent, l’humanité réelle ne s'exprime plus dans la responsabilité des personnes.

Pour restaurer l’équilibre moral de la monnaie entre ses trois fonctions, il n’y a pas d’autre solution que l’internationalisation de la fonction de réserve de valeur. Mais il faut que la valeur découle de la morale, donc d’une loi politique partagée par plusieurs nations de culture juridique différente. Le seul lieu où un étalon de valeur morale de la monnaie puisse être émis est l’Union Européenne.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 13:16

Constitution de l'économie politique

Version projet :
Fondation aristotélicienne de l'économie : effet économique de la matière formée par la fin

Vers le méta-système des options personnelles compensées

La crise survenue en 2007 par un problème localisé de liquidité du marché financier international révèle trois problèmes clés spécifiques à la conception et à la pratique du crédit :

1. la dette des États croît sans limite rationalisable dans la réalité économique

2. les dettes internationales s'accumulent en contradiction avec l'équilibre des monnaies

3. les dettes interbancaires ne sont pas proportionnées à la capacité des banques à anticiper la réalité économique

La crise financière entre dans une phase radicale. Le système politique des États structure de la réalité économique se délite. Faute d'alternative logique reconnue par les élites au pouvoir, l'obligation de rembourser les dettes contractées dans le passé est attendue de la réduction du potentiel de production des emprunteurs. La décroissance économique des pays développés endettés se révèle plus rapide que les remboursements effectifs de dette. L'échange économique sera détruit dans sa finalité avant que la diagonalisation des dettes par la production réelle ne soit rétablie.

L'économie internationale de production de biens et services repose sur une systémique auto-déstabilisante. L'avènement d'une économie mondiale multipolaire rend caduc le système international des monnaies étalonnées sur le dollar des États-Unis. Les dettes comptabilisées en dollar anticipent une production engagée selon d'autres lois que celle des prêteurs en dollar. L'accumulation de dettes internationales confrontent des prêteurs à des emprunteurs dont les lois politiques de production et de négociation des prix sont différentes voire contradictoires.

L'utilisation internationale du dollar subordonne l'émission monétaire à une double asymétrie : entre les prêteurs et les emprunteurs ; et entre les États nationaux et les banques internationales. Les États-Unis débiteurs nets du monde maîtrisent la monnaie qui comptabilise leurs dettes. Les banques intermédiaires de transformation de l'épargne en prêts font leurs bénéfices en proportion de la probabilité de non-remboursement des dettes. Les actionnaires du système ont un intérêt objectif à sa perte.

L'asymétrie générale entre prêteurs et emprunteurs provoque trois ruptures :

1. entre les économies nationales de travail et l'économie financière internationale

2. entre les États endettés et les banques bénéficiaires illimitées de l'endettement

3. entre les acteurs de la production réelle et les acteurs de l'anticipation en crédit

L'évidence des ruptures des emprunteurs vers les prêteurs entraîne l'effondrement progressif du travail de la production réelle dans l'ensemble du monde. Les pertes en suspens de crédit non remboursable interdisent d'engager des investissements au profit d'acheteurs réellement solvables. Les banques réduisent leurs crédits à la production afin de rassurer les épargnants et les déposants affolés.

La confiance ne peut pas être restaurée sans une loi universelle de mesure du crédit effectivement remboursé et probablement remboursable. Cette loi est la compensation des transactions de prix par l'égalité internationale des droits. L'abolition internationale des privilèges d'emprunt implique la compensation dans une monnaie internationale :

1. des anticipations financières par la garantie des prêteurs

2. des garanties aux prêteurs par la production réellement livrée

3. de la production réelle par des obligations de droit publiquement vérifiables

L'émission de monnaie internationale est par essence réglée en proportion des garanties accordées par les prêteurs internationaux, particulièrement aux États et aux banques. La compensation en monnaie de crédit garanti instaure une obligation universelle de justification publique des emprunts par des engagements réels personnels de production de service. Le prix des monnaies en étalon de crédit international s'établit selon l'anticipation des capacités réelles de production internationale des emprunteurs nationaux.

L'économie de compensation ne repose pas sur une rationalité intrinsèque des choses mais sur l'observation objective du réel engagée par la responsabilité personnelle en égalité politique des droits. L'instrument juridique et financier de rationalité du réel est l'option. La prime d'option du prix nominal mesure l'engagement des sujets d'intelligence du travail dans la réalité du futur.

Le système du crédit adossé au dollar contredit le réel par impuissance du pouvoir oligarchique. La matière concrète empruntée dans des prix purement spéculatifs reste non transformée. Le système de la compensation internationale des prix en égalité des droits rétablit l'investissement de l'intelligence humaine dans la réalité négociable par la société politique.

L'efficacité économique de la compensation dans l'égalité politique n'est pas démontrable abstraitement. La compensation ne peut être qu'expérimentée et comparée avec le régime en vigueur de l'oligarchie. Le système de l'oligarchie est la rationalité économique non discutable dans ses fondements.

La constitution de l'économie discutable par la politie est fondée sur l'hypothèse de la démocratie ; le régime politique de l'égale dignité des citoyens à discuter le prix de toute chose ; l'économie du droit à réaliser ses fins personnelles par le crédit produit de la société ; le crédit de la loi commune du bien délibéré par la politique. L'économie de la démocratie est constituée : entièrement convenue par la loi discutée indépendamment des choses.

L'hypothèse de la démocratie a été formalisée par Aristote sur la république de Platon. A partir de l'effectivité de la réalité matérielle formée par des fins humaines, la nomination de l'objet par le sujet entraîne une suite de conséquences logiques. Le sujet définit le prix, le crédit et la monnaie par sa finalité d'économiser la matière objective dans l'échange. Toutes ces hypothèses construisent une possibilité d'économie politique par une rationalité universelle de la monnaie.

De l'hypothèse logiquement développée de la rationalité monétaire, émerge la thèse de la disparition vraisemblable de la chrématistique. La plus-value pour la plus-value est incompatible avec la liberté humaine et les limites du monde physique. La synthèse de l'économie politique restaurée n'obéit à aucune nécessité qui ne soit le choix conscient de l'homme en relation politique avec la société inscrite dans sa nature.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 14:16

L'hypothèse est encore marginale dans la recherche académique d'une explication possible de la crise actuelle non pas à partir des concepts et théories existants mais à partir d’une évaluation des incertitudes entre les modèles de connaissance en vigueur et la matière actuellement observable.

L’informatisation de la connaissance et la mondialisation produisent des interactions entre les domaines et les acteurs de la connaissance qui sont encore largement inconnues et dont les conséquences ne sont pas conceptualisées. Ainsi l’explosion des rémunérations financières ou la volatilité des prix sur les marchés financiers sont constatées mais non expliquées. Il n’est pas possible aujourd’hui de dire si ces phénomènes obéissent à une nécessité objective scientifiquement vérifiable ou s’ils proviennent d’un rapport de force historique tout à fait arbitraire.

Face à cette réalité anthropologique expérimentale, la démarche originale de Paul Jorion consiste à remonter au niveau de l’épistémologie, de la philosophie et de la linguistique pour analyser les prémisses historiques de l’état actuel des sciences de la politique, du droit, de la société, de la finance et de l’économie. La remise à plat du socle conceptuel de la science moderne ne peut pas se dispenser de reprendre la conceptualité d’Aristote pour reformer les concepts de modélisation de la matière politique qui puissent produire une explication des phénomènes rassemblés sous l'appellation d’hyper-modernité.

La conclusion qui émergera dans la recherche économique, financière et juridique, c’est la possibilité de mesurer par un marché d’option l’écart possible et variable entre un modèle scientifique et son objet matériel de connaissance désirée. Cette « mécanique » d’évaluation du risque de la connaissance humaine s’exprimera par la monnaie si la monnaie est régulée selon cette logique ; s’il est mis en vigueur un « méta-droit » universel obligeant tout locuteur scientifique à engager ses hypothèses théoriques sur un marché qui cote le risque de fausseté des hypothèses par le coût probable de ses conséquences.

Ce paradigme transformé de la connaissance scientifique objective peut se résumer à une mutation de la description platonicienne du monde vers sa discussion aristotélicienne. Ce changement de paradigme s’exprime sur l’internet où toutes les connaissances sont exposées sur un même plan sans hiérarchie a priori. C’est au sujet humain de la connaissance de construire sa grille individuelle de lecture selon les objectifs virtuels ou réels qu’il poursuit pour lui-même et pour les sociétés auxquelles il choisit de s’intégrer ou non.

Le parti de poser l’hyper-modernité comme posture scientifique moderne de rupture avec la tradition scientifique pré-moderne antérieure à la Renaissance peut apparaître encore prématurée. Le processus actuel de transformation de la connaissance dans la mondialisation et la numérisation du savoir est brutal. La science a pris trop d'avance sur la conscience.

 

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 15:30

ImageJorionTous complices, Zebu

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.

La rente du bien commun

De quelle nature est la rente de la démocratie ? La rente rémunère la propriété d'un bien. Le citoyen est par nature un rentier. Quel est le bien spécifique que la démocratie rémunère ? Si le rentier perd sa conscience et sa responsabilité de citoyen, il perd la démocratie. Le bien spécifique de la démocratie est le bien commun ; un bien qui appartient à tout le monde pour appartenir à chacun ; un bien qui appartient à chacun pour appartenir à tout le monde. Un bien qui n'est pas de matière physique mais qui produit de la matière financière. La crise de la zone euro, de l’Union Européenne et des « démocraties » occidentales vient de la schizophrénie du citoyen-rentier provoquée par l’individualisme exacerbé dans la cupidité.

 Le citoyen est un rentier par le fait que l’État de droit qu’implique la démocratie rend chaque individu créancier de la collectivité. Le contrat social de l’égalité des droits est une promesse de la société à chaque citoyen qui le croit d’un pouvoir personnel à agir ; un pouvoir potentiellement égal à celui de n’importe quel autre citoyen. Le pacte démocratique rend la société débitrice d’un même crédit à chaque citoyen. Ce crédit est la liberté d’entreprendre et de travailler pour recevoir en contrepartie l’évaluation sociale de sa production pour la collectivité ; production vendue par le marché au vu et au su de n'importe qui. Le crédit au sens juridique et financier est bien le prix attribué en monnaie de ce que la société achète au citoyen investisseur, entrepreneur et travailleur.

Rente monétaire et fiscalité du bien commun

Ainsi la rente est-elle économiquement et juridiquement la monnaie créditée aux citoyens sur la valeur ajoutée produite au bénéfice de la société. La rente rémunère l’investissement, l’entreprise et le travail que l’Etat de droit entre les citoyens reconnaît comme production de valeur pour la société. La rente ne peut pas exister sans la société constituée, sans le droit qui définit la valeur entre les citoyens, ni sans le marché qui permette de calculer les prix de la rente à verser en monnaie. Le problème fondamental de la rente du citoyen est donc bien la régulation du marché ; régulation des prix par le droit qui fasse société dans la durée.

La rente est une question de transformation collective d’une réalité commune, une question de partage de la valeur ajoutée et une question de règlement du crédit de la valeur collective en salaire, prime d’entreprise et plus-value d’investissement. Pour que la rente soit durable au bénéfice des citoyens, il faut financer le service public de la régulation du marché, de la délibération de la loi et de l’arbitrage de la justice entre les citoyens-rentiers. Le citoyen ne peut préserver ses droits à la rente démocratique sans payer une prime. La prime de la rente est la fiscalité par quoi le citoyen achète la police du marché, l’écriture de la loi et la justice dans toutes ses transactions.

Dépréciation financière de la démocratie

Les conditions politiques de la rente du citoyen sont étudiées, développées et mises en oeuvre depuis le XVIIIème siècle : pourquoi tout s’effondre-t-il aujourd’hui ? Parce que le monde a unifié dans une même économie des démocraties et des non-démocraties ; parce que l’hégémonie du dollar a permis de déconnecter l’émission monétaire du régime de la démocratie ; parce que les régimes démocratiques ont admis des régimes de non-droit dans des paradis fiscaux admis par la loi. Le résultat de ces transformations est la destruction des liens visibles et intelligibles entre la rente, les facteurs de la valeur et la démocratie. La rente s’est donc mise à détruire la valeur. La démocratie se vide de tout contenu et la rente se rétracte.

La rétractation de la rente s’opère par la dépréciation de la monnaie en valeur réelle. Les créances des citoyens sur la démocratie se déprécient sans compensation par les taux d’intérêt, ni par augmentation des salaires, ni par revalorisation des garanties sociales. La plus-value se contracte également faute de croissance économique réelle. Le système financier absorbe toute la plus-value pour différer le plus tard possible la déclaration des pertes sur les créances déposées en monnaie.

Réguler la finance par la démocratie

La démocratie n’est plus financée. Le système financier se réfugie dans les non-démocraties. La rente disparaît. Et les pauvres se révoltent. Le seul moyen d’éviter que la démocratie soit la cible de la révolte est effectivement la responsabilité des rentiers. L’achat doit devenir un vote comme le bulletin dans l’urne. Il faut différencier la monnaie de droit de la monnaie de non-droit. La monnaie de démocratie ne doit pas pouvoir servir à acheter de la fausse valeur ou des biens qui n’existent pas. Cela implique la création d’une monnaie principale de démocratie qui interdise les paris sur les fluctuations de prix non vérifiées par la valeur réelle. Cela implique que cette monnaie sépare le régime de la démocratie financière du régime actuel de la prédation financière.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 12:07

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Rôle de l'économie monétaire

Marx et Say ne se situent pas sur le même plan de réalité dans leurs affirmations économiques. Marx réduit les prix à la matérialité. La matérialité n'étant pas en soi extensible, Marx en déduit que l'accaparement de la plus-value par le capital rogne la valeur du travail jusqu'à rendre la plus-value impossible. Say se place sur le plan de la finalité qui n'a en soi aucune limite. L'économie de la valeur échangée implique nécessairement que la valeur offerte égale la valeur demandée. Ce qui n'est pas échangé n'a pas de valeur d'échange, ne peut apparaître ni en offre ni en demande. Marx et Say ont raison chacun dans le plan de réalité qu'ils choisissent. Mais n'embrassant qu'une fraction de la réalité, ils restent l'un et l'autre dans l'abstraction qui n'est pas la réalité. L'un et l'autre méconnaissent la fonction de la monnaie dans l'économie réelle. Pour Marx, la monnaie aurait expliqué la transformation possible des limites de la matière. Pour Say, la monnaie aurait expliqué les erreurs possibles de matérialisation des finalités économiques. Marx ne comprend pas que le crédit matérialisé dans la monnaie augmente les frontières de la valeur du capital par le travail. Say ne comprend pas que le crédit finalisé dans la monnaie transforme l'offre en demande et la demande en offre pour transformer les déséquilibres instantannés par l'épargne et l'investissement. Sans l'économie de la monnaie et de l'anticipation financière, Marx et Say ne parlent pas de la même chose.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 16:29

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Zébu : La prétendue thérorie de la valeur : des scolastiques à Paul Jorion

Commentaires parus sur le Blog de Paul Jorion.


PSJ @Pierre-Yves,

Votre analyse m’est absolument lumineuse. Elle me permet de vous répondre sur l’aporie que vous voyez dans une hiérarchisation contradictoire de l’économie par rapport à la démocratie. La puissance de l’économie politique aristotélicienne est qu’elle contient tous les composants analytiques d’un équilibre de l’économie et de la politique dans une même réalité qui ne les dissocie pas. Politique et économie sont la pile et la face d’une même pièce de monnaie. L’aporie vient de notre vision limitée qui ne peut pas regarder les deux faces en même temps.

Pour échapper à l’aporie qui se réalise dans la crise actuelle par la dissolution du politique dans l’économique, il faut faire un effort de foi pour admettre que la pièce de monnaie dont on ne peut voir qu’une face à la fois en contient bien deux. Le fondement de cet effort de foi est le choix rationnel que nous faisons de l’économie par la politique et de la politique par l’économie. La conséquence de ce choix est la monnaie qui quantifie l’ordre politique et qualifie l’ordre économique. Cette unité intrinsèque de l’économie politique humaine est bien mis en scène par la démocratie d’Aristote où la discussion des lois de l’échange, la confrontation des intérêts individuels et l’échange des biens matériels se fait dans la même agora. Les règles monétisables de la démocratie sont pour Aristote les règles de l’économie.

La récusation du concept de valeur par Paul Jorion intervient dans le champ de l’économie. L’explication de Zébu nous en donne la raison logique mais pas la relation historique complète. Les notions de valeur et de personne n’existent pas dans la cosmologie grecque (Shizosophie) pré-judéo-chretienne. Ces notions s’intègrent dans le système aristotélicien à partir d’Albert le Grand et Thomas d’Aquin. Ainsi que le rappelle Sylvain Piron, les deux philosophes dominicains se servent d’Aristote pour intégrer leur théologie morale dans une vision économique et politique de la société argumentée comme un tout cohérent. La scolastique introduit trois notions nouvelles dans le système aristotélicien qui les argumente parfaitement : la personne, la société et la valeur. La valeur est la forme qui unit la matière personnelle de la société à sa finalité.

L’invention de la personne liée à la société et à la finalité (divinité) par une économie morale va permettre l’émancipation de l’individu dans l’économie politique. A partir des guerres de religion qui marquent l’éclatement de l’unité ecclésiale, la politique, la science et l’industrie se libèrent de la société et des obligations qu’elle contenait envers la personne « à l’image de Dieu ». Très naturellement la notion de valeur est progressivement privatisée par les intérêts particuliers pour légitimer les libertés bonnes ou mauvaises prises à l’égard de la « cité de Dieu ». Pour critiquer les conséquences politiques et économiques de la privatisation de la valeur, Marx est obligé d’adjoindre la notion à la conceptualité aristotélicienne sur quoi il construit son discours. Le capital et la plus-value arrachés au prolétariat sont des catégories de valeur.

Mais 6 siècles après Thomas d’Aquin la dimension sociale de la personne a disparu. Toute la science économique se construit après Marx sur un homo economicus dépersonnalisé qui n’a pas le choix de la rationalité qu’il applique à son travail, ses échanges et ses investissements. L’économie s’est émancipée de la société et le socialisme se pose en anti-économisme. La crise actuelle achève le processus de destruction de la société par l’économie de la matière en supprimant toute autonomie du politique dans son ordre de rationalité, celui de la forme et de la finalité morale. La finalité de la politique est purement comptable. Elle ne peut plus considérer que des individus interchangeables sans avis personnel ni relations sociales.

Quand Zebu affirme que la valeur n’existe pas, il s’en tient à l’état purement quantitatif du monde présenté par la finance contemporaine. La valeur détachée de toute personne et de toute société n’est effectivement rien d’autre qu’un argument mythologique pour justifier le contrôle de la politique et de l’économie par une oligarchie « éclairée » par la lumière de sa raison juridique et financière impénétrable au commun des mortels. Si l’on achève le processus en supprimant la notion de valeur pour vider la finance de sa sève, on revient effectivement dans le modèle initial d’Aristote mais en effaçant 24 siècles de construction de la liberté humaine personnelle.

Or l’articulation actuellement aporétique entre l’économie et la politique peut être surmontée par… la finance. En réintégrant la finance dans l’économie par le marché issu de la politique. Il existe un outil abondamment utilisé par la finance et par le pouvoir juridique pour manipuler le prix : l’option. Dans son sens courant, l’option exprime la possibilité d’un choix dans un cadre de limites objectives et subjectives. L’option est l’outil de la valeur personnelle et sociale en tant qu’il présente aux personnes par le langage de la société les limites physiques et sociales des choix offerts à la raison humaine ouverte à la connaissance de l’autre par la réalité physique. Afin de posséder la raison du sujet capable de choisir, la finance prédatrice a maquillé l’option dans des produits dérivés qui dissolvent le sens du langage dans des modèles mathématiques et juridiques.

Il existe un moyen très simple de rétablir la valeur de l’option : créer un marché où tout vendeur de promesse est préalablement et personnellement identifié par la vente de son option de crédit. Dans ce marché formant une société, la vente d’un objet contre un prix est impossible si la prime d’option du crédit du vendeur n’est pas librement négociable à la vente et à l’achat. Tout vendeur de promesse économique ou politique est crédible sur le prix et sur l’objet que si la prime de garantie est positive ; c’est à dire si quelqu’un est en position acheteuse sur le marché à un prix positif du risque de non-réalisation à terme de l’objet et du prix.

Un marché international commun d’option résout définitivement l’opposition entre économie et politique en réconciliant toute décision de prix et d’objet par une société de personnes, acheteur, vendeur et garant, à l’intérieur d’une société politique constituée en marché. Un marché international de dérivés de crédit et de change non capté par des intérêts politiques nationaux restaure le marché de la démocratie d’Aristote où la valeur s’échange par sa matière, sa forme et sa fin. L’effet de ce marché est de poser la personne et la société au-dessus de l’économie et de la politique. Le prix de la politique et l’économie de la décision politique sont engendrés par la même société en accord avec elle-même sur le respect qu’elle porte à la personne.

Paul Jorion, @PSJ,

Ceci me semble le plaidoyer le plus convaincant jusqu’ici pour ce « marché de l’option ». A priori, je ne vois pourtant pas ce qui le protégerait de la naissance de bulles. Après tout dans une bulle, il y a toujours des acheteurs.

Chris06, @PSJ,

Il existe un moyen très simple de rétablir la valeur de l’option : créer un marché où tout vendeur de promesse est préalablement et personnellement identifié par la vente de son option de crédit.

Pourriez vous donner des exemples concrets qui décrivent comment ce marché d’options fonctionnerait pour que l’on puisse comparer avec la situation actuelle. Par exemple le marché immobilier, ou celui du blé, ou un autre : comment cela fonctionnerait il par rapport à l’organisation actuelle des marchés?
Je n’arrive absolument pas à comprendre ce à quoi vous voulez en venir. Pourtant, je suis extrêmement curieux et désirable d’essayer de vous comprendre mais vous vous exprimez en des termes qui sont tellement abstraits et peu usuels que je n’y arrive pas., même avec la meilleure volonté possible.

PSJ, @Paul Jorion,

Effectivement une bulle est toujours la conviction que des vendeurs sont parvenus à former chez des acheteurs. Ce qui fait bulle, c’est l’accumulation d’informations creuses sur une offre de quelque chose qui ne pourrait pas suivre sa demande. En encapsulant les prix dans des nominaux d’option, on enferme la parole financière dans une réalité objective ; une réalité que l’acheteur ne peut pas manipuler par lui-même en s’accordant du crédit ni le vendeur en garantissant un crédit conditionnel à son acheteur.

Le nominal de l’option doit être relié à une réalité vérifiable par une société, c’est à dire un ensemble de personnes réunies dans un marché qui les rende témoins de la relation établie entre le livrable à terme, la description nominale du livrable et le prix négocié à l’origine de l’option. C’est le marché qui doit faire la loi au sens où toute prime de nominal est soumise à l’offre et à la demande limitée et généralisée au seul marché ; toute prime doit elle-même être le nominal d’une option négociée entre un acheteur qui garantit le prix et un vendeur qui est garanti sur le nominal de prime achetée ; et tout nominal doit être relié à un livrable visible à terme qu’un acheteur a réellement besoin d’acquérir devant témoins de marché.

Le marché d’option est un vrai marché générateur d’une vraie loi du fait qu’aucun objet de matérialisation de la loi ne peut exister sans un acheteur, un vendeur, un garant du prix et un garant du livrable. Le marché d’option crée une société de personnes engagées et solidaires par un moteur commun de négociation et de réalisation du prix dans la satisfaction libre des acheteurs. Pour que ce marché existe, il faut qu’il recouvre en puissance toute la société humaine indépendamment des souverainetés nationales qui produisent les lois civiles. C’est là qu’intervient le bancor, étalon rationnel de valeur universelle.

Le bancor émis à proportion des nominaux effectivement négociés sur le marché international d’option ne contient aucune valeur qui ne soit pas réelle : l’existence du marché garantit un livrable à terme effectivement acheté ; le prix nominal est invariable jusqu’à l’échéance ; l’acheteur de la prime garantit l’application par la réalité à terme de la loi de satisfaction de l’acheteur de la valeur sous-jacente au nominal. L’internationalité du bancor interdit la spéculation par l’asymétrie de droit ou par la détention du pouvoir politique. Les bulles restent virtuellement possibles mais sont enfermées dans l’enveloppe nominale définie par les primes effectivement achetées, enfermées dans la réalité effectivement garantie par les acheteurs de prime, enfermées encore dans le travail des vendeurs nominaux responsables engagés de la livraison réelle d’un objet formé en droit.

La puissance du système aristotélicien de réalité est d’engager dans tout effet, une matière formée dans une fin. La réalité aristotélicienne ne peut pas exister sans sujet qui active un objet ; le sujet étant le maître de la fin tandis que l’objet forme la matière vers la fin achetée par le sujet. La réalité aristotélicienne est par nécessité logique, c’est à dire ni matérielle ni finale, un effet de la société de marché où les sujets se rencontrent pour échanger leur matière et leurs fins par leurs formes. La bulle, effet sans fin produit par une matière non formée est nécessairement réduite par la présence de la personne intégrée par la société.

Chris06, @PSJ,

Ce qui fait bulle, c’est l’accumulation d’informations creuses sur une offre de quelque chose qui ne pourrait pas suivre sa demande. En encapsulant les prix dans des nominaux d’option, on enferme la parole financière dans une réalité objective ; une réalité que l’acheteur ne peut pas manipuler par lui-même en s’accordant du crédit ni le vendeur en garantissant un crédit conditionnel à son acheteur.

Prenons un cas concret : l’immobilier

Ce qui fait qu’il y a eu une bulle de l’immobilier, c’est « l’accumulation d’informations creuses sur une offre de logements qui ne pourrait pas suivre la demande ».
(Je ne comprends pas ce que cela veut dire.)

En encapsulant les prix des logements dans des nominaux d’options, on enferme la parole financière dans une réalité objective.
Alors là, je comprends strictement rien : c’est quoi des « nominaux d’options », que veut dire : la parole financière est enfermée dans une réalité objective, concrètement ?

PSJ, @Chris06,

L’enregistrement des acheteurs et vendeurs est un principe fondamental des marchés à terme organisés pour permettre et garantir la compensation des ordres. Elle implique le plus souvent des dépôts de garantie ou des cautions pour couvrir les pertes financières potentielles sur les positions à terme. Une caution sur une certaine position vendeuse ou acheteuse à terme est une option de crédit où l’acheteur de la prime de crédit garantit que le vendeur de la prime livrera comme vendeur ou paiera comme acheteur le sous-jacent à l’échéance du contrat à terme. Sans marché organisé pour identifier les acheteurs et vendeurs du nominal et les acheteurs et vendeurs de prime qui les garantissent, n’importe qui peut raconter n’importe quoi pour faire croire à l’existence de quelque chose que personne ne produira. Lloyd Blankfein peut sans rire se comparer à Dieu : il dit et la réalité est ; du moins on le croit. Voyez ma réponse à Paul Jorion.

Mais je vois que vous l’avez déjà lue. Je vous réponds donc sur l’immobilier qui est un excellent exemple de moteur à bulles. L’offre immobilière n’est pas inventoriée dans une base d’information centralisée. Quand vous êtes vendeur particulier, vous n’avez jamais la certitude de toucher tous les acheteurs potentiels. Quand vous êtes courtier, vous avez un privilège d’information qui vous permet de vous porter acheteur d’un vendeur tenu en marge du marché. Quand vous êtes courtier et banquier, alors là vous dictez les prix dans la limite de l’espace que vous laisse les autres courtiers-banquiers. Ainsi les banques étatsuniennes (dont le comportement est visible par l’existence d’un marché concurrentiel) avant la crise des subprimes, vendaient-elles des crédits à des particuliers qui surpayaient leur maison à des courtiers qui se faisaient commissionner par les banques qui augmentaient leur portefeuille de crédit.

Cette cavalerie est rendue possible par la politique monétaire qui arrose le marché pour soutenir les prix ou ce qui revient au même pour dynamiser l’offre par la demande. Fondamentalement, les crédits de la banque centrale au système bancaire et du système bancaire à l’économie réelle ne sont pas limités par une appréciation objective de l’équilibre de l’offre et de la demande. Le prix des objets négociables est déterminé par le crédit et le crédit par la plus-value financière à réaliser. La production réelle de valeur qui satisfasse réellement un consommateur disparaît sous la spéculation des intermédiaires du prix.

A l’instant présent cette spéculation doit impérativement être nourrie pour dissimuler la non-valeur des dettes publiques et privées qui ne correspondent à aucune réalité comptant ou à terme. Si les banques centrales, les banques, les États et tous les emprunteurs se soumettent à un marché d’option, alors le vrai prix des actifs à terme apparaît avec une prime positive quand le prix nominal est réaliste ; et une prime négative à hauteur de la perte de crédit sur un remboursement à terme surévalué.

Chris06, @PSJ,

Merci de prendre le temps de répondre à mes questions, et en plus dans un language qui m’est compréhensible!
Je partage complètement votre analyse de la bulle immobilière.

Reprenons le cas de l’immobilier comment fonctionnerait un tel marché d’options? Qui décide si le prix nominal est réaliste ou non ?

PSJ, @Chris06,

Un marché de l’immobilier structuré par l’option signifie l’identification séparée a priori de tous les rôles contribuant au prix :
1) le producteur-propriétaire-vendeur du bien fait face à tous les acheteurs potentiels également informés ayant un intérêt à l’utilisation du bien
2) le courtier qualifie le bien, met l’information à la disposition de tous les acheteurs potentiels, garantit la qualification sincère du bien à vendre, inventorie les intérêts acheteurs solvables et assure l’égalité de traitement entre l’offre et la demande
3) les banquiers « primaires » garantissent les acheteurs potentiels de leur option d’achat du bien à vendre ; ils n’ont aucun intérêt sur le bien mais uniquement sur la capacité de chaque acheteur à régler son offre de prix si elle est retenue par le vendeur
4) le banquier de crédit mobilise l’épargne nécessaire au refinancement du crédit emprunté par l’acheteur effectif
La distinction des quatre rôles indépendants dans leur finalité propre détermine le prix réel du bien immobilier où l’équilibre de l’offre à la demande détermine les primes à payer pour que le vendeur soit sûr d’être réglé, que l’acheteur soit sûr de recevoir et d’utiliser ce qu’il acquiert, que le courtier rentre dans ses coûts de collecte et de mise à disposition de l’information, que les banquiers primaires touchent l’exact prix des risques qu’ils achètent à garantir le courtier et les acheteurs et que le banquier de crédit puisse effectuer le règlement au vendeur par la certitude de recouvrer le crédit auprès de l’acheteur.

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 16:08

Définitions de science politique, économique et financière aristotélicienne.

Utilisation des notions de fin, forme, matière et effet.

Banque

Société spécialisée dans l'identification matérielle des objets de valeur, la mesure de leur prix dans le temps, leur comptabilité en crédit, leur garantie en capital et l'assurance de la conservation de leur prix objectif. Le verbe bancaire identifie les objets de son activité par leurs causes. Ces causes n'étant pas matérialisées dans l'objet financier de valeur qui n'a pas d'existence physique au présent, ne sont objectivement identifiables et distinctes que par la spécialisation du banquier sur une seule nature de cause financière. L'évaluation bancaire de la valeur est transparente à la condition d'une gestion indépendante de l'assurance des sujets et de leurs objets, du prix, du crédit et du risque.

Capital

Substance de la valeur quantitativement incertaine ; valeur dont le prix est incertain dans l'écoulement du temps, la liberté du sujet et l'instabilité de la matière physique dans la valeur du sujet. La valeur du capital est réelle, positive mais variable en monnaie. L'objet sous-jacent au capital est la relation de propriété d'un sujet à un objet. Le capital n'existe pas qui ne soit matière formée par les fins du sujet. Il est donc une option. La prime appartient au propriétaire de la fin, le nominal au propriétaire de la forme et la matière au propriétaire du crédit de la valeur. L'effet du capital est la réalité du prix de la valeur.

Certitude

État formel de la réalité objective invariable par rapport à la réalité subjective. La certitude est propre au sujet membre d'une société. La certitude est l' effet sur le sujet de l'incertitude de la réalité assumée par la société à laquelle il appartient. La certitude d'un prix est réalisée dans le temps limité d'un sujet par la vente de la prime d'option de l'objet sous-jacent.

Crédit

Prix invariable d'un objet promis verbalement à un sujet prêteur par un sujet emprunteur ; substance de la valeur quantitativement certaine dans une durée verbalement délimitée. Le crédit est une matière formée par l'engagement du prêteur et de l'emprunteur dans le temps. Le crédit est métaphysique, déterminé hors des contingences physiques par le langage des sujets d'accord sur les critères de stabilité du prix d'un certain objet à une échéance convenue dans le futur.

Demande

Proposition de valeur d'un objet à un sujet quelconque de sa propriété. La demande réassigne la fin de l'acheteur à l'objet offert. Le prix d'équilibre entre offre et demande provient de la liberté de choisir le sujet de l'offre par l'objet demandé de satisfaction.

Démocratie

Régime politique de la société où la décision du prix des objets de la valeur appartient à chaque sujet reconnu comme citoyen. La démocratie impose une définition discutée dans la Loi des objets librement négociables de la valeur sur le marché. Les lois sont le nominal des options politiques d'objectivation de la valeur libre adoptée par les citoyens. La fiscalité est la prime d'option de légalité des contrats négociés librement par les citoyens. La monnaie est l'unité de compte de la valeur sous-jacente à l'option politique de la démocratie.

Effet

Conséquence dans la réalité de l'action du sujet sur l'objet. L'effet produit le sujet distinct de l'objet. Il permet l'expression du changement d'état dans le temps d'un même objet de fins formées dans la matière. Il relie la métaphysique du sujet à sa réalité physique subjective et objective. L'effet est relation entre le langage et la réalité qu'il désigne. L'efficience est la réalité de l'effet pour le sujet. La négation ou l'ignorance de l'effet enferment le sujet dans l'idéalisme et le matérialisme. Le sujet privé d'effet est privé de réalité. Sans effet, l'exercice totalitaire de l'intelligence détruit la vie.

Fin

Propriété d'un objet investi par un sujet intelligent et libre. La fin justifie la forme par laquelle le sujet matérialise l'objet. La fin marque les limites de l'espace et du temps choisies et retenues par le sujet dans la réalité. La finalité est l'état des fins investies dans l'objet.

Forme

Expression du verbe qui rend l'objet intelligible au sujet. La forme est donnée par une société qui attribue une valeur commune au même objet. L'ensemble des formes exprimées par le langage fait système de valeur pour les sujets locuteurs. La formalité est la forme produite dans la matière.

Gérant

Sujet propriétaire de la formalité d'un objet de valeur. Le gérant est responsable des formes d'une matière dont il dispose de l'effet sans les fins. La fin qui forme l'objet appartient au sujet propriétaire de la valeur. Le gérant produit les formes de fins qu'il ne fixe pas dans les effets de matière qui lui sont confiés. La gérance est la responsabilité de la forme face à la fin et à la matière. Elle sépare la matière de la fin dans le calcul du crédit et du capital.

Intérêt

Fin investie par un sujet dans la valeur en temps d'un objet ; augmentation du prix d'un objet pour l'acheteur de son temps d'utilisation par rapport à son prix d'inutilité pour le vendeur. Le prix de l'intérêt se divise proportionnellement au temps en prix de l'utilisation réelle de l'objet et en prix de son utilité totale anticipée pour le propriétaire de sa fin. Les sous-prix de l'intérêt se calculent par la vente à terme de l'objet. La différence entre le prix comptant et le prix à terme est le prix d'utilisation ou prix de liquidité entre l'origine et l'échéance négociée. La prime de l' option du prix à terme est l'intérêt de plus-value pour l'acheteur de l'objet.

Liberté

Propriété du sujet à choisir ses fins. La liberté n'est pas l'absence de cause mais le choix de fins dans les limites de la matière. La liberté est ordonnée entre des sujets distincts par la régulation de la société instituée en autorité publique. Les règles de la liberté ordonnée entre les personnes forment la morale. Les principes moraux de régulation de la valeur sociale sont inscrit dans la Loi. L'économie est l'application des règles morales de production de valeur par la liberté en société.

Marché

Espace d'échange d' objets entre des sujets. La finalité du marché est la satisfaction des sujets par la liquidité des objets. Un objet est liquide qui a de la valeur pour au moins deux personnes et peut circuler entre elles contre un prix lisible par une troisième personne. Le marché est existence matérielle d'une société de sujets libres pratiquant une même règle de valeur entre eux.

Matière

Substance quantifiable qui individualise les objets. Des objets identiques sont distincts par la matière différentiée qui les constitue. La matière est origine de la comptabilité et de l'existence du prix. La matérialité est réalité de la matière, cause matérielle de la propriété des sujets sur les objets.

Monnaie

Unité de compte de la valeur en société. Une unité monétaire a formellement la même valeur pour tous les sujets d'une même société. La stabilité monétaire dans le temps implique l'adossement des signes monétaires au crédit. La contre-réalité matérielle de la monnaie et l'instabilité de valeur de la matière physique exigent que la circulation monétaire s'ajuste au capital disponible en garantie du crédit. Les contreparties réelles de la monnaie sont le prix des objets physiques circulant au présent, donc le prix du crédit passé qui a financé la production et le prix du capital présent alloué à la garantie des crédits en cours.

Objet

Cible d'une action énoncée par un verbe. L' objet est une matière de langage formée par des expressions verbales. Les mots qui désignent l'objet sont sa forme. L'objet contient les fins que lui attribue le sujet qui le nomme. L'effet de l'objet est son existence distincte et séparée des sujets qui agissent sur l'objet.

Offre

Proposition libre et intelligible de la propriété d'un objet de valeur contre son prix en monnaie.

Option

Faculté réelle de choix du prix d'un objet sur une durée déterminée. L'option contient un objet nominal dont le prix est fixé à une certaine échéance par un acheteur et un vendeur. Le vendeur engage la certitude du prix nominal en vendant son estimation du prix d'incertitude dénommé prime. L'acheteur de la prime paye en monnaie le prix d'incertitude au vendeur. En garantissant le prix nominal à l'échéance de l'option, le vendeur paiera à l'échéance le prix de la réalité manquant sur le prix nominal garanti à l'origine.

Personne

Sujet libre de ses fins en société. La personne est source de valeur par les fins attribuées aux objets qu'elle produit dans la matière. La valeur résulte de la décision personnelle. La personne contient la société qui la fait exister. La personne morale est l'unité de décision d'une société incarnée par une personne physique.

Prime

prix de l'incertitude du prix de la valeur réelle d'un objet nominal entre l'origine et l'échéance d'une option. Le prix d'une prime égale l'écart probable à l'échéance de l'option entre le prix nominal promis à l'origine et le prix comptant de l'objet nominal payable en monnaie. Le prix de la prime d'un objet varie selon les estimations successives convenues entre ses acheteurs et vendeurs.

Prix

Valeur quantifiée par le sujet. Le prix s'exprime par un nombre d'unités de compte. L'unité de compte qui fournit la matière du prix est la monnaie. Un prix est objectif s'il est attribuable à un objet échangé entre deux sujets pleinement autonomes l'un par rapport à l'autre. Le prix est indépendant des sujets qui échangent si son objet est reconnaissable par un sujet inter­médiaire.

Propriété

Fin attribuée à un objet par un sujet. Le propriétaire détermine et contrôle la qualité qu'il attribue à l'objet de propriété. Un objet matériel étant indivisible en lui-même n'est la propriété que du seul sujet qui décide de son utilité. L'utilité de la propriété est l'attribution à un sujet unique identifiable de la fin humaine contenue dans un objet de valeur.

Réalité

Matière qui existe par le verbe analytiquement séparable du sujet. La réalité d'un sujet est reconnaissable par un autre sujet. Une réalité observée par un sujet, nommée par un autre sujet et comprise par un sujet qui n'observe ni ne nomme, forme un objet de réalité. La réalité ne peut pas exister hors d'une société. La réalité est l' effet d'intelligence commune de l'objet sur plusieurs sujets d'une même société, l'effet de la relation entre au moins trois sujets solidairement projetés dans l'objectivité distinguée d'eux-mêmes.

Risque

Écart négatif possible à une échéance future du temps entre la valeur nommée et la valeur réelle d'un objet négocié. Le risque est latent dans toute anticipation de prix et se révèle objectivement par l'échange marchand postérieur à l'anticipation nommée dans l'origine. Le risque est aléatoire dans la réalité matérielle objective et moral dans la réalité subjective. Le risque est la matière financière d'une prime d'option. La plus-value est un risque anticipé non matérialisé.

Société

Collectivité d'au moins trois sujets en relation réciproque matérielle, formelle, finale et effective. L' effet de la société est la valeur nommée par le verbe commun aux sujets. L'effet social du verbe commun aux sujets est l'économie de la valeur.

Substance

Matière de l'objet nommé par le sujet sous-jacent à l'être.

Sujet

Source d'une action énoncée par un verbe. Le sujet est actif en expri­mant par le langage sa volonté et sa décision. Le sujet est passif dans l'action où il n'est pas volontaire et décisif, soit qu'il subisse l'action soit qu'il n'ait pas l'intel­ligence ou la volonté de décider. Le sujet actif, volontaire et décisif est une personne.

Travail

Action du sujet à informer la matière pour produire la valeur dans le contexte d'une société. Dans la réalité physique considérée indépendamment du sujet, le travail est le simple effet d'une force sur la matière par le temps. Dans la réalité métaphysique de la personne, la force du travail provient de la forme choisie selon la fin du sujet. Le sujet de travail transforme la matière au bénéfice de lui-même ou d'un autre. Le travail est la matière de la valeur de l'offre et de la demande. Dans l'offre il forme le coût de la valeur passive, la valeur en puissance qui ne contient pas la fin ultime du sujet. Dans la demande, il forme le prix de la valeur finale, la valeur en acte qui contient la fin du sujet propriétaire final. Le prix du travail est le prix de la valeur ajoutée entre le coût et le prix, le prix de la transformation de la valeur passive en valeur active.

Utilité

Qualité d'un outil ; matière d'une forme en relation effective avec la fin d'un sujet. L'utilité d'un objet est la forme matérialisée en temps qui répond à la demande d'utilisation d'un sujet de valeur. L'utilité d'un objet contient la valeur de la matérialité et de la formalité. Le prix du temps d'utilité matérielle est la plus-value de l'objet. Le prix du temps d'utilité formelle est le loyer de l'argent, le taux d'intérêt de la valeur sans risque sur une durée définie, le prix d'utilisation de la valeur certaine dans la réalité d'un temps délimité.

Valeur

Substance satisfaisante au sujet relative à un objet. L'objet de valeur répond à une fin du sujet en formant une matière distincte du sujet. L'effet de la valeur est la satisfaction d'un sujet partageable par d'autres sujets. La valeur n'existe que pour un sujet libre de son objet. La satisfaction du sujet dans la valeur exprime le choix effectif qu'il fait de l'objet. La valeur est l'effet libre du sujet sur l'objet qui contienne une matière, formée par la fin retenue du sujet. La valeur est effet de vérité de la réalité dans le sujet.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 14:10

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Stabiliser la liquidité des monnaies par le bancor

La Modern Monetary Theory (MMT) rassemble les réflexions économiques contemporaines sur la monnaie qui cherchent à dépasser la contradiction entre le monétarisme friedmanien et le keynesianisme. La MMT tente le compromis entre la monnaie objet qui sert d'étalon pour calculer des prix qui ne doivent pas dépendre d'elle et la monnaie active qui est un outil politique de la croissance économique. La crise actuelle montre que la théorisation de la monnaie est mise en échec par les faits. Les Etats souverains et les banques centrales ont perdu le contrôle des équilibres économiques par la politique monétaire et la politique budgétaire. Pire, la destruction des équilibres économiques, monétaires et budgétaires vient d'un système financier incontrôlable emporté dans sa spéculation sur sa propre destruction.

La MMT décrit la malignité des phénomènes en cours mais ne les explique pas ; pas plus que les théories économiques qui s’expriment jusqu’à présent. La crise que nous vivons est systémique : les systèmes par lesquels nous analysons les équilibres de la production de richesses n’expriment aucune causalité à l’effondrement de la croissance économique et à la paupérisation des pays développés. Dire que l’État est maître de la création monétaire par le budget et par la dette sur laquelle s’appuie l’émission monétaire n’apporte aucune solution à la perte de contrôle public du système financier. Les théories économiques analysent une insolvabilité du système financier mondial mais ne proposent aucune solution convaincante. Le système financier ne produit pas et ne produira pas la valeur réelle qu’il affiche comptablement ; on ne sait comment le formuler pour retrouver le prix de la réalité.

La valeur réelle du système financier est visiblement inférieure à la somme du prix des actifs nominaux inscrits dans les comptes financiers. Le système financier est en faillite mais il est impossible de le dire car il faut alors évaluer ses pertes et les répartir afin de rétablir la vérité des comptes et faire disparaître les institutions en valeur nette négative. La crise du système est l’absence d’efficience à produire des prix qui signifient quelque chose et l’absence d’efficience à imputer les pertes éventuelles aux acteurs qui en sont à l’origine. Le système financier est un TGV à pleine vitesse sur sa voie ferrée qui n’a plus de frein et dont le conducteur est évanoui incapable de signaler le problème dont il est affecté. Peut-être que des ingénieurs ont des solutions au problème ; mais il faudrait qu’ils en soient informés pour proposer des réponses pertinentes.

La crise des subprimes a déconnecté le système financier de l’économie réelle. En vertu des théories économiques en vigueur les banques centrales sont venues au secours des banques puis les Etats au secours de tout le système bancaire. La théorie économique, financière et monétaire ne sait pas distinguer une crise de solvabilité d’une crise de liquidité. Comme on sait traiter la liquidité du système mais pas sa solvabilité, on dissimule le problème de solvabilité par une inondation de liquidité. Les pompes à incendie fonctionnent à plein régime mais le foyer de l’incendie est invisible et reste quelque part de plus en plus actif. Le foyer de l’incendie, c’est la division du pouvoir politique en nationalités concurrentes sur un système financier mondial unique qui subvertit toute tentative des gouvernements et des banques centrales de réguler la finance par l’économie réelle.

Ce qu’aucune théorie économique ne semble capable d’analyser c’est l’absurdité politique et financière de monnaies nationales utilisées comme monnaies internationales. L’utilisation internationale du dollar et de l’euro, c’est le TGV sans frein par l’absence de conducteur : les banques centrales sont incapables de voir ce que les banques font en dehors de leur juridiction avec la monnaie qu’elles émettent. Elles ne peuvent pas contrôler la transformation de leurs liquidités en crédits à des débiteurs macro-économiquement solvables, qui soient collectivement capables de produire la richesse correspondant à la totalité de leurs emprunts. Les Etats sont réduits à la même cécité à devoir garantir des institutions dont ils ne contrôlent que la partie localisée sous leur juridiction.

Le quantitative easing est la seule politique que les banques centrales puissent adopter pour dissimuler l’insolvabilité croissante du système financier qu’elle ne peuvent pas contrôler ni encore moins résoudre. La liquidité absorbée par le système financier va alimenter les bulles spéculatives partout où il n’existe aucun principe d’évaluation réaliste des prix. Les bulles qui ont le plus de potentiel spéculatif sont maintenant les dettes publiques nécessaires à la production de liquidité centrale. Laquelle liquidité est nécessaire pour dissimuler les ravages de la spéculation contre les dettes publiques. Pour spéculer contre les dettes publiques étatsuniennes et européennes, il suffit de se placer en monnaie des pays émergents pour faire baisser le dollar et l’euro et accélérer mécaniquement une catastrophe de plus en plus certaine dans la suspension des paiements extérieurs de la zone dollar et de la zone euro.

L’utilisation libre des monnaies nationales dans les paiements internationaux permet au système financier d’acheter gratuitement des liquidités aux banques centrales pour dégager des plus-values sur l’accélération de l’effondrement du système. Le TGV fonce et personne ne pense à couper le courant. Couper le courant, ce serait convertir dans une monnaie internationale commune toutes les positions internationales en monnaie nationale. A partir du moment où l’euro et le dollar peuvent être dévalués en tant que monnaie domestique par rapport à une monnaie internationale, il devient dangereux d’exporter de la liquidité sans l’investir dans l’économie réelle car le mouvement même de liquidité entre deux monnaies provoque une variation de change qui renchérit un mouvement inverse sans cause réelle visible.

Avec une monnaie internationale, la conversion d'une monnaie nationale dans une autre traduit un besoin réel d'échange de biens et services, de crédit ou de capital entre les deux pays. Les taux de change traduisent des équilibres de long terme fondés sur la solvabilité. Vendre par exemple du dollar pour acheter du real provoque la dévaluation du dollar par rapport à l'étalon internationnal comme appréciation d'une moindre solvabilité de la zone dollar. Faire l'opération de change inverse sans le fonder sur une appréciation réelle d'une transformation réelle de la solvabilité de la zone réal nécessite de payer le prix de la dévaluation qu'on a initialement provoquée à partir d'une analyse fondamentale de la solvabilité relative des deux zones monétaires. La monnaie internationale rétablit la responsabilité des Etats et banques centrales sur leur monnaie et mutualise l’équilibre international de la liquidité et des changes. Aucune théorie économique n’a jusqu’à présent démontré l'absurdité d'un système monétaire international fondé sur un étalon monétaire rationnellement négocié comme sous-jacent d'un marché international transparent d'options.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 16:45

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Retrouver la métaphysique de la monnaie

La matière limite l’esprit autant que l’esprit limite la matière. Mais ces limitations réciproques jouent chacune dans leur ordre de nécessité et de causalité. Ne pas les accepter toutes les deux, c’est tomber soit dans l’idéalisme soit dans le matérialisme qui sont deux manières de fuir la réalité de la vie humaine. Pour cette raison, la monnaie qui s’inscrit dans les limites de la cohabitation des individus doués d’esprit et vivant dans leur corps de matière est le prix sous-jacent aux options négociées sur un marché d’égalité de droit. L’option associe trois personnes, par deux prix et un objet matériel nommé d’une même matière. Le vendeur de l’option vend le prix nominal à une personne et l’objet matériel à une troisième. L’acheteur du nominal est l’épargnant de la monnaie et l’acheteur de l’objet l’emprunteur de la monnaie.

Ainsi la monnaie est mesure médiatrice de l’objet matériel, de l’esprit de l’épargnant et de l’esprit de l’emprunteur. Le vendeur de l’option est médiateur dans le temps de la relation entre l’objet matériel et son prix nominal. Le vendeur d'option assume la variation de la prime qui est le deuxième prix en garantie de la stabilité de la monnaie sous-jacente au nominal de l’option. La structure optionnelle de la monnaie répond à l’équilibre de la valeur humaine entre la matière et l’esprit. L’étalon international des prix qui permettra de retrouver la valeur humaine sera le bancor sous-jacent à un marché international transparent et régulé d’options de crédit.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 16:20

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Vérité et mensonges de la théorie monétariste

Commentaire déposés sur le Blog de Paul Jorion.


Un concept sans réalité tangible

Convenons que la vitesse de circulation de la monnaie est un concept sans réalité visible en soi donc non mesurable comme cause hypothétique de la création monétaire. Quand plus de transactions sont conclues dans l’économie avec une même quantité de monnaie centrale au bilan de la banque centrale, personne n’a jamais été capable de faire la différence entre une augmentation bancaire de la transformation de monnaie centrale en crédit et une accélération de la compensation des crédits entre banques. La monnaie matière métaphysique est comme la matière physique à la fois ondulatoire et corpusculaire. La vitesse de circulation est l’onde et le crédit inscrit dans les dépôts bancaires est l’accumulation de corpuscules. Les banques travaillent sur l’ambivalence matérielle de la monnaie et la spéculation joue sur l’impossible fixation de la monnaie entre l’onde et le corpuscule.

Pour revenir dans la réalité humaine qui n’est pas quantique il faut considérer le système financier phénoménologiquement en réunissant dans un même champ de relations la réalité objective analysée et la réalité subjective analysante. Là on revient à la réalité du marché où des objets informationnels s’échangent entre des sujets informés s’il existe des règles pour que toutes les informations pertinentes au prix soient effectivement échangées. Un tel marché de l’information régulée existe : c’est le marché international d’option de la réalité en droit que les démocraties qui veulent se développer instaureront entre elles pour connaître le prix de ce qu’elles produisent effectivement.

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