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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 22:05

Bancarisation de l'internet, humanisation de la finance

L'Internet des objets accomplit un saut quantique par rapport au simple réseau des internautes que nous connaissons. Il met en communication directe sans intervention humaine les objets physiques distants des utilisateurs. Les objets deviennent dans une certaine mesure contrôlables à distance comme une extension ubiquitaire du corps humain physique. La chaîne de transformation de l'idée en acte concret s'affranchit de la distance physique et de l'appropriation de l'idée par l'intelligence individuelle.

Cette troisième mutation cognitive s'accomplit derrière la mutation financière qui avait accompli les deux premières délocalisations du contrôle de la chose par l'idée. Le crédit avait en effet décomposé l'utilisation des objets en propriété et possession pour permettre le prêt. Le capital avait ensuite décomposé la disposition des objets entre présent et futur. Le prix en capital d'un objet est sa valeur d'échange au présent indépendamment de la propriété, de la possession et de la disposition ; donc la valeur pour le propriétaire indépendante de l'existence concrète physique de l'objet.

L'Internet des objets permet désormais la connaissance objective indépendante de toute existence concrète dans le temps et dans l'espace pour le sujet qui connaît. La connaissance est concrètement et intégralement décomposable et partageable hors des contraintes du temps et de l'espace. Cette nouvelle liberté humaine de l'être permet dans un premier temps de spéculer sur les divergences d'interprétation du droit humain entre des systèmes politiques en rivalité les uns contre les autres. Ce qui n'est pas autorisé dans un certain espace politique peut être vendu au-delà des frontières sans le moindre coût supplémentaire.

Dans un deuxième temps, il devient possible de décomposer rationnellement toute la comptabilité de l'être. Chaque étape de conception et de fabrication d'un objet a son prix spécifique. La monétisation des objets n'est plus arbitraire avant qu'ils ne soient effectivement produits ; l'anticipation des transactions monétaires n'est plus spéculative entre les mains des initiés du système monétaire international. Dans un troisième temps la discussion transparente par l'Internet des sujets et des objets de toute transformation des besoins en services réels aux personnes va réguler la monnaie, la finance et les techniques par le bien commun délibérable.

Nature numérique du langage humain

Bernard Benhamou, Délégué Général à l'usage de l'internet, a produit en 2009 un texte dans la revue Esprit sur l'Internet des objets (Internet des objets, défis technologiques, économiques et politiques). Cet article annonce les phénomènes critiques qui se déploient actuellement. La connaissance numérique est le foyer de la crise. Les droits humains ne sont plus protégés dans les lois et réglementations ; les réglementations n'établissent pas de différence numérique entre les sujets et les objets ; l'économie numérique ne contient pas de dispositif de séparation des intérêts humains. Or les dérives financières révèlent les clés de l'économie numérique. La virtualité que l'homme produit peut être remise au service de sa liberté.

Depuis que l'homme civilisé parle et compte, il crée une réalité numérique dans l'univers de la réalité sensible. La philosophie aristotélicienne du langage exprime ce constat par l'affirmation du nombre constitué de matière et du nom constituant la matière par la forme. Le nom désigne la matière formée dans un objet réel ; le nombre compte l'objet. De la combinaison du nom et du nombre émerge la finalité du locuteur qui parle et compte. Qui parle pour qualifier et compte pour quantifier afin de hiérarchiser des finalités disponibles dans la subjectivité.

La réalité numérique formée et matérialisée dans la réalité sensible produit la finalité. Le locuteur exprime sa finalité en attribuant des limites aux objets par le nombre ; nombre qui n'a de sens qu'attribué à des formes identifiée dans l'objet, c'est à dire à l'une des qualités choisies par le locuteur dans la matière de l'objet. Par le nom et par le nombre, par la qualité quantifiée, le locuteur assigne des fins aux objets : il s'exprime comme sujet. Un sujet distinct des autres sujets mais en relation avec eux par le langage de la réalité numérisée. La numérisation du réel par le langage sépare les sujets dans une réalité qui alors devient objectivement commune.

La réalité numérique du langage est le lieu de rencontre des sujets individualisé. Les objets de matière formée dans des fins sont échangés par les noms de la réalité dénombrée. Dans le modèle aristotélicien d'expression de la réalité, le langage est structuré par la distinction de la matière, de la forme et de la fin de l'objet ; ainsi l'objet produit-il un effet du sujet sur les autres sujets, du sujet sur la réalité objective extérieure à soi-même et du sujet dans la réalité transformée par le temps. Grâce à l'effet qui s'échappe du nombre par le temps, le sujet est libre.

Le sujet, les relations du sujet et le temps subjectif produisent le changement des objets dans le temps réel. Le changement est inexorable par le temps qui s'écoule ; il est désiré par l'échange entre les sujets ; il est subjectif par l'action du sujet introduite dans la réalité. La réalité numérique connue par le sujet est explicable dans quatre dimensions : matière, forme, fin et effet. L'effet est la conséquence du changement induit par le temps et le langage. La matière est formée dans la fin choisie du sujet.

Numérisation financière de la réalité

L'univers numérique quadri-causal du Stagirite est le lieu de la démocratie, du marché, de la finance et de la monnaie. La démocratie d'Aristote est le régime politique du langage dont le sens est discutable par tout sujet. Le marché est l'espace numérique de transformation des noms en nombres et des nombres en échange de réalités objectives. La finance est la numération des objets dans le temps de la démocratie. La monnaie est la matière du prix quantifiant les objets nommés par le langage. La matière du prix est primée par la négociation de la réalité objective.

Les trois fonctions de la monnaie nommées par Aristote sont la quantification du prix, le règlement du prix par la vérification des fins de l'acheteur et du vendeur et la mise en réserve des prix dans le temps entre la vente et le rachat. Il en résulte trois états de la monnaie : le prix nominal, le crédit entre les sujets du prix et le capital de temps négociable en prix. Les trois états de prix synthétisent la monnaie comme prime d'option ; option financière du prix nominal d'un objet informé par la réalité à terme. La monnaie est la liquidité numérique de la réalité nommée et dénombrée dans le temps.

La finance qui calcule en monnaie la liquidité du prix dans le temps transforme l'objet nommé en prix ; transformation dans la limite de la réalité possible par le capital disponible. La finance actualise au présent la liquidité du capital du sujet sur la réalité à terme des objets qu'il annonce. En matérialisant en monnaie l'actualité des fins objectives du sujet, la finance est une activité informatique du prix des objets dans le temps. Les techniques informatiques ont depuis leur origine des motifs financiers ; d'abord d'accélération du calcul, ensuite de traçage des prix et finalement de description qualitative des objets.

L'informatique finance la réalité du sujet par la transformation du nombre, puis par le stockage des nombres et des noms et enfin par la production d'images numériques dans la réalité virtuelle des nombres et des noms. La perversité de l'informatique et de la finance est de limiter le sujet inattentif aux réalités virtuelles. A des réalités imaginaires qui ne suffisent pas à vivre ou sont contradictoires avec les réalités concrètes nécessaires à la vie.

Destruction spéculative du réel par le nombre sans sujet

Si l'Internet a démultiplié la puissance financière des sujets à échanger par le langage, à calculer et à imaginer, il n'apporte aucune garantie de transformation du virtuel en réel. La spéculation financière a trouvé dans le numérique un extraordinaire terrain de jeu ; la multiplication des ventes de prix mélange les réalités vraies et les réalités illusoires ou fausses. La réalité numérique est le lieu de la subjectivité passive ; le lieu de la puissance qui ne passe pas à l'acte ; l'espace des objets qui ne sont pas concrets.

La prolifération du virtuel détruit le réel en captant toute l'attention du sujet. Le virtuel distrait l'acteur inattentif à la vie et au temps réel. La transformation de l'objet virtuel en objet réel exige le travail du sujet ; un travail actif d'information de la matière ; de transformation de la réalité physique par le choix de ses fins. Le passage de la réalité virtuelle à la réalité physique s'accomplit par l'activité financière d'indexation : le prix anticipé par le sujet d'un objet virtuel est transporté par une chaîne de sujets jusqu'au produit réel livré au consommateur final.

L'effondrement en cours du système financier vient directement de la discontinuité de la chaine d'indexation des objets dans la transformation du virtuel en réel. Conscients de la non-vérification de la continuité de l'index monétaire de l'objet conçu dans la virtualité à l'objet livré dans la réalité physique, les spéculateurs émettent des prix en crédit accumulé et jamais remboursé. Le marché financier non régulé n'indexe pas tous les emprunts sur les emprunteurs ni sur des objets effectivement produits et livrés à un acheteur final.

Quand des emprunteurs ne sont pas objectivement tenus de déclarer ce qu'ils transforment ni l'échéance de livraison de l'objet réel non marqué par l'objet virtuel promis, il est impossible d'identifier les crédits qui ne seront pas remboursés. Il est juste possible de constater la contraction relative de la réalité physique des objets de certains sujets par rapport à la réalité virtuelle annoncée dans la masse des crédits. Pour ramener la masse des crédits dans une proportion raisonnable des réalités accessibles par un prix, la facilité est de prélever sur le revenu monétaire des acteurs économiques trop faibles pour négocier le prix de ce qui leur est dû.

Différenciation numérique objective et subjective de la matière et de la forme

L'avènement de l'Internet des objets repose sur les nouvelles technologies de marquage et de mesure des objets physiques. La transmission locale sans fil et les puces d'identification par radio fréquence (RFID) transfèrent des informations par l'Internet avec une faible consommation d'énergie. L'indexation des objets est désormais possible d'un bout à l'autre de la chaine financière du producteur au consommateur des biens et services. Il n'y plus aucune raison valable de disjoindre la virtualité financière objective de la réalité physique subjective.

L'indexation des objets physiques par des puces RFID transmet les propriétés des objets physiques par des capteurs connectés à l'Internet. La représentation des objets effectifs dans l'espace numérique peut être automatisée. Deux dimensions de l'objectivité non fongibles l'une dans l'autre sont mises en évidence : celle de la réalité sensible et la nouvelle dimension de la représentation numérique des objets. Le nombre informatique fait exister les représentations de qualité et de numération en prix des objets indépendamment de l'action du sujet qui parle, regarde ou lit.

Une nouvelle source de donnée jaillit dans l'Internet directement issue des objets sans que le sujet utilisateur performatif de l'Internet n'ait à travailler ni à décider la production de la donnée. La création des données numériques relatives aux objets remonte donc aux concepteurs des modèles de données et aux propriétaires des puces RFID et des capteurs. Un nouveau pouvoir émerge à l'insu potentiel des utilisateurs des objets ; ils peuvent devenir les sujets inconscients et passifs de leur objectivité numérique.

Une mutation s'opère par l'Internet des objets où la production de données n'est plus asservie à l'initiative de tout sujet individuel mais à celle de quelques-uns. Le gisement d'informations numérisées va croître sans que tous les sujets qui font la matière d'origine des objets numériques soient conscients de leur existence ni de leur utilisation potentielle. Le contrôle de l'information numérisée par les sujets est entièrement décidable selon la responsabilité que les sujets veulent assumer les uns des autres. L'arbitrage politique se pose sur les trois axes du sujet, de l'objet et du langage reliant les sujets par les objets.

Langage de la propriété objective, réelle et humaine

Le réductionnisme objectiviste limite la problématique de la connaissance à la description des sujets et des objets sans considérer la complexité de la relation entre les sujets. La complexité de la relation est contenue et exprimée par le langage. Ou bien le langage est transparent et transforme la complexité en bénéfice commun ; ou alors le langage cherche la complication afin de livrer le réel au rhéteur. La spéculation trompe le sujet en retranchant le particulier de sa connaissance ; l'objet réel est masqué par la généralité numérique abstraite. L'oblitération de la finalité du langage à restituer et faire connaître la réalité humaine livre le contrôle de la réalité à des minorités d'initiés.

Les experts du langage dans les différents domaines de la connaissance sont toujours tentés de prendre le contrôle des sujets non initiés ; il veulent être sûrs d'exister par la privatisation de leur domaine de pouvoir. Le langage n'est plus un outil d'échange et de don entre les sujets mais un artifice de possession. La politique professionnelle, la finance et l'informatique en donnent une illustration dont tout sujet conscient de lui-même sait en ressentir les effets.

Pour évoluer dans la réalité vraie, les hommes utilisent le langage. Ils délibèrent entre eux pour nommer les objets sensibles ; partager le sens des réalités qui les mette en relation objective réciproque. Nommer de la même façon un même objet aboutit à la réalisation possible des finalités de chaque sujet. Le nom commun de tout objet permet de demander ou de proposer à l'autre. Le langage est la liberté du sujet de donner et de recevoir les réalités objectives. Mais cette liberté-même contient la possibilité de sa propre négation par le sujet technocratique.

Par le langage chacun choisit de reconnaître l'autre ou de le posséder ; la liberté est accordée ou refusée. La parole désignant une réalité partageable est une information. Les sujets sont propriétaires de l'information par la possession des objets physiques qui en sont la source. Ils sont propriétaires par les décisions qu'ils prennent à partir de l'information détenue sur les objets ; mais aussi par la définition des informations qui qualifient l'objectivation des réalités. La décision n'est pas libre sans la liberté de qualifier l'objet décidable.

Droit du langage de l'émancipation et d'interdiction de l'aliénation

La propriété des objets par laquelle la réalité concrète est utile au sujet se connaît par les trois dimensions de la matérialité, de la conceptualité et de la finalité. La finalité et la conceptualité sont intégralement numérisables alors que la matérialité se divise entre le physique sensible et le virtuel numérique. L'Internet des objets est une menace si quelques sujets captent à l'insu de tous la finalité des objets ; s'ils ont la maîtrise exclusive et opaque de la conception. La modélisation numérique des formes de l'objectivité peut être de fait captée par des intérêts particuliers étrangers à l'intérêt général. Il y a bien un enjeu à définir l'intérêt général dans la numérisation des objets.

En créant un marché unique et un espace juridique commun, les Européens ont créé les conditions d'un intérêt général à des objets communs malgré la diversité et la nationalité des langages. L'Internet des objets motive une production réglementaire qui doit former des conditions de définition d'une finalité des objets numérisés. Poser les finalités possibles dans une loi commune de réalité respecte la subjectivité des langages. Mais la démarche est piégée si la règle porte sur l'objet physique et non sur l'objet formel qui doit rester négociable dans une pluralité de langues et d'intérêts.

Le droit européen est inefficient si la protection des sujets de l'information numérique est focalisée sur les artifices physiques : détruire ou neutraliser les capteurs numériques d'indexation de la réalité. Cette représentation de l'objectivité par la physique laisse de coté le problème de l'éthique numérique : préserver la liberté individuelle du sujet à délibérer, définir, investir et réaliser ses propres finalités dans les objets. La délimitation physique de l'usage des index numériques de réalité ne crée pas une liberté numérique de choix, de conception et d'utilisation des indexations possibles du réel. La réglementation des artifices technologique ne protège pas les sujets de la captation de leurs finalités, donc de la prédation des sujets par les sujets.

L'Internet des objets porte les dangers de ses potentialités : qu'en font ses sujets ? Les réseaux sociaux numériques révèlent les profondes inégalités dans l'accès aux réalités réticulaires. Pendant que certains produisent de nouvelles réalités collectives, d'autres sont absorbés dans des réalités dont la forme leur reste inconsciente et sur quoi ils n'exercent aucun esprit critique. Il suffit de constater les addictions de consommation physique et virtuelle où le sujet reste totalement incapable de formuler ce qu'il cherche et obtient vraiment pour lui-même. Sans structuration préalable de la subjectivité sur la considération de soi dans la relation à l'autre différent de soi, l'univers numérique produit l'aliénation du sujet dans l'objectivité produite par les autres.

Responsabilité du donné derrière la propriété objective des sujets

Le sujet possédé par son image numérisée est au cœur de la crise systémique en cours. La numérisation du réel humain accentue les possessions intersubjectives de la réalité physique. La finance est depuis l'origine des civilisations l'anticipation du réel par le nombre ; elle a montré comment l'informatisation offre l'intégralité du réel au sujet financier déclaré crédible sans preuve visible. En se présentant comme activité objective sans représentation explicite du sujet dans ses droits et obligations, la finance est parvenue à imposer un crédit exclusivement issu de la quantité sans nécessité d'une qualification réelle. La monnaie est devenue pur nombre indépendant de toute loi entre des sujets identifiables et reconnus dans leurs intérêts propres.

Le passage en cours de l'Internet des sujets à l'Internet des objets sans différenciation visible des sujets par les objets numériques accentue les pouvoirs d'auto-aliénation des sujets. Or l'Internet offre au sujet un espace ouvert de dépôt de ses finalités. Les finalités numérisées dans la mémoire virtuelle collective sont libres de production, libres d'accès et libre d'élection par le sujet qui ne les a pas proposées. Toutefois, la liberté des finalités n'est pas formée par la propriété des données qui les expriment : l'auteur vivant d'une finalité choisie par un autre dans l'Internet n'est pas responsable de l'humanité transformée dans la réalité ; le prix humain des finalités vécues n'est donc pas systématique ; et le producteur d'une finalité effectivement vivable n'est pas récompensé. La reconnaissance sociale ne suffit pas à subvenir aux besoins humains de tous les producteurs de finalités efficaces.

L'absence de propriété publique des données numériques produit l'irresponsabilité sociale, collective et politique. N'importe quelle finalité peut être vendue par un prix invérifiable dans la réalité physique d'un sujet. Le phénomène s'affiche dramatiquement dans le traitement de la crise de surendettement grec : les marchés financiers produisent une mesure de la solvabilité grecque absolument déconnectée des engagements effectivement pris par les sujets de l'économie grecque. Les pouvoirs politiques cherchent une réconciliation de la virtualité financière avec la réalité économique par-dessus les sujets propriétaires des finalités poursuivies. Le chômage s'installe dans les pays endettés faute de transformation des objectifs financiers en travail humain réel objectif.

Le réel est détruit par le défaut d'appropriation des finalités par les sujets ; la destruction du réel par le virtuel vient de la non-propriété des données imposant des finalités incompréhensibles. Les informaticiens savent les conditions d'efficacité de la propriété des données : identification infalsifiable du sujet par la biométrie, détermination de l'accessibilité d'une donnée par son propriétaire, transparence de la relation de propriété, responsabilité personnelle du propriétaire sur la réalité exprimée par la donnée.

Bancariser la responsabilité des droits par le nombre

La propriété virtuelle de la donnée numérisée détermine une structure d'organisation politique de l'Internet : l'indexation des objets physiques doit être confiée aux sociétés constituées pour les produire ; l'indexation des objets numériques doit être confiée aux sociétés constituées pour identifier des finalités transformables ; l'indexation des finalités compatibles avec les droits de l'homme dans son environnement physique doit être confiée aux sociétés financières ; l'indexation des fins réalisées et réalisables par des prix d'échange en monnaie entre sujets de droit doit être confiée à des sociétés politiques.

Pour remplir la finalité d'indexation du réel humain sur le droit de liberté du sujet, toute société d'appropriation du donné procède de la démocratie au sens étymologique : autonomie des sujets, égalité de condition des sujets, liberté finale du sujet individuel et solidarité des sujets par la réalité physique. La démocratie numérique est l'articulation du réel économique à la démocratie politique par la démocratie financière. En révélant ses dévoiements, l'espace de numérisation financière de l'interaction des sujets sur les objets crée une opportunité de démocratiser l'économie réelle ; c'est à dire de garantir réellement le financement de la démocratie.

La démocratie numérique revient à bancariser l'Internet sous la loi de la finalité responsable. La banque de compensation de l'économie humaine (BCEH) consiste à sanctuariser l'identité numérique des sujets afin que les corps humains physiques soient maîtres de leurs propriétés objectivées dans l'économie des prix. La bancarisation des données numérisées établit la propriété des données objectives par la loi d'association des sujets dans leurs finalités partagées. L'individuation est libre et solidaire dans une réalité rendue commune par les fins échangées.

La destruction des sujets et des objets dans la réalité physique devient insensée dès lors que l'autorité financière dédiée à l'application de la loi s'oblige par la finalité numérique objective. Tout objet réel est contrôlé par son propriétaire responsabilisé par la propriété numérique publique sous responsabilité bancaire. La conséquence financière et monétaire de la responsabilité numérique est l'impossibilité du prix sans propriétaire, sans objet réel ou sans loi de finalité partageable.

Réhabilitation numérique du travail de reconnaissance humaine

La banque de donnée dépositaire des propriétés du sujet réalise la justice de la loi sous le pouvoir judiciaire autonome de la démocratie. Elle réalise la justice du prix en formant les échanges par égalité de droit entre sujets. Elle réalise la justice de la monnaie en attribuant la propriété numérique du crédit aux vendeurs effectifs d'objets réels répondant à la finalité des acheteurs. L'appropriation numérique bancarisée de la donnée reliant le sujet à l'objet fonde un espace de connaissance universelle.

Les acteurs financiers de l'assurance, de l'investissement et du crédit deviennent objectivement distincts et complémentaires au service du sujet, de la réalité de l'objet et de la fiabilité du prix dans le temps. La spéculation est strictement limitée par le capital exposé au futur effectivement indéterminable. La puissance publique est strictement limitée à l'intérêt général délibéré dans la loi, à l'assurance de la protection des sujets par la séparation des pouvoirs et à la maîtrise d'ouvrage des investissements et dépenses collectifs.

La comptabilité des prix en monnaie est strictement limitée par l'application d'une même loi à des sociétés politiques constituées sous un État commun. La réglementation des techniques est strictement limitée par la prise en charge des risques normatifs par les scientifiques. La science et la recherche sont rémunérées par les primes d'assurance que les techniciens versent aux propriétaires des données scientifiques. La science qui garantit l'innocuité des applications techniques ne peut plus se désintéresser de l'appropriation du savoir par le sujet.

L'objectivation de tout réel est connue par la donnée numérique déposée ; l'attribution en propriété de l'objet numérique restaure le travail d'invention véritable comme source de toute valeur. Le sujet ne peut plus prétendre à une quelconque propriété sans travailler à une finalité physiquement transformable en objet réel. Tout prix inscrit au débit d'un sujet correspond au crédit d'un autre sujet par une relation objective identifiable dans une demande, un investissement, un travail et une offre assurée de réalité à terme livrable. Tout prix nominal mesure un droit dont la réalité est engagée par un travail garanti par une prime.

Urgence de la démocratie numérique en résolution du chaos

La prime acquise par un acheteur primaire identifié par une banque de données est un objet distinct du prix nominal établi entre acheteur et vendeur nominaux. La prime comptabilisée en monnaie associée à l'objet numérique assure le crédit d'une livraison effective à l'échéance du vendeur de l'objet nominal réalisable. La financiarisation de la donnée objective numérisée crée une relation de solidarité objective entre le crédit du sujet qui travaille et le crédit du sujet qui garantit le prix de vente de l'objet travaillé.

L'Internet structuré par les sujets, les objets, les lois du vivre ensemble et la réalité physique numérisée est potentiellement un marché universel de la connaissance humaine ; une connaissance transformable par le travail en économie de la satisfaction libre. Si une communauté politique valide l'efficience morale de bien commun numérisé négociable, alors l'économie numérique de la connaissance peut être réellement formée par l'Internet ; alors les investissements monétaires sont mineurs pour :

1. convertir la zone euro en système monétaire international de liquidité du crédit

2. organiser la convertibilité économique des systèmes juridiques de protection des sujets

3. constituer un marché mondial de justification du prix des théories scientifiques

4. coordonner la régulation financière internationale des prix, du crédit, du capital et de l'assurance

5. financer l'éducation et le partage humain des connaissances philosophiques et scientifiques

6. créer un marché du travail assurant la satisfaction des besoins humains librement négociables

7. construire l'indexation des monnaies sur le travail et le financement des États dédiés à la protection des sujets du travail

Un important travail de sensibilisation et de formulation est à accomplir. L'efficience de l'économie numérique doit être démontrée par l'expérimentation locale visible : sociétés d'échange local de travail garanti, marchés de normes professionnelles, systèmes d'assurance de service public, plateforme de formation scientifique et professionnelle...

Le temps qui paraît nécessaire à l'exploitation des nouvelles technologies numériques n'est pas réellement disponible dans la crise systémique en cours. D'une part, les transformations techniques sont très rapides et d'autre part les capacités d'action collective publique sont en désagrégation accélérée. Les processus enclenchés dans les pays endettés détruisent la paix civile. Les solutions possibles doivent être discutées avant que la décrédibilisation du pouvoir politique ne débouche sur le chaos général.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 09:38

CapitalCreditMonnaieCouverture

Plan de sauvetage de l'Europe

  1. La philosophie d’Aristote abandonnée depuis la Renaissance contient une théorie de la valeur fondée sur la décision, la responsabilité et l’altérité humaines.

  2. L’explication aristotélicienne de la valeur pose l’efficience comme introduction des finalités humaines dans la matérialité physique par la formalité métaphysique.

  3. La modélisation aristotélicienne de la valeur pose la forme du prix comme effet de crédit en matière monétaire ; le capital garantit la couverture de la fin économique investie dans la valeur.

  4. La valeur est par Aristote (qui parlait de philia) la métaphysique du langage humain des sujets en quête de réalisation de soi par la relation à l'autre

  5. Le modèle de quadri-causalité aristotélicien (fin-effet-forme-matière) utilise l’intelligence, l’observation et la volonté humaines pour réduire l’incertitude du futur par la connaissance accumulée dans un marché organisé par une société de droit.

  6. La causalité de la valeur dans l’effet de la matière formée par les fins humaines est applicable aux processus financiers pour calculer la consommation de capital par unité de crédit transformée.

  7. Le crédit transforme le prix anticipé en objet réel de valeur à l’échéance du processus financier.

  8. La spéculation est la possibilité de dissimuler des fins particulières dans des marchés fragmentés dans des systèmes de valeur privatisés non partageables ; la crise actuelle de la spéculation est annulation des critères sociaux et politiques de discernement de la valeur économique future.

  9. Une impasse systémique est créée par la nécessité d’augmenter les fonds propres financiers dans un contexte de rentabilité réellement réduite par la fragmentation de la valeur des anticipations financières.

  10. Les titres de dette publique qui étalonnent la rentabilité de la valeur future sans risque sont réellement surévalués par rapport à la solvabilité démontrée des États et autorités publiques.

  11. Les parités monétaires compatibles avec le remboursement à terme des dettes internationales apparaissent contradictoires avec la stimulation monétaire actuelle des échanges et de la croissance mondiale.

  12. Les modélisations économiques et financières actuelles de la valeur n’identifient plus de causalité stable de la rentabilité durable, de la création nette de valeur au fil du temps.

  13. Les prix de la liquidité, du crédit et du risque sur les marchés financiers contiennent une volatilité incompatible avec le capital effectivement disponible pour les couvrir.

  14. La défiance s’installe et rien n’indique que la croissance réelle de la valeur mondiale puisse durablement repartir sans un renouvellement du paradigme économique et financier en vigueur à l’échelle du monde.

  15. La quadri-causalité peut structurer la gouvernance, l’organisation et le contrôle interne pour accroître la disponibilité endogène de capital dans tout processus humanisé de création de valeur.

  16. L’efficacité de la quadri-causalité aristotélicienne dépend de son assimilation dans une culture de la personne, sociale et entrepreneuriale de responsabilité humaine.

Le texte complet du plan de sauvetage.

 

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 16:41

CapitalCreditMonnaieCouverture

Aristotelian philosophy establishes four axes of causality within the reality : material, formal, final and efficient. Applying Aristotle to economics and financial practices implies four analytical elements in the price : nominal, real, credit and insurance. These elements cannot be calculated in anticipation of future reality without a framework both real and conceptual. The link between nominal price, real object, credit of value and insurance of personal ownership of value is provided by market. Not only a virtual market but a real space where subjects and objects are actually visible and verifiable.

So value is the choice of each subject on objects. Price is the common value within plurality of subjects. Uniqueness of price means market equilibrium on object exchanges. Economy is really possible if market is defined by political law materialized by one money. So money is the logical link between a specific law state and a defined market. If money is cleared by real transactions and specifies the exchange market, it may count value with fair prices. Money may be material of credit and credit may be material of real value in present and future.

The actual system crisis may be explained by denial of law in so called free capital markets. Markets have been virtualized by finance and therefore disconnected from reality of law, credit and liquidity. Economy may be restablished by a two levels monetary system with local and global currencies. The global currencies should be international credit standards within regional markets.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 13:32

Ré-humaniser immédiatement la monnaie

Depuis la confirmation en juillet 2011 d'un deuxième défaut grec malgré un plan européen de redressement décidé en mai 2010 et depuis la dégradation de la notation de la dette publique américaine sur laquelle repose l'évaluation monétaire et financière de toutes les dettes du monde, le système bancaire mondial s'achemine vers son euthanasie toute proche.

Le diagnostic d'un excès mondial de dettes est clairement formulé et démontré. La faillite générale est pourtant différée par l'accumulation de dettes nouvelles dans les banques centrales et les quelques États dont la solvabilité est supposée encore crédible. La crise est dans sa phase paradoxale ; l'explication de la dette entraîne l'aggravation de la dette.

Le monde entre étymologiquement dans une apocalypse. L'homme a jeté par la dette un voile sur sa réalité. Empêtré dans ce voile insensé, il découvre qu'il est davantage que ce qu'il se doit à lui-même. Il lui faut dépasser le voile, passer à travers le mur de la dette, pour connaître au-delà du présent ce que la dette représente.

Les dettes sont des anticipations comptables du futur. Elles engagent le futur au présent. Mais elles ne sont pas tout le futur qui par nature n'est pas encore. Derrière la représentation comptabilisée en monnaie, il y aura des vies humaines. Elles reprendront les promesses héritées du passé mais les transformeront dans leur réalité présente pour que le passé soit vivable dans la perspective d'un futur désirable.

L'apocalypse en cours est le dévoilement de la réalité derrière l'exercice de son actualisation financière. Après avoir essayé de réduire toute sa réalité à des prix présents en monnaie, après avoir confié toute son économie politique à son intelligence spéculative, la société humaine mondialisée redécouvre la pluralité de ses points de vue dans une réalité commune. Or il existe bien une monnaie représentative de la diversité commune des choix humains de vie.

Vie humaine en trois dimensions

La réalité humaine s'analyse en trois compartiments distincts synthétisé par la vie individuelle des personnes en société. La réalité empirique est celle qui s'impose d'elle-même à la sensibilité de l'homme par la matérialité. Cette réalité est la même hors de la volonté humaine pour tous les hommes vivants au présent.

A l'opposé, la réalité psychique est propre à chaque personne. Le psychisme est le nœud de relations de la personne avec les autres en elle-même. Dans le psychisme de la personne, le passé s'associe au futur par le présent ; et la vie sociale personnelle s'incarne dans les virtualités de la réalité empirique. La troisième réalité est virtuelle. C'est le lieu de la volonté individuelle et collective qui met l'homme en action.

L'action transforme réciproquement la réalité psychique par la réalité empirique. Dans la réalité virtuelle de l'homme se développent toutes les représentations qui et que décident la personne en société. La réalité virtuelle s'exprime par le discours et par toutes les productions humaines ; productions dans la réalité empirique présente issue de la réalité psychique historisée par la virtualité.

La réalité virtuelle interfère avec la réalité psychique dans l'intimité de chaque personne. Seule la réalité empirique est observable exclusivement au présent. La temporalité se situe dans la réalité psychique. Elle se communique entre les hommes par la réalité virtuelle sous la forme du discours. Le discours exprime toutes les virtualités du temps en deçà et au-delà du présent empirique. La finance, la banque et la monnaie sont des activités de la réalité virtuelle.

Conditions réelles de la virtualité financière

La finance est la virtualité des actions humaines dans le temps. Elle donne des prix au passé. Elle mesure les prix du futur au présent. Elle inscrit la réalité empirique présente sur un axe virtuel du temps collectif. L'objectif financier est la transformation collective de l'héritage du passé en objets voulus de bien commun ; bien commun négociable exprimé collectivement dans des biens personnels.

L'existence de la finance est réelle par la mise en relation de la réalité empirique avec la réalité psychique. Le psychisme humain se satisfait de la réalité empirique si elle est utilisable dans la relation entre individus dépendant les uns des autres. Si les réalités empiriques circulent d'une personne à l'autre, elles leur apportent individuellement un bien qui est commun ; un bien reconnu comme tel par les personnes en relation d'échange.

Historiquement, la virtualité financière opère le réel à deux conditions : la loi et le marché. La loi structure par la réalité virtuelle la relation entre les psychismes personnels. Le marché est la réalisation empirique de la relation des personnes par les corps. Les corps sont les personnes instituées par la loi dans la réalité empirique. Sans la loi, les corps ne sont plus l'expression des personnes sur le marché.

Avènement du totalitarisme financier

La virtualité financière n'opère la réalité que si la détermination de la loi des échanges sur le marché reste extérieure à la finance. Or la libéralisation des marchés depuis les années 70 a consisté à laisser la finance définir ses lois. Les agents de l'autorité publique dépositaires de la loi et vérificateurs de la loi entre les personnes se sont retirés des marchés.

Le marché abandonné à la finance ne réalise pas des relations entre des personnes. Il absorbe la réalité empirique des corps dans la réalité virtuelle des individus interchangeables. Toute réalité humaine est placée sur le plan de la virtualité. Toute personne est prêteuse et emprunteuse des prix en monnaie. La finance de marché auto-régulée par sa propre loi adosse le prix des emprunts au prix des prêts. La réalité empirique sous-jacente au prix est éludée.

La finance auto-régulée raisonne exclusivement en plus-value. Pour que les prêts soient suffisants pour rembourser tous les emprunts, il faut que les prêts croissent dans le temps plus vite que les emprunts. La plus-value sur les prêts doit être calculée pour lever tout doute sur les emprunts. Alors le calcul se substitue à la réalité.

La virtualité du calcul financier raisonnant sur lui-même n'a plus de considération pour la réalité empirique. Le bien ne peut plus être une réalité sensible mais uniquement le prix d'une plus-value. La plus-value raisonnée dans la virtualité devient l'unique horizon de la vie psychique. Le psychisme colonisé par le calcul de la plus-value en monnaie n'accède plus à la réalité empirique.

Le vivre ensemble détruit par la finance sans loi

La crise des subprimes a révélé la totale émancipation financière de la réalité. Les dettes s'étaient accumulées dans le seul but de faire des plus-values comptables sans qu'aucun besoin humain ne soit satisfait. Comme les États de droit ont légalement renoncé à imposer une règle humaine à la finance, ils ont accru leurs propres emprunts pour refaire la crédibilité de la plus-value financière virtuelle.

Depuis aout 2011, la finance dérégulée laisse voir que les plus-values accumulées sur les États n'existent pas dans la réalité. La dette publique des États-Unis, le plus gros emprunteur de la planète a été dégradée. Les États, dépositaires de la loi d'un bien commun, sont devant l'alternative de reconnaître que le système financier n'existe plus comme bien dans la réalité psychique ; ou de modifier la loi pour asservir la réalité humaine empirique à la virtualité financière érigée en seule réalité possible.

Comme la réalité empirique de l'économie humaine mondiale est divisée entre des nationalités désunies, la paix civile mondiale est contrainte de s'appuyer sur la virtualité financière. Les lois sont différentes selon les nations. Les marchés réels sont nationaux et régionaux mais pas internationaux. Le maintien légal de la paix et des échanges internationaux oblige en théorie les États à se désintégrer et les banques centrales à émettre de la monnaie hors de toute mesure de la réalité empirique.

Prédation légalisée du réel

Après avoir absorbé la réalité empirique, la virtualité financière absorbe la réalité psychique. Les autorités politiques se mettent à démanteler les États auxquels les marchés ne prêtent plus. Il est question aux États-Unis de supprimer les services publics fédéraux. Dans la zone euro les parlements des pays surendettés sont dessaisis de leurs pouvoirs budgétaires et fiscaux.

Dans le reste de la zone euro et au Royaume-Uni, les dépenses publiques de protection sociale et de protection du travail sont officiellement diminuées afin de rééquilibrer les budgets. Tout se joue dans la virtualité financière où il faut simuler un équilibre des prêts et des emprunts hors des réalités humaines psychique et empirique.

La simulation financière de la réalité est jouée par le prix des prêts prétendu inférieur à l'échelle du monde au prix des emprunts et des fonds propres du système financier. Or les prix sont calculés par les opérateurs financiers sur des marchés qui n'existent pas dans la réalité vérifiable. En l'absence d'une loi humaine commune d'appréciation des prêts et des emprunts internationaux, les prix ne sont pas mesurés selon le même temps réel d'un système juridique à l'autre.

La réalité en retournement contre la finance

La convertibilité des monnaies non régulée par les États autorise les banques internationales à comptabiliser des contrats dans la monnaie de leur choix au prix de leur choix. La soustraction de la finance aux réalités psychique et empirique est accomplie par la légalité de la banque de l'ombre. La licéité des prix et des échéances de crédit comptabilisés échappe à toute vérification publique.

Le sens psychique des monnaies est désormais inversé. Les monnaies ne sont plus émises à proportion du règlement des transactions reconnues légales. Elles sont émises à proportion des besoins empiriques que le psychisme doit dissocier de la loi. L'homme est obligé d'abandonner la loi du vivre ensemble pour ne pas reconnaître l'inexistence de la plus-value financière dans la réalité vraie.

L'émission de monnaie par les banques centrales hors de tout bien visible dans la réalité empirique implique la disparition du système financier à brève échéance. Les liquidités empruntées à la banque centrale sont immobilisées dans le soutien du prix des actifs fictifs accumulés dans les bilans financiers. La monnaie n'est plus liquide pour financer des projets réels.

La réalité lisible dans le marché régie par la loi

L'Allemagne prépare l'abandon de l'euro. Elle ne peut plus perdre l'épargne des Allemands dans des prêts internationaux à des activités sans réalité empirique donc sans consistance morale. Les autres créanciers nets du monde comme le Japon, la Chine et le Brésil préparent de leur coté l'abandon du dollar. La promotion du FMI dans une nouvelle régulation internationale des monnaies prend acte de la défaillance de la Fed et de la BCE.

Les deux banques centrales prêtent leur liquidité à la plus-value financière et non à des emprunteurs dont la solvabilité soit démontrable. Fed et BCE sont dans l'incapacité d'apprécier les débiteurs de la monnaie qu'elles émettent à cause de l'utilisation multinationale de la liquidité de leur crédit. La solvabilité des monnaies serait mesurable à condition d'une intégration des économies par les souverainetés nationales responsables de la solvabilité selon la loi qu'elles appliquent effectivement.

Remettre la monnaie sous le régime d'un bien commun consiste à remettre la finance sous le contrôle des lois nationales. L'équité financière est impossible sans l'adhésion morale des parties à une même loi. Mais les lois nationales restent librement appréciables dans la réalité empirique de n'importe quelle monnaie s'il est institué une monnaie mondiale commune ; une monnaie dédiée à l'appréciation de la loi d'économie de n'importe quelle souveraineté nationale sur son propre marché.

Monnaie universelle de décompte de la légalité nationale

S'il existe un marché financier international fondé sur l'appréciation des monnaies d'application des lois nationales à des marchés nationaux, alors les parités de change intègrent la réalité empirique dans la réalité virtuelle par la réalité psychique d'une loi humainement appliquée. Lois et monnaies deviennent de la réalité virtuelle négociable dans les pays où elles sont émises.

En dehors de sa nationalité, l'étranger ne doit pas pouvoir dissocier la richesse concrète, de la loi qui la définit ni de l'unité monétaire nationale qui comptabilise la richesse réelle. Entre deux monnaies nationales, les différences d'appréciation d'un emprunteur par rapport à un prêteur doivent s'exprimer par une monnaie neutre d'égale signification quelle que soit la position des parties.

Un marché financier international peut par nature unir des virtualités nationales distinctes en formant une même réalité empirique quelle que soit la nationalité. Cela se réalise effectivement en rétablissant la relation logique entre la loi et la monnaie : la monnaie est la représentation dans la réalité empirique nationale de la loi appliquée dans la réalité psychique. De la restauration de la virtualité financière de la loi par la monnaie naît l'étalon monétaire universel.

Loi universelle du crédit indexé sur la réalité

La monnaie universelle est la conséquence de l'application universelle des lois nationales à la condition de transactions internationales visibles sur un marché transparent. L'application d'une loi nationale à une transaction internationale doit être alors explicitement garantie par la communauté internationale. Et le prix des monnaies nationales en monnaie internationale varie selon le risque que les lois nationales ne soient pas appliquées.

Pour indexer la parité d'une monnaie nationale sur l'application d'une loi nationale il suffit de garantir en monnaie internationale les emprunts internationaux des États et des banques nationaux. La régulation financière s'applique par les parités nationales contractuellement dévaluées si la prime de garantie de tous les emprunteurs n'est pas positive en monnaie internationale.

La régulation universelle du crédit par la cotation publique des primes de crédit implique simplement un marché mondial unifié où tout acheteur de prime est vendeur de sa propre prime. Le marché multinational de garantie du crédit émet la monnaie universelle à proportion des crédits effectivement garantis et effectivement remboursés.

Société multinationale de démocraties

De la même manière que la fusion financière des réalités empirique et psychique provoque la destruction de la civilisation, la distinction multinationale des trois dimensions de l'homme vivant rétablit l'équilibre mondial de l'existence humaine personnelle et sociale. La monnaie d'un marché international du crédit d'une réalité commune restaure instantanément la possibilité d'un bien humain dans la diversité des personnes et des nations.

L'apocalypse financière exposée au regard du monde vient du croisement des cultures dans une représentation globalisée du monde. La numérisation en réseau de la connaissance humaine confronte plusieurs visions contradictoires d'une même réalité empirique. Le psychisme humain fait face à un choix radical entre l'uniformité rêvée ou la pluralité acceptée.

Soit les hommes se refusent dans leurs différences : la guerre économique se prolonge. Les nations s'effacent derrière des intérêts financiers en lutte pour asservir l'homme à de fausses dettes. Soit les hommes décident de s'enrichir de leurs différences : les nations se démocratisent pour discuter les lois qui transforment la réalité en satisfaction humaine. Alors la monnaie traduit la réalité empirique d'une virtualité au service des personnes en collaboration dans la démocratie multinationale.

 

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 16:08

Revenir à la monnaie d'Aristote

Revenons à la définition aristotélicienne de la monnaie comme réserve de valeur, unité de compte et moyen de règlement. Sans ces trois fonctions distinctes et logiquement nécessaires les unes aux autres, la monnaie ne répond plus à sa finalité humaine, sociale et politique.

La finalité politique est matérialisée dans la dette publique : la dette publique compte ce que la société politique se doit à elle-même pour constituer un État souverain. La finalité sociale est matérialisée dans la dette bancaire : la dette bancaire compte les promesses que la société s’est échangé avec elle-même pour produire des biens et services. La finalité humaine personnelle est matérialisée dans les dettes privées.

Les dettes privées sont de trois natures qui sont représentées dans les bilans financiers publics et bancaires. La nature des dettes personnelles se différencie par des degrés de conditionalité échéancés dans le temps. Ces degrés s'expriment dans le hors-bilan, les actifs et passifs et les fonds propres.

Les trois sources comptables du prix

Le hors-bilan compte le prix nominal maximal que tout engagement légal ou contractuel représente au présent et dans le futur entre des parties prenantes liées par une communauté de droits. Les actifs et passifs comptent le prix nominal actuel effectivement réglé ou à régler résultant des transactions négociées entre une origine passée et une échéance contractuelle future.

Enfin les fonds propres comptent le prix réel estimé au présent de l’écart possible et probable entre les actifs et les passifs comptabilisés. Entre la personne publique, les personnes morales et les personnes physiques, seules les personnes morales tiennent une comptabilité précise de leurs fonds propres.

L’État dans toutes ses composantes institutionnelles est garant sans limite comptable de l’application du droit. Ses fonds propres sont virtuellement infinis si le droit est appliqué avec des dépenses publiques réduites. Les fonds propres publics sont au contraire virtuellement négatifs si les ressources publiques sont consommées à l’encontre du bien commun.

La personne physique est dans la même position comptable que la société politique. Ses fonds propres sont potentiellement infinis si elle n’a aucune dette comptabilisée par une autre personne ; et négatifs si les créances qu’elle pourrait contracter resteront vraisemblablement inférieures aux dettes dues.

Les abus de la vision capitaliste

La notion de fonds propres ou de capital est éminemment subjective. Elle dépend des obligations que les lois reconnaissent aux personnes et à leurs propriétés. Elle dépend également de ce que les personnes morales décident effectivement de comptabiliser en actif et en passif. Dans le système actuel de dérégulation publique, la finance privée est prépondérante.

Les obligations et droits privés ne sont pas évalués selon le même étalon de prix que les obligations et droits publics. Les personnes morales qui le peuvent comptabilisent des actifs en minimisant leurs obligations publiques et leurs dettes privées.

Afin d’afficher avec certitude des bénéfices comptables, les personnes morales cherchent la taille critique qui leur permette de laisser le prix des obligations publiques à la dépense publique. A l’inverse elles captent le prix du travail des personnes physiques en négociant le maximum de créances sous un rapport de force favorable.

La monétarisation et la privatisation des échanges économiques offrent aux grandes organisations industrielles une capacité de négociation asymétrique. La force est assimilée à la quantité. Le capital quantifié des personnes morales prime sur le capital qualifié des personnes publiques et les personnes physiques.

La suprématie des personnes morales sur les personnes physiques et publiques s’exprime dans le système monétaire et financier par la survalorisation de la fonction de réserve de valeur des monnaies. Afin de faire croître leur capital et d’afficher une rentabilité du capital attractive en capital, les personnes morales internationalisées effectuent leurs règlements en monnaie là où la personne publique ne leur impose pas d’obligation : dans les pays en développement et les paradis fiscaux. Et elles tiennent leurs comptes là où la personne publique est garante de la valeur de la monnaie : dans les États de droit développés.

Reconstruire l'équilibre systémique

L’asymétrie monétaire a pour origine systémique l’indifférenciation substantielle du capital et du crédit. Le bilan comptable des personnes morales exprime les fonds propres comme si l’unité de compte avait le même degré de certitude que les autres passifs. Ainsi la logique comptable de la personne morale préoccupée de sa survie s’inverse par rapport à la personne publique et à la personne physique dont l’existence n’est pas discutable. La personne morale limite ses obligations morales par son capital comptable et la plus-value qu’elle en extrait. Les personnes publiques et physiques produisent, elles, des plus-values par leurs engagements moraux que la comptabilité ne compte pas.

Les monnaies s’effondrent actuellement par asymétrie morale systémique. Les personnes morales multinationales ont poussé leur privilège monétaire au-delà du réel acceptable et supportable aux personnes. Le conflit est maintenant frontal entre personnes morales et personnes réelles. Si les personnes réelles se soumettent, la morale disparaît dans la virtualité d'une humanité qui ne choisit plus. Mais si les personnes morales disparaissent, l’humanité réelle ne s'exprime plus dans la responsabilité des personnes.

Pour restaurer l’équilibre moral de la monnaie entre ses trois fonctions, il n’y a pas d’autre solution que l’internationalisation de la fonction de réserve de valeur. Mais il faut que la valeur découle de la morale, donc d’une loi politique partagée par plusieurs nations de culture juridique différente. Le seul lieu où un étalon de valeur morale de la monnaie puisse être émis est l’Union Européenne.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 13:16

Constitution de l'économie politique

Version projet :
Fondation aristotélicienne de l'économie : effet économique de la matière formée par la fin

Vers le méta-système des options personnelles compensées

La crise survenue en 2007 par un problème localisé de liquidité du marché financier international révèle trois problèmes clés spécifiques à la conception et à la pratique du crédit :

1. la dette des États croît sans limite rationalisable dans la réalité économique

2. les dettes internationales s'accumulent en contradiction avec l'équilibre des monnaies

3. les dettes interbancaires ne sont pas proportionnées à la capacité des banques à anticiper la réalité économique

La crise financière entre dans une phase radicale. Le système politique des États structure de la réalité économique se délite. Faute d'alternative logique reconnue par les élites au pouvoir, l'obligation de rembourser les dettes contractées dans le passé est attendue de la réduction du potentiel de production des emprunteurs. La décroissance économique des pays développés endettés se révèle plus rapide que les remboursements effectifs de dette. L'échange économique sera détruit dans sa finalité avant que la diagonalisation des dettes par la production réelle ne soit rétablie.

L'économie internationale de production de biens et services repose sur une systémique auto-déstabilisante. L'avènement d'une économie mondiale multipolaire rend caduc le système international des monnaies étalonnées sur le dollar des États-Unis. Les dettes comptabilisées en dollar anticipent une production engagée selon d'autres lois que celle des prêteurs en dollar. L'accumulation de dettes internationales confrontent des prêteurs à des emprunteurs dont les lois politiques de production et de négociation des prix sont différentes voire contradictoires.

L'utilisation internationale du dollar subordonne l'émission monétaire à une double asymétrie : entre les prêteurs et les emprunteurs ; et entre les États nationaux et les banques internationales. Les États-Unis débiteurs nets du monde maîtrisent la monnaie qui comptabilise leurs dettes. Les banques intermédiaires de transformation de l'épargne en prêts font leurs bénéfices en proportion de la probabilité de non-remboursement des dettes. Les actionnaires du système ont un intérêt objectif à sa perte.

L'asymétrie générale entre prêteurs et emprunteurs provoque trois ruptures :

1. entre les économies nationales de travail et l'économie financière internationale

2. entre les États endettés et les banques bénéficiaires illimitées de l'endettement

3. entre les acteurs de la production réelle et les acteurs de l'anticipation en crédit

L'évidence des ruptures des emprunteurs vers les prêteurs entraîne l'effondrement progressif du travail de la production réelle dans l'ensemble du monde. Les pertes en suspens de crédit non remboursable interdisent d'engager des investissements au profit d'acheteurs réellement solvables. Les banques réduisent leurs crédits à la production afin de rassurer les épargnants et les déposants affolés.

La confiance ne peut pas être restaurée sans une loi universelle de mesure du crédit effectivement remboursé et probablement remboursable. Cette loi est la compensation des transactions de prix par l'égalité internationale des droits. L'abolition internationale des privilèges d'emprunt implique la compensation dans une monnaie internationale :

1. des anticipations financières par la garantie des prêteurs

2. des garanties aux prêteurs par la production réellement livrée

3. de la production réelle par des obligations de droit publiquement vérifiables

L'émission de monnaie internationale est par essence réglée en proportion des garanties accordées par les prêteurs internationaux, particulièrement aux États et aux banques. La compensation en monnaie de crédit garanti instaure une obligation universelle de justification publique des emprunts par des engagements réels personnels de production de service. Le prix des monnaies en étalon de crédit international s'établit selon l'anticipation des capacités réelles de production internationale des emprunteurs nationaux.

L'économie de compensation ne repose pas sur une rationalité intrinsèque des choses mais sur l'observation objective du réel engagée par la responsabilité personnelle en égalité politique des droits. L'instrument juridique et financier de rationalité du réel est l'option. La prime d'option du prix nominal mesure l'engagement des sujets d'intelligence du travail dans la réalité du futur.

Le système du crédit adossé au dollar contredit le réel par impuissance du pouvoir oligarchique. La matière concrète empruntée dans des prix purement spéculatifs reste non transformée. Le système de la compensation internationale des prix en égalité des droits rétablit l'investissement de l'intelligence humaine dans la réalité négociable par la société politique.

L'efficacité économique de la compensation dans l'égalité politique n'est pas démontrable abstraitement. La compensation ne peut être qu'expérimentée et comparée avec le régime en vigueur de l'oligarchie. Le système de l'oligarchie est la rationalité économique non discutable dans ses fondements.

La constitution de l'économie discutable par la politie est fondée sur l'hypothèse de la démocratie ; le régime politique de l'égale dignité des citoyens à discuter le prix de toute chose ; l'économie du droit à réaliser ses fins personnelles par le crédit produit de la société ; le crédit de la loi commune du bien délibéré par la politique. L'économie de la démocratie est constituée : entièrement convenue par la loi discutée indépendamment des choses.

L'hypothèse de la démocratie a été formalisée par Aristote sur la république de Platon. A partir de l'effectivité de la réalité matérielle formée par des fins humaines, la nomination de l'objet par le sujet entraîne une suite de conséquences logiques. Le sujet définit le prix, le crédit et la monnaie par sa finalité d'économiser la matière objective dans l'échange. Toutes ces hypothèses construisent une possibilité d'économie politique par une rationalité universelle de la monnaie.

De l'hypothèse logiquement développée de la rationalité monétaire, émerge la thèse de la disparition vraisemblable de la chrématistique. La plus-value pour la plus-value est incompatible avec la liberté humaine et les limites du monde physique. La synthèse de l'économie politique restaurée n'obéit à aucune nécessité qui ne soit le choix conscient de l'homme en relation politique avec la société inscrite dans sa nature.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 14:16

L'hypothèse est encore marginale dans la recherche académique d'une explication possible de la crise actuelle non pas à partir des concepts et théories existants mais à partir d’une évaluation des incertitudes entre les modèles de connaissance en vigueur et la matière actuellement observable.

L’informatisation de la connaissance et la mondialisation produisent des interactions entre les domaines et les acteurs de la connaissance qui sont encore largement inconnues et dont les conséquences ne sont pas conceptualisées. Ainsi l’explosion des rémunérations financières ou la volatilité des prix sur les marchés financiers sont constatées mais non expliquées. Il n’est pas possible aujourd’hui de dire si ces phénomènes obéissent à une nécessité objective scientifiquement vérifiable ou s’ils proviennent d’un rapport de force historique tout à fait arbitraire.

Face à cette réalité anthropologique expérimentale, la démarche originale de Paul Jorion consiste à remonter au niveau de l’épistémologie, de la philosophie et de la linguistique pour analyser les prémisses historiques de l’état actuel des sciences de la politique, du droit, de la société, de la finance et de l’économie. La remise à plat du socle conceptuel de la science moderne ne peut pas se dispenser de reprendre la conceptualité d’Aristote pour reformer les concepts de modélisation de la matière politique qui puissent produire une explication des phénomènes rassemblés sous l'appellation d’hyper-modernité.

La conclusion qui émergera dans la recherche économique, financière et juridique, c’est la possibilité de mesurer par un marché d’option l’écart possible et variable entre un modèle scientifique et son objet matériel de connaissance désirée. Cette « mécanique » d’évaluation du risque de la connaissance humaine s’exprimera par la monnaie si la monnaie est régulée selon cette logique ; s’il est mis en vigueur un « méta-droit » universel obligeant tout locuteur scientifique à engager ses hypothèses théoriques sur un marché qui cote le risque de fausseté des hypothèses par le coût probable de ses conséquences.

Ce paradigme transformé de la connaissance scientifique objective peut se résumer à une mutation de la description platonicienne du monde vers sa discussion aristotélicienne. Ce changement de paradigme s’exprime sur l’internet où toutes les connaissances sont exposées sur un même plan sans hiérarchie a priori. C’est au sujet humain de la connaissance de construire sa grille individuelle de lecture selon les objectifs virtuels ou réels qu’il poursuit pour lui-même et pour les sociétés auxquelles il choisit de s’intégrer ou non.

Le parti de poser l’hyper-modernité comme posture scientifique moderne de rupture avec la tradition scientifique pré-moderne antérieure à la Renaissance peut apparaître encore prématurée. Le processus actuel de transformation de la connaissance dans la mondialisation et la numérisation du savoir est brutal. La science a pris trop d'avance sur la conscience.

 

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 15:30

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Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.

La rente du bien commun

De quelle nature est la rente de la démocratie ? La rente rémunère la propriété d'un bien. Le citoyen est par nature un rentier. Quel est le bien spécifique que la démocratie rémunère ? Si le rentier perd sa conscience et sa responsabilité de citoyen, il perd la démocratie. Le bien spécifique de la démocratie est le bien commun ; un bien qui appartient à tout le monde pour appartenir à chacun ; un bien qui appartient à chacun pour appartenir à tout le monde. Un bien qui n'est pas de matière physique mais qui produit de la matière financière. La crise de la zone euro, de l’Union Européenne et des « démocraties » occidentales vient de la schizophrénie du citoyen-rentier provoquée par l’individualisme exacerbé dans la cupidité.

 Le citoyen est un rentier par le fait que l’État de droit qu’implique la démocratie rend chaque individu créancier de la collectivité. Le contrat social de l’égalité des droits est une promesse de la société à chaque citoyen qui le croit d’un pouvoir personnel à agir ; un pouvoir potentiellement égal à celui de n’importe quel autre citoyen. Le pacte démocratique rend la société débitrice d’un même crédit à chaque citoyen. Ce crédit est la liberté d’entreprendre et de travailler pour recevoir en contrepartie l’évaluation sociale de sa production pour la collectivité ; production vendue par le marché au vu et au su de n'importe qui. Le crédit au sens juridique et financier est bien le prix attribué en monnaie de ce que la société achète au citoyen investisseur, entrepreneur et travailleur.

Rente monétaire et fiscalité du bien commun

Ainsi la rente est-elle économiquement et juridiquement la monnaie créditée aux citoyens sur la valeur ajoutée produite au bénéfice de la société. La rente rémunère l’investissement, l’entreprise et le travail que l’Etat de droit entre les citoyens reconnaît comme production de valeur pour la société. La rente ne peut pas exister sans la société constituée, sans le droit qui définit la valeur entre les citoyens, ni sans le marché qui permette de calculer les prix de la rente à verser en monnaie. Le problème fondamental de la rente du citoyen est donc bien la régulation du marché ; régulation des prix par le droit qui fasse société dans la durée.

La rente est une question de transformation collective d’une réalité commune, une question de partage de la valeur ajoutée et une question de règlement du crédit de la valeur collective en salaire, prime d’entreprise et plus-value d’investissement. Pour que la rente soit durable au bénéfice des citoyens, il faut financer le service public de la régulation du marché, de la délibération de la loi et de l’arbitrage de la justice entre les citoyens-rentiers. Le citoyen ne peut préserver ses droits à la rente démocratique sans payer une prime. La prime de la rente est la fiscalité par quoi le citoyen achète la police du marché, l’écriture de la loi et la justice dans toutes ses transactions.

Dépréciation financière de la démocratie

Les conditions politiques de la rente du citoyen sont étudiées, développées et mises en oeuvre depuis le XVIIIème siècle : pourquoi tout s’effondre-t-il aujourd’hui ? Parce que le monde a unifié dans une même économie des démocraties et des non-démocraties ; parce que l’hégémonie du dollar a permis de déconnecter l’émission monétaire du régime de la démocratie ; parce que les régimes démocratiques ont admis des régimes de non-droit dans des paradis fiscaux admis par la loi. Le résultat de ces transformations est la destruction des liens visibles et intelligibles entre la rente, les facteurs de la valeur et la démocratie. La rente s’est donc mise à détruire la valeur. La démocratie se vide de tout contenu et la rente se rétracte.

La rétractation de la rente s’opère par la dépréciation de la monnaie en valeur réelle. Les créances des citoyens sur la démocratie se déprécient sans compensation par les taux d’intérêt, ni par augmentation des salaires, ni par revalorisation des garanties sociales. La plus-value se contracte également faute de croissance économique réelle. Le système financier absorbe toute la plus-value pour différer le plus tard possible la déclaration des pertes sur les créances déposées en monnaie.

Réguler la finance par la démocratie

La démocratie n’est plus financée. Le système financier se réfugie dans les non-démocraties. La rente disparaît. Et les pauvres se révoltent. Le seul moyen d’éviter que la démocratie soit la cible de la révolte est effectivement la responsabilité des rentiers. L’achat doit devenir un vote comme le bulletin dans l’urne. Il faut différencier la monnaie de droit de la monnaie de non-droit. La monnaie de démocratie ne doit pas pouvoir servir à acheter de la fausse valeur ou des biens qui n’existent pas. Cela implique la création d’une monnaie principale de démocratie qui interdise les paris sur les fluctuations de prix non vérifiées par la valeur réelle. Cela implique que cette monnaie sépare le régime de la démocratie financière du régime actuel de la prédation financière.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 12:07

CapitalCreditMonnaieCouverture

Rôle de l'économie monétaire

Marx et Say ne se situent pas sur le même plan de réalité dans leurs affirmations économiques. Marx réduit les prix à la matérialité. La matérialité n'étant pas en soi extensible, Marx en déduit que l'accaparement de la plus-value par le capital rogne la valeur du travail jusqu'à rendre la plus-value impossible. Say se place sur le plan de la finalité qui n'a en soi aucune limite. L'économie de la valeur échangée implique nécessairement que la valeur offerte égale la valeur demandée. Ce qui n'est pas échangé n'a pas de valeur d'échange, ne peut apparaître ni en offre ni en demande. Marx et Say ont raison chacun dans le plan de réalité qu'ils choisissent. Mais n'embrassant qu'une fraction de la réalité, ils restent l'un et l'autre dans l'abstraction qui n'est pas la réalité. L'un et l'autre méconnaissent la fonction de la monnaie dans l'économie réelle. Pour Marx, la monnaie aurait expliqué la transformation possible des limites de la matière. Pour Say, la monnaie aurait expliqué les erreurs possibles de matérialisation des finalités économiques. Marx ne comprend pas que le crédit matérialisé dans la monnaie augmente les frontières de la valeur du capital par le travail. Say ne comprend pas que le crédit finalisé dans la monnaie transforme l'offre en demande et la demande en offre pour transformer les déséquilibres instantannés par l'épargne et l'investissement. Sans l'économie de la monnaie et de l'anticipation financière, Marx et Say ne parlent pas de la même chose.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 16:29

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Zébu : La prétendue thérorie de la valeur : des scolastiques à Paul Jorion

Commentaires parus sur le Blog de Paul Jorion.


PSJ @Pierre-Yves,

Votre analyse m’est absolument lumineuse. Elle me permet de vous répondre sur l’aporie que vous voyez dans une hiérarchisation contradictoire de l’économie par rapport à la démocratie. La puissance de l’économie politique aristotélicienne est qu’elle contient tous les composants analytiques d’un équilibre de l’économie et de la politique dans une même réalité qui ne les dissocie pas. Politique et économie sont la pile et la face d’une même pièce de monnaie. L’aporie vient de notre vision limitée qui ne peut pas regarder les deux faces en même temps.

Pour échapper à l’aporie qui se réalise dans la crise actuelle par la dissolution du politique dans l’économique, il faut faire un effort de foi pour admettre que la pièce de monnaie dont on ne peut voir qu’une face à la fois en contient bien deux. Le fondement de cet effort de foi est le choix rationnel que nous faisons de l’économie par la politique et de la politique par l’économie. La conséquence de ce choix est la monnaie qui quantifie l’ordre politique et qualifie l’ordre économique. Cette unité intrinsèque de l’économie politique humaine est bien mis en scène par la démocratie d’Aristote où la discussion des lois de l’échange, la confrontation des intérêts individuels et l’échange des biens matériels se fait dans la même agora. Les règles monétisables de la démocratie sont pour Aristote les règles de l’économie.

La récusation du concept de valeur par Paul Jorion intervient dans le champ de l’économie. L’explication de Zébu nous en donne la raison logique mais pas la relation historique complète. Les notions de valeur et de personne n’existent pas dans la cosmologie grecque (Shizosophie) pré-judéo-chretienne. Ces notions s’intègrent dans le système aristotélicien à partir d’Albert le Grand et Thomas d’Aquin. Ainsi que le rappelle Sylvain Piron, les deux philosophes dominicains se servent d’Aristote pour intégrer leur théologie morale dans une vision économique et politique de la société argumentée comme un tout cohérent. La scolastique introduit trois notions nouvelles dans le système aristotélicien qui les argumente parfaitement : la personne, la société et la valeur. La valeur est la forme qui unit la matière personnelle de la société à sa finalité.

L’invention de la personne liée à la société et à la finalité (divinité) par une économie morale va permettre l’émancipation de l’individu dans l’économie politique. A partir des guerres de religion qui marquent l’éclatement de l’unité ecclésiale, la politique, la science et l’industrie se libèrent de la société et des obligations qu’elle contenait envers la personne « à l’image de Dieu ». Très naturellement la notion de valeur est progressivement privatisée par les intérêts particuliers pour légitimer les libertés bonnes ou mauvaises prises à l’égard de la « cité de Dieu ». Pour critiquer les conséquences politiques et économiques de la privatisation de la valeur, Marx est obligé d’adjoindre la notion à la conceptualité aristotélicienne sur quoi il construit son discours. Le capital et la plus-value arrachés au prolétariat sont des catégories de valeur.

Mais 6 siècles après Thomas d’Aquin la dimension sociale de la personne a disparu. Toute la science économique se construit après Marx sur un homo economicus dépersonnalisé qui n’a pas le choix de la rationalité qu’il applique à son travail, ses échanges et ses investissements. L’économie s’est émancipée de la société et le socialisme se pose en anti-économisme. La crise actuelle achève le processus de destruction de la société par l’économie de la matière en supprimant toute autonomie du politique dans son ordre de rationalité, celui de la forme et de la finalité morale. La finalité de la politique est purement comptable. Elle ne peut plus considérer que des individus interchangeables sans avis personnel ni relations sociales.

Quand Zebu affirme que la valeur n’existe pas, il s’en tient à l’état purement quantitatif du monde présenté par la finance contemporaine. La valeur détachée de toute personne et de toute société n’est effectivement rien d’autre qu’un argument mythologique pour justifier le contrôle de la politique et de l’économie par une oligarchie « éclairée » par la lumière de sa raison juridique et financière impénétrable au commun des mortels. Si l’on achève le processus en supprimant la notion de valeur pour vider la finance de sa sève, on revient effectivement dans le modèle initial d’Aristote mais en effaçant 24 siècles de construction de la liberté humaine personnelle.

Or l’articulation actuellement aporétique entre l’économie et la politique peut être surmontée par… la finance. En réintégrant la finance dans l’économie par le marché issu de la politique. Il existe un outil abondamment utilisé par la finance et par le pouvoir juridique pour manipuler le prix : l’option. Dans son sens courant, l’option exprime la possibilité d’un choix dans un cadre de limites objectives et subjectives. L’option est l’outil de la valeur personnelle et sociale en tant qu’il présente aux personnes par le langage de la société les limites physiques et sociales des choix offerts à la raison humaine ouverte à la connaissance de l’autre par la réalité physique. Afin de posséder la raison du sujet capable de choisir, la finance prédatrice a maquillé l’option dans des produits dérivés qui dissolvent le sens du langage dans des modèles mathématiques et juridiques.

Il existe un moyen très simple de rétablir la valeur de l’option : créer un marché où tout vendeur de promesse est préalablement et personnellement identifié par la vente de son option de crédit. Dans ce marché formant une société, la vente d’un objet contre un prix est impossible si la prime d’option du crédit du vendeur n’est pas librement négociable à la vente et à l’achat. Tout vendeur de promesse économique ou politique est crédible sur le prix et sur l’objet que si la prime de garantie est positive ; c’est à dire si quelqu’un est en position acheteuse sur le marché à un prix positif du risque de non-réalisation à terme de l’objet et du prix.

Un marché international commun d’option résout définitivement l’opposition entre économie et politique en réconciliant toute décision de prix et d’objet par une société de personnes, acheteur, vendeur et garant, à l’intérieur d’une société politique constituée en marché. Un marché international de dérivés de crédit et de change non capté par des intérêts politiques nationaux restaure le marché de la démocratie d’Aristote où la valeur s’échange par sa matière, sa forme et sa fin. L’effet de ce marché est de poser la personne et la société au-dessus de l’économie et de la politique. Le prix de la politique et l’économie de la décision politique sont engendrés par la même société en accord avec elle-même sur le respect qu’elle porte à la personne.

Paul Jorion, @PSJ,

Ceci me semble le plaidoyer le plus convaincant jusqu’ici pour ce « marché de l’option ». A priori, je ne vois pourtant pas ce qui le protégerait de la naissance de bulles. Après tout dans une bulle, il y a toujours des acheteurs.

Chris06, @PSJ,

Il existe un moyen très simple de rétablir la valeur de l’option : créer un marché où tout vendeur de promesse est préalablement et personnellement identifié par la vente de son option de crédit.

Pourriez vous donner des exemples concrets qui décrivent comment ce marché d’options fonctionnerait pour que l’on puisse comparer avec la situation actuelle. Par exemple le marché immobilier, ou celui du blé, ou un autre : comment cela fonctionnerait il par rapport à l’organisation actuelle des marchés?
Je n’arrive absolument pas à comprendre ce à quoi vous voulez en venir. Pourtant, je suis extrêmement curieux et désirable d’essayer de vous comprendre mais vous vous exprimez en des termes qui sont tellement abstraits et peu usuels que je n’y arrive pas., même avec la meilleure volonté possible.

PSJ, @Paul Jorion,

Effectivement une bulle est toujours la conviction que des vendeurs sont parvenus à former chez des acheteurs. Ce qui fait bulle, c’est l’accumulation d’informations creuses sur une offre de quelque chose qui ne pourrait pas suivre sa demande. En encapsulant les prix dans des nominaux d’option, on enferme la parole financière dans une réalité objective ; une réalité que l’acheteur ne peut pas manipuler par lui-même en s’accordant du crédit ni le vendeur en garantissant un crédit conditionnel à son acheteur.

Le nominal de l’option doit être relié à une réalité vérifiable par une société, c’est à dire un ensemble de personnes réunies dans un marché qui les rende témoins de la relation établie entre le livrable à terme, la description nominale du livrable et le prix négocié à l’origine de l’option. C’est le marché qui doit faire la loi au sens où toute prime de nominal est soumise à l’offre et à la demande limitée et généralisée au seul marché ; toute prime doit elle-même être le nominal d’une option négociée entre un acheteur qui garantit le prix et un vendeur qui est garanti sur le nominal de prime achetée ; et tout nominal doit être relié à un livrable visible à terme qu’un acheteur a réellement besoin d’acquérir devant témoins de marché.

Le marché d’option est un vrai marché générateur d’une vraie loi du fait qu’aucun objet de matérialisation de la loi ne peut exister sans un acheteur, un vendeur, un garant du prix et un garant du livrable. Le marché d’option crée une société de personnes engagées et solidaires par un moteur commun de négociation et de réalisation du prix dans la satisfaction libre des acheteurs. Pour que ce marché existe, il faut qu’il recouvre en puissance toute la société humaine indépendamment des souverainetés nationales qui produisent les lois civiles. C’est là qu’intervient le bancor, étalon rationnel de valeur universelle.

Le bancor émis à proportion des nominaux effectivement négociés sur le marché international d’option ne contient aucune valeur qui ne soit pas réelle : l’existence du marché garantit un livrable à terme effectivement acheté ; le prix nominal est invariable jusqu’à l’échéance ; l’acheteur de la prime garantit l’application par la réalité à terme de la loi de satisfaction de l’acheteur de la valeur sous-jacente au nominal. L’internationalité du bancor interdit la spéculation par l’asymétrie de droit ou par la détention du pouvoir politique. Les bulles restent virtuellement possibles mais sont enfermées dans l’enveloppe nominale définie par les primes effectivement achetées, enfermées dans la réalité effectivement garantie par les acheteurs de prime, enfermées encore dans le travail des vendeurs nominaux responsables engagés de la livraison réelle d’un objet formé en droit.

La puissance du système aristotélicien de réalité est d’engager dans tout effet, une matière formée dans une fin. La réalité aristotélicienne ne peut pas exister sans sujet qui active un objet ; le sujet étant le maître de la fin tandis que l’objet forme la matière vers la fin achetée par le sujet. La réalité aristotélicienne est par nécessité logique, c’est à dire ni matérielle ni finale, un effet de la société de marché où les sujets se rencontrent pour échanger leur matière et leurs fins par leurs formes. La bulle, effet sans fin produit par une matière non formée est nécessairement réduite par la présence de la personne intégrée par la société.

Chris06, @PSJ,

Ce qui fait bulle, c’est l’accumulation d’informations creuses sur une offre de quelque chose qui ne pourrait pas suivre sa demande. En encapsulant les prix dans des nominaux d’option, on enferme la parole financière dans une réalité objective ; une réalité que l’acheteur ne peut pas manipuler par lui-même en s’accordant du crédit ni le vendeur en garantissant un crédit conditionnel à son acheteur.

Prenons un cas concret : l’immobilier

Ce qui fait qu’il y a eu une bulle de l’immobilier, c’est « l’accumulation d’informations creuses sur une offre de logements qui ne pourrait pas suivre la demande ».
(Je ne comprends pas ce que cela veut dire.)

En encapsulant les prix des logements dans des nominaux d’options, on enferme la parole financière dans une réalité objective.
Alors là, je comprends strictement rien : c’est quoi des « nominaux d’options », que veut dire : la parole financière est enfermée dans une réalité objective, concrètement ?

PSJ, @Chris06,

L’enregistrement des acheteurs et vendeurs est un principe fondamental des marchés à terme organisés pour permettre et garantir la compensation des ordres. Elle implique le plus souvent des dépôts de garantie ou des cautions pour couvrir les pertes financières potentielles sur les positions à terme. Une caution sur une certaine position vendeuse ou acheteuse à terme est une option de crédit où l’acheteur de la prime de crédit garantit que le vendeur de la prime livrera comme vendeur ou paiera comme acheteur le sous-jacent à l’échéance du contrat à terme. Sans marché organisé pour identifier les acheteurs et vendeurs du nominal et les acheteurs et vendeurs de prime qui les garantissent, n’importe qui peut raconter n’importe quoi pour faire croire à l’existence de quelque chose que personne ne produira. Lloyd Blankfein peut sans rire se comparer à Dieu : il dit et la réalité est ; du moins on le croit. Voyez ma réponse à Paul Jorion.

Mais je vois que vous l’avez déjà lue. Je vous réponds donc sur l’immobilier qui est un excellent exemple de moteur à bulles. L’offre immobilière n’est pas inventoriée dans une base d’information centralisée. Quand vous êtes vendeur particulier, vous n’avez jamais la certitude de toucher tous les acheteurs potentiels. Quand vous êtes courtier, vous avez un privilège d’information qui vous permet de vous porter acheteur d’un vendeur tenu en marge du marché. Quand vous êtes courtier et banquier, alors là vous dictez les prix dans la limite de l’espace que vous laisse les autres courtiers-banquiers. Ainsi les banques étatsuniennes (dont le comportement est visible par l’existence d’un marché concurrentiel) avant la crise des subprimes, vendaient-elles des crédits à des particuliers qui surpayaient leur maison à des courtiers qui se faisaient commissionner par les banques qui augmentaient leur portefeuille de crédit.

Cette cavalerie est rendue possible par la politique monétaire qui arrose le marché pour soutenir les prix ou ce qui revient au même pour dynamiser l’offre par la demande. Fondamentalement, les crédits de la banque centrale au système bancaire et du système bancaire à l’économie réelle ne sont pas limités par une appréciation objective de l’équilibre de l’offre et de la demande. Le prix des objets négociables est déterminé par le crédit et le crédit par la plus-value financière à réaliser. La production réelle de valeur qui satisfasse réellement un consommateur disparaît sous la spéculation des intermédiaires du prix.

A l’instant présent cette spéculation doit impérativement être nourrie pour dissimuler la non-valeur des dettes publiques et privées qui ne correspondent à aucune réalité comptant ou à terme. Si les banques centrales, les banques, les États et tous les emprunteurs se soumettent à un marché d’option, alors le vrai prix des actifs à terme apparaît avec une prime positive quand le prix nominal est réaliste ; et une prime négative à hauteur de la perte de crédit sur un remboursement à terme surévalué.

Chris06, @PSJ,

Merci de prendre le temps de répondre à mes questions, et en plus dans un language qui m’est compréhensible!
Je partage complètement votre analyse de la bulle immobilière.

Reprenons le cas de l’immobilier comment fonctionnerait un tel marché d’options? Qui décide si le prix nominal est réaliste ou non ?

PSJ, @Chris06,

Un marché de l’immobilier structuré par l’option signifie l’identification séparée a priori de tous les rôles contribuant au prix :
1) le producteur-propriétaire-vendeur du bien fait face à tous les acheteurs potentiels également informés ayant un intérêt à l’utilisation du bien
2) le courtier qualifie le bien, met l’information à la disposition de tous les acheteurs potentiels, garantit la qualification sincère du bien à vendre, inventorie les intérêts acheteurs solvables et assure l’égalité de traitement entre l’offre et la demande
3) les banquiers « primaires » garantissent les acheteurs potentiels de leur option d’achat du bien à vendre ; ils n’ont aucun intérêt sur le bien mais uniquement sur la capacité de chaque acheteur à régler son offre de prix si elle est retenue par le vendeur
4) le banquier de crédit mobilise l’épargne nécessaire au refinancement du crédit emprunté par l’acheteur effectif
La distinction des quatre rôles indépendants dans leur finalité propre détermine le prix réel du bien immobilier où l’équilibre de l’offre à la demande détermine les primes à payer pour que le vendeur soit sûr d’être réglé, que l’acheteur soit sûr de recevoir et d’utiliser ce qu’il acquiert, que le courtier rentre dans ses coûts de collecte et de mise à disposition de l’information, que les banquiers primaires touchent l’exact prix des risques qu’ils achètent à garantir le courtier et les acheteurs et que le banquier de crédit puisse effectuer le règlement au vendeur par la certitude de recouvrer le crédit auprès de l’acheteur.

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