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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 16:08

Définitions de science politique, économique et financière aristotélicienne.

Utilisation des notions de fin, forme, matière et effet.

Banque

Société spécialisée dans l'identification matérielle des objets de valeur, la mesure de leur prix dans le temps, leur comptabilité en crédit, leur garantie en capital et l'assurance de la conservation de leur prix objectif. Le verbe bancaire identifie les objets de son activité par leurs causes. Ces causes n'étant pas matérialisées dans l'objet financier de valeur qui n'a pas d'existence physique au présent, ne sont objectivement identifiables et distinctes que par la spécialisation du banquier sur une seule nature de cause financière. L'évaluation bancaire de la valeur est transparente à la condition d'une gestion indépendante de l'assurance des sujets et de leurs objets, du prix, du crédit et du risque.

Capital

Substance de la valeur quantitativement incertaine ; valeur dont le prix est incertain dans l'écoulement du temps, la liberté du sujet et l'instabilité de la matière physique dans la valeur du sujet. La valeur du capital est réelle, positive mais variable en monnaie. L'objet sous-jacent au capital est la relation de propriété d'un sujet à un objet. Le capital n'existe pas qui ne soit matière formée par les fins du sujet. Il est donc une option. La prime appartient au propriétaire de la fin, le nominal au propriétaire de la forme et la matière au propriétaire du crédit de la valeur. L'effet du capital est la réalité du prix de la valeur.

Certitude

État formel de la réalité objective invariable par rapport à la réalité subjective. La certitude est propre au sujet membre d'une société. La certitude est l' effet sur le sujet de l'incertitude de la réalité assumée par la société à laquelle il appartient. La certitude d'un prix est réalisée dans le temps limité d'un sujet par la vente de la prime d'option de l'objet sous-jacent.

Crédit

Prix invariable d'un objet promis verbalement à un sujet prêteur par un sujet emprunteur ; substance de la valeur quantitativement certaine dans une durée verbalement délimitée. Le crédit est une matière formée par l'engagement du prêteur et de l'emprunteur dans le temps. Le crédit est métaphysique, déterminé hors des contingences physiques par le langage des sujets d'accord sur les critères de stabilité du prix d'un certain objet à une échéance convenue dans le futur.

Demande

Proposition de valeur d'un objet à un sujet quelconque de sa propriété. La demande réassigne la fin de l'acheteur à l'objet offert. Le prix d'équilibre entre offre et demande provient de la liberté de choisir le sujet de l'offre par l'objet demandé de satisfaction.

Démocratie

Régime politique de la société où la décision du prix des objets de la valeur appartient à chaque sujet reconnu comme citoyen. La démocratie impose une définition discutée dans la Loi des objets librement négociables de la valeur sur le marché. Les lois sont le nominal des options politiques d'objectivation de la valeur libre adoptée par les citoyens. La fiscalité est la prime d'option de légalité des contrats négociés librement par les citoyens. La monnaie est l'unité de compte de la valeur sous-jacente à l'option politique de la démocratie.

Effet

Conséquence dans la réalité de l'action du sujet sur l'objet. L'effet produit le sujet distinct de l'objet. Il permet l'expression du changement d'état dans le temps d'un même objet de fins formées dans la matière. Il relie la métaphysique du sujet à sa réalité physique subjective et objective. L'effet est relation entre le langage et la réalité qu'il désigne. L'efficience est la réalité de l'effet pour le sujet. La négation ou l'ignorance de l'effet enferment le sujet dans l'idéalisme et le matérialisme. Le sujet privé d'effet est privé de réalité. Sans effet, l'exercice totalitaire de l'intelligence détruit la vie.

Fin

Propriété d'un objet investi par un sujet intelligent et libre. La fin justifie la forme par laquelle le sujet matérialise l'objet. La fin marque les limites de l'espace et du temps choisies et retenues par le sujet dans la réalité. La finalité est l'état des fins investies dans l'objet.

Forme

Expression du verbe qui rend l'objet intelligible au sujet. La forme est donnée par une société qui attribue une valeur commune au même objet. L'ensemble des formes exprimées par le langage fait système de valeur pour les sujets locuteurs. La formalité est la forme produite dans la matière.

Gérant

Sujet propriétaire de la formalité d'un objet de valeur. Le gérant est responsable des formes d'une matière dont il dispose de l'effet sans les fins. La fin qui forme l'objet appartient au sujet propriétaire de la valeur. Le gérant produit les formes de fins qu'il ne fixe pas dans les effets de matière qui lui sont confiés. La gérance est la responsabilité de la forme face à la fin et à la matière. Elle sépare la matière de la fin dans le calcul du crédit et du capital.

Intérêt

Fin investie par un sujet dans la valeur en temps d'un objet ; augmentation du prix d'un objet pour l'acheteur de son temps d'utilisation par rapport à son prix d'inutilité pour le vendeur. Le prix de l'intérêt se divise proportionnellement au temps en prix de l'utilisation réelle de l'objet et en prix de son utilité totale anticipée pour le propriétaire de sa fin. Les sous-prix de l'intérêt se calculent par la vente à terme de l'objet. La différence entre le prix comptant et le prix à terme est le prix d'utilisation ou prix de liquidité entre l'origine et l'échéance négociée. La prime de l' option du prix à terme est l'intérêt de plus-value pour l'acheteur de l'objet.

Liberté

Propriété du sujet à choisir ses fins. La liberté n'est pas l'absence de cause mais le choix de fins dans les limites de la matière. La liberté est ordonnée entre des sujets distincts par la régulation de la société instituée en autorité publique. Les règles de la liberté ordonnée entre les personnes forment la morale. Les principes moraux de régulation de la valeur sociale sont inscrit dans la Loi. L'économie est l'application des règles morales de production de valeur par la liberté en société.

Marché

Espace d'échange d' objets entre des sujets. La finalité du marché est la satisfaction des sujets par la liquidité des objets. Un objet est liquide qui a de la valeur pour au moins deux personnes et peut circuler entre elles contre un prix lisible par une troisième personne. Le marché est existence matérielle d'une société de sujets libres pratiquant une même règle de valeur entre eux.

Matière

Substance quantifiable qui individualise les objets. Des objets identiques sont distincts par la matière différentiée qui les constitue. La matière est origine de la comptabilité et de l'existence du prix. La matérialité est réalité de la matière, cause matérielle de la propriété des sujets sur les objets.

Monnaie

Unité de compte de la valeur en société. Une unité monétaire a formellement la même valeur pour tous les sujets d'une même société. La stabilité monétaire dans le temps implique l'adossement des signes monétaires au crédit. La contre-réalité matérielle de la monnaie et l'instabilité de valeur de la matière physique exigent que la circulation monétaire s'ajuste au capital disponible en garantie du crédit. Les contreparties réelles de la monnaie sont le prix des objets physiques circulant au présent, donc le prix du crédit passé qui a financé la production et le prix du capital présent alloué à la garantie des crédits en cours.

Objet

Cible d'une action énoncée par un verbe. L' objet est une matière de langage formée par des expressions verbales. Les mots qui désignent l'objet sont sa forme. L'objet contient les fins que lui attribue le sujet qui le nomme. L'effet de l'objet est son existence distincte et séparée des sujets qui agissent sur l'objet.

Offre

Proposition libre et intelligible de la propriété d'un objet de valeur contre son prix en monnaie.

Option

Faculté réelle de choix du prix d'un objet sur une durée déterminée. L'option contient un objet nominal dont le prix est fixé à une certaine échéance par un acheteur et un vendeur. Le vendeur engage la certitude du prix nominal en vendant son estimation du prix d'incertitude dénommé prime. L'acheteur de la prime paye en monnaie le prix d'incertitude au vendeur. En garantissant le prix nominal à l'échéance de l'option, le vendeur paiera à l'échéance le prix de la réalité manquant sur le prix nominal garanti à l'origine.

Personne

Sujet libre de ses fins en société. La personne est source de valeur par les fins attribuées aux objets qu'elle produit dans la matière. La valeur résulte de la décision personnelle. La personne contient la société qui la fait exister. La personne morale est l'unité de décision d'une société incarnée par une personne physique.

Prime

prix de l'incertitude du prix de la valeur réelle d'un objet nominal entre l'origine et l'échéance d'une option. Le prix d'une prime égale l'écart probable à l'échéance de l'option entre le prix nominal promis à l'origine et le prix comptant de l'objet nominal payable en monnaie. Le prix de la prime d'un objet varie selon les estimations successives convenues entre ses acheteurs et vendeurs.

Prix

Valeur quantifiée par le sujet. Le prix s'exprime par un nombre d'unités de compte. L'unité de compte qui fournit la matière du prix est la monnaie. Un prix est objectif s'il est attribuable à un objet échangé entre deux sujets pleinement autonomes l'un par rapport à l'autre. Le prix est indépendant des sujets qui échangent si son objet est reconnaissable par un sujet inter­médiaire.

Propriété

Fin attribuée à un objet par un sujet. Le propriétaire détermine et contrôle la qualité qu'il attribue à l'objet de propriété. Un objet matériel étant indivisible en lui-même n'est la propriété que du seul sujet qui décide de son utilité. L'utilité de la propriété est l'attribution à un sujet unique identifiable de la fin humaine contenue dans un objet de valeur.

Réalité

Matière qui existe par le verbe analytiquement séparable du sujet. La réalité d'un sujet est reconnaissable par un autre sujet. Une réalité observée par un sujet, nommée par un autre sujet et comprise par un sujet qui n'observe ni ne nomme, forme un objet de réalité. La réalité ne peut pas exister hors d'une société. La réalité est l' effet d'intelligence commune de l'objet sur plusieurs sujets d'une même société, l'effet de la relation entre au moins trois sujets solidairement projetés dans l'objectivité distinguée d'eux-mêmes.

Risque

Écart négatif possible à une échéance future du temps entre la valeur nommée et la valeur réelle d'un objet négocié. Le risque est latent dans toute anticipation de prix et se révèle objectivement par l'échange marchand postérieur à l'anticipation nommée dans l'origine. Le risque est aléatoire dans la réalité matérielle objective et moral dans la réalité subjective. Le risque est la matière financière d'une prime d'option. La plus-value est un risque anticipé non matérialisé.

Société

Collectivité d'au moins trois sujets en relation réciproque matérielle, formelle, finale et effective. L' effet de la société est la valeur nommée par le verbe commun aux sujets. L'effet social du verbe commun aux sujets est l'économie de la valeur.

Substance

Matière de l'objet nommé par le sujet sous-jacent à l'être.

Sujet

Source d'une action énoncée par un verbe. Le sujet est actif en expri­mant par le langage sa volonté et sa décision. Le sujet est passif dans l'action où il n'est pas volontaire et décisif, soit qu'il subisse l'action soit qu'il n'ait pas l'intel­ligence ou la volonté de décider. Le sujet actif, volontaire et décisif est une personne.

Travail

Action du sujet à informer la matière pour produire la valeur dans le contexte d'une société. Dans la réalité physique considérée indépendamment du sujet, le travail est le simple effet d'une force sur la matière par le temps. Dans la réalité métaphysique de la personne, la force du travail provient de la forme choisie selon la fin du sujet. Le sujet de travail transforme la matière au bénéfice de lui-même ou d'un autre. Le travail est la matière de la valeur de l'offre et de la demande. Dans l'offre il forme le coût de la valeur passive, la valeur en puissance qui ne contient pas la fin ultime du sujet. Dans la demande, il forme le prix de la valeur finale, la valeur en acte qui contient la fin du sujet propriétaire final. Le prix du travail est le prix de la valeur ajoutée entre le coût et le prix, le prix de la transformation de la valeur passive en valeur active.

Utilité

Qualité d'un outil ; matière d'une forme en relation effective avec la fin d'un sujet. L'utilité d'un objet est la forme matérialisée en temps qui répond à la demande d'utilisation d'un sujet de valeur. L'utilité d'un objet contient la valeur de la matérialité et de la formalité. Le prix du temps d'utilité matérielle est la plus-value de l'objet. Le prix du temps d'utilité formelle est le loyer de l'argent, le taux d'intérêt de la valeur sans risque sur une durée définie, le prix d'utilisation de la valeur certaine dans la réalité d'un temps délimité.

Valeur

Substance satisfaisante au sujet relative à un objet. L'objet de valeur répond à une fin du sujet en formant une matière distincte du sujet. L'effet de la valeur est la satisfaction d'un sujet partageable par d'autres sujets. La valeur n'existe que pour un sujet libre de son objet. La satisfaction du sujet dans la valeur exprime le choix effectif qu'il fait de l'objet. La valeur est l'effet libre du sujet sur l'objet qui contienne une matière, formée par la fin retenue du sujet. La valeur est effet de vérité de la réalité dans le sujet.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 14:10

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Stabiliser la liquidité des monnaies par le bancor

La Modern Monetary Theory (MMT) rassemble les réflexions économiques contemporaines sur la monnaie qui cherchent à dépasser la contradiction entre le monétarisme friedmanien et le keynesianisme. La MMT tente le compromis entre la monnaie objet qui sert d'étalon pour calculer des prix qui ne doivent pas dépendre d'elle et la monnaie active qui est un outil politique de la croissance économique. La crise actuelle montre que la théorisation de la monnaie est mise en échec par les faits. Les Etats souverains et les banques centrales ont perdu le contrôle des équilibres économiques par la politique monétaire et la politique budgétaire. Pire, la destruction des équilibres économiques, monétaires et budgétaires vient d'un système financier incontrôlable emporté dans sa spéculation sur sa propre destruction.

La MMT décrit la malignité des phénomènes en cours mais ne les explique pas ; pas plus que les théories économiques qui s’expriment jusqu’à présent. La crise que nous vivons est systémique : les systèmes par lesquels nous analysons les équilibres de la production de richesses n’expriment aucune causalité à l’effondrement de la croissance économique et à la paupérisation des pays développés. Dire que l’État est maître de la création monétaire par le budget et par la dette sur laquelle s’appuie l’émission monétaire n’apporte aucune solution à la perte de contrôle public du système financier. Les théories économiques analysent une insolvabilité du système financier mondial mais ne proposent aucune solution convaincante. Le système financier ne produit pas et ne produira pas la valeur réelle qu’il affiche comptablement ; on ne sait comment le formuler pour retrouver le prix de la réalité.

La valeur réelle du système financier est visiblement inférieure à la somme du prix des actifs nominaux inscrits dans les comptes financiers. Le système financier est en faillite mais il est impossible de le dire car il faut alors évaluer ses pertes et les répartir afin de rétablir la vérité des comptes et faire disparaître les institutions en valeur nette négative. La crise du système est l’absence d’efficience à produire des prix qui signifient quelque chose et l’absence d’efficience à imputer les pertes éventuelles aux acteurs qui en sont à l’origine. Le système financier est un TGV à pleine vitesse sur sa voie ferrée qui n’a plus de frein et dont le conducteur est évanoui incapable de signaler le problème dont il est affecté. Peut-être que des ingénieurs ont des solutions au problème ; mais il faudrait qu’ils en soient informés pour proposer des réponses pertinentes.

La crise des subprimes a déconnecté le système financier de l’économie réelle. En vertu des théories économiques en vigueur les banques centrales sont venues au secours des banques puis les Etats au secours de tout le système bancaire. La théorie économique, financière et monétaire ne sait pas distinguer une crise de solvabilité d’une crise de liquidité. Comme on sait traiter la liquidité du système mais pas sa solvabilité, on dissimule le problème de solvabilité par une inondation de liquidité. Les pompes à incendie fonctionnent à plein régime mais le foyer de l’incendie est invisible et reste quelque part de plus en plus actif. Le foyer de l’incendie, c’est la division du pouvoir politique en nationalités concurrentes sur un système financier mondial unique qui subvertit toute tentative des gouvernements et des banques centrales de réguler la finance par l’économie réelle.

Ce qu’aucune théorie économique ne semble capable d’analyser c’est l’absurdité politique et financière de monnaies nationales utilisées comme monnaies internationales. L’utilisation internationale du dollar et de l’euro, c’est le TGV sans frein par l’absence de conducteur : les banques centrales sont incapables de voir ce que les banques font en dehors de leur juridiction avec la monnaie qu’elles émettent. Elles ne peuvent pas contrôler la transformation de leurs liquidités en crédits à des débiteurs macro-économiquement solvables, qui soient collectivement capables de produire la richesse correspondant à la totalité de leurs emprunts. Les Etats sont réduits à la même cécité à devoir garantir des institutions dont ils ne contrôlent que la partie localisée sous leur juridiction.

Le quantitative easing est la seule politique que les banques centrales puissent adopter pour dissimuler l’insolvabilité croissante du système financier qu’elle ne peuvent pas contrôler ni encore moins résoudre. La liquidité absorbée par le système financier va alimenter les bulles spéculatives partout où il n’existe aucun principe d’évaluation réaliste des prix. Les bulles qui ont le plus de potentiel spéculatif sont maintenant les dettes publiques nécessaires à la production de liquidité centrale. Laquelle liquidité est nécessaire pour dissimuler les ravages de la spéculation contre les dettes publiques. Pour spéculer contre les dettes publiques étatsuniennes et européennes, il suffit de se placer en monnaie des pays émergents pour faire baisser le dollar et l’euro et accélérer mécaniquement une catastrophe de plus en plus certaine dans la suspension des paiements extérieurs de la zone dollar et de la zone euro.

L’utilisation libre des monnaies nationales dans les paiements internationaux permet au système financier d’acheter gratuitement des liquidités aux banques centrales pour dégager des plus-values sur l’accélération de l’effondrement du système. Le TGV fonce et personne ne pense à couper le courant. Couper le courant, ce serait convertir dans une monnaie internationale commune toutes les positions internationales en monnaie nationale. A partir du moment où l’euro et le dollar peuvent être dévalués en tant que monnaie domestique par rapport à une monnaie internationale, il devient dangereux d’exporter de la liquidité sans l’investir dans l’économie réelle car le mouvement même de liquidité entre deux monnaies provoque une variation de change qui renchérit un mouvement inverse sans cause réelle visible.

Avec une monnaie internationale, la conversion d'une monnaie nationale dans une autre traduit un besoin réel d'échange de biens et services, de crédit ou de capital entre les deux pays. Les taux de change traduisent des équilibres de long terme fondés sur la solvabilité. Vendre par exemple du dollar pour acheter du real provoque la dévaluation du dollar par rapport à l'étalon internationnal comme appréciation d'une moindre solvabilité de la zone dollar. Faire l'opération de change inverse sans le fonder sur une appréciation réelle d'une transformation réelle de la solvabilité de la zone réal nécessite de payer le prix de la dévaluation qu'on a initialement provoquée à partir d'une analyse fondamentale de la solvabilité relative des deux zones monétaires. La monnaie internationale rétablit la responsabilité des Etats et banques centrales sur leur monnaie et mutualise l’équilibre international de la liquidité et des changes. Aucune théorie économique n’a jusqu’à présent démontré l'absurdité d'un système monétaire international fondé sur un étalon monétaire rationnellement négocié comme sous-jacent d'un marché international transparent d'options.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 16:45

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Retrouver la métaphysique de la monnaie

La matière limite l’esprit autant que l’esprit limite la matière. Mais ces limitations réciproques jouent chacune dans leur ordre de nécessité et de causalité. Ne pas les accepter toutes les deux, c’est tomber soit dans l’idéalisme soit dans le matérialisme qui sont deux manières de fuir la réalité de la vie humaine. Pour cette raison, la monnaie qui s’inscrit dans les limites de la cohabitation des individus doués d’esprit et vivant dans leur corps de matière est le prix sous-jacent aux options négociées sur un marché d’égalité de droit. L’option associe trois personnes, par deux prix et un objet matériel nommé d’une même matière. Le vendeur de l’option vend le prix nominal à une personne et l’objet matériel à une troisième. L’acheteur du nominal est l’épargnant de la monnaie et l’acheteur de l’objet l’emprunteur de la monnaie.

Ainsi la monnaie est mesure médiatrice de l’objet matériel, de l’esprit de l’épargnant et de l’esprit de l’emprunteur. Le vendeur de l’option est médiateur dans le temps de la relation entre l’objet matériel et son prix nominal. Le vendeur d'option assume la variation de la prime qui est le deuxième prix en garantie de la stabilité de la monnaie sous-jacente au nominal de l’option. La structure optionnelle de la monnaie répond à l’équilibre de la valeur humaine entre la matière et l’esprit. L’étalon international des prix qui permettra de retrouver la valeur humaine sera le bancor sous-jacent à un marché international transparent et régulé d’options de crédit.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 16:20

ImageJorion

Vérité et mensonges de la théorie monétariste

Commentaire déposés sur le Blog de Paul Jorion.


Un concept sans réalité tangible

Convenons que la vitesse de circulation de la monnaie est un concept sans réalité visible en soi donc non mesurable comme cause hypothétique de la création monétaire. Quand plus de transactions sont conclues dans l’économie avec une même quantité de monnaie centrale au bilan de la banque centrale, personne n’a jamais été capable de faire la différence entre une augmentation bancaire de la transformation de monnaie centrale en crédit et une accélération de la compensation des crédits entre banques. La monnaie matière métaphysique est comme la matière physique à la fois ondulatoire et corpusculaire. La vitesse de circulation est l’onde et le crédit inscrit dans les dépôts bancaires est l’accumulation de corpuscules. Les banques travaillent sur l’ambivalence matérielle de la monnaie et la spéculation joue sur l’impossible fixation de la monnaie entre l’onde et le corpuscule.

Pour revenir dans la réalité humaine qui n’est pas quantique il faut considérer le système financier phénoménologiquement en réunissant dans un même champ de relations la réalité objective analysée et la réalité subjective analysante. Là on revient à la réalité du marché où des objets informationnels s’échangent entre des sujets informés s’il existe des règles pour que toutes les informations pertinentes au prix soient effectivement échangées. Un tel marché de l’information régulée existe : c’est le marché international d’option de la réalité en droit que les démocraties qui veulent se développer instaureront entre elles pour connaître le prix de ce qu’elles produisent effectivement.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 19:06

Un programme pour la présidence française du G20

Réponse aux commentaires déposés sur le Blog de Paul Jorion.


L'option : outil universel de mesure du risque de la valeur vraie

Paul Jorion fournit dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, une explication de la structure logique de l'option. Page 217 :

Si la Réalité-objective est la manière dont l’Existence-empirique est représentée automatiquement par tout discours codifié selon les règles de la logique, alors le miracle de leur concordance s’explique aisément : la Réalité-objective est le discours sur l’Existence-empirique qu’engendre la logique grâce à la vertu qui lui est propre d’éliminer de son compte rendu l’illusion à laquelle est sujette la perception, prévenant ainsi l’apparition du paradoxe en son sein. Cette élimination est automatique, car fondée sur les trois termes du syllogisme : les deux extrêmes mis en communication par le moyen terme. [...] Le mystère de l’harmonie préétablie entre la logique et la réalité objective n’en est pas un, puisque c’est la première qui engendre la seconde, en la présupposant simplement conforme au principe de ses règles.[...] Aristote codifie cette structure [l'harmonie préétablie par le discours logique] d’une manière si complète que Hegel, à la suite de Kant, constate qu’il n’a pas été possible au cours de vingt siècles de parfaire sa tâche.

Le propos de Jorion n'est pas d'expliquer l’option mais de poser la différence entre ce que l'intelligence observe par la sensibilité et ce qu'elle en dit par le langage. En dépit de cette différence, la logique intrinsèque au langage assure une relation constante avec les éléments de la réalité observée découpés selon des règles contenues dans cette logique. L'adéquation de la réalité observée exprimée dans le langage à la réalité observable imposée par l'existence physique n'est nullement la preuve d'une logique intrinsèque à la matérialité physique ressentie. Elle révèle en fait la finalité de la logique du langage destiné à exprimer par l'intelligence ce qu'elle perçoit de la réalité.

La réalité-objective est la forme que l’intelligence humaine projette dans la matière, représentation formelle dans notre esprit de l’existence-empirique. Le discours (logos) contient en lui-même la logique par laquelle nous modélisons notre perception de l’existence-empirique et notre intuition de l’être-donné (« réalité ultime et irréductible ») ; parce que c’est la fin que tout homme sensé donne au discours d’exprimer son modèle de perception de l’existence-empirique qui est sa vie à lui. La finalité que tout sujet locuteur met dans le discours qu’il tient est de s’exprimer dans son existence-empirique et son être-donné subjectifs. Celui qui ne parle pas de ce qu’il veut croire qu’il comprend qu’il perçoit passe pour fou. Dans ce cas l’effet du discours est la folie, une situation sociale de rupture entre l’existence-empirique, la réalité-objective et l’être-donné (réalité ultime invisible du sujet et de l’objet). Paul Jorion est explicite sur le fait logique que la relation établie par le langage entre la réalité-objective et l’existence-empirique d’une part et la réalité objective et l’être-donné d’autre part est analytique. Ces relations sont des fictions produites par notre intelligence qui sépare ce qui nous vient exclusivement par la sensibilité avec des outils qu'elle élabore d'elle-même. Cela signifie que l’existence-empirique est dans le monde sensible, que la réalité-objective est dans notre intelligence et que l’une et l’autre sont reliées par notre jugement, vrai ou faux, et non par une mécanique immuable en soi. La codification aristotélicienne du discours logique repose sur l’enchainement réciproque de l’effet, de la fin, de la forme et de la matière.

L'apport fondamental du rappel de Paul Jorion est de rétablir la responsabilité du sujet dans toute connaissance scientifique. Le monde sensible ne peut être objectivement connu et fonder notre réalité que si l'intelligence est capable de séparer dans le langage qu'elle utilise ce qui se rapporte à l'objet distinctement  de ce qui se rapporte au sujet. L'intelligence doit armer la liberté du sujet à faire en lui-même le tri entre ce qui est de lui et ce qui n'est pas de lui. La connaissance objective, qui vient du sujet faute de quoi elle n'est pas connaissance, est objective si le sujet parvient à séparer sa subjectivité de ce qu'il connaît. La logique est le choix libre du sujet de se plier à ce qui n'est pas de lui. La logique est la condition de l'étude scientifique comme la condition de la compréhension de l'autre qui donne accès à la connaissance universelle dont la logique fait partie. L'abandon progressif depuis la Renaissance de l'exigence scientifique de reconnaissance de l'autre pour accéder à la connaissance objective du monde explique les errements de la science économique moderne et de ses applications par la finance dans le jeu politique mondialisé.

La crise actuelle est l'ultime étape du renfermement de l'individu sur lui-même construit par le capitalisme issu des Lumières, le régime politique de l'économie de promotion du raisonnement humain sans obligation d'accueillir l'altérité radicale à soi-même. L'extension de la logique à tous les champs de la connaissance humaine a laissé croire à ses acteurs sujets que la rigueur du raisonnement suffisait à garantir la conformité de la réalité objective construite à la réalité objective observable. L'illusion d'objectivité sans altérité s'est renforcée dans le monopole logique de la civilisation occidentale issue du moule de l'Antiquité méditéranéenne. A la fin du vingtième siècle, le monopole occidental de la logique est brisé par l'irruption de l'Orient asiatique et chinois dans l'économie mondiale de la connaissance. Deux logiques se confrontent dans un même système mondialisé d'échange. L'Occident découvre sans vraiment le réaliser dans les dérèglements de son économie matérielle qu'il a perdu le sens de l'altérité, le sens de la valeur de l'autre radicalement différent de sa personne dans une même humanité. Selon la même logique capitaliste que l'Occident, la Chine marginalise l'Occident dans son propre système par sa masse économique.

L'économie mondiale se dérègle par hétérogénéité des principes d'évaluation des limites de l'action humaine dans le monde physique. La déstabilisation des principes de la valeur s'exprime dans la guerre des monnaies visant à manipuler les prix internationaux par le taux de change des monnaies nationales. Les grandes puissances se battent sur des variations entre discours différents et non sur l'écart commun de l'équilibre international du discours avec la réalité objective. Tout le monde confond son propre discours avec la réalité et chaque individu forme des prix où l'autre quel que soit son statut social, politique ou national, ne peut plus trouver sa propre valeur. Le risque, écart entre la réalisation subjective du futur et sa réalité advenue objective au présent, est subverti par l'affrontement de discours sans signification partageable. Le risque du discours n'est plus le résultat incertain de la collaboration des sujets dans la réalité mais la guerre sans limite de chaque individu contre tous les autres. Evidemment la logique de la guerre recommande de se soumettre au plus fort hors de toute logique de valeur.

Le rappel de Paul Jorion sur la distinction logique entre réalité objective et réalité subjective réhabilite un très vieil instrument financier dévoyé par l'abandon de la structure de pensée aristotélicienne. Qu’est-ce que l’option dans la logique de la langue aristotélicienne ? D’abord un nominal, un morceau de discours sans verbe, nommé par un sujet pour désigner un élément de l’existence-empirique. Ensuite un prix qui ordonne l’objet formé par le sujet dans le nominal à d’autres nominaux qui représentent d’autres prix. Le nominal associé au prix (le strike dans le langage financier) qui désigne une matière réelle objectivée est rassemblé dans le terme de sous-jacent. Le sous-jacent nominal avec son prix contiennent une matière (l’objet futur auquel est attribué un prix), une forme (la relation anticipée entre l’objet et son prix) et une fin qui est l’objet réalisé au prix anticipé à l’échéance du nominal. Notons au passage que la réalité désignée dans le sous-jacent de l’option est un certain objet, à un certain prix, à un certain instant du temps pour un certain sujet qui nomme afin de réaliser l'écart possible entre la réalité future et la réalité qu'il pourra concrètement observer.

Le sous-jacent nominal d’une option est une fiction associant un sujet nommant, à une matière, une forme et une fin. Et l’effet ? A l’origine du sous-jacent nommé, l’effet se trouve uniquement dans le sujet qui nomme. La parole est la seule existence qui exprime l’objet évoqué dans le futur et le rend accessible aux sens avant l’échéance. A l’échéance du sous-jacent nommé, l’effet se trouve dans la livraison à l’acheteur de l’option au prix anticipé de l’objet nommé. L’effet de l’option est l’effet du temps pour l’acheteur et le vendeur. L’effet de l’option est de transférer l’incertitude réelle du prix de l’acheteur au vendeur, de transformer l’incertitude du vendeur en certitude pour l’acheteur. L’effet du temps de l’option est de transformer l’incertitude du prix d’origine en réalité certaine pour l’acheteur et en réalité incertaine pour le vendeur. L’effet de l’échéance du temps de l’option est de transformer l’incertitude du temps de l’option en certitude de la réalité pour le vendeur. La certitude de la réalité du prix nominal du sous-jacent de l’option est la prime. La prime est le prix de l’effet du nommage incertain de la réalité dans le temps.

La prime d’une option est l’effet de la réalité incertaine d’une réalité choisie certaine dans son prix à terme. La prime a un prix négociable de l’origine à l’échéance de l’option ; un prix qui résulte de la fixité du prix nominal sous-jacent à l’option ; d’une fixité en RÉALITÉ et non seulement nominale. Par quel miracle la nominalité (réalité-objective) se transforme-t-elle en réalité (existence-empirique) ? Par quel miracle encore la réalité incertaine de la prime et du nominal se transforme-t-elle en réalité et prix certain de cette réalité ? Par le miracle de la logique qui exprime la réalité-objective distincte de l’existence-empirique. Grâce à l’option dans la réalité-objective, l’acheteur et le vendeur anticipent la réalité avant qu’elle ne soit objectivement perceptible dans l’existence-empirique du sous-jacent.

Le miracle de la certitude de la réalité-objective hors de l’existence-empirique ne se produit qu’à certaines conditions dont on va voir qu’elles ne sont évidemment pas remplies dans l’existence-empirique actuelle de l’économie de marché sans loi réelle. Première condition : justement l’acceptation de la logique du langage. Un sujet parle pour être écouté par un autre sujet dans des termes (des formes) communs à une société de langage. Si un vendeur d’option attribue un prix nominal à un sous-jacent dont il achète la prime à l’acheteur de l’option, il faut que le nominal renvoie à une même réalité empirique pour l’acheteur et le vendeur. Une même réalité empirique nommée signifie qu’un tiers parlant la même langue désignera le sous-jacent de l’option selon les termes exacts employés par l’acheteur et le vendeur ; les mêmes termes entre trois sujets de l’origine à l’échéance de l’option.

Deuxième condition : la réalité du prix nominal. L’option certifie le prix à terme d’un objet qui ne peut être que réel c’est à dire distinct de l’existence-empirique mais néanmoins rattachable visuellement à l’existence-empirique, c’est à dire devant témoin à un instant défini du temps. Cela implique que pendant toute la durée d’une option pendant laquelle le sous-jacent est invisible en tant que tel puisque son existence est future, l’acheteur et le vendeur soient bien autonomes dans leur intelligence du nominal sous-jacent ; donc que leur autonomie soit constatée par un tiers qui nomme le sous-jacent par lui-même et distingue clairement l’acheteur et le vendeur qui le nomment identiquement. Cette deuxième condition signifie que l’option négociée sans intermédiaire entre l’acheteur et le vendeur n’est pas une réalité objective mais subjective manipulable de façon invisible par l’un ou par l’autre. Cette deuxième condition signifie aussi qu’il existe un garant de la production du sous-jacent (emprunteur du prix nominal) pour fournir quoiqu’il arrive la contre-réalité du prix nominal.

Troisième condition : la matérialité de la réalité. Un prix est un nombre d’une réalité quantifiable donc limitée par le temps et la physique (physis pour Aristote). Si le sous-jacent ne peut être compté dans l’existence-empirique et le nominal porté dans le temps par un intermédiaire métreur objectif du temps de l’acheteur et du vendeur, le prix ne peut pas exister hors de l’intelligence des négociateurs d’option. Alors en effet le prix ne dit rien à l’acheteur ou au vendeur de l’option, car au moment de la livraison du sous-jacent l’un ou l’autre n’a aucune certitude d’existence d’une relation entre le prix garanti et la chose livrée. Les trois conditions d’existence de l’option se résument dans l’existence d’un marché organisé où les objets et sujets engagés soient visibles et réunis par une même loi de correspondance entre la réalité-objective et l’existence-empirique.

L’option selon la causalité aristotélicienne n'a pas de sens pour un matérialiste qui s'enferme dans l’existence-empirique du monde financier actuel. Un monde qui confond par le langage la réalité-objective et l’existence-empirique, qui ne connaît pas dans l’effet la quatrième dimension de la réalité humaine, celle qui accepte une réalité humaine non réduite par la fin, la forme et la matière. La plupart des options (produits dérivés) négociées aujourd’hui (notamment option de change et CDS) sont des fictions absolues réconciliables avec aucune réalité faute d’un marché (chambre de compensation) où les contrats soient déposés chez un tiers indépendant des contractants. La plupart des produits dérivés ne peuvent pas être rapprochés d’un sous-jacent lui-même négociable en transparence. La terminologie contemporaine nominaliste des options est auto-référencée sans aucun rattachement à une quelconque réalité effectivement observable. Le choix du spéculateur acheteur ou vendeur de la prime d'option est rarement d'anticiper un écart de prix entre son anticipation nominale et la réalité mais de faire croire à une réalité par un prix d'un sous-jacent qui n'existe pas.

L'idéaliste est d’accord avec le matérialiste qui lui dit que le langage se suffit à lui-même. L'idéaliste n’a pas pour fin de mesurer un risque réel puisque l'existence-empirique est déjà la réalité-objective en soi. La perfection du Droit et du discours juridique est pour le nominalisme juridique contemporain de ne jamais être confronté aux faits, c’est à dire à des effets qui soient distincts et transcendant au discours qui les nomme. Discourir de la réalité-objective sans la distinguer de l’existence-empirique permet d’annuler soit les fins soit les effets. Ainsi les scientifiques et les financiers peuvent théoriser les effets sans s’occuper des fins (pourquoi discutez-vous ce prix ou cette réalité qui ne dépendent pas de vous ?) et les philosophes et juristes peuvent théoriser les fins sans s’occuper des effets (pourquoi discutez-vous de ce que je vous dis alors que vous ne connaissez rien aux fins que je théorise ?).

Confondre la fin et l’effet a pour conséquence concrète de supprimer le choix humain dans la réalité physique ou de supprimer la vie humaine personnelle subjective dans la discussion des fins. L’option est l’outil financier, juridique et scientifique qui garantit l’existence distincte de la fin et de l’effet en maintenant la cohérence dans le temps et entre des sujets libres, autonomes et responsables de leurs fins, de leurs formes et de leur matière commune d’humanité. Le vrai scientifique dans n’importe quel domaine considère toujours sa théorie comme l’option d’un nominal dont l’expérience lui donnera le prix réel. L’option scientifique produit en connaissance de la réalité la prime de confiance dans l’être-donné de l’homme toujours observé jamais asservi.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 17:53

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La guerre civile mondiale est déclarée par la monnaie

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion suite au billet ci-dessus de l'auteur de ce blog.


La valeur de l’homme, c’est sa vie. Mais pas une simple existence dans le temps entre une date de naissance et une date de décès. La marque de la vie humaine est la transformation du monde vivant. A la mort physique d’une personne, le monde aura changé parce que cette personne aura vécu. Il en est de même pour tous les individus : ils vivent parce qu’ils veulent apporter leur transformation personnelle à l’état (le résultat d’être) du monde. Cela signifie que l’homme vivant travaille. Pas seulement pour changer l’état de la matière mais pour informer la matière de sa personne. Par le travail, la matière a acquiert une forme qui crée un objet de valeur.

La forme est métaphysique : la matière physique reste la matière physique, même quantité, même composition, après transformation en objet. Le travail de la matière en objet imprime la marque de son sujet. Le travail est donc source de la valeur en différenciant la matière entre l’objet et le sujet. La valeur est bien la transformation du monde par la personne humaine qui travaille. Mais toutes les transformations ne se valent pas. Le changement de forme qui vaut l’homme répond à la fin de l’homme ; à la fin de celui qui travaille pour la fin de celui qui consomme. La valeur du travail passe par l’échange dans le temps : d’abord une discussion des fins des personnes qui travaillent pour consommer, ensuite une négociation de la transformation de la fin du travailleur en fin du consommateur et enfin les transferts de matière qu’implique la transformation négociée.

La vie humaine de travail est valeur de transformation de la matière terrestre par les fins humaines. On découvre ici la dimension capitale (oui capitale) de la valeur humaine. La fin est la réalité métaphysique de délimitation et d’identification de la personne. La personne est la fin pour laquelle l’individu humain vit. Les personnes ne sont pas interchangeables ; parce qu’elles ont leurs fins propres qui les caractérisent, qui les rend uniques. La liberté est la spécificité de la vie humaine personnelle. L’homme subit les déterminations de la matière, se soumet à la logique des formes qu’il reçoit mais choisit ses fins. Même au fond de l’esclavage, il est libre de ses fins. La personne reste éternellement la personne unique et libre de toute autre personne. Le travail qui dépense l’énergie dans la transformation matérielle est plus fondamentalement découverte des fins de l’autre. Ne pas reconnaître dans le travail la quête des fins de l’autre conduit à détruire la possibilité de la valeur (là est la crise actuelle).

La liberté de la vie humaine pose la question de l’autre. La matière est aussi la relation de fait qui réunit les sujets par une même existence physique. Le sujet humain unique est semblable à son prochain par la même matière dont il est fait. L’appartenance à un même monde physique oblige à la négociation d’une communauté métaphysique. Chaque homme a ses fins propres qu’il impose aux autres ou qu’il fait entrer dans les fins d’autrui. L’effet de la valeur est donc non seulement la matière informée par des fins humaines mais la conciliation des fins humaines par le vivre ensemble. Il suffit d’un seul refus du vivre ensemble pour détruire la valeur que l’humanité produit. C’est exactement ce que font le gouvernement et la réserve fédérale étatsuniens par la relance du quantitative easing. La planche à billet n’est pas destruction de la valeur par sa matérialité mais par sa causalité dans la transformation des fins humaines en réalité physique.

L’État de droit étatsunien pousse le plus loin possible la logique actuelle du monde des fins non discutables. La valeur y est conçue sans régulation par les fins humaines. Les fins sont absorbées dans la matière. La valeur n’est que quantité et la vie n’est rien d’autre que l’augmentation des quantités. La monnaie, qui exprime la quantité de toute chose indépendamment de la diversité des propriétés matérielles de l’existence physique, est l’outil universel de création de la quantité. Les autorités étatsuniennes qui expriment la conception publique de la valeur mondiale s’adonnent au pur capitalisme quantitatif : elles créent du signe sans valeur probable, sans échange de fins pour former la réalité de la valeur. Un nouvel univers conceptuel advient où le bien commun est objet de spéculation. Une poignée d’individus s’essaie à absorber dans sa métaphysique particulière la réalité physique universelle.

Les États-Unis vainqueurs de la deuxième guerre mondiale ont cru que leur loi politique était la meilleure possible pour définir la valeur de l’humanité. Leur unité de compte de la valeur s’est imposée dans toutes les transactions internationales. Le dollar est devenu l’étalon monétaire de la valeur produite dans le monde. Le système étatsunien de conciliation des fins humaines a fait croire que la vie pouvait se limiter à transformer la matière. La société humaine mondiale ne s’est pas rendue compte que des fins individuelles prenaient le pas sur le principe de soumission réciproque d’une offre à une demande de valeur collectives. Les fins individuelles des intermédiaires financiers dominent les fins individuelles des responsables politiques, qui dominent les fins individuelles des états nationaux, qui dominent un monde sans valeur commune. Les personnes n’existent plus ni individuellement ni collectivement. La monnaie enfle d’une mesure de la réalité qui ne veut connaître aucune fin.

L’inflation monétaire dissout la mesure des liens sociaux. Il devient impossible de donner un prix à la demande de l’autre ; impossible de définir une offre qui la satisfasse dans les limites de la réalité matérielle ; impossible d’accumuler le capital métaphysique de formes propres à répondre aux fins humaines. La planche à billet force le crédit d’une réalité dont le futur n’est plus échangé. La masse des crédits s’accroît provisoirement sur une réalité à laquelle la monnaie ne donne aucun prix crédible. Le travail perd le sens de la valeur, renonce à réclamer l’évaluation en monnaie qui lui revient. Le travail renonce à projeter dans le futur ce qu’il peut se demander à lui-même. A l’inflation de monnaie par le crédit répond la déflation de la réalité humaine du travail. Les pays émergents répondent à la demande des pays développés qui s’endettent de ne plus travailler. La prise de conscience brutale d’une réalité très en dessous de la valeur que les monnaies lui donnent entraînera la guerre civile ou la reconstruction mondiale de la démocratie.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 11:31

Pas de vraie solution sans les États, suite...

Oui au mondio : mais comment va-t-il fonctionner ?


Monsieur Dufau, pouvez-vous nous en dire plus ?

Que serait le mondio ? Si je vous suis bien : ni un étalon matériel physique comme l'or ni l'administration abstraite d'une unité de compte par un Etat particulier. Serait-ce un droit de tirage spécial comme celui qui existe au FMI ? Vous militez pour une gouvernance plus internationale et plus paritaire du FMI. Quelle en serait la règle de décision ? L'unanimité des pays adhérents paraît utopique. Quelle serait la règle de majorité ? Comment voyez-vous l'indépendance ou la dépendance du FMI réformé par rapport aux gouvernements nationaux et aux intérêts nationaux ? Quels seraient les critères d'émission des DTS-mondios ? Comment se mesureraient les éventuels excès ou déficits d'émission ?

Comment organisez-vous le marché des changes des monnaies nationales en mondio ? Quel serait le rôle des États ou des banques centrales dans la fixation et/ou la gestion de leur parité ? Comment serait régulée ou interdite la spéculation contre une parité jugée incompatible avec les équilibres réels et financiers ? Comment seraient conciliées les visions économiques et politiques des parités et de la liquidité du mondio ? Qui aurait droit à constituer des réserves en mondio, voire à épargner ? Les États, les banques, les industriels multinationaux, les particuliers ? Y aurait-il un critère objectif d'émission du mondio qui ne puisse pas être acheté par des intérêts nationaux ou économiques particuliers ? Comment se définirait l'équité de ce critère entre tous les intérêts en jeu ?

Quels sont les courants de pensée de l'économie politique qui vous paraissent le plus avancés dans le sens de vos propositions ? Quels sont les obstacles intellectuels ou philosophiques non surmontés ? Pensez-vous qu'il faille aller au bout de la dépression qui s'annonce pour que les esprits se libèrent et se stimulent ? Quel coût politique et social sommes-nous capables d'assumer ?

Crise mondiale pas de vraie solution sans les Etats : Encore une fois, votre analyse est lumineuse...

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 11:30

Une science morale


Réponse à Jean Peyrelevade et Habsb quant à l'exercice de la responsabilité politique de régulation du système financier.

@Peyrelevade et habsb

Votre point de vue Monsieur Peyrelevade sur la nature scientifique de l’économie est intellectuellement réconfortant. Ne pas s’y retrouver dans les théories économiques ne doit pas nous désespérer d’y comprendre quelque chose. Une observation humble et prudente des réalités sensibles et raisonnables devraient nous permettre de progresser. Il est compréhensible que l’exercice soit difficile aux politiques à qui l’on réclame l’omniscience et l’omnipotence.

Je souhaite ne pas partager votre pessimisme et comprendre comme habsb que vous posez l’économie comme science morale. S’il en est ainsi, alors l’économie est un art politique autant qu’une discipline individuelle. Une méthode que nous choisissons pour transformer les ressources rares de notre existence terrestre en prospérité ;la plus grande satisfaction possible du plus grand nombre possible de besoins humains avec des ressources limitées.

Si l’économie est une science morale, alors elle pose le problème de la définition du bien économique et du comportement raisonné à adopter pour réaliser ce qu’on choisit comme bien. Ce qui spécifie l’économie dans la morale, c’est l’adoption explicite de la contrainte des ressources limitées à l’accomplissement du bien reconnu. Votre affirmation de la monnaie comme bien commun et votre recherche des meilleures combinaisons de dépenses publiques, de niveau de salaire, d’investissement et d’échanges internationaux s’inscrivent à mon sens dans une réflexion réellement morale.

En poussant l’hypothèse jusqu’au bout et en analysant la nature de l’activité financière telle que nous l’avons vu se développer, il n’est pas absurde de définir la finance comme activité de définition et de réalisation des objectifs de morale économique. On découvre alors que la crise actuelle n’est pas un dysfonctionnement économique mais la conséquence d’un équilibre désormais mondial des choix d’organisation économique dans l’expression des buts poursuivis par une société mondiale.

Si crise il y a, c’est que les résultats obtenus de nos choix ne sont pas satisfaisants pour tout le monde objectivement et subjectivement.

La question devient ici fondamentalement politique. L’économie mondiale est-elle au service de toutes les sociétés et de toutes les catégories sociales et de tous les individus ? Les États sont-ils solidaires dans la poursuite d’objectifs nationaux compatibles entre eux ? Les États sont-ils responsables du financement des missions qu’ils se donnent envers leurs ressortissants ? Les hommes d’État sont-ils économiquement responsables du bien public qu’ils ont le mandat de réaliser ?

Il est possible de répondre oui à ces questions d’économie morale. La conséquence morale logique en est l’instauration d’un vrai marché par la solidarité des États de droit. Un marché de la certitude transparente des engagements économiques définis en droit par la responsabilité économique des États. Un marché qui fonde la valeur des monnaies sur le respect du droit engagé nationalement et internationalement par les États. Un marché qui fonde une monnaie internationale par l’équivalence des risques encourus dans tout crédit international. L’instauration de la responsabilité économique internationale des États est le vrai substrat de la monnaie, celui que Keynes a esquissé dans sa proposition du bancor sans parvenir à démontrer la pertinence et l’opérationalité de sa gestion. Tous les outils existent désormais de gouvernance des monnaies et des marchés financiers ; si des États décident de se saisir de leurs responsabilités.

Comment réglementer demande Habsb : par le Droit, le marché et la monnaie.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 11:30

Le débat se développe ; comment débouchera-t-il dans la réalité ?


Echange entre habsb et l'auteur de ce blog dans Refondation du capitalisme de Jean Peyrelevade. Habsb commence par réagir à Comment nous pouvons choisir de ne pas faire faillite

Habsb : des principes de droit remis en cause

Pierre Sarton du Jonchay

“il faut externaliser par le marché la couverture de tout risque de crédit par des investisseurs identifiés responsables sur leur patrimoine personnel de leurs erreurs de calcul”

C’est nier le principe de la responsabilité limitée.

On a toutefois vu avec la faillite de Lehman Bros que les actionnaires peuvent perdre toute leur mise à cause de leurs erreurs de calculs. Cette faillite est d’ailleurs un cas d’école de libéralisme économique, où chacun paie pour ses erreurs. D’autres banques auraient du suivre Lehman mais l’Etat s’ en mêle et oblige les contribuable à payer. C’est le socialisme de l’intervention étatique dans le marché, c’est la régulation qui ne fixe pas de règles mais se limite à redistribuer.

Je crois comprendre que votre suggestion est celle de réinstaurer lo Steagall Glass Act, mais ce ne servirait à rien. D’abord pourqu’il soit éfficace, il devrait être appliqué dans le monde entier et aucune loi n’est appliqué dans le monde entier. En suite les particuliers y échapperaient et comment sousestimer aujourd’hui la puissance de feu des investisseurs particuliers?

La solution est d’empêcher l’Etat de s’immiscer dans le marché, comme vous dites chaque actionnaire doit être responsable des risques qu’il prend. Le problème est qui empêchera les politiciens de faire quoi que ce soit? Pour cette raison je suis plutôt favorable à un retour de la convertibilité or.

Pierre : le droit ne doit pas desservir la rationalité économique

@Habsb

Il ne s’agit pas de nier la responsabilité limitée mais de préciser à quoi s’applique les limites de la responsabilité. Quand une société d’actionnaires attribue à ses dirigeants un certain capital, il doit effectivement leur être possible de ne pas risquer plus que leur part de capital. Quand les dirigeants s’appuient sur leur capital pour emprunter et accroître leurs anticipations de plus-values, ils devraient être réellement soumis à la double limite de ne faillir en aucun cas à rembourser les emprunts sans pour autant faire perdre aux actionnaires plus que le capital. La responsabilité limitée s’applique bien actuellement aux actionnaires mais reste sans conséquence financière sur les dirigeants qui prennent trop de risque et imputent leurs pertes à leur créanciers. En l’occurrence, les banques internationales ont mis leurs pertes à la charge des États pour épargner les déposants.

Si l’on institutionnalise et organise le marché des Credit Default Swaps pour tous les gros emprunteurs y compris les banques qui reçoivent des dépôts, on crée les conditions objectives d’une responsabilité financière des dirigeants. Les créanciers voient dans le cours du CDS le prix du crédit des dirigeants qui achètent le CDS à des banques d’investissement à proportion de leur endettement. Dès que la prime du CDS devient négative, cela montre que le marché anticipe des pertes sur crédit. Le levier du capital par la dette devient trop élevé et doit être réduit par la vente d’actifs non stratégiques. Les banques d’investissement vendeurs du cds exercent un contrôle sur les structures financières ; elles régulent l’endettement des banques de crédit et des entreprises qu’elles couvrent afin de rester gagnantes sur les primes de CDS qu’elles touchent.

La régulation est construite sur l’avis croisé des investisseurs et des banques d’investissement. Le marché du risque surveillé en droit par la puissance publique organise la confrontation de l’offre et de la demande de risque en fonction de la dette effective des débiteurs. Le marché contrôle, est contrôlé et est transparent. Et la responsabilité est limitée pour tout le monde.

Vous remarquez à juste titre qu’une telle régulation doit opérer partout pour être efficiente. Et qu’elle ne doit pas être contournée par les États et les gérants publics. C’est pour cela qu’il faut créer une monnaie internationale sous l’autorité de la société des États de droit qui veulent échapper à l’anarchie financière et assumer la régulation de la finance par le Droit. Cette monnaie (le bancor pour honorer Keynes) accueille tous les dépôts et réserves qui ne veulent pas s’investir dans un pays particulier. Cette épargne extra-nationale protégée par les États financièrement civilisés est recyclée dans des prêts internationaux à un coût de liquidité très bas grâce au rachat systématique du risque de crédit par des investisseurs. Le bancor est régulé par une autorité financière arbitrale qui met tous les États à égalité de droit avec les investisseurs et épargnants. La loi de l’offre et de la demande s’applique strictement autant pour la liquidité que pour le risque.

Les Etats et nations qui aiment l’anarchie financière sont libres d’y demeurer. Ils sont jugés par le marché monétaire international qui fait monter la parité monétaire s’il les trouve efficaces et la fait baisser s’il ne les trouve pas sûrs. La fiction disparaît d’un marché sans droit et sans responsabilité. Le défaut de l’or est qu’il n’est pas responsable et pas disponible en fonction des besoins. Ce n’est pas le cas de la responsabilité humaine quand il existe une loi commune pour la mettre en œuvre.

Habsb : en quoi le droit est-il conforme à la réalité économique ?

PIERRE SARTON DU JONCHAY

Trop de sujets en même temps !

1) La responsabilité financière directe des dirigéants ne saurait jamais être engagé ! En aucun cas et jamais les dirigéants ne possédent les sommes investies pour compte de la banque, qui appartiennent aux actionnaires. Voulez-vous donc reserver l’accès aux postes de direction aux seuls milliardaires? Ou préférez-vous que cette responsabilité directe soit vanifiée par le patrimoine insuffisant d’un dirigéant issu de la classe moyenne? Beacoup plus logique serait alors la responsabilité illimitée des actionnaires, comme c’est le cas pour les banques privées en Suisse. On pourrait certes l’étendre à toutes les banques, mais êtes vous prêt à être le cible d’ une action de dédommagement à cause de vos quelques actions de la Société Générale?

2) le marché des CDS commence à s’institutionaliser en Europe: il est tellement gros et il réveille les appâts des banques. Vous verrez que le grand public finira par faire trading de CDS comme il s’est mis aux OAT et aux actions, il faudra juste inventer des dispositifs pour s’adapter aux conditions de liquidité, que sais-je des microCDS. Je ne vois toutefois pas comment cela pourrait limiter les risques ou responsabiliser les dirigéants. Le seul changement, est que les banques engrangeront encore plus de commissions.

3) le problème insoluble du bancor est celui de la governance de son émission. Est-ce que une autorité quelconque aura le droit d’émettre periodiquement des bancor, ou bien la quantité de bancor est determinée une fois pour toutes, et les Etats se les échangent entre eux?

Dans le deuxième cas on a exactement l’équivalence bancor = or.

Dans le premier cas, vous devez expliquer qui aurait le droit d’émettre des bancor acceptés dans le monde entier. Aujourd’hui c’est le pays le plus puissant, les US, et le bancor s’appelle dollar, nul besoin de lui changer de nom.

Plus que le nom vous voulez peut être changer d’émetteur. L’Allemagne a essayé avec l’Euro sans trop de succès, tout simplement parce que l’Europe n’est pas une nation mais 27 nations. Et voudrez vous donc qu’une monnaie qui ne décolle pas car gérée par 27 nations soit remplacée par une autre, gérée par 160 nations?

Pierre : des principes de responsabilité intellectuelle

@habsb

La dispersion de nos sujets n’est qu’apparante. Nous passons en revue tout les segments de la réalité financière qui font le sujet unique de notre discussion : la responsabilité. Nous vivons dans la crise actuelle les conséquences d’un choix idéologique déjà ancien de ne considérer de la réalité que sa part objective. Le problème est que l’activité financière est une activité de décision éminemment dépendante de la subjectivité.

Un dirigeant financier travaillant sur le réel physique ou le réel anticipé décide du levier du capital par la dette de son objet d’anticipation. Sa responsabilité est bien de rembourser toutes ses dettes par la mobilisation mesurée du capital ; maximal pour couvrir toute insuffisance de la valeur ajoutée sur la valeur empruntée, minimal pour maximiser la plus-value par unité de capital immobilisé. Cette responsabilité n’est pas matérielle mais formelle. La matière investie est apportée par les actionnaires et les créanciers. La forme, c’est à dire l’intelligibilité et la crédibilité du levier du capital par la dette, est apportée par le dirigeant financier.

La responsabilité financière dirigeante illimitée signifie l’obligation de transparence aux actionnaires et créanciers par l’intermédiaire du marché. Le droit du créancier à ne pas supporter le risque de crédit d’une anticipation est matérialisé par le droit de l’actionnaire à limiter le risque engagé par le dirigeant. Le droit de l’actionnaire est la responsabilité illimitée du dirigeant à acheter au marché la réalité de son anticipation en remboursement certain du crédit et en versement probable de la plus-value.

Le marché est dans le cadre idéologique actuellement dominant un système de concurrence quantitative. La course à la taille escamote la qualité réelle des objets échangés et davantage encore la finalité de l’échange à satisfaire des besoins offerts et demandés par tout agent économique. Le levier invisible du capital par la dette n’est pas ouvertement négocié et donc non mesurable par la réalité exhaustivement présente dans le marché. Un dirigeant financier n’est pas explicitement responsable dans sa rémunération de l’écart entre la mesure des anticipations vendues à ses actionnaires et créanciers et la réalité effectivement produite. Les pertes éventuelles sont réparties entre propriétaires du risque et du crédit ; celui qui les a vendues n’en subit pas les conséquences.

Le marché est virtuel qui ne met pas la responsabilité financière dans l’obligation de réconcilier des décisions avec la réalité objective ; objectivité de la réalité qui contient les décisions financières des autres indépendamment de soi. Si le marché des CDS était réel, il obligerait les dirigeants bancaires vendeurs de prime à les faire acheter par les emprunteurs. Les investisseurs seraient propriétaires du risque dont ils vendent le prix et les emprunteurs disposeraient de la mesure réelle du risque qu’ils émettent. La responsabilité formellement illimitée de tout dirigeant à rembourser ses dettes serait mesurée et limitée par la responsabilité du marché. Si la responsabilité de direction financière n’est pas posée en droit, la transparence spéculative et comptable n’a pas d’autre motif que de détourner la réalité en simulant des décisions et des possibilités qui n’existent pas en réalité.

Le bancor est effectivement impossible sans droit de la responsabilité dirigeante. Mais si des États formés dans le droit décident d’ouvrir sous leur juridiction un marché extra-national de responsabilité dirigeante, ils créent la possibilité d’émettre une liquidité monétaire internationale engagée par l’intelligence de la réalité réconciliée avec tout objet de crédit et de risque. Une monnaie produite par un marché extra-national de droit protégé dans des espaces nationaux, peut compter tout engagement international par l’égalité des droits à la valeur. Les États sont renvoyés à leur mission essentielle de production et d’application du droit propre à la production de valeur effective dans leur espace national et international. La gouvernance de l’émission monétaire est une responsabilité dirigeante de calcul économique à la condition d’un État de droit dirigé vers sa finalité non économique.

Merci de votre questionnement très stimulant.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 11:00

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a4/Aristoteles_Louvre.jpg/200px-Aristoteles_Louvre.jpg

Paul Jorion fournit dans Comment la vérlité et la réalité furent inventées le concept d'analyse du moment actuel de crise de la connaissance

Comment les activités économiques ont assèché l'intelligence humaine.
Comment sera reconstruit un cap universel de civilisation.


Quatre axes de causalité réciproques

Depuis le 4ème siècle avant Jésus Christ, l'humanité dispose d'une théorie complète de la connaissance, de l'observation et du raisonnement. Aristote a produit sur la philosophie et la science grecques la première synthèse théorique du fonctionnement de l'activité d'entendement humain dans le monde sensible. L'homme interagit avec la matière du monde auquel il appartient. Il comprend les effets de sa vie terrestre par l'élaboration de formes dans son intelligence ; des images de raison par lesquelles il s'explique les effets de sa matière en conséquence de ses décisions. Aristote pose l'homme comme un être décisif du monde terrestre ; un sujet qui choisit ses fins à l'intérieur d'un contexte matériel objectif mathématiquement limité. L'homme connaît et façonne son univers par la matière qui s'impose à lui. Elle produit des effets qu'il veut ou ne veut pas en choisissant la forme qui relie l'effet à la cause matérielle.

Aristote a fondé l'intelligibilité de la vie humaine dans l'univers des quatre dimensions causales : la matière, l'effet, la forme et la fin. La fin est un problème religieux : comment et par quoi les hommes sont ils réunis en société et civilisation ? Quelle est la nature de leur relation au monde matériel ? A la Renaissance, les savants qui théorisent la connaissance humaine s'insurgent contre le pouvoir politique religieux. L'exploration de la diversité du monde implique de forger de nouveaux concepts non inscrits dans les écritures saintes. La cohérence verbale de la société européenne est menacée. L'occident choisit de poursuivre le mouvement d'individuation de la connaissance. Le pouvoir politique perd sa dimension religieuse et la science s'émancipe du vocabulaire canonique des clercs. Le système causal d'Aristote éclate : le monde sublunaire renvoie au Ciel le questionnement des causes finales. La matière, l'effet et la forme sont les problèmes exclusifs de la société terrestre et de la science objective.

Depuis la Renaissance, la révolution politique, économique et industrielle se développe sur un système cognitif à trois natures de causes. La production humaine de richesses matérielles a explosé ; mais la civilisation n'a plus de cause finale. Le triomphe actuel de l'individualisme exprime une causalité finale propre à chaque individu, non partageable avec quiconque. Jusque dans les années soixante-dix du vingtième siècle, la base culturelle de la modernité est restée unifiée par la domination politique de grandes puissances de civilisation européenne. Depuis une génération, l'émergence économique d'un monde multipolaire produit une concurrence de civilisations non coordonnées par une communauté de fins. La rupture épistémologique de la Renaissance exhale la plénitude de ses effets. La société humaine mondiale n'a plus de principe d'unité.

Les choix non assumés de l'économie mondialisée

Nous sommes entrés dans une phase d'instabilité aiguë d'un système financier international sans forme établie. L'unification de l'économie mondiale multipolaire n'a pas de cadre politique adapté. En causalité aristotélicienne, l'économie mondiale est une matière sans forme. Les effets économiques ne sont pas intelligibles par rapport à des fins compréhensibles. Les économies nationales sont en concurrence sans en partager les règles financières. Les taux de change comptant, à terme et optionnels ne traduisent pas d'anticipation ordonnée, intelligible en économie des échanges internationaux. Les critères d'équilibre futur des échanges physiques et financiers ne sont pas partagés. Les marchés ne produisent aucune mesure claire des risques sous-jacents aux équilibres macro-économiques. Les autorités politiques n'ont pas de base objective pour ordonner leurs décisions de régulation.

Dans le système actuel d'échange, l'économie internationale est appréhendée uniquement sous sa dimension matérielle. Les choix humains ne sont pas mesurés en réalité de leur risque et de leur crédit. La non-réalité des investissements engagés n'est pas systématiquement mesurée ni imputée à ses sujets opérateurs. Les crédits s'accumulent sans preuve internationale objective de la solvabilité des emprunteurs. Sans étalon monétaire international intelligible en droit, le calcul économique est en lui-même informe, non rationalisable. Il fournit des indications erronées en projection d'offre et de demande dans le temps. Le concept juridique et financier de l'option qui contient l'expression aristotélicienne de la finalité le démontre.

L'option est forme d'intelligibilité de la mesure financière ; forme financière de la décision humaine des objets de valeur sous la contrainte de la réalité. L'option quantifie la valeur nominale des effets à venir d'une décision économique. La prime cotée d'une option indique en temps réel l'appréciation par le marché du risque positif ou négatif de la décision d'un certain objet à un certain prix. Un marché unifié par une même définition de l'option comme responsabilité des prix en risque et en crédit d'un objet dans la durée future. L'option est forme universelle de production du crédit stable. Le crédit s'y définit comme engagement du prix futur d'un objet anticipé par un gérant. Le gérant porte le risque du crédit dans la durée de l'option. Il réduit le risque mesuré dans la prime par l'information de la matière sous-jacente au nominal de l'option. Il est personnellement garanti, c'est à dire controlé, par les propriétaires de sa prime de risque ; prime qui constitue le capital de l'anticipation de l'objet qu'il gère. La définition universelle donc régulable du crédit stable, est formellement un étalon international de la valeur économique ; étalon du droit des personnes à l'économie de la valeur indépendamment de leur nationalité ; étalon dont l'inexistence matérielle déforme l'économie.

Le prix du choix

Ce concept d'option est d'une extraordinaire fécondité, intuitivement assimilé par toute culture. Tout homme engage sa production future dans les limites quantifiables de la réalité mesurée par la société constituée en marché. Tout crédit est le nominal d'une option. Tout risque est prime d'un crédit sous-jacent à une option. Toute option est choix d'un objet de valeur ; choix vendu aux propriétaires de son capital. L'option structure toute responsabilité financière réciproque de l'individu par la société, de l'opérateur privé par l'opérateur public de droit. Elle articule toute responsabilité vendeuse d'un objet futur de valeur à la disposition monétaire à terme de son prix nominal ; à l'achat par une responsabilité acheteuse du capital de sa plus-value en risque à l'origine. Toute prime d'option rémunère la régulation d'un engagement par le droit nommé dans les limites de la réalité.Le droit est matière nominalement formée des effets d'une fin choisie dans une même société.

Le concept d'option est utilisé et partagé par toutes les cultures qui s'affrontent aujourd'hui dans la régulation de l'économie moderne. Il contient la notion de marché et d'autonomie de l'individu chère aux anglo-saxons ; la notion de bien public garantie par l'autorité publique chère aux latins ; la notion de rationalité de la limite matérielle chère aux germains. L'option est la matière financière de la décision individuelle d'un objet de valeur future définie en droit commun. Une matière sans effet en l'absence de marché. Le vrai marché de l'option confronte les sujets d'un même droit sous l'arbitrage public ; arbitrage de l'intérêt commun à l'objet des décisions individuelles particulières.

Sous l'hypothèse d'un droit universel de l'option de responsabilité de tout objet d'anticipation financière, les monnaies apparaissent non gouvernées dans l'économie mondialisée. La valeur du Droit de chaque zone monétaire est instable, non objectivement mesurable à ses étrangers. Les débiteurs internationaux d'actifs en dollar ou en toute autre monnaie ne possèdent aucune mesure stable en droit de leurs engagements. Depuis octobre 2008, la masse des anticipations financières mondiales s'est irréversiblement décrochée de la réalité qu'elles mesurent. La mesure internationale du capital et du crédit n'a plus de réalité. Les État développés accumulent plus de dette publique en valeur absolue qu'ils n'obtiennent de croissance économique réelle dans le monde entier.

Le multiplicateur de la confiance

L'application du modèle de l'option aux politiques économiques des pays développés signifie qu'ils paient en primes d'importations la décision implicite des droits de douane massifs qu'ils vont appliquer aux pays émergents. Or les pays émergents ne reconnaissent pas la nature incertaine de leurs exportations. Non seulement la croissance mondiale réelle est désormais négative, mais elle est achetée par le gel en puissance des échanges entre zones monétaires différentes. A l'intérieur-même des zones monétaires, le maintien d'un semblant de croissance se règle par la vente cachée d'options de fiscalité aux États. Il est désormais trop évident que la pression fiscale va devenir écrasante ou que les services publics minimaux ne seront plus financés. Les États sont en cours de démantèlement financier. L'internationalité détruit la nationalité

La crise financière grecque annonce des souffrances redoutables. Le système financier international est maintenu à flot par un accord tacite de garantie réciproque avec les grands États. L'accord tient tant qu'il demeure un espoir que la croissance future restaure la solvabilité publique. Cet espoir exige une rigueur financière qui ne peut pas être autre chose que la mesure des pertes latentes accumulées et leur imputation sous forme de prime de risque à des agents économiques identifiés. Tous les débiteurs physiquement infaillibles, les États et les personnes physiques, von avoir le choix entre se retrancher des marchés financiers ou entrer en négociation réellement réciproque. Sans critère international de solvabilité, l'incertitude des choix et de l'égalité de traitement entre tous les acteurs implique des primes de risque exorbitantes pour les emprunteurs les plus faibles. La matière financière internationale va se contracter par l'exclusion de ses opérateurs quantitativement trop marginaux.

La fécondité de l'option est de rationaliser l'autodestruction économique sous-jacente aux équilibres financiers en cours ; rationalité homogène à la modélisation de la décision possible de surmonter la crise de civilisation. L'option en instance de négociation est la réappropriation légale du système financier international par les États ; Etats compromis dans le renflouement formel mais non matériel et donc non réel du système financier non régulé par une fin. Le nominal en arbitrage est un système juridique de régulation internationale des marchés monétaires et financiers. Sans l'achat de l'option, les marchés non régulés achèteront la prime de risque de l'effondrement systémique non dissimulable en cours de matérialisation. Une société d'États de droit peut acheter l'option d'un étalon international de la valeur. Elle fournirait aux marchés l'engagement de gérance du réalignement du calcul économique sur la réalité humaine et physique. La prime achetée par la seule décision de refondation légale d'un système international d'équité est le prix de la responsabilité publique internationale de la réalité des équilibres économiques.

La liquidité limitée par le risque

L'économie de marché ne peut pas maîtriser l'incertitude de la réalité future sans égalité de droit à s'engager dans la décision des objets futurs de la valeur. La confrontation internationale marchande des intérêts particuliers de toute nature n'a pas de forme ni de rationalité sans l'investissement de l'État de droit dans la transnationalité équitable. La matérialité économique de l'État de droit transnational est sans réalité en l'absence d'une monnaie internationale gérée à égale distance de tout intérêt particulier, fût-il des nations les plus puissantes. La création d'une monnaie internationale matérialise ipso facto l'intérêt d'une civilisation mondiale distincte des nations ; d'une civilisation d'intérêts monétaires nationaux distincts et articulés au droit de la personne universelle. Le nominal de l'option du droit universel de la valeur économique choisie est par nature définition de l'unité de compte transnationale de tout engagement financier.

L'option de l'étalon monétaire international est la réponse du droit à la nécessité économique exprimée par Keynes et Mundell d'un outil de régulation des échanges internationaux. Il constitue ipso facto la trame de régulation du crédit par le capital ; une option de régulation souveraine du marché par la solidarité de tout État ; une option gérée par un système bancaire dédié exclusivement à cet effet indépendant des intérêts nationaux. Dès sa mise en œuvre, un tel système garantirait les réserves de change des pays émergents ; mutualiserait par le marché le risque des objets de la masse monétaire mondiale porté par les monnaies de réserve actuellement nationales ; autoriserait la fluctuation ordonnée des monnaies selon l'anticipation marchande des équilibres commerciaux et financiers.

Les techniques financières de marché sont désormais abouties pour une gestion parfaitement stable du risque, du crédit et de la monnaie. Un ordre est latent dans les marchés financiers modernes qui attend une régulation par un droit commun endossé par les États. Il n'est aucune nécessité à créer un gouvernement mondial pour émettre une monnaie internationale stable. Il suffit de créer un marché transnational de la liquidité des contrats financiers fondé sur une stricte séparation du prix en risque et du prix en crédit de tout objet d'anticipation de la valeur économique ; séparation nécessaire dans l'ordre international mais que les États nationaux peuvent librement renier dans leur espace monétaire propre sans rien changer à leur régulation actuelle.

Le crédit séparé du risque

Une monnaie transnationale de marché implique un système bancaire extra-national implanté dans les pays fondateurs ; mais soumis à une banque centrale internationale contrôlée par une banque de régulation publique multinationale. L'équilibre du marché du capital et du risque distinct du marché de la liquidité de crédit implique une stricte séparation entre quatre activités fondamentales en régulation les unes des autres : le courtage marchand, le crédit, l'investissement et l'assurance. Un principe d'achat de la prime de risque de toute cause de crédit assure l'adossement d'une monnaie absolument stable à des crédits exempts de tout risque. Une monnaie dont l'émission est strictement limitée par le capital investi dans la couverture des emprunts et rémunéré par la plus-value ; une plus-value mesurable en intelligence du recyclage garanti de toute épargne internationale.

La monnaie transnationale dont la stabilité ne dépendrait pas des économies et politiques monétaires nationales reconstituerait, sans l'or abandonné en 1971, l'étalon monétaire des échanges internationaux. Le marché des changes dans une unité de compte mondiale serait soustrait aux manipulations de parité hors de la transparence des équilibres de risque et de crédit. Aucun État n'impose ses intérêts sans se soumettre au jugement économique du marché de la communauté internationale. Les États fondateurs du nouveau système sont propriétaires de son capital de stabilité issu de la réduction permanente des risques par l'intelligibilité active de tout objet de valeur. Une régulation rentable et rémunérée par la cotation systématique des primes de tous les risques des objets régulés. Le marché international du risque s'articule au marché de la liquidité du crédit par la cotation des options de tout nominal de crédit.

L'adhésion de seulement deux États significatifs à un étalon monétaire international suffit à la régulation de toute dette internationale. L'alliance de la Grande Bretagne avec la zone euro peut en être la fondation. Il suffit de séparer juridiquement les opérateurs financiers transnationaux des opérateurs nationaux. La sûreté du système transnational auto-régulé dans la communauté de mesure des intérêts nationaux abaisserait le coût systémique du risque. La liquidité sans forme matérialisée par les banques centrales retrouverait les limites du choix humain de la réalité telle qu'elle est. Nous sortirions de la déflation du réel produite par l'inflation incontrôlables des risques non assumés de la vie humaine. Notre subjectivité entamerait sa réconciliation avec le monde objectif. Nous retrouverions la responsabilité de notre avenir.

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