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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 13:32

Le serveur de compensation : état du développement

Deux faces d'une même pièce de monnaie : le concept, la pratique

La maquette de chambre de compensation en développement dans une base de donnée opérable sous SQL (Langage de requêtes structurées) combine les deux métiers de l'informatique et de la finance. Le même objectif se présente sous deux angles absolument distincts, complémentaires et nécessaires :

  1. 1) un algorithme de compensation des prix sur un marché numérique qui produise un équilibre permanent de l'offre et de la demande de biens réels, des services qu'ils rendent, du prix qu'ils coûtent et des besoins réels qu'ils couvrent du présent à n'importe quel futur.

  2. 2) une interface qui permette à des utilisateurs quelconques de n'importe quel système d'information d'interagir sur le marché numérique ; lequel réunisse dans un même espace tous les objets, tous les métiers, tous les acteurs et toutes les entreprises constituant des intérêts économiques à l'échange de tout bien réel contre un prix intelligible, juste et fiable.

Avant que le processus de compensation dans toutes ses étapes et conditions élémentaires ne soit informatiquement décomposé, l'algorithme est rationnellement fondé ; le modèle de prix défini peut numériquement déboucher sur un équilibre général effectif des prix à l'intérieur de communautés professionnelles réelles de production économique.

État de maturité du prototype de moteur interfacé de compensation

Une maquette informatique est en développement pour tester le modèle de données relationnelles à 8 tables et 27 données. Le discours démontre logiquement l'efficacité et la faisabilité d'une compensation générale des prix. La maquette informatisée permet la formulation d'une typologie exhaustive des cas de compensation représentatifs de toute réalité économique ; le modèle permet de représenter toutes les combinaisons économiques réelles d'organisation, de métiers et de produits que les acteurs économiques échangent sur les marchés.

L'efficience du modèle à fournir toutes les données d'un équilibre général des prix par la compensation est au stade actuel statiquement démontré. Le modèle de prix établit un bilan d'entrée, des bilans intermédiaires et un bilan de sortie d'un cycle de compensation. Ces bilans sont formés de tableaux à 15 colonnes sur des prix actifs et passifs. Un prix, actif ou passif, est à 7 arguments dont un argument est justement le sens acheteur pour le passif et le sens vendeur pour l'actif. Chaque prix est rattaché à un gérant qui est une personne physique dans un réseau de personnes morales formellement identifiées et reliées dans la table d'enregistrement des personnes.

Ce qui n'est pas achevé, c'est l'intégralité de la dynamique entre toutes les situations intermédiaires à n'importe quel instant de l'axe du temps. Le principe opératoire de l'interface est la saisie d'ordres d'achat et de vente en temps réel de n'importe quoi, quel que soit le degré de réalisation de l'objet négociable ; lequel est numériquement titrisé par celui qui offre et adossé au prix du crédit en monnaie de celui qui demande.

État de matérialisation des concepts dans la base de donnée actuelle

Toute transaction est décomposable entre :

  1. 1) un dépôt préalable de l'objet offert,

  2. 2) le dépôt de toutes les transformations opérables en augmentation du prix par l'amalgame au fil du temps des intrants anticipés,

  3. 3) le règlement de la livraison à une échéance fixée,

  4. 4) le règlement du prix du service rendu quel que soit sa maturité dans la réalité étalonnée par le temps.

Un règlement est défini comme une offre de prix de celui qui prend livraison à un moment quelconque d'un objet disponible. Un objet est par principe une substance dans un état décrit concrètement livrable à une échéance future pour un acheteur quelconque. Un règlement est une décision d'offre de prix répondant à une offre crédible de bien. L'utilisateur interagit dans la compensation par la description de ce qu'il offre et le paiement de ce qu'il achète.

L'innovation fondamentale de la compensation algorithmique numérisée est la décomposition du paiement par le temps réel. Le prix d'un bien quelconque n'est plus absolu en monnaie comptable qu'à la condition d'être relatif à des personnes identifiées assumant tous les ajouts de valeur au fil du temps. La preuve réelle de la valeur ajoutée n'est pas produite par celui qui offre mais par celui qui demande dans l'anticipation d'un règlement final à la livraison garantie de l'objet réel.

La compensation algorithmique pose l'impossibilité du règlement en monnaie sans que le prix soit décomposable par toutes les productions identifiées de biens intermédiaires prouvant que le bien final est totalement réel pour tous ses vendeurs et totalement possible pour tous ses acheteurs.

La causalité compensatoire exprimée dans l'interface graphique

L'interface graphique par quoi un acteur quelconque intervient en compensation est donc son interface métier habituelle à la condition que l'algorithme transcrive les saisies dans le modèle des prix. Par définition de la compensation, l'algorithme ordonnance en logique d'un temps causalement ordonné, les décisions de prix sur les choses posées comme biens économiques.

Par rapport aux interfaces déjà utilisées dans les différents métiers, l'adjonction du moteur de compensation aux systèmes d'information d'entreprise et de marché a pour conséquence de permettre :

  1. 1) l'interprétation des prix par la représentation des biens négociables,

  2. 2) et la justification des règlements en monnaie par la décomposition des biens en prix.

Sur un plan informatique, le moteur n'opère aucune transformation par le calcul sur des nombres ; la compensation ordonne et représente les relations logiques qui doivent exister entre les choses, les prix et les personnes pour qu'il y ait un équilibre général des prix, lequel permette l'échange effectif des biens dans la réalité physique vérifiable entre les personnes.

Par rapport aux interfaces métier actuelles des systèmes d'information, le moteur de compensation ajoute uniquement une chaîne logique de liens hypertextes. Tout élément d'actif en cours de transformation est vérifiable par un prix unique selon la date probable de livraison par un propriétaire identifié. La propriété informatisée est la responsabilité efficiente de la valeur ajoutée attendue au bénéfice des acheteurs.

Réalité augmentée des systèmes d'information actuels par la compensation du prix

L'implantation du moteur de compensation concernera uniquement les modules budgétaires et comptables et les modules d'administration de la propriété des données. Juste avant d'être implanté dans un système de comptabilité et de gestion, le moteur de compensation est un ensemble d'instructions de requêtage du modèle de prix selon les droits que les utilisateurs du système ont déclaré sur les données qu'il contient. Ces droits sont eux-mêmes structurés et décrits dans le modèle de prix afin de déterminer l'équilibre général de l'offre et de la demande de tous les biens par les prix.

Le défi du premier prototype de moteur de compensation n'est donc pas la complexité des interfaces ou du programme de calcul des bilans comptables par personne ou par objet, mais la sémantique des objets qui sont montrés à l'utilisateur pour qu'il les manipule selon son métier personnel. Quatre gammes de métier structurent la compensation : la direction générale, le commerce, la production et la finance. Pour que la compensation soit économiquement fonctionnelle, il faut articuler le sens des métiers fondamentaux par quatre type d'opération : le travail, le crédit, l'investissement et l'assurance.

L'architecture générale de la compensation est totalement contenue dans le modèle de donnée à 8 tables et 27 variables. Mais pour que cette architecture soit la cause signifiante de l'équilibre des prix compensés, il faut :

  1. 1) inscrire les définitions fondamentales économiques, juridiques et financières dans le modèle de donnée mots-personnes-objets-biens-primes-offres-prix-définitions ;

  2. 2) rédiger les requêtes SQL produisant et restituant les relations sémantiques entre les définitions fondamentales ;

  3. 3) programmer l'ordre des requêtes assurant la production continue d'un équilibre des prix, quels que soient les états dans lequel les utilisateurs placent le système par leurs déclarations et décisions.

Programme pratique de montée en charge

La finalité du premier prototype de chambre de compensation est de montrer comment l'équilibre des prix réglés par l'algorithme est totalement et dynamiquement décomposé, physiquement, logiquement et sémantiquement par le modèle à 8 tables. La démonstration recherchée est holiste : elle marche ou ne marche pas. Quand elle marchera, il faudra :

  1. 1) que n'importe quel métier de direction, de commerce, de production ou de finance y reconnaisse ce qu'il fait concrètement dans le processus économique ;

  2. 2) que n'importe qui puisse lire l'équilibre des prix sur les biens qu'il produit, vend, achète et consomme.

En raison et en logique, la démonstration de l'efficience de l'algorithme est pratique et absolue. Il faut que n'importe quel métier puisse agir selon ses finalités propres et que l'équilibre des prix soit continûment et visiblement vérifié. Quelles que soient les visions personnelles, l'efficacité de l'algorithme de compensation sera réelle et vérifiée quand chaque métier pourra concrètement négocier les prix qui l'intéressent en équilibre avec les prix désirés par tous les autres métiers.

Techniquement le prototype de compensation est un château de cartes. Tant qu'il n'a pas atteint la hauteur demandée qui est l'équilibre général et continu des prix ; tant que toutes les cartes nécessaires ne sont pas réunies ; tant que chaque carte n'est pas placée au bon endroit dans le bon ordre, le château n'existe pas. Les limites du projet sont parfaitement identifiées et matérialisées qui donnent la certitude que le château existera bien dans quelques semaines après fabrication et disposition d'un nombre fini de cartes.

Métrage sémantique du temps : les 10 phases de compensation

Un cycle de compensation est structuré sur n'importe quelle personne, n'importe quel objet, n'importe quelle maturité possible et n'importe quel résultat de valeur nette potentielle. Quelle que soit la configuration, un cycle complet passe par 10 étapes : initialisation, nomination, habilitation, origination, association, gouvernance, affiliation, invention, offre-demande, règlement-livraison. A l'instant présent, toutes les requêtes sont rédigées jusqu'à l'invention.

Du point de vue de l'interface, l'utilisateur navigue entre 4 vues fondamentales : les objets, les personnes, les biens et les primes :

  1. 1) la vue des objets restitue et traite des définitions nominales des relations objectives dont l'utilisateur est responsable ;

  2. 2) la vue des personnes traite les sociétés, les contrats, la propriété des actifs et la liquidité des prix par rapport aux personnes physiques, morales, sociales et verbales ;

  3. 3 la vue des biens traite de l'évaluation quantitative détaillée des actifs négociables par les offres et les demandes de prix ;

  4. 4) la vue des primes traite des positions d'achat et de vente des actifs et des prix dans le temps ; positions qui sont en même temps des engagements et des règlements de crédit monétaire entre les différents rôles nécessaires à l'équilibre général des échanges.

L'activité d'un opérateur dans la compensation consiste donc selon ses finalités et ses compétences propres :

  1. 1) à se présenter dans le contexte préformaté de la compensation pour expliciter sa responsabilité offerte ou demandée dans une organisation, une profession et un univers financier de causalité,

  2. 2) à décrire des biens algorithmiquement intégrables dans des processus de transformation des demandes en offres de service, lesquelles soient finalisées dans une livraison réglée par le prix de compensation,

  3. 3) à quantifier les prix des biens offerts et demandés pour opérer une transformation rentable des demandes personnelles en offres personnelles,

  4. 4) à prendre des positions de demande dans la limite de son crédit, et des positions d'offre dans la limite de son temps, de ses compétences et des garanties professionnelles dont il bénéficie.

Qualification du codage de la compensation

Les instructions prises en charge par le moteur de compensation derrière l'interface d'utilisation sont exclusivement des requêtes enchaînées par les tests de condition de causes, lesquelles sont matérialisées par l'existence particulière des données dans la base de modélisation des prix. L'interface d'interaction compensatoire ne déclenche aucun autre traitement automatisé que l'enregistrement des données supplémentaires exprimant toute la consistance des opérations :

  1. 1) de nommage,

  2. 2) d'appréciation,

  3. 3) de décision,

  4. 4) et d'assurance du prix nominal par le prix réel offert ou demandé.

L'algorithme de compensation est par principe un asservissement logique du prix au raisonnement conscient et délibéré de l'utilisateur réel et vrai. L'algorithme est par définition totalement rédigé et complet quand l'utilisateur peut :

  1. 1) soit par des saisies de texte,

  2. 2) soit par le choix des options qu'il a personnellement définies dans les 4 vues,

  3. 3) soit par la proposition d'un prix,

transformer l'équilibre général des prix des biens qu'il négocie. L'équilibre général des prix est objectivement et visiblement exprimé dans l'interface utilisateur par l'égalité sur chaque personne de la somme de tous les prix réels en cours positionnés à l'actif ou au passif.

Le reste à faire pour une opérationalité complète et exhaustive

L'enjeu technologique pratique du contrôle de l'algorithme par l'interface est la manipulation à distance en temps réel sécurisé d'une grande masse de données ; laquelle est proportionnelle à la décomposition explicative des prix par un très grand nombre d'utilisateurs connectés et actifs synchroniquement.

La masse des données doit être distribuée sur plusieurs serveurs qui constituent autant d'univers de compensation différents pilotés par des courtiers informatiques bancaires. Ces courtiers doivent pouvoir acheter et vendre les flux d'information que les communautés professionnelles abonnées à leur serveur négocient avec d'autres chambres de compensation notamment celles des banques actuelles et des marchés financiers actuels.

Les courtiers informatiques sont du point de vue financier des cambistes : ils assurent en temps réel le prix de la liquidité de la compensation dans la communauté de marché qu'ils couvrent. En théorie financière, ils prennent des positions d'achat ou de vente à toute échéance utile, de la parité de change de la monnaie numérique sous-jacente à l'équilibre général des prix dans leur serveur de compensation.

Convergence structurée par le réel entre l'informatique, la finance et l'économie

La liquidité d'une chambre de compensation servie par un même processeur informatique de compensation dépend de l'information que les cambistes échangent avec les autres chambres. Un cambiste compare la position consolidée de sa propre chambre de compensation à toutes les échéances du futur avec la position consolidée aux mêmes échéances de toutes les autres chambres dont il assure la convertibilité des prix.

Le prix réel de la parité monétaire consolidée d'une chambre de compensation externe dépend de la transparence analytique des prix externes en prix internes : il faut donc offrir aux cambistes de toute chambre de compensation, des capacités métriques de consultation de la structure des primes. Les primes quantifient la nature des exportations et des importations de toutes les autres chambres liées. La gestion économique des flux informatiques d'inter-compensation est le volet de la mécanique de compensation qui n'est pas pris en compte dans la maquette que je développe.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Compensation
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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 21:29

Dessin du serveur de compensation

 

  1. La personne, le nombre, le texte et le temps

  2. Une machine d'indexation par le texte pointé
  3. Représenter les relations entre les personnes et les choses
  4. Comptabilité du temps en texte parlé
  5. Le nombre et le temps de la réalité comptable
  6. Construction de l'enfer numérique

  7. Enfer de la spéculation, damnation par le travail
  8. Le travail en crise dans l'intelligence refermée sur soi
  9. Délocalisation des données de modélisation de la réalité
  10. Le chaos de la virtualité indéchiffrable
  11. Travail, prix, monnaie et loi commune

  12. Le sens inversé du travail par la monnaie falsifiée
  13. Réunir la chose au prix par la loi du travail
  14. Dessiner l’État par les fins personnelles qu'il réunit
  15. Adossement numérique de la propriété aux droits consignés des personnes
  16. Financement de la réalité par la parole engagée

  17. Assurance numérique de transformation de la parole en réalité
  18. Le prix décomposé en primes par les sociétés garantes des personnes
  19. Les choses décomposés en prix par la propriété sociale des personnes
  20. La pensée de quelque chose assurée par le prix de quelqu'un
  21. Monnaie de compensation en prix de la vie humaine

  22. La monnaie convertible en tout argument de prix de quelque chose
  23. Unité monétaire de quantification temporelle du travail
  24. Humanisation de la personne par le prix contextualisé des choses

 

La personne, le nombre, le texte et le temps

Une machine d'indexation par le texte pointé

Il était une fois une tribu qui n'avait pas de nom. Elle adorait une table interactive produisant des images et des sons. N'importe qui pouvait se pencher sur la table et l'activer avec le doigt. La table s'illuminait et répondait à son utilisateur : « je pense donc je suis ». Personne ne savait ce que cela voulait dire mais la phrase sonnait joliment. Les membres de la tribu aimaient bien répéter pour eux et entre eux : « je pense, donc je suis ».

La table était le lieu de rassemblement et d'activité collective quand les gens disaient ne pas travailler. Personne ne savait d'où provenait l'objet magique. Mais il était amusant. Quand quelqu'un disait des choses, des écritures apparaissaient sur la table à coté des doigts posés. Quand un seul doigt était posé sur la table, tout le monde pouvait voir que la machine magique écrivait ce qui était dit. L'écriture était reliée à celui qui parlait par le propriétaire du doigt posé et par les témoins présents autour de la table.

A la longue, la tribu avait appris qu'en nommant celui qui posait son doigt avant que la table n’interprète ce qui était dit, cela suffisait par la suite à ce que les noms et les choses soient automatiquement associés en écriture autour d'un même doigt attaché ùécaniquement au même nom personnel. Si la règle était respectée de ne dire que des choses concernant le titulaire du doigt posé, la machine restituait en écriture ce qu'elle avait enregistrée de la même personne déterminée par le contexte.

A force de jouer sur la table, la tribu avait aussi compris que l'attribution de texte aux mêmes personnes par le doigt fonctionnait pour toute chose désignée visiblement par un doigt. Si on désignait un nez en prononçant « nez », tout le monde pouvait constater que la table affichait le mot « nez » à coté du doigt posé sur la table. Par un ensemble quelconque de membres de la tribu assemblés physiquement autour de la table, il était possible de s'entendre sur une relation unique entre des objets cernés par les cinq sens et des objets identifiés par l'écriture de la machine magique.

Représenter les relations entre les personnes et les choses

L'indexation de tout objet par des mots et par le nom de celui ou ceux à qui appartenait la chose sous le nom était facilitée par un doigt dextre. Un jour, quelqu'un avait entouré un nom avec son doigt et avait dessiné un trait jusqu'à un autre texte accolé à un autre doigt posé sur la table. A la suite de ce geste, la machine avait associé le nom et la chose sans que les paroles n'eussent été prononcées conjointement.

Excitée par la capacité de la table à relier le nom des personnes au nom des choses, la tribu avait rapidement joué à réunir les choses entre elles et les noms entre eux. Ainsi pouvait-on demander à un groupe nommé et repérable de personnes, de pointer du doigt autour de la table les choses que le groupe désignait solidairement par les textes déposés dans la machine à écrire la réalité de la tribu.

La tribu occupait beaucoup de temps libre à jouer avec la table. Mais la négociation des textes par les choses et par les personnes qui nomment butait toujours sur des événements qui cassaient le plaisir du jeu. A chaque fois, des joueurs quittaient le jeu alors qu'on avait besoin d'eux pour poser leur doigt sur les mots qui leur étaient attribués à eux seuls ou sur les choses dont ils étaient seuls à pouvoir répondre.

Le retrait des gens au fil d'une partie appauvrissait les enjeux avant que tout le monde fût d'accord pour vaquer à d'autres occupations. Il arrivait aussi que le jeu perdît tout intérêt parce que personne ne se souvenait qui avait bien pu prononcer un certain mot que la machine avait mémorisé. Si personne ne revendiquait la relation d'un nom à une écriture, la chose n'existait plus. Autre déconvenue : des mots avaient été prononcés et retenus dans la table magique mais personne ne parvenait à montrer quelque chose de visible ou de palpable.

Comptabilité du temps en texte parlé

La tribu avait longtemps discuté pour trouver un moyen d'autoriser quiconque à rentrer ou sortir du jeu sans gâcher le plaisir des autres. Il était apparu que tout ce qui se jouait avec la table magique dans la tribu n'était pas nécessairement visible et palpable. Il fallait que des choses nécessaires au jeu fussent identifiées seulement par un texte et par les noms qui se portaient garants de quelque chose qui convînt à tous.

Ces choses nécessaires mais invisibles furent encerclées sur la table et attachées au mot « lois ». Chaque loi devait appartenir à au moins une personne, à un groupe strictement nommé de personnes voire à la tribu toute entière. La tribu s'était finalement donnée un nom : « compensation ». Les participants au jeu de la tribu s'étaient nommés « compensateurs ». Pour être compensateur il fallait vouloir mettre son temps sur la table de compensation.

Après moulte expérimentations, la tribu avait établi une loi convenable à tous selon laquelle le temps n'avait pas de réalité s'il n'était pas nommé par la personne ou les personnes qui l'utilisaient. Il fallait aussi que l'utilisation du temps par une ou des personnes fût qualifié par des textes qui désignassent quelque chose ou quelqu'un qu'on pût montrer du doigt à la fin du temps considéré.

On inscrivit sur la table magique que la fin du temps de quelque chose pour quelqu'un par quelqu'un était une « échéance ». Mais alors comment distinguait-on deux échéances de la même chose pour les mêmes personnes ? Après de longues discussions où chacun éprouvât le temps invisible, on finit par dire que le début du temps était le point où l'on avait commencé à parler de la mesure du temps. L'origine commune à tous du temps de chacun était la date où la tribu toute entière avait délibéré d'un décompte du temps orienté vers des fins partageables du temps.

Le nombre et le temps de la réalité comptable

Mais comment inscrire dans la table de compensation le lieu du temps où l'on se trouvait personne par personne entre le début et la fin de toute chose nommée par un texte ? Quelqu'un remarqua que jusqu'à présent, les compensateurs n'avaient joué qu'avec leur index. Mais tout le monde avait dix doigts ! On dessina sur la table un signe différent pour cardinaliser les dix doigts de chacun. Ces nouveaux signes furent assemblés sous le texte « nombres ».

A la différence des textes nommant, les textes comptant avaient une signification universelle immédiate. Tout un chacun avait dix doigts comme tout le monde ! Le nombre 5 dessiné sur la table valait cinq sans qu'il fût nécessaire de préciser par qui, pour qui et pour quoi. On s'avisa que le nombre fixait un temps commun à tous à partir d'une origine du temps connue de tous. La connaissance partagée du temps était les finalités textuelles déposées dans la table de compensation.

Du jour où fut posée une comptabilité du temps par rapport à des textes de choses fixées dans des lois, le jeu de compensation devint permanent même quand la table était éteinte du fait que personne n'y posât son doigt. Chacun méditait « je pense, donc je suis » et travaillait à réaliser ce qu'il avait posé dans la table en promettant de montrer à l'échéance ce qu'il avait marqué par une quantité de temps.

Le miracle de la transformation des textes dans la réalité du temps hors de la table de compensation ne dura pas longtemps. Certains jouèrent avec l'intelligence de leur contrepartie. Ils ne laissèrent pas celui qui achetait une chose par un nombre à une échéance, le temps de lire tous les mots qui étaient attachés au prix. Comme la compensation de la chose par le prix était la raison parfaitement invisible du jeu hors de la table de compensation, il était facile de faire croire par les paroles et des nombres ce qui pouvait ne jamais exister dans un futur perpétuellement invisible.

Construction de l'enfer numérique

Enfer de la spéculation, damnation par le travail

Par la parole orale, la tribu s'était divisée entre compensateurs et non-compensateurs. Les non-compensateurs devaient consacrer tout leur travail à produire les choses que les compensateurs ne produisaient pas à cause de la rareté soudaine du temps de tous. Comme les gens qui travaillaient n'avaient plus le temps de venir à la table de compensation, ils ne pouvaient plus travailler le prix de leur travail. Ainsi les compensateurs jouaient librement avec le temps de travail des exclus de la compensation.

La tribu « compensation » s'était muée en tribu des compensateurs. Les compensateurs s'étaient regroupés dans une caste distincte du « peuple » chassé de la table de compensation. Tout le monde obéissait en parole à la même loi de compensation écrite sur la table. Mais seuls les gens de la caste lisaient et interprétaient les textes de la compensation avant qu'ils fussent transformés en choses livrables.

Le régime de la compensation privée dura tellement longtemps que le mot « compensation » ne désigna plus la vie-même à l'intérieur de la tribu mais l'activité des dieux de la tribu qui dirigeaient par des textes et des prix de la caste. Ceux qui travaillaient ne pouvaient plus rien faire ni décider sans demander à la caste la signification et le sens réel de leurs actes.

Le temps de travail de chacun à produire ce qu'il demandait par le texte et par le prix ne fut plus apprécié selon la même loi. Pour les non-compensateurs le temps n'était que du travail. Pour les compensateurs, le temps n'était que du crédit dont la finalité livrable n'était pas partageable avec les non-compensateurs. Pendant que les non-compensateurs devaient travailler parce que telle était leur condition, les compensateurs devaient « emprunter » les produits du travail sans rien connaître de l'utilité réelle du travail.

Le travail en crise dans l'intelligence refermée sur soi

Pour les non-compensateurs, le travail était une activité sans finalité dicible par le texte donc sans prix vérifiable. Pour les compensateurs, la chose était seulement un texte avec le prix du temps qu'ils y avaient mis sans qu'il fût nécessaire de livrer effectivement la chose commandée. La compensation avait été privatisée par dissociation matérialiste entre le texte et la chose. Compensateurs et non-compensateurs se vautrèrent dans la fatalité du travail insensé de la réalité impalpable.

L'enrichissement de jadis se transforma en stagnation. Mais comme la tribu travaillait de plus en plus pour essayer de conserver sa qualité de vie d'antan, elle détruisit de plus en plus son milieu de vie naturel qui était transformé sans qu'aucune finalité ne fût vraiment servie dans la loi économique en vigueur. La foi entre les personnes capables de penser à soi par l'autre disparut. Le crédit s'effondra : plus personne ne croyait la caste des compensateurs.

Quand les compensateurs s'avisèrent que leur compensation des choses par les prix ne leur permettait plus de défendre leur propre qualité de vie, ils s’adressèrent à ceux qui travaillaient encore ou qui cherchaient quelque chose à faire. Les discussions fusèrent de partout sur la crise générale. Les compensateurs gardaient le doigt posé sur la table de compensation qui enregistrait tout. Des compensateurs zélés traçaient des cercles pour assembler les mots qui faisaient consensus dans un même regroupement identifié de personnes.

Des travailleurs du texte et du nombre se mirent à examiner la table de compensation. Ils découvrirent que la table « pensait » comme eux. Tous les textes et les nombres étaient décomposés en choses allumées ou éteintes selon qu'on faisait passer un courant électrique ou non. La machine utilisait des matériaux sensibles au courant électrique capables de mémoriser dans le temps leur état allumé ou éteint à l'échelle d'une particule élémentaire de matière.

Délocalisation des données de modélisation de la réalité

Des travailleurs du sens du texte et du sens du nombre se mirent à comparer les sens dans la table de compensation et hors de la table de compensation. Ils comparèrent chaque chose déterminée par un regroupement de noms, par un nom, par un texte et par un prix, à toutes les réalités que les « données » de la compensation rendaient montrables par un index de main humaine. Les données stockées dans la compensation explosèrent avec tous les nouveaux textes inventés pour comprendre la compensation.

Des travailleurs de la mécanique de compensation trouvèrent le moyen de démultiplier la table de compensation entre toutes les mains. La table centrale où toutes les opérations de calcul avaient été concentrées fut accessible par des tables attachées à chaque personne. N'importe qui put regarder à distance les textes et les prix compensés ; n'importe qui put transférer des paroles et des offres de prix par une tablette qui lui était propre et qui l'identifiait de façon unique et quasi certaine dans le calcul central.

Le nouveau système de compensation gardait en théorie sa base unique de mots, de nombres et de noms propres à la tribu. Les interfaces d'interaction de chaque personne avec chaque autre, et avec le contenu de la table centrale, étaient complètement délocalisées par rapport aux lieux de conservation des données numériques. Pour donner un sens à n'importe quel texte attaché à des noms par des prix, il fallait juste savoir lire et compter.

Écrire restait plus difficile : pour être lu et compris dans la compensation, il fallait ne pas ré-inventer des mots déjà existant, ni désigner par les mots des choses différentes de celles désignées par les groupes déclarés dans la compensation. Le piège de la tablette était de s'imaginer que toute la réalité s'y trouvait sans qu'il fût nécessaire de partager des finalités, des actes et des dénominations avec les semblables.

Le chaos de la virtualité indéchiffrable

Les membres de la caste des compensateurs ne manquèrent pas de se leurrer et de leurrer les autres en simulant toute réalité indépendamment de la relation interpersonnelle. Les « tablettes » furent connectées à des bases de données miroir désynchronisées de la base centrale : des mots s'y glissèrent dont la signification appartenait exclusivement à des compensateurs privés. On tenta ainsi de « relancer » le crédit par de nouvelles données sans obligation identifiée de garantir la chose derrière le texte et le prix.

Au cours de la très longue histoire de la compensation, la tribu avait grandi. Quand les tablettes étaient apparues, la caste des compensateurs s'était immédiatement ingéniée à faire passer les tablettes plus grosses que d'autres pour la table centrale. Il y avait tellement de tablettes que plus aucun compensateur ne pouvait prouver qu'il fournissait une image réelle des données centrales.

Étaient vraiment centrales les données partageables par toute la tribu. Or les lois avaient été rattachées à des groupes différents et plus aucun groupe ne pouvait plus représenter toute la tribu. La division de la tribu entre compensateurs et non-compensateurs avait abouti à ce qu'entre deux personnes quelconques, il n'y avait plus égalité certaine devant une loi effectivement partagée.

Sans loi commune de partage des choses par les mots, il n'était plus possible de comparer le travail de l'un et de l'autre à une même chose. Le prix de tout travail à la livraison d'une même chose à même échéance n'était plus réductible par une même mesure. Le travail n'informait plus la réalité.

Travail, prix, monnaie et loi commune

Le sens inversé du travail par la monnaie falsifiée

L'invention des tablettes de compensation avait divisé la tribu entre « zones » qui s'échangeaient toujours plus de mots et toujours plus de prix mais toujours moins de choses qui rendissent vraiment service aux gens qui travaillaient. A l'intérieur de chaque zone, les compensateurs tenaient une double comptabilité de leurs ventes et de leurs achats pendant que les non-compensateurs ne voyaient dans leur travail que l'une des deux comptabilités. Les mêmes choses avaient des prix différents à l'intérieur et à l'extérieur d'une même zone selon que les compensateurs privés achetassent ou vendissent.

L'intérieur d'une zone était le lieu du travail selon les lois officiellement adoptées par le groupe. Un langage explicitement commun délimitait la souveraineté de tous sur les mêmes choses à fabriquer. Mais dans chaque groupe, des compensateurs pouvaient librement s'extraire de la zone pour s'installer notionnellement dans le « paradis fiscal » où les ventes et les achats pouvaient s'interpréter selon les intérêts exclusifs des compensateurs du prix ou du texte sans la chose.

A l'intérieur d'une même zone de compensation, la « monnaie » d'échange était le travail qui produisait effectivement les services vendus et réglait effectivement les services commandés dans le passé. Cette monnaie et le prix qu'elle exprimait étaient infalsifiables puisque notés en texte et en prix dans la compensation. Tout membre du groupe social constitué dans la compensation était garant de la chose et du prix par la loi commune.

Dans l'extériorité virtuelle d'une zone de compensation, la monnaie d'échange des choses de la zone était le prix des mots seuls sans le travail qui les fabriquait. Les prix étaient donc plus bas à l'extérieur pour les compensateurs qui assuraient à l'intérieur la conversion du travail en monnaie. Dans la virtualité numérique désincarnée, l'extérieur n'est pas discriminable de l'intérieur.

Réunir la chose au prix par la loi du travail

Dans le paradis fiscal invisible en travail, il était inutile de régler le travail qui faisait exister la chose dans le texte et dans le prix. Les personnes ne fabriquaient ni ne livraient ce qu'elles avaient cru vendre. L'invention des tablettes avaient servi à simuler une compensation centrale qui n'existait plus.

La caste des compensateurs avait feint l'ignorance d'une disjonction possible entre le discours et la réalité par le nombre et le texte. Ainsi était-il possible de faire travailler les non-compensateurs pour moins que ce qu'ils produisaient ; et de laisser mourir en paix ceux qui ne savaient, ne voulaient ou ne pouvaient travailler contre rien.

N'ayant plus rien à perdre, les exclus de la compensation se regroupèrent pour essayer d'appliquer les recommandations d'un illuminé de la compensation qui était mort avant d'avoir été compris : il s'appelait Keynes. Keynes avait dit devant témoins que la compensation fonctionnait à n'importe quelle échelle à la condition « d’États » solidaires. Un État était un regroupement de personnes obéissant aux mêmes lois dans une langue de travail commune.

Un corps de lois compensables contre travail des choses dans un même État, était matérialisé par une même unité de temps personnel. Cette unité d'être livrable dans une loi commune redéfinissait la monnaie. Pour que toute chose productible par le travail fût échangeable contre du temps de travail des personnes d'un même groupe, il fallait un État textuellement identifié de lois, d'autorité et de justice.

De l'adossement des textes à des choses dans un même État par des prix compensables sourdait le crédit. Le crédit était bien le prix du temps des personnes individuelles réunies dans le travail d'un objet de loi commune. Le crédit ne pouvait pas se mesurer sans l'application égale à tous les travailleurs d'un même système de prix de la chose, de la loi et du gouvernement des choses.

Dessiner l’État par les fins personnelles qu'il réunit

Keynes avait parlé avant que l'informatique ne représentât le fonctionnement réel de la table de compensation. Pour comprendre la rationalité du discours analytique de la réalité par le texte synthétisable dans le nombre, il fallait faire un exercice de pensée qui demandait du travail. La caste des compensateurs n'avait pas d'intérêt direct à en faire l'effort.

Maintenant que l'informatique pouvait attribuer au travail de chaque donnée la sujétion de personnes identifiées, quelques travailleurs pouvaient consigner la responsabilité de milliards de données sans se méprendre sur ceux qui les avaient produites. Il suffisait de tenir un fichier central de l'identité de chaque personne et de l'identité de chaque groupe propriétaire d'un même ensemble de données.

Le regroupement des noms des personnes responsables solidairement d'un même ensemble de données selon les mêmes lois de travail était un État scalable à la responsabilité des prix dans une même monnaie. L'échelle de la monnaie n'était plus une abstraction textuelle mais une réalité délimitée par l'identification infalsifiable des citoyens dépositaires de l’État.

A tout état monétaire numérique local des personnes sur les choses au présent, correspond une gamme d’États de droit. Les États sont spécifiables par leurs produits pour les personnes qui les portent. Les productions d'un État sont particulières ou générales. Le produit le plus général d'un groupe est l’État qui défend l'échange de toute chose entre les personnes du groupe partageant les droits identiques de leur travail.

Adossement numérique de la propriété aux droits consignés des personnes

La propriété numérique des données par les personnes reconstruisait le sens des mots et des théories. Dans un État national quelconque, le prix compensé des réserves de change en monnaie locale est la garantie de tout travail interne commandé contre les choses à livrer à toutes les échéances du futur. Il n'était plus nécessaire que l'enfer fût pavé de bonnes intentions improbables dans le réel visible.

Une chambre numérique de compensation interdisait le paradis fiscal qui la vidait de sa « liquidité ». Toute personne identifiée y est responsable par un code unique à quoi se rattache le corps et les biens physiques déclarés dans la compensation. Le crédit trouvait une contrepartie réelle systématique par la monnaie numérisant toute relation entre la chose et les personnes qui en répondissent.

Le risque avait désormais une substance objectivement quantifiable dans les mots de ses propriétaires obligés. Tout écart entre la chose réelle et le prix de règlement à l'échéance était le risque acheté par le texte vendu par des assureurs. La dénomination à n'importe quelle échéance de toute chose textuelle était la propriété de sociétés solidaires de l'équilibre des achats et ventes de toute chose réelle à toute échéance.

La compensation est « fermée » par l'obligation numériquement faite à tout acteur d'y déposer son nom propre, le prix à terme de ses avoirs et ses appartenances aux sous-groupes par lesquels il travaille et agit. La ségrégation des non-compensateurs par les compensateurs est rendue impossible. L'autorité formelle de tout compensateur est l'autorité réelle disposant du monopole de la contrainte physique sur les personnes et les biens selon les lois déposées dans la compensation.

Financement de la réalité par la parole engagée

Assurance numérique de transformation de la parole en réalité

Par la localisation des prix dans des textes communs d'une même compensation, tout compensateur, y compris les agents de l’État de droit garant des lois applicables, règle ses achats par la monétisation de son travail. Les prix réglés aux agents de la force publique contre la garantie de légalité et d'équité des transactions sont prélevés sur les prix demandés par les vendeurs pour livrer le produit de leur travail à l'échéance convenue. Toute fiscalité est une assurance de liquidité du prix en monnaie de droit du travail.

Dès lors que l'identité unique d'une personne est une donnée négociable comme le nom des choses, la relation entre les personnes est également une donnée négociable ; ainsi que toutes les relations entre un ensemble de personnes sur la même chose livrable à l'échéance. Ainsi le travail est négociable non par le corps physique de la personne mais par toutes les relations interpersonnelles qui font exister le travail destiné à livrer un produit sous le texte qui le nomme.

Dans un espace de compensation numériquement fermé avec identification obligatoire unique de toute personne physique et de toute société formée sur un objet à produire, la liquidité des transactions est une prime d'assurance. Les primes sont allouées à des personnes individuelle ou collective pour engendrer tout le travail nécessaire à la production des choses vendues à un prix positif à l'échéance.

L'accès aux données d'un prix est concrètement limitable par la tablette à la propriété de la chose par les personnes et par les lois. Pour acheter un objet dont le nom et la description sont offerts par l'écran de la compensation fermée, il faut acquérir la monnaie de compensation des droits des vendeurs qui travaillent pour produire. Donc il faut s'inscrire dans le marché de compensation en y déposant son propre travail et ses propres biens qui sont mis en vente sous la caution de la société de compensation.

Le prix décomposé en primes par les sociétés garantes des personnes

S'inscrire dans la compensation keynésienne requiert quatre transactions d'initialisation du corps et du nom personnels. Premièrement : assurer la probité de son nom par l'inscription dans un registre public d'identité assuré par l’État. L'inscription est compensée par l'attribution du prix de 1 au code d'identification du nom personnel. La société qui garantit le nom de la personne est débitée de 1 par la société de compensation.

Deuxièmement : l'intégrité personnelle physique et nominale est assurée par un crédit d'achat en monnaie contre un dépôt de travail engagé. Au crédit du prix du travail déposé de la personne s'adosse le débit du prix en capital du travail décrit. Le capital est la garantie textuelle du travail et du prix en crédit qui lui est attribué en compensation.

Le nouveau compensateur individuel ou collectif paie une prime d'assurance de sa personne par le débit du travail qu'il met en vente. Le prix déposé du travail et du capital nominal qui le garantisse s'adosse au prix du pouvoir d'achat immédiat en monnaie couvert par la prime d'assurance portée par l’État de droit. L’État de droit associe dans des primes distinctes la société garante du travail, la société assurant la personne physique et la société bancaire assurant le prix.

L'équilibre des prix entre les transactions de nom, les transactions de travail et les transactions de chose est assurée par une société bancaire. La société bancaire n'assure ni le nom, ni la personne, ni le travail du nouvel inscrit mais le prix des choses qui seront fabriquées par son travail spécifique. Une banque est une société d'assurance de la monnaie par les textes descriptifs de la réalité à produire.

Les choses décomposés en prix par la propriété sociale des personnes

Toute nouvelle capacité de travail offerte est par l'algorithme de compensation investie dans les processus de transformation dessinés par les chaînes de transactions déjà engagées. Mieux un travail est décrit dans la compensation, mieux il enrichit l'augmentation du prix des choses offertes par les textes compensés en prix. Les ordres de texte et de prix des personnes physiques investissent l'augmentation de la réalité.

La nature des sociétés achetant les primes d'assurance du nom, de la personne, du travail et des produits du travail définit la propriété par l'usage compensé des données par les personnes physiques. S'approprier la donnée d'un autre signifie régler la responsabilité dans l'utilisation. Régler le prix de la donnée signifie assurer par son travail la société qui répond de la donnée.

L'achat de la chose résultant de la donnée est l'acte de la personne physique dans une société. Intrinsèquement la société est placée en position vendeuse des réalités qu'elle assure au nom des personnes physiques qui y travaillent pour acquérir du pouvoir d'achat et au nom des personnes physiques qui lui règlent des prix pour acquérir des services. Une personne physique ne vend rien par elle-même mais par les sociétés qui l'assurent.

Une société n'achète rien par elle-même mais par la décision compensée des personnes qui la composent. Pour acheter en compensation, il faut dévoiler les données personnelles de son travail à la société qui achète le travail pour en revendre les produits. La compensation discriminante du nom, du travail, de la chose et du prix interdit toute transformation sans rémunération compensée du travail entre tous les acheteurs et tous les vendeurs d'une même finalité de travail.

La pensée de quelque chose assurée par le prix de quelqu'un

Chaque contribution personnelle inscrite en compensation est extérieur et intérieur à la société qui produit par la présence compensatrice des sociétés garantes des noms, assureur des corps et caution des personnes. Le modèle algorithmique de séparation dans le temps de la chose, du travail et de la décision oblige la rémunération par le prix de tous les droits de la personne par la société qui assure.

La compensation interpose un prix et un texte possédés symétriquement à l'achat et à la vente par deux sociétés distinctes. Une troisième société relient les personnes par la Loi qui produit la Justice. Le texte et le nombre publiquement compensés dans une société politique délimitée par la monnaie compensatoire interdisent toute possession d'une personne par une autre.

Il y a systématiquement au moins trois sociétés différentes dans tout travail accompli dans un livrable compensable : la société qui assure, la société qui fait le crédit du travail et la société qui garantit la livraison d'un service réel à celui qui achète. La société bancaire qui couvre un achat quelconque assure systématiquement trois conséquences de la vente : l'intégrité de l'acheteur, le crédit des vendeurs et la liquidité des choses à livrer par la société de compensation à toutes les échéances du futur.

Enfermée dans le dogme du libre échange, la caste des compensateurs s'était interdit la liquidité de ses transactions. La liberté réduite par le prix des mots sans responsabilité matérielle des personnes n'avait aucun sens dans la réalité. La caste des compensateurs avait révélé qu'elle ne pensait rien ; que son travail ne pouvait pas être dévoilé soit parce qu'il n'existait pas, soit parce qu'il ne produisait rien qui fût visible, soit qu'il n'y eut rien de rationnellement dicible.

Monnaie de compensation en prix de la vie humaine

La monnaie convertible en arguments de prix de quelque chose

Pour que les compensateurs conservassent leur asymétrie d'information sur les non-compensateurs au travail, il fallait qu'ils pussent accéder sans le moindre frais à tout texte et à tout prix. Il ne fallait pas que la responsabilité des données eût un prix réglé par la prime d'assurance de l'usage improductif ou destructif de l'information. Il ne fallait pas payer l'impôt de réalisation des droits au service des personnes qui crussent travailler pour quelque chose.

La numérisation de la compensation keynésienne avait cet avantage étonnant de retourner l'argumentation de la caste hors d'elle-même. Comme la monnaie était numériquement gagée par l'achat intégral des textes vendus, toute personne ou société se tenant hors de la compensation n'avait aucune possibilité d'y introduire des textes invendus ou des prix inachetables.

Si un anonyme voulait acheter des choses réelles ou vendre un quelconque crédit d'une chose ou d'une personne dans la compensation, il fallait qu'il se déclarât à une société qui engageât son crédit sur le nom caché de l'anonyme. La prime de crédit de l'anonyme était compensable : cela autorisait celui qui savait quelque chose à vendre au moins le prix d'une information qui fût l'espérance de gain à l'échéance d'un crédit causé accordé à l'anonyme.

La monnaie numérique de la compensation keynésienne était convertible contre des noms, des textes, des nombres ou des choses. La société de compensation était témoin de toute livraison. Toute autre monnaie venant de l'extérieur pouvait avoir son prix à toute échéance à la seule condition que quelqu'un fît une offre d'achat de la prime de change à l'échéance livrable d'une chose déposée contre le crédit de la monnaie de la chose à la même échéance.

Unité monétaire de quantification temporelle du travail

Par la convertibilité de tout prix y compris dans une autre unité de compte que la monnaie compensée en équité des droits personnels, il fut possible d'expérimenter la compensation keynésienne numérique. Une table de compensation numériquement fermée fut intégrée au réseau des tablettes mobiles personnelles.

Aucun signe monétaire ne circulait en espèce physique : il fut impossible de falsifier les signes, ni le crédit qu'ils mesuraient, ni les choses qu'ils réglaient, ni les consciences personnelles qui décidaient. La caste des compensateurs se vida de tous ses travailleurs. Les chambres de compensation se multiplièrent pour stocker les données d'information de la réalité dans tous les domaines de connaissance travaillable.

Chaque chambre était la chambre centrale de toutes les autres puisque chaque monnaie pouvait être compensée par l'achat et la vente de la prime de change de toute importation et de toute exportation entre deux marchés régis par des lois politiques différentes. La compensation était le travail de toute réalité personnelle par la loi commune des sociétés librement constituées sur les textes compensés.

Ce qui s'achetait et se vendait n'était plus la matérialité physique des choses mais leur matérialité temporelle librement définie et assujettie aux personnes réunies en sociétés. Sur leurs tablettes, les compensateurs négociaient leurs tâches avec leur agenda numérique. Pour obtenir quelque chose, il fallait placer un ordre d'achat à l'échéance de livraison de la chose désirée au prix maximum où l'on voulait ou pouvait la régler.

Humanisation de la personne par le prix contextualisé des choses

Pour obtenir un pouvoir d'achat monétaire garanti stable, il fallait poser ses savoir faire dans les banques de données professionnelles où l'on croyait pouvoir se valoriser. Par le dépôt de son nom et de ses savoirs dans une société professionnelle, on acquerrait le droit de négociation du prix du travail des autres coopérateurs pour financer et investir sa propre production en assurant ses offres de prix.

A l'intérieur d'une société professionnelle, le règlement d'un achat de travail s'opère en capital de la société professionnelle. On est souscripteur du capital professionnel pour accéder aux offres de ses coopérateurs de même profession. Le règlement d'une vente de travail livrable à une certaine échéance vient par la compensation à l'intérieur de la société professionnelle de toutes les offres et demandes d'une même tâche.

Tout travailleur est un portefeuille de savoirs, de décisions, de tâches et de désirs placés dans plusieurs sociétés professionnelles. Toute société professionnelle est assureur des savoirs et des tâches vendus aux autres professions. Les travailleurs assurent les sociétés par leurs tâches vendues et par le capital professionnel acheté. Les sociétés assurent les personnes par les tâches achetées et par les garanties vendues.

Tous les systèmes d'information comptable du travail sont interfacés par la même structure de prix. La compensation de la compensation s'opère par le fichier d'état civil des personnes. Tout service livré en compensation est réglé par l'infinité de ses causes rationalisées dans l'unicité monétisée des personnes. La tribu des compensateurs décida de se nommer « humanité ».

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Compensation
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 10:32

Texte d'un courriel envoyé le 5 mars 2012 à l'occasion d'une conférence de Monsieur Jean-Claude Trichet. Les titres sont rajoutés à la date d'aujourd'hui.


Sur le Blog de Paul Jorion et sur ce blog sont présentés depuis 3 ans le diagnostic de la faillite systémique à laquelle nous assistons à Chypre. Ce diagnostic repose sur le modèle de régulation financière et monétaire inspiré de la philosophie politique d'Aristote et de Thomas d'Aquin interprétée par Keynes en système monétaire d'économie politique.

 

Un modèle actif depuis 2000 ans perverti par le capitalisme libéral

La monnaie s'y définit comme prime d'option d'un État de droit d'une société politique régulant un marché. La théorie thomiste des sociétés intermédiaires développant les différents degrés de la vie humaine personnelle, professionnelle, politique et ecclésiale pose les fondements d'une monnaie au service de l'amour. D'une monnaie qui aide la raison humaine à attribuer le juste prix aux choses par le partage social des finalités personnelles dans les biens concrets qui les réalisent.

Transposée dans les techniques financières d'aujourd'hui, la monnaie thomiste est la prime de liquidité d'un marché de compensation des prix comptant de biens réels. La prime de liquidité des marchés s'exprime dans les actuelles primes de change sur les parités monétaires. La réalité des biens est ontologiquement le service de consommation, de crédit, d'investissement et d'assurances des biens, des personnes et des lois politiques rendu aux personnes dans la société politique. Toute liquidité est la prime du prix nominal d'un crédit consenti par un prêteur à un emprunteur sur un objet de droit livrable à terme.

Par le modèle thomiste de la finance, la prime du crédit et la prime d'investissement dans la production de l'objet réel sont des garanties du bien à terme à condition d'être achetées librement par un créancier du crédit et un investisseur du réel. Ainsi n'existe-t-il pas de monnaie stable ni d'échanges vrais de biens économiques dans le temps sans marché financier régulé par un État de droit ; lequel caractérise une société politique solidaire par une loi commune applicable à tout citoyen dans la production et la répartition des biens par les prix, par les primes et par le droit.

Ce modèle politique européen du financement réaliste de l'économie par la monnaie du bien commun a été abandonné dans la révolution industrielle depuis 200 ans. Le système financier s'est émancipé du service du bien commun afin de mobiliser l'épargne des nations dans les projets de puissance d'intérêts particuliers privés. Le pape Léon XIII dénonce le capitalisme financier libéral dans Rerum Novarum en 1891. Les leviers politiques et juridiques de la finance spéculative sont précisément (1) la responsabilité limitée du capital sur le crédit, (2) le marché à terme du crédit et du capital libre de tout contrôle public de légalité et (3) le transfert du pouvoir de justification de l'émission monétaire du pouvoir politique aux banques centrales.

Abus de l'intelligence spéculative

Le système monétaire international fondé à Bretton Woods sur l'étalon dollar repose entièrement sur le principe de dépolitisation de la monnaie. La monnaie d'un pays circulant librement dans n'importe quel pays établit en tout lieu deux régimes de légalité antagoniques entre la finance et la représentation de la réalité dirigée par la finance : les hommes sont maintenus irrémédiablement inégaux dans l'accès au crédit, dans l'équité du prix, dans la mobilisation du capital et dans la réalisation de leurs projets de développement humain.

Depuis l'abandon en 1971 de l'étalonnage du dollar en or, non seulement la monnaie ne contient plus aucune finalité de justice mais son émission est libre de toute référence à des réalités tangibles vérifiables par l'intelligence humaine. La zone euro a parachevé la sanctuarisation de la ploutocratie financière en imposant une monnaie unique à des régimes politiques nationaux concrètement différents.

Derrière la juste finalité de l'unité des citoyens et peuples européens, les fondateurs de la monnaie unique commettent une erreur radicale de jugement sur la nature humaine. Ils ne reconnaissent pas l'autonomie de la personne dans chaque citoyen européen ni la délibération nationale des conditions concrètes de cette autonomie au sein d’États de droit distincts. Les euro-européens se sont mis à compter dans la même monnaie leurs vies réellement différentes même si elles sont objectivement et subjectivement liées les unes aux autres.

L'euro a mis en unité monétaire les réalités nationales distinctes d'économie politique sans construire un État de droit fédératif pour discuter et financer un vivre ensemble multinational véritablement commun.

L'euro, monnaie de la raison obscure

La crise des dettes publiques en euro révèle trois aberrations systémiques superposées dans la financiarisation déshumanisante de l'économie : (1) l'autorité des États de droit nationaux est détruite par une autorité monétaire cléricale exempte de toute responsabilité politique ; (2) l'endettement reconnu excessif de l'économie réelle publique et privée croît par soi-même d'une logique financière dépourvue de tout principe d'ajustement du crédit à la réalité mesurable en monnaie ; (3) la monnaie unique s'accumule dans les comptes de la BCE et des banques internationales en règlement de la liquidité d'un système détaché de la réalité humaine. La raison humaine n'a plus de repère humain pour projeter son existence dans le futur qu'elle anticipe.

La société européenne se suicide avec une loi de comptabilité unique qui annihile les lois humaines nationales garanties par des budgets publics nationaux. Les responsabilités politiques nationales du bien commun sont mesurées par un crédit en euro émis hors du contrôle des lois nationales et dans l'inexistence d'un pouvoir politique communautaire capable de délibérer et de légiférer les limites européennes du bien communautaire.

Face à une monnaie collective, aucun État de droit confédéral ne vient lèver des ressources collectives pour financer et justifier des obligations nationales envers une zone euro réduite à une coalition d'intérêts financiers spéculatifs.  La crise actuelle révèle dans l'euro un état de non-régulation de la finance capable d'émettre la monnaie hors de toute loi politique. En tant que prime d'option d'un certain état collectif européen, l'euro est réellement une moins-value dont la croissance détruira toute possibilité d'union entre les peuples européens.

Cette moins-value est imputée sur les salaires et les garanties sociales des travailleurs européens au lieu d'être défalquée des actifs financiers déposés dans le système bancaire et assurantiel. Les banques exemptées de responsabilité sur le crédit constituent des enfers légaux présentés en paradis fiscaux par la captation financière libre du bien commun. La responsabilité limitée du capital bancaire sur le crédit et la libre circulation du capital en euro au-dessus des frontières politiques de la zone instaure l'état de guerre entre les riches et les pauvres ; précisément cet état de guerre auquel Zaché le collecteur d'impôt usurier renonce en recevant Jésus de Nazareth dans sa maison.

Rationalité du mensonge

Le modèle aristotélo-thomiste de la monnaie fondée par les sociétés politiques dévoile toutes les causalités historiques de l'effondrement systémique en cours comme des systèmes alternatifs qui se mettent en place. Ce qui va se passer en Europe dépend de ce que les Européens décideront. Pour le moment, la BCE se met en disposition de survie en mettant sur le marché toute la liquidité nécessaire à la dissimulation de la faillite de ses deux principaux actionnaires que sont l'Allemagne et la France .

Sans les liquidités massivement émises, toute l'Europe du sud serait en défaut de paiement ; ce qui obligerait les banques et les assurances à comptabiliser leurs pertes sur les portefeuilles obligataires. Et tous les États de la zone euro devraient afficher des déficits budgétaires massifs pour faire la liquidité des déposants et des assurés.

 La BCE utilise son statut extra-national bancaire pour dissimuler dans ses comptes la moins-value latente entre le total des crédits alloués à l'économie européenne et la liquidité réelle négative anticipée dans la croissance négative de la valeur ajoutée. Derrière la zone euro, tout le système financier international joue le même jeu de dissimulation de l'effondrement des anticipations de croissance réelle par la liquidité centrale allouées aux banques.

Toute la politique mondiale se mue en totalitarisme financier pour masquer l'effondrement de la valeur réelle captée par la fiction des prix financiers issus de marchés non régulés . La banque de l'ombre (shadow banking) développe des systèmes de paiement privé pour sauver des circuits économiques en dehors de toute loi applicable par les États et de toute solidarité publique financée par la fiscalité.

Le crédit existe-t-il sans la bonne foi ?

Dans le modèle économique thomiste qui fonde la doctrine sociale de l’Église, la cause première de la réalité de la valeur est le travail guidé par la prière de la société politique ecclésiale. La société ecclésiale est en langage séculier la nation formée par une loi partagée. La production nationale réelle de bien commun est exprimée par la monnaie qui mesure la légalité des activités économiques personnelles.

Le prix et le salaire en monnaie matérialisent la valeur du travail de transformation en biens réels des objets achetés par le consommateur-citoyen. Entre deux marchés régis par des lois nationales différentes matérialisées par une monnaie propre, le change d'une monnaie dans l'autre mesure la valeur relative du travail selon les lois effectivement appliquées par les nations.

A l'inverse, la monnaie unique entre nations abstraitement réunies règle les échanges internationaux par des crédits bancaires automatiques ; des crédits non mesurés entre systèmes légaux d'efficacité différente. Le travail se retrouve au même prix entre deux pays alors que la productivité réelle, juridique et bénéfique n'est pas la même.

Ainsi l'Europe latine se retrouve débitrice nette de l'Europe germanique sans que justice soit rendue aux hommes qui ont produit la contrevaleur des dettes comptabilisées. Pour sauver quelques semaines encore son utopie financiariste, la zone euro s'est mise sur le chemin de la guerre civile comme elle l'a déjà fait dans les années trente pour résorber les dettes issues de la première guerre mondiale.

Démocratie monétaire ou empire de la finance ?

Les "accords de Munich" sont déjà signés qui ont supprimé la souveraineté grecque. La guerre civile européenne sera explicite quand l'Espagne, l'Italie puis la France déclareront leur juste incapacité politique à tenir leurs engagements nominaux de réduction du déficit budgétaire et de désendettement. Le dogme de la monnaie unique comme signe de l'unité politique interdit purement et simplement la logique du bien commun européen.

La reconversion de l'Europe au bien humain est impossible sans différenciation des monnaies selon les cultures politiques et juridiques. L'euro du bien commun européen ne peut être que la monnaie commune de mesure du bien des nations européennes par les monnaies nationales. La réalité du bien politique européen ne peut pas se vérifier sans la variabilité en euro des parités monétaires nationales.

La monnaie européenne de bien commun ne peut être qu'un système de convertibilité de monnaies nationales et régionales en monnaie commune contrôlée par un État européen confédéral doté d'un budget, d'une fiscalité, d'une solidarité et de lois confédéraux. Un tel système définit un périmètre délimité de souveraineté commune contrôlé par des institutions dépositaires de l'intérêt commun indépendant des nationalités. Si l'euro est constitutionnellement défini comme matière de l'intérêt général européen, alors il faut créer un marché financier pan-européen public et transparent où soient cotées les monnaies européennes et tous les actifs financiers admis en collatéral de l'émission monétaire en euro.

Le principe du marché financier européen du bien commun serait la garantie systématique en euro de tout actif, spécialement des crédits en monnaie nationale et du capital des banques et des entreprises. La liquidité en euro devient financièrement prime de capital adossée à la prime de crédit du crédit en monnaie nationale garanti par le capital. Le capital est défini par la loi européenne confédérale comme prime de crédit en euro de tout actif négocié sur le marché financier commun.

Le marché européen ne peut être dans la réalité légale qu'un système de compensation générale adossant en temps réel les primes de capital et les primes de crédit en monnaie nationale aux primes de change en euro des prix en monnaies nationales. Le résultat de la compensation européenne est un équilibre général des prix du travail, du capital et des biens par la variation des parités de change comptant et à terme en euro.

Un modèle européen de comptabilité monétaire délibérable par la démocratie

La confédération européenne du crédit en euro restaure le principe monothéiste théorisé par Thomas d'Aquin de la continuité humaine de l'être entre le physique, le logique et le spirituel ; principe de réalité détruit par la révolution industrielle et financière accomplie par la livre sterling, le dollar et l'euro monnaie unique. Tous les outils et techniques financières existent actuellement pour créer immédiatement le marché européen du crédit garanti par la loi de réalité humaine juste

La Chine et les États-Unis demandent ouvertement aux Européens de prendre leurs responsabilités politiques pour éviter le cataclysme planétaire qu'ils ne savent pas contenir. Monsieur Trichet est informé par son expérience des mécanismes de destruction humaine actuellement à l’œuvre par la spéculation sur la monnaie unique.

Pourrions-nous demander à Monsieur Trichet de parrainer et superviser un groupe de travail pluri-disciplinaire pour formuler un plan de conversion de l'euro au modèle thomiste de la monnaie ? L'objectif du groupe de travail serait de proposer au-dessus des opinions politiques, philosophiques et scientifiques un modèle européen de comptabilité monétaire du bien commun délibérable par la démocratie.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Compensation
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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 15:52

Le texte suivant extrait de l'expérimentation en cours du moteur numérique de compensation monétaire, une définition analytique de la prime dans la théorie financière actuellement en vigueur.

Prime de justice dans le prix

La crise des subprimes est maintenant suffisamment ancienne pour faire voir ses ressorts. Les phénomènes provoqués par l'effondrement des actifs négociés « sous la prime » (subprime) sont manifestes ; en revanche, la causalité que les actifs subprimes contiennent n'est clairement pas interprétable dans les catégories actuelles du savoir juridique, financier et économique. Les sciences politiques doivent être rafraîchies pour rendre compte de ce qui se passe.

Pour comprendre quelque chose du donné actuellement visible, la notion à reposer est celle de « prime ». Faisons l'hypothèse que la finance est foncièrement et en tout lieu le négoce des primes. Toute transaction de prix sur un quelconque contrat financier relatif à un objet économique concret contient une incertitude ontologique irréductible :

  1. 1 - quant à la réalité de ce qui est échangé,

  2. 2 - quant à la sincérité des contractants,

    3 - quant au prix effectif du service rendu aux personnes

  3. 4 - et quant aux effets dans le temps du contrat pour les acteurs tiers.

Les effets collatéraux incertains du prix des choses sont empaquetés par la finance dans des primes.

En logique de justice, au-dessus de la pratique financière de l'économie, celui qui tire un bénéfice non certain d'une transaction doit en payer la prime tandis que celui qui assume un coût non désiré reçoit la prime en dédommagement. L'équité de la prime est vouée à jouer dans le temps de l'origine à la fin d'une transaction. On aura compris que sans droit, sans marché, sans régulateur et sans loi efficiente, il est impossible de donner un prix réaliste au règlement des primes ; c'est à dire un prix répondant un tant soit peu à ce que les uns croient perdre puis perdent effectivement et à ce que les autres croient gagner.

Le fait des transactions dans le temps est réel par une réalité visiblement livrée et le consentement définitif au prix négocié. Sans critère de réalité au calcul des primes, l'économie n'a plus de substance ; la réalité n'est plus économiquement intelligible.

L’État de droit arbitre de la prime

Le commerce des primes est forcément inique, injuste donc non-économique hors la présence d'un arbitre non financier. Un arbitre dont les intérêts financiers soient matériellement séparés des marchands de primes mobilisés par le prix. Pour que le prix d'une prime puisse être calculé en réalité objective probable, il est nécessaire que le droit fixe des règles pratiques de délimitation aux intérêts des parties dans l'échange des choses. Pour qu'un prix soit de quelque chose qui ne soit pas rien, les parties concernées ne peuvent pas éviter d'enfermer la matérialité de leurs intérêts dans les limites d'un droit qui crée une économie.

Sans un arbitre public qui n'ait pas d'intérêt direct ni dans la chose ni dans le prix mais seulement dans l'équation juste de la chose au prix, les bénéficiaires potentiels de prime ne sont pas représentés face à ceux qui économisent les coûts effectifs ou probables de leurs transactions. Le rôle financier de l'arbitre public est d'être dépositaire garant du droit de toute partie ; il vérifie, donc garantit, que chacun retrouve, à l'échéance d'une transaction, ce qui lui revient « réellement » en nature de réalité objective et en monnaie du droit réalisé.

La justice de la prime étant posée et formellement réglée, l'arnaque des subprimes est manifeste. Le système financier mondial ne s'est pas seulement effondré par l'accumulation dans les banques et les institutions financières de primes réellement dues et matériellement impayées. Le système ne peut pas se relever parce que l'autorité politique arbitre du droit aux primes n'existe plus dans les faits financiers. La délibération politique de la chose publique est irrévocablement vendue et non rachetable. La finance intégralement privée n'a aucune obligation de considérer publiquement l'intérêt général dans ses offres de prix.

Religion du bien privé

Le choc des subprimes s'est initié aux États-Unis pour une raison propre à l'origine de cette nation : l'inexistence de l'hypothèse publique du bien commun dans la politique du vivre ensemble. Sous l'empire du droit anglo-saxon, il n'est pas admis qu'une autorité politique soit témoin impartial de l'équité entre les parties privées. La morale du prix est d'essence publique mais d'existence privée ; il suffit que les parties affichent publiquement leur bonne volonté dans des mots sans engagement véritable de la propriété personnelle de la chose privée.

Si quelqu'individu ou collectif subit un préjudice, il faut qu'il s'en rende compte par lui-même et doit attendre que des faits matériels indésirables se produisent pour les soumettre à l'appréciation d'un juge. Le juge n'est pas interprète d'un bien commun premier par principe mais arbitre de l'équilibre d'un débat public entre intérêts privés irréductibles à une chose commune au-dessus des personnes individuelles.

La faillite de Lehman Brothers est survenue par l'accumulation de primes non comptabilisées à leur prix réel vérifiable dans le système bancaire international. Les banques créancières de Lehman ont pris peur car elles savaient l’État et le juge étasuniens illégitimes à constater l'iniquité du prix des créances gagées par des actifs subprimes insaisissables. La Réserve Fédérale et le Trésor fédéral des États-Unis se sont refusés à racheter les primes de Lehman ; ces non-valeurs auraient représenté des pertes sciemment infligées à l'économie réelle par le système juridique et financier étasunien.

Le droit emprunté par la monnaie

L'effondrement de la liquidité des actifs financiers aux États-Unis a été mondial par le fait du dollar. La monnaie est la deuxième notion que l'économie politique officielle n'explique pas dans les subprimes. La monnaie est factuellement la comptabilité des primes. Si toutes les primes à régler dans la négociation d'un prix sont publiquement identifiées, mesurées et engagées, la monnaie reste liquide en quantité et en qualité. Sous le capital primaire qu'est une loi commune équitablement appliquée, personne n'a de raison de douter que les prix puissent se calculés hors d'une liquidité concrète et vérifiable. Personne ne doute que toutes les primes rendant à chacun ce qui lui est réellement dû seront bien payées par quelqu'un à un moment objectivement donné.

Pour que la liquidité existe, il faut que les limites juridiques du marché soient visibles par tout acheteur et tout vendeur de la chose, du prix et des primes. Or le dollar n'est pas émis dans un marché. Les crédits de la banque centrale étatsunienne ne sont pas subordonnés à la publicité du droit dans les comptes d'emprunteurs effectivement solidaires de la liquidité. Le pouvoir politique fédéral n'a pas le droit d'arbitrer l'équité des prix du système bancaire en dollar. Enfin l'utilisation du dollar est libre en dehors de la juridiction des États-Unis. Le droit avéré n'est pas une condition de valeur de la monnaie légale des États-Unis.

Le dollar est politiquement une anti-monnaie : sa liquidité est invérifiable en économie du droit. La finance extra-territoriale non localisée dans des frontières politiques peut acheter et vendre des primes sans référence aux règles de souveraineté qui attachent les prix au droit. De fait, le dollar place les institutions financières au-dessus des lois qui fassent véritablement la liquidité des prix monétaires.

La disparition nominale de la liquidité dans les subprimes étasuniens a obligé les réseaux bancaires internationaux à révéler leur illiquidité judiciaire dans les États de droit où ils agissent. Depuis la faillite de Lehman, la liquidité ne peut plus être prouvée sans emprunter sous la prime aux banques centrales : les banques centrales détruisent le droit des gens pour maintenir les banques liquides.

Vacuité du prix sans marché de primes

La liquidité financière n'est jamais que la primauté du droit dans un prix. Si le droit n'est pas publiquement vérifiable dans le prix des choses visiblement échangées sur un marché, les primes circulent dans l'opacité spéculative ; personne ne sache vraiment qui doit vraiment quoi à qui pour combien. Quand la liquidité nominale du dollar s'est effondrée face à l'ampleur des non-valeurs du système financier, toutes les banques centrales n'ont eu d'autre solution que de prêter à leurs banques sans rachat par quiconque de la prime d'insolvabilité des débiteurs ; prime rendue non mesurable par l'inégalité systémique des débiteurs devant les lois.

Les États acheteurs légaux de la prime de leur banque centrale et les banques centrales acheteuses obligatoires de la prime de leur monnaie, ont accordé au système financier mondial un droit illimité d'émission de primes hors la loi. Désormais, la finance et la monnaie sont officiellement au-dessus de toute loi et de tout arbitrage politique. Pour cacher ce qu'il n'a jamais produit et qui est objectivement perdu, le système financier peut vendre sans contrepartie réelle vérifiable des primes de change, des primes de crédit et des primes d'assurance.

Vendre des primes sans contrepartie consiste à garantir formellement un prix hors d'un marché visible. Quand l'intermédiaire financier doit vendre la chose, il majore à sa guise la prime de crédit du vendeur réel qui doit emprunter la liquidité. Quand l'intermédiaire doit acheter la chose, il majore par l'emprunt gratuit la prime d'assurance de l'acheteur réel qui prête la liquidité. Le principe de libre circulation monétaire du capital interdit le contrôle a priori de la légalité du prix par les souverainetés politiques. La circulation privée du capital au-dessus des souverainetés offre à la finance une position économique asymétrique en surplomb de toute réalité.

Système de rationalité destructrice

Le privilège financier d'extra-territorialité interdit toute application équitable du droit. Il fait disparaître la responsabilité politique du marché vrai. Les acteurs de l'économie réelle productive de biens et services véritables sont alors placés dans deux positions antagoniques. Soit ils adoptent le statut financier de non-résident afin de diriger les prix en échappant à l'impôt ; soit ils restent prisonniers d'États impécunieux siphonnés par les banques.

La troisième notion dont la crise escamote le sens économique est la « fiscalité » : le prix de la chose publiquement bonne. Par les monnaies qu'ils émettent, les États sont assureurs en dernier ressort du système financier. La monnaie est la prime du droit des gens sous une souveraineté politique commune intégrant la finance. Le pouvoir régalien ne joue pas son rôle d'assureur systémique s'il ne peut lever un impôt proportionnel aux pertes intentionnelles ou non que les acteurs de l'économie génèrent sur les prix qu'ils promettent.

Le régime de la circulation privée du capital, des marchandises et du dollar à travers les frontières juridiques rend impossible tout calcul du prix réel en droit. Les primes d'assurance politique de la justice ne sont pas réglées par les investisseurs délocalisés donc libres d'acheter le travail productif à son coût de droit le plus faible. Le capital adossé à des actifs privés non comparables sous une même loi ne peut plus être la contrepartie lisible du prix en monnaie ; la loi du prix n'a pas de signification économique en équivalent travail si les transactions ne sont pas identifiables dans un même espace de souveraineté politique.

La monnaie déprise du travail

Les prix achetés librement sans règlement de la prime du droit appliqué et vendus librement sans la prime de réalité livrée anéantissent l'économie du travail. La réintégration de la finance dans le droit des gens est l'obligation du prix perpétuellement dans la prime. Le droit n'a pas de réalité positive sans l'obligation de règlement de la prime à tous les garants de la réalité du droit livré contre le prix. La seule assurance réelle qui puisse être apportée à la certitude d'un prix dans le temps est le juste travail que promet un vendeur pour réaliser le bien contre règlement en monnaie. La monnaie est par nature délimitation des biens par l'intérieur et par l'extérieur du temps des personnes. La monnaie intériorise la réalité dans les personnes parce qu'elle extériorise le droit humain dans l'intelligibilité du prix.

Ce qui fait exister le bien économique dans la réalité est le bien du travail ; le travail concrètement rémunéré par les droits de la personne garantis par une société. Le capital n'est pas juste une fiction juridique et financière mais la réalité d'une prime positive à la production des biens ; un potentiel de production par un ensemble de personnes en relation politique d'équité. Si le travail humain est réduit à un calcul mécaniste, alors les individus puissants n'ont rien d'autre à faire qu'à prélever sur le travail des individus faibles la prime de réalité d'un droit métaphorique sans objet substantiel.

La comptabilité du prix sans la comptabilité du travail en droit fait la prime sans contrepartie. Les spéculateurs prélèvent sans limite la prime du prix de la réalité travaillée sans droit repéré des personnes. Le débordement des actifs toxiques dans les comptes des banques, des entreprises multinationales et des États sont les primes négatives des dettes tirées sur le chômage de masse et les travailleurs non assurés. La globalisation a désindexé les monnaies de la prime publique d'assurance du travail. Sans souveraineté primaire de la responsabilité politique, l'économie civilisée se détruit par la rationalité financière.

Loi monétaire de la réalité travaillée

La quatrième notion qui fera la solution à l'actuelle dépression de l'économie des biens, est le travail comme matière de la monnaie. La monnaie est le bien commun des sociétés par quoi les personnes morales garantissent la réalité des droits des personnes physiques. Que les sociétés aient pour finalité le pur service des personnes ou la production des biens, le capital matérialisé par la monnaie en circulation est l'assurance que les biens servis sont réellement les fruits positifs du travail des personnes.

A l'échelle d'une personne physique, le capital monétaire positif effectivement déposé dans les banques garantit à toute demande une offre de droits réellement rémunérée par l'échange du travail investi dans les biens. A l'échelle d'une société intermédiaire, le capital positif mesure l'existence d'une plus-value collective sur le prix du travail versé à chaque personne physique. A l'échelle d'une société politique, les réserves de change prouve la liquidité des droits de chaque ressortissant engagé à travailler dans les textes de la loi commune convertible en toute loi commune.

Pour que la monnaie soit bien la matérialisation réelle positive du bien des personnes à l'intérieur d'une société quelconque, il faut simplement que toute transaction de prix se rattache à une même loi par une même monnaie signant des objets actifs communs de solidarité. Autrement dit, une monnaie prouve le droit des personnes si tout objet de bien est décomposable en quatre prix positifs :

  1. 1 - celui du travail de la chose,

  2. 2 - celui de l'existence du bien,

  3. 3 - celui du temps nécessaire à la livraison

  4. 4 - et celui de la prime d'assurance de la réalité du droit du travail par la société.

Capitalisation du travail en monnaie

La correspondance certaine entre la chose, le prix, le travail et le droit des personnes impose que la personne physique soit libre par les sociétés qui la protègent ; mais alors la personne doit payer une prime fiscale aux sociétés politiques à qui elle confie la définition et l'assurance de ses droits réels. La liberté internationale des échanges implique alors que toute société détienne un crédit de change dans les sociétés auprès desquelles elle achète partie de son futur.

Une réserve de change est une prime active de liquidité d'une juridiction par une autre juridiction. La liquidité du change s'adosse par nature à la prime passive du capital social alloué à l'assurance du travail contribuant au bien social commun.

Les subprimes démontrent comment la monnaie perd son efficacité économique hors du périmètre juridique de la société qui l'émet. La condition pour que l'offre de travail assure la demande de revenu en monnaie est l'appropriation personnelle des biens de production au degré de collectivité explicitement délimitable où l'actualisation de la prime sociale se vend au prix le plus élevé. Les personnes physiques sont alors intelligiblement productives par les personnes morales dont elles sont explicitement bénéficiaires en droit. Et les personnes morales n'existent pas sans l'identification des biens des personnes physiques engagées dans la prime du capital politique.

Le vrai capital est mutualisation du réel au degré de société où le travail personnel apparaît le plus productif. Si le prix des monnaies en biens et le prix du capital en garantie réelle des biens est négocié sur un même marché transparent et public, la monnaie assure l'égalité de tout acheteur et de tout vendeur au prix objectif d'un bien commun. Toute production est réellement consommable par les droits politiquement garantis du travail ; lequel ne demande que la mesure de ce qu'il offre.

Compenser la réalité par la différence

L'effondrement des subprimes s'est produit par la numérisation financière des objets de prix détachés du travail des personnes physiques. Cette même numérisation peut assurer l'attribution de tout objet à des chaînes de responsabilité personnelle. Il suffit de codifier la personne propriétaire de toute information numérisée. Le producteur de la réalité est ainsi garanti par le producteur de droit ; le texte qui dit le droit est numériquement adossé à l'engagement moral visible du producteur de prix en monnaie ; lui-même enfin garanti numériquement par le producteur formel de bien.

Dans l'espace numérique, toute prime nécessaire à la réalisation d'un bien entre l'acheteur et le vendeur est matérialisable par un lien hypertexte. Il suffit que l'émetteur d'un lien hypertexte vers un objet livrable soit responsable du prix par la prime que son garant lui attribue en monnaie numérique. Il suffit que le marché numérique identifie toute offre hypertexte par une personne physique responsable de la chose et une personne physique responsable du prix.

Dans un marché numérique régi par un État de droit effectivement réalisé par la responsabilités des personnes physiques, l'offre de travail en prix numérique compense intégralement la demande de biens formulée en hypertexte. La toile informatique mondiale est une chambre de compensation des prix en monnaie si le sujet se force à distinguer la réalité objective de ce qu'il croit savoir. Le discours politique n'est plus la réalité effective ; le calcul économique n'est plus la détermination du sujet par l'objet.

L'intelligence humaine peut servir réellement sa capacité à travailler la réalité si l'individu construit son futur en habitant le vivre ensemble dans sa personne. Entre la réalité et l'image de la réalité, il y a les personnes toutes différentes les unes des autres. Laisser négocier la réalité sous la prime, c'est abolir l'humain en privant la personne du choix réel de sa vie qui se trouve dans l'autre effectivement différent de soi ; la réalité n'est ajustable que si son prix est partageable dans la différence lisible en droit.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Compensation
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