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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 08:43

De la rareté vraie du travail

Le travail que nous devrions accomplir pour transformer le monde ne peut pas se faire dans le système économique pseudo-libéral actuel. Pour au moins quatre raisons :

1) une machine ne "sait" pas travailler et ne peut en aucun cas remplacer un être humain ;

2) l'être humain n'est pas une machine qui se commande avec une souris et des algorithmes informatiques ;

3) ce ne sont pas les salaires et les plus-values qui font le travail mais les services que les hommes se rendent réellement à eux-mêmes ;

4) la rareté du travail n'est pas connaissable si les hommes ne sont pas libres de demander ce qu'ils attendent.

Le travail est logique du pardon

La chambre de compensation comptable en élaboration dans ce blog, modélise l'ensemble des relations qui produisent :

- de la valeur en toute entreprise,

- et le prix des biens en société.

Ces relations sont tout autant payées en monnaie ou gratuites et gracieuses. Nous savons bien qu'une toute petite fraction de ce qui se fait dans une entreprise est comptabilisé pour calculer les prix de vente et de revient. Concrètement il est difficile de mesurer exactement le temps de travail, la compétence, la disponibilité, le savoir-faire, l'inventivité, l'initiative, l'honnêteté. Quand une facture est réglée par un client, un usager ou un assuré, on ne peut pas en distribuer le revenu selon ce que chacun a fait précisément. On peut juste parler d'une efficacité collective reposant sur la complémentarité des rôles et des tâches dans une finalité commune.

L'impossibilité d'attribuer un prix précis à la contribution de chacun dans une oeuvre collective est le signe qu'il n'y a pas de production de biens sans le don des personnes individuelles et collectives. Ce don que chacun fait, non exactement proportionnable à la peine qu'il se donne dans un bénéfice commun, c'est précisément le travail. Le travail, c'est le don de soi aux autres pour avoir en retour, une part du bien commun dont nul ne sait si elle correspond exactement à ce qu'on a donné.

Comme le travail est un passage par soi-même vers les autres pour donner un bien reconnaissable par tous qui n'est pas spécifiquement de soi, on peut dire que la substance, la nature du travail, c'est le pardon. Quand on pardonne, on ne peut se dispenser d'un travail sur soi-même dont l'autre soit le but. C'est pour cela que l'informatisation des échanges dans l'entreprise où il n'y a plus que de la vente sans pardon, débouche sur la stérilisation du travail et sur la crise systémique que nous connaissons.

Tout est compté en argent, en flus de trésorerie et en croissance du capital virtuel : on ne peut plus savoir qui a reçu, ni ce qui a été donné gratuitement à l'intérieur des écritures monétaires comptabilisées. Il n'y a plus que du capital financier ; le vrai travail qui est pardon n'existe plus dans la réalité sociale : la liquidité disparaît, les besoins humains ne sont plus satisfaits, la nature s'épuise et les gens n'ont plus de travail qui coûte trop cher à des entreprises qui ne produisent rien. L'économie du travail est inversée. La comptabilité du capital est folle.

Le travail qui n'est pas pardon, c'est l'enfer que nous sommes en train de construire.

Quintessence de l'économie de la personne

l'algorithme de compensation keynésienne en développement derrière de blog engage cinq hypothèses sur la personne.

1) Ces hypothèses sont l'intimité de la qualité et de la quantité dans la personne qui travaille.

2) Ces hypothèses sont également l'inclusion et la conclusion de la personne dans la personne par l'économie du travail-pardon.

3) Ces hypothèses sont enfin l'unité infinie de la personne dans l'humanité au service de son être agissant.

Dans la compensation qui transforme le travail personnel en réalité collective du bien commun, cela aboutit à l'indexation de la réalité positivement bonne par la personne à la fois individuelle et collective, dans le temps historique :

1) 1 personne physique = 1 personne morale

2) une personne morale => [1 personne morale <= (1 personne physique + 1 personne physique)]

3) une personne <=> [(n personnes morales + n personnes personnes physiques) < 1 personne physique]

4) [1 personne physique + 1 personne physique] = [1 personne morale + 1 personne morale]

5) un prix = 1 objet + 4 personnes physiques + 4 personnes morales.

Ces équations sont rédigées dans un modèle de données relationnel en langage structuré de requêtage (SQL). Elles ne sont pas mises en discours de langage courant de mots humains car plusieurs formulations sont possibles. L'une des formulations, tout à fait efficiente pour les marchés monétaires et financiers, est qu'une unité monétaire est une unité de travail transformable en crédit, transformable en capital, transformable en assurance, transformable en personne. D'où l'on déduit que 1 euro est la personne d'une entité européenne ; que 1 franc est la personne d'un citoyen français et que 1 bancor peut être la personne d'une citoyenneté humaine.

Si ces 5 thèses peuvent sembler absconses, elles sont représentables dans des règles financières de compensation rédigées en langage informatique de requêtage structuré d'un modèle de données à 8 tables et 27 arguments. Le modèle dynamique qui en ressort de la personne transforme le travail en prix et inversement.

 NB : le modèle de donnée part des thèses aristotéliciennes reprises par Paul Jorion dans Le prix.

 

 

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Compensation
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commentaires

jean-luce morlie 14/02/2014 15:42



Pierre Sarton du Jonchay 16/02/2014 10:20



Ce commentaire est la récupération de la saisie de Jean-Luce Morlie.


Pierre, merci,


Votre proposition selon laquelle  « La condition du pardon immobilier est la capitalisation par la fiscalité publique du prix de la transformation du passé. »me parait claire et juste.


Comment l’opérationnaliser avec justice? C’est-à-dire, comment calculer le prix de la transformation du passé en
toute réciprocité du partage des fautes ? Dit autrement, une fois mise en place d’une chambre de compensation générale dans le domaine de l'investissement et de la consommation immobilière
(il s’agit d’une décision collective de resserrer sérieusement l’éventail des rentes de situation immobilière), comment y calcule-ton le prix de la transformation du passé ? Je vous expose
pourquoi je crois que c’est très compliqué, et comment je crois pour ma part qu’il conviendrait d’aborder cette complexité.


Sans jeu de mots, ne croyez-vous pas que nous risquerions de nous embarquer dans une vaste fumisterie ? Voyez
la DTU 24.2.2 française
sur les conduits de fumée, le corporatisme y est encore bien plus solidement établi que parmi les détenteurs d’une licence taxi. Qui fait ramoner sa cheminée selon la norme ?, quel est le %
de ramoneurs sérieux à prix raisonnable, quel ménage de pauvre vieux peut faire ramoner sa cheminée pour 100€ par an, quand il se chauffe de planche de cageot en sapins? De plus, avec l’aval des
compagnies d’assurance, les normes y sont si contraignantes qu’elles engendrent le double jeu de la corruption tel que nous le décrit Antoine Garapon dans le dernier numéro de la revue Esprit.


Grace à Garaponet quelques autres, nous comprenons de mieux en mieux que la
corruption est un crime au second degré, et non pas un simple état de confusion entre intérêt public et privé, mais qu’elle est d’abord un crime contre le droit, qu’elle aboutit à aspirer
l’universel des institutions publiques dans le particulier de l’intérêt, parce qu’elle instaure la confusion entre le délinquant et le gardien de la règle : les deux sont de même taille, ils
font partie du même espace, comme dans l’illusion d’optique connue sous le nom de chambre de (Aldebert) Ames ( j’aime bien faire dans le cryptique et
cette fois, Paul, pressé, est passé à côté…) et par laquelle je tentais d’illustrer la nature structurale de la corruption comme effet du double système hiérarchique caché).


Chacun sait que le maquis des normes du bâtiment ne peut être respecté, chacun sait que les compagnies d’assurance
ne peuvent rien contre les recours abusifs, et qu’elles en acceptent le jeu, au détriment des naïfs de bonne foi, chacun sait que les compagnies d’assurance tirent parti de la règle pour
arbitrer, à l’influence, entre la classe des clients pigeons et celles des clients systémiques qui connaissent la musique et entendent que la compagnie d’assurance en suive le
rythme.


Rudy Ricciotti (1), pour les pratiquer dans une architecture de
combat, décrit très bien le double jeu de blocage par les règlements architecturaux, dont
« l’administration », si elle participe à la dénonciation des contraintes absurdes, en applique, d’un même mouvement la rigueur par laquelle elle détient le pouvoir qui la
justifie.


Redit autrement : « qui gardera les gardiens » du mécanisme de fixation du prix de la
transformation du passé ? Personnellement, je propose une organisation de la représentation de la réalité sociale « en étages balzaciens » appuyés sur une connaissance intime, par
tous, du détail des relations de réciprocités concrètes ; ne croyez-vous pas, Pierre, que la DTU 24 2.2 devrait être remplacée par des coopératives communales des libres ramoneurs, consacrant plus d’énergie à la sauvegarde de la cheminée de madame Michu qu’à celle de la « banette du Carrefour de
proximité »; le pardon immobilier peut-il vraiment être confié à un collège de fumistes membres de la commission transnationale de normalisation des compensations du risque de fumée
?


Mieux, les cheminées les plus pourries sont la propriété de ménages qui pendant une à deux générations n’auront
pas eu les moyens d’entretenir leur patrimoine ; dans ce cas, la compensation devrait se faire en versement, au vendeur, d’une prime venant en supplément du prix de vente dégradé, … pas
facile, pas facile à calculer, le rapport de force autour d’un bâti « laissé dans son jus ».


Derrière ce que je tente de dire, il y a l’idée qu’il nous faudrait, peut-être, plusieurs
circuits monétaires, trois ou quatre, chacun adapté à un niveau d’organisation sociale, tous basé sur un même principe de compensation, mais dont les arbitrages (il y aura toujours des
arbitrages, je pense, ne fut-ce que pour adapter l’algorithme à l’évolution du réel) seront effectués très publiquement et par « Madame Michu » et par « « les gars des
quartiers », et avec la condition que chaque niveau d’arbitrage rende compte, dans un langage clair pour tous, des tenant et aboutissants de ses décisions. Il serait d’ailleurs
anthropologiquement intéressant que nous voulions construire, dans, avec et pour les quartiers, des dispositifs pédagogiques permettant l’élaboration par les quartiers d’une traduction de la
logique de la quadri causalité aristotélicienne en langage vernaculaire, et puis, pour continuer sur cette lancée… cybernétique artistiques etc. L’important c’est que nous disposions tous
d’outils pour comprendre, ce n’est pas encore fait. Par ailleurs, je crois qu’une idée sous-jacente à votre proposition de « monnaie numérisée » est de laisser partout des traces
concernant des engagements moraux relatifs aux transactions, ce qui en rétablirait la « juridicité », mais alors n’est-ce pas s’engager dans une course sans fin vers la constitution
d’une commission de normalisation des procédures de règlement de « conflit de règlement » ; je ne sais pas si j’exagère, à tort peut-être, mais je crois que nous pouvons partager
l’idée que nous reposer sur la fiabilité de l’informatique comme « matière de monnaie », c’est prendre un risque.




Nous vivons en permanence dans la confusion des genres «  mon ennemi c’est la finance », Lagarde
s’inquiète des inégalités à Davos etc. Ainsi, nous avons d'un côté un Ricciotti qui dénonce lucidement les naufrages produits par les blablas du « salafisme architectural », du
lobbysme de l'architecture verte, comme par la prose serrée du maquis administratif etc. et de l’autre, en réaction, un Ricciotti qui transforme le réel en s’appuyant sur les savoir-faire des ouvriers du bâtiments, il y a également, au milieu, un Ricciotti qui - pour vivre -  prafique puisque "A Marseille, la dévolution des marchés publics aux architectes
se fait selon un tour de table. La table est relativement petite et Ricciotti fait partie de ce « chacun son tour », dans le respect d’une hiérarchie des volumes dont les élus commanditaires
ont la clé."








Permettez-moi de vous laisser, très amicalement, sur l’expression de ma perplexité.


 



jean-luce morlie 17/01/2014 13:18


Précision.  les "deux grues", introduisent la notion de  « jeu » en opposition à « travail », dans cette perspective  la part commune non quantifiable que nous  nous
échangeons dans l’entreprise pour la finalité d’un bien indémêlable et pourtant partagé, ne peut-elle être appelée « jeu social » ? qu’en faire, le quantifier et nous en rendre comptable, la
laisser gratuite ?

Pierre Sarton du Jonchay 17/01/2014 15:20



La gratuité sans comptabilité objective est nulle et non avenue dans la réalité humaine concrète. On voit bien que les lacunes de la comptabilité publique détruisent partout les services publics
et nuisent à la réalisation effective des biens communs.



jean-luce morlie 17/01/2014 13:01


Précision.  par "les deux grues",  j’introduis la notion de  « jeu » en opposition à « travail »; dans cette perspective  la part
commune non quantifiable que nous nous échangeons dans l’entrepriseen vue d’un bien indémêlable et pourtant partagé, ne peut-elle être appelée « jeu social » ? qu’en faire,
 le quantifier et nous en rendre comptable ?

Pierre Sarton du Jonchay 17/01/2014 15:15



La précision est fructueuse à la condition d'un rétablissement de la monnaie comme prix public du bien commun. Si l'émission de la monnaie redevient un service public gagé par le potentiel fiscal
des différentes collectivités publiques qui organisent le "jeu social", alors le bien commun devient quantifiable à la base de tout calcul économique.



jean-luce morlie 17/01/2014 12:38


Pierre,


 


Vous défendez l’idée que le travail est un pardon, ce qui est vrai, dès lors que nous comprenons que tout « travail sur soi » passe par un travail concret et que le pardon est
effectivement un travail sur soi vis-à-vis d’autrui.  Ma position est que tout travail ne relève pas du « pardon », ainsi lorsqu’un enfant travaille à construire une grue plus complexe que
celle qu’il a précédemment assemblée, il ne se « pardonne » pas d’en avoir construit « une moins belle », il jubile de lui à lui ; l'important est de tenir la bonne distance entre soi et les
autres ; « tout le temps » pardonner serait bien triste. Surtout lorsque faute de travail disponible nous ne serions plus en mesure de pardonner. Je pense particulièrement au fait que le parc
immobilier français est déjà une épave énergétique, et dont l'inévitable "ensablement" suscite la convoitise des suceurs de sables. Le logement français, plus qu'ailleurs en raison du tout
électrique, me semble un domaine de pardon essentiel.


 


 Quels y sont,à votre avis, les conditions du pardon ?

Pierre Sarton du Jonchay 17/01/2014 15:10



Cher Jean-Luce,


En fait, en associant le travail et le pardon, je pose la personne comme auteur du travail et du pardon et je cherche une inscription de la personne dans la réalité à la fois physique (travail)
et métaphysique (pardon). La personne qui travaille et qui pardonne est bien sûr dans une relation à l'autre. Mais elle est également dans une relation à soi. Ainsi le sujet du travail-pardon
est-il dialogique ; la conscience personnelle individuelle doit accepter de diviser sa subjectivité entre deux instances de soi : celle qui renonce à ce qu'elle est pour se transformer en
travaillant sur soi ; celle qui est une renonciation au mal pour être la réalisation de soi-même en se pardonnant.


L'enfant qui détruit sa construction pour en faire une plus belle travaille et pardonne parce qu'il renonce à ce qu'il a fait pour faire encore plus beau ; il admet l'imperfection de sa création
passée pour jubiler du travail d'intellection, de conception et de reconstruction qui lui permet d'espérer un renouvellement de lui-même dans une réalisation supérieure.


La crise de l'immobilier français est une illustration de la dépersonalisation de notre économie sociale ; dépersonalisation par laquelle les constructions passées ne sont plus criticables ni
transformables. La qualité du parc immobilier n'est appréciée que par le travail accumulé et immobilisé par les propriétaires actuels ; les transformations possibles selon les besoins des autres
et selon la transformation actuelle des modes de vie ne peuvent pas être considérées.


Pour débloquer le marché de l'investissement et de la consommation immobilière, il faudrait ajouter au droit au logement et de la propriété immobilière actuels, une fiscalité potentielle à terme
déterminée par les collectivités publiques qui indiquerait le prix de négociation d'un bien selon ce qu'il devrait être pour servir pleinement le bien commun en étant amélioré et transformé par
un acquéreur futur. La fiscalité potentielle à terme serait provisionnée par les propriétaires actuels sous forme de dette d'impôt due au moment de la vente et réglée par l'acheteur. Le capital
fiscal immobilier accumulé par la puissance publique serait mobilisable pour le financement des travaux de construction, de reconstruction ou d'amélioration.


La condition du pardon immobilier est la capitalisation par la fiscalité publique du prix de la transformation du passé.



Pierre Sarton Du Jonchay

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