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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 11:30

Chiffrage d'une restructuration de l'endettement mondial par la compensation en euro-bancor

Les tensions sur le budget et la dette des États-Unis rappellent à ceux qui en doutent encore que l'agonie du système monétaire et financier est mondiale. L'excès de dettes de l'économie réelle par rapport à ce qu'elle produit réellement est systémique et universel. La seule discussion qui soit rationnelle par rapport à la réalité des faits porte sur les modalités d'annulation de la fraction de la dette mondiale qui ne repose sur aucune production ni aucune possibilité de richesse vraie.

Ordres de grandeur en fausse monnaie

Pour dénoncer la faillite du FMI dans la crise financière actuelle, Didier Dufaud fournit des ordres de grandeur sur les masses en jeu à l'échelle du monde :
- 250 000 milliards de dollars d'épargne déposée dans le système financier,
- 10 000 milliards de pertes réelles non comptabilisées dans le système bancaire mondial,
- 25 000 milliards de pertes nominales à provisionner dans l'actif mondial pour récupérer un niveau raisonnable de dette nominale.

Ajoutons à la louche :

- des taux banques centrales nuls qui devraient être au moins à 3%,

- une parité yuan-dollar ou yuan-euro surévaluée de 30% eu égard à l'amortissement nécessaire des 4000 milliards de réserves chinoises,

- un passif bancaire mondial de 200 000 milliards incluant les dépôts dans les paradis fiscaux,

- une dette publique mondiale de 60 000 milliards équivalente à 100% du PIB mondial,

- un excès de dette publique de 10 000 milliards par rapport au potentiel mondial de croissance à long terme.

Grandeurs en monnaie vraie

Supposons une chambre de compensation en euro appliquant les règles du bancor de Keynes. La chambre serait adossée à un fichier européen de toutes les contreparties mondiales :

1. réglant en euro des engagements avec les Européens,

2. ou réglant des engagements non européens par les banques de la zone euro.

Supposons que les 25 000 milliards de ponction à effectuer sur le passif comptabilisé dans les banques permette de rétablir l'équilibre entre la masse monétaire mondiale et les actifs productifs ; sans provoquer ni déflation, ni inflation ; avec un taux de croissance mondial à 4%.

Les mécanismes induits dans la compensation sont déterminés par l'équilibre mondial entre le total des passifs bancaires dus aux personnes et le total des actifs bancaires ; lesquels soient la mesure du prix des biens et services effectivement livrables dans la réalité visible vérifiable présente et future. La compensation est rendue publique et lisible dans n'importe quelle monnaie, par des parités de change elles-mêmes compensées.

Règles de compensation par la propriété personnelle

Le bilan mondial consolidé d'entrée dans la compensation consiste à ré-attribuer tous les passifs à leur propriétaire réel identifié dans le fichier central européen des contreparties ; un propriétaire réel se définit par la détention :

1. soit de la liquidité en monnaie,

2. soit du crédit d'un actif déposé et vendu à terme,

3. soit de la prime de crédit sur un portefeuille d'actifs,

4. soit de la prime de liquidité d'un propriétaire gestionnaire d'actifs.

Tout État international, national ou fédéré est propriétaire de la prime de liquidité de tous les actifs explicitement déposés dans son espace de souveraineté. La prime de liquidité systémique est ici l'instrument de la stabilité monétaire et financière que la compensation keynésienne introduit. Un espace de souveraineté est la solidarité en liquidité monétaire de toutes les personnes subsidiaires à un État qui ont une activité économique déclarée dans cet État.

L'inscription d'une personne quelconque dans la compensation, que la personne soit physique, morale, étatique ou multinationale, vaut autorisation de cotation des actifs déposés. La cotation au nom de personnes formellement identifiables permet la garantie illimitée et détaillée du prix de tout actif par une chaîne identifiable d'acteurs en position acheteuse. Un État est acheteur en dernier ressort de tout règlement nominal de crédit dont la contrepartie réelle n'est pas attribuable à un acheteur particulier.

Couverture du crédit par le risque de contrepartie compensé

Le règlement de la compensation obéit au principe de division du prix entre tous les vendeurs d'une même production réelle : le prix nominal d'une échéance quelconque de tout actif est adossé à l'engagement de tous ses vendeurs directs et indirects. A l'actif de tout bilan issu de la compensation, sont inscrits les prix actualisés des obligations en cours relatives à la même vente à terme. Un objet physique de quelconque nature est indissociable du prix des obligations qu'en portent tous ses propriétaires présents et futurs.

Les 10 000 milliards de pertes réelles du système financier actuel sont retranchées du prix de l'actif mondial ; le prix passif du capital du système bancaire mondial est réduit d'autant. Pour atteindre 25 000 milliards de diminution du passif bancaire mondial, il faut encore annuler 15 000 milliards de dettes. Après compensation de la restructuration des dettes, le bilan mondial a été réduit de 25 000 milliards de dollars en capital et en dette classique.

Entre le bilan d'entrée et le bilan de sortie, la mesure du patrimoine mondial a été redistribuée entre ses propriétaires réels ; les prix relatifs des différents actifs ont été renégociés afin que le passif mondial net de la prime de liquidité soit de prix inférieur à l'actif comprenant les réserves de change des États ; lesquelles sont explicitement comptabilisées dans la compensation pour garantir le remboursement intégral de tout crédit nominal dans chaque espace de souveraineté.

L'adoption de la compensation keynésienne en euro converti en bancor a pour conséquence le calcul et la comptabilisation des réserves de change dans un même bilan universel tenu dans une seule monnaie. La restructuration de l'euro en bancor signifie l'alignement de la réalité bancaire et financière de la zone euro sur les constitutions des états membres ; lesquelles posent que l'économie des droits dans les pays de la zone euro est fondée sur l'égalité et la solidarité des citoyens devant la Loi. De la "bancorisation" de l'euro, il résulte qu'une réserve de change est un capital de souveraineté mis en garantie de l'application de la loi dans un espace domestique. La même réserve de change vient en prime de crédit (CDS sur la dette publique de l'Etat souverain) des dettes internationales de toutes les contreparties domestiques.

Mécanismes de compensation en euro-bancor

Sur les 15 000 milliards de dettes annulées, 10 000 le sont au profit des États afin de garantir les monnaies et le crédit. La garantie publique du système monétaire et financier revient à comptabiliser un capital travail qui soit la prime d'assurance du prix nominal des crédits dans chaque espace de souveraineté déposé en compensation. Les 4000 milliards de réserves de la Chine sont converties en euro-bancor à l'actif de la compensation et réparties en titres de dette publique émis par les États acheteurs de la prime mondiale de stabilité monétaire.

La redistribution des réserves mondiales de change sur les dettes publiques cotées en euro-bancor entraîne l'ajustement des parités de change. Cet ajustement a pour conséquence de modifier tous les montants nominaux ici formulés en dollar selon la variation de la parité dollar-euro-bancor ; laquelle est déterminée par la solvabilité à long terme de l'économie réelle des Etats-Unis différentiable de l'économie mondiale. On suppose ici que 1 euro actuel égale 1 euro-bancor futur. La parité dollar-euro-bancor se transforme dans la compensation keynésienne selon trois principes :

1) toutes les réserves de change internationales sont garanties par le dépôt d'un actif sous-jacent publiquement vérifiable en euro-bancor ; l'euro-bancor étant la titrisation unitaire universelle des dettes publiques intégralement garanties par la compensation,

2) toutes les dettes internationales publiques ou privées déposées en euro-bancor sont adossées à des actifs réels déposés en euro-bancor et garanties par leur vente à terme réglée en euro-bancor,

3) toutes les personnes inscrites en tant qu'Etat dans la compensation eu euro-bancor sont solidaires de la liquidité universelle de l'euro-bancor par les actifs déposés dans la souveraineté de la Confédération de l'euro-bancor.

Comptabilité en crédit nominal et prime de réalité

Parmi les actifs que les souverainetés déposent, il y a fondamentalement la prime de liquidité internationale des systèmes nationaux de droit du travail et d'assurance sociale. La protection des droits humains réels est la contrepartie active du droit de propriété par quoi se calcule le prix passif de tout capital. Un euro-bancor nominalement titre de dette publique est réellement un titre de capitalisation du travail dans une souveraineté dont la liquidité est cotée en droit de la Confédération de l'euro-bancor.

La compensation en euro-bancor est fondée sur l'adossement des réserves de change à la prime de liquidité passive de toutes les souverainetés. Dans le système financier actuel, la prime de liquidité d'une souveraineté est le prix du CDS de l’État émetteur. Dans le système de l'euro-bancor une réserve de change est une prime de change adossée aux importations déposées dans les espaces de souveraineté réglant en euro-bancor. La prime de liquidité extérieure d'une souveraineté est mutualisée par la société de compensation de la Confédération de l'euro.

La prime de change d'une monnaie en euro-bancor est donc le prix actualisé en rémunération licite du travail de toute la consommation future d'un même espace de souveraineté. Une réserve active de change d'une souveraineté se décompose au passif de la compensation :

1) en prime de crédit (CDS) sur le prix total de la dette publique en euro-bancor,

2) en prime de change sur le solde commercial actuel,

3) en prime de crédit sur la masse monétaire interne en euro-bancor,

4) en capital de garantie du prix actualisé de la production réelle en cours dans le périmètre de souveraineté à l'actif de la compensation.

Consolidation des dettes publiques de la zone euro

La décomposition en euro-bancor des réserves de change des souverainetés monétaires restaurées, permet d'expliciter le mécanisme d'annulation de 10 000 milliards de dettes publiques et des 5 000 milliards de dettes privées. Raisonnons sur la zone euro actuelle dont le PIB est arrondi au quart du PIB mondial ce qui accorde sommairement 2 500 milliards d'annulation de dette publique aux États de l'euro.

Dans le bilan d'entrée en euro-bancor, l'Euro-Groupe constitué en État confédéral doté d'un Trésor public propre, est débité d'une réserve de change nominale de 2 500 milliards de dollars. Ces 2 500 milliards sont assurés par une prime de crédit souscrite par le FMI en euro-bancor selon sa propre estimation des annulations de dette nécessaire au rééquilibrage du système international des monnaies et du crédit.

L'Euro-Groupe crédite les 2 500 milliards aux États de la zone euro en proportion des recettes fiscales anticipées sur le dépôt dans chaque souveraineté des actifs cotés en euro-bancor. Fondamentalement l'euro-bancor « ré-étatise » la circulation internationale du capital afin de garantir la stabilité des changes, du crédit et du prix des biens et services réels. Les paradis fiscaux sont par là-même externalisés dans les monnaies non convertibles en euro-bancor : pour être crédité en euro-bancor de la vente d'un bien ou d'un service non déposé dans une souveraineté, ou pour régler un achat en euro-bancor, il faut impérativement déposer le sous-jacent réel et donc régler la fiscalité. L'impôt est financièrement une prime d'assurance sur la conformité d'un actif au bien commun d'une souveraineté déclarée.

Recapitalisation du crédit par le travail

Au premier jour de la compensation en euro-bancor, tous les actifs déposés dans une souveraineté engendrent une dette fiscale des positions vendeuses envers l’État où elles sont domiciliées. Chaque règlement international en euro-bancor entraine :

1. l'annulation de la dette publique à hauteur de la taxation réglée sur l'exhumation des actifs réels dissimulés dans les paradis fiscaux,

2. le règlement de la TVA sur le prix du bien consommé,

3. le règlement du travail à sa valeur publique de marché,

4. le crédit au vendeur du prix en liquidité internationalement garantie.

Les 5 000 milliards d'annulation nominale de dettes privées sont accordées :

1. aux personnes physiques objectivement insolvables après dépôt dans la compensation européenne de leur patrimoine, dont leur capacité de travail inemployée, sous la garantie de l’État où elles résident,

2. aux entreprises et aux salariés escroqués par la captation de leur marché par leur créanciers en dollar et euro actuel,

3. aux mutuelles d'investissement ou d'achat escroquées par la non reconnaissance des créances relatives aux services qu'elles rendent publiquement (caisses de retraite, d'assurance, d'entraide)

Les annulations de dettes privées sont compensées :

1. par l'augmentation des réserves de change des États réévaluant leurs actifs domestiques par la capitalisation domestique du travail,

2. par la réévaluation des exportations de service issues du travail domestique,

3. par la dévaluation des actifs financiers spéculatifs non adossés à la rémunération du travail qu'ils contiennent réellement,

4. par la revalorisation des actifs réels collectifs contribuant à la productivité sociétale des personnes physiques capables de travailler.

Les dettes assurées par la démocratie réelle

La compensation en euro-bancor produit une définition objective de l'usure : est usuraire toute dette dont le collatéral n'est pas un bien vérifiable dans le dépôt d'un service réel publiquement reconnu. Sont annulables toutes les dettes usuraires parce que négatrices des droits et possibilités du travail dans l'affirmation mensongère d'un capital socialement improductif.

Bien que la compensation en euro-bancor n'utilise que les instruments financiers existant, elle opère un renversement de la rationalité économique actuellement en défaut par instabilité systémique du crédit. Le capital financier n'est plus la raison première du prix ; l’efficacité du travail à répondre aux besoins humains est ré-intégrée dans la rationalité du prix. Le prix est restaurée dans sa nature de capitalisation du travail d'offre et du travail de responsabilité de la demande. Il en découle que le marché n'est pas la libre confrontation des cupidités mais la compensation régulée par la démocratie de l'offre en demande de biens.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Compensation
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