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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 18:57

Amour et monnaie, debout face aux maîtres du monde

Le désastre de la rhétorique scientiste

Comme tu l'auras constaté dans notre dernière conversation téléphonique, nous ne pouvons plus nous comprendre. Nous ne parvenons plus à partager le sens des paroles que nous échangeons. Même si nous savons en nous-mêmes ce que nous éprouvons l'un pour l'autre de ce que nous sommes frères, il nous est impossible de nous exprimer d'une façon qui ne soit pas scandaleuse pour l'autre. Pour ma part, il m'est impossible d'entendre de ta bouche que je doive travailler comme si ce n'était pas ce que je fais déjà. Nos paroles personnelles nous renvoient à des réalités personnelles incompatibles entre elles du seul fait que nous n'avons pas un sens à partager par une façon commune de parler.

Comme tu me l'as dit, tu perçois que je rejette profondément la réalité du monde dans lequel nous vivons. Ce monde ne me convient absolument pas et pour le moment je me prépare à mourir pour ne pas m'y soumettre. Tu as bien compris que je ne me soumets pas et tu interprètes que je me laisse mourir. Dans ma vision à moi, je suis au contraire en plein combat et je propose à ma façon personnelle comme beaucoup d'autres, des solutions viables, positives et réalistes ; des possibilités de solutions qui permettent véritablement à ceux qui le veulent de ne pas se laisser emporter dans l'euthanasie du genre humain.

L'incompréhension qui se manifeste entre nous est l'expression du suicide où notre civilisation intellectualiste agnostique incroyante nous entraîne. L'intellectualisme religieux, politique et scientifique a construit un écran de complexité théorique sur la réalité humainement sensible. En rédigeant le livre que j'ai publié, puis en m'expliquant sur des blogs dans un langage qui exprime ce que je crois et enfin en le traduisant dans un moteur informatique de calcul des prix des biens humains, j'ai découvert les ressorts génocidaires du matérialisme financier sans esprit. L'intelligence humaine du bien réel vérifiable est délibérément étouffée. Une religion de l'individu tout puissant a été mis en scène par le détournement rhétorique politico-marchand de l'abstraction scientifique.

Le sens du travail vrai

La finalité de l'abstraction à donner du sens à la vie réelle des hommes a été annihilée. Cette religion du mal détruit notre capacité-même à connaître la réalité qui soit à la fois objective, personnelle et collective. Nous sommes dans une réalité fausse. Nous ne pouvons plus accéder à la réalité objective à cause de la subjectivité dissimulée du discours mathématico-juridique abstrait de toute réalité vérifiable par nos sens. L'individu moderne est réduit à un atome de matière sans esprit exilé de toute communion spirituelle dans la subjectivité de l'autre.

La première manifestation de la réalité absorbée dans le discours négatif pseudo-réaliste concerne justement le travail. Le substantif « travail » désigne réellement l'effort humain de transformation de la nature par la conformation de la réalité physique aux biens que nous y recherchons. La spécificité de l'humain est de travailler la réalité par l'intelligence de la liberté en société ; la finalité de la société humaine donne aux individus la capacité de choisir ce qui leur fait du bien dans la vie réelle concrète. Dans notre monde moderne, le travail n'est plus nommé comme acte social spirituel de création réciproque mais comme un fait matériel de simple transformation physique.

Est travail ce qui est verbalement étiqueté tel par les intérêts particuliers qui s'arrogent le pouvoir individuel de s'attribuer les produits du travail. Dans la négation de l'universellement humain par l'abrogation des sociétés politiques, Il n'y a plus de réalité objective du travail. Le travail est réduit au service d'intérêts particuliers qui ne sont pas nécessairement bons pour tout le monde. Le travail n'est que ce que certains ont le droit d'en dire dans la liberté des échanges sans loi ; le travail n'a plus d'existence selon ce que tous ses sujets humains conviennent d'en exprimer. Le travail défini dans le discours des puissants et non dans la réalité humaine universelle supprime la finalité morale du travail ; la réalité du travail n'est plus dans le service de toute humanité.

Mort de l'économie du vrai

Ainsi est-il « naturel » que la volonté de travail d'une partie de l'humanité soit ignorée, que l'offre de travail ne soit pas entièrement rémunérée par les sociétés soit disant de droit et qu'une partie de l'humanité soit exclue de la société des échanges qui donne accès à la réalité commune des biens travaillés. La « crise » que nous voyons est celle du discours qui ne produit plus le travail de la réalité : les dettes sont accumulées dans le discours pendant que ce même discours exclut rationnellement du travail les hommes qui auraient dû s'engager dans ce qu'ils s'étaient promis à eux-mêmes.

L'explicitation du mal qui nous assaille est limpide, pour qui veut comprendre, dans l'allégorie biblique de la tentation de l'homme au paradis. D'abord émerveillé de la création dans laquelle il se trouve, l'homme se met à réfléchir sur son rôle et sa responsabilité. Au lieu de suivre l'invitation du Créateur qui réside en lui à croître et à transformer le monde dans le sens donné de la création, c'est à dire dans la reconnaissance volontaire de la gratuité du don librement reçu, l'homme s'enferme dans son intellection spéculative de ses sensations physiques et se met à nommer les choses tout seul pour se placer individuellement comme cause toute puissante de tout ce qui existe en bien.

La conséquence immédiate de l'intelligence centrée sur l'égo est l'extermination de l'autre. Les autres ne sont plus radicalement autres dans le bien et il faut nier le bien hors de ce qui n'est pas pris dans le raisonnement égoïste sur soi-même. Pourquoi l’égoïsme qui a toujours été devient si destructeur ? Parce que tous les freins naturels au mal ont été supprimés par l'intellectualisme politique, scientifique et technique. L'analyse financière de ce qui advient, c'est à dire l'identification par les prix des finalités concrètement poursuivies dans des faits, montre que la réalité est dissimulée dans le discours politico-marchand afin de distribuer des richesses qui ne sont pas réellement produites.

La raison mortelle

La première étape a été franchie au début de l'ère moderne pour libérer la rationalité de la morale. La philosophie et la science ont déclaré à la fin du Moyen Age que le sens humain de la vie terrestre n'était pas une vraie question. Tout pouvait être exploré et théorisé sans qu'il soit nécessaire d'interroger la finalité humaine des sociétés, des sciences et des techniques. La deuxième étape a été franchie dans la révolution industrielle où certains hommes soit disant plus éclairés que les autres ont été civilement autorisés à transformer leurs concitoyens en automates d'un bien qui ne leur appartenait plus.

La troisième étape a été franchie à la fin du XXème siècle avec la dissolution des sociétés politiques sous couvert de la globalisation et de la numérisation des connaissances. Tout individu est désormais connecté à tous les autres de manière à ce que les plus « malins » soient sûrs d'imposer leur intelligence des choses à la masse inculte. Les sociétés en tant qu'espace concret de mise en commun d'un bien collectif universellement reconnaissable sont méticuleusement broyées par les maîtres de l'intelligence mathématisante. La mathématisation du réel ignore par essence le sujet et la réalité objective.

Hors de tout contexte d'intelligibilité du réel, il n'est plus de science qu'au service d'intérêts spéculatifs ; toute réalité est définie pour les seuls élus de la « sélection naturelle » informatisée. La politique n'est plus que la vocalisation des programmes écrits dans les ordinateurs. Ceux qui s'attardent encore dans le néant de leur réalité personnelle voient bien comment le monde est conduit au suicide. Il suffit simplement d'interdire par la matière physique, de penser le devenir personnel des personnes ; la relation inter-subjective dans les différences de nature est figée dans l'égo de l'individu prétendument savant.

La troisième guerre mondiale

Cette interdiction est parfaitement réalisée dans notre monde globalisé par l'argent, par l'informatique et par la mono-culture de l'anglais. L'argent permet aux bandes mafieuses d'imposer leur hiérarchie des prix à leurs esclaves. L'informatique automatise le raisonnement afin de dissimuler ce à quoi il faut croire pour maîtriser les conclusions. Enfin l'anglais oblige à penser en dehors des liens d'affection qui unissent les hommes dans leur propre langue. Pour posséder les autres, il suffit d'inverser le développement de la personne que l'histoire des hommes avait inventée.

La personne est cette faculté surnaturelle de l'homme à être une société à l'intérieur du moi individuel, à exister par ce qui n'est pas soi et à être toujours plus que ce que la nature donne d'être à l'origine. La personne est le siège de l'Amour qui conduit l'individu à donner la vie au-delà de son corps physique individuel et au-delà de l'intelligence qui l'anime. Notre réalité personnelle nous a été rendue insupportable par la liberté qu'elle nous donne à porter, à comprendre et à diriger le réel. Nous ne désirons plus la condition de notre liberté qui est de nous donner nous-mêmes dans notre réalité.

Ce dont les maîtres du monde veulent aujourd'hui prendre possession, c'est de la finalité du langage humain à produire du sens entre les personnes en relation physique d'échange. Le verbe, celui qui se fait chair, est l'intelligence que la personne a d'elle-même par ses relations avec les autres. Le verbe exprimé dans le langage donne le sens personnel de la vie ; de la vie donnée par les autres différents de soi dans les choses mises en communauté d'intelligence. Le verbe est dans la personne comme la personne est dans le verbe. De cette foi dans la réalité physique commune, la personne et le verbe engendrent la société qui est possibilité de l'Amour créateur entre les Personnes réunies dans la communion du Verbe.

Le Verbe qui anime la chair

Comme tu me l'as toi-même dit, la matière est la réalité palpable de l'Esprit. Sans esprit, le discours de l'intelligence ne voit pas la réalité ; le discours s'échappe de toute réalité intelligible. Or l'Esprit est l'intelligence produite par le Verbe entre les personnes. Pour capter dans leur intelligence « supérieure » le sens de toute réalité objective concrète, les maîtres du monde ont commencé par nier l'esprit dans la matière. De la matière sans esprit, ils ont imposé la notion de l'autre comme individu impersonnel. Entre les individus impersonnels, le verbe est devenu une raison sans amour. Puis la raison a été programmée dans les machines. Ainsi la rationalité impersonnelle peut forcer l'individu inconscient de lui-même à s'autodétruire pour laisser place nette aux maîtres du monde.

Le genre humain ne peut plus exister face aux individus. Le système de l'intelligence sans personne est parfait. Il conduit avec une certitude absolue à sa conclusion mortifère cachée. En toute bonne foi, tu as énoncé cette conclusion sans penser ce qu'elle signifie : il faudrait dis-tu revenir à l'économie de subsistance ; donc il faut éliminer au moins 6 milliards d'humains qui n'ont plus leur place dans le monde régi par une raison non financièrement partageable. L'économie moderne du mal retourne parfaitement l'homme contre lui-même. Les maîtres de la raison du monde mènent la guerre civile mondiale à l'intérieur des consciences pour éliminer toute humanité qui les obligerait à penser la répartition humainement vraie de la matière.

La perfection du système est de contenir toute la rationalité qui le justifie. Tout sujet se plaçant dans le référentiel de la réalité autonome du discours de la responsabilité personnelle passe logiquement pour fou. Tout ce que je viens de dire est, dans l'hypothèse d'immuabilité imposée du système, pure folie d'un marginal qui n'a pas la force de s'inscrire dans la réalité parce qu'il se croit intelligent hors de la raison purement matérielle. Je crois en effet comme toi, hors de toute raison objective et par sympathie pour les vivants qui désirent partager du sens avec moi, que le prix de notre existence est spirituel donc inter-personnel avant de pouvoir être physique.

La raison responsable

Les intellectualistes matérialistes dissimulent leur cupidité dans l'intelligence d'un esprit qui n'a rien à donner. L'invisible est utile à cacher le néant spirituel des intentions. Or la réduction de la réalité au néant se fait par la réalité intellectuelle de la monnaie. Paradoxalement, la crise de la négation du réel révèle que la numérisation monétaire du monde est efficace au-delà de la cupidité ; l’idolâtrie matérialiste ré-introduit l'esprit dans la connaissance du monde. Elle ré-ouvre l'espace de l'esprit dans les matières que le système en effondrement sur lui-même ne peut plus produire.

Le nombre est malgré les maîtres du monde la présence de l'esprit des personnes dans la matière physique. Le fabuleux bénéfice encore invisible de la connaissance humaine globale informatisée est la représentation universalisable de toute réalité. Le discours et l'image numérisés dans une banque de données non physiquement localisées est invulnérable à l'usure du temps et à la falsification du mensonge. Toute société peut s'organiser pour conserver toutes les réalités qu'elle juge bonne à développer. Toute intelligence méprisée par les maîtres du monde peut s'exprimer à la condition qu'une société quelconque l'accueille. La morale peut retrouver la réalité.

Les sociétés interconnectées se retrouvent solidaires à conserver l'expression des personnes sans jugement a priori de la bonté ou de la malignité de leurs productions. Il ne manque plus actuellement qu'une seule étape pour assurer le bien possible des personnes par la réalité numérique : que les personnes physiques se portent garantes de la transformation du matériel universel en biens particuliers pour chaque personne. Le moteur informatique de prix que j'ai développé réalise la virtualité de l'assurance des objets numériques par le travail des personnes.

Intelligence morale numérique

Tout travail est nommé par du texte courant. Tout objet numérisé est relié à la codification de la personne physique qui « vend » le bien en le travaillant ; le même objet est numériquement attribué aux personnes qui « achètent » le bien en promettant d'en payer solidairement tout le prix. Le principe ancien de la compensation financière est réhabilité dans la transparence des paroles et des actes engagés. Le prix complet d'un bien est numériquement garanti par la décomposition de tout objet en autant d'objets vendus et achetés que la société de marché juge nécessaire de promettre pour assurer le bien.

L'assurance de tout bien moral implique que tout objet matériel produise un bien délibérément positif sur ce que tout vendeur produit et sur ce que tout acheteur cède par le paiement du prix. Le bien est réellement calculé par l'équilibre marchand du prix rendu transparent de l'offre et de la demande. Le marché totalement numérique rend l'objectivité infalsifiable. Les échanges sont réels par le dépôt en texte et en nombre de toutes les causes de bien dans la loi. Les objets réels de la loi sont vendus et achetés dans le travail réel vérifiable des personnes physiques. La vérité du bien produit par le travail des personnes n'est plus alors une hypothèse intellectuelle disjointe de la réalité visible mais une hypothèse morale transformable dans le paiement public du prix.

Le paiement du prix éteint la dette en droit. Le paiement est transformé par le travail moral de tout acheteur qui doit dire le bien objectif de ce qu'il achète avant de pouvoir être livré de la réalité matérielle en nature ou en monnaie. Avant de pouvoir exister physiquement, l'objet du bien passe par une définition financière numérique publique. Cette définition est librement achetée par ceux qui croient aux biens qu'elle produira ; elle est achetée à ceux qui vendent leur travail de production mais aussi à ceux qui vendent le prix qu'ils jugent moralement trop élevé par rapport à la réalité future vraiment possible du bien anticipé.

Comptabilité d'Amour

La finance et la monnaie peuvent exister dans la vérité. Le marché numérique sépare le discours de la réalité par la personne qui travaille et par le prix qui paie la discussion effective des biens. En intégrant la réalité dans la parole humaine effectivement pensée, le moteur de compensation numérique des prix installe les personnes dans le travail réel des biens. La relation de prix instaure l'économie de l'Amour dans le don réciproque du travail des personnes. Quand quelqu'un achète dans la compensation numérique, il paie en monnaie de parole l'assurance du prix en bien de toutes les personnes qui produisent.

Par le nombre monétaire moralement neutre dans la physique mais bénéfique dans la morale du vrai, l'objet du bien est acheté par trois chemins réciproquement complémentaires :

1 l'acheteur doit promettre son propre travail en paiement du prix du marché ;

2 il doit acheter l'intelligibilité du travail nécessaire à la réalité du prix ;

3 il doit répondre par la vente réelle d'un quelconque bien propre à la demande du marché.

Le bien n'est plus le produit d'un jugement individuel subjectif mais le fruit d'un partage collectif des conditions matérielles d'existence de la personne physique. L'auteur de la réalité du bien est une intelligence personnelle vivante. La compensation numérique remet à l'endroit la réalité inversée dans la cupidité financière et l'angélisme scientifique. Le prix réel redevient une obligation de société vraie avec celui qui s'oblige à prouver par son travail le bien qu'il propose.

Le moteur de marché n'est pas un concept spéculatif mais une réalité visible sur l'écran d'un ordinateur programmé par un algorithme simple. L'effet visible de la fonction numérique de calcul des prix est de limiter les dettes comptabilisées en monnaie au crédit des vendeurs et au débit des acheteurs. La limite se matérialise par la loi numérisée décrite en objets réalisables et garantis par des personnes numériquement identifiées. Le moteur numérique de marché indexe le crédit de la monnaie sur les prix objectivement engagés dans la réalité de l'Amour.

Sommes-nous vraiment bêtes ?

Ceux qui sont enfermés dans la contemplation de leur intellect, dans la certitude de ce qu'ils croient sans faire ou dans la spéculation par les nombres se condamnent à éradiquer la vie de l'Esprit pour posséder le monde. Mais ceux qui vivent de l'Esprit sont obligés de choisir : se soumettre au catéchisme mortifère du rationalisme individuel ou prendre le risque du travail au prix du service d'autrui. Pour les uns comme pour les autres, la guerre fait et fera beaucoup de morts : les premiers se suicident en négation rationnelle d'eux-mêmes et les seconds mourront d'indécision entre le rêve facile et la réalité incroyable.

J'espère que nous survivrons tous les deux mais je ne peux pas en être sûr ; les humains restent libres de faire les bêtes pour ne pas être des personnes. Être dans la réalité revient à admettre qu'on dépend des autres. Je peux penser, dire et faire ce que je crois bien ; si les autres me disent le contraire, alors je suis objectivement dans le mal. En vérité, je suis ce que les autres disent que je suis. J'ai donc un long chemin à parcourir pour revenir dans la vie ; un chemin qu'on peut me raccourcir ou me rallonger...

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