La crise économique actuelle a ses racines dans la civilisation. La compréhension des phénomènes en cours exige une redéfinition de la monnaie, du crédit, du risque, du marché et de la responsabilité publique. La discussion est ouverte.
Marx et Say ne se situent pas sur le même plan de réalité dans leurs affirmations économiques. Marx réduit les prix à la matérialité. La matérialité n'étant pas en soi extensible, Marx en déduit que l'accaparement de la plus-value par le capital rogne la valeur du travail jusqu'à rendre la plus-value impossible. Say se place sur le plan de la finalité qui n'a en soi aucune limite. L'économie de la valeur échangée implique nécessairement que la valeur offerte égale la valeur demandée. Ce qui n'est pas échangé n'a pas de valeur d'échange, ne peut apparaître ni en offre ni en demande. Marx et Say ont raison chacun dans le plan de réalité qu'ils choisissent. Mais n'embrassant qu'une fraction de la réalité, ils restent l'un et l'autre dans l'abstraction qui n'est pas la réalité. L'un et l'autre méconnaissent la fonction de la monnaie dans l'économie réelle. Pour Marx, la monnaie aurait expliqué la transformation possible des limites de la matière. Pour Say, la monnaie aurait expliqué les erreurs possibles de matérialisation des finalités économiques. Marx ne comprend pas que le crédit matérialisé dans la monnaie augmente les frontières de la valeur du capital par le travail. Say ne comprend pas que le crédit finalisé dans la monnaie transforme l'offre en demande et la demande en offre pour transformer les déséquilibres instantannés par l'épargne et l'investissement. Sans l'économie de la monnaie et de l'anticipation financière, Marx et Say ne parlent pas de la même chose.