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La crise économique actuelle a ses racines dans la civilisation. La compréhension des phénomènes en cours exige une redéfinition de la monnaie, du crédit, du risque, du marché et de la responsabilité publique. La discussion est ouverte.

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Le prix monétaire du vivre ensemble

ImageJorion


La monnaie figure la politique. Politique éclatée implique disparition de l’euro. Mais aussi potentiellement, disparition des monnaies nationales. Si la politique ne sait plus instruire la discussion du vivre ensemble, alors la monnaie comme unité de compte commune à une société s’effondre sur elle-même.

Les monnaies de sociétés politiques constituées valent plus cher que les monnaies de sociétés inconstitutées. La renationalisation des systèmes de création monétaire coute aux nations le prix réel de l'existence insuffisamment négociée de leur contrat social. Ce contrat social en perpétuelle négociation économique entre les citoyens est la base du crédit sans laquelle toute construction monétaire vacille. La crise du surendettement en euro est la manifestation des contrats sociaux en déshérence.

Les dettes publiques non remboursables en euro mesurent exactement l’insuffisance de démocratie en Europe ; du coté des emprunteurs qui croient gagner du temps sur leurs désaccords quant à la répartition de la valeur ajoutée et du coté des prêteurs qui croient pouvoir se dispenser de faire partager leurs méthodes de négociation et de solidarité politique.

La restauration des monnaies nationales pour les sociétés inconstituées est une nécessité logique de la démocratie. Tant que la politique ne mesure pas dans le pouvoir d’achat extérieur de la monnaie l’efficacité de son travail d’instruction de la démocratie, le pouvoir d’État et les responsables publics pratiquent la fuite en avant en empruntant la monnaie des sociétés constituées.

La crise des dettes publiques en euro montre que la monnaie unique a simulé le crédit d’une politique qui ne fonctionne pas et d’une démocratie qui n’existe pas réellement. Pour renouer la discussion démocratique, il faut que les peuples européens en mesurent le prix réel par la variabilité de leur parité monétaire nationale. Mais le génie et l’originalité de l’Union politique des peuples européens est la solidarité économique dans la démocratie ; une solidarité exprimée par un budget commun de financement de la responsabilité politique gouvernementale.

Si la drachme est rétablie, au lieu de se substituer au gouvernement grec, l’Allemagne et la France proposent à la démocratie grecque l’achat de sa prime de change. Elles atténuent la dévaluation de la drachme et financent la réforme des finances publiques grecques par les Grecs eux-mêmes. Sur un strict plan de justice économique, la dévaluation en drachme de la dette publique grecque permet d’imputer aux créanciers leur part dans les pertes de la non-démocratie européenne.

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