La crise économique actuelle a ses racines dans la civilisation. La compréhension des phénomènes en cours exige une redéfinition de la monnaie, du crédit, du risque, du marché et de la responsabilité publique. La discussion est ouverte.
Une économie qui concerne tout le monde n'est pas forcément compréhensible par tout le monde ... sauf dans une économie partitionnée en communautés restreintes quasi-isolées. Une autre époque.
En science et en logique :
En pseudoscience : valider le particulier valide le général.
La physique a compris depuis un siècle qu’un modèle valide au niveau microscopique ne l’est pas nécessairement au niveau macroscopique et vice versa.
En économie, la compréhension est plus lente. Divers ordres de grandeur de la taille d’une population :
- 10 (rang 1) : équipe de foot,
- 10 000 (rang 2) : communauté d’Elinor Olstrom ( reçoit le « prix Nobel » d'économie 2009)
- 10 000 000 (rang 3) : nation,
- 10 000 000 000 (rang 4) : Humanité.
La suite est géométrique de raison 1000.
Aucun scientifique sérieux n’imaginerait que les modes organisationnels efficaces puissent être simplement transposés d’un rang à l’autre (de haut en bas ou de bas en haut). Il y a assez peu de pertinence scientifique (sinon par curiosité anecdotique) à demander à des spécialistes de l’organisation des rangs 1 et 2 (Elinor Olstrom, Pep Guardiola, Didier Deschamps, etc.) leur avis sur la gestion des rangs 3 et 4. Pourquoi pas un prix Nobel à Aimé Jacquet pour son titre à la coupe du monde 1998 ?
En général, les fanatiques de l'intelligence collective prennent conscience des limites de ce concept à la mode "intelligence collective". J'y ajouterais des considérations sur la répartition statistique des niveaux d'intelligence individuelle (grossièrement le QI pour faire simple).
Trois observations :
Conclusions : plus la taille d'une population augmente et plus le pourcentage qui en comprend la complexité diminue.
Les solutions démocratiques peuvent encore concerner les problèmes relatifs à une population de 10 000 citoyens (municipalité semi-rurale, communauté d'Elinor Olstrom, etc.). Cette taille semble être la limite de l'intelligence collective répertoriée par les théories bobos actuelles.
Au degré de complexité suivant, un système de représentativité devient nécessaire (mais pas toujours suffisant car la corruption et l'individualisme peuvent ruiner l'entreprise) car la complexité n'est compréhensible directement que par une proportion réduite de la population. La traduction des problèmes en termes populaires reste encore possible.
A un autre degré, la représentativité bascule dans le populisme (nos nations actuelles) car la complexité n'est comprise que par une trop petite minorité de spécialistes (de pans particuliers de la vie sociale et pas toujours de tous : problèmes de cohérence de gérance) et ne peut plus être traduite en termes simples pour le peuple. Le peuple ne comprend alors que des présentations réductrices tronquées : le populisme.
Encore plus loin dans la complexité : la mondialisation actuelle. Plus personne (sinon l'un ou l'autre extraterrestres, généralement reclus et peu impliqués dans la vie collective) ne comprend la complexité. Le tout part en vrille de manière anarchique.
Cela n'empêche pas certains puissants lobbies ou des opportunistes isolés de profiter du système, souvent en aggravant les crises (Goldman Sachs, etc.). Mais plus personne, ni aucun procédé connu, n'est apte à le gérer intelligemment.