La crise économique actuelle a ses racines dans la civilisation. La compréhension des phénomènes en cours exige une redéfinition de la monnaie, du crédit, du risque, du marché et de la responsabilité publique. La discussion est ouverte.
Sous l'intelligence spéculative de notre cerveau brassant des généralités, il y a l'intelligence objective du coeur de chacun qui s'appelle la morale. La morale, c'est l'intelligence de la singularité irréductible à l'idéologie, aux modèles financiers et aux codes juridiques. Le nominalisme libéral repose sur l'hypothèse d'inutilité de la morale : le singulier n'existe pas sous la généralité du discours ; le vrai est confondu avec la réalité privative de quelques cerveaux sur-puissants réputés omniscients.
Nous ne parvenons pas à sortir de la crise de la raison totalitaire à cause de la religion féroce imposée par le moyen de la monnaie émise secrètement par des coteries d'oligarques politiques et financiers. Mais derrière les volutes d'encens produits par l'Eurogroupe, la réalité va vers une mise en faillite objective de l'oligarchie financière européenne qui dirige l'euro. Les projections financières que l'Eurogroupe cherche à glisser dans son accord avec la Grèce sont un rideau de fumée derrière les réformes concrètes que le gouvernement grec met en oeuvre. Des réformes qui ré-ouvrent concrètement l'espace de la morale et de la responsabilité en politique et en finance.
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La " Troïka " devient " Les institutions ", par Matthieu Ferrand
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Raffinements euro-politiques de la titrisation financière