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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 15:42

Les réactions à la dégradation de la notation de la dette publique grecque et de plusieurs régions espagnoles soulignent le divorce entre la politique et la finance. Les milieux politiques semblent vouloir ignorer que la crise économique et financière vient de l’effacement du pouvoir politique qui ne produit pas le cadre légal de régulation des marchés financiers. Les circuits économiques et financiers internationaux se placent au-dessus des lois nationales ; ils donnent à penser que le pouvoir financier n’a pas à se soumettre à un ordre et à une responsabilité politiques. Les gouvernements européens protestent mais ne décident rien.

Le paradoxe est que l’Union Européenne est doté de tout l’appareillage législatif et institutionnel pour ordonner les échanges commerciaux et financiers internationaux au droit. Mais les pouvoirs politiques européens se laissent posséder par des impératifs financiers qui traduisent des intérêts particuliers dissociés du bien commun des sociétés et des citoyens européens. La construction européenne est en train de perdre toute crédibilité dans les opinions publiques et maintenant détruit l’autorité des gouvernements nationaux. Le discours politique officiel apparaît totalement décalé avec la réalité perçue par le commun des mortels.

Le marché commun européen d’options financières de change et de crédit est le seul moyen de réarticuler la politique et la finance ; de faire revenir la gouvernance politique dans la réalité financière pour réguler effectivement la finance par le Droit. Il faut que des professionnels de la finance, de la banque, du droit et de la science économique se concertent pour proposer des modèles alternatifs à la logique spéculative qui remplit le vide de la régulation financière. Comme aucun modèle ne peut exprimer la diversité des choix humains présents et à venir, il n’y a pas d’autre équilibre financier international que par un marché d’option. Les lois différentes que les hommes appliquent dans leurs pays doivent se garantir réciproquement par des primes de change sur des parités monétaires librement négociées sur un marché des changes transparent.

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 14:20

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Réponse de l'auteur du billet paru sur le Blog de Paul Jorion à Marc Riva.


@Marc,

les modèles conceptuels sous lesquels fonctionne actuellement la finance sont déconnectés de la réalité durable. Si à l’instant présent les représentations que nous avons de la finance permettent aux acteurs financiers d’agir sur notre réel, nous savons comme tous les financiers qui agissent dans la réalité et pas dans les modèles que le système est mort. Cela signifie qu’il ne peut plus dire ce qu’il fait ni faire ce qu’il dit. La finance, la monnaie et la conceptualisation de l’économie sont partis dans un sens pendant que la réalité humaine est partie dans un autre. Si nous voulons vivre consciemment en sachant ce que nous faisons, il faut donc bien proclamer clairement votre conclusion : de ce système, nous n’en voulons plus !

Mais tout système n’est jamais que ce qu’il y a dans nos têtes humaines. Récuser un système, c’est en proposer un autre pour structurer la pensée de nos actions. Sinon nous continuons à ne pas faire ce que nous disons et à ne pas dire ce que nous faisons. Sans système alternatif, nous restons prisonniers du régime actuel de la spéculation qui produit des modèles pour masquer la vraie réalité. En redéfinissant les concepts fondamentaux de capital, crédit, monnaie, responsabilité politique, droit, prix, démocratie et marché je reste effectivement dans une spéculation qui paraît se contenter de réparer le système. Mais il faut reconsidérer la notion de marché et la voir autrement que dans son acception actuelle. Si le marché intègre les systèmes, contrairement à la situation actuelle où quelques acteurs captent le marché dans leur propre système, on change d’univers au sens philosophique et mathématique du terme.

Le marché commun international d’option consiste à offrir à toute personne physique identifiable et responsable le choix de son système à la seule condition qu’il soit réalisable sans nuire à la liberté de choix des autres. Réalisable signifie que la finalité d’un système négocié dans le marché est d’être réalisé pour produire des effets pour son acteur et tous les acteurs qui l’échangent librement. Le nominal d’une option encapsule tout système dans la réalité négociable. La négociation de la prime d’option sur un marché transparent à toute société engage l’acheteur à assister le vendeur à réaliser le système formulé dans le nominal. A l’échéance de l’option, il devra y avoir un acheteur du nominal au prix signalé au marché. Sans quoi, l’acheteur de la prime devient propriétaire de la production du système même si elle est vide. L’acheteur de la prime est engagé par le marché à restituer la monnaie d’un système qui ne représente pas la valeur annoncée dans le prix nominal d’origine.

Dans un marché universel d’option, les systèmes politiques, économiques, philosophiques, religieux ou financiers ne peuvent plus être la réalité ultime que personne ne puisse dépasser. Tout système devient dépassable par la simple réalité concrète. Il suffit qu’un investisseur informé par le marché de tous les systèmes inventés par les hommes croit au système particulier dont il achète la prime pour devenir garant de sa réalisation. Un marché multinational d’égalité de droit de toute personne met la responsabilité humaine au-dessus de tout système. N’importe qui achète ce qu’il veut du moment qu’il en paie le prix en intégrité de l’autre et en réalité concrète sous-jacente à la monnaie reçue. Le marché-même d’option en bancor est l’étalon de la monnaie qui représente le choix de toute personne de transformer la réalité pour une autre personne égale en dignité à elle-même.

Par personne, il faut entendre l’entité nommée comme sujet de droit qui est soit un individu physique soit une collectivité de 3 individus à l’humanité entière. L’internationalité du marché du bancor est ici fondamentale. Elle instaure l’égalité de droit entre chaque individu et toute société intermédiaire fût-elle un empire. L’égalité de droit mondialisée ne réalise pas instantanément la démocratie ni la justice mais crée les conditions de leur émergence. Toute puissance qui n’agit pas ouvertement sur le marché du bancor se désigne comme ennemi de tous les autres réunis par l’économie multinationale de marché . La réalité ne peut plus être capturée par un système d’irresponsabilité. Tout ce qui ne se dévoile pas sur le marché financier de l’option pour être garanti par une réalité universelle est potentiellement de la cupidité dont la démocratie peut exproprier le produit par la fiscalité.

Les conséquences du marché d’option nous sont difficiles à concevoir à cause de notre mode de pensée systémique. Nous voulons absolument prévoir la réalité future par nos décisions. Si nous n’acceptons pas personnellement les limites réelles des modèles par quoi nous appréhendons notre réalité, alors nous nous enfermons dans nos systèmes que des minorités s’ingénient immédiatement à manipuler à leur profit exclusif. L’individualisme systémique est la clé de notre esclavage. L’intelligence de l’autre est la certitude de notre liberté.

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 12:39

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Réponse de l'auteur du billet paru sur le Blog de Paul Jorion à Guillaume.


@Guillaume,

Je crois que vos propositions sont politiquement et économiquement cohérentes et réalistes.

- Chaque pays utiliserait sa propre monnaie nationale dans le cadre des échanges nationaux
- Ces monnaies seraient inconvertibles (hormis en euro).

Cette proposition revient à aligner les monnaies et les systèmes juridiques. La délibération, l’application et le jugement de la Loi dans chaque pays européen fait varier la valeur extérieure de la monnaie par rapport aux autres monnaies qui obéissent à des systèmes de droit différents. Ainsi est-il possible d’avoir des droits du travail, des droits des faillites, des droits du crédit et des droits de l’auto-gouvernement différents. Il est possible par la variation du change de comparer l’efficacité économique des différents systèmes que les Européens choisissent.

Rendre les monnaies européennes exclusivement convertibles en euro signifie que les Européens s’évaluent réciproquement selon un système de valeur commun. En l’occurrence celui de la démocratie décrit dans les traités et directives européens. Et c’est le système politique démocratique et pluraliste de l’Union Européenne qui est le critère de comparaison économique de l’Union avec les autres systèmes dans le monde. Les États-Unis ou la Chine ou le Royaume-Uni ne peuvent plus jouer l’Allemagne contre la France. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France sont financièrement solidaires dans leur pluralité face aux États-Unis, à la Chine ou à la Tunisie.

Pour parvenir à cette re-politisation de la monnaie, il faut bien sûr que l’euro soit la monnaie commune de l’Union ; ou bien si Français et Allemands veulent fusionner leurs États en partageant l’euro, il faut créer une autre monnaie commune qui soit le bancor (ou le bankeuro, ou l’ECU ou l’unitas).

- L’euro lui serait utilisé pour les échanges communautaires et extra-communautaires, (pas dans le modèle actuel de changes flottants, mais sur un modèle de type « bancor » ou autre)
- éviter les déséquilibres commerciaux surtout envers l’extérieur de la communauté économique.

L’euro communautaire et non unitaire devient effectivement un outil efficace de cotation des parités monétaires à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union. Le principe que les Européens adoptent dans ce régime est celui de la cotation transparente et centralisée des primes de change comme couverture effective et systématique des parités à terme à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union. Ainsi, toute parité de change nominale comptant ou à terme résulte d’un équilibre contrôlé en droit européen entre l’offre et la demande de risque de change. Tout emprunt de liquidité à l’extérieur de l’Europe est garanti à l’échéance par une prime de change ; et une prime de crédit calculée sur l’emprunteur. Tout prêt de liquidité à l’extérieur de l’Europe est effectué en bancor et couvert par les primes de change et de crédit versées par les emprunteurs.

L’Union n’est plus soumise aux conséquences en liquidité et taux de change des politiques monétaires étrangères sur lesquelles elle ne peut rien dire. Dans ce système de change, de crédit et de liquidité, les Européens retrouvent leur liberté économique entre eux-mêmes et collectivement vis-à-vis du monde. Les États qui veulent se spécialiser dans la spéculation financière cherchent un taux de change le plus élevé possible pour attirer les capitaux spéculatifs étrangers. Les États qui veulent développer leur industrie et s’approcher du plein emploi choisissent une politique de change qui maximise la compétitivité moyenne de leur force de travail par rapport à l’étranger.

Les pays intrinsèquement compétitifs comme l’Allemagne peuvent exporter leurs capitaux et donc leurs travailleurs les plus performants pour soutenir les moins performants à l’intérieur de leurs frontières. Les États qui ne peuvent pas survivre sans se droguer avec de l’inflation domestique doivent admettre la dévaluation permanente de leur parité monétaire afin de financer le déficit de leurs paiements extérieurs.

- instaurer un contrôle des mouvements de capitaux (citation « conformité au droit des objets d’investissement » mais quel droit?)

Si l’Europe décide de se refonder comme démocratie, cela implique que tout mouvement de capital à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières soit identifiable par le système bancaire européen afin d’être juridiquement contrôlable. Le marché commun du bancor implique que tout mouvement de capital entrant ou sortant élise un droit national européen et un régime de juridiction. Aucun mouvement financier ne peut avoir lieu sans être soumis à la fiscalité décidé par l’État où il est domicilié ; en contrepartie le bénéficiaire du mouvement financier jouit de la protection d’un juge judiciaire national qui garantit le plein respect de ses droits politiques, sociaux et économiques. L’État de droit européen est l’obligation de se soumettre à un droit national librement choisi par la domiciliation de son capital là où chacun le juge le mieux protégé à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières européennes.

- avoir le plus largement possible recours à l’épargne nationale pour financer sa dette publique ou privée

Ce principe s’applique à l’échelle de l’Union par le marché financier commun en bancor. Comme ce marché est soumis au droit des Européens qui protège la liberté de penser, de délibérer et d’agir, tout épargnant déposant dans une banque européenne « européanise » son épargne. Les dettes publiques et privées financées en bancor se trouvent nécessairement conformes à la conception européenne des droits de l’homme.


et que pensez vous de:
- interdiction des marchés non réglementés

Je comprends ce que vous voulez dire. Mais cette proposition est contradictoire en elle-même. Il n’y a pas d’interdiction sans réglementation et inversement. Votre proposition n’a de sens que formulée positivement : les Européens définissent tout marché comme espace de négociation réglementé où certaines opérations ou comportements sont interdits. Par exemple : il est interdit de vendre ou acheter par un prix fictif quelque chose qui ne sera jamais livré et qui donc n’existe pas ou ne peut pas exister.

Nous convenons que le néo-libéralisme est mortifère parce que doctrine enfermant le raisonnement humain sur lui-même hors de toute réalité. La finance et l’économisme néo-libéraux se suicident en s’interdisant de constater que leur réalité peut être de se suicider. L’enjeu actuel du monde est bien d’échapper à la mise en scène d’un suicide collectif qui devient réalité.

- simplification des instruments de couverture en particulier par la standardisation

Cela signifie qu’un instrument de couverture n’est pas une abstraction intellectuelle mais une réalité visible sur un marché. La standardisation est le fait que tout instrument négocié entre une offre et une demande réelles a bien la même signification pour l’acheteur et le vendeur. Donc que le sous-jacent d’une couverture (par exemple un modèle de prévision d’un prix de quelque chose d’explicitement livrable devant témoins) est nécessairement déposé dans le marché, c’est à dire originé, en langage financier (brokerage en anglais). Comme la production de standards est au cœur de l’innovation financière visant à mieux cerner les prix du futur, le risque d’irréalité des nouveaux standards doit être assuré par le versement de primes d’origination (commission de brokerage) aux intermédiaires de marché. Si un standard ne produit aucun prix par la négociation transparente de marché, l’ingénieur financier producteur du standard perd la prime de liquidité financière qu’il a dû payer pour livrer son produit dérivé à la négociation.

- centralisation des mouvements de capitaux par une structure publique d’enregistrement et de compensation (au sens usuel).
- redéfinition des structures d’intermédiation (rôle, statue juridique, contrôle juridique, séparation des activités…)

La structure publique centralisée d’enregistrement et de compensation que vous réclamez est justement le marché financier commun d’option que les Européens peuvent fonder s’ils ont encore un projet de démocratie. Un tel marché compense les flux financiers par la réalité concrète livrable à terme, par la prime de risque achetée et nécessairement vendue, par le crédit emprunté du prix à terme nécessairement prêté et par la conformité aux droits de l’homme de tous les contrats de compensation des prix conduisant à la livraison de quelque chose.

La redéfinition des structures d’intermédiation implique, pour que la réalité livrée soit différentiable du prix nommé, qui soit différentiable du crédit du vendeur, qui soit différentiable du droit de l’acheteur, de séparer l’investissement, le crédit, la négociation du prix et l’assurance de la réalité concrète. Il y quatre rôles fondamentaux dans le financement en droit de la réalité à terme : l’intermédiation de la prime (banque d’investissement), l’intermédiation de la liquidité du crédit nominal (banque de crédit), l’intermédiation de la liquidité du prix réel (banque de marché) et l’intermédiation de l’assurance de la réalité du prix (banque d’assurance : santé, revenus vitaux, dommages physiques, validité scientifique objective).

Conclusion :

vous [Guillaume] avez résumé ce que devrait être la refondation financière de la démocratie par l’Union Européenne. Si donc cette refondation n’a pas encore eu lieu, soit la majorité des Européens a opté pour le suicide néo-libéral, soit la démocratie a disparu en Europe qui permette aux citoyens de l’Union de choisir les dirigeants qui mettent en œuvre le projet commun.

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 10:38

ImageJorionVérités et mensonges de la théorie monétariste

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Structure juridique de la finance

Merci Valérie de votre mise au point qui permet de renouer un dialogue nécessaire. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le constat du phénomène en cours de dévoiement du Droit. Remettre le Droit au service de l’homme est la priorité pour sortir de la crise de civilisation dans laquelle nous sombrons. Vous doutez à juste titre que la démocratie existe encore pour discuter le Droit, l’appliquer et rendre justice à tous les citoyens. L’une des causes du démantèlement en cours de la démocratie est la mondialisation économique et le libre échange. Il faut expliquer ce phénomène pour constater l’imbrication réciproque de l’économie dans l’État de droit et concevoir les moyens de rétablissement de la force du Droit à protéger la valeur humaine dans les limites objectives de la rareté économique.

La mondialisation disperse dans le monde les causes de production économique de la valeur finale pour le consommateur. Le libre échange passe sous silence que tout objet échangé contient le travail et la vie des gens qui l’on produit. En négociant sans contrôle les objets de consommation d’un espace juridique à l’autre, on met en concurrence les droits inégaux entre des États inégalement mûrs à protéger la valeur de la personne humaine. Le libre-échangisme argue d’un état juridique de fait qui n’aurait pas de signification économique pour passer outre en proclamant que les pauvres sans droit peuvent au moins vendre leur travail à des riches protégés par leur système de droits. La crise actuelle montre l’inanité de ce raisonnement et la destruction de valeur auquel il conduit.

La destruction économique de l’État de droit et de la valeur humaine sous-jacente au Droit passe passe par la monnaie et la fiscalité. L’État de droit a un coût économique qui est le prix de toutes les institutions nécessaires à la discussion de la Loi, à son application et à la justice. Je pose l’hypothèse que la monnaie est l’unité de compte des objets économiques en droit ; hypothèse implicitement commune quand la monnaie est présentée comme attribut de la souveraineté des nations sur leur droit et l’économie qui en résulte. A partir de cette hypothèse, la fiscalité peut se définir en langage financier comme prime de légalité souveraine des ressortissants d’un État de droit sur l’économie qu’ils développent par leur respect d’une loi commune.

Vous avez bien compris que je cherche à construire une relation entre État de droit et économie par la finance. Vous semblez également réaliser que la subordination que j’évoque de l’État de droit à l’économie est strictement matérielle (d’où la fiscalité) et qu’elle dépend de la subordination finale de l’économie à l’État de droit. Je cherche à montrer que l’économie disparaît purement et simplement (ce qui est en train de se réaliser actuellement) si elle n’est pas structurée par le Droit qui place l’homme comme fin de l’activité économique. J’ai bien conscience que mon expression n’est pas toujours transparente quant à l’objectif que je poursuis. Voudriez-vous proposer une reformulation juridique rigoureuse de mes propositions si vous en approuvez le but ?

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 16:54

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Principes pratiques de stabilité monétaire mondiale

La finalité du système bancor est unique : produire un étalon de prix international invariable dans le temps. La banque centrale mondiale (BCM) n’a qu’une seule activité : vendre et acheter sur le marché à terme dont les règles sont fixées et s’imposent à elle comme à n’importe quel opérateur. La BCM met de la liquidité à disposition du marché en anticipant la composition de la valeur de l’étalon dans des positions à terme. La BCM est un organe financier de crédit et de compensation qui applique des règles communes. Elle n’a aucun pouvoir politique de discussion ou d’élaboration des règles.

Le capital de la BCM varie selon l’efficacité des gouverneurs à anticiper la liquidité du marché. Responsabilité politique nulle mais responsabilité économique totale. La monnaie internationale n’est plus un instrument de puissance comme l’est le dollar ou l’euro contre le dollar. Le contrôle du système monétaire international et le calcul du capital nécessaire à la couverture des risques gérés par la BCM est dévolu à un fonds de régulation qui achète et vend des options de tous les acteurs qu’il contrôle. Là encore, la règle fondamentale est établie à l’avance : couverture systématique de tous les risques par la négociation de primes sur le marché transparent parce que régulé. Transparence par la séparation absolue des quatre activités fondamentales d’investissement, de crédit, d’assurance et d’intermédiation du prix. Aucun opérateur ne peut négocier quoique ce soit sans être garanti. Aucun opérateur ne peut intervenir sur plus d’un risque à la fois. Aucun opérateur ne peut échapper au contrôle des autres activités financières. La banque centrale et le fonds de régulation n’ont d’autre mission que d’assurer la liquidité en monnaie et en droit.

L’enjeu politique international est circonscrit au maintien de la liquidité sous la surveillance du marché qui participe au maintien de la liquidité en achetant l’intégralité du risque systémique. Tous les intérêts sont alignés par la séparation des pouvoirs financiers et l’intérêt commun à la stabilité systémique. Le bancor opère dans l’espace international une séparation entre le pouvoir financier et le pouvoir politique. Le pouvoir financier est strictement soumis à la Loi que chaque Etat maîtrise en toute autonomie et responsabilité dans son espace de souveraineté. LA MONNAIE N’EST PLUS UN INSTRUMENT DE PUISSANCE mais un instrument du prix réel de la puissance. Si le monde veut continuer à s’autodétruire, il n'a qu'à persévérer dans la guerre des monnaies en se privant d’une monnaie internationale qui soit un bien commun de la concurrence économique régulée par le Droit.

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 10:36

Manifeste pour une refonte du droit des sociétés, Valérie Bugault

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Aligner le droit des contrats de société sur les trois natures de valeur financière

Le juriste cherchant à cerner les limites de l’entreprise par la notion de société et de personne morale ressent le même flottement que l’économiste ou le financier. La société rassemble des personnes physiques qui notionnellement unifient leur décision et leur responsabilité par rapport à d’autres personnes. Mais à part les dirigeants qui incarnent l’unité de décision et de responsabilité de la personne morale, on a bien du mal à dire s’il faut voir les apporteurs de capitaux, les différentes institutions intéressées au fonctionnement de l’entreprise et les salariés qui produisent ce que l’entreprise vend comme intégrés ou différents de la personne morale.

La schématisation de la personne morale d’entreprise par trois natures de contrat répondrait à la lisibilité juridique du risque de la personne morale. Les trois natures explicitées dans la Loi seraient :

  1. le contrat de valeur présente dont le prix ne vaut qu’à la date de signature ou de réalisation par les parties (contrat de cession) ;
  2. le contrat de valeur future dont le prix ne vaut que par rapport à deux dates successives exprimées à l’intérieur du contrat (contrats de crédit) ;
  3. enfin, le contrat de capital dont le prix n’est pas daté dans des termes fixés à l’intérieur du contrat mais daté par la parole des contractants expressément identifiés et accessibles à toute partie ou témoin.

Dans le contrat de capital exécutable dans une durée et indissociable de la tête des contractants entrent le contrat de travail et le contrat de société ou d’association.

Le contrat de capital aurait pour propriété de créer un espace de légalité propre aux contractants. Avec cette typologie des contrats, le contrat constitutionnel vient chapeauter la loi d’un pays ce qui suppose que le contrat organise la discussion de la Loi entre les citoyens. La loi constitutionnelle instaure le contrat général et le contrat particulier dans lequel se trouve le contrat de capital qui implique donc l’organisation de la discussion d’une loi particulière et spécifique entre les contractants selon l’objet commun de leur contrat. Le contrat de capital est nécessairement licite par rapport à la loi générale puisque les personnes physiques sont elles-mêmes dans leur être public la représentation authentique du contrat.

Le contrat de capital se pose alors comme contrat de gouvernement de la valeur à l’intérieur de l’objet qu’il attribue à l’entreprise. Ce contrat doit nécessairement définir l’organisation des relations des dirigeants avec le travail et avec le capital financier de garantie. Ces définitions spécifient la nature financière des prix associés aux contrats de travail et aux contrats de financement en capital financier. Les conditions définies dans le contrat social dans lesquelles les contrats de travail sont rompus entre la société d’entreprise et ses membres salariés déterminent en effet le risque économique encouru par les salariés, dirigeants, actionnaires, créanciers et partenaires (stakeholders). Idem pour les conditions définies de désignation des dirigeants, de leur contrôle par les apporteurs de capital financier et de prise en charge sur ce capital des pertes sur les contrats de crédit.

Le financement du contrat de capital fondateur d’une société d’entreprise détermine le mode de valorisation de l’entreprise en fonction des prérogatives qu’il accorde aux « capitalistes », aux dirigeants et aux salariés. Précisément il détermine la part de risque que contient la mesure financière du capital. Si l’apport en capital financier limite la responsabilité des capitalistes, les pertes de l’entreprises résultant de la possible incompétence des dirigeants retombent sur les créanciers et sur les salariés. Il en doit découler des pouvoirs de contrôle renforcés des créanciers comparables à ceux des actionnaires. Si l’apport en capital financier ne limite pas la responsabilité des capitalistes, l’incompétence des dirigeants pèse en priorité sur les actionnaires qui doivent combler les pertes sur le prix de l’entreprise par des apports nouveaux en capital. Le prix en capital de la responsabilité dirigeante est de nature illimitée comme dans les sociétés civiles et en commandite actuelles.

La différenciation explicite du contrat de capital par rapport au contrat de cession et au contrat de crédit pose une obligation de rationalité de la responsabilité dirigeante par la loi interne de la société d’entreprise. Le prix de l’entreprise mesuré dans le capital versé ou accumulé par l’activité sociale s’articule explicitement avec les règles de gouvernance du risque économique et avec la capacité personnelle des dirigeants à les mettre en œuvre sous le contrôle du capital. Il en résulte une rationalisation du risque de crédit financier par la loi générale et les lois spécifiques adoptées par les entreprises. La responsabilité définie des dirigeants explicite la propriété du risque économique, donc des profits et pertes qu’il entraîne, entre les actionnaires, les dirigeants, les créanciers et les salariés.

La classification financière des contrats en trois degrés de réalité et de certitude est de nature à mettre fin au « pile je gagne, face tu perds » que capitalistes et dirigeants de sociétés anonymes font peser sur la société civile, les créanciers et les salariés.

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 23:18

Comment furent autorisés les paris sur les fluctuations de prix ?

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Comment ne pas spéculer sur ce qui n'existera jamais

Il y a en fait deux types de vente à découvert ; le pari économique et le pari financier nu. Ces deux cas n’ont jamais été bien distingués ce qui brouille le débat sur la régulation de ces opérations. Le pari économique s’adosse à la réalité engagée par un acheteur ou un vendeur. Le pari financier nu est la promesse d’un prix sans obligation vérifiable d’en produire la contre-réalité à l’échéance.

Le pari économique contient l’anticipation d’une réalité future associée à un prix négocié au présent. Le pari économique peut être financé par une évaluation de la vente à terme réelle effectuée par un opérateur financier qui n’a pas d’intérêt dans la réalité vendue à terme mais uniquement dans son prix. Dans le cas du pari économique réel, l’anticipation de la réalité s’adosse à l’anticipation du prix. Cet adossement vaut si l’intérêt du financier est que son anticipation colle à la réalité sans que le financier puisse manipuler la réalité, c’est à dire laisser croire ce qui ne peut pas être et que personne ne peut voir. Pour que cet intérêt soit réel il faut que le financier soit obligé par la livraison de la réalité et que cette réalité ne dépende pas de lui. Ainsi le vendeur d’un prix à découvert doit être cautionné par un acheteur de la réalité qui fournira cette réalité si le vendeur du prix n’est pas capable de la livrer.

La création des agents de change en 1823 a eu pour but de vérifier systématiquement la provision ou la garantie des ventes à découvert des titres de dette publique. L’organisation d’un marché délimité garanti par des agents de change enregistrés a permis de signifier à tout acheteur à terme qu’en se portant contrepartie d’un vendeur à terme hors du marché réglementé, soit il se rendait complice d’une position nue destinée à être rachetée avant l’échéance juste pour produire une fiction d’intention, soit il s’exposait à ne pas recevoir les titres à l’échéance de la transaction découverte, c’est à dire non garantie par les agents de change.

Le métayage financier proposé par Paul est le moyen concret d’interdire les paris financiers nus. Un vendeur à découvert doit nécessairement être un métayeur du sous-jacent de la vente tandis que le métayé en garantit la réalité. Le métayeur vend un prix à découvert parce qu’il garantit le métayé qui en produit la contre-réalité. Le vendeur à découvert qui ne présente pas le métayé qu’il garantit se révèle explicitement comme manipulateur du marché et doit pouvoir être mis en cause devant un tribunal par n’importe quel intérêt public ou privé témoin ou victime de la manipulation.

Pour que le contrat de métayage financier (classiquement appelé option) produise le prix économique du risque de la réalité à terme par rapport au prix à terme, il faut que le contrat soit déposé afin d’être visible par n’importe quelle contrepartie potentielle de la vente à découvert. La part du métayeur sur le prix de la réalité à terme (adossée au prix financier vendu à terme) est la prime de risque de la vente à terme qui couvre la réalité de la transaction. Je n’ai pas fini de lire Le prix et parle donc sous le contrôle de Paul. Le métayage financier implique que le métayeur assume les défaillances du métayé à livrer la réalité.

Le principe actuel du marché déréglementé est de rendre les statuts de négociation non contrôlables et de les dissocier de leurs obligations de réalité. Les rapports de force sont arbitraires et dispensés de toute justification. La réalité est un alibi masqué dans des engagements verbaux non vérifiables par une activité tangible de production. La réglementation ne signifie pas qu’on décide à la place des gens mais que les décisions individuelles engagent une réalité tangible collectivement vérifiable. Ce billet de Paul montre la terrible régression cognitive dans laquelle nous sommes tombés par rapport au XIXème siècle.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 18:00

Argent : on a perdu le mode d'emploi

Les principales réponses aux commentaires déposés sur le Blog de Paul Jorion sont ici reprises


Qu'est-ce qu'un marché financièrement efficient ?

@VB

La régulation active de l’offre et de la demande est le résultat d’un marché organisé où les intérêts sont explicites et transparents.

« Soit les prix sont libres soit ils sont imposés ». Vous décrivez la situation actuelle du marché international virtuel ; un marché de pur concept sans réalité. Vous expliquez bien ce que c’est : « des transactions totalement hors sols et dans un contexte de liberté totale de créativité financière ». Les prix financiers internationaux sont des prix d’objets virtuels ; comme si j’allais au marché aux fruits où mon marchand a le pouvoir de me vendre un melon qu’il transmute en banane dans mon panier parce que cela lui revient moins cher. Goldman Sachs a semble-t-il aidé le gouvernement grec à émettre de la dette en habillant les comptes publics pour que le prix du risque grec ne soit pas trop élevé.

Le vrai marché est un contexte qui dit ce qu’on négocie. Un vrai marché financier est un contexte qui détermine la substance d’un contrat identique à elle-même de l’origine à l’échéance. Il n’est pas question d’administrer les prix mais de déposer l’objet négocié chez un tiers de négociation. Sans ce tiers, le marché est une fiction. L’objet négocié derrière le prix est à la merci des parties qui changent librement le sens du prix. Dans l’espace financier international, le concept-même de marché est une propriété privée des opérateurs financiers. Ils fixent leur propre loi, font leur propre police et concluent à un état de droit en oubliant qu’ils en sont propriétaires.

Le « marché financier international » est au mieux un régime de dictature éclairée. Le vrai marché est une démocratie économique. L’offre et la demande y sont libres par l’existence d’une loi identique pour tous à laquelle toute personne se conforme y compris l’autorité publique chargée de la police. Le tiers financier de marché incarne l’État de droit. Il est nécessairement actif pour maintenir les négociateurs dans leurs limites : celles de la stabilité de l’objet qu’ils offrent ou demandent. Si les objets financiers ne sont pas stables, les prix sont volatiles et les sujets eux-mêmes de la négociation deviennent l’enjeu négocié. C’est le règne de la prédation.

Alternative politique inacceptable

Ma réponse à VB peut-elle vous éclairer ?

La course au profit rapide et facile est actuellement possible dans l’espace international par l’absence de marché formé par égalité devant une loi identique pour tous. Les objets sous-jacents aux prix sont transformables à la discrétion des opérateurs financiers. La liberté sans régulation dissimule l’anarchie, la lutte de tous contre tous où les plus forts triomphent.

Vous soulignez justement que l’anarchie n’est pas la démocratie. Les monnaies qui servent à compter la matérialisation du Droit en biens économiques sont en train de disparaître en tant qu’unités de compte. L’alternative présente est bien dans un affrontement entre la démocratie dans des cadres nationaux ou l’anarchie dans un cadre international. Si les États nationaux ne parviennent pas à créer un marché international régulé par un droit multinational minimal, il faudra choisir entre la disparition des démocraties ou la disparition du commerce international.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 15:17

Gestion actif-passif, gestion des risques, les commentaires d'un consultant spécialisé : Gilbert Issard

Réformes prudentielles en cours : le discours en contradiction avec une réalité non reconnue


Les réformes sont en discussion entre les Etats et les autorités monétaires pour sortir de la crise de solvabilité et de liquidité. La solvabilité du système financier sera renforcée par le relèvement des normes de capital obligatoire pour recevoir des dépôts et consentir des crédits. La liquidité des banques sera garantie par l'obligation de détenir des réserves d'actifs dont le prix soit peu sensible aux fluctuations du marché et de la conjoncture économique. Les nouvelles règles sont consignées dans le projet de réglementation internationale dit de Bâle III.

Les bases fausses de la finance sans le Droit

L'examen technique de l'organisation du système financier débouche sur la même problématique étudiée sous l'angle moral, juridique et économique. Il existe une continuité logique entre l'exécution et l'organisation concrètes des activités financières et la philosophie qui structure leur cadre réglementaire et leur régulation. Cela peut paraître évident ; mais à examiner concrètement les choses, on découvre des contradictions profondes entre les règles appliquées ou envisagées et les finalités réelles de la finance.

Financer, c'est mesurer en risque et en crédit le prix futur des objets économiques à produire et à vendre. C'est-à-dire, échanger et mettre en commun des règles d'anticipation de la rentabilitéfuture des investissements. Comme on ne connaît pas le futur avec certitude mais que néanmoins on décide de produire des objets de valeur qui répondent à nos besoins, l'activité financière consiste à échanger les appréciations de la valeur dont la production est engagée en intelligibilité de la matérialité physique. Les uns empruntent ce qu'ils sont sûrs de produire tandis que les autres achètent la plus-value sur le surplus de production probable après remboursement effectif des emprunts. Il y a donc du fait de l'engagement de la production économique sur le futur, un marché de la mesure en crédit des objets d'investissement et un marché du risque de non-réalité à terme des mesures en crédit. Le marché du risque est en logique, s'il ne l'est en pratique, le lieu d'échange de la probabilité de réalisation concrète de la valeur prêtée en crédit

L'impasse logique dans laquelle la crise actuelle nous place par rapport aux réglementations en vigueur et à venir, est qu'il est intellectuellement impossible et concrètement stérile de mesurer la valeur probable future des biens économiques sans s'engager à assumer en réalité les erreurs de mesure. Autrement dit, il n'y a pas de crédit sans option financière : l'acheteur du nominal dispose de la mesure en certitude ; l'acheteur de la prime dispose de la mesure en incertitude ; le vendeur de l'option acheteur de l'incertitude du nominal dispose de la prime pour couvrir la non-réalisation possible par l'acheteur de la mesure nominale qu'il a vendue. Le nominal d'une option est un crédit ; et il n'est pas de crédit sûr qui ne soit le nominal d'une option.

Les choix non assumés de l'économie mondialisée

Si faire crédit, c'est choisir un critère de la valeur future et en assumer la réalité du risque, quel sens cela a-t-il de réguler les agences de notation séparément de tout acheteur de prime ?

  1. Maintenir l'opacité du marché du risque pour garantir les bénéfices de quelques initiés.

  2. Dispenser les banques centrales et les Etats d'assumer le coût financier de leurs possibles erreurs de régulation du crédit.

Quel sens cela a-t-il de restreindre par des ratios arbitraires la transformation de la liquidité financière par le système bancaire ?

  1. Faire porter par les banques le coût en activité économique réelle de la politique de facilité monétaire nécessaire au refinancement des déficits publics,

  2. Dispenser les banques centrales et les États de coordonner leur émission monétaire et leur régulation par des principes universels concertés de solvabilité publique et privée.

L'effondrement conceptuel du système financier international est le résultat de la mondialisation sans État de droit. Sans règles communes adoptées par les opérateurs internationaux et grâce à la création monétaire internationale non régulée, la masse mondiale des crédits a enflé sans que les primes de risque correspondantes soient exhaustivement achetées. Les pertes latentes se sont accumulées dans les bilans financiers des banques et des Etats. Il est désormais évident pour beaucoup d'agents économiques que l'économie réelle ne couvre plus la mesure vendue de sa production future. Les échanges réels se ralentissent à cause de la crainte de défaut d'un gros débiteur qui mettrait en péril une zone monétaire et tous les engagements financiers qui s'y mesurent.

L'absence ou le défaut de régulation actuel est la confusion permanente entre les objets réels d'investissement, leur mesure en valeur de crédit et le risque qu'ils comportent s'il existe un véritable engagement de rembourser ses dettes dans les échanges internationaux. Un principe simple de régulation serait la formation d'un marché par des négociateurs identifiables et engagés dans des règles communes de mesure de la valeur. Une règle fondamentale accessible à toute culture est de garantir tout crédit par la vente de sa prime d'option sur un marché transparent où les offres de prix sont mises en concurrence sur des informations standardisées déposées dans le marché.

 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 11:30

Harry Dexter White (à gauche), assistant du Secrétaire au Trésor américain et Keynes, les deux négociateurs en chef des accords de Bretton Woods. Keynes n'est pas parvenu à convaincre les États-Unis de la pertinence du bancor.


Un projet d'édition : Économie de vérité

Synopsis


L'auteur de ce blog s'est replongé dans l'oeuvre de Keynes pour argumenter une analyse de la crise qui intègre l'Etat de droit et la monnaie. Les échanges économiques sont un fait de la société des hommes avant toute théorie et toute technique de calcul financier. La régulation financière mise en cause dans le désordre actuel s'exprime par des principes abstraits toujours discutables mais aussi par ses effets concrets. L'économie est régulée quand l'avoir est accessible à tous et quand tout le monde peut en avoir pour son argent. Comme à l'époque de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, la croissance de l'avoir est durablement compromise dans les pays les plus développés et la mesure monétaire des équilibres de l'offre et de la demande ne fournit plus d'indications fiables sur la valeur réelle sous-jacente.

L'auteur de ce blog s'est interrogé dans un ouvrage à publier sur l'Etat de droit nécessaire à une mesure efficiente des prix dans l'économie mondialisée ; une mesure qui guide effectivement les décisions d'anticipation financière de la valeur dans un marché mondial ouvert à la satisfaction de tout homme. Vos réactions seront appréciées pour mener à bien le projet d'édition.

La mesure financière a perdu son objet

Trois ans après les prémices de la crise des subprimes, la profondeur historique des dysfonction­nements de l'économie mondiale se révèle avec évidence. L'effondrement des anticipations financières est apparemment stoppé mais l'économie concrète se dérobe actuellement dans tous les pays développés. Le fait inédit depuis la deuxième mondiale est la conversion massive des pertes des opérateurs financiers en dettes publiques non intégrables dans les anticipations de marché. Le renflouement des débiteurs en défaut a évité la comptabilisation et la répartition des pertes sur les opérateurs qui continuent de produire de la valeur réelle invérifiable. Les États et banques centrales garantissent tous les débiteurs systémiques indépendamment de leur solvabilité réelle qui n'est plus mesurée. Pour continuer d'agir sur les marchés, il suffit d'emprunter au plus grand nombre possible de créanciers pour obliger implicitement la puissance publique. Le système financier vend massivement du risque en spéculant sur la mesure factice de l'économie réelle ; la puissance publique rachète massivement le risque non mesurable par une dette publique non évaluable par le marché.

Force est de constater que la Loi fait défaut à réguler le calcul économique. La signature des États ne s'appuie sur aucune anticipation financière que les marchés puissent matériellement vérifier par une offre et une demande véritablement mesurable ; le bilan des banques centrales est inexplicablement proportionné à la mesure de l'activité économique réelle ; les institutions financières ne transforment plus la liquidité apparente en investissements ; la production de biens et services réels ne trouve plus les financements que la demande réelle est prête à lui acheter. Comme dans les années 1930, la dégradation brutale visible de la conjoncture est illisible par les agents économiques. L'observation des prix réels et financiers ne dit rien de l'offre et de la demande solvables. Les outils d'analyse économique sont explicitement en défaut.

Depuis 2007, États et banques centrales soutiennent nominalement la croissance par le déficit budgétaire et la facilité monétaire. La communauté de mouvement évite les positions d'arbitrage explicites entre grands États et leur zone monétaire. Les masses monétaires donnent l'impression que l'activité réelle se reprend et les parités monétaires restent relativement stables en l'absence d'argument fort de spéculation. Mais derrière la mesure financière nominalement stable, l'économie réelle se transforme et se détériore dans les zones monétaires de réserve dont la monnaie est unité de compte internationale. Parce que ces monnaies sont des outils de transaction et d'épargne internationale, leur parité surévalue le prix international de leurs réalités non financières ; l'émigration de l'activité économique dans les pays émergents n'est plus tenable dans les sociétés développées. L'économie se financiarise dans les zones monétaires de réserve pour se réaliser dans le reste du monde.

Crise de civilisation, anomie internationale

Les sociétés et États développés sont en désagrégation. Noyées dans la liquidité nominale, les sources de valeur réelle ne sont plus identifiables et se trouvent en sous-financement pendant que les pays émergents accumulent des réserves de change dont la valeur réelle est de plus en plus hypothétique. La cause de la crise est la disparition de toute régulation financière et monétaire : les prix financiers ne traduisent plus la réalité dont la valeur de mesure n'est pas définie dans l'économie mondialisée. Toutes les règles verbalement affirmées de solvabilité sont abolies en pratique. Les États et institutions privées empruntent sur le seul critère de la puissance matérielle. Le principe d'égalité des droits se nominalise ; tout emprunteur ou épargnant petit par sa surface financière est exclu du marché ou soumis à des conditions léonines sans rapport avec la valeur réelle relative de ses engagements. La croissance réelle mondiale est vraisemblablement négative ; en dégradation lente mais durable, ou rapide et catastrophique

Nous sommes dans une crise de la science économique et du droit financier. La théorie keynésienne méconnue de l'État, de la monnaie et de l'économie en fournit la trame d'explication. L'intuition en est déjà présente par l'application actuelle des prescriptions keynésiennes de relance budgétaire et monétaire. Mais l'interprétation actuelle de Keynes est instable par l'incompréhension de sa théorie de la monnaie ; une théorie posant l'ordre public de la Loi comme préalable à tout calcul financier. Tout le matériel financier est disponible d'une anticipation économique de croissance véritable et consistante par la mesure monétaire. Mais il manque un pilier essentiel : l'État de droit mondial ; non pas un gouvernement politique mondial mais une gouvernance financière mondialisée. Exactement la proposition des Britanniques à Bretton Woods que les États-Unis avait écartée afin d'imposer le dollar dont ils croyaient garder la maîtrise.

Toutes les zones monétaires de réserve ont perdu la maîtrise de leur monnaie par l'impossibilité de réguler les échanges économiques. Le recollement de la monnaie à la réalité impose la constitution d'une société financière mondiale des États nationaux. Elle transformerait la partie internationale du système bancaire actuel en système du bancor régulé par une Banque Centrale Mondiale (BCM) et une Banque Mondiale de Contrôle Financier (BMCF). Le nouvel étalon monétaire de calcul économique serait indépendant des politiques nationales. La clé du miracle serait la définition juridique de la monnaie internationale comme nominal international d'option de mesure constante dans le temps de la valeur économique. De cette seule définition mise en œuvre par un système monétaire international (SMI) exclusivement dédié à l'émission d'une unité de mesure constante de la valeur réelle découlerait une régulation naturelle, logique et matérielle des échanges internationaux de tout objet de valeur.

Dilution des autorités de droit, disparition des monnaies

La nature optionnelle de la monnaie peu évidente à l'époque de Keynes l'est totalement aujourd'hui dans un régime de libre circulation des capitaux. Elle découle de son utilisation comme unité de compte de l'échange marchand. Tout marché effectivement fondé dans le Droit permet le règlement des échanges étalé dans le temps, c'est à dire le règlement en crédit matériellement compté en monnaie. Le crédit est délai de paiement accordé par le vendeur à l'acheteur ; également reconnaissance sanctionnée par une autorité politique de la capacité d'une personne à ne pas produire immédiatement la matérialité physique de la contrevaleur d'un échange. Trois causes sont nécessaires à l'existence de la monnaie : la production de réalité physique par un vendeur, la promesse verbale engagée par un acheteur et la Loi appliquée par une autorité publique de produire réellement la contrevaleur à terme de toute promesse. La responsabilité publique établit l'équivalence des promesses quantifiées en droit des réalités physiques et de leur mesure métaphysique.

La difficulté moderne à penser toutes les conséquences pratiques de l'État de droit a conduit la science économique contemporaine à négliger la Loi sociale et politique à l'origine de la rareté de la valeur matérielle. Toute société dirige par ses lois les comportements humains vers des activités dont elle juge la valeur acceptable pour la collectivité. Les expressions verbales de la Loi sociale sont la seule structure de la valeur anticipée en l'absence de la matérialité palpable des objets à produire. La mesure monétaire de la valeur future est la présomption d'un objet matériel avant son existence physiquement constatable. Tout aussi fondamentalement, elle affirme un motif licite de valeur sans réalité physique immédiatement vérifiable. L'option sous-jacente à un crédit de monnaie appartient aux emprunteurs de son pouvoir d'achat. L'emprunteur de la monnaie choisi de produire des objets certains de valeur, définis comme tels par la société avant d'être physiquement matérialisés.

L'actuel système politique et financier ne comprend pas les conséquences de l'inexistence réelle d'un État de droit dans les échanges internationaux. Une vision purement matérialiste du marché s'est imposée dans l'espace international. L'offre et la demande sont désincarnées par l'absence de définition commune du sujet humain de la valeur. Les obligations financières des parties internationales sont librement interprétées quant à la liquidité du risque et du crédit échangés. L'immatérialité physique des objets financiers permet de virtualiser leur domiciliation là où les conditions légales et matérielles sont les plus favorables au vendeur de la mesure par rapport à son acheteur fournisseur de la réalité finale. Contrairement au discours idéologique, il n'y a pas de vrai marché international faute de définition et de mise en œuvre communes des droits et obligations financiers des sujets de l'échange. La finance internationale est littéralement une anarchie exposée à la tyrannie des puissants. Le risque non mesurable est l'absence de vrai marché.

La monnaie originée dans le choix de la Loi du bien public

La monnaie est nominal fondamental de toute option financière : acheteur et vendeur choisissent une certaine mesure de leur échange plutôt qu'une autre ; acheteur et vendeur décident de se soumettre à une même Loi ; leur choix est de valeur incertaine quant à la satisfaction qu'ils en tirent et quant à la capacité de l'autorité publique émettrice de la monnaie à garantir l'identité de leur droit malgré leurs différences d'intérêt. De l'option financière de la monnaie découle la mesure en crédit de tout objet nominal défini dans le droit que toute monnaie matérialise. Pour qu'il en soit réellement ainsi, il ne suffit pas de libeller la monnaie d'une transaction : il faut la porter à la connaissance de l'autorité régulatrice de la monnaie, celle qui assumera l'éventuel écart entre le sous-jacent réel de la masse monétaire émise et sa mesure nominale. Cette nécessité logique impose la délimitation des marchés par la monnaie utilisée et la transparence de ces marchés à leur autorité de régulation. L'hyper-réglementation ne compense pas l'opacité du marché non référencé par son unité de compte juridique.

La conséquence de la monnaie reconnue comme option dans les échanges internationaux est la structuration des marchés selon le droit y applicable et l'autorité de régulation y responsable. Tout objet financier est interprétable dans une seule nationalité de droit dont l'application ressortit à un seul système de régulation sous une même autorité arbitrale. A l'intérieur d'un marché défini par la nationalité du Droit qui le régule, le risque devient clairement séparable du crédit. Un objet de financement est sous-jacent de sa mesure en crédit. Associé à sa prime de risque de crédit, il est sous-jacent de l'option d'une monnaie régulé par une autorité publique identifiée. Par la réalité du marché régulé en droit, l'option transforme le droit des parties négociantes à l'objet de valeur : en crédit payable à terme, en prix certain immédiatement disponible et en prix incertain immédiatement réglé contre le risque de non-règlement à terme du crédit. Le crédit sûr est nominal d'une option de valeur achetée au propriétaire de son risque. Le risque est par nature une prime d'option monétaire dont la nationalité définit en droit à qui elle peut appartenir et comment elle est négociable par le marché.

La conjoncture actuelle réunit trois menaces sur le calcul financier en monnaie. Deux sont anciennes : d'une part, la puissance publique endettée peut modifier la mesure de ses obligations en changeant la définition légale des objets de la valeur ; d'autre part, la réalisation matérielle physique de la valeur anticipée dans le crédit peut rester partielle par la capacité de certains emprunteurs à imposer leurs prix indépendamment de la réalité négociée. La troisième menace est revenue au premier plan par les effets de la mondialisation : aucune puissance politique n'impose plus sa loi dans la mesure des échanges internationaux. En l'absence d'un critère commun de la valeur vraie, la production de fausse valeur est acceptée en pratique pour jouer avec le droit de ses concurrents internationaux. En l'absence d'obligation d'achat des primes de risque à l'origine des opérations financières, les pertes de crédit à l'échéance retombent sur des prêteurs ou sont rachetées par des États. L'ampleur du phénomène le rend désormais insoutenable.

Marché de la réalité engagée dans la valeur humaine

La condition d'existence de l'option est le marché où se confrontent les sujets de valeur égaux en droit ; un droit qui définisse toutes les limites formelles des objets échangeables. Le marché non régulé par un même État de droit est une fiction économique par échange inégal du risque. L'État de droit sans expression par le marché est une fiction nominale de réalité ; l'échange des objets physiques de la valeur ne respecte pas l'équivalence à terme du risque et du crédit avec le comptant. Sans égalité devant le risque, il n'y a pas de droit ni de vrai marché. Le marché des monnaies actuel est virtuel qui confronte l'offre et la demande de valeur réalisables par des nationalités différentes de droit. Sans un principe international de régulation accordant une définition universelle unique au nominal des options de change, le marché est virtuel par l'inégalité non reconnaissable et non mesurée des droits entre les parties.

Le vrai marché n'est pas seulement un réseau de flux physiques et financiers mais une société de sujets responsables dans la durée de la valeur échangée. L'option construit la solidarité de la valeur entre trois sujets : celui qui prête le crédit sous-jacent à l'option, celui qui achète la prime de l'option et celui qui produit la valeur réelle contrepartie du crédit à terme de l'option. L'utilisation financière spéculative de l'option méconnaît le rôle du producteur réel de sa valeur. Les intermédiaires financiers peuvent ainsi cantonner la négociation entre l'acheteur de la mesure en crédit et l'acheteur de la prime. Le tiers arbitral responsable de la réalité de la valeur négociée disparaît, celui qui répond de la mesure du nominal par une réalité qu'il doit produire ; qui répond aussi de la mesure de la prime qui délimite le risque encouru par le propriétaire de la prime.

La vraie option de la valeur contient une probabilité de réalisation qui engage le gérant de son objet dans la production réelle de valeur dans l'exacte proportion de la mesure en crédit vendue au prêteur du nominal. La plus-value vendue à l'acheteur de la prime doit être l'anticipation mesurée de la moins-value possible sur le crédit ; aucune plus-value ne doit exister qui n'ait été possibilité d'une moins-value d'égal montant à l'origine de l'anticipation. La moins-value ne peut être qu'une valeur effectivement réalisée inférieure à la mesure promise à l'origine par le crédit. La plus-value de l'option est le résultat de la prudence. L'option est principe incarné de responsabilité de la valeur présente et future mesurée dans la réalité de tout objet. Le maquillage des options en produits dérivés est une astuce linguistique et mathématique pour produire une mesure soi-disant sûre du risque. Elle élude la responsabilité de son gérant et la transformation financière des mesures en réalité comptant. Les intermédiaires financiers négocient en toute liberté des primes et des nominaux sans prendre la responsabilité d'en produire la réalité à terme.

Option monétaire internationale du bien commun

Si les sociétés politiques nationales décident d'assumer leur responsabilité de rendre intelligible le bien commun qui les constitue, elles fondent un droit commun du calcul financier par l'option des monnaies. La négociation d'options par des gérants personnellement responsables devient principe universel de mesure de la valeur de toute décision humaine. La réalité de la valeur propre d'un gérant certifie la transaction du crédit par la transaction de la prime du crédit. Le capital se définit alors comme une prime de risque de crédit à sa souscription et une plus-value sur le remboursement du crédit à son échéance. Même la valeur objective d'un système juridique ou d'une politique publique devient mesurable sur le marché international des options. La division des risques n'est plus un calcul mathématique abstrait mais une répartition de toutes les causes de la valeur entre des gérants identifiés d'objets réalisables. Tout objet anticipé de valeur est couvert par la gestion effective de sa réalité, la mesure de son crédit et la propriété de son risque. Pour que le risque de crédit soit vraiment couvert, il faut que le propriétaire du capital soit indépendant de son gérant, matériellement et formellement.

Dans un vrai marché international organisé par la responsabilité financière personnelle, l'option s'applique tout autant à l'intérêt public qu'à l'intérêt privé. Tout intérêt est identifié par le marché dans un droit transparent et public ; géré par un responsable public garanti par ses biens privés ou par une prime d'option de son engagement personnel ; et contrôlé par un actionnaire publiquement identifiable, propriétaire de la plus-value parce que responsable sur ses biens privés. La responsabilité de capital est elle-même garantie par le propriétaire de l'option de capital engagé dans la plus ou moins-value du remboursement intégral des emprunts du gérant. Un gérant a nécessairement une responsabilité publique garantie par son patrimoine privé physique et métaphysique personnel. Une société politique régie par le droit de l'option ne souffre aucune promesse de valeur dont la mesure ne soit garantie par une chaine d'achat de la prime de toutes causes identifiées de sa réalité à terme. Les erreurs de calcul du futur ne sont pas dissimulées par les mathématiques ni logées dans des véhicules juridiques sans propriétaire capable. Toute erreur est achetée en droit de son objet sous-jacent par des opérateurs de marché bien identifiables. Le vendeur d'un objet est systémati­quement couvert par le vendeur de sa mesure et le vendeur de la mesure systématiquement couvert par le propriétaire de la réalité délimitée par une caution financière.

Le propriétaire de la réalité ne vend de certitude que couvert sans limite par la répartition dans le marché des primes de toutes les causes de sa certitude. Le marché exprime l'objectivité de la valeur par la réalité des sujets d'anticipation de tout objet de promesse. Un objet financier ne peut pas être exprimé au présent par son existence physique seulement à terme. Le marché est donc nécessaire comme lieu de confrontation publique des sujets d'offre et de demande de toute prime et de tout nominal d'option. Le marché régulé confronte à la fois les offres et demandes du crédit de tout objet réel de valeur et les offres et demandes de la prime de risque de la mesure du crédit de ces objets. Les engagements négociés en prix du risque et prix du crédit d'un même objet sont enregistrés par le marché jusqu'à l'échéance des contrats. Le vrai marché est mémoire collective de la valeur. Le gérant de l'objet de l'option doit effectivement en fournir la réalité ; l'acheteur de la prime de crédit doit effectivement suppléer la défaillance possible du gérant ; l'épargnant doit effectivement récupérer l'exacte mesure de son pouvoir d'achat à l'échéance convenue.

Le bancor, nominal d'une option de droit transnational

Un tel marché international de l'option définit matériellement la valeur conventionnelle d'un étalon international de la mesure financière. Le bancor est la subdivision unitaire du total nominal de toutes les positions nettes d'options d'objet à terme négociées dans le marché régulé du SMI. La régulation internationale repose sur un marché des quatre classes fondamentales d'option de la valeur : liquidité du crédit dans le temps, liquidité du crédit par l'emprunteur, liquidité du crédit des objets assurés et liquidité des prix en crédit. Options portées par quatre catégories d'opérateurs capitalisés indépendamment les uns des autres et en contrôle prudentiel réciproque les uns des autres : les banquiers de crédit, d'investissement, d'assurance et d'intermédiation de marché. Le SMI est monétisation de la régulation financière des quatre natures de cause d'anticipation financière : la compréhension de la valeur par un gérant de la réalité, la mesure d'utilité de la valeur par sa disponibilité effective dans le temps, la sûreté des objets de la valeur par l'assurance de l'entropie physique et le droit de la valeur mesurée par l'intermédiation de marché.

La production de régulation universelle par la structure optionnelle du marché en bancor est arbitrée par un gérant central de la liquidité quantitative (BCM), un gérant central de la liquidité qualitative (BMCF), la société multinationale des États de droit actionnaires du système et les opérateurs de la réalité engagés en droit transnationalisé. La production des objets sous-jacents aux options est nominalement enregistrée et réellement surveillée par les intermédiaires financiers de marché. Le marché du bancor est une chambre de compensation du crédit sous-jacent aux options dont toutes les primes sont achetées par l'intermédiation du système bancaire. Les primes de change évaluent objectivement dans la transnationalité l'incertitude de la réalité sous-jacente aux monnaies nationales. Les nationalités récupèrent la pleine responsabilité de leur système juridique que les étrangers leur rachètent en toute liberté à leur juste prix.

Le modèle international de régulation financière est librement acheté et vendu par les États nationaux et zones monétaires. Le marché du bancor est un bien commun qu'aucun individu, aucune nation, aucune coalition d'intérêts quelconques ne peut acheter sans s'exposer au prix de la mesure réaliste de la valeur de la société mondiale ; réaliste par la responsabilité de tout sujet à réaliser et couvrir la mesure de ses promesses. Obligation appliquée dans l'internationalité à tous les responsables publics engageant le pouvoir d'État. Toute autorité publique empruntant sur le marché international doit y déposer ses comptes et régler sa prime de risque aux banques d'investissement qui la garantissent. Les seigneuriages sont versés au capital de la Banque Mondiale en garantie de la liquidité de la régulation monétaire internationale ; et recouvrés en plus-value de régulation internationale aux échéances de contrôle multinational.

Régulation financière transnationale par la loi du réel

La monnaie internationale est émise à proportion de la liquidité déposée sous couvert de la régulation de la BCM et de la BMCF en contrevaleur réelle des échanges de production nationale. Les monnaies nationales sont émises à proportion de la juste répartition de la valeur effectivement produite à l'intérieur des espaces de juridiction nationale en échange avec le marché international. La domiciliation de l'épargne et du financement de l'investissement dans le bancor ou les monnaies nationales offre à toute personne de spéculer sur la seule réalité de sa nationalité ou de sa transnationalité. Il n'est plus possible de spéculer sur la vérité de ses propres promesses. Les signes monétaires en bancor se multiplient ou se détruisent selon la valeur réelle sous-jacente aux investissements financés en bancor ou financés dans les monnaies nationales.

Le bancor fonde le risque systémique sur le droit des personnes individuelles et collectives à la responsabilité du réel. L'intégration au SMI est absolument libre mais subordonnée, si elle est engagée, à la production de liquidité en valeur réellement livrable au marché multinational. A partir de sa définition identique dans toutes les nationalités adhérentes, le bancor produit dynamiquement ses normes de solvabilité. Les acheteurs de risque garantissent par leur propre intelligence engagée dans le réel toute mesure du crédit. Aucune mesure n'est garantie par le bénéficiaire du remboursement ou l'utilisateur de sa contre-réalité. Il n'est pas possible en bancor de vendre comme crédit son incapacité potentielle à saisir le réel ou d'acheter comme risque sa propre mesure engagée en réalité du crédit. Il n'est plus possible de contourner par l'internationalité les règles prudentielles édictées par des autorités publiques qui assument financièrement dans la transnationalité leur risque de régulation.

L'objectivité transnationale du bancor est un outil de garantie de la valeur des monnaies et de la réalité de toute dette. Toute banque en monnaie nationale peut couvrir ses dettes en valeur réelle par l'achat aux échéances de son passif de sa prime de crédit (CDS de soi-même contre la BCM) et de sa prime de change en bancor. La couverture de la solvabilité de tout un système bancaire détermine la parité des monnaies dans lesquelles il travaille. Le marché du bancor est par construction obligé de négocier l'équilibre de l'offre et de la demande de la devise qu'il couvre. La libre convertibilité d'une monnaie nationale en bancor implique que des banques et États en monnaie nationale déposent leurs actifs dans des banques de marché et soient crédités d'un dépôt dans des banques de crédit en bancor ; que les banques de marché et de crédit se couvrent de leur propre solvabilité par le placement de leur capital auprès des banques d'investissement en bancor ; et que la liquidité des crédits adossés aux actifs soit couverte par des primes de crédit (CDS) réglées par tout emprunteur en bancor aux banques d'investissement.

Intangibilité de la valeur promise aux épargnants

Les dépôts en bancor d'une zone monétaire sont ses réserves de change et l'ensemble de ses emprunts sont couverts par le marché du risque en bancor. La position nette d'une zone monétaire en bancor est strictement limitée par les capitaux investis en bancor dans l'achat des plus-values à terme du crédit consenti à la zone. Les parités monétaires et les politiques monétaires nationales sous-jacentes sont strictement limitées par les achats de risque des investisseurs en bancor de toute nationalité. L'instauration du SMI bancor fournit immédiatement l'équilibre de la liquidité mondiale par l'achat des risques de tous ses objets réels anticipables. Les États ou banques centrales paient en bancor les primes de change qu'ils estiment pouvoir payer pour défendre leurs objectifs de parité en étalon de stabilité monétaire. Les erreurs passées ou potentielles de régulation, de politique monétaire ou budgétaire sont calculées et achetées par la communauté internationale selon les objectifs nominaux de masse de crédit que les zones monétaires se donnent.

En vendant au marché international une réalité qu'elle ne peut produire dans l'instant présent, une zone monétaire paie la prime dont la communauté internationale estime qu'elle aura à fournir la contre-réalité. En convaincant le marché de l'exacte mesure de ce qu'elle estime pouvoir produire, une zone monétaire paie une prime minimale sur la parité qui rembourse toutes ses éventuelles défaillances dans la durée des ses engagements en bancor. Les zones monétaires souhaitant soumettre au marché la vraie valeur de leur parité autorisent sans restriction leurs ressortissants à convertir leurs dépôts en bancor. La défiance des déposants et des épargnants devient mesurable par les sorties de capitaux indépendantes des flux physiques ; sorties qui dévaluent la monnaie vendue et resolvabilise les emprunteurs domestiques par leur marge potentielle sur le marché international. Les salaires sont exclusivement fixés en monnaie du lieu où le travail est accompli et protégé par l'autorité publique souveraine. Toute épargne de toute nature est par l'existence de l'étalon bancor potentiellement garantie en valeur réelle par l'achat privé ou public de primes de stabilité monétaire.

La possibilité d'existence du bancor démontre à l'instant présent la vérité possible d'une rationalité de la stabilité économique et financière. S'agissant d'une vérité, elle ne peut advenir que par le choix délibéré des sociétés humaines ; en l'occurrence d'au minimum deux sociétés nationales régies par des systèmes juridiques différents qui puissent se mesurer réciproquement en étalonnage de la valeur mondiale. Ce pourrait être la Chine, le Japon et les États-Unis, ou l'Euroland et le Royaume-Uni ou idéalement toutes les nations adhérents à la responsabilité économique personnelle de la valeur du Droit. L'alternative au bancor est l'effondrement probable des dettes publiques internationalisées, des banques qui les financent et de tout le système de paiement international ; donc la régression de l'économie et de la richesse mondialisées à un niveau de risque qui ne mette pas en péril les sociétés nationales.

Rétablir la responsabilité économique de la valeur

La logique de la responsabilité n'est évidemment pas une nécessité de la nature. Les prévisions économiques sont pour cette raison toujours fausses qui ne prennent pas en compte la liberté de choix des agents économiques et les erreurs d'anticipation de la valeur matérielle. En revanche, les raisonnements économiques fondés sur l'éthique de la connaissance partagée de la réalité observable conduisent à des décisions rentables. Une vision modernisée de Keynes peut placer la monnaie au centre d'un dialogue entre États et marché, entre sa forme humaine et sa matérialité physique, entre son existence sociale et son initiative privée. Je me suis efforcé d'en faire la démonstration argumentée et applicable dans un ouvrage dont j'achève la rédaction. Je crois qu'elles permettraient de faire converger les difficiles débats internationaux en cours.

La faillite de Lehman est la faillite du dollar, la crise grecque la faillite de l'euro, l'effondrement en cours du dollar et de l'euro, l'effondrement de l'économie réelle mondialisée. Ces menaces sont évidentes parce qu'il existe une parade : le SMI de Keynes rejeté à Bretton Woods. Un système cohérent et efficace par les développements-mêmes de la finance contemporaine. Les derniers travaux d'épistémologie économique et financière convergent dans la direction de Keynes. Il reste beaucoup d'explications, de définitions et de pédagogie à fournir dans le champ politique. Les pays développés vont devoir se classer selon l'autonomie et la responsabilité qu'ils accordent à la personne individuelle, intelligente et sociale. Seuls ceux qui acceptent la régulation des intérêts privés par la responsabilité publique indissociable de la responsabilité financière personnelle pourront héberger le système bancor sous leur juridiction. Il est vraisemblable que les États développés devront procéder à la nationalisation des systèmes bancaires afin de les restructurer et les rendre régulables par la responsabilité privée. L'homme est à la fois individuel et collectif, libre et en relation.

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Pierre Sarton du Jonchay
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