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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 22:21

Paradigme européen de démocratie financière

Les négociations franco-allemandes sur la constitution de la Facilité Européenne de Stabilité Financière ont opposé deux conceptions de la régulation monétaire. Les Allemands sont attachés à une stricte proportionnalité entre l'émission monétaire par la banque centrale et les anticipations de la croissance réelle. La croissance allemande se décide et se construit au sein de la société par le fonctionnement de la démocratie.

Les Français ont avancé une vision plus volontariste de la monnaie. La monnaie est un instrument du pouvoir politique pour stimuler ou soutenir l'économie. Si la société ne parvient pas à trouver par elle-même les leviers de son développement économique, le risque de l'inflation monétaire mérite d'être courru. Entre visions germanique et latine de la monnaie, l'euro reste pour le moment officiellement du coté de la neutralité politique de la monnaie.

La monnaie outil démocratique du développement de l'économie

La question reste en suspens : existe-t-il un système monétaire qui puisse concilier la rigueur démocratique et la politique active de la monnaie ? Est-il possible de garantir la liquidité des finances publiques par la création monétaire centrale ? Y a-t-il un accord possible entre les conceptions monétaires des Français et des Allemands ?

La conception germanique de la monnaie indexée sur le marché et la conception latine de la monnaie outil de compensation des transactions peuvent se réconcilier dans un système commun de monnaies : euro monnaie commune de politiques monétaires nationales. L'euro est la monnaie de négociation européenne des monnaies nationales coordonnées par une politique européenne de développement.

Les monnaies du système commun européen sont émises comme conséquence d’un marché européen de compensation internationale des échanges économiques et politiques. En l’occurrence, les Européens restaurent des monnaies nationales convertibles uniquement en euro afin de construire la politique monétaire de développement commun.

Le pouvoir libératoire de l’euro serait strictement limité aux transactions interbancaires et inter-étatiques à l’intérieur de la zone euro. Dans tous les États de l’Union Européenne, le pouvoir libératoire des monnaies dans les transactions courantes est alors réservé aux monnaies émises par les banques centrales nationales (éventuellement associées entre pays économiquement et juridiquement homogènes).

L'euro monnaie de régulation financière

A l’intérieur de la zone euro, les États s’interdisent des crédits et des règlements internationaux autrement qu’en euro. Les dettes publiques sont converties en monnaie nationale mais garanties en euro par un marché officiel public de CDS en euro. La conséquence fondamentale de la compensation en euro des monnaies nationales de la zone euro est la couverture de toutes les dettes publiques et privées, bancaires ou non bancaires par les parités de change en euro.

Toute économie nationale surendettée pour une quelconque raison se dévalue en euro. La dévaluation est limitée par la compensation de la prime de change nationale contre les primes de crédit des débiteurs nationaux. Les parités de change internes à la zone euro sont intrinsèquement équilibrées par la solvabilité à terme et la liquidité instantanée. La liquidité résulte de l’ajustement des prix intérieurs à la production effective de biens et services.

La parité en euro est nécessairement déterminée par le crédit intérieur et extérieur alloué à l’offre nationale en réponse à la demande nationale et extérieure. De même la parité à terme compensée en euro est nécessairement en phase avec la solvabilité des agents économiques nationaux. Le prix des erreurs d’anticipation économique des créanciers est imputé sur les primes de crédit en euro souscrites par les garants des débiteurs. Tout débiteur garanti en euro doit rendre des comptes sur son activité réelle afin d’éviter l’effondrement de sa prime sous laquelle il peut emprunter.

L’euro monnaie commune indexée sur un marché européen de garanties de crédit en monnaies nationales non convertibles satisfait les Allemands. Il est impossible d’émettre de la monnaie hors d’un marché de légalité. Elle satisfait également les Français. Les budgets publics sont intégralement garantis : la parité monétaire nationale compensée en euro assure quoiqu’il arrive la liquidité domestique.

Equilibrer les monnaies par la logique

La dévaluation compétitive est sans intérêt puisqu’elle provoque une augmentation des primes de crédit en euro et le tarissement des crédits internationaux et intra-européens. La fuite des capitaux nécessaire à la dévaluation compétitive est légalement impossible à l’intérieur de la zone euro puisque toutes les sorties de capitaux sont tracées dans la compensation en euro. Non seulement les sorties de capitaux sont fiscalisées mais elles obligent à vendre la monnaie nationale contre euro et donc à rembourser les primes de crédit des créanciers extérieurs.

La compensation en euro interdit la dévaluation par des exportations clandestines de capitaux. Les capitaux libellés en monnaies nationales européennes sont inexportables par l’inconvertibilité des monnaies nationales dans la zone euro comme actuellement le yuan en dollar. Les créances des non-résidents sur l'Union n'ont de valeur juridique que libellées en euro. L’euro monnaie commune de monnaies nationales inconvertibles a pour effet de « re-symétriser » tout le système monétaire international.

L’Union Européenne n’utilise plus le dollar à l’intérieur de sa zone monétaire. Les banques de l’Union n’ont plus accès aux liquidités à la banque centrale nationale ou à la BCE si elles utilisent des dollars. La négociation financière en dollar à l’intérieur de la zone euro est inconvertible dans une quelconque monnaie de l’Union sans passer par la compensation commune et par la cotation du dollar en euro selon les règles de droit de l’Union.

La parité de l’euro en dollar est dé-privatisée. La parité du dollar en euro dépend des souscriptions de primes de crédit compensées en euro sur les débiteurs en dollar. Si les débiteurs en dollar sont plus solvables que les débiteurs en euro, le dollar se réévalue. Dans le cas contraire, l’insolvabilité des débiteurs dollar sur des créanciers couverts en euro provoque la dévaluation du dollar. Les mouvements du dollar face à l’euro sont sans impact sur la compétitivité internationale des Européens qui est mesurée par les parités nationales en euro.

Reposer sur le Droit le système mondial des monnaies

L’euro monnaie commune de compensation internationale en droit européen est de fait un étalon mondial de stabilité de la monnaie et du crédit. La Chine peut vendre l’intégralité de ses réserves de change en dollar pour les racheter en primes de crédit euro. Toutes ces réserves sont réinvesties par le système bancaire euro travaillant exclusivement en euro sans relations avec les systèmes bancaires nationaux européens autrement que par la compensation des changes et du crédit en euro.

Les banques en euro investissent dans les monnaies de leur choix mais en droit européen ; c'est-à-dire en se garantissant elles-mêmes par l’émission de prime de crédit sur leur propre capital et sur l’ensemble de leurs dettes. L’investissement par l’euro dans n’importe quelle monnaie produit une information transparente du créancier sur la nature des risques pris.

Les investisseurs chinois disposent en euro de la cotation du CDS sur le Trésor étatsunien comme de tous les Trésors nationaux de la zone euro. Ils disposent également de la cotation de la prime de change de toutes les monnaies du monde en fonction de la transparence en euro des débiteurs.

Le shadow banking et les paradis fiscaux sont privés de liquidités par la compensation publique en euro. La compensation européenne en monnaie commune est par construction un système de transparence comptable et juridique. Tout épargnant ou investisseur international en monnaie non compensée s’expose à l’illiquidité de son dépositaire ou de son débiteur. L’illiquidité d’une monnaie est visible en temps réel par la parité comptant en euro. Toute monnaie n’inspirant plus confiance est instantanément vendue en euro.

Marché mondial de transparence financière

La compensation fait monter la prime de crédit en euro de tous les débiteurs de la monnaie illiquide tandis que la parité comptant s’effondre. L’opacité financière est instantanément sanctionnée en euro par le retrait des créanciers et déposants internationaux de la monnaie opaque. La masse monétaire en euro est la mesure permanente totalement élastique de la transparence financière mondiale.

La hausse des primes de change et de crédit dans une monnaie est sans impact sur les autres monnaies puisque les mouvements sur les actifs réels sont observables séparément des mouvements financiers. L’euro monnaie commune d’un système européen de garantie du crédit opère la séparation entre finance et économie réelle. Séparation inexistante dans le non-système actuel fondé sur le dollar.

Dans le non-système dollar livre sterling, la spéculation financière n’est pas différentiable de la spéculation sur la réalité future incertaine. Dans la compensation en euro germano-latin, il n’est possible de souscrire ou de vendre des primes que sur des transactions portant sur le réel présent ou anticipé. Il est impossible de jouer avec des prix futurs sans s’exposer à payer le prix de ses erreurs d’anticipation. Les monnaies nationales sont alors la cotation en euro de la capacité anticipative réelle des système juridiques nationaux. L’économie financière est de nouveau strictement asservie à l’économie réelle.

Restaurer le paradigme de la démocratie

L’Union Européenne peut annoncer aujourd’hui-même la réforme de l’euro. Elle tue instantanément la spéculation financière ; resolvabilise les États par les dévaluations à venir des monnaies nationales ; et recapitalise ses banques par la réévaluation en euro des portefeuilles d’actifs réels et la dévaluation en monnaie nationale des portefeuilles de créances et de dettes.

Ce programme de refondation de la démocratie européenne doit être mis en œuvre par des gouvernements d’union nationale engagés dans la restauration des pouvoirs politiques au service des peuples. Une fois la démocratie restaurée, les débats politiques plus classiques pourront reprendre sur la meilleure politique sociale, économique, fiscale et budgétaire. Mais le contexte aura radicalement changé par la restauration de la responsabilité politique publique entre des nations différenciées par leur monnaie propre mais solidaires par l’euro.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 16:24

La monétisation des dettes publiques est de plus en plus évoquée comme solution provisoire voire définitive à la crise de l'euro. De quoi s'agit-il ? En temps normal, donc avant 2007, la Banque Centrale Européenne (BCE) émet de la liquidité en euro contre le dépôt de titres de dette publique. Pour 100 de monnaie émise, la BCE réclamait aux banques à qui elle prêtait environ 115 de « collatéral » en dette de la meilleure qualité ; 115 d'une dette qui selon les marchés et selon les agences de notations vaudrait effectivement 115 à l'échéance après paiement du principal et des intérêts contractés à l'origine.

Perte de la monnaie sûre

Adossement de la monnaie au crédit

A partir de la crise des subprimes, la BCE doit faire face à une crise de liquidité du marché inter-bancaire européen. Certaines banques n'inspirent plus confiance du fait de l'accumulation non clairement mesurée d'actifs toxiques dans leurs comptes. La BCE devient alors moins exigeante pour ses allocations de liquidité. Elle abaisse le rapport de couverture de ses émissions par le prix des titres qu'elle prend en garantie.

Depuis 2007, le prix de marché total des titres de dette déposés à la BCE contre le montant des euros prêtés aux banques n'a cessé de baisser. Le prix de marché du collatéral déposé à  la BCE est nettement en dessous de la liquidité détenues par les banques dans leurs comptes de dépôt centraux. Le taux de couverture de l'euro par la dette en euro reste néanmoins au-dessus des taux correspondant pour le dollar ou la livre sterling.

La politique de « quantitative easing » (QE) de la Fed et de la Bank of England a explicitement consisté à racheter sur le marché financier secondaire des titres de dette décotés. Pour 100 de monnaie émise, la Fed et la BoE ont récupéré des titres cotant par exemple 80 pour un nominal de 100. Le QE consiste à émettre plus de monnaie que la valeur probable de remboursement des titres de crédit à l'échéance.

Monnaie de droit incertain

Dans le QE, le critère quantitatif d'émission de la monnaie par la banque centrale n'est plus le crédit certain mais le crédit incertain ; le crédit dont le prix de marché est inférieur au prix nominal remboursable à l'échéance. Depuis le début de la crise des dettes publiques dans la zone euro, la BCE s'est mise au QE par nécessité. Elle rachète des titres publics en dessous de leur valeur nominale pour empêcher le taux d'intérêt propre à l'émetteur de monter ; et pour ne pas enregistrer des pertes dans ses comptes.

Quand un titre vaut sur le marché moins que la monnaie récupérée par son émetteur, cela signifie que les acheteurs potentiels du titre anticipent que la monnaie en général va perdre du pouvoir d'achat ou que l'emprunteur en particulier ne pourra pas rembourser toutes les unités monétaires empruntées. Le taux d'intérêt de marché d'un titre estime à la fois la contrevaleur de la monnaie à l'échéance et le crédit de l'emprunteur.

Le rachat aux institutions financières de dettes publiques de la Grèce, de l'Espagne, de l'Italie et du Portugal par la BCE en dessous du prix nominal des titres en monnaie fait prévaloir la définition juridique de la monnaie sur la valeur empirique de marché. En l'occurrence, l'inexistence juridique du défaut d'un État dans la zone euro autorise la banque centrale à acheter des titres publics comme s'il était impossible qu'ils ne puissent pas être intégralement remboursés.

Monétisation des dettes publiques, quelle finalité ?

Spéculations juridiques et financières

La monétisation de la dette publique est l'affirmation par la banque centrale qu'une unité de compte du prix de la dette publique ne peut pas avoir moins de valeur qu'une unité de monnaie. Autrement dit, les marchés sont réputés se tromper s'ils anticipent une perte de valeur de la monnaie par l'achat de titres publics nettement en dessous de leur prix nominal.

La monétisation des dettes publiques en dollar, euro et livre sterling est un pari sur le fait que le marché n'aura pas le dernier mot quant à la vraie valeur de la monnaie en crédit public. Ce pari affirme que l'utilisation de la monnaie par l'emprunt public est nécessairement efficace ; que la dépense publique ne peut pas produire moins de richesses qu'elle en distribue en monnaie ; qu'il est impossible que l'Etat ne rembourse pas l'intégralité de la richesse qu'il a promise et empruntée.

Du point de vue empirique du marché, la monétisation des dettes publiques permet de jouer avec la parole publique qui dit et applique la Loi. Ceux qui ne croient pas à la capacité réelle des États à respecter leurs promesses vendent des assurances sur le crédit public. Plus la parole publique apparaît douteuse quelles qu'en soient les raisons, plus les vendeurs du crédit public s'enrichissent par l'augmentation des primes de crédit ; primes que les véritables prêteurs achètent quand ils perdent confiance dans la parole publique.

Contradictions et négations

Les partisans de la monétisation des dettes publiques font valoir qu'un privilège d'accès public à la liquidité centrale diminue le taux d'intérêt et par conséquent la charge d'intérêt pesant sur le contribuable et l'économie réelle. Mais l'argument factuellement vérifié cache deux positions contradictoires quant à la logique de régulation des marchés financiers par la régulation de la monnaie.

La première position ne veut pas ou ne sait pas réguler les marchés. Elle affirme qu'il faut réserver l'appréciation du crédit public à la banque centrale qui fournit directement aux États la liquidité correspondante. Mais cela signifie soit que les États déterminent la politique des banques centrales quel que soit l'équilibre final des finances publiques, soit que les banques centrales contrôlent les budgets au-dessus des parlements.

La deuxième position pose une hypothèse de direction publique des marchés. Comme les intérêts particuliers ne sont pas efficients à déterminer un équilibre général des prix comptant et à terme, la puissance publique détermine sa propre capacité d'emprunt en fixant les principaux prix ; c'est à dire en dirigeant l'économie. Les États étant divisés, les marchés doivent être cloisonnés et les prix internationaux fixés par des accords politiques internationaux.

L'économie en conflit avec la politique

Le mode « libéral » de monétisation des dettes publiques soumet la stabilité monétaire à la discipline budgétaire du pouvoir politique exempté de contrainte économique au présent ; ou bien à la planification économique par la banque centrale exemptée du contrôle de la démocratie. La finance non régulée par l'intérêt général continue de faire des plus-values sur les erreurs politiques de la banque centrale ou sur les erreurs économiques du pouvoir politique.

Le mode autoritaire de monétisation de la dette publique casse la spéculation financière en supprimant la libre négociation des prix de l'investissement et du crédit. Comme en Chine, les banques deviennent des administrations publiques. Elles déterminent les prix et la distribution des richesses par l'octroi de crédit selon les priorités et les préférences du pouvoir en place.

Autoritaire ou libérale, la monétisation de la dette publique fusionne le pouvoir politique et le pouvoir financier. Elle supprime la responsabilité financière personnelle du crédit : de celui qui prête, à assumer la possible incapacité de l'emprunteur à tout rembourser ; de celui qui emprunte, à fournir une comptabilité réaliste de sa capacité à rembourser. L'irresponsabilité financière dissocie la parole de la réalité ; elle rejette le coût de l'incertitude et de la démagogie sur les faibles non initiés aux arcanes de la finance.

Système de réconciliation

Compensation publique des primes d'assurance

L'alternative à la monétisation des dettes publiques est la multinationalisation des assurances de crédit ; donc la régulation financière par la compensation publique des primes d'assurance du crédit des États, des banques centrales et des banques. La compensation internationale est déjà pratiquée hors de tout contrôle public à l'intérieur de la gestion comptable des opérateurs financiers multinationaux.

La compensation privée actuellement en vigueur peut être simplement doublée par une compensation publique dans un étalon de crédit multinational ; par exemple l'euro transformé en monnaie commune ou le panier de monnaies du Droit de Tirage Spécial (DTS) muté en monnaie émise par le FMI. Les monnaies libellant les dettes sont alors cotées par les primes de crédit des banques centrales.

Dans une compensation générale des primes de crédit où la monnaie étalon est émise à proportion de l'équilibre des achats et ventes de prime, la parité de change des monnaies en étalon multinational s'ajuste en fonction de la solvabilité de l'ensemble des emprunteurs. Si un État se trompe dans ses anticipations budgétaires ; si une banque centrale se trompe dans l'évaluation de la qualité générale des crédits consentis dans sa monnaie ; ou si les banques se trompent dans l'évaluation de la solvabilité de leurs débiteurs, la monnaie mal gérée est automatiquement dévaluée.

Restructuration permanente des dettes par le réel anticipé

Les ventes de prime dans la compensation multinationale publique indiquent une émission effective de dette ; ou la défiance avérée dans un émetteur de dette ; ou le calcul de la part non remboursable d'une dette à l'échéance. Les trois causes de vente du crédit d'un débiteur ont trois conséquences. Elles informent le débiteur des doutes qu'il inspire avant qu'il n'emprunte davantage. Elles informent le marché de sa capacité à assumer les pertes des débiteurs. Elles informent l'économie des limites présentes de l'anticipation du futur.

Le principe d'assurance efficiente du crédit dans la compensation générale en monnaie multinationale est l'achat réel des pertes de crédit potentielles de tout emprunteur. Dès qu'un emprunteur public ou privé, bancaire ou non, voit sa prime de crédit tomber à zéro, toutes les primes de crédit antérieurement achetées pour garantir le débiteur vont réduire la dette par remboursement anticipé des créanciers.

Les garants d'une dette en monnaie multinationale sont appelés en compensation jusqu'à ce que la réduction de la dette soit suffisante pour que de nouveaux acheteurs de la prime se présentent pour garantir l'encours résiduel. Comme toutes les primes sont compensées sur un même marché, les garants des États limitent leurs risques en vendant la prime des banques centrales et des banques. De même les garants des banques se protègent en vendant la prime des banques centrales et des États ; et donc en faisant baisser la parité de change en monnaie multinationale.

La réalité financière humainement lisible

La compensation en monnaie multinationale crée financièrement trois réalités indépendantes et ajustables là où il n'en existe que deux actuellement en conflit irrémédiable. La réalité de la finance est vouée par l'étalon de crédit multinational à rechercher en permanence l'équilibre entre la réalité de l’État de droit financée par les dettes publiques et la réalité de l'économie des échanges financée par le capital des agents économiques.

Dans l'actuelle organisation financière du monde, les acteurs financiers publics et privés sont autorisés à mélanger la mesure du capital et la mesure du crédit. Les banques et les États dissimulent leur solvabilité réelle en décidant par eux-mêmes ce qui est dans leurs comptes, capital ou crédit. Les banques centrales sont donc aveugles pour émettre de la monnaie contre du crédit vraiment garanti par du capital.

Avec un étalon de crédit multinational compensé infongible dans les monnaies nationales, les souverainetés nationales sont évaluées par la parité monétaire en monnaie multinationale. Les pays maîtrisant leurs finances publiques, régulant leur système financier et exportant des richesses réelles attirent des primes de crédit dans leur monnaie. Alors la finance devient la construction du réel par les droits de l'homme.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 19:24

Sous le paradigme de la monnaie d’option, l’actuel conflit entre les États et les marchés financiers sur l’évaluation des dettes publiques s’analyse par l’absence de principe international commun de régulation du crédit. Les systèmes politiques rivaux restent financièrement non coordonnés y compris à l’intérieur de la zone euro. Cette analyse résulte de la théorie keynésienne de la monnaie qui a été interprétée en dehors du principe de compensation internationale qu’elle contient et qui la fonde.

Le système financier émet de la liquidité internationale sans règle de crédit international. Le dollar couvre sans limite les déficits publics et commerciaux des États-Unis. L’ensemble du monde porte un risque de crédit réel non calculé sur l’économie des États-Unis ; ainsi que sur les autres économies émettant des monnaies de réserve. La dévaluation latente du dollar par le risque de crédit induit une contraction potentielle de la liquidité internationale entrainant une pression déflationniste ; le portage de pertes de crédit latentes sur les emprunteurs en dollar induit la défiance générale dans les anticipations de prix.

La prédation financière analysée

Les produits dérivés, notamment les CDS, sont négociés hors de toute compensation internationale transparente des prix, des primes et des engagements. La spéculation internationale fait varier le prix des primes de crédit et des primes de change des emprunteurs potentiellement insolvables. La masse mondiale de crédits déconnectée des capacités à terme de remboursement de l’économie mondiale crée l’évidence d’emprunteurs surendettés sans qu’ils soient formellement identifiables. L’absence de comptes transparents et mondialement consolidables des relations entre emprunteurs systémiques comme les États, les banques et les firmes multinationales rend l’insolvabilité arbitraire.

La spéculation sur les primes de CDS utilise l’insolvabilité probable mais non avérée des emprunteurs systémiques pour réaliser des plus-values sans contrepartie. Le coût de la liquidité assumé par l’économie réelle est artificiellement majoré. Plus la masse mondiale des crédits diverge de la solvabilité réelle des emprunteurs, plus la spéculation financière est rentable. Les plus-values financières assèchent la liquidité mondiale. La dissipation de la liquidité appelle un endettement qui aggrave la probabilité d’insolvabilité générale ; les primes de crédit montent à la discrétion des banques sans probabilité objective.

L’absence de monnaie juridiquement internationale interdit l’adossement de la liquidité internationale à des actifs vraiment internationalisés. Les opérateurs financiers font circuler les capitaux d’une zone monétaire à l’autre afin de montrer leur potentiel de nuisance sur la liquidité des économies domestiques. Ils attisent les rivalités nationales par des comparaisons de performance sur les différentiels de rendement dont ils maîtrisent l’affichage. Les États surendettés se battent pour la liquidité et renoncent à toute régulation internationale du crédit.

Responsabilité des États

La neutralisation du pouvoir régulatoire des États repose sur l’idéologie de la monnaie objective gérée par des experts réputés omniscients. Les banques centrales déclarées indépendantes sont leurrées à partir des paradis fiscaux où sont dissimulés les liquidités et les risques qu’elles doivent pourtant mesurer pour calibrer leurs crédits au système bancaire. Les institutions financières acheteuses de liquidité centrale interprètent sans risque de contradiction les contrats et règles comptables qui mesurent leurs risques.

L’arbitrage réglementaire et la délocalisation financière (shadow banking) permettent la domiciliation des engagements financiers là où le prix nominal apparaît le plus favorable. L’absence de compensation internationale publique et transparente rend impossible la vérification du droit. L’adossement réel des ventes aux achats n’est pas exhaustif. Le calcul des pertes éventuelles de crédit n’est pas vraiment objectif. La circulation non vérifiable des capitaux flottants induit une croissance du crédit non compensable par l’économie réelle. L’explosion des dettes publiques après la crise des subprimes rend l’imputation des pertes de crédit indispensable entre les États, les banques et les emprunteurs réels ; faute de quoi, la confiance des prêteurs ne pourra plus trouver de fondement.

Pour localiser les pertes de crédit et restaurer indubitablement la liquidité, il faut identifier les emprunteurs et les prêteurs véritables ; mesurer les vraies dettes et les vrais potentiels de remboursement sous-jacents. Toutes ces mesures existent déjà à l’intérieur des comptes publics et privés mais ne sont pas couvertes par des fonds propres suffisants. Sans compensation internationale dans une même unité de compte juridique, les pertes internationales restent cachées. Le système financier se fige dans la falsification des prix réels par les prix nominaux.

Mécanique financière de la compensation des primes

La restauration de la liquidité internationale requiert une compensation des pertes de crédit par le potentiel réel de production de biens et services des emprunteurs et des investisseurs. Elle implique une chambre de compensation multinationale des primes des crédits engagés dans les monnaies actuelles. Primes de crédit des États, des banques et de tout opérateur réel emprunteur ou investisseur international. L’équilibre de la première compensation effective des primes de crédit et primes de change définit un étalon monétaire international ; une unité d’intelligibilité commune des prix cotés en valeur réelle internationale stable dans le temps.

Le but de la compensation est de rendre transparente l’option du prix réel par le prix nominal dans n’importe quelle monnaie. Au lieu d’opérer cette compensation à l’intérieur des bilans financiers internationaux selon des règles hétérogènes, interprétables et finalement opaques, un marché officiel international transparent affiche les prix nominaux par le prix des primes du prix réel à terme. Le prix nominal international passe par une double conversion des monnaies nationales ; d’abord par la prime de change puis par la prime de crédit de l’emprunteur.

La monnaie commune est émise par les appels de marge entre acheteurs et vendeurs primaires issus de la compensation. La compensation porte à la fois sur l’équivalence des droits entre engagements, secondement sur le prix nominal équilibrant les offres d’achat et les offres de vente et enfin sur les primes garantissant les offres d’achat et les offres de vente. Le compensateur de chaque nature d’engagement est acheteur primaire auprès des vendeurs réels, du risque juridique d’erreur sur l’équivalence des engagements compensés.

Le compensateur est garant du droit de l’acheteur final. L’acheteur primaire est garant du prix livré à l’acheteur final. Le vendeur primaire est garant du crédit du prix livrable à l’acheteur final. L’acheteur primaire du crédit est garant du vendeur primaire ; lequel est garant du vendeur nominal emprunteur du crédit.

Le principe de réalité de la compensation internationale est l’interdiction des primes négatives sur des prix nominaux cotés. L’interdiction s’applique au prix à terme d’un objet de crédit et au prix réel comptant à l’échéance de l’objet. L’acheteur à terme est certain du prix réel qu’il paie et le vendeur à terme du crédit perçu sur la vente anticipée par la compensation.

Si une prime apparaît négative sur un prix nominal compensé, alors le vendeur primaire en touche le prix des acheteurs primaires. L’acheteur primaire est investisseur débiteur potentiel en monnaie des pertes possibles à terme au vendeur engagé dans le prix nominal. La prime de crédit négative est une présomption de perte nette sur le crédit : elle est immédiatement imputée sur le garant du crédit. Le prêteur qui n’est pas acheteur de risque de crédit éprouve la certitude visible du prix à terme de son épargne.

Si d’une compensation à l’autre une prime de crédit baisse sur l’échéance d’un même sous-jacent, les acheteurs primaires sont crédités de la variation ; ils assument concrètement le prix du bénéfice de crédit de l’emprunteur aux dépens provisoires des vendeurs primaires qui portent le prix du risque de crédit. Si la prime d’un crédit monte d’une compensation à la suivante, les vendeurs primaires qui avaient perçu le crédit de la prime, reversent la variation de la prime aux acheteurs primaires du crédit. Les acheteurs primaires du crédit augmentent leur débit potentiel à terme.

Stabilisation réciproque des monnaies par le crédit

Acheteurs et vendeurs primaires sont garants les premiers du prix à terme réglé par l’acheteur nominal et les seconds du prix à terme réglé par le vendeur nominal à ses créanciers. Les acheteurs primaires off shore n’ont aujourd’hui aucune obligation formelle vis-à-vis des porteurs du risque réel acheté on shore en monnaie. Dans la chambre de compensation internationale, ils sont soumis à des appels de marge au fur et à mesure d’une dégradation du risque réel. La stabilité absolue des crédits engagés en monnaie internationale implique que la masse monétaire se proportionne aux primes de crédit nécessaires pour couvrir les prix à terme.

La compensation internationale des primes crée la possibilité d’un lien de solidarité réelle entre les vendeurs de risque de crédit (vendeurs de Credit Default Swaps) et les propriétaires de capital garants de la gouvernance des prix en droit de l’économie réelle. La chambre de compensation internationale crée l’intérêt du vendeur de CDS à acheter du capital de l’emprunteur afin de modérer l’endettement selon son appréciation de ce qui peut être effectivement produit. Le vendeur de CDS prudent est obligé de couvrir son risque en effort d’appréciation de la solvabilité réelle de l’emprunteur dont il possède le prix par la prime de CDS.

Dans le cas des États, l’intérêt du vendeur de CDS pour la régulation de la dette de l’emprunteur vendu se manifeste par l’achat de la prime de change de la dette publique. Une prime de change est une prime de crédit sur la base monétaire émise par la banque centrale. L’État garant d’une banque centrale est porteur du risque mesuré par la prime de change.

En faisant coter sa prime de crédit en monnaie internationale, un État oblige les opérateurs financiers vendeurs de son crédit en monnaie internationale à couvrir leur risque par l’achat de la parité internationale de change. Faute de quoi, la perte de crédit international d’un État provoquant la hausse simultanée de la prime de crédit et la prime de change, le vendeur de CDS de crédit public subit un double appel de marge.

L’incapacité d’un État à assumer par son crédit le risque de crédit de l’émission monétaire centrale entraîne des pertes pour les vendeurs effectifs du crédit public et de la parité. La logique de la compensation implique de soutenir la banque centrale qui tient compte du surendettement éventuel des États qui en sont actionnaires ou de soutenir le crédit des États actionnaires d’une banque centrale exposée au risque de dépréciation de son émission monétaire.

La compensation internationale publique transparente des primes de crédit et des primes de change crée un échange de véridicité des comptes des emprunteurs publics et bancaires contre la liquidité internationale fournie par les acheteurs primaires du crédit et du change. La véridicité des comptes publics et bancaires est alors la prime du risque de transparence comptable en droit. La compensation internationale rend la définition du risque et du crédit opposable à égalité aux résidents et aux non-résidents.

L’engagement international de tout investisseur primaire dans le crédit des États et des banques est attractive pour les détenteurs de réserves de change. Ils mesurent en temps réel le risque de crédit sur les emprunteurs et sur les monnaies dans lesquelles ils se placent. Ils ont également la faculté d’acheter les primes pour se couvrir selon leur perception active des risques réels.

Rétablissement de la rationalité économique

La mise en œuvre d’une compensation internationale des risques de change et de crédit et la restauration des monnaies nationales des pays en défaut de paiement sur leur dette publique restaure instantanément la solvabilité des États et des monnaies. Le dollar, l’euro, la drachme et la peseta se dévaluent en monnaie internationale à la parité de change qui rétablit la solvabilité à long terme des États et de tout emprunteur. Les Chinois et autres créanciers nets du monde retrouvent le prix réel de leurs réserves de change par la maîtrise de leur parité en monnaie internationale et la réévaluation marchande de leur parité dans les monnaies surendettées.

Par la compensation internationale des risques, l’Union Européenne est en mesure de restructurer ses budgets, ses dettes et ses monnaies sans détruire la croissance réelle. Les salariés devenus non compétitifs à cause de la parité artificielle de l’euro sont remis au travail. L’euro n’est plus une monnaie de réserve internationale ni la monnaie commune de pays qui divergent quant à la discipline budgétaire et aux garanties sociales du travail et des personnes. Les solidarités juridiques et financières qui découlent de l’Union politique ont un coût et un résultat calculable. Les budgets publics nationaux et communautaire affichent la réalité des primes de crédit public et des primes de change cotées sur un marché international régulé.

La compensation est enfin un moteur de régulation financière. Les budgets publics cessent de racheter les pertes indéfinies du système bancaire. Ils obligent les opérateurs financiers à émettre une prime de CDS sur leur passif afin d’acheter des liquidités aux banques centrales. Toute institution financière souhaitant s’autoréguler n’a plus accès aux banques centrales mais se procure de la liquidité exclusivement par des ventes d’actifs sur les marchés de son choix. Tout créancier d’un opérateur financier non coté en compensation internationale assume sur son seul patrimoine son risque de contrepartie.

La chambre de compensation internationale peut résulter de la réforme du FMI ou être créée de toute pièce par l’Union Européenne ou toute autre coalition multinationale. Elle constitue pour ses pays fondateurs un engagement de responsabilité publique d’un bien commun national et international. Tout pays ou personne allergique à la responsabilité financière devient clairement identifiable. Les épargnants apprécient leur intérêt en toute liberté par les primes auxquelles ils souscrivent.

La démocratie responsable de la finance

Les gouvernements et les partis politiques de l’Union Européenne ont par la compensation en monnaie internationale l’opportunité d’engager les États dans la transparence financière de leurs comptes et de leurs décisions. Les opinions publiques gagnent un critère objectif d’appréciation des intentions réelles de leurs élites politiques. Les efforts demandés aux citoyens pour redresser l’économie de leur démocratie sont vérifiables dans les comptes des banques et des États et partageables avec les élites dirigeantes.

L’illiquidité actuelle du système monétaire et financier international tient à l’inexistence d’une rationalité vérifiable du prix par le droit. L’espace international autorise la finance à se soustraire de toute autorité publique ; son illiquidité est imminente par l’épuisement du potentiel de garantie publique.

La compensation internationale des primes de crédit et de change restaure un espace international de droit négociable par la monnaie. Sans rationalisation internationale du crédit et de la convertibilité des monnaies, l’État de droit disparaîtra par la décomposition des solidarités nationales et internationales. Les démocraties réclament les comptes de la justice : la compensation internationale en est l’outil.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 22:28

Conséquences du processus de numérisation de la création monétaire ; condition d'une responsabilité numérique du prix

La numérisation du savoir a fait émergé une finance déconnectée de toute réalité observable. Une nouvelle étape se franchit où la numérisation totale de la monnaie détache l'économie du prix de toute qualification de bien commun. La raison d'être des sociétés politiques disparaît. La contreparite de l'émission monétaire échappe à toute loi publique. La valorisation des objets d'échange devient entiièrement privée. Les États de droit ne peuvent plus être financés. La finance n'est plus possible que dans la mystification.

La numérisation du savoir est utilisée comme dissimulation du sujet de la responsabilité du prix. Les prix sont réputés entièrement déterminés par un système échappant à toute décision humaine. Toute humanité est asservie à l'intelligence subjective d'une finance privée opaque au raisonnement objectif. Cette forme d'intelligibilité du monde exclut toute société de légalité libre de l'échange.

Le sens de la numérisation peut s'inverser en reconstituant le marché qui rende visible les objets et les sujets dans un même espace d'intelligibilité. Il suffit de numériser l’existence de l'État de droit en vérifiant le nom des personnes physiques à l'origine de toute transaction. La monnaie est alors recréée comme relation publique stable quantifiée entre un sujet responsable et un objet quelconque promis par un prix. L'adoption publique de cette réforme déjà empiriquement engagée met immédiatement fin au démantèlement financier de la civilisation humaine.

1 Monétisation de la métaphysique ; 2 Monnaie totalement numérique ; 3 Déshumanisation du prix ; 4 Subversion du droit par la monnaie ; 5 Le chaos numérique ; 6 Les droits de l'homme effacé ; 7 Politique de la finance d’annihilation ; 8 La réalité détruite par le prix ; 9 Le suicide de l'Europe ; 10 Structure marchande de la liberté ; 11 La liberté du nom ; 12 Responsabilité libre du nombre ; 13 Substantification numérique du droit ; 14 Option numérisée de la réalité du prix ; 15 Le travail formellement inaliénable ; 16 Équilibre humain de marché ; 17 Représentation numérique du crédit ; 18 Prix de la nationalité du droit ; 19 Garantie numérique de la plus-value d'humanité ; 20 Couverture numérique de la valeur du réel ; 21 Système de garantie des monnaies ; 22 Responsabilité nominale de la valeur

Monétisation de la métaphysique

La mondialisation et l'informatisation de la connaissance humaine ont des conséquences très concrètes sur la monnaie et la finance. La monnaie est une matière métaphysique ; elle peut exister hors de toute visibilité dans la réalité physique. C'est une matière virtuelle ; une représentation de la matière physique des objets de valeur, de droit et de prix entre les hommes. Monnaie, valeur, droit et prix sont les formes que le sujet humain d'intelligence accorde aux objets qu'il choisit d'échanger. Le Droit délimite les fins humaines que la société admet comme facteur de valeur. Le Droit confirme la valeur des objets échangés par des prix matérialisés en monnaie.

Régler un achat en monnaie dans une société civilisée signifie que le vendeur cède un objet concret dont le prix représente une valeur reconnue licite. La licéité signifie la finalité admise par la société donnée par le vendeur à l'objet investi par la finalité de l'acheteur. Il n'est aucune nécessité qu'un paiement en monnaie soit physiquement matérialisé pour qu'il remplisse une finalité en droit. Il suffit qu'il soit inscrit quelque part dans les comptes d'un intermédiaire. Cet intermédiaire est dépositaire du prix limité de toute chose. Le transfert au vendeur de la matérialité de tout prix le rend créancier du dépositaire à la place de l'acheteur.

Monnaie totalement numérique

La mondialisation et l'informatisation du traçage des crédits fait que l'intermédiaire de paiement en monnaie peut être totalement délocalisé par rapport à l'échange de l'objet concret. La téléphonie mobile et les cartes à puce permettent d'anonymiser totalement la relation entre les intermédiaires financiers et les utilisateurs de la monnaie. Un prix de règlement peut désormais être associé à des objets hors de toute question de droit, c'est à dire de jugement sur la finalité humaine de l'échange.

Le téléphone mobile est un porte monnaie électronique associé à un numéro de téléphone. N'importe quelle banque dépositaire de monnaie peut verser de l'argent sur le numéro de téléphone sans connaître l'utilisateur du téléphone. Les paiements se font par messages désignant le numéro de téléphone récepteur du transfert de monnaie. La carte à puce transporte la monnaie électronique d'un numéro de téléphone dans la réalité physique visible. Le lecteur de carte connecté au réseau téléphonique et à l'internet permet des paiements d'achats réels avec les terminaux connectés au système interbancaire officiel.

Déshumanisation du prix

A la différence des anciennes formes de monnaie électronique, la monnaie téléphonique est totalement numérisée et délocalisée. Les paiements se font entre des comptes bancaires totalement numériques dans des systèmes juridiques qui n'exigent pas l'identification nominative de la détention de monnaie ; c'est à dire l'attribution du crédit bancaire à une personne physiquement reconnue ou à une personne identifiée par son nom d'état civil.

La monnaie totalement numérique accorde des droits d'achat totalement anonymes à des personnes physiquement invisibles donc totalement irresponsables en droit positif. L'émission monétaire devient totalement privée, totalement dématérialisée et parfaitement insaisissable même dans les pays de droit où la puissance publique assume ses responsabilités de police et de justice. L'économie hors la loi peut fonctionner en absolue liberté financière sans laisser aucune trace.

Subversion du droit par la monnaie

Un même espace économique avec un même système de prix objectif réunit des zombies juridiquement irresponsables avec des citoyens qui respectent la loi et paient leurs impôts. Or la fiscalité prélevée sur les prix est le prix de l'application de la loi et de la justice. La fiscalité finance normalement la définition concrète de la propriété des objets ; elle a pour finalité de protéger l'intégrité des sujets entre eux par rapport aux objets.

La monnaie totalement numérique confond dans une même économie les activités légales fiscalisées et les activités déloyales invisibles et non localisables. La base fiscale des États de droit se réduit aux salaires versés en monnaie publique et à l'économie officielle physiquement dépendante de la protection publique. Le maintien des services publics de police, de justice, de protection sociale et de développement des personnes se trouve contraint par la diminution des ressources publiques. La privatisation de la monnaie rend l'état de droit non rentable.

Le chaos numérique

La dévalorisation monétaire de l'état de droit lui retire toute légitimité. Il devient économiquement absurde de payer des impôts et de financer le bien commun de l'intérêt général. La disparition de l'intérêt général abolit l'intérêt particulier au bien commun. Le citoyen disparaît dans l'individualité ; l'individu impersonnel est totalement déterminé par des hiérarchies de prix en monnaie numérique.

La cause des hiérarchies de prix en monnaie numérique est inintelligible : elle ne renvoie à aucun sujet responsable, à aucun choix de valeur dans l'infinité des objets représentés. Il n'existe plus qu'une liberté de la matière métaphysique sans finalité. La matière physique n'est plus régulée que par le nombre. La matière n'a plus de propriété : la propriété juridique disparaît. L'homme retourne à l'état matériel de la nature sans forme ni fin. Il n'a plus aucune spécificité dans l'état matérialiste du monde.

Les droits de l'homme effacé

La monnaie totalement numérique fait advenir le monde pythagoricien totalement numérique. Un monde sans sujet, sans personne, sans valeur, sans état de droit, sans propriété et donc sans finance. L'abolition formelle de la volonté d'un acheteur et d'un vendeur dans un paiement totalement numérique engage la destruction de l'homme. Toute finalité est effacée ; non visible par la société. La responsabilité personnelle dans une relation d'égalité de droit avec les autres citoyens ne peut plus exister.

Le marché est le lieu d'existence de la démocratie dans la mesure où il rend visible en même temps la matérialité, la formalité et la finalité des échanges. La monnaie totalement numérisée dissocie absolument la matérialité de la formalité. La matérialité physique ne peut plus être vue en même temps que la matérialité métaphysique de la monnaie. Il devient absolument impossible d'identifier le moindre droit donc la moindre finalité dans un prix. La responsabilité de la fin des choses échangées n'existe plus.

Politique de la finance d’annihilation

L'invisibilité de l’État de droit induit sa destruction matérielle donc la destruction de la vie sociale. Ce processus est engagé en Grèce par la logique financière débarrassée de toute considération de finalité humaine. A l'origine, la finance est une activité métaphysique de quantification des limites du monde physique dans l'espace et le temps. La quantification monétaire vise à servir la réalisation des fins humaines par leur hiérarchisation selon leur degré de possibilité dans la matérialité physique et leur degré de valeur dans la métaphysique de la finalité humaine.

Avec la numérisation totale de la monnaie, toute finalité disparaît dans l'abstraction formelle de la réalité physique. La dette publique grecque non remboursable à hauteur de 30 à 50% de son prix nominal doit néanmoins être remboursée à 100%. Pour extraire de la réalité grecque le prix financier d'une valeur qui n'existe pas, l'empire européen mandataire de l'autocratie financière mondiale déstructure la démocratie grecque.

La réalité détruite par le prix

Le prix de l’État de droit grec est arbitrairement réduit afin d'accroître le prix virtuel d'une valeur privatisable saisissable par les créanciers numériques de la Grèce. La négation financière de l’État de droit en Grèce entraîne sa décrédibilisation financière mais surtout politique. L'activité économique des Grecs bascule dans l'invisibilité numérique. Les recettes fiscales grecques vont disparaître à proportion de la diminution des services publics.

La monnaie numérique accorde aux individus la totale maîtrise de la valeur sous-jacente au crédit. Le crédit est dissocié de toute citoyenneté dans un système de droit quelconque. La valeur légale de la monnaie officielle provient du crédit nominal enregistré dans les comptes financiers régulés. La numérisation totale de la monnaie détruit toute régulation du crédit par la réalité visible. Le crédit n'a plus de valeur collective ; la loi commune n'a plus de valeur et plus de prix.

Le suicide de l'Europe

La faillite financière de la démocratie grecque est donc la faillite politique de toute démocratie. Les États de droit ne sont plus financés par des sociétés de citoyens mais par la monnaie numérique d'individus sans bien commun. Toute autorité politique est systémiquement illégitime dès lors que l'intérêt général n'est plus matérialisable.

La destruction par les institutions européennes de l'obligation de financement de l'intérêt général en Grèce détruit la garantie publique de l'intérêt particulier dans l'Europe entière. Il n'existe plus en Europe d'intérêt rationnel particulier à financer une légalité publique. La matérialité métaphysique de la monnaie n'est plus déterminée par la réalité physique du bien commun. La démocratie européenne se suicide en Grèce. Elle va entraîné toute notion humaine de légalité dans le néant de la finance numérique. Les États-Unis et la Chine sont au comble de l'inquiétude.

Structure marchande de la liberté

La démocratie européenne qui existe par la régulation publique du marché se suicide par la virtualisation numérique des règles de l'échange. La civilisation européenne sait que le sens de la règle vient du sujet et non de l'objet. Mais ne croyant pas pouvoir échapper aux logiques de domination inter-subjectives, elle pense résoudre ses problèmes en abolissant le sujet comme dans l'empire chinois. La loi n'est plus délibérée, n'est plus applicable et n'est donc plus financée.

Si les européens reviennent à la réalité grecque des conditions de fondation de leur civilisation, il n'est pas impossible de redécouvrir le marché comme origine matérielle de la démocratie. Si la démocratie est formellement l'égale valeur des finalités individuelles dans la société humaine, alors elle se réalise par une agora ou tout citoyen est physiquement admis à l'égal des autres à échanger la matière nommée de ses idées libres.

La liberté du nom

La numérisation de la relation humaine peut servir l'objectivité comme la subjectivité. La numérisation supprime les limites formelles de la subjectivité et matérialise ses limites finales par la possibilité de tout nommer n'importe où, n'importe comment. Si le sujet est numériquement nommé par sa reconnaissance physique réelle, alors il est rendu présent à n'importe quelle proposition formulée sur le marché numérique universel de l'internet.

La présence numérique de la personne physique sur le marché mondial des idées et des images rend objectifs les droits du sujet humain. Le nom d'un citoyen s'interpose dans tout échange entre la personne physique et l'objet numérisé. Le physique de la personne ne peut plus être l'objet d'un autre. Le consentement est explicité par le traçage informatique d'une conversation préalable. La numérisation de la relation humaine instaure un espace physique entre tous sujets. L'espace physique numérisé médiatise la négociation du bien commun. Le bien commun des personnes les introduit verbalement dans la rencontre physique.

Responsabilité libre du nombre

L'espace physique du marché impose la publicité des relations interpersonnelles. La société présente sur le marché physique est témoin du bien commun des échanges bilatéraux entre personnes physiques. En interconnectant le marché physique avec le marché numérique par le nom des personnes physiques, tout échange bilatéral est introduit par la métaphysique. L'informatique porte la loi négociée et négociable du bien commun.

La protection numérique des droits de la personne physique impose la numérisation publique centralisée de l'état civil. Toute personne physique reçoit dans une carte à puce la numérisation de son identité qui la nomme sur l'internet. L'authentification de la personne négociant sur le marché numérique s'opère par la lecture de la carte et la signature numérique cryptée du titulaire de la carte. La liberté est responsable et reconnue par le nombre.

Substantification numérique du droit

Au numéro d'identité d'une personne physique est associée toute l'information numérisée utile à la protection publique des droits de la personne. La quantification matérialise les droits et l'engagement des droits dans des transactions de finalité et de formalité transformable dans la réalité physique. Toute transaction est engagée par voie numérique avant d'être physiquement matérialisée par des soins, par des biens et par des services réels. Le crédit et le débit du prix n'est plus détachable de son objet ni de tous les sujets personnels qui doivent régler ou livrer la réalité de la valeur.

Le prix de quoique ce soit ne peut plus exister sans la volonté engagée et négociée. Toutes les parties doivent exprimer leur volonté de l'objet physique à produire. La volonté est justifiée par la métaphysique publique des droits de la personne. Par le marché réel numérisé, la finance redevient la réalisation de la démocratie. La démocratie n'est plus la fermeture abstraite des finalités dans la matérialité monétaire ni la virtualisation des réalités matérielles dans une mécanique de prix.

Option numérisée de la réalité du prix

Aucune option de prix de nominal numérisé ne peut exister sans l'authentification de l'engagement entre un acheteur et un vendeur. L'authenticité de l'engagement relie des personnes physiques par un objet reconnu réalisable. La réalité physique quantifiée par le prix exprime la valeur positive pour l'ensemble des parties. Aucun prix nominal ne peut être engagé sans livraison réelle future d'une valeur effective. L'achat nominal réalisable dans le marché physique authentifie la prime d'option du prix.

L'investisseur du prix nominal garantit la valeur. Le prix final de l'objet livré à l'acheteur ne peut pas être inférieur au prix qu'il règle selon le contrat d'origine. La numérisation de la présence personnelle sur le marché change radicalement les conditions de transformation du prix en réalité. Le prix ne peut plus être négocié hors du droit. Tous les sujets de réalisation effective d'un même objet sont convoqués.

Le travail formellement inaliénable

Dans le marché nominatif, le prix n'est pas négociable sans l'anticipation de la production de l'objet à livrer. L'anticipation numérisée contient l'identification et la quantification de la matière physique ; l'identité et la quantité du travail qui la transforme ; du crédit qui justifie le prix de vente ; et de la prime qui garantit la valeur réelle. La plus-value est réputée potentielle jusqu'à réalisation effective de la valeur au prix anticipé.

Le vendeur de travail contre salaire n'est plus candidat à la reconnaissance de la valeur d'échange de sa personne mais à la réalisation d'un projet professionnel collectif. Le contrat de travail est préparé par la représentation anticipée et garantie de l'objet à produire. L'acheteur de travail achète des compétences professionnelles à un travailleur représenté. L'équilibre de marché se fait sur des noms, des compétences et des emplois et non sur la subordination des personnes physiques.

Équilibre humain de marché

Le vendeur de travail vend ses compétences pour leur valeur réelle soit sous forme de quantité monétaire garantie soit sous forme de garantie de la qualité ; contre un salaire ou contre le paiement d'une prime de compétence professionnelle. Le travail est temps d'intelligence humaine nécessaire à la réalisation de la valeur finale à livrer. Le travail est rémunéré sur la valeur finale et non sur le temps.

La numérisation du marché égalise les conditions de négociation entre tout les contributeurs nommés au procès de transformation de la valeur. L’État de droit protège les personnes ; l’État est une entreprise de providence sociale. Il assure l'intégrité physique, mentale et spirituelle des personnes. L'investisseur achète les primes de garantie de la valeur des objets. L'épargnant achète le crédit du prix à terme des objets. L'entrepreneur vend des procès de transformation de la valeur. Le travailleur vend la transformation de la matière physique et métaphysique.

Représentation numérique du crédit

La numérisation du marché produit la monnaie en fonction de l'option du prix nominal de la démocratie. L'option d'une nation constituée délimite l'application d'un même système juridique à un ensemble d'objets communs. Le système des droits transforme la réalité des citoyens en valeur. La monnaie est l'unité de compte des crédits qu'engendre l'application d'un certain droit. Les crédits sont les prix à terme évalués par le même système de droits.

La masse monétaire est émise selon la variation des primes qui garantissent le remboursement réel des crédits. Des crédits comptabilisés publiquement et en transparence du prix des objets sous-jacents sur le marché numérique. La monnaie numérique se proportionne en temps réel aux investissements à consentir pour réaliser la valeur à livrer au présent et la contrevaleur des crédits garantis à l'échéance.

Prix de la nationalité du droit

Deux système juridiques différents induisent logiquement deux monnaies différentes sur le marché numérisé. Les décisions politiques publiques ne produisent pas les mêmes résultats réels. Les budgets publics et la réalisation de valeur des services publics n'ont pas le même prix d'origine ni le même rendement final. Des droits formulés différemment induisent des fiscalités différentes pour un résultat économique final différent.

Si les monnaies ne sont pas différentes, une compensation cachée s'opère du budget fiscalement le plus rentable au moins rentable : le prix du service public du droit ne peut pas être évalué selon la réalité effective. Le prix de la solidarité internationale ne peut pas être évalué sans différenciation des monnaies. La prime de change du prix d'une monnaie dans une autre est le seul moyen véritable d'évaluer la justesse effective d'un état de droit par rapport à un autre.

Garantie numérique de la plus-value d'humanité

La monnaie numérique nominalisée inscrit le marché dans le droit des personnes physiques. Les budgets publics financent par la fiscalité et la dépense l'égalité générale des droits, l'intégrité juridique de la négociation des prix et l'équilibre humain de tous les facteurs de la valeur. L'intégrité du travail à produire la valeur des objets de consommation librement demandés impose l'achat public d'une prime de légalité marchande.

Seule la ressource fiscale nationale peut financer la prime de contrôle du marché par l'intérêt général soustrait à tout intérêt particulier. La neutralité du marché dans l'économie juridique des prix impose la séparation des données informatisées des prix et des algorithmes de rapprochement des offres et demandes. La réalité est distincte du prix qui est distinct du crédit qui est distinct de la plus-value possible du prix de droit.

Couverture numérique de la valeur du réel

La compensation des prix structurés par les options se décompose : premièrement en vérification de l'équivalence des droits entre acheteur et vendeur ; deuxièmement en compensation des dates de règlement par les dates de livraison ; enfin troisièmement, en appel de marge auprès des acheteurs primaires. Les pertes potentielles des vendeurs du réel sur leur prix nominaux garantis sont comblées en temps réel afin de vérifier la création effective de valeur.

La numérisation du prix synchronise la valeur avec le temps. La production d'information dans le temps est intégralement traçable par l'informatique selon les objets auxquels elle se rapporte et selon le nom de l'auteur identifié par son intérêt primaire ou nominal au prix. L'information positive de la valeur par le temps réduit la prime des positions vendeuses. L'information appréciée négativement par le marché ampute la prime des positions acheteuses du réel et vendeuses du crédit.

Système de garantie des monnaies

La monnaie numérique garantie par le droit nominal change de valeur dans le temps selon l'efficacité des systèmes juridiques. La décomposition d'un prix en objets produits sous différentes monnaies implique une variabilité de la valeur finale selon l'anticipation du prix relatif des monnaies à l'échéance négociée d'une livraison. La variabilité probable d'un prix dans une monnaie en convertibilité d'une autre monnaie est une prime de change.

Pour que le prix en monnaie étrangère d'un objet international soit garanti à l'origine pour les parties de toute nationalité, il n'est pas d'autre solution que de négocier les primes de change dans une unité de compte qui ait une valeur indépendante de la variabilité relative des systèmes juridiques. L'étalon monétaire d'une transaction internationale est le prix nominal sous-jacent à la valeur garantie par toute justice nationale. Une prime de change doit avoir un prix convertible en toute monnaie à tout instant.

Responsabilité nominale de la valeur

La stabilité d'un prix international doit être garantie par n'importe quel droit national demandé par le vendeur réglé en monnaie. Le prix de cette stabilité en n'importe quelle monnaie définit un étalon monétaire international. Cette exigence est déjà réalisée par l'unification internationale des réseaux informatiques de financement. Mais la compensation des primes est éclatée en plusieurs monnaies nationales dont la convertibilité en droit n'est pas évaluée par rapport à des objets internationalement garantis.

La seule condition non encore remplie à l'instauration de l'étalon monétaire international est la responsabilité internationale nominative des émetteurs de dette publique, bancaire ou privée. Si les États, les banques et les entreprises multinationales n'adoptent pas l'étalon multinational de responsabilité financière, ils sont voués à disparaître en tant qu'acteurs publics capables de solliciter la confiance des épargnants et d'emprunter la liquidité internationale. La civilisation humaine mondialisée est aujourd'hui devant un choix extraordinairement clair et simple : poursuivre la course au chaos ou instaurer la responsabilité nominale universelle.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 18:52

CapitalCreditMonnaieCouverture

Vers le marché mondial de l'option monétaire

Le central banking après la crise

Le dernier rapport du Conseil d'Analyse Économique fait un état des lieux du rôle et de l'efficacité des banques centrales dans la stabilité financière et monétaire mise à mal dans la dernière crise. La régulation centrale du crédit et de la monnaie n'a plus d'effet sur les comportements individuels des opérateurs financiers. La doctrine économique est en recherche d'un théorème de réconciliation de la politique macro-prudentielle avec la régulation micro-prudentielle. La solution est disponible dans l'actualisation de la proposition keynésienne d'étalon monétaire international par un marché commun mondial d'option. Une compensation internationale consolidée de primes et de prix nominaux libellés dans les monnaies actuelles peut générer un méta-système de régulation du crédit par le risque. L'impossibilité d'un modèle international uniforme d'évaluation et de régulation du risque de crédit est surmonté par la garantie de marché international en bancor de tout système national de régulation financière. Les primes de change en bancor capitalisent et couvrent la valeur de la régulation autonome dans chaque zone monétaire.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 15:42

CapitalCreditMonnaieCouverture

Les réactions à la dégradation de la notation de la dette publique grecque et de plusieurs régions espagnoles soulignent le divorce entre la politique et la finance. Les milieux politiques semblent vouloir ignorer que la crise économique et financière vient de l’effacement du pouvoir politique qui ne produit pas le cadre légal de régulation des marchés financiers. Les circuits économiques et financiers internationaux se placent au-dessus des lois nationales ; ils donnent à penser que le pouvoir financier n’a pas à se soumettre à un ordre et à une responsabilité politiques. Les gouvernements européens protestent mais ne décident rien.

Le paradoxe est que l’Union Européenne est doté de tout l’appareillage législatif et institutionnel pour ordonner les échanges commerciaux et financiers internationaux au droit. Mais les pouvoirs politiques européens se laissent posséder par des impératifs financiers qui traduisent des intérêts particuliers dissociés du bien commun des sociétés et des citoyens européens. La construction européenne est en train de perdre toute crédibilité dans les opinions publiques et maintenant détruit l’autorité des gouvernements nationaux. Le discours politique officiel apparaît totalement décalé avec la réalité perçue par le commun des mortels.

Le marché commun européen d’options financières de change et de crédit est le seul moyen de réarticuler la politique et la finance ; de faire revenir la gouvernance politique dans la réalité financière pour réguler effectivement la finance par le Droit. Il faut que des professionnels de la finance, de la banque, du droit et de la science économique se concertent pour proposer des modèles alternatifs à la logique spéculative qui remplit le vide de la régulation financière. Comme aucun modèle ne peut exprimer la diversité des choix humains présents et à venir, il n’y a pas d’autre équilibre financier international que par un marché d’option. Les lois différentes que les hommes appliquent dans leurs pays doivent se garantir réciproquement par des primes de change sur des parités monétaires librement négociées sur un marché des changes transparent.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 14:20

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Sommes-nous capables de faire ce que nous disons ?

Réponse de l'auteur du billet paru sur le Blog de Paul Jorion à Marc Riva.


@Marc,

les modèles conceptuels sous lesquels fonctionne actuellement la finance sont déconnectés de la réalité durable. Si à l’instant présent les représentations que nous avons de la finance permettent aux acteurs financiers d’agir sur notre réel, nous savons comme tous les financiers qui agissent dans la réalité et pas dans les modèles que le système est mort. Cela signifie qu’il ne peut plus dire ce qu’il fait ni faire ce qu’il dit. La finance, la monnaie et la conceptualisation de l’économie sont partis dans un sens pendant que la réalité humaine est partie dans un autre. Si nous voulons vivre consciemment en sachant ce que nous faisons, il faut donc bien proclamer clairement votre conclusion : de ce système, nous n’en voulons plus !

Mais tout système n’est jamais que ce qu’il y a dans nos têtes humaines. Récuser un système, c’est en proposer un autre pour structurer la pensée de nos actions. Sinon nous continuons à ne pas faire ce que nous disons et à ne pas dire ce que nous faisons. Sans système alternatif, nous restons prisonniers du régime actuel de la spéculation qui produit des modèles pour masquer la vraie réalité. En redéfinissant les concepts fondamentaux de capital, crédit, monnaie, responsabilité politique, droit, prix, démocratie et marché je reste effectivement dans une spéculation qui paraît se contenter de réparer le système. Mais il faut reconsidérer la notion de marché et la voir autrement que dans son acception actuelle. Si le marché intègre les systèmes, contrairement à la situation actuelle où quelques acteurs captent le marché dans leur propre système, on change d’univers au sens philosophique et mathématique du terme.

Le marché commun international d’option consiste à offrir à toute personne physique identifiable et responsable le choix de son système à la seule condition qu’il soit réalisable sans nuire à la liberté de choix des autres. Réalisable signifie que la finalité d’un système négocié dans le marché est d’être réalisé pour produire des effets pour son acteur et tous les acteurs qui l’échangent librement. Le nominal d’une option encapsule tout système dans la réalité négociable. La négociation de la prime d’option sur un marché transparent à toute société engage l’acheteur à assister le vendeur à réaliser le système formulé dans le nominal. A l’échéance de l’option, il devra y avoir un acheteur du nominal au prix signalé au marché. Sans quoi, l’acheteur de la prime devient propriétaire de la production du système même si elle est vide. L’acheteur de la prime est engagé par le marché à restituer la monnaie d’un système qui ne représente pas la valeur annoncée dans le prix nominal d’origine.

Dans un marché universel d’option, les systèmes politiques, économiques, philosophiques, religieux ou financiers ne peuvent plus être la réalité ultime que personne ne puisse dépasser. Tout système devient dépassable par la simple réalité concrète. Il suffit qu’un investisseur informé par le marché de tous les systèmes inventés par les hommes croit au système particulier dont il achète la prime pour devenir garant de sa réalisation. Un marché multinational d’égalité de droit de toute personne met la responsabilité humaine au-dessus de tout système. N’importe qui achète ce qu’il veut du moment qu’il en paie le prix en intégrité de l’autre et en réalité concrète sous-jacente à la monnaie reçue. Le marché-même d’option en bancor est l’étalon de la monnaie qui représente le choix de toute personne de transformer la réalité pour une autre personne égale en dignité à elle-même.

Par personne, il faut entendre l’entité nommée comme sujet de droit qui est soit un individu physique soit une collectivité de 3 individus à l’humanité entière. L’internationalité du marché du bancor est ici fondamentale. Elle instaure l’égalité de droit entre chaque individu et toute société intermédiaire fût-elle un empire. L’égalité de droit mondialisée ne réalise pas instantanément la démocratie ni la justice mais crée les conditions de leur émergence. Toute puissance qui n’agit pas ouvertement sur le marché du bancor se désigne comme ennemi de tous les autres réunis par l’économie multinationale de marché . La réalité ne peut plus être capturée par un système d’irresponsabilité. Tout ce qui ne se dévoile pas sur le marché financier de l’option pour être garanti par une réalité universelle est potentiellement de la cupidité dont la démocratie peut exproprier le produit par la fiscalité.

Les conséquences du marché d’option nous sont difficiles à concevoir à cause de notre mode de pensée systémique. Nous voulons absolument prévoir la réalité future par nos décisions. Si nous n’acceptons pas personnellement les limites réelles des modèles par quoi nous appréhendons notre réalité, alors nous nous enfermons dans nos systèmes que des minorités s’ingénient immédiatement à manipuler à leur profit exclusif. L’individualisme systémique est la clé de notre esclavage. L’intelligence de l’autre est la certitude de notre liberté.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 12:39

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Sommes nous capables de faire ce que nous disons ?

Réponse de l'auteur du billet paru sur le Blog de Paul Jorion à Guillaume.


@Guillaume,

Je crois que vos propositions sont politiquement et économiquement cohérentes et réalistes.

- Chaque pays utiliserait sa propre monnaie nationale dans le cadre des échanges nationaux
- Ces monnaies seraient inconvertibles (hormis en euro).

Cette proposition revient à aligner les monnaies et les systèmes juridiques. La délibération, l’application et le jugement de la Loi dans chaque pays européen fait varier la valeur extérieure de la monnaie par rapport aux autres monnaies qui obéissent à des systèmes de droit différents. Ainsi est-il possible d’avoir des droits du travail, des droits des faillites, des droits du crédit et des droits de l’auto-gouvernement différents. Il est possible par la variation du change de comparer l’efficacité économique des différents systèmes que les Européens choisissent.

Rendre les monnaies européennes exclusivement convertibles en euro signifie que les Européens s’évaluent réciproquement selon un système de valeur commun. En l’occurrence celui de la démocratie décrit dans les traités et directives européens. Et c’est le système politique démocratique et pluraliste de l’Union Européenne qui est le critère de comparaison économique de l’Union avec les autres systèmes dans le monde. Les États-Unis ou la Chine ou le Royaume-Uni ne peuvent plus jouer l’Allemagne contre la France. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France sont financièrement solidaires dans leur pluralité face aux États-Unis, à la Chine ou à la Tunisie.

Pour parvenir à cette re-politisation de la monnaie, il faut bien sûr que l’euro soit la monnaie commune de l’Union ; ou bien si Français et Allemands veulent fusionner leurs États en partageant l’euro, il faut créer une autre monnaie commune qui soit le bancor (ou le bankeuro, ou l’ECU ou l’unitas).

- L’euro lui serait utilisé pour les échanges communautaires et extra-communautaires, (pas dans le modèle actuel de changes flottants, mais sur un modèle de type « bancor » ou autre)
- éviter les déséquilibres commerciaux surtout envers l’extérieur de la communauté économique.

L’euro communautaire et non unitaire devient effectivement un outil efficace de cotation des parités monétaires à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union. Le principe que les Européens adoptent dans ce régime est celui de la cotation transparente et centralisée des primes de change comme couverture effective et systématique des parités à terme à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union. Ainsi, toute parité de change nominale comptant ou à terme résulte d’un équilibre contrôlé en droit européen entre l’offre et la demande de risque de change. Tout emprunt de liquidité à l’extérieur de l’Europe est garanti à l’échéance par une prime de change ; et une prime de crédit calculée sur l’emprunteur. Tout prêt de liquidité à l’extérieur de l’Europe est effectué en bancor et couvert par les primes de change et de crédit versées par les emprunteurs.

L’Union n’est plus soumise aux conséquences en liquidité et taux de change des politiques monétaires étrangères sur lesquelles elle ne peut rien dire. Dans ce système de change, de crédit et de liquidité, les Européens retrouvent leur liberté économique entre eux-mêmes et collectivement vis-à-vis du monde. Les États qui veulent se spécialiser dans la spéculation financière cherchent un taux de change le plus élevé possible pour attirer les capitaux spéculatifs étrangers. Les États qui veulent développer leur industrie et s’approcher du plein emploi choisissent une politique de change qui maximise la compétitivité moyenne de leur force de travail par rapport à l’étranger.

Les pays intrinsèquement compétitifs comme l’Allemagne peuvent exporter leurs capitaux et donc leurs travailleurs les plus performants pour soutenir les moins performants à l’intérieur de leurs frontières. Les États qui ne peuvent pas survivre sans se droguer avec de l’inflation domestique doivent admettre la dévaluation permanente de leur parité monétaire afin de financer le déficit de leurs paiements extérieurs.

- instaurer un contrôle des mouvements de capitaux (citation « conformité au droit des objets d’investissement » mais quel droit?)

Si l’Europe décide de se refonder comme démocratie, cela implique que tout mouvement de capital à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières soit identifiable par le système bancaire européen afin d’être juridiquement contrôlable. Le marché commun du bancor implique que tout mouvement de capital entrant ou sortant élise un droit national européen et un régime de juridiction. Aucun mouvement financier ne peut avoir lieu sans être soumis à la fiscalité décidé par l’État où il est domicilié ; en contrepartie le bénéficiaire du mouvement financier jouit de la protection d’un juge judiciaire national qui garantit le plein respect de ses droits politiques, sociaux et économiques. L’État de droit européen est l’obligation de se soumettre à un droit national librement choisi par la domiciliation de son capital là où chacun le juge le mieux protégé à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières européennes.

- avoir le plus largement possible recours à l’épargne nationale pour financer sa dette publique ou privée

Ce principe s’applique à l’échelle de l’Union par le marché financier commun en bancor. Comme ce marché est soumis au droit des Européens qui protège la liberté de penser, de délibérer et d’agir, tout épargnant déposant dans une banque européenne « européanise » son épargne. Les dettes publiques et privées financées en bancor se trouvent nécessairement conformes à la conception européenne des droits de l’homme.


et que pensez vous de:
- interdiction des marchés non réglementés

Je comprends ce que vous voulez dire. Mais cette proposition est contradictoire en elle-même. Il n’y a pas d’interdiction sans réglementation et inversement. Votre proposition n’a de sens que formulée positivement : les Européens définissent tout marché comme espace de négociation réglementé où certaines opérations ou comportements sont interdits. Par exemple : il est interdit de vendre ou acheter par un prix fictif quelque chose qui ne sera jamais livré et qui donc n’existe pas ou ne peut pas exister.

Nous convenons que le néo-libéralisme est mortifère parce que doctrine enfermant le raisonnement humain sur lui-même hors de toute réalité. La finance et l’économisme néo-libéraux se suicident en s’interdisant de constater que leur réalité peut être de se suicider. L’enjeu actuel du monde est bien d’échapper à la mise en scène d’un suicide collectif qui devient réalité.

- simplification des instruments de couverture en particulier par la standardisation

Cela signifie qu’un instrument de couverture n’est pas une abstraction intellectuelle mais une réalité visible sur un marché. La standardisation est le fait que tout instrument négocié entre une offre et une demande réelles a bien la même signification pour l’acheteur et le vendeur. Donc que le sous-jacent d’une couverture (par exemple un modèle de prévision d’un prix de quelque chose d’explicitement livrable devant témoins) est nécessairement déposé dans le marché, c’est à dire originé, en langage financier (brokerage en anglais). Comme la production de standards est au cœur de l’innovation financière visant à mieux cerner les prix du futur, le risque d’irréalité des nouveaux standards doit être assuré par le versement de primes d’origination (commission de brokerage) aux intermédiaires de marché. Si un standard ne produit aucun prix par la négociation transparente de marché, l’ingénieur financier producteur du standard perd la prime de liquidité financière qu’il a dû payer pour livrer son produit dérivé à la négociation.

- centralisation des mouvements de capitaux par une structure publique d’enregistrement et de compensation (au sens usuel).
- redéfinition des structures d’intermédiation (rôle, statue juridique, contrôle juridique, séparation des activités…)

La structure publique centralisée d’enregistrement et de compensation que vous réclamez est justement le marché financier commun d’option que les Européens peuvent fonder s’ils ont encore un projet de démocratie. Un tel marché compense les flux financiers par la réalité concrète livrable à terme, par la prime de risque achetée et nécessairement vendue, par le crédit emprunté du prix à terme nécessairement prêté et par la conformité aux droits de l’homme de tous les contrats de compensation des prix conduisant à la livraison de quelque chose.

La redéfinition des structures d’intermédiation implique, pour que la réalité livrée soit différentiable du prix nommé, qui soit différentiable du crédit du vendeur, qui soit différentiable du droit de l’acheteur, de séparer l’investissement, le crédit, la négociation du prix et l’assurance de la réalité concrète. Il y quatre rôles fondamentaux dans le financement en droit de la réalité à terme : l’intermédiation de la prime (banque d’investissement), l’intermédiation de la liquidité du crédit nominal (banque de crédit), l’intermédiation de la liquidité du prix réel (banque de marché) et l’intermédiation de l’assurance de la réalité du prix (banque d’assurance : santé, revenus vitaux, dommages physiques, validité scientifique objective).

Conclusion :

vous [Guillaume] avez résumé ce que devrait être la refondation financière de la démocratie par l’Union Européenne. Si donc cette refondation n’a pas encore eu lieu, soit la majorité des Européens a opté pour le suicide néo-libéral, soit la démocratie a disparu en Europe qui permette aux citoyens de l’Union de choisir les dirigeants qui mettent en œuvre le projet commun.

CapitalCreditMonnaieCouverture

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 10:38

ImageJorionVérités et mensonges de la théorie monétariste

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Structure juridique de la finance

Merci Valérie de votre mise au point qui permet de renouer un dialogue nécessaire. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le constat du phénomène en cours de dévoiement du Droit. Remettre le Droit au service de l’homme est la priorité pour sortir de la crise de civilisation dans laquelle nous sombrons. Vous doutez à juste titre que la démocratie existe encore pour discuter le Droit, l’appliquer et rendre justice à tous les citoyens. L’une des causes du démantèlement en cours de la démocratie est la mondialisation économique et le libre échange. Il faut expliquer ce phénomène pour constater l’imbrication réciproque de l’économie dans l’État de droit et concevoir les moyens de rétablissement de la force du Droit à protéger la valeur humaine dans les limites objectives de la rareté économique.

La mondialisation disperse dans le monde les causes de production économique de la valeur finale pour le consommateur. Le libre échange passe sous silence que tout objet échangé contient le travail et la vie des gens qui l’on produit. En négociant sans contrôle les objets de consommation d’un espace juridique à l’autre, on met en concurrence les droits inégaux entre des États inégalement mûrs à protéger la valeur de la personne humaine. Le libre-échangisme argue d’un état juridique de fait qui n’aurait pas de signification économique pour passer outre en proclamant que les pauvres sans droit peuvent au moins vendre leur travail à des riches protégés par leur système de droits. La crise actuelle montre l’inanité de ce raisonnement et la destruction de valeur auquel il conduit.

La destruction économique de l’État de droit et de la valeur humaine sous-jacente au Droit passe passe par la monnaie et la fiscalité. L’État de droit a un coût économique qui est le prix de toutes les institutions nécessaires à la discussion de la Loi, à son application et à la justice. Je pose l’hypothèse que la monnaie est l’unité de compte des objets économiques en droit ; hypothèse implicitement commune quand la monnaie est présentée comme attribut de la souveraineté des nations sur leur droit et l’économie qui en résulte. A partir de cette hypothèse, la fiscalité peut se définir en langage financier comme prime de légalité souveraine des ressortissants d’un État de droit sur l’économie qu’ils développent par leur respect d’une loi commune.

Vous avez bien compris que je cherche à construire une relation entre État de droit et économie par la finance. Vous semblez également réaliser que la subordination que j’évoque de l’État de droit à l’économie est strictement matérielle (d’où la fiscalité) et qu’elle dépend de la subordination finale de l’économie à l’État de droit. Je cherche à montrer que l’économie disparaît purement et simplement (ce qui est en train de se réaliser actuellement) si elle n’est pas structurée par le Droit qui place l’homme comme fin de l’activité économique. J’ai bien conscience que mon expression n’est pas toujours transparente quant à l’objectif que je poursuis. Voudriez-vous proposer une reformulation juridique rigoureuse de mes propositions si vous en approuvez le but ?

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 16:54

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Principes pratiques de stabilité monétaire mondiale

La finalité du système bancor est unique : produire un étalon de prix international invariable dans le temps. La banque centrale mondiale (BCM) n’a qu’une seule activité : vendre et acheter sur le marché à terme dont les règles sont fixées et s’imposent à elle comme à n’importe quel opérateur. La BCM met de la liquidité à disposition du marché en anticipant la composition de la valeur de l’étalon dans des positions à terme. La BCM est un organe financier de crédit et de compensation qui applique des règles communes. Elle n’a aucun pouvoir politique de discussion ou d’élaboration des règles.

Le capital de la BCM varie selon l’efficacité des gouverneurs à anticiper la liquidité du marché. Responsabilité politique nulle mais responsabilité économique totale. La monnaie internationale n’est plus un instrument de puissance comme l’est le dollar ou l’euro contre le dollar. Le contrôle du système monétaire international et le calcul du capital nécessaire à la couverture des risques gérés par la BCM est dévolu à un fonds de régulation qui achète et vend des options de tous les acteurs qu’il contrôle. Là encore, la règle fondamentale est établie à l’avance : couverture systématique de tous les risques par la négociation de primes sur le marché transparent parce que régulé. Transparence par la séparation absolue des quatre activités fondamentales d’investissement, de crédit, d’assurance et d’intermédiation du prix. Aucun opérateur ne peut négocier quoique ce soit sans être garanti. Aucun opérateur ne peut intervenir sur plus d’un risque à la fois. Aucun opérateur ne peut échapper au contrôle des autres activités financières. La banque centrale et le fonds de régulation n’ont d’autre mission que d’assurer la liquidité en monnaie et en droit.

L’enjeu politique international est circonscrit au maintien de la liquidité sous la surveillance du marché qui participe au maintien de la liquidité en achetant l’intégralité du risque systémique. Tous les intérêts sont alignés par la séparation des pouvoirs financiers et l’intérêt commun à la stabilité systémique. Le bancor opère dans l’espace international une séparation entre le pouvoir financier et le pouvoir politique. Le pouvoir financier est strictement soumis à la Loi que chaque Etat maîtrise en toute autonomie et responsabilité dans son espace de souveraineté. LA MONNAIE N’EST PLUS UN INSTRUMENT DE PUISSANCE mais un instrument du prix réel de la puissance. Si le monde veut continuer à s’autodétruire, il n'a qu'à persévérer dans la guerre des monnaies en se privant d’une monnaie internationale qui soit un bien commun de la concurrence économique régulée par le Droit.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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