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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 12:54

CapitalCreditMonnaieCouverture

La loi morale de l'offre et de la demande

Le marché est l'expression la plus ancienne de la vie sociale organisée. L'homme est un animal politique ; il vit par les échanges au sein de sa famille puis de la société dans laquelle il apporte ses richesses personnelles. Les talents complémentaires dans la société humaine suscitent le marché. Chaque personne produit des biens qu'elle met par le marché à la disposition de la société entière. Chaque offre est une demande à la société entière des biens qu'elle est capable de produire par la diversité des talents qui la compose. La rencontre de toutes les offres et de toutes les demandes s'opère par le marché. Il apparaît d'abord comme un lieu physique où circulent des biens matériels visibles. Mais derrière les biens physiques, circulent des biens métaphysiques : des connaissances, des informations et des mesures.

Dans sa forme primitive, le marché est un système d'échange de connaissances. Il n'y a pas de calculs mais des services et une reconnaissance réciproques au sein d'une société où chacun contribue personnellement à la vie des autres. Ce marché fondamental contient bien une offre et une demande que chacun accepte ou refuse, dont chacun fait ses choix. Il y a des limites économiques à l'offre et à la demande mais pas de prix, donc pas de quantification ni de calcul marchand explicite. Sur l'économie primitive de la famille, de la tribu, du village ou de l'association vient se construire le marché d'échange calculé. Il implique une loi vérifiable par des témoins, d'équivalence des biens échangés. Cela signifie que l'échange de deux biens différents entre deux personnes produit un prix qui vaut potentiellement pour le marché entier. La quantité d'un bien contre la quantité de l'autre bien établit un prix d'échange ; toute personne présente sur le marché peut y prétendre.

La société fonde le marché en déclarant en logique de droit qu'un prix y est identique pour toute offre ou toute demande se présentant dans les mêmes conditions que l'échange initial. L'intérêt social d'une telle loi est de produire d'un même bien la satisfaction maximale réciproque de toute l'offre par toute la demande. Chaque échangiste anticipe le prix de son offre ou de sa demande personnelle par rapport à l'ensemble de la société réunie par le marché. La réunion sociétale des offres et des demandes crée un potentiel de satisfaction maximale de chaque offre individuelle par la demande du même individu. Le marché augmente la valeur des personnes par leur offre et leur demande.

La loi de l'unicité du prix entre l'offre et la demande d'un même bien est de nature sociale, donc morale et politique. Elle s'applique dans la mesure où les membres d'une société effectivement constituée s'y soumettent sur un même marché. Le marché procède de l'organisation politique. Du principe d'équivalence quantitative des biens échangés sur le marché naissent les monnaies. Le bien le plus échangé, le plus facilement manipulable et le plus constamment demandé sert à établir le prix de toute chose. En établissant une certaine quantité d'un bien courant comme unité de compte de la valeur des échanges, l'autorité publique assoit matériellement sa raison d'être. Elle ordonne les échanges sociaux à la valeur entre personnes dans une communauté humaine. Elle fait entrer l'économie dans le Droit. La monnaie définie sous la responsabilité du bien public matérialise le règlement de toutes les dettes dont le motif est licite. Les transactions injustes, contraires au bien commun, fuient le marché pour échapper au contrôle public. Le marché réalise une communauté de bien décomposable en lois et en échanges de contributions matérielles personnelles limitées par un même prix. La monnaie matérialise à fin de justice, l'économie de la relation ordonnée aux personnes de l'autorité publique avec des objets matériels ; objets définis en nature et en prix dans la négociation marchande entre l'offre et la demande.

Marché, monnaie, droit et finance

Dès l'origine l'échange de biens contre monnaie est un fait d'ordre public. Entre sujets d'une même loi, le prix quantifié d'une marchandise est unique ; effet d'une loi morale par laquelle des objets matériels s'échangent en équivalence. Dans une communauté de bien, les règles opèrent la matérialisation d'objets échangés en confiance. Les personnes individuelles constatent que les prix sont les mêmes d'une même offre confrontée à une même demande. L'équilibre matériel des droits présente une stabilité dans le temps. Les prix deviennent prévisibles selon des promesses qui ont une valeur raisonnable. Le marché régulé par la Loi et la valeur comptée en monnaie offrent la possibilité d'anticiper. Le temps devient cause de valeur par la faculté de raisonner hors de la matérialité physique présente ; la fonction financière s'introduit dans le marché.

La loi du marché transporte la valeur identique à elle-même dans une même mesure monétaire. L'objet qualifié de la valeur, quantifié par un prix marchand, circule non seulement dans l'espace social physique mais également dans le temps social. A partir du prix présent et certain des biens actuels nécessaires à la production de valeur dans le futur, il est possible d'anticiper le prix d'un bien final par la stabilité de sa définition marchande. En matérialité physique, le bien financier n'existe pas encore. Mais sa forme est concevable avec certitude si le marché exprime des volontés potentielles de l'acheter et de le produire. La rentabilité d'une production peut se calculer à l'avance. Si l'équilibre anticipé de l'offre et de la demande laisse apparaître un prix supérieur aux coûts de production estimés nécessaires, alors il est intéressant d'en dépenser la mesure pour réaliser le bien final. La rentabilité est le résultat d'un jugement moral partagé entre l'offre et la demande, localisées à un même instant du présent ou du futur ; un calcul de marché par lequel la satisfaction produite au bénéfice de l'acheteur apparaît plus élevée que la satisfaction consommée par le vendeur. La rentabilité est une décision de marché qui engage le travail de transformation de la matière présente en objet futur de valeur.

Le marché est le fruit de l'histoire, développé en trois couches logiques. D'abord la société d'échange entre individus personnellement dépendants les uns des autres. Puis la loi de l'échange économiquement efficace par la transmission d'objets sans connaissance personnelle de sa contrepartie. Enfin l'État de droit ajoute l'ultime couche de rationalisation de la valeur ; il génére la confiance par laquelle la matérialisation de la valeur future est engagée sur l'échange de simples promesses mesurées. L'anticipation financière de marché a connu son essor avec la révolution industrielle en Occident puis sa généralisation au monde à la fin du XXème siècle. Elle s'est développée empiriquement. Les conditions de sa maîtrise ont été découvertes progressivement avec l'accumulation d'expériences de prospérité et de crise. La crise survenue en 2007 marque une nouvelle phase d'approfondissement de la connaissance financière.

Risque économique et incertitude des connaissances

Les cycles économiques se sont manifestés dans la répétition des mêmes séquences. En début de cycle, la relative stabilité de la croissance passée, la confiance issue de la régularité et la maturation de nouvelles innovations stimulent les anticipations. Les prix montent, les épargnants achètent la valeur future et les entrepreneurs multiplient les investissements. L'euphorie des projets conduit à emprunter aux banques qui elles-mêmes promettent beaucoup aux épargnants. Les investissements se financent également en direct par le marché où les entrepreneurs vendent des titres de capital ou de créance aux épargnants. Les biens innovants se répandent dans la société ; la concurrence entame leur rentabilité en capital ; le rendement des investissements finit par se révéler plus faible que promis. Des entreprises tombent en défaut de crédit et disparaissent. Les épargnants prennent peur, se retirent du marché financier et réduisent leurs dépenses. L'activité se met à stagner ou se contracte jusqu'à stabilisation des anticipations financières qui permette un nouveau cycle.

La finance exacerbe la part virtuelle du marché. Les agents économiques échangent au présent non pas des objets physiques mais le prix de leur valeur future. Il n'est pas question de compter des réalités physiques objectivement visibles mais d'anticiper la forme que ces réalités auront et le choix que les hommes en feront. Les comptes portent sur la virtualité à produire et à consommer, sur les quantités virtuellement échangées au présent de ce qui sera physiquement échangé. Le marché financier introduit dans l'échange l'incertitude de son objet : celle de la définition des objets effectifs de la valeur future, celle de la permanence des choix humains et celle de la réalité physique future. Ce qui a aujourd'hui une valeur sociale n'en a pas nécessairement demain. Les décisions d'aujourd'hui sont révocables et les décisions de demain ne sont pas connues. Enfin, les événements matériels concrets du futur ne sont pas connaissables. L'échange de la réalité virtuelle porte exclusivement sur sa mesure qualitative et quantitative. La matérialité physique d'objectivité certaine intervient uniquement à l'échéance d'une transaction financière. Avant l'échéance il faut accepter la mesure d'une certitude dans la mesure de l'incertitude.

L'équilibre de l'offre et de la demande sur le marché financier recouvre deux réalités de nature différente : le risque et le crédit. Deux réalités formellement distinctes dans l'intelligence humaine mais indifférentiables dans la matérialité physique. La différence entre le risque et le crédit est apparue empiriquement au cours de l'histoire. L'immatérialité de leur différenciation a été la raison des erreurs d'anticipation qui ont provoqué les crises économiques. La subjectivité de la limite entre le risque et le crédit explique radicalement la crise présente. Une crise économique et financière est la remise en cause des critères de séparation du certain et de l'incertain des prix calculés. Elle intervient quant une avalanche d'anticipations financières échues révèle par la réalité concrète du marché que la certitude du futur avait été surestimée. Une masse trop importante de crédits n'est alors pas remboursée ou pas remboursable.

La causalité du crédit dans le risque de la réalité

Originellement, l'épargne consiste à ne pas consommer toute la production de valeur réelle afin d'investir dans la valeur future. Le paysan prélève dans sa moisson pour semer sa prochaine récolte. Quand le marché et la monnaie se sont développés, il a été possible de prêter l'épargne en nature puis en reconnaissance de dette monétaire. Le crédit en monnaie de l'épargne a impliqué la transformation des dettes réelles à prix incertain en dettes nominales à prix certain. Quand il s'est agi de prêter le prix des semences à la place des semences elles-mêmes, le prix quantitativement certain de la dette à rembourser a remplacé le prix à terme incertain des semences. L'existence du marché à terme est probablement aussi ancienne que celle du marché comptant. Elle n'a jamais résolu l'incertitude intrinsèque du futur ni rendu certaine la réalité sous-jacente au prix à terme. Le marché du physique a bien donné naissance au marché du crédit en reportant à plus tard le paiement des achats comptant ou en différant la livraison physique d'un engagement payé comptant. Le marché comptant a suscité le marché à terme en opérant le transfert du risque sur les acheteurs à terme. L'achat du risque à terme par un prêteur a suscité le crédit en garantissant le prix d'un objet réglé par anticipation sur sa livraison réelle.

Le risque financier est la différence entre le prix présent d'un objet futur, livrable dans le futur, et son prix comptant à l'échéance de livraison. Le risque existe parce que le prix de quelque chose est un attribut de quelque chose distinct de la chose. Le nom ou la mesure de quelque chose ne la remplacent pas. Le risque n'existe pas physiquement ; l'observation ou la sensation d'un objet physique est une certitude financière. Pour autant que nous croyions à nos perceptions sensibles, le prix marchand du physique ne contient pas d'incertitude. Il faut nommer ou mesurer quelque chose pour imaginer que le nom ou la mesure ne sont pas exactement la chose. Et quand on nomme ou mesure un objet futur, il faut attendre l'échéance de sa promesse pour sentir et mesurer que la réalité peut ne pas être exactement celle qui avait été engagée. L'intelligence perçoit intuitivement le risque. Mais il est facile de contester son existence par l'absence de sa réalité physique. Et il est nécessaire de discuter le risque pour le faire exister dans le nom de son objet et dans sa mesure.

La distinction entre le risque et le crédit est de pure raison. Elle dépend exclusivement de la société, de la loi et de son application par le marché. La première manifestation historique du risque est intervenue quand une société politique a été sollicitée pour trancher par ses représentants un litige de crédit. Soit le prêteur a dû accepter le remboursement d'une fraction seulement de ce qu'il comptait recouvrer ; soit l'emprunteur est allé cherché dans ce qu'il pensait ne pas être dû, la mesure de ce qu'il n'avait pas compté rembourser. Le risque est un dérivé du crédit et le crédit est la mesure comptable de la définition d'un objet de droit. La cause matérielle du crédit est dans le marché et sa cause formelle est dans la Loi. La cause formelle du risque est dans le crédit et sa cause matérielle est dans la réalité à terme de marché. Les marchés financiers contemporains ont atteint une totale capacité de manipulation distincte des lois et raisonnements qui forment les anticipations, des crédits qui les matérialisent et des marchés qui en produisent les effets. Faire crédit signifie aujourd'hui prêter le prix d'un objet de crédit pour le recouvrer à une échéance ultérieure. Le risque d'un crédit est la possibilité que le vendeur de la promesse de remboursement soit défaillant à terme.

Crise de la virtualisation des prix

Le risque est une réalité de droit dont la mesure ne peut exister que par le marché. La défaillance d'un emprunteur ne peut se prononcer que par comparaison entre le prix d'un objet concret de réalité visible et le prix engagé en droit dans un contrat de crédit. Sans le marché, un objet de crédit n'a pas de prix. Ni le prêteur, ni l'emprunteur ne savent à quoi ils s'engagent : soit ils échangent une chose sans prix, soit ils échangent un prix sans objet. L'existence formelle de la monnaie ne permet pas non plus de se passer du marché. La monnaie ne peut pas être la contrepartie de tout échange si l'objet des règlements qu'elle effectue n'est pas visible sur un marché. La monnaie n'existe pas matériellement sans marché ; sa définition légale ne suffit pas à lui donner sa consistance. Le risque n'est mesurable que par rapport au crédit, lequel n'existe pas sans l'offre et la demande mesurées en monnaie de droit par le marché. Le risque se mesure à l'origine d'un crédit en anticipant l'écart maximal entre le prix réel de l'échéance de l'objet et le prix engagé par anticipation. L'écart est par nature incertain jusqu'au présent de l'échéance du crédit. Le marché comptant transmute l'incertitude financière en certitude par comparaison entre le prix de l'objet du crédit échu et le prix nominal inscrit à l'origine dans le contrat. C'est bien le temps réel objectif qui transforme l'incertitude en certitude à l'échéance. Au seul instant échu du marché comptant, le prix d'un objet réuni avec sa réalité physique exclusivement présente, offre le calcul vrai et définitif de la plus ou moins-value. Le vrai résultat financier n'existe pas sans un engagement de prix passé identique à lui-même jusqu'à son échéance présente ; une échéance rationnellement négociée par l'égalité de droit entre l'offre et la demande.

Le crédit et le risque du crédit existent par le marché qui réunit dans une même globalité mentale de société : les réalités physiques présentes successives de la valeur, les mesures en crédit juridiquement invariables au temps et les mesures en risque variables. Le risque mesure la variabilité entre le crédit stable et les réalités successives instables. La rationalisation de la causalité du risque par le crédit et le marché ; de la causalité du crédit par la réalité sensible nommée en droit ; et de la causalité du prix de la réalité sensible par la monnaie et le marché est un processus historique inachevé. Jusqu'à la démonétisation de l'or en août 1971 par l'abandon de la définition du dollar en or, la conception a prévalu que la monnaie était un substitut de matière physique précieuse. La renonciation à étalonner la valeur marchande par de la matière physique a depuis laissé la place à une définition empirique des monnaies par le crédit. Puisque les masses monétaires variaient selon la politique des banques centrales, on admit la théorie de Milton Friedman selon laquelle la monnaie est pure quantité délimitée par le marché et le crédit des banques centrales. De cette théorie matérialiste de la monnaie est sortie une vision politique subjectiviste du risque.

Dans la conception actuelle de l'économie de marché coexistent deux théories inconciliables et contradictoires du risque financier. D'un coté la science économique et sa pratique politique considèrent le risque comme une réalité purement subjective. Les agents économiques passent par des crises de confiance qui proviennent d'une mauvaise interprétation des réalités observées. Dans les phases d'incompréhension des données objectives du calcul économique, les sociétés réduisent globalement leurs anticipations financières et leur activité économique. D'un autre coté, la théorie financière développe une exploitation purement matérielle de l'anticipation des prix de la valeur. Le risque est une relation fluctuante dans le temps entre le prix des causes d'un crédit et le prix à terme de l'objet comptant du crédit. L'activité financière repose en conséquence sur l'achat au plus petit prix possible des causes du crédit pour les revendre dans le temps le plus court possible au prix d'un objet de crédit synthétisant toutes ses causes. L'activité est bénéficiaire parce que la somme des prix des causes et du prix du temps achetés sont inférieurs au prix réel de l'objet reconstitué du crédit vendu.

Critères financiers de la vérité

L'anticipation de la réalité est un vrai besoin de l'économie réelle. Mais les sciences économique et politique méconnaissent le droit et la réalité du marché comme cause des prix. De son coté la finance introduit dans ses calculs les prix du droit et de l'existence du marché par intérêt et non par obligation. L'anticipation est une fonction économique nécessaire mais totalement mentale et immatérielle sauf dans sa fin logique et temporelle qui se trouve dans la réalité physique et présente du marché comptant. Sans l'obligation juridique et économique de conclure les transactions financières sur un marché comptant organisé en transparence, les opérateurs financiers font de l'arbitrage réglementaire. Ils achètent les obligations qui leur conviennent au prix qu'ils argumentent eux-mêmes et s'abstiennent de les vérifier par la réalité comptant. Ils les revendent avant l'échéance à des épargnants ou emprunteurs réels tenus par le droit de la réalité économique négociée comptant.

Le régime actuel de circulation internationale non régulée des capitaux permet le choix financier hors de toute responsabilité de droit. La pluralité du Droit dans un espace économique mondial unifié offre à la finance un découpage des marchés à sa mesure, hors de tout contrôle d'un bien commun mondial non défini. Le crédit et les causes du crédit circulent d'un marché à l'autre par un simple jeu d'écriture à la vitesse des télécommunications et de l'informatique. Il n'existe pas la moindre difficulté pratique pour domicilier des causes de crédit sous n'importe quelle juridiction ; là où le marché local leur attribut le prix en crédit que l'opérateur présent sur plusieurs marchés en même temps a calculé. La science économique ignore officiellement comment le droit, le crédit et la causalité financière font fonctionner concrètement un marché. Les autorités politiques se retranchent derrière l'incertitude scientifique pour ne pas établir un principe commun mondial de responsabilité financière. Elles se replient sur leurs prérogatives nationales comme si le marché mondial des droits de l'homme n'existait pas.

Les dysfonctionnements économiques et financiers actuels expriment une crise de la civilisation mondialisée. Le crédit ne mesure plus l'avenir certain. Le risque n'a pas de réalité. La monnaie ne compte plus la certitude du crédit. La valeur comptée en monnaie se dissout dans l'incertitude des définitions juridiques nationales de la réalité. L'incertitude de la valeur réelle dilue la responsabilité de la valeur offerte et demandée. La mondialisation est victime de son succès. Le libre échange a fait circuler la richesse matérielle en même temps que les conceptions hétérogènes des droits et devoirs de la personne humaine. La responsabilité personnelle disparaît faute d'une définition mondiale commune de sa matière. Les objets matériels s'échangent librement sans les causes humaines qui leur donnent existence. Le marché mondial est factice parce que non régulé par un étalon commun de la valeur. Ce défaut systémique offre à la fonction financière de capter sans contrepartie une part croissante de la valeur réelle mondiale. Les hommes vivent-ils d'un critère commun de vérité ?

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 12:26

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Plan de sauvetage de l'Europe

Réponse au commentaire de Daniel déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Çà suffit !

Cher Daniel,

Permettez-moi de vous répondre avec brutalité. Il faut que ce que nous disons (disons et pas disions) ait un sens. Sinon nous ne sommes que des animaux et il est tout à fait logique que nous soyons traités comme tels. Vous avez totalement raison :

«Il important de comprendre qu’elle a acheté un objet marqué d’un prix.
et non un prix attaché à un objet.»

Mais cette proposition ne doit pas avoir sens. Elle nie notre existence sociale de relation à l’autre. L’objet marqué du prix est une affirmation de l’individu qui s’attribue l’exclusivité de l’objet. Dans mon intelligence à moi, je forme et je choisis un objet à quoi je donne un prix. Synonyme de prix non attaché à un objet : prédation. Le prix non attaché à un objet est une négation de l’autre et de la société. Le prix n’est pas seulement un nombre mais la matérialité de l’échange avec un autre sous le regard d’une société. Si le prix est subordonné à l’objet sans que l’objet soit subordonné au prix, cela signifie que celui avec qui j’échange n’est qu’un objet que je manipule à ma guise hors de toute société qui n’a rien à dire.

Le prix objectif égal en valeur à l’objet est la preuve de la civilisation. Si le prix est subordonné à l’objet, c’est la barbarie ! La guerre froide de tous contre tous. Si nous en doutons encore dans la crise actuelle, c’est que nous sommes vraiment des bêtes ! Dans la civilisation, celui qui joue avec le prix d’un objet d’humanité est un criminel. C’est la raison pour laquelle toutes les civilisations ont interdit le jeu sur les prix, c’est à dire le pari gratuit sur le prix d’un objet qui puisse être réellement échangé.

Quand l’Occident savait encore ce qu’est la civilisation, « commerce » signifiait échange de gratuité (co = avec, merci = gratuit). Le prix était donc la reconnaissance sans contrepartie du désir de l’autre dans l’objet échangé. Le prix, pur nombre métaphysique sans matérialité physique, était la gratuité de la présence de l’autre dans l’objet vendu ou acheté. Le prix égal à l’objet était le signe d’une justice humaine, le signe d’une égale dignité entre les personnes en échange. Le marchand intermédiaire du prix représentait le bien commun de la société qui affirmait l’égale valeur de tous ses membres. Le marchand instigateur du prix juste entre l’acheteur et le vendeur représentait l’intérêt réel de la société à la vie de toute personne.

Désolé d’employer des mots aujourd’hui vide de sens. Il fut un temps où l’on parlait pour dire quelque chose qui vienne de soi et qui était donné gratuitement à l’autre. Aujourd’hui la parole ne sert que l’intérêt de celui qui la prononce. Le prix de la parole est strictement individuel. Le prix est identique à l’objet qui n’est que matière à remplir le vide intérieur de l’individu. Le sujet n’existe plus. L’être humain est un atome de vacuité. Et le verbe n’est que spéculation.

ÇÀ SUFFIT ! La guerre est là et explicitement déclarée. D’un coté les zombies qui jouent avec les prix et qui parlent pour jouer avec les prix. De l’autre, les humains qui construisent une civilisation. Douter de la nécessité d’interdire les paris sur les prix par une monnaie universelle, c’est se mettre dans le camp des zombies. C’est s’intéresser à la monnaie qui n’a pas de sens pour produire de l’inégalité. C’est capter le sens commun des mots pour nier l’existence de l’autre et utiliser l’humain.

Cette guerre est une vraie guerre qui fait des morts. Elle est asymétrique, donc inique, donc génocidaire. Tout le pouvoir, toute la force et tout le matériel de guerre est du coté des zombies. Les humains n’ont aucune chance. Les humains sont des personnes physiques, des êtres vulnérables qui dépendent de la réalité pour vivre. Les zombies sont des bits d’information ; ils sont partout, nulle part et totalement invisibles. Sur le papier de la rationalité, les hommes ont perdu la guerre qu’ils jouent. La guerre est faite pour tuer et elle tue ; et nous n’en sommes qu’au début !

Il n’y a qu’une seule manière de vivre qui est risquée : ne pas jouer avec la raison et parier sur la réalité de l’homme qui n’est pas zombie. Une seule voie : le marché qui matérialise la raison humaine imparfaite par la monnaie. Donc le marché qui identifie les personnes physiques ; incarne l’État de droit entre les humains ; représente la force publique ; intermédie le prix du droit entre les nationalités ; établisse le prix négociable des gouvernances nationales ; garantisse la valeur des objets vendus ; livre la réalité tangible à la confiance des acheteurs. Ne pas poser la définition réciproque du marché par la monnaie, de la monnaie par la société de droit et du Droit par le marché, c’est choisir le camp des zombies. Homme ou zombie ?

Désolé, je suis en colère ; la révolte des Égyptiens et des Tunisiens me touche.

Le texte complet du plan de sauvetage.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 13:06

CapitalCreditMonnaieCouverture.jpg L'ouvrage est paru

L'auteur se fera un plaisir de répondre à vos questions et commentaires sur ce blog.


Quatrième de couverture

Au moment où l'unification du monde offre des possibilités d'échange radicalement nouvelles, où l'économie de la connaissance ouvre fondamen­talement les perspectives de développement humain, une crise violente se déclare dans le champ de la réalité matérielle. Le calcul économique qui veut produire plus avec moins tombe en panne. La transformation du monde physique ne parle plus avec l'anticipation de la valeur. L'économie financière s'est affranchie de l'économie réelle.

Les hommes ne savent plus ce qu'ils échangent dans une civilisation mondialisée multipolaire. La phase de développement économique et politique qui s'achève avait été acquise dans le monde réduit au physique en suspendant les querelles métaphysiques sur les fins de l'homme. Il en est résulté une organisation de la réalité politique et économique où les finalités personnelles et politiques ne sont plus discutées. Les cultures se combattent sur le terrain de l'économie sans dialogue construit.

L'hypothèse reste actuellement dominante d'une causalité seulement maté­rielle à l'enchainement des faits sociaux et économiques. Pourtant la première confrontation mondiale de tous les cadres métaphysiques et conceptuels de la civilisation recèle un nouveau chemin de croissance où la matière soit complètement informée par des fins humaines discutées. La finance moderne a inventé tous les outils d'une appréciation objective des décisions humaines. Un vrai marché régulé par les États de droit où tous les sujets de la valeur soient à égalité de choix quels que soient leurs intérêts, leur nationalité ou leur puissance permettrait la création d'un étalon monétaire international de valorisation de toute entreprise humaine. La responsabilité financière personnelle évaluée par des options est la clé d'un ordre mondial qui rétablisse l'utilité des monnaies au calcul économique du développement humain.


Développement d'une carrière bancaire et financière, Pierre Sarton du Jonchay restitue le résultat de ses recherches en économie de la décision. Il propose de réintroduire la négociation des finalités humaines dans toutes les organisations sociales qui produisent la valeur.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 09:36

Analyse de la valeur en risque par la philia

La philia d'Aristote fort bien traduite par concorde contient une dimension essentielle de la problématique politique et financière : le temps. Cela est très clair dans le prix de Paul Jorion (octobre 2010). La philia transforme l’analyse du concept financier de valeur en risque qui a été complètement perverti dans la fausse réglementation de Bâle (Bâle II et Bâle III censé être appliquée par les banques). Matériellement, le risque financier est ex ante l’écart entre le prix nominal présent et le prix réel à l’échéance. Finalement, le risque financier est ex post la plus ou moins-value (au-dessus ou en dessous de la valeur nominale historique) sur le prix nominal contractuel entre un acheteur et un vendeur. Pour que le risque soit vrai (il est factice dans le monde politique et financier actuel), il faut un effet de philia. Il faut un vrai contrat visible entre un acheteur et un vendeur vrais du prix nominal qui soient réellement intéressés au sous-jacent objectif du prix nominal. Il faut que le contrat contienne un terme : c’est la réalité future que les contractants échangent qu’ils rendent intentionnellement présente par leur contrat présent attesté par un tiers. Le prix et le terme nominaux du contrat rendent le futur présent et le temps actuel, qui sépare les contractant du terme. Il faut enfin un marché qui matérialise la stabilité du temps par quoi, l’objet nominal du contrat à terme se transforme en objet réel à l’échéance. L’objet est physiquement livré, visiblement livré par le vendeur à son acheteur et visiblement réglé par son acheteur à son vendeur. L’effet de philia est par le marché réglé par la Loi commune des contractants appartenant à une même cité, la condition d’origine et de fin du prix nominal ; prix nominal qui contient la valeur en risque définie par l’effet du temps entre sujets de la philia.

L’arnaque conceptuelle de la « science » appliquée par le système financier international actuel consiste à poser la valeur en risque comme cause du prix réel à terme et de la plus-value sous prétexte que la valeur en risque existe à l’origine de toute opération financière réelle. L’arnaque consiste à omettre de prouver l’existence de la philia, preuve impossible sans l'attestation d'unicité du marché de l’origine à l’échéance de l’objet d’une transaction. Le « marché » financier international est un concept sans valeur, c'est-à-dire sans matière ni fin ni effet, du fait que les opérateurs transigent sans se connaître comme sujets, sans avoir d’objet réellement commun de transaction et hors d’un cadre réel de continuité d’une hypothétique philia de l’origine à l’échéance de l’objet négocié. La finalité réelle subjective de la finance internationale hors d’un marché commun objectif est limpide eu égard à l’inexistence de la philia. C’est de créer conceptuellement une apparence de réalité de valeur afin de garantir aux acheteurs de valeur en risque la réalité des prix nominaux qu’ils calculent unilatéralement. La captation financière de la valeur réelle passe par le « marché international » nominal non intégrable dans la réalité humaine et physique. En ne comprenant pas la nécessité logique de créer un marché financier transnational commun, les pouvoirs politiques légalement responsables des actuelles monnaies de réserve internationale se rendent complices d’une gigantesque pyramide de Ponzi aux dépens de l’économie réelle mondiale qui n’a pas de prise sur le système financier.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 00:00

Les causes profondes de la crise

La crise que nous connaissons est celle du capitalisme anglo-saxon que le monde entier a adopté. Ce capitalisme est incomplet parce qu’impérialiste et étouffant pour les nouvelles cultures qui émergent et pour la culture latine que les anglo-saxons ont rabaissée et que les Latins n'ont pas ancrée dans la réalité du monde. Or ce qui manque au capitalisme anglo-saxon est justement latent en Orient et dans l’Occident latin : c’est le concept de lien social. Les individus existent autant par eux-mêmes que par la société dont ils sont issus. Si on ne cultive pas sa société matériellement et conceptuellement, on sombre dans l’individualisme et la guerre de tous contre tous. La concurrence n’est pas la compétition. La concurrence suppose une société et une règle du jeu. Si la société n’est pas réinventée en permanence, la règle du jeu disparaît et la concurrence dégénère en compétition où il faut sortir les gens du jeu pour survivre. Nous sommes dans cette phase du capitalisme anglo-saxon.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 23:47

ImageJorion

A Pierre Sarton du Jonchay, à propos de vos billets invités

Valeur et capital : commentaire sur le billet de Paul Jorion

Sont reproduits ici, le commentaire de Paul Jorion à mon billet sur son Blog et ma réponse à son commentaire


Paul Jorion

J’ai lu votre réponse. J’apprécie vos tentatives de clarification et je soutiens toujours votre effort d’intégrer la dimension temps dans notre compréhension des mécanismes économiques mais il me semble que ce que vous intégrez dans cette dimension temps reste inanalysé – ou reprend simplement ce qu’en dit la « science » économique (= idéologie de la classe financière), ce qui pour moi revient au même. Il me semble que ce que Schizosophie, Pierre-Yves D. et moi-même vous disons – chacun à sa façon – est que vous êtes parvenu à cantonner la « soupe refroidie » de la « science » économique dans une partie circonscrite de votre modèle mais qu’elle y est toujours, infectant l’ensemble. Il s’agit maintenant de l’en faire sortir une fois pour toutes.

PSJ : utilité de l'effet dans le système aristotélicien de valeur

Nous sommes confrontés au minimum aux limites du langage. Notre langage est à la fois la conséquence (l’effet dans le temps humain) de notre histoire collective et de notre histoire individuelle. Comme nous employons tous les mêmes mots de la même langue pour échanger, c’est vraiment compliqué de voir dans chaque propos ce qui vient de l’individu et ce qui vient de la collectivité. Je crois notre vie plus importante que les mots que nous employons pour la communiquer et la comprendre. En même temps notre vie est communication et ne peut pas se passer du langage des mots. L’utilité du modèle aristotélicien du langage est pour moi de représenter le plus simplement possible cette part de la vie humaine qui échappe à la détermination nécessaire mais non suffisante du langage. A la matière, à la forme et à la fin qui expriment des vérités hors du temps et des individus qui doivent les assumer, l’effet ajoute une explication non analytique de ce qui est simplement donné à notre observation.

L’effet sépare la réalité du langage pour que la formation de la réalité reste ouverte. Ouverte à chaque personne, à chaque individu vivant en relation avec d’autres vivants qui évoluent dans le temps qui n’est pas fini. Sans l’effet, l’individu se fige dans les déterminations de son langage ou du langage des autres. Sans l’effet, l’individu est totalement analysé et n’a plus de liberté à exercer, de fin à choisir, de réalité à comprendre. L’effet conceptualise la valeur qui vient de la matière, de la forme et de la fin, en offrant à chaque individu le temps et la liberté d’en choisir le sens. L’effet est rassurant parce qu’il permet une liberté non analysée mais inquiétant parce qu’il livre la liberté à l’analyse.

En supposant acquise l’existence de l’effet pour nos interlocuteurs sur ce blog, je prends les mécanismes économiques tels qu’ils nous font effet actuellement pour en déconstruire l’analyse actuelle, c’est à dire l’analyse qu’en produisent ce qui en parlent actuellement pour une quelconque raison. En le faisant sur ce blog je suggère que je partage des fins identiques aux vôtres et à celle de la communauté du Blog de Paul Jorion. Il en résulte que nous confrontons les fins et les formes que nous n’avons pas en commun qui nous révèlent réciproquement dans nos différences. Pour moi, l’expérience est formatrice. Mon intelligence et mon langage s’enrichissent de nouvelles formes qui me donnent valeur à moi-même qui soient valeur pour d’autres. L’existence de l’effet fait qu’il n’y a pas de nécessité à ce que mon jugement s’impose à qui que ce soit et réciproquement.

Les fins que nous partageons sur le Blog sont de sortir du mal être où nous plongent l’expérience et le spectacle de la vie politique, sociale et économique actuelle. Nous supposons que nous ne sommes pas seuls à éprouver ce mal être ce qui nous pousse à l’analyser ensemble pour en proposer des solutions. Des solutions que nous pressentons collectives puisque le problème posé est la destruction du lien social par la disparition de la valeur commune. Ma proposition est bien d’analyser le problème par la conceptualisation de la valeur et du capital dans la causalité d’Aristote. Cet exercice est motivé par la fin à atteindre que nous partageons et non par les formes, capital et valeur, que justement nous ne partageons pas par l’effet de la « science économique » et de sa pratique financière.

J’enferme la soupe froide de la science économique et financière actuelles dans un effet qui s’impose comme fait que nous sommes nombreux à ne pas approuver ; c’est à dire à lui dénier de la valeur. Ce qui ne me conviens pas dans la science économique actuellement appliquée c’est l’absence de considération des effets. C’est une religion (mise en relation) de la matière qui exclut la religion des fins. Nous sommes des individus et pas des personnes. Nous sommes déterminés par les objets qu’on nous vend et qu’on nous force à produire à un prix dont les arguments ne nous sont pas lisibles car sans alternative. Ce système s’impose par l’idée que la liberté, la valeur et le capital sont des fictions non discutables maîtrisées par quelques experts qui connaissent le secret de la main invisible. Pour que ces fictions redeviennent des réalités que nous sachions maîtriser, je ne vois pas d’autre moyen que de les axiomatiser selon des finalités que nous discutons et choisissons.

Je reste enthousiasmé par Comment la réalité et la vérité furent inventées : l’invention de la réalité est toujours en cours par le langage qui est formé dans les fins que nous envisageons. La science économique et financière qui est en train de s’effondrer est celle qui se refuse à considérer les fins humaines pour capter les réalités au profit de quelques privilégiés. Si ce système dont les vices ont été analysés par Marx et bien d’autres a perduré jusqu’à nous, c’est qu’il doit aussi avoir des vertus. S’il s’effondre aujourd’hui comme jamais, c’est que certaines de ces vertus ont été récemment escamotées et certains vices promus par la finance moderne. Parmi ces vices, il y a les paris sur le fluctuations de prix ; des prix qui ne sont plus liés à aucune réalité par la fragmentation des marchés et des lois applicables. Le crédit de l’économie réelle est capté pour générer des gains fictifs prélevés sur ceux qui travaillent effectivement.

La soupe refroidie est-elle la science économique qui ne contient aucune fin humaine ? Elle explique le chômage et la baisse des revenus salariaux par l’inutilité des hommes à la production d’équilibres économiques et financiers qui ne les concernent pas. La neutralisation des fins humaines par la négation de la valeur des effets n’est-elle pas une axiomatique qu’on ne peut combattre que par une autre axiomatique ? Aristote doit subvertir Platon non pas parce que Platon est méchant mais parce qu’il ampute le langage de la réalité humaine de sa liberté et de sa capacité à grandir. Si la fin donne un sens à la liberté humaine dans le temps, si les fins individuelles sont identifiables qui prélèvent la valeur dans la réalité au lieu d’en produire, n’est-il pas possible que la monnaie, le crédit et le capital soient des outils de valeur par la responsabilité des effets ?

L’outil financier de responsabilité de la certitude et de l’incertitude de la valeur ne pourrait-il exister dans l’option négociée dans un marché de transparence des engagements ? C’est l’option qui relie dans un système un nominal contrôlable par la démocratie, un prix déposé dans le marché, un dirigeant responsable de la réalité à terme du nominal et une prime. La prime ne donne-t-elle pas le prix de l’incertitude du prix nominal à l’origine de l’option ? N’est-elle pas la reconnaissance des limites d’une analyse et la valeur possible d’une réalité humaine qui peut dépasser ses limites ? La prime devient à l’échéance la plus-value sur le prix réalisé à la condition de la vérification marchande par le client final de la compétence de l’entrepreneur à anticiper le prix de la valeur. Le capital défini par la prime d’un prix stable engagée en réalité devient ainsi la garantie de la mesure du crédit et l’anticipation de la plus-value du travail à transformer le temps par l’intelligence de la réalité. La plus-value identifiée comme résultat de la réalisation effective d’un engagement revient au travail qui produit la valeur.

Le concept d’option désinfecte-t-il l’argumentation économique du phénomène de la valeur ?

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 13:25

Frédéric Lordon : Le point de fusion des retraites

Commentaire déposé sur la pompe à phynance au billet de Frédéric Lordon


Comment le débat de la retraite dissimule la misère de la spéculation financière

L’échec du système de la capitalisation à garantir les retraites est sans appel dans la crise actuelle. Mais c’est le processus de la capitalisation qui est en faillite. Pas la finalité de la retraite ni la capitalisation qu’elle implique ni la répartition qu’elle suppose. Le capitalisme est en échec parce qu’il s’est affranchi de la Loi. Les États et les sociétés démocratiques ayant renoncé à délimiter les intérêts humains laissent les opérateurs financiers fixer eux-mêmes les prix des actifs financiers qui expriment ces intérêts. Le capitalisme financier est devenu un système auto-référencé. Il mesure lui-même la valeur qu’il prétend créer. Lui confier la capitalisation des retraites revient donc à lui remettre un chèque en blanc contre une promesse de valeur future de retraites financièrement indéfinies.

La duplicité d’un système de capitalisation de n’importe quel système de retraite fut-il exclusivement fondé sur la répartition est de ne produire aucun résultat concret en matière de retraite. Tant que la finance n’est pas régulée, c’est à dire totalement encadrée par des définitions et des obligations juridiques fondées sur la réalité et non abstraites par les mathématiques et le juridisme, la capitalisation est un trou noir non seulement pour les retraites mais pour toute production de valeur future. Le capitalisme ne peut être efficient dans la valorisation du futur que si les modalités de répartition de la richesse qu’il peut produire sont définies en dehors de lui-même.

La réforme des retraites en France est tragique car elle prend acte de la perte d’un futur impossible à arracher à la spéculation. Comme le prélèvement de la finance sur l’économie réelle n’est pas délimité par une loi de répartition, non seulement la croissance réelle est définitivement perdue mais elle sera sanctionnée par un âge de départ à la retraite qui va s’éloigner indéfiniment. La capitalisation primant sur la répartition, il faut désormais repousser indéfiniment l’âge de la retraite pour éviter la mise en faillite d’un système financier et monétaire qui n’a pas pour finalité de mesurer la satisfaction présente et future des besoins humains.

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 18:00

ImageJorion

Nouvel ordre mondial de vérité financière, suite

Réponses aux commentaires du billet paru le 26 juin sur le blog de Paul Jorion


Objectivité et subjectivité de la négociation financière

@VB 26 juin 2010,

Nous sommes apparemment d’accord sur le fait qu’une négociation de prix mobilise la subjectivité. Ce qui fait la différence entre une négociation financière et un troc, c’est l’introduction du futur dans l’échange. Dans un troc non financier, ’objectivité de l’échange vient de l’existence physique sous une forme ou une autre de ce qui s’échange. Cette objectivité associe les sujets par la matière physique. Dans un échange contenant de la monnaie ou n’importe quel actif financier, les objets physiques disparaissent. Un paiement en monnaie d’une baguette de pain implique le transfert au boulanger d’un titre de créance sur une banque. Si le tiers bancaire n’existe pas, la monnaie ne vaut rien car il n’y a pas de débiteur dans le titre de créance. Une transaction financiarisée implique nécessairement un tiers dans l’échange bilatéral.

C’est la nécessité logique du tiers non nécessairement présent qui introduit la possibilité de spéculation, c’est à dire la manipulation de la subjectivité. Le tiers peut certifier ou non le moyen de paiement, la réalité de l’objet échangé et l’égale compréhension que les échangistes en ont. Les limites que tout sujet connaît sont la réalité physique et la présence d’autres sujets exprimant des vues différentes. Un prix peut résulter d’un rapport de force en l’absence d’arbitre si les parties le conçoivent comme tel. Elles peuvent aussi choisir de se respecter même quand l’une des parties est faible par rapport à l’autre. L’arbitrage sert à garantir la volonté des parties à se respecter. Il crée de l’objectivité entre les parties qui ne perçoivent pas leurs limites réciproques surtout quand l’objet de négociation n’est pas physiquement matérialisé au présent.

Vous citez justement l’État comme tiers arbitre dont c’est la raison d’être. L’État est l’expression d’une société qui réglemente l’égalité de droit entre ses membres. La projection des États de droit nationaux dans une autorité multinationale commune de régulation est la seule possibilité d’un marché international réel qui mette les négociateurs à égalité de droit. Sinon la spéculation est libre sur la réalité de l’équilibre des prix.

La couverture systémique du crédit

@pvin

Votre réponse à Crapaud Rouge m’éclaire sur votre position. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Le sens des réglementations exprimées en mots est fuyant ; sujet à une infinité d’interprétations. La proposition du bancor consiste à disposer d’une monnaie qui matérialise en soi une réglementation simple et fondamentale : toute mesure du crédit doit avoir une contre-réalité à l’échéance identique à sa négociation d’origine.

Au lieu de supposer objective et intangible a priori la définition réglementaire ou contractuelle de l’objet d’anticipation financière, on crée l’identité de valeur entre l’origine et l’échéance par un marché et un garant. Le marché fournit le prix de tout objet par confrontation de l’offre et de la demande. Et le garant achète la variation de prix entre l’origine et l’échéance. Le prix garanti est la preuve du crédit, valeur stable dans la durée entre le prêteur et l’emprunteur ; ainsi l’objectivité de la mesure du crédit naît-elle de l’acheteur de la prime de crédit. La prime de crédit est la variation potentielle réelle du prix de l’objet entre l’origine et l’échéance.

Pour que la règle de la couverture effective du crédit par la réalité soit effectivement appliquée, il est nécessaire que les crédits soient originés dans un marché où règne la concurrence entre les emprunteurs vendeurs de risque et les investisseurs acheteurs de risque indépendamment des épargnants monétaires qui veulent conserver leur capital à sa valeur nominale. La monnaie utilisée indique de l’origine à l’échéance la règle appliquée au crédit : à tout crédit en bancor se rattache un acheteur identifiable et solvable de son risque.

Si la garantie d’un crédit est introuvable dans le marché du bancor, cela signifie que l’emprunteur n’est pas couvert et que le crédit n’est pas adossé à un prêt en bancor mais tout au plus à un capital dont la valeur n’est pas garantie. Il n’y a pas en bancor de spéculation juridique du fait de l’objectivité du prix d’équilibre entre l’offre et la demande. La monnaie s’adosse au crédit qui n’est que crédit. Le crédit est crédit par l’achat systématique de son risque. Le risque est le risque par l’obligation de combler à l’échéance l’écart entre le prix négocié à l’origine et le prix de marché à l’échéance. L’obligation est réelle par un sujet engagé identifiable par le marché.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 17:24

Oui au fédéralisme financier de l'Europe

Jean Peyrelevade prône le fédéralisme en réponse aux menaces financières qui pèsent sur l'Europe. Ce fédéralisme ne peut être qu'un système de régulation européen de la sûreté du crédit et de la monnaie. Les conditions de la régulation multinationale du crédit ont été définies par Keynes à Bretton Woods.


L’Europe est bien en faillite latente. Les Etats à part l’Allemagne et à cause de l’Allemagne courent tout droit au défaut de paiement. Les conceptions économiques et budgétaires sont radicalement différentes. Le fédéralisme est financièrement une bonne solution mais politiquement intenable. Les économies européennes divergent parce que les Européens sont différents les uns des autres. S’ils sont tous attachés à la démocratie, ils apprennent chacun à leur manière à la construire. Les cultures nationales de partage du revenu national, de civisme fiscal, de consommation et d’investissement sont bien différentes. Les marchés se contentent de constater ces différences et de les transformer en anticipations de dette publique et d’équilibre commercial.

Le fédéralisme est indubitablement l’avenir de l’Europe ; mais pas sa réalité présente. La finance interprète les équilibres politiques. Elle ne peut pas en être le motif. La réponse appropriée à la demande de sécurité des marchés d’épargne et d’investissement est une régulation budgétaire et monétaire qui traduise l’effort réel
des Européens à harmoniser leur vivre ensemble. Cela signifie un équilibre négociable et permanent entre les efforts engagés, la mesure qui en est donnée et la mobilisation effective des solidarités européennes ; donc la substitution d’un vrai marché à la confrontation anarchique d’intérêts particuliers sans nationalité.

La vraie mission de l’Europe dans le monde présent est la construction de la régulation financière et monétaire entre nations qui se savent différentes dans leurs intérêts économiques communs. Le premier fondement de la régulation financière est de n’engager envers les épargnants nationaux et internationaux que des promesses qu’on puisse tenir. Comme il est très difficile de mesurer tout seul sa capacité à rembourser ce qu’on emprunte, l’Europe doit être un système politique de garantie internationale réciproque de la mesure des crédits.

Tout crédit consenti en Europe au profit de quiconque et spécialement des États doit être garanti par les autres États. Tout emprunteur doit payer une prime de crédit à celui qui accepte de le garantir. Tout crédit non garanti par l’achat du CDS de l’emprunteur (Credit Default Swap, prime de caution d’un emprunteur) doit être interdit. Tout emprunteur dont la prime de CDS cesse d’être positive pour le montant déjà emprunté, cesse d’emprunter davantage et se retrouve à la charge de ses garants. Au lieu d’appliquer ces règles par l’ingérence politique et la déresponsabilisation économique des citoyens, les Européens instaurent un vrai marché financier où les prêteurs et emprunteurs sont identifiés et la certitude de leurs engagements mesurés par l’offre et la demande organisées de garanties financières (cds).

La régulation n’est rien d’autre qu’une responsabilité publique internationale de l’achat par le marché du risque de la mesure du crédit ; une responsabilité dont l’Europe a déjà l’expérience par la Commission Européenne, autorité politique multinationale d’économie de marché. Il faut que l’Europe ose affirmer que la liberté des échanges n’est pas une anarchie où le plus fort impose sa propre définition de la valeur et du prix économique. Un tel système de responsabilité est le bancor qu’avait proposé Keynes à Bretton Woods en 1944.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 16:38

Des réactions à un nouvel ordre mondial de vérité financière

Paul Jorion a bien voulu accueillir mon billet sur son blog. Voici les réponses aux questions et commentaires des blogueurs


DidierF

Monsieur Pierre Sarton du Jonchay,

Jolie cette idée d’un achat et vente du futur avec du pouvoir d’achat présent. Vous introduisez le temps dans les calculs économiques. C’est la première fois que je vois formuler cette relation. Elle est pratiquée dans le fameux « High Frequency Trading » et naturellement dans les opérations à découvert. Elle vous permet de conclure à un vol d’un objet futur pour le rendre avant qu’il soit présent.

Que l’opération soit au mieux amorale, je suis d’accord. J’ai de la peine à suivre votre idée qu’il s’agit d’un vol. L’asymétrie d’information entre les domaines régulés et non régulés permet des opérations douteuses. Le délit d’initié rôde dans ce secteur. L’argent quasi gratuit de la BCE fournit les munitions. Tout cela est, dans le meilleur des cas, pas reluisant. Mais voler un objet dans le futur n’est pas clair.

Il est vrai que votre ligne d’approche du problème implique le temps. Dans les opérations boursières, c’est pour moi une nouveauté. Prendre un objet dans le futur est pour moi vraiment bizarre. L’idée d’échapper aux conséquences de ses actes parce qu’elles tombent après son temps de responsabilité est claire. C’est pourquoi j’accepte votre idée. je ne la comprends quand même pas.

Je crois qu’il y a là quelque chose de très gros à creuser.

Une explication du « vol financier » par la vente à découvert

Cher DidierF,

Prenons un exemple pour illustrer ce que serait le « vol financier » c’est à dire la vente-rachat à découvert. Vous projeter de planter un pommier dans votre jardin et prévoyez de récolter 100 kg dans deux ans. Vous savez quelle catégorie de pommier vous allez cultiver et comment vous allez vous y prendre. Vous vous dites que vous vendrez vos pommes 100 euros dans deux ans. Vous êtes propriétaire de 100 euros dans deux ans en culture de pommes.

Imaginez que vous n’êtes plus cultivateur de pommes mais seulement investisseur dans le risque de cette culture. Vous vous adressez à un intermédiaire financier qui vous déclare que pour acheter la vente à terme de 100 euros de pommes dans deux ans : il faut régler immédiatement 90 euros. Cela vous semble raisonnable et vous investissez 90 euros dans la culture de pomme. La vérité d’une telle opération est que l’intermédiaire financier investisse immédiatement les 90 euros chez un cultivateur de pomme. Si ce que vous avez négocié avec l’intermédiaire est un risque véritable, vous n’avez pas acheté que des mots mais l’engagement d’investir 90 euros dans la culture réelle de pommes.

Vous aurez compris que ce qui se passe sur les marchés financiers n’est pas vraiment cela. Les intermédiaires financiers travaillant de gré à gré ne remplissent pas systématiquement leurs engagements réels d’investissement. Les promesses s’adossent aux promesses et ils n’est nullement certain que votre versement de 90 euros soit effectivement investi dans la culture de pommes. C’est là où est le vol temporaire non pas d’un objet réel concret mais de sa mesure. On vous a vendu un certain prix de quelque chose à terme ; mais l’intermédiaire s’approprie la contre-réalité à terme de cet objet pour spéculer à votre place sur la réalité.

La négociation financière à découvert est possible par l’absence réelle de marché qui est l’absence d’arbitre impartial de la réalité. Si personne ne vérifie que le prix d’une anticipation financière se rattache effectivement à un objet de réalité, alors on peut vendre et acheter n’importe quelle mesure de quelque chose qu’y n’existe que verbalement dans le futur. Ainsi un opérateur financier par le crédit qu’il inspire dans les masses financières qu’il transforme peut négocier des prix qui ne renvoient à aucune réalité humaine et physique. La pomme-papier se confond avec la pomme réelle dans le futur.

S’il existe un vrai marché, aucune anticipation financière ne peut être vendue ou achetée sans qu’elle ne soit confrontée à une réalité engagée, c’est à dire couverte au sens financier du terme. Un investissement de 90 dans 100 euros de pommes dans deux ans est couvert si votre versement de 90 va effectivement à un producteur de pommes. Le producteur de pomme est alors acheteur du crédit nominal de 90 emprunté pour produire 100 de pommes dans deux ans. L’intermédiaire financier est vendeur de la prime de risque de crédit à hauteur de 10 et vous êtes prêteur de 90 euros et propriétaire d’une prime d’option de pomme à terme de 10 euros. Bien sûr, l’intermédiaire financier vendeur de la prime est tenu par la réalité : au terme des deux ans, il paie 10 au producteur de pomme qui n’aura pu vendre ses pommes que pour 80 euros de manière à ce que les 90 euros soient effectivement remboursés selon la mesure anticipée du crédit. Une option est bien plus que la mesure d’un nominal de crédit et d’une prime de risque : c’est un engagement humain entre trois personnes pour produire deux mesures financières et une réalité à terme. Sans un marché de réalité à terme pour cadrer la négociation d’option, la négociation financière se centre sur elle-même au mépris de toute réalité et donc de toute vérité.

Crapaud Rouge

Vraiment trapu comme article… Je note seulement que la notion de règlementation y joue un rôle aussi important qu’inattendu. Intuitivement, on dirait que, aux yeux des acteurs financiers et des spéculateurs en particulier, cette réglementation est en fait la réalité-même, celle qui sert de référence aux calculs, donc un terrain naturel pour la spéculation. Ce n’est donc pas tant la notion de risque qui est à revoir de fond en comble, mais son contexte, de type sémantique, que constitue la réglementation. La « vraie » réalité, celle du « crédit engagé », s’en trouve comme masquée, et expulsée des calculs spéculatifs.

Il est fort possible que j’ai mal compris, mais il me semble qu’il y a là-dessous une idée originale et forte, parce que la réglementation, au départ, est censée rappeler les acteurs à la réalité.

DidierF

Crapaud Rouge,

Je suis d’accord. Cet article est trapu. Je n’ai pas non plus tout compris. Vous me faites remarquer que dans cet article la règlementation est la réalité des financiers. C’est une idée fort séduisante.

Elle rejoint ce que je comprends de l’article. Il y a la partie règlementée de la finance et une partie non règlementée. Cela produit deux réalités entre lesquelles il est possible de jouer. La partie règlementée sous estime le prix de l’actif et permet de vendre avec un paiement sûr. La partie non règlementée surestime ce même prix et permet de s’imaginer gagner beaucoup plus que ce qui est possible si on l’achète. Ensuite par besoin d’argent, il faut vendre et là la partie règlementée entre en jeu. La différence est fournie par la planche à billets US ou les prêts quasi-gratuits de la BCE. Elle disparaît dans les poches des opérateurs financiers jouant sur les deux tableaux. Nous, on paie.

Par la rigueur, par l’accusation que nous vivons au dessus de nos moyens, par l’optimisation des systèmes sociaux, par le chômage, etc… Beurk

J’ignore si cette image correspond à la réalité. Mais elle est très plausible et utilise votre idée de la réalité des marchés définies par la régulation. Vous m’ouvrez la porte d’univers virtuels distincts entre lesquels des financiers effectuent des échanges. Nous sommes les gisements de matières premières pour ces échanges. Nous payons.

Cela m’ouvre des perspectives de jeux financiers infinis par créations d’univers virtuels.

Les causes morales du risque financier

@DidierF et Crapaud Rouge,

C’est exact : la réglementation est la réalité des financiers. L’anticipation des prix du futur ne se fait pas sur des réalités physiques tangibles mais sur des définitions de réalité. La définition d’objet financier renvoit à quelque chose qui doit pouvoir exister à un prix qui s’approche de celui anticipé. L’anticipation financière porte autant sur le prix que sur l’objet sous-jacent au prix. Et la matière du risque n’est pas l’incertitude du prix mais bien la pluralité d’interprétation d’une même définition d’un objet d’investissement et la possibilité que la réalité future n’existe pas dans la forme ou elle a été mesurée. Il y a une troisième cause matérielle de risque, celle qui créé l’aléa moral : l’absence d’intention d’anticiper des réalités et de les mesurer à leur vraie valeur à terme entre les mains de leur acheteur final. La mesure du risque résulte de ses trois causes matérielles dont l’une tient strictement à l’éthique du financier.

Comme toute activité économique est faite d’anticipation, la finance crée sa propre réglementation pour tout objet de valeur à terme non défini par la collectivité. Un objet de négociation financière défini par la collectivité constitue un vrai marché : tout échangiste sait ce qu’il négocie et le négocie en lui attribuant une valeur collectivement reconnue. Un objet défini par un intermédiaire financier hors de toute régulation publique échappe facilement à une compréhension collective qui garantisse la réalité de sa valeur.

Quand plusieurs nationalités et plusieurs sources de réglementation publiques ou privées se confrontent dans l’espace économique mondial hors la présence d’une autorité commune de définition de la valeur, toutes les mystifications sont possibles et financièrement rentables.

pvin dit :

@ Pierre Sarton du Jonchay

Je suis un peu long, désolé, la grève m’offre du temps.

Votre article fera sans doute plaisir à P. Jorion, puisque dans sa conclusion il propose la mise en place du bancor. Néophyte en ces matières, votre article reste pour moi abscons.

Denis Guedj avait dit « Une affirmation mathématique n’est pas vraie parce que c’est un « chef » qui le dit, mais parce que tout un chacun peut en vérifier la justesse ! ».

C’est le pari de la raison, encore faut-il que le « tout un chacun » ait acquis le savoir qui permet d’être dans le coup de la vérifiabilité. Entre 2 avis opposés dans un domaine où j’entrave que pouic, je penche vers l’expert qui a les mêmes penchants politiques que moi, ça ne garantit rien pour autant.

Vous présentez sur votre blog le coup de gueule du regretté Guedj, Merci, c’est une excellente lecture plus accessible au commun.

Je crois comprendre que ce bancor malgré son inconvénient de cumuler dans sa sonorité la banque et l’or, serait un nouvel étalon universel offrant une gamme de convertibilité à toutes les monnaies en usage, or inclus dans une chambre de compensation avec une exception notable pour l’or qui serait convertible en bancor et pas l’inverse. Bref une sorte de mètre, référent ultime pour des monnaies ayant entre elles des rapports schtroumpfés via ce bancor qui devient un équivalent général. Pourquoi pas !

Néanmoins à lire P. Jorion (note sur le bancor) la proposition de Keynes vise à « assurer la pacification des relations économiques entre les nations » et Keynes pense « Il n’y a en réalité que deux [idéologies] : les états totalitaires… et les états libéraux ».

Sous réserve des changements de « valeur » linguistique des mots utilisés dans le passage d’une langue à l’autre, je note que Keynes use du terme « Nation » et de celui d’ « État ». Le troisième larron de la sainte trinité fictionnelle « Peuple » n’est pas explicite et sa volonté chère à Mirabeau pas plus. On ne trouvera jamais de présence de l’un et de l’autre que biaisée par un système complexe de représentation quel qu’il soit et pas neutre du tout quant au « faire valoir » des intérêts divergeants en jeu.

En dépassement de la Nation et ses impasses fut proposé au 19ème la notion d’internationalisme qui subvertit les calculs égoïstes des représentants de la Nation qui s’avèrent pour la plupart les représentants des privilégiés de la Nation comme les fils de ce blog ne cessent de le montrer.

On sait que l’élan de cet internationalisme fut cassé par les ambitions nationalistes en jeu dans la dite première guerre mondiale. (Cf Jaurès). Un évènement contingent s’en produisit en 1917 qui tout en déplaçant le sens d’internationalisme, ordonna par la suite autrement qu’au 19ème l’ordre du monde et son désordre pendant tout le 20ème et jusqu’à ce jour puisque malgré les paradoxes sensibles de la République Populaire de Chine, elle reste un effet de l’évènement contingent.

Si Keynes dans les 30’ usait déjà de l’opposition totalitaire/libéral c’était déjà comme aujourd’hui encore, sans distinguer que le fascisme n’a jamais été qu’une forme violente de réaction du pouvoir des possédants à la violence du projet socialiste de leur couper les bourses.

La loi Monory de 1978 était aussi une réponse politique plus soft au PCG, et favorisa fiscalement la création d’un capitalisme populaire (dans tous les sens du terme !) et l’identification idéo-logique aux possédants. Cette identification suscite plus « d’envie » que la théorie des ensembles version 2 classes définissant les appartenances (même croisées de fait).

Vous employez l’expression de « réglementation non totalitaire ».

Le réel par définition échappe à toute tentative de réglementation si on entend par là une tentative symbolique de la tentation imaginaire de l’incarcérer. Par hypothèse toute règle suppose la possibilité de sa transgression. La sanction est le témoin de cette potentialité en puissance. Donc une règlementation est par essence totalitaire bien que trouée. Qu’il s’agisse de la notion de vide juridique ou des cohortes de juristes qui se précipitent aux services d’intérêts qui les rémunèrent jusqu’à satiété pour trouver les failles des limites imposées par l’État de droit, la fuite est toujours déjà là.

Aussi pourriez-vous m’éclairer sur votre syntagme de « réglementation non totalitaire » qui suppose alors une réglementation qui soit totalitaire. Une réponse là-dessus m’importe.

Votre billet/analyse semble proposer une solution technique comme remède à une situation économique issue de choix politiques. Je crois lire que toute l’affaire que vous articulez tient à la décorrélation entre un signe et son référent. Là où Magritte propose son « ceci n’est pas une pipe » les MAF achètent et vendent la pipe, avec le bénéfice virtuel du rapport de cette féelation réelle promise à quelques fortunes.

Ce serait donc une sorte de bulle de la valeur de la signification comme telle (un délire initié par quelques « économistes » embarquant le monde entier ? – on en a connu d’autres ; le petit dernier, Kerviel « Donc, si j’ai continué, ce n’était pas pour l’argent, mais j’étais complètement déconnecté de la réalité »). Cette valeur de la signification (la fameuse réalité) est toujours en discussion à la bourse des échanges langagiers quotidiens qu’on appelle pourparlers.

Personnellement je ne pourparle plus sur l’opportunité de mettre fin à la propriété privée des grands moyens de production, ni sur la fin du secret bancaire. Après ça peut pourparler sur « un programme partagé » incluant le bancor, qu’ensuite viennent s’en mêler la dite extrême gauche jusqu’aux villepinistes, l’important me parait d’isoler les terroristes et les totalitaristes du capital et de « desseiner » une alternative, mondiale bien sûr.

Le socle réglementaire de la finance

Cher pvin,

Permettez-moi d’avoir pris le temps de réfléchir avant de vous répondre. Mon expression de réglementation (non) totalitaire est effectivement à éclairer. J’entends par totalitaire le fait de couvrir par un discours tout un champ du réel de sorte qu’il ne reste aucune incertitude sur la description complète de ce réel. S’agissant du domaine financier, la réglementation n’est pas totalitaire puisque la partie du champ non couverte est beaucoup plus importante que la partie couverte. J’affirme que ce fait pose problème parce que générateur de risque non mesurable donc illimité.

Comme l’échange financier porte sur le futur, ses objets ne sont pas mesurables physiquement mais dans leur définition verbale. La réglementation est un moyen indispensable de l’activité financière en figeant des définitions d’objet financier. Sans une définition commune entre les contreparties de l’objet qu’elles négocient, le risque est total qu’elles ne négocient pas la même chose. L’absence de réglementation financière d’origine publique dans le champ international laisse aux acteurs le soin d’annoncer par eux-mêmes la réglementation qu’ils s’appliquent entre eux. Ils le font à l’intérieur de leurs contrats sans lesquels il n’y a pas d’objet financier.

La réglementation publique plus les contrats privés constituent donc globalement et nécessairement une description totale de la réalité des engagements financiers. Mais c’est une totalité invisible à la collectivité du fait des contrats de gré à gré qui ne laissent aucune trace extérieure aux parties. Entre les parties-mêmes, rien ne prouve ni ne garantit l’interprétation commune des engagements échangés. Il en résulte que les prix ne sont pas l’expression d’un équilibre entre une offre et d’une demande. Ni à l’échelle de la collectivité financière à cause des contrats inconnus ; ni à l’échelle individuelle où l’offre d’un contrat n’est pas objectivement ce qui est demandé par la contrepartie.

Précisons à ce stade qu’une négociation financière étant nécessairement une pure confrontation de subjectivités sans objet physique, la seule présomption objective d’objectivité entre des parties est l’intervention d’une troisième partie responsable de l’équité. Elle n’a pas d’intérêt dans l’objet négocié mais seulement à l’équilibre d’information entre les parties sur la réalité de leurs engagements réciproques. On découvre que ce tiers ne peut venir que du marché ; pas le lieu où l’on négocie mais l’intermédiaire par lequel on négocie. L’intermédiaire de marché incarne littéralement la communauté des objets de négociation financière entre toute partie négociante.

La réglementation financière devient donc réellement totalitaire par l’intermédiation humaine entre sujets humains d’anticipation financière. Pour qu’une réglementation soit totale, elle ne doit pas tout dire mais permettre que tout soit dit sur le plan des engagements humains. Le seul moyen d’y parvenir est l’instauration d’un marché d’intermédiation parfaitement délimitée et identifiable. Identifiable par une monnaie de transaction qui signale l’efficience absolue de l’intermédiation de marché. Délimitée par le fait que sans utiliser la monnaie, on négocie en dehors du marché et de la régulation qu’il contient. Une réglementation financière totalitaire est un marché transparent d’anticipations dont les sujets sont dedans ou dehors selon la monnaie qu’ils utilisent.

Vous affirmez à juste titre que nous sommes dans un problème de tri. Quelle totalité choisissons-nous ? Le bancor est la proposition d’une réglementation de marché distincte de tout autre qui accueille la totalité de l’engagement humain. Le bancor est international car aucune interprétation nationale du droit ne peut y prévaloir ; seulement l’égalité d’information entre des parties engagées garantie par un arbitre commun. Arbitre commun évidemment délégué par les Etats, peuples et nations démocratiques convaincus que la liberté la plus fondamentale est de comprendre à quoi la vie engage.

Qu’en dites-vous ?

Daniel dit :

J’ai arrêté de lire pour noter ceci : vous associez surprime à crise de liquidité. C’est un point de vue incomplet, stérile et finalement erroné.

La cause est une crise de solvabilité. Il suffit de se rappeler ce que désigne le terme « subprime »: des gens non solvables, parce que sous-payés au nom de théories absconses ( qui ont encore cours), ont été incités à contracter un crédit immobilier supérieur à leur capacité de remboursement. En corolaire,il était admis, au nom d’une théorie ( qui apparamment s’est effondrée) que le marché de l’immobilier étant croissant, la valeur à la revente serait supérieure au crédit contracté.

Là est l’origine des « subprimes »; le reste n’est que littérature de banquiers, car pour eux et eux seuls, le crise est une crise de liquidité. Adaptez le revenu des accédants à la propriété au niveau d’un immobilier raisonnable, vous n’avez plus de crise systémique. C’était la situation prévalant avant les théories absconses.

Pensez aux épicycles de Ptolémé.

Définir la liquidité

@daniel,

Vous êtes au coeur du problème en discutant du lien entre liquidité et solvabilité. La solvabilité, c’est la permanence anticipée de la liquidité future : est solvable celui dont on ne peut pas douter qu’il sera liquide sur tous ses engagements à échéance future. Pour être solvable, il faut être actuellement liquide. Ne pas être mis en faillite signifie acter à tout instant présent la possibilité de régler ses engagements à terme.

L’impasse actuelle du débat sur la liquidité et la solvabilité est dans l’absence de la réalité sous-jacente à la mesure de la liquidité et de la solvabilité. Pour que la liquidité présente et à venir soit réelle, il faut que la contrevaleur des prix financiers soit réelle et vérifiable. Vous avez absolument raison : si les prix de l’immobilier américain n’avaient pas été artificiellement stimulés par des crédits réellement illiquides, il n’y aurait pas eu de crise des subprimes.

Le problème de la liquidité est donc celui de la réalité qui doit être mesurable indépendamment des anticipations financières. Est liquide un prix qui reflète l’équilibre actuel de l’offre et de la demande de son objet sous-jacent réel. Est potentiellement illiquide un prix qui contient les équilibres futurs de marché avant que l’offre et la demande réelles ne soit encore exprimées.

Et qu’est-ce que sont l’offre et la demande réelles ? L’échange de la satisfaction réelle de détenir un objet réel contre un crédit de monnaie liquide dont la valeur réelle correspond exactement au prix de l’objet échangé. La réalité est donc celle de sujets librement engagés dans leur décision d’échanger un objet réel contre monnaie dont la valeur est définie et certaine.

La crise systémique est bien la possibilité de pouvoir produire le signe de la liquidité en dehors de sa réalité.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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