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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 10:47

ImageJorion

Gouverner c’est choisir


Le terme de « politique » désigne à la fois les décisions politiques et le cadre de prise de décision. Le cadre de décision fonde la distribution des pouvoirs politiques. Si gouverner, c’est choisir, une question fondamentale se pose : qui choisit quoi ? Dans la démocratie, les rôles du pouvoir politique sont répartis entre le judiciaire, le législatif, l’exécutif et la représentation du peuple par les figures de l’agora ; le lieu où s’échangent les textes possibles de loi, les décisions effectives et les biens économiques.

Dans la ploutocratie, les rôles du pouvoir politique sont répartis entre les gérants de la monnaie : le pouvoir financier prend les décisions d’émission de la monnaie par le crédit et l’investissement ; le pouvoir politique stricto sensu garantit le cadre de décision qui permet l’émission de la monnaie. Dans la ploutocratie, le marché est une chambre d’enregistrement et d’exécution par les non-citoyens des décisions discutées et prises par l’oligarchie politique et financière.

Deux visions de la monnaie internationale

Il y a deux lectures de la compensation internationale en bancor. Une lecture aristocratique : elle constitue un directoire mondial pour définir le cadre de compensation et prendre les décisions de compensation. Les décisions de compensation définissent le prix du bancor en biens réels et en équilibre international des paiements. Le résultat de la compensation est la balance des crédits en bancor qui reconnaît ex post ce que chacun avait le droit de vendre ou d’acheter pour que l’équilibre mondial de la liquidité soit préservé.

Les pénalités sont infligées à ceux qui ont trop vendu : le crédit qu’ils croyaient avoir accumulé ne leur est pas reconnu par le directoire. Les décisions du directoire ne sont pas anticipables ni discutables. Si elles sont anticipables, des spéculateurs financiers viennent proposer avant la décision des assurances sur leurs conséquences économiques inopportunes. Si elles sont discutables, des spéculateurs politiques viennent intriguer moyennant finance pour orienter les décisions du directoire.

La deuxième lecture est démocratique. Elle fonde la compensation sur un marché où toutes les offres et toutes les demandes sont admises sans restriction de statut social, politique ou financier. La seule condition de recevabilité d’une transaction à la compensation est le provisionnement du prix proposé vendeur et acheteur par des opérateurs indépendants de l’acheteur et du vendeur. Quelle que soit l’offre de bien et de prix proposés, acheteurs et vendeurs sont engagés par la couverture des acheteurs et vendeurs primaires (acheteurs de la prime et vendeurs de la prime).

Acheteurs et vendeurs primaires sont eux-mêmes couverts sur leur offre de prime. L’autorité de compensation est elle-même couverte par des primes de capital cotées dans la compensation. Si l’autorité de compensation commet une erreur de jugement sur l’équilibre compensé qui inflige un préjudice à quiconque, le dédommagement décidé par le pouvoir judiciaire est versé sur le capital de l’autorité de compensation et sinon par les acheteurs primaires de capital de compensation de marché.

Bon sens et logique

La compensation adossée au marché régulé par l’égalité des droits de la démocratie produit des décisions anticipables, discutables et systématiquement traduites dans la réalité matérialisée par la monnaie internationale ou nationale garantie en droit. Keynes était un rationaliste réaliste. La finance et la démocratie n’étaient pas suffisamment développées à son époque pour qu’il fasse une proposition explicite de marché international d’option des décisions politiques par la responsabilité financière et des responsabilités de prix par la réalité politique.

Dans l’explication qui précède, le mot « valeur » n’a pas été prononcé une seule fois. La valeur n’explique rien ni du prix ni de la monnaie. Par contre pour justifier une préférence pour la lecture aristocratique de la compensation keynésienne, l’argument premier ne peut être que celui de la valeur ; sans marché, un directoire monétaire mondial n’a rien à dire d’autre que sa valeur intrinsèque pour expliquer et justifier ses décisions auprès d’un peuple voué à l’ignorance et l’inculture.

Le directoire monétaire mondial existe déjà quelque part entre la Fed, le Trésor étatsunien, le FMI, la BCE et le Conseil Européen. Comme il n’y a pas de vrai marché international qui soit un cadre de discussion de la régulation financière, le système monétaire international repose entièrement sur une autorité informelle et invisible qui ne voit pas la réalité économique. Cette réalité sans cadre politique se désagrège. Le pouvoir politique se désintègre dans l’anarchie financière.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 10:43

Eviter la guerre civile

Le problème de la synthèse humaine est extraordinairement simple à poser et impossible à résoudre rapidement. La connaissance humaine s’est divisée en chapelles qui ne communiquent pas entre elles. Chacun croit se protéger en rendant ses compétences hermétiques aux autres. La science, et notamment la science économique, a cru prendre le pouvoir en reléguant les humanités hors du champ scientifique. Le résultat est qu’il est impossible de parler de finalité et de bien humain à l’intérieur du raisonnement économique et des concepts courants de la science économique.

La conceptualisation discutable de l’homme avec la rationalité économique en passant par le droit et la philosophie est à reposer. La difficulté à se comprendre vient de la connaissance intersubjective qu’on croit inutile parce que l’objectivité des concepts serait évidente et apprise de la même façon par tout le monde. C’est totalement faux. Il faut instaurer la discussion pour se comprendre.

Le dialogue est stérile entre sujets qui ne savent pas ce que l'autre ne sait pas. Et quand les mots employés sont empiriquement polysémiques. Cette situation n’a aujourd’hui rien de surprenant : bien que la crise des finances publiques soit ancienne et parfaitement analysée, les négociations entre la politique et la finance pour renflouer la Grèce sont dans une impasse totale. Il faut réapprendre à se parler. L’option sert à calculer des primes de compréhension réciproque ; rien à voir donc avec l’utilisation spéculative actuelle.

La réhabilitation de l'option passe par un ré-ajustement des vocabulaires, entre le droit et la philosophie de la valeur. L’option rend compte de l'articulation du discours juridique sur toute philosophie de la valeur. L’option produit le prix du droit en valeur et le prix de la valeur en droit. Le droit est la prime acquise par le philosophe du prix que le juriste attribue à sa valeur. La valeur est la prime acquise par le juriste du prix que le philosophe attribue au droit.

Le même exercice est à accomplir entre l’économie et la philosophie. Le croisement de l’économie et de la philosophie derrière laquelle se trouve la politique donne une base et un prix à la finance justement par la logique d’échange d’option. La prime juridique de la finance est actuellement négative par rapport à la masse nominale de crédit qu’elle affiche dans le système des monnaies. Cette prime négative n’a pas de prix afin de rester dissimulée. Les gouvernements européens manipulés par les marchés essaient de passer la « facture » aux peuples.

La chambre de compensation internationale d’option permettra de calculer toutes les primes des monnaies, du crédit, du capital et des biens et services réels. Si elle n’est pas instaurée rapidement, les gouvernements actuels seront remplacés par des « démondialisateurs nationalistes » qui poursuivront la guerre économique aux dépens des peuples. La bataille idéologique fait rage entre la démocratie et l’individualisme néo-libéral asocial. Comme dans les années trente, la démocratie part avec un handicap. Il faudrait pouvoir faire l'économie d'une guerre civile mondiale pour restaurer la démocratie.

 

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 19:16

Reconstruire l'économie politique sur la théorie aristotéliciennne du prix remise à jour par Paul Jorion

1 La réalité et la vérité inventées ; 2 L'intelligence leurrée en soi-même ; 3 Modèle aristotélicien de la réalité ; 4 La science pythagoricienne ; 5 Démantèlement de l'économie politique ; 6 Réduction mathématique de la réalité humaine ; 7 Fin de l'économisme ; 8 Mystification économiste par la valeur ; 9 Décomposition de la valeur du système ; 10 La valeur réellement calculable par la finance ; 11 Fin de l'économisme

La réalité et la vérité inventées

Le prix de Paul Jorion offre une analyse rigoureuse d'une théorie du prix débarrassée de la notion de valeur. La démonstration repose sur la dénonciation du coup de force pythagoricien décomposé dans Comment la vérité et la réalité furent inventées. Paul Jorion explique que la construction de la réalité s'est structurée dans la civilisation méditerranéenne antique principalement sous l'enseignement des philosophes grecs. L’œuvre d'Aristote est le plus ancien témoignage d'un système philosophique complet d'expression de la réalité véritable.

L'invention de la vérité apparaît après une longue expérience de discussion de la réalité. Elle intervient selon Paul Jorion à la fin du Moyen Age quand la recherche scientifique se met à élargir le champ de la connaissance du réel en dehors du discours de la croyance religieuse. Il est alors nécessaire de poser un discours nouveau sur la réalité observée. Ce discours sur la réalité est par nécessité logique vrai ou faux : vrai quand il est vérifié par l'expérience et l'observation objectives ; faux quand aucun consensus ne se dégage ni sur la formulation de la théorie, ni sur la vérité de l'expérimentation.

Avant l'invention de la vérité distincte de la réalité, le discours de la connaissance humaine est réellement vrai quand il s'inscrit dans les écrits religieux inspirés. Après distinction de la vérité et de la réalité, il devient possible de poser des discours sur la réalité dont la preuve de vérité ne se trouve pas dans la théologie ou dans le mythe mais dans la réalité observée hors de toute vérité révélée. La science du réel existant se construit dans un discours sur l'objectivité. Elle doit discuter le mythe par la théorisation puis se vérifier par l'expérience sensible reproductible.

L'intelligence leurrée en soi-même

Au moment où les hommes commencent à différencier la vérité et la réalité, ils réalisent une autre différence à l'intérieur de leurs connaissances. Ils différencient les sources selon les statuts de subjectivité humaine : aux connaissances inspirées dont les clercs sont dépositaires s'opposent les connaissances théorisées par des savants sécularisés. La métaphysique devient le domaine de la religion et du discours sur l'origine du créé. La physique devient le domaine de l'observation et de la modélisation du concret indépendamment du questionnement de la cause d'existence de l'être.

La différenciation entre la réalité et la vérité s'accompagne de la séparation entre la vérité révélée et la réalité observée. Le procès de Galilée cristallise le divorce entre ces deux domaines de connaissance. L'épistémologie qui questionne la réalité de la vérité scientifique et les conditions de vérité de la science n'existe pas hors de la théologie de la révélation. Révélation réputée contenir toute connaissance humaine tant qu'il n'est pas imaginable que l'homme puisse douter de ce qu'il croit.

Paul Jorion explique cette scission cognitive de la connaissance humaine à partir des catégories d'Alexandre Kojève : être donné, réalité objective, existence empirique. L'être donné n'est accessible à l'intelligence que par l'existence empirique. Le langage d'intelligence humaine organise l'être donné saisi par l'existence empirique. L'intelligence enfermée par nature dans la réalité objective est naturellement exposée à oublier la médiation de l'existence empirique. L'écran de l'existence empirique transpercé par l'abstraction de l'être donné qui n'est pas accessible en soi finit par disparaître dans le sentiment intellectuel de la connaissance.

Modèle aristotélicien de la réalité

En décomposant l'effet de l'existence humaine à soi-même, Aristote avait distingué la matière, la forme et la fin. La matière était l'être donné dans l'effet sensible. La fin était également de l'être mais choisi par le sujet agissant de connaissance. La fin était la partie subjective de l'être, choisie par celui qui parle. La fin s'opposait à la matière, la partie objective de l'être. L'objectivité de l'être était donnée à celui qui parle. Sujet et objet sont des catégories d'aujourd'hui qui explique rétrospectivement la pensée aristotélicienne. La forme où se trouve la réalité objective était donc pour Aristote la séparation dans l'être entre le donné et le choisi, entre la matière et la fin.

Aristote avait introduit la distinction de l'être entre la fin et la matière pour expliquer le changement. La matière pouvait rester identique à elle-même en étant substituée par sa fin. C'est ce qui expliquait qu'une même matière produisait des effets différents sans avoir changé dans son être donné. Aristote contredisait les pythagoriciens qui niaient la possibilité du changement hors de la réalité mathématique de la matière.

L'inexistence de l'effet et l'indistinction de l'être entre sa matière et sa fin faisaient que la matière et les mathématiques étaient une seule et même réalité pour les disciples de Pythagore. A la fin du Moyen Age, la fécondité scientifique du travail de connaissance mathématisée redonne à penser que l'être observé par l'existence empirique est de nature mathématique.

La science pythagoricienne

Les mathématiques sont issues de la théorisation de la matière physique. Comme la matière est justement ce qui n'est pas choisi par le sujet, l'exigence du choix dans l'existence empirique paraît inutile dans le travail d'investigation d'un être donné expurgé de toute subjectivité. Les mathématiques efficaces à produire une connaissance partielle de l'être donné induisent une rationalité qui se croit indépendante de l'être choisi.

Le discours sur la rationalité du choix, c'est à dire le questionnement moral, n'est plus indispensable à la connaissance. La morale est abandonnée à la connaissance philosophique du divin et de l'invisible. L'être donné est libéré de l'être choisi par le sujet de la connaissance. C'est le coup de force pythagoricien où l'être donné est absorbé dans l'objet mathématisé de la science expérimentale.

Les mathématiques et la réalité observée par l'expérience sensible fusionnent dans une même matière qui monopolisera le statut de connaissance scientifique. Paul Jorion explique dans Le prix que la science économique va naturellement se construire dans le paradigme pythagoricien.

Démantèlement de l'économie politique

Jusqu'à Marx l'économie est politique. L'économie est alors une science morale qui théorise la relation quantitative entre l'être donné des agents économiques, la réalité objective des prix, du marché et de la politique et l'existence empirique des échanges de bien contre monnaie. Marx formule une critique morale de l'économie politique en remarquant qu'elle justifie une répartition qu'il juge immorale du capital et de la plus-value entre les travailleurs et les capitalistes.

Après Marx, la science économique est « pythagorisée » afin d'être rendue objective ; pour éluder tout questionnement moral sur la répartition de la richesse produite, et pour justifier un état de fait par une rationalité économique intrinsèque qu'aucune politique ne puisse mettre en cause. Le socialisme apparaît alors comme un anti-économisme destiné à contrer une logique spécifique à l'économie que la politique ne peut plus discuter.

La pythagorisation de l'économie induit une nouvelle interprétation de la notion de valeur. Jusqu'à Marx, la valeur est le résultat de la satisfaction du sujet. La plus-value de Marx est le surplus de satisfaction produite par la transformation du travail. Le travailleur produit la valeur qui satisfait ses besoins. Ce faisant, il produit une plus-value que le capitaliste s'approprie alors qu'il ne travaille pas. La captation de la plus-value par le capital est une expropriation illégitime bien que légale.

Réduction mathématique de la réalité humaine

Marx utilise la notion de valeur comme matière de sa réflexion sur les fins de l'économie pour ses acteurs que sont les travailleurs et les capitalistes. En réponse à la proposition marxiste du socialisme, l'économisme bourgeois invente la valeur sans finalité. Comme le socialisme est une proposition de répartition politiquement dirigée de la valeur produite, une nouvelle science économique apparaît dont l'objet est purgé de toute finalité d'ordre politique. L'objet de l'économie devient intrinsèquement rationnel indépendamment de toute responsabilité humaine des finalités poursuivies.

Paul Jorion tire dans le prix les conséquences épistémologiques du choix de mathématisation de l'économie. Puisque la valeur économique est une matière expurgée de toute fin extérieure à l'objet qui la porte, alors le concept de valeur est un masque. La raison de l'économie étant devenu purement matérielle et logique, la valeur qui matérialise la subjectivité n'est d'aucune utilité à cette science qui veut ignorer la subjectivité.

En mathématique, la notion de valeur est issue de la notion de variable à l'intérieur des fonctions qui formalisent les lois de transformation des objets formels. Dans la structure mathématique de la réalité objective, la valeur est la porte d'entrée de l'être donné hypothétique. La valeur sert à introduire la variabilité du sujet, du temps et de l'inconnu dans la réalité mathématique invariable par nature.

Mystification économiste par la valeur

La valeur en tant que matière est inutile en mathématiques qui ne sont que formes. En revanche, en économie ou en physique la valeur devient forme puisqu'elle délimite des quantités qui vont donner un résultat dans un contexte expérimental. Paul Jorion exprime donc dans Le prix qu'en fusionnant l'être donné et la réalité objective, l'économie pythagoricienne ne devrait pas avoir besoin de la notion de valeur.

La valeur ne peut être une forme de l'économie puisque cette science exclut de son champ le sujet, le temps et l'inconnu. La valeur ne peut être non plus matière puisque l'économie scientifique entièrement mathématisée ne tolère qu'une matière abstraite. Or la science économique conserve ce terme de valeur : cela implique que cette science est une mystification délibérée ou qu'elle dissimule l'être donné non analysé comme élément de son raisonnement.

L'échec de la science économique à anticiper la crise des subprimes et à élaborer un discours explicatif utile à la restauration des équilibres économiques confirme expérimentalement le jugement épistémologique de Paul Jorion. L'atonie de la croissance économique dans les pays développés, l'explosion d'inflation et de corruption dans les pays en développement et le pillage des ressources naturelles sont réfutés comme réalité économique par les tenants de la rationalité objective de l'économie.

Décomposition de la valeur du système

Une coalition s'est formée entre la politique irresponsable, la science économique pythagoricienne et la finance mathématique pour préserver la réalité actuelle dans la négation de l'être donné. Pour ce courant politique, les constats d'insatisfaction humaine sont des jugements de valeur qui ne font partie d'aucune démarche scientifique objective. Si l'être donné existe, il est au mieux inconnaissable. La subjectivité faisant partie de l'être donné est alors par nature inexplicable. L'interroger ne peut être qu'une perte de temps.

Paul Jorion démontre que la valeur est le nœud logique de la crise en cours. Expression de l'être donné inconnaissable, la valeur est l'argument de l'oligarchie religieuse, politique, financière et scientifique pour imposer ses choix sans explication. Mais si la valeur est redéfinie comme effet économique de la subjectivité discutable dans la démocratie, alors il devient nécessaire de l'analyser comme matière, forme et fin du prix.

Alors la valeur est phénomène de variabilité du prix selon les fins des sujets de l'échange, selon la transformation de la matière dans le temps et selon la forme accordée à la négociation du prix. Comme effet sous-jacent au prix, l'utilité scientifique du concept de valeur est nulle dans la quantification du prix. Il est par contre utile en explicitation des hypothèses de subjectivité du prix sur quoi se forme la théorie objective du prix intersubjectif.

La valeur réellement calculable par la finance

En l'occurrence l'objectivité du prix explicable selon sa forme et non selon le mode de matérialisation dans l'échange requiert la libre expression des fins, l'égale intelligibilité des termes formels de négociation et la matérialisation vérifiable de la satisfaction effective des échangistes. La valeur représente les relations politiques entre les négociateurs du prix. La valeur projette l'économie qui ne la contient pas dans la politique qui la discute. La valeur est donc la matière de l'économie politique qui analyse les interactions de l'être donné et de la réalité objective partagées entre la politique et l'économie.

L'utilité du concept de valeur discuté par la politique est l'explication de la monnaie par la démocratie. L'économie pythagoricienne est incapable de théoriser les causes d'existence de la monnaie. La monnaie pythagoricienne n'a aucune existence objective ; un simple nombre dont il est impossible de dire pourquoi il peut être recherché dans l'échange ni pourquoi dans d'autres circonstances, l'échange contre monnaie devient impossible. Dès lors que la valeur déterminée par le sujet devient l'objet de la discussion politique, la valeur devient le sujet nécessaire de la finance.

Par l'hypothèse de la valeur, la finance devient une fonction de transformation réciproque de l'économie en politique. La valeur représente l'effet commun de la politique et de l'économie ; l'effet de la négociation subjective dans la politique et de la négociation objective dans l'économie. La valeur financière conceptualise l'existence du temps dans le prix économique et l'existence d'une économie de prix à tout projet politique. Autrement dit la valeur de la finance est la transformation de la subjectivité en prix et la transformation du calcul du prix en satisfaction de la collectivité politique.

Fin de l'économisme

L'hypothèse de la valeur qui n'est ni une cause de la politique ni une cause de l'économie, structure la finance par les décisions des agents économiques et politiques. Le prix se rattache au sujet politique de l'action économique par la loi politique et par le calcul économique. Le prix intègre le temps par la moindre valeur de l'objet futur pour le sujet. L'inexistence physique de l'objet emprunté au futur est remplacé par la matérialité monétaire au présent. La monnaie forme le prix de la transformation du présent en futur.

Les agents économiques s'échangent par la finance le prix de l'existence physique de l'objet au présent contre quatre prix : de la légalité politique, de l'incertitude du futur, de la transformation de la matière par le travail et de la matière physique transformée. La loi qui justifie le contrat permettra l'existence à terme d'un objet promis par le crédit, conçu par l'investissement et transformé par le travail. Cette loi a un prix qui est celui de la liquidité politique d'économie du futur.

Paul Jorion explique l'entrée en agonie du capitalisme par la destruction de la valeur de la politique. L'accumulation et la concentration sans limite du capital détruit la cause politique qui fait exister le système dans l'augmentation des besoins satisfaits par l'échange des biens réels selon le prix. Cette destruction intervient par la monnaie que la politique ne sait pas économiser et que la science économique ne conçoit pas comme politique de l'être donné discutable. L'économisme pythagoricien s'effondre dans la destruction réciproque de la politique par la finance.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 13:33

Investance

Lutte contre la criminalité financière

Les meilleurs dispositifs de prévention, contrôle et détection des risques

jeudi 23 et vendredi 24 juin 2011

Hôtel Lutétia - Paris

Criminalité financière et crise systémique :

Comment le crime financier s'accroit avec l'impossibilité pratique d'identifier les parties prenantes ?

● Typologie des intérêts en présence

● Modélisation des mécanismes en jeu

● Règles et organisation de marché envisageables

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 12:29

ImageJorionValeur, intérêt et prix dans la démocratie

Réponse à un commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.

La démocratie représentative se trouve dans une impasse conceptuelle si elle est seulement représentative et pas participative ni républicaine. La démocratie républicaine est une et indivisible : le bien public est commun et non divisible entre les intérêts particuliers. La démocratie représentative est un régime de médiation entre le bien commun et les intérêts particuliers. Mais cette médiation est récupérée par des intérêts particuliers si la démocratie n’est pas participative. S’il n’est pas accordé à chaque citoyen de participer au bien commun par son activité personnelle. Autrement dit si des citoyens sont exclus de la valeur collective par l’impossibilité de travailler, d’entreprendre et d’investir contre une rémunération en bonne vie.

 La rémunération en bonne vie se calcule en monnaie à la condition de l’équilibre perpétuellement discutable des trois intérêts : liquidité, crédit, fiscalité. La démocratie républicaine perçoit l’impôt que la démocratie représentative calcule selon la loi de la démocratie participative. La démocratie participative produit la valeur du bien commun discutée par la démocratie républicaine fiscalisé par la démocratie représentative. La démocratie représentative a étouffé la démocratie républicaine et la démocratie participative afin d’adopter la mondialisation ploutocratique régie par l’anarchie monétaire. Le régime du dollar, de l’euro et du yuan non définis et non régulés par la démocratie.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 07:53

CapitalCreditMonnaieCouverture

Hayek et Keynes étaient paraît-il amis. L'un et l'autre ont été formés dans l'économie politique classique et marxiste et néo-classique. Mais ils ont donné naissance à deux courants de la pensée économique qui apparaissent aujourd'hui radicalement opposés. Hayek avait placé le marché au-dessus de l'État dont il avait défini rigoureusement les conditions d'intervention dans la vie économique. Keynes avait placé l'État au-dessus du marché dont il avait analysé rigoureusement les conditions de fonctionnement sous le contrôle de l'État. Voici une lettre imaginaire de Keynes à Hayek au 14 mai 2011 après de nombreux échanges sur l'analyse de la crise en cours.

Pourquoi sommes-nous sourds l'un à l'autre alors que nous nous entendons et employons les mêmes mots pour nous dire la même chose ? Parce que nous n’avons pas le même crédit. Quand tout concorde entre deux discours que contractent deux locuteurs, il se peut que le contrat n’ait pas le même prix pour les deux contractants car ils n’ont pas le même crédit. Tu as l’impression que je te vends une machine à laver quand tu me demandes un aspirateur : le sens des paroles que nous prononçons nous appartient quand bien même ce sont les mêmes paroles. En économie financière, un aspirateur devient facilement une machine à laver entre son acheteur et son vendeur même s'ils sont de bonne foi. En fait, tu liras dans Paul Jorion (Comment la vérité et la réalité furent inventées) que c'est un problème de relativité cosmologique subjective.

Tu reprends ma suggestion que l’hétérogénéité des règles juridiques puisse être une cause de la crise. Et tu voudrais comprendre comment cela se fait ? Comment cette causalité peut-elle expliquer les crises récurrentes qui continuent après que nous avons formulé nos analyses approfondies sur l'origine des crises financières ? Nous [Hayek et Keynes] sommes parmi les penseurs du XXème siècle ayant le plus discuté et le mieux posé ce problème de la causalité du droit en économie. On nous oppose du fait qu’abordant le même problème sous deux angles différents, nous donnons l’impression de ne pas parler de la même chose. Au XXIème siècle, après avoir expérimenté successivement nos théories, les uns s'accrochent à Hayek pendant que les autres rejouent Keynes.

La matière commune du problème que nous posons c’est le crédit. Le crédit est ce qui relie la parole à la réalité. En finance chaque individu sujet a un crédit différent car ce qu’il promet par la parole ne se réalise pas de la même façon. Ce que les vendeurs étatsuniens d’actifs subprimes ont vendu aux acheteurs du reste du monde n’était pas identique entre acheteurs et vendeurs. Le crédit des vendeurs étatsuniens ne pouvait pas être le même que celui des acheteurs non étatsuniens. La titrisation de l'immobilier étatsunien ne pouvait pas avoir la même valeur dans son contexte juridique étatsunien et son contexte juridique européen ou japonnais.

Sur le crédit, je [Keynes] pense que l’État doit corriger le marché pour homogénéiser les conditions du crédit afin de rendre les prix porteurs de croissance et de stabilité entre créanciers et débiteurs. Toi [Hayek] tu penses que le marché doit corriger l’État afin que la puissance publique n’impose pas sa propre mesure du crédit aux agents privés. Ils réalisent et accomplissent leurs engagements de crédit sans dépendre de l’État. Tous les deux savons que l’équilibre entre l’État et le marché détermine la direction de la politique monétaire comme représentation utile au calcul économique.

Je [Keynes] te propose la synthèse de nos théories par le crédit. Cette synthèse commence par l’explication (exhumation d’une causalité) de la crise actuelle autant par l’État que par le marché. Ces notions sont étroitement imbriquées dans la réalité comme dans le concept. Nous en avons abondamment discuté, hier comme aujourd'hui. On peut simplement commencer par constater la situation tout à fait inédite dans laquelle la mondialisation financière place les États et l'économie ; le divorce est concrètement radical et absolu entre États nationaux non coordonnés et marché mondial unifié par la loi de la rentabilité. Tu [Hayek] ne démentiras pas le constat que le crédit est actuellement totalement déterminé par la « loi naturelle » du marché. Pertinente ou non, la « loi surnaturelle » que l’État peut introduire dans le crédit ne peut plus exister concrètement puisque les États sont divisés sur un marché financier mondial unifié. Les États ont perdu toute capacité d’agir sur le crédit par l’efficience de la Loi identique pour tous.

Que produit le divorce entre État et marché sur le crédit et la monnaie ? Le système bancaire occidental est réputé surveillé et compensé par des autorités de régulation et des banques centrales indépendantes du pouvoir politique. Les États édictent des lois et des règlements ; le système des banques centrales l’interprète en toute indépendance. Mais la croissance et la stabilité des prix qui sont l’enjeu de la politique monétaire n’ont pas de définition légale objective. Si quelqu’un n’est pas d’accord avec l’interprétation que les banques centrales font de la Loi, il n’est aucune argumentation légale qui soit recevable par un juge ou par un parlement puisque la croissance et la stabilité des prix ne sont pas des concepts juridiques. Le crédit et la monnaie sont de fait des matières hors la loi et hors de toute politique publique discutable.

Il n’en reste pas moins que le pouvoir d’émettre la monnaie appartient aux banques centrales. Et que l’insuffisance d’émission monétaire provoquerait immédiatement un écroulement en chaine du marché mondial. L’impossibilité de mesurer réellement le crédit des États et des banques suspendrait tout paiement interbancaire ou international s'il n'y avait cette profusion de liquidité nominale pour dissimuler l'illiquidité réelle. Pour que la monnaie circule en contrepartie des flux de valeur réelle mélangés au flux virtuels de valeur financière, il faut que tous les intermédiaires financiers au-delà d’une certaine taille de bilan demeurent parfaitement liquides.

Sur un plan juridique pur, les banques centrales sont obligées d’adosser leur émission monétaire sur des titres de crédit dont le prix nominal probable soit égal à la quantité de monnaie émise. S’il apparaissait que le prix nominal du collatéral de l’émission monétaire de la banque centrale fût sans rapport probant avec la réalité, alors les banquiers centraux pourraient être accusés de fabriquer de la fausse monnaie. Les banquiers centraux sont obligés de dire qu'ils respectent leurs statuts sous peine de reconnaître qu'ils sont dans une illégalité qui personne par ailleurs ne définit objectivement.

Comme les banques internationales ont besoin de la liquidité de la banque centrale pour prêter aux États insolvables, que les banquiers centraux ne peuvent pas laisser supposer que leur monnaie soit fausse et que les États doivent faire croire qu’ils existent encore par leurs paiements, un consensus de fait s’est formé pour supprimer toute limite de crédit, c'est-à-dire toute limite d’endettement entre les États, les banques centrales et les mégabanques. Une fraction de plus en plus faible de la masse monétaire mondiale représente la production de biens économiques, réels, effectifs. Une fraction de plus en plus dominante de la liquidité mondiale devient purement spéculative à la recherche de plus-values sur la volatilité des prix.

La disparition de toute règle universelle de crédit a plusieurs conséquences économiques et politiques explosives. Les prix se mettent en lévitation à proportion de la monnaie virtualisée. Les créanciers de la loi publique sont progressivement expropriés de la contrevaleur réelle de leurs salaires, pensions, rentes et assurances. La solvabilité et la crédibilité des États à assurer l’ordre public devient douteuse. Les pauvres et relativement pauvres de plus en plus nombreux se rebellent et poussent à la guerre civile contre des élites invisibles, éberluées, cupides et irresponsables.

En l’absence d’État de droit, les marchés internationaux et nationaux deviennent des champs de bataille. Les riches achètent de la police privée, des juges et des avocats pour se protéger mais font face à des masses de plus en plus revendicatives et indisciplinées. La notion-même de marché où l’on négocie théoriquement à égalité de dignité tend à disparaître. Les rapports de force conceptuels et matériels deviennent instables, imprévisibles et ininterprétables. Les prix et les échanges disparaissent. Le chaos s’insinue dans toute la réalité. La monnaie ne signifie plus rien quand la raison du crédit a disparu.

Les hommes se retrouvent face à leur volonté pure. Soit ils se convainquent qu’ils n’en ont jamais eu car entièrement déterminés par le marché après avoir été entièrement déterminés par l’État, soit ils croient qu’ils ont encore une volonté au-dessus de l’État et du marché. Alors ils se remettront à construire les règles du crédit. Ils décident à nouveau que le crédit prend sa source dans l’État de droit qui ne peut pas être discontinu dans le vaste monde. Et ils conviennent que sans le marché, il est impossible de révéler les choix privés libres entre ce qui a de la valeur et de ce qui n’en a pas. A l'État de droit et au marché s'ajoute une réalité autonome indépendante : l'intérêt général à contenir le marché dans le droit et le droit dans le marché.

Pour que ces deux sources du crédit soient universelles et ordonnées l’une à l’autre sans hiérarchie univoque, ils posent une loi : que la loi ne peut réduire toute la réalité humaine ; que deux sujets existent différemment soumis à la même loi ; que la réalité change dans le temps à loi constante ; que la valeur humaine de la loi commune reste supérieure à ses interprétations particulières subjectives. Je [Keynes] crois que l'extraordinaire développement des dérivés de crédit après la disparition de l'étalon-or permet de mesurer les différentiels de crédit entre n'importe quels débiteurs. Mais il faut un marché organisé pour compenser les positions de crédit entre elles et compenser l'endettement réel par l'endettement prévisible des émetteurs réels de dette.

Quelle est la conséquence de cette généralité de la loi ? C'est la compensation transnationale du crédit par le marché multinational d’option du droit nominal, du crédit des agents économiques et des objets de la réalité concrète. Ce marché est en soi la loi de l’équilibre dynamique entre les différentes démocraties qui discutent la loi, entre les acheteurs et les vendeurs liés par un même crédit et entre les sujets et les objets de la réalité économique. Dans ce marché, l’objet qui contient la mesure de tous les prix en droit, entre les agents économiques, sur la réalité concrète et sous ses sujets actifs de la réalité, c’est la monnaie. En l’occurrence la monnaie employée comme instrument de règlement exclusif de toute inégalité de valeur entre deux sujets humains est l’étalon international de la valeur.

Le marché multinational d’option me fournit la chambre de compensation des prix en bancor que les États-Unis m'avaient refusé à Bretton Woods. Et ce marché te [Hayek] fournit ton ordre spontané qu’aucune intelligence humaine ne peut épuiser. Le système financier perd sa prétention à remplacer l’État de droit et l’État de droit perd sa prétention à totaliser la réalité humaine. Les banques couvrent les finances publiques par l'intermédiation des primes de crédit. Les États couvrent les banques par la juridiction du crédit. Et les épargnants internationaux couvrent les banques et les États par des primes de capital et des primes de change. Ces primes garantissent effectivement la valeur réelle du crédit. Et l’homme retrouve la faculté de se rendre justice même quand il arbitre différents systèmes juridiques.

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 09:31

Université de PoitiersL'EXCÈS : COLLOQUE DE L'INSTITUT DE DROIT PUBLIC - 19/20 MAI

J'interviendrai à la Faculté de droit et des sciences sociales de Poitiers, Amphithéâtre Hardoin, 43, place Charles De Gaulle - Poitiers

Excès des marchés mondiaux, excès de rémunération : entre panique morale et impuissance du droit et des États

Le concept de marché sert à justifier et expliquer la formation des prix dans les transactions financières internationales et nationales. Or la crise des subprime en 2007 s'est manifestée par la disparition du prix de certains objets financiers réputés contenir de la valeur. La loi de l'offre et de la demande censée opérer une régulation naturelle des marchés et produire un équilibre des échanges économiques s'est révélée inefficiente. Non seulement le marché ne paraît pas contenir les mécanismes d'équilibre des volontés qui lui avaient été attribués par la théorie, mais les acteurs politiques, économiques et juridiques se retrouvent dans l'incapacité d'introduire dans les échanges financiers des règles qui réconcilient l'anticipation des prix du futur avec une réalité économique acceptable par les sociétés humaines.

Le modèle aristotélicien d'analyse et de décision de la réalité par l'intelligence humaine permet de qualifier les excès du système financier. Le paradigme aristotélicien doit être actualisé avec les notions de personne, de responsabilité financière et d'État de droit. Ces définitions posent l'existence d'une autorité politique capable de structurer la liberté financière contractuelle. Le prix financier peut s'inscrire dans un cadre éthique rationnel de rémunération de la production de valeur par le temps. Les dérives de la spéculation financière par rapport à la réalité humainement et matériellement possible ont révélé la faculté humaine de diriger la réalité par ses finalités. Les choix moraux individuels et collectifs font partie du prix. La régulation de marché consiste par conséquent à imposer l'option d'une discussion équitable de tous les choix possibles dans les limites de la réalité humaine. Le choix collectif de la régulation du prix par un marché mondialisé du Droit fonde l'étalon universel de la monnaie.

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 17:56

ImageJorionLettre à la Commission Européenne

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.

La crise actuelle est un problème de vivre ensemble dans la mondialisation. Ce vivre ensemble a été depuis plusieurs siècles organisé par des empires successifs qui sont désormais multiples et en compétition non coopérative. L’Union Européenne a été construite sur une double intuition : premièrement que la paix entre les hommes ne peut pas advenir sans démocratie multinationale ; deuxièmement que les petits États européens existeraient difficilement sans s’associer entre les empires étatsunien, russe et maintenant chinois, indien ou arabo-musulman.

Le modèle expérimenté en Europe de concert des nations a pu se généraliser cahin-caha au monde entier. La guerre impériale s’est grosso modo déplacée sur le terrain de l’économie par le jeu de la finance mondialisée. L’Europe s’est laissée absorber dans ce jeu-là malgré son inspiration et son projet démocratiques. Elle n’a pas voulu construire les conditions financières de la démocratie. L’euro a été créé pour faire pièce au dollar comme outil économique de l’impérialisme. La zone euro a adopté sans se l’avouer la logique financière du Reich allemand. Cette logique agit actuellement conformément à sa nature : l’empire détruit la démocratie, la raison d’être de l’Union Européenne.

Dans ce contexte, les institutions européennes sont dans une position ambigüe. Elles incarnent l’Union dans sa dérive impériale tout en étant garantes de la raison d’être du projet, c’est à dire la démocratie. Le Conseil Européen cristallise tout particulièrement l’ambiguïté : composé de personnalités politiquement responsables devant les citoyens nationaux, il se conduit comme directoire impérial en tant que pouvoir européen qu’aucune assemblée de citoyens européens ne peut contredire. Le triomphe mondial de la guerre économique des empires place les démocrates européens dans une obligation d’insurrection. S’ils veulent néanmoins préserver la paix à l’intérieur de la communauté européenne multinationale, il est impératif de constituer des corps intermédiaires pour formuler collectivement les conditions de la poursuite du projet de démocratie européenne.

Les démocrates européens doivent se prémunir contre l’impérialisme de la race et l’impérialisme de la Loi, les deux impérialismes qui déterminent l’ordre monétaire actuellement en vigueur en Europe. La constitution d’associations européennes de citoyens est donc bien le moyen de reconstruire la politique et la finance sur la délibération des règles européennes du vivre ensemble. Le travail associatif européen doit préparer la transformation du Parlement Européen en assemblée constituante (suggestion totalement pertinente entendue récemment sur France Culture ; j’ai oublié de qui).

La communauté des démocraties européennes doit s’élever au-dessus de la guerre économique mondiale des empires. La monnaie commune à coté des monnaies nationales et régionales est l’instrument de ce saut quantique : elle permet la mesure économique des engagements démocratiques entre les nations qui vivent leur souveraineté dans le respect des autres nationalités même non encore démocratiques. Le Parlement Européen doit être la chambre de discussion des lois de subsidiarité des intérêts nationaux aux intérêts de la société humaine universelle démocratique. Les lois de l’Union Européenne doivent définir cette subsidiarité afin que le juge puisse arbitrer les relations internationales à l’intérieur d’un marché de la démocratie. Un marché où s’échange la valeur politique et économique de droits humains réels et universels.

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 15:31

ImageJorionCommentaire sur "un code de la route pour la finance"

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.

Crise de l'économie sans politique

L’appel de Paul Jorion à constituer l’économie est une contestation radicale de l’hypothèse actuellement dominante d’une rationalité intrinsèque à l’économie. Une rationalité qui s’imposerait à la politique et qui ne serait pas discutable. Constituer l’économie signifie au contraire que l’économie comme la politique sont des réalités constituées par la délibération humaine ; ordonnées par un pouvoir constituant sans lesquelles elles disparaissent en tant qu’ordre humain de connaissance.

La démocratie est dans les mots ; mais dans les mots dicibles et intelligible par chaque citoyen. Sinon ce n’est plus la démocratie. Le problème de l’économie non constituée est sa rationalité indépendante de la démocratie ; inintelligible par les citoyens. Nous ne connaissons plus l’économie : la science économique qui s’applique aujourd’hui est une gnose construite pour échapper à l’entendement du commun des mortels. La science économique récupérée dans l’activité financière a été érigée en théorie de l’anti-démocratie. Le savoir dénommé jusqu’au XIXème « économie politique » est devenu « économie » sans référencement à sa conceptualité politique.

La finance moderne grâce à l’ultime coup de pouce de la déréglementation des années 80 a pu s’emparer totalement de l’objet économique totalement dissocié de son contexte politique. La spéculation est libre : politique et économie sont mises sur le même plan de matérialité par le nominalisme (formalisme) mathématique et juridique. La causalité finale qui humanise la politique par l’économie et l’économie par la politique est sortie de nos écrans radar. La politique n’a plus de substance pendant que l’économie détruit l’homme par la raison du prix purement spéculatif. Politique et économie sont supplantées par le quantitativisme monétaire. La monnaie est la valeur en soi produite par le seul calcul politique et financier hors de toute économie… morale.

La monnaie, représentation matérielle du bien commun de la démocratie

La crise des subprimes est une trappe à liquidité qui n’a pas de fond. Ni économique, ni financier, ni politique. La trappe n’a pas de fond dans l’anti-démocratie de l’économie non politique. Comme la finance a attiré, et l’économie, et la politique dans la trappe, la situation de la démocratie est périlleuse. Périlleuse si la seule mesure de la démocratie est le prix en voix de tout ce qu’elle peut décider. La démocratie est spéculative, donc sans consistance, si elle se limite à compter des voix recueillies par des bavardages sans constitution. La constitution de l’économie de la démocratie est le bien commun. Le bien est un objet moral et le commun est la démocratie : la discussion universelle, permanente et constituée de l’objet économique du bien commun.

Le désarroi de cette crise est l’invisibilité financière du bien commun. Invisibilité qui vient de la non-régulation de la finance par la démocratie ; et de l’incapacité de la science économique à constituer la monnaie par la démocratie. L’économie ne comprend plus la monnaie depuis qu’elle n’est plus politique. C’est dommage parce que la monnaie est la matérialisation économique du bien commun de la démocratie. La monnaie matérialise l’économie du bien qui résulte des finalités que l’homme échangées dans la démocratie. Les économistes politiques des XVIIIème et XIXème siècles ont été tout proches de l’expliquer comme Keynes. Mais ils ont été émasculés par la cupidité politique et financière qui consiste justement à agir comme s’il n’existait pas de morale de la démocratie.

Pourquoi le bancor (ou l’unitas) est la solution ? Parce qu’une monnaie internationale issue d’un marché commun des démocraties met la représentation monétaire de la mesure économique du bien commun au-dessus des intérêts particuliers de la politique, de la finance et des différentes écoles d’économie. Une monnaie mondiale issue d’un marché d’option ne fixe pas le bien commun dans une définition constitutionnelle et juridique unique ni dans une répartition statique et immuable du capital. Le bancor sous-jacent à une compensation financière régulée par le principe démocratique rend discutable par le prix, que tout être humain perçoit intuitivement, tous les biens possibles que l’humanité est capable de produire.

Le bancor, condition de la démocratie dans la mondialisation

Nous sommes dans une configuration géo-politique tout à fait intéressante. La ploutocratie s’est tirée une balle dans la tête avec la crise des subprimes. Elle s’effondre sur elle-même en emportant les démocraties qu’elle emprisonne par la guerre des monnaies. Tout le monde se voit mourir en même temps sans pouvoir rétablir un ordre démocratique par sa monnaie. De G20 en G20, les ploutocraties se combattent en niant la représentation matérielle des démocraties par la monnaie. Il va donc falloir que quelqu’un suggère le rétablissement d’une possibilité commune de démocratie par un étalon monétaire géré en commun.

Ce ne sont pas les pouvoirs politiques et financiers en place qui vont passer à l’acte. Ils sont tenus par le régime de la ploutocratie. La révolution va s’opérer par la démocratie ; en l’occurrence par les élections dans les pays où elles peuvent encore se dérouler à peu près librement. Pour que cette révolution s’opère dans la démocratie, il faut se replacer dans une perspective constitutionnelle : non pas échanger des idées dont le sens soit figé mais discuter du sens que chacun veut donner aux idées qu’il échange. Forger des concepts constitutionnels qui ne sont pas seulement ceux du Droit mais aussi ceux de l’économie d’option, de la logique du choix humain dans un univers matériellement limité.

En discutant dès à présent de ce que sera l’étalon monétaire international de la démocratie, on focalise le débat politique sur les conditions économiques de la survie des démocraties. En hurlant le bancor, les démocrates obligent les candidats aux élections de 2012 à prendre position sur la condition-même d’existence de la démocratie du bien commun. La restauration de l’économie de la démocratie devient alors probable et possible.

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 09:23

ImageJorionFrançois Leclerc, l'actualité de la crise : le rebond se précise

Commentaire déposé sur le Blog de Paul Jorion.


La réalité divisible

La réalité qui est objectivement, n’est pas nécessairement celle que nous pensons subjectivement. Et la réalité que nous formons dans notre pensée et notre discours est encore différente et sans relation nécessaire à la réalité que nous voulons. Les Européens disent que la Grèce est encore dans l’euro. Mais les Grecs le veulent-ils vraiment ? Les Européens, tous les Européens le veulent-ils vraiment ? Dire que la Grèce est dans l’euro suffit-il à ce qu’elle y soit objectivement ? Une réalité devient de moins en moins discutable : ce qui est, n’est plus ce que nous croyons que c’est ; ce que nous croyons, n’est plus ce que nous voulons que ce soit. La fragmentation du réel entre l’objectif, le subjectif et le désirable voulu est radicale et universelle : réelle en chaque individu sujet de la réalité.

Si la Grèce est encore dans l’euro, cela signifie que l’État grec n’existe plus dans la réalité financière formelle. Allonger la maturité de la dette publique de deux ans ne change rigoureusement rien à la réalité financière grecque : le prix réel financier du titre public grec vaut entre 50 et 80% de son prix nominal. L’État grec est objectivement illiquide. La zone euro se livre à un exercice de réalité subjective pure : dire et afficher la liquidité de la Grèce alors qu’elle ne l’est pas. La finance et la politique déconnectées du réel objectif réussissent l’exercice du nominalisme juridique tant que trois conditions sont réunies.

Première condition : les banques de la zone euro effectuent les paiements de leurs débiteurs grecs bien qu’elles les sachent insolvables sur une fraction de leurs dettes. Deuxième condition : la BCE refinance les banques de la zone euro bien qu’elle sache que les pertes de crédit ne soient pas intégralement comptabilisées dans les bilans bancaires ; et bien que de nombreuses banques de la zone euro n’aient virtuellement plus le capital qui leur permettent d’opérer dans la zone. Troisième condition : les créanciers de la zone euro continuent d’effectuer les paiements du système bancaire euro dans leur propre monnaie bien que la masse des crédits en euro soit très supérieure au PIB futur que la zone pourra objectivement consacrer au remboursement de ses dettes.

Corruption financière

La fiction de la solvabilité de la zone euro s’adosse à la fiction de la solvabilité du dollar, de la livre, du franc suisse, du yen et du yuan. Toutes les monnaies dites de réserve, dont principalement le dollar, impliquent une masse de crédit très supérieure à la valeur réelle productible dans la zone économique qui en assure la contrevaleur réelle. Les 3000 milliards de réserves de change de la Chine ne sont pas gagées par 3000 milliards d’actifs réels que les zones monétaires débitrices ont effectivement alloués au remboursement à terme des avoirs monétaires comptabilisés. Toutes les monnaies de réserve sont insolvables. Cette insolvabilité est dissimulée par un accord politico-financier international tacite qui essaie de répartir l’insolvabilité à un degré équivalent sur toutes les monnaies de réserve.

Les pays émergents qui sont créanciers du système financier international valident l’équilibre de l’insolvabilité car ils ne peuvent ni ne veulent substituer leur propre monnaie aux monnaies de réserve défaillantes. La Chine essaie par tous les moyens d’interdire la détention de yuan par les étrangers : plus cela se produit, plus cela fait monter le taux de change du yuan. La transformation du yuan, ou du real ou du won en monnaie de réserve détériore la compétitivité extérieure de la Chine, du Brésil ou de la Corée et dévalue les réserves de change de leurs systèmes bancaires nationaux. Les systèmes bancaires non-occidentaux, c’est à dire non régis par le droit des démocraties avancées, sont fragiles à cause du niveau de corruption plus élevé qui règne dans les démocraties moins avancées.

La corruption financière consiste simplement à comptabiliser des droits au bénéfice d’emprunteurs qui n’ont aucune intention réelle de produire la contrevaleur réelle de la monnaie qui leur est allouée. Les premiers bénéficiaires de la corruption financière sont les États non contrôlés par la démocratie. Les États non démocratiques et toutes les mafias qui en dépendent utilisent les établissements de crédit pour prélever sur la richesse commune sans avoir à reconnaître de dette ni à les rembourser. Les mégabanques s’installent massivement dans les pays non démocratiques en échangeant des opportunités d’investissement, nominalement rentables par le non-droit réel, contre un financement et une respectabilité internationaux.

Prix de la démocratie

L’insuffisance de l’État de droit dans les pays moins avancés crée un avantage de compétitivité économique par le non-alignement du droit local sur les principes en vigueur dans les démocraties occidentales. Et quand les droits sont alignés, la corruption du juge ou sa dépendance au pouvoir exécutif suffit à maintenir une iniquité juridique pour rentabiliser les capitaux étrangers. Le principe de liberté de circulation du capital donne un avantage économique à l’étranger d’un système juridique. En investissant dans un pays sans y être physiquement domicilié, on échappe à la juridiction locale. Les opérateurs financiers internationaux spéculent sur cette asymétrie juridique entre le national et l’international. Ils achètent aux responsables publics locaux des immunités juridiques pour leurs investissements.

La mécanique de destruction de la réalité objective par la finance et la politique subjectives est maintenant parfaitement maîtrisée. Les opérateurs financiers internationaux arguent de l’insolvabilité des monnaies de réserve occidentales pour menacer de suspendre les financements internationaux de tout pays ou banque centrale récalcitrante. Les banques centrales font du quantitative easing sur du collatéral pourri, en l’occurrence les dettes publiques des pays occidentaux en faillite. La liquidité acquise bon marché par les mégabanques est reprêtée aux investisseurs internationaux qui spéculent sur tous les actifs dont aucun Etat de droit ne peut plus contrôler la réalité juridique. Ces actifs sont achetés en dessous de leur prix réel aux salariés et entrepreneurs qui les produisent et revendus au-dessus de leur prix réel aux consommateurs finaux.

Le drame qui est en train de se nouer en Europe et aux États-Unis est la distorsion trop visible entre le réel objectif et le réel subjectif. Ni les gouvernements, ni les institutions financières publiques et privées ne peuvent avouer leur insolvabilité : cela impliquerait d’entrer immédiatement dans une évaluation des pertes financières qui mettrait en jeu des responsabilités politiques, civiles et même pénales selon les règles de la démocratie. Le principe fondamental de la démocratie est l’hypothèse de vérité de toute promesse politique ou financière négociée en transparence selon une loi commune. Si l’on révèle que la valeur de certains crédits n’est pas celle qu’on avait cru, c’est que la transparence de la démocratie n’a pas été respectée ou que le régime d’égalité des droits n’existe plus.

Spirale du mensonge

Le mensonge est devenu une obligation « morale » pour ne pas avoir à assumer la responsabilité politique et financière de pertes trop massives. C’est là où la réalité du vouloir, distincte de la réalité de l’être, et de la réalité de la parole, entre en jeu. Comme la réalité objective a été totalement dissociée de la réalité subjective, la contradiction ou la négation de la réalité devient un choix moral pour le politique et le financier. Comme l’objectivité et la nominalité ne peuvent plus être optées dans une même réalité, le bien devient soit l’un, soit l’autre mais pas les deux. La réalité devient ce que la finance ou la politique en disent ; ou bien elle ne peut plus exister. Etats et banques ne sont pas ruinés puisqu’il est stupide de dire qu’ils le sont.

Le drame est donc que pour maintenir le plus longtemps possible la situation en l’état, il faut détruire la démocratie dans sa raison d’être. L’Union Européenne adopte un accord constitutionnel où les parlements nationaux peuvent dans certaines conditions ne plus avoir de latitude ni sur la fiscalité ni sur les dépenses, où les États peuvent perdre leur souveraineté sans qu’il y ait une fiscalité et un budget européens votés par le parlement européen. Les États-Unis ont admis le financement de la politique par des intérêts économiques privés. La Loi n’appartient plus aux citoyens. Les intérêts particuliers politiques et financiers mettent le citoyen au défi de s’insurger soit contre son appauvrissement soit contre son asservissement. La démocratie est présentée comme logiquement impossible.

L’équilibre du crédit dans les zones monétaires de réserve est irrémédiablement compromis. Les États-Unis ont un rythme de croissance de 3% du PIB pour une augmentation annuelle de la dette uniquement publique de 10%. La zone euro a une croissance de 1% pour une augmentation de dette uniquement publique de 5%. Les tendances ne peuvent plus être renversées à cause de la fuite de la liquidité nominale dans les pays émergents. Pendant que les pays développés n’investissent plus suffisamment pour rembourser leurs dettes, les émergents affrontent eux un tsunami d’inflation. Dans le monde entier l’inflation affecte le prix des actifs durables et de plus en plus les prix à la consommation. Partout les salariés et autres créanciers nets de l’État de droit vont être écrasés.

Alternative de la compensation mondiale

La corruption financière de l’intelligence humaine absorbe toute la réalité objective. Le seul obstacle qui s’oppose encore au subjectivisme politique et financier est la volonté de démocratie. La volonté des citoyens d’exister à égalité de droit au réel avec les acteurs de la politique et de la finance. Tout le discours des nantis qui ne veulent pas assumer leurs responsabilités tend à démontrer que la volonté humaine n’existe pas ; ou que pour le moins elle ne résiste pas à quelques vaines promesses et un peu d’argent. Si la volonté humaine existe, elle est par nature une option. C’est à dire en engagement personnel dans un bien choisi indépendamment des déterminations de la réalité physique et des spéculations intellectuelles intéressées.

Il n’est aucune alternative à la destruction financière du réel pour ceux qui ont renoncé à vouloir. Pour les autres, l’alternative doit être pensée pour être voulue avant d’entrer dans le réel objectif. Cette alternative est le marché généralisé d’option du réel subjectif objectivé : encore et toujours le marché d’option de change, option de crédit et option de capital de la réalité comptée dans une monnaie universelle. C’est le seul moyen de partager l’évaluation objective du réel entre la politique, la finance et le citoyen. Sans un marché internationalement transparent où les acteurs civils, politiques et financiers soit clairement distincts et mis à égalité de droit pour offrir ou demander le prix de toute chose, les simples citoyens soumis seuls au respect de la Loi resteront les dindons d’une farce interminable.

Si les citoyens se sentent possédés par les élites politiques et financières, ils ont le choix entre se laisser dépecer par de fausses promesses à l’intérieur de leurs frontières ou mettre leur démocratie en commun au dessus des frontières nationales et monétaires. L’obligation d’un gouvernement mondial préalable est un leurre pour différer la réorganisation du monde. Si des citoyens ont le courage de la raison, ils exigeront la création d’une chambre de compensation internationale de tous les prix de la réalité objective.

Monnaie mondiale de la démocratie

Ils mettront en concurrence leur système juridique national par la cotation de leur monnaie nationale dans une monnaie commune de démocratie transnationale. Une monnaie dont les prix soient contestables devant des juges indépendants des gouvernements, indépendants des élus politiques et libres des intérêts financiers ; des juges issus de la démocratie personnellement soumis à la loi de la démocratie dument votée par des parlementaires indépendants du pouvoir politique exécutif et du pouvoir financier.

La démocratie est la cause de la valeur économique depuis Aristote, le Moyen Age judéo-chrétien et les Lumières. La démocratie réelle a été abandonnée au XIXème siècle pour accélérer le développement économique sous le contrôle des minorités éduquées. A l’heure d’internet et de l’alphabétisation majoritaire du monde, le développement économique est devenu anti-économique à cause de la guerre financière entre des élites multinationales absorbées dans leurs intérêts particuliers. La guerre civile financière détruit la réalité humaine objective par l’instabilité des monnaies et la volatilité des prix.

La valeur du travail est détournée par la spéculation financière qui privatise la politique d’un bien commun. Il ne reste plus beaucoup de temps pour que la guerre froide des monnaies devienne une guerre bien chaude. En revanche l'instauration d'un marché mondial régulé par la démocratie d'options de change, d'options de crédit et d'options de capital produit immédiatement un étalon monétaire international fondé sur la valeur réelle en droit du travail. Les parités de change se calent immédiatement sur le prix du travail employable et nécessaire au remboursement intégral des dettes publiques et privées nationales et internationales.

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