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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 18:45

Qu'est-ce qu'une monnaie résiliente ?

Une monnaie résiliente permet :

  1. 1) de calculer le prix d'échange économique de tout ce que les sociétés humaines considèrent comme des biens ;

  2. 2) d'économiser le travail, c'est à dire d'utiliser tout travail disponible comme ressource allouée au bien de celui qui met sa capabilité de travail au service des sociétés dont il se fait membre ;

  3. 3) d'intégrer dans le calcul économique tous les facteurs de production physiques, sociaux, politiques et environnementaux ;

  4. 4) de concilier la liberté individuelle de penser, de vouloir et de faire avec l'existence sociale solidaire des libertés individuelles dans un environnement physique limité, fini, universel et commun.

Une monnaie résiliente :

  1. 1) différencie objectivement à l'intérieur des sociétés constituées le prix de ce qui est communément acceptable comme bien, du prix de ce qui ne peut être que le coût partageable des nuisances inhérentes à la vie physique collective ;

  2. 2) différencie objectivement les sociétés par leur raison d'être, par les lois qu'elles se donnent en vue d'accomplir leur raison d'être, par les modes de gouvernement qu'elles adoptent entre leurs membres et par le degré de nécessité qu'elles représentent pour la survie de leurs citoyens ;

  3. 3) différencie objectivement le prix réel de la justice pour chaque citoyen qui est distinct de tout autre par son corps, ses capacités, ses opinions et sa liberté de vivre ;

  4. 4) différencie objectivement le prix du commun indispensable à la bonne vie de tous, du prix privé d'un bien individuel non partageable par essence.

Une monnaie résiliente ne peut pas être neutre du point de vue épistémologique, philosophique, politique et éthique. Elle doit permettre le jugement discriminatoire entre l'humain et le non-humain, entre le vital et le létal. Un prix positif en monnaie résiliente ne peut représenter une nuisance pour quiconque.

La monnaie libérale actuelle n'est pas résiliente : elle n'intègre pas les externalités positives du calcul économique ni ne filtre les externalités négatives, lesquelles offrent des aubaines illimitées de spéculation sur le capital invérifiable. La croissance économique est aujourd'hui calculée positive en monnaie alors que :

  1. 1) tous les humains ne disposent pas du minimum vital,

  2. 2) que les droits formels fondamentaux ne sont pas appliqués à la réalité de tous les citoyens,

  3. 3) que des comportements explicitement prédateurs ne sont pas interdits ni sanctionnés,

  4. 4) que les ressources naturelles s'épuisent ou sont irrémédiablement détruites sans pouvoir engager de travail de régénération.

Pistes pratiques d'une monnaie résiliente

La résilience monétaire implique une citoyenneté intégrable sur quatre degrés de responsabilité : individuel, entrepreneurial, politique et mondial. L'arithmétique monétaire n'a de sens que dans un algèbre du droit :

  • 1) qui lie les éléments de prix à des ensembles d'identifications politiques de la réalité économique pratique,

  • 2) qui fait résulter le prix de la réalité objectivement visible dans un marché transparent, d'hypothèses subjectives sur les conditions universelles d'existence des biens.

La monnaie résiliente est une dette unitaire à quatre dimensions évaluables séparément :

  • 1) par les droits inaliénables du citoyen libre par lui-même,

  • 2) par les nécessités objectives de production de biens réels livrables aux personnes physiques,

  • 3) par les règles politiques publiques de négociation des prix dans un périmètre circonscrit de souveraineté,

  • 4) par des montants de dette entre personnes morales irrévocablement engagées au remboursement intégral de leurs déficits commerciaux garantis par un capital mutualisé dans une unité monétaire commune universelle.

La systémique de résilience monétaire est intégralement décrite dans l'oeuvre de Keynes. La chambre de compensation en bancor indexé sur les dettes commerciales et financières de zones juridiques distinctes placées sur un pied d'égalité, en est la possible implémentation depuis 1944.

Le modèle keynésien serait effectivement appliqué aujourd'hui si :

  • 1) le pouvoir libératoire de chaque monnaie n'était endossé et garanti que par une seule souveraineté politique contrôlable par une communauté identifiée et séparée de citoyens ;

  • 2) le capital des institutions financières faisant la liquidité des transactions était impérativement garanti par un fond étatique mutuel international et une souveraineté nationale unique responsable de la légalité de tous les prix au-dessus des intérêts privés actionnaires ;

  • 3) une dette internationale ne pouvait pas être comptabilisée sans l'identification de toutes les personnes morales débitrices de l'économie réelle, ni de la personne politique débitrice de la justice des prix, ni des personnes physiques responsables sur leur patrimoine personnel de chaque créancier de l'économie financière ;

  • 4) les systèmes de compensation monétaire étaient totalement publics et exclusivement assurés par des personnes politiques responsables sur la ressource fiscale prélevée démocratiquement sur les citoyens.

L'euro serait une monnaie keynésienne résiliente si :

  • 1) toute compensation financière en euro était garantie en dernier ressort par un État confédéral démocratique de la zone euro distinct et subsidiaire des États membres ;

  • 2) tout État fédéral, national ou local de la zone euro était responsable de son commerce extérieur en euro par une parité monétaire intérieure publiquement et exclusivement négociable dans un marché monétaire central unique de l'euro ;

  • 3) toute devise étrangère échappant aux pouvoirs politiques institués de la zone euro était cotée en euro comme n'importe quel actif à la condition du dépôt dans un État fédératif, national ou local, de la personne morale propriétaire et de la personne physique responsable de la loyauté sociale à la démocratie en euro ;

  • 4) toute personne physique, morale ou politique était identifiée comme propriétaire de dettes ou de créances convertibles en euro dans un fichier central des contreparties garanti par l’État confédéral de l'euro contrôlé par la société des citoyens de l'euro.

Possibilité immédiate d'expérimentation pratique

Les normes actuelles de comptabilité internationale IFRS sont la trame comptable opérationnelle d'une monnaie résiliente à la condition de marchés délimitables par la régulation unique d'un pouvoir politique effectivement responsable du contrôle des personnes privées. N'importe quel réseau social numérique adossé à une entreprise de production quelconque entre des personnes physiques contractuellement engagées et solidaires suffit à constituer une base d'émission monétaire résiliente.

La monétisation d'un réseau social numérique implique :

  • 1) une société constituée de personnes comptabilisant leur livraisons de biens et services réels par leur réseau intranet ;

  • 2) une mise en commun publique des procédures et normes de production assurée par une dette quantifiée du réseau sur lui-même et par une indemnisation individuelle arbitrale effective de tout travail de production ou de réparation dont la collectivité est bénéficiaire ;

  • 3) une fonction de contrôle interne juridico-financière consistant à négocier l'équilibre permanent entre les biens effectivement utiles aux acheteurs livrés, et le prix des dettes des acheteurs au crédit des vendeurs engagés à livrer des services objectifs ;

  • 4) une convertibilité de la monnaie interne en n'importe quelle monnaie externe moyennant une parité de change négociable par les importateurs du réseau en fonction du prix auquel ils s'engagent à livrer dans la monnaie et les règles internes.

Le système d'information du réseau social numérique doit être bancarisé pour assurer l'intégrité, la disponibilité, la confidentialité et l'auditabilité de toutes les données transactionnelles entrant dans les règlements comptabilisés. La bancarisation des données informatiques instaure un cadastre de l'information financière des prix par quoi toute donnée renvoie à une réalité dont la personne physique et morale est effectivement responsable. Tout bien quantifiable par un prix est matériellement produit au regard de chaque citoyen membre du réseau.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Monnaie
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