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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 10:47

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Gouverner c’est choisir


Le terme de « politique » désigne à la fois les décisions politiques et le cadre de prise de décision. Le cadre de décision fonde la distribution des pouvoirs politiques. Si gouverner, c’est choisir, une question fondamentale se pose : qui choisit quoi ? Dans la démocratie, les rôles du pouvoir politique sont répartis entre le judiciaire, le législatif, l’exécutif et la représentation du peuple par les figures de l’agora ; le lieu où s’échangent les textes possibles de loi, les décisions effectives et les biens économiques.

Dans la ploutocratie, les rôles du pouvoir politique sont répartis entre les gérants de la monnaie : le pouvoir financier prend les décisions d’émission de la monnaie par le crédit et l’investissement ; le pouvoir politique stricto sensu garantit le cadre de décision qui permet l’émission de la monnaie. Dans la ploutocratie, le marché est une chambre d’enregistrement et d’exécution par les non-citoyens des décisions discutées et prises par l’oligarchie politique et financière.

Deux visions de la monnaie internationale

Il y a deux lectures de la compensation internationale en bancor. Une lecture aristocratique : elle constitue un directoire mondial pour définir le cadre de compensation et prendre les décisions de compensation. Les décisions de compensation définissent le prix du bancor en biens réels et en équilibre international des paiements. Le résultat de la compensation est la balance des crédits en bancor qui reconnaît ex post ce que chacun avait le droit de vendre ou d’acheter pour que l’équilibre mondial de la liquidité soit préservé.

Les pénalités sont infligées à ceux qui ont trop vendu : le crédit qu’ils croyaient avoir accumulé ne leur est pas reconnu par le directoire. Les décisions du directoire ne sont pas anticipables ni discutables. Si elles sont anticipables, des spéculateurs financiers viennent proposer avant la décision des assurances sur leurs conséquences économiques inopportunes. Si elles sont discutables, des spéculateurs politiques viennent intriguer moyennant finance pour orienter les décisions du directoire.

La deuxième lecture est démocratique. Elle fonde la compensation sur un marché où toutes les offres et toutes les demandes sont admises sans restriction de statut social, politique ou financier. La seule condition de recevabilité d’une transaction à la compensation est le provisionnement du prix proposé vendeur et acheteur par des opérateurs indépendants de l’acheteur et du vendeur. Quelle que soit l’offre de bien et de prix proposés, acheteurs et vendeurs sont engagés par la couverture des acheteurs et vendeurs primaires (acheteurs de la prime et vendeurs de la prime).

Acheteurs et vendeurs primaires sont eux-mêmes couverts sur leur offre de prime. L’autorité de compensation est elle-même couverte par des primes de capital cotées dans la compensation. Si l’autorité de compensation commet une erreur de jugement sur l’équilibre compensé qui inflige un préjudice à quiconque, le dédommagement décidé par le pouvoir judiciaire est versé sur le capital de l’autorité de compensation et sinon par les acheteurs primaires de capital de compensation de marché.

Bon sens et logique

La compensation adossée au marché régulé par l’égalité des droits de la démocratie produit des décisions anticipables, discutables et systématiquement traduites dans la réalité matérialisée par la monnaie internationale ou nationale garantie en droit. Keynes était un rationaliste réaliste. La finance et la démocratie n’étaient pas suffisamment développées à son époque pour qu’il fasse une proposition explicite de marché international d’option des décisions politiques par la responsabilité financière et des responsabilités de prix par la réalité politique.

Dans l’explication qui précède, le mot « valeur » n’a pas été prononcé une seule fois. La valeur n’explique rien ni du prix ni de la monnaie. Par contre pour justifier une préférence pour la lecture aristocratique de la compensation keynésienne, l’argument premier ne peut être que celui de la valeur ; sans marché, un directoire monétaire mondial n’a rien à dire d’autre que sa valeur intrinsèque pour expliquer et justifier ses décisions auprès d’un peuple voué à l’ignorance et l’inculture.

Le directoire monétaire mondial existe déjà quelque part entre la Fed, le Trésor étatsunien, le FMI, la BCE et le Conseil Européen. Comme il n’y a pas de vrai marché international qui soit un cadre de discussion de la régulation financière, le système monétaire international repose entièrement sur une autorité informelle et invisible qui ne voit pas la réalité économique. Cette réalité sans cadre politique se désagrège. Le pouvoir politique se désintègre dans l’anarchie financière.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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