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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 16:12

Les discussions sur le sauvetage du non-système financier international sont complètement égarées dans la sur-réalité. Les représentations de la réalité par le langage n'ont plus de lien avec ce que les acteurs savent dans leur for intérieur de la réalité. C'est bien la confirmation de la disparition en cours du non-système.

Les Européens de l'euro ont poussé l'Italie dans le vide. Les ressources fiscales de l’État italien s'effondrent à cause de l'impossibilité de dévaluer par une monnaie spécifiquement italienne. Le déficit public augmente verticalement par la possibilité accordée aux Italiens de prêter en euro à partir de l'étranger sans préalablement payer les impôts qui réduisent le déficit.

Les « marchés » ne peuvent pas ignorer que le principe même de la libre circulation du capital a pour finalité de produire de la plus-value par le non-paiement des impôts. La mise en faillite financière des États est la conséquence logique de « l'indépendance » des banques centrales prises en otage par les banques internationales.

Les États et les banques centrales n'ont aucun contrôle réel sur les banques. La spéculation emprunte méthodiquement la liquidité centrale la moins chère pour la reprêter dans n'importe quel pays où la plus-value n'est pas soumise à des conditions de droit et de civisme.

Le pillage fiscal des États est parfaitement rodé. Les filiales étrangères des banques britanniques, allemandes et françaises proposent aux contribuables fortunés de la zone euro de domicilier financièrement leurs activités hors de leur domicile fiscal national. Les impôts non payés là où le travail a produit la richesse sont prêtés aux États par le « marché » international.

L'explosion des dettes publiques est le prix de l'incivilité des élites. Le surréalisme du dernier G20 est dans la dissimulation de la faillite financière générale par une non-régulation délibérée du crédit. Les gouvernements font semblant de chercher des crédits qu'ils ont laissé disparaître par l'absence de droit financier efficient.

Le dollar et l'euro utilisables par plusieurs États en même temps interdisent la fondation du crédit sur la loi de l'intérêt général. L'intérêt général est représenté par des États concurrents ou des institutions supranationales irresponsables devant les électeurs. Le droit est inapplicable.

Il n'est pas plus possible de renflouer les États par le FESF que par le FMI ou n'importe quel autre fonds magique. La ruine des États a fait disparaître toute autonomie publique à créer les conditions d'un équilibre du crédit par une solvabilité objectivement mesurable. Les banques centrales inondent les « marchés » de monnaies à la fois nationales et supranationales que les banques prêtent aux États contre le pillage dissimulé des finances publiques.

Aucun État n'a les moyens de garantir le moindre fonds sauf à se faire piégé davantage par la spéculation financière. Si la Chine ou le Brésil acceptent d'allouer une partie de leurs réserves de change au FMI, ils doivent vendre leurs bons du trésor étatsuniens ou européens pour les racheter à travers le FMI où leur pouvoir de décision et de contrôle est dilué.

Si les pays excédentaires en change prêtent leur propre monnaie aux pays occidentaux endettés, ils accroissent la masse monétaire mondiale et la dette déjà non remboursable. Les émergents accroitraient les tensions inflationnistes dans leur économie domestique, déprécieraient leur change par rapport aux pays endettés et aggraveraient mécaniquement l'insolvabilité de leurs débiteurs.

Les seuls bénéficiaires très provisoires d'un sauvetage du système financier par l'accroissement de la dette mondiale seraient les États-Unis et les banques internationales. Provisoires jusqu'à ce que les créanciers nets en dollar se rendent compte que leurs prêts au Trésor Fédéral étatsunien sont définitivement perdus par l'effondrement de la croissance aux États-Unis et dans le monde.

La fabrication illimitée de dette par le système bancaire en dollar, euro ou livre sterling supprime tout intérêt à produire des biens et services réels au grand jour. Les États impécunieux n'apportent plus de protection juridique et sociale au travail réel. Les avoirs monétaires déposés dans les banques sont instantanément perdus dans des crédits non remboursables et des plus-values financières fictives prélevées par le shadow banking.

La seule possibilité d'éviter la disparition des États et des monnaies est de priver la spéculation du crédit des banques centrales. Répétons-le : la Chine qui sait concrètement ce qu'est la régulation d'un système bancaire a très explicitement énoncé les conditions d'une régulation mondiale du crédit ; donc les conditions d'une résorption immédiate de la dette mondiale excédentaire.

Le gouverneur de la banque populaire de Chine, Zhou Xiaochuan, a demandé la conversion du DTS (Droit de Tirage Spécial, unité de compte du FMI) en étalon de crédit international. Si le DTS est associé à un marché mondial de compensation des primes de crédit de tous les emprunteurs systémiques, la destruction des monnaies par le crédit illimité en dollar s'arrête.

Les États, dont les États-Unis, peuvent assurer leur équilibre budgétaire auprès du FMI. La monétisation publique du DTS les affranchit de la spéculation des faux marchés du shadow banking. Les banques centrales peuvent également assurer leur politique monétaire auprès du FMI et s'affranchir d'une collatéralisation de leur émission monétaire par une titrisation privée qu'elles ne peuvent pas contrôler.

Au lieu de prendre en pension des titres dont le prix réel est inconnu, les banques centrales conditionnent leurs allocations de liquidité à l'assurance du capital bancaire. Les souscripteurs de garantie de capital bancaire en DTS sont compensés par les souscripteurs de primes de crédit public et de primes de change.

Un marché mondial de compensation financière en DTS interdit aux banques de produire légalement des faux crédits revendus aux États par la politique monétaire des banques centrales. La compensation des parités de change en DTS provoque l'ajustement à court, moyen et long terme des taux de change des monnaies à l'équilibre public et financier des économies nationales.

Il est établi depuis Keynes que l'équilibre des budgets publics, des monnaies, du crédit et de l'investissement est impossible sans compensation internationale des échanges par un étalon de crédit universel ; un étalon qui soit contrôlable par la loi des démocraties. L'imperium du dollar dont la République des États-Unis a perdu le contrôle est maintenu pour une seule raison : permettre à la finance internationale de piller légalement l'économie mondiale.

Si les pouvoirs financiers ne reviennent pas sous la loi du bien commun, ils obligeront les peuples à... De toute façon, la spéculation détruit elle-même la monnaie qu'elle accumule. Mais quel sera l'intérêt d'avoir détruit l'économie des échanges humains ?

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Monnaie
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