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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 11:30

Harry Dexter White (à gauche), assistant du Secrétaire au Trésor américain et Keynes, les deux négociateurs en chef des accords de Bretton Woods. Keynes n'est pas parvenu à convaincre les États-Unis de la pertinence du bancor.


Un projet d'édition : Économie de vérité

Synopsis


L'auteur de ce blog s'est replongé dans l'oeuvre de Keynes pour argumenter une analyse de la crise qui intègre l'Etat de droit et la monnaie. Les échanges économiques sont un fait de la société des hommes avant toute théorie et toute technique de calcul financier. La régulation financière mise en cause dans le désordre actuel s'exprime par des principes abstraits toujours discutables mais aussi par ses effets concrets. L'économie est régulée quand l'avoir est accessible à tous et quand tout le monde peut en avoir pour son argent. Comme à l'époque de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, la croissance de l'avoir est durablement compromise dans les pays les plus développés et la mesure monétaire des équilibres de l'offre et de la demande ne fournit plus d'indications fiables sur la valeur réelle sous-jacente.

L'auteur de ce blog s'est interrogé dans un ouvrage à publier sur l'Etat de droit nécessaire à une mesure efficiente des prix dans l'économie mondialisée ; une mesure qui guide effectivement les décisions d'anticipation financière de la valeur dans un marché mondial ouvert à la satisfaction de tout homme. Vos réactions seront appréciées pour mener à bien le projet d'édition.

La mesure financière a perdu son objet

Trois ans après les prémices de la crise des subprimes, la profondeur historique des dysfonction­nements de l'économie mondiale se révèle avec évidence. L'effondrement des anticipations financières est apparemment stoppé mais l'économie concrète se dérobe actuellement dans tous les pays développés. Le fait inédit depuis la deuxième mondiale est la conversion massive des pertes des opérateurs financiers en dettes publiques non intégrables dans les anticipations de marché. Le renflouement des débiteurs en défaut a évité la comptabilisation et la répartition des pertes sur les opérateurs qui continuent de produire de la valeur réelle invérifiable. Les États et banques centrales garantissent tous les débiteurs systémiques indépendamment de leur solvabilité réelle qui n'est plus mesurée. Pour continuer d'agir sur les marchés, il suffit d'emprunter au plus grand nombre possible de créanciers pour obliger implicitement la puissance publique. Le système financier vend massivement du risque en spéculant sur la mesure factice de l'économie réelle ; la puissance publique rachète massivement le risque non mesurable par une dette publique non évaluable par le marché.

Force est de constater que la Loi fait défaut à réguler le calcul économique. La signature des États ne s'appuie sur aucune anticipation financière que les marchés puissent matériellement vérifier par une offre et une demande véritablement mesurable ; le bilan des banques centrales est inexplicablement proportionné à la mesure de l'activité économique réelle ; les institutions financières ne transforment plus la liquidité apparente en investissements ; la production de biens et services réels ne trouve plus les financements que la demande réelle est prête à lui acheter. Comme dans les années 1930, la dégradation brutale visible de la conjoncture est illisible par les agents économiques. L'observation des prix réels et financiers ne dit rien de l'offre et de la demande solvables. Les outils d'analyse économique sont explicitement en défaut.

Depuis 2007, États et banques centrales soutiennent nominalement la croissance par le déficit budgétaire et la facilité monétaire. La communauté de mouvement évite les positions d'arbitrage explicites entre grands États et leur zone monétaire. Les masses monétaires donnent l'impression que l'activité réelle se reprend et les parités monétaires restent relativement stables en l'absence d'argument fort de spéculation. Mais derrière la mesure financière nominalement stable, l'économie réelle se transforme et se détériore dans les zones monétaires de réserve dont la monnaie est unité de compte internationale. Parce que ces monnaies sont des outils de transaction et d'épargne internationale, leur parité surévalue le prix international de leurs réalités non financières ; l'émigration de l'activité économique dans les pays émergents n'est plus tenable dans les sociétés développées. L'économie se financiarise dans les zones monétaires de réserve pour se réaliser dans le reste du monde.

Crise de civilisation, anomie internationale

Les sociétés et États développés sont en désagrégation. Noyées dans la liquidité nominale, les sources de valeur réelle ne sont plus identifiables et se trouvent en sous-financement pendant que les pays émergents accumulent des réserves de change dont la valeur réelle est de plus en plus hypothétique. La cause de la crise est la disparition de toute régulation financière et monétaire : les prix financiers ne traduisent plus la réalité dont la valeur de mesure n'est pas définie dans l'économie mondialisée. Toutes les règles verbalement affirmées de solvabilité sont abolies en pratique. Les États et institutions privées empruntent sur le seul critère de la puissance matérielle. Le principe d'égalité des droits se nominalise ; tout emprunteur ou épargnant petit par sa surface financière est exclu du marché ou soumis à des conditions léonines sans rapport avec la valeur réelle relative de ses engagements. La croissance réelle mondiale est vraisemblablement négative ; en dégradation lente mais durable, ou rapide et catastrophique

Nous sommes dans une crise de la science économique et du droit financier. La théorie keynésienne méconnue de l'État, de la monnaie et de l'économie en fournit la trame d'explication. L'intuition en est déjà présente par l'application actuelle des prescriptions keynésiennes de relance budgétaire et monétaire. Mais l'interprétation actuelle de Keynes est instable par l'incompréhension de sa théorie de la monnaie ; une théorie posant l'ordre public de la Loi comme préalable à tout calcul financier. Tout le matériel financier est disponible d'une anticipation économique de croissance véritable et consistante par la mesure monétaire. Mais il manque un pilier essentiel : l'État de droit mondial ; non pas un gouvernement politique mondial mais une gouvernance financière mondialisée. Exactement la proposition des Britanniques à Bretton Woods que les États-Unis avait écartée afin d'imposer le dollar dont ils croyaient garder la maîtrise.

Toutes les zones monétaires de réserve ont perdu la maîtrise de leur monnaie par l'impossibilité de réguler les échanges économiques. Le recollement de la monnaie à la réalité impose la constitution d'une société financière mondiale des États nationaux. Elle transformerait la partie internationale du système bancaire actuel en système du bancor régulé par une Banque Centrale Mondiale (BCM) et une Banque Mondiale de Contrôle Financier (BMCF). Le nouvel étalon monétaire de calcul économique serait indépendant des politiques nationales. La clé du miracle serait la définition juridique de la monnaie internationale comme nominal international d'option de mesure constante dans le temps de la valeur économique. De cette seule définition mise en œuvre par un système monétaire international (SMI) exclusivement dédié à l'émission d'une unité de mesure constante de la valeur réelle découlerait une régulation naturelle, logique et matérielle des échanges internationaux de tout objet de valeur.

Dilution des autorités de droit, disparition des monnaies

La nature optionnelle de la monnaie peu évidente à l'époque de Keynes l'est totalement aujourd'hui dans un régime de libre circulation des capitaux. Elle découle de son utilisation comme unité de compte de l'échange marchand. Tout marché effectivement fondé dans le Droit permet le règlement des échanges étalé dans le temps, c'est à dire le règlement en crédit matériellement compté en monnaie. Le crédit est délai de paiement accordé par le vendeur à l'acheteur ; également reconnaissance sanctionnée par une autorité politique de la capacité d'une personne à ne pas produire immédiatement la matérialité physique de la contrevaleur d'un échange. Trois causes sont nécessaires à l'existence de la monnaie : la production de réalité physique par un vendeur, la promesse verbale engagée par un acheteur et la Loi appliquée par une autorité publique de produire réellement la contrevaleur à terme de toute promesse. La responsabilité publique établit l'équivalence des promesses quantifiées en droit des réalités physiques et de leur mesure métaphysique.

La difficulté moderne à penser toutes les conséquences pratiques de l'État de droit a conduit la science économique contemporaine à négliger la Loi sociale et politique à l'origine de la rareté de la valeur matérielle. Toute société dirige par ses lois les comportements humains vers des activités dont elle juge la valeur acceptable pour la collectivité. Les expressions verbales de la Loi sociale sont la seule structure de la valeur anticipée en l'absence de la matérialité palpable des objets à produire. La mesure monétaire de la valeur future est la présomption d'un objet matériel avant son existence physiquement constatable. Tout aussi fondamentalement, elle affirme un motif licite de valeur sans réalité physique immédiatement vérifiable. L'option sous-jacente à un crédit de monnaie appartient aux emprunteurs de son pouvoir d'achat. L'emprunteur de la monnaie choisi de produire des objets certains de valeur, définis comme tels par la société avant d'être physiquement matérialisés.

L'actuel système politique et financier ne comprend pas les conséquences de l'inexistence réelle d'un État de droit dans les échanges internationaux. Une vision purement matérialiste du marché s'est imposée dans l'espace international. L'offre et la demande sont désincarnées par l'absence de définition commune du sujet humain de la valeur. Les obligations financières des parties internationales sont librement interprétées quant à la liquidité du risque et du crédit échangés. L'immatérialité physique des objets financiers permet de virtualiser leur domiciliation là où les conditions légales et matérielles sont les plus favorables au vendeur de la mesure par rapport à son acheteur fournisseur de la réalité finale. Contrairement au discours idéologique, il n'y a pas de vrai marché international faute de définition et de mise en œuvre communes des droits et obligations financiers des sujets de l'échange. La finance internationale est littéralement une anarchie exposée à la tyrannie des puissants. Le risque non mesurable est l'absence de vrai marché.

La monnaie originée dans le choix de la Loi du bien public

La monnaie est nominal fondamental de toute option financière : acheteur et vendeur choisissent une certaine mesure de leur échange plutôt qu'une autre ; acheteur et vendeur décident de se soumettre à une même Loi ; leur choix est de valeur incertaine quant à la satisfaction qu'ils en tirent et quant à la capacité de l'autorité publique émettrice de la monnaie à garantir l'identité de leur droit malgré leurs différences d'intérêt. De l'option financière de la monnaie découle la mesure en crédit de tout objet nominal défini dans le droit que toute monnaie matérialise. Pour qu'il en soit réellement ainsi, il ne suffit pas de libeller la monnaie d'une transaction : il faut la porter à la connaissance de l'autorité régulatrice de la monnaie, celle qui assumera l'éventuel écart entre le sous-jacent réel de la masse monétaire émise et sa mesure nominale. Cette nécessité logique impose la délimitation des marchés par la monnaie utilisée et la transparence de ces marchés à leur autorité de régulation. L'hyper-réglementation ne compense pas l'opacité du marché non référencé par son unité de compte juridique.

La conséquence de la monnaie reconnue comme option dans les échanges internationaux est la structuration des marchés selon le droit y applicable et l'autorité de régulation y responsable. Tout objet financier est interprétable dans une seule nationalité de droit dont l'application ressortit à un seul système de régulation sous une même autorité arbitrale. A l'intérieur d'un marché défini par la nationalité du Droit qui le régule, le risque devient clairement séparable du crédit. Un objet de financement est sous-jacent de sa mesure en crédit. Associé à sa prime de risque de crédit, il est sous-jacent de l'option d'une monnaie régulé par une autorité publique identifiée. Par la réalité du marché régulé en droit, l'option transforme le droit des parties négociantes à l'objet de valeur : en crédit payable à terme, en prix certain immédiatement disponible et en prix incertain immédiatement réglé contre le risque de non-règlement à terme du crédit. Le crédit sûr est nominal d'une option de valeur achetée au propriétaire de son risque. Le risque est par nature une prime d'option monétaire dont la nationalité définit en droit à qui elle peut appartenir et comment elle est négociable par le marché.

La conjoncture actuelle réunit trois menaces sur le calcul financier en monnaie. Deux sont anciennes : d'une part, la puissance publique endettée peut modifier la mesure de ses obligations en changeant la définition légale des objets de la valeur ; d'autre part, la réalisation matérielle physique de la valeur anticipée dans le crédit peut rester partielle par la capacité de certains emprunteurs à imposer leurs prix indépendamment de la réalité négociée. La troisième menace est revenue au premier plan par les effets de la mondialisation : aucune puissance politique n'impose plus sa loi dans la mesure des échanges internationaux. En l'absence d'un critère commun de la valeur vraie, la production de fausse valeur est acceptée en pratique pour jouer avec le droit de ses concurrents internationaux. En l'absence d'obligation d'achat des primes de risque à l'origine des opérations financières, les pertes de crédit à l'échéance retombent sur des prêteurs ou sont rachetées par des États. L'ampleur du phénomène le rend désormais insoutenable.

Marché de la réalité engagée dans la valeur humaine

La condition d'existence de l'option est le marché où se confrontent les sujets de valeur égaux en droit ; un droit qui définisse toutes les limites formelles des objets échangeables. Le marché non régulé par un même État de droit est une fiction économique par échange inégal du risque. L'État de droit sans expression par le marché est une fiction nominale de réalité ; l'échange des objets physiques de la valeur ne respecte pas l'équivalence à terme du risque et du crédit avec le comptant. Sans égalité devant le risque, il n'y a pas de droit ni de vrai marché. Le marché des monnaies actuel est virtuel qui confronte l'offre et la demande de valeur réalisables par des nationalités différentes de droit. Sans un principe international de régulation accordant une définition universelle unique au nominal des options de change, le marché est virtuel par l'inégalité non reconnaissable et non mesurée des droits entre les parties.

Le vrai marché n'est pas seulement un réseau de flux physiques et financiers mais une société de sujets responsables dans la durée de la valeur échangée. L'option construit la solidarité de la valeur entre trois sujets : celui qui prête le crédit sous-jacent à l'option, celui qui achète la prime de l'option et celui qui produit la valeur réelle contrepartie du crédit à terme de l'option. L'utilisation financière spéculative de l'option méconnaît le rôle du producteur réel de sa valeur. Les intermédiaires financiers peuvent ainsi cantonner la négociation entre l'acheteur de la mesure en crédit et l'acheteur de la prime. Le tiers arbitral responsable de la réalité de la valeur négociée disparaît, celui qui répond de la mesure du nominal par une réalité qu'il doit produire ; qui répond aussi de la mesure de la prime qui délimite le risque encouru par le propriétaire de la prime.

La vraie option de la valeur contient une probabilité de réalisation qui engage le gérant de son objet dans la production réelle de valeur dans l'exacte proportion de la mesure en crédit vendue au prêteur du nominal. La plus-value vendue à l'acheteur de la prime doit être l'anticipation mesurée de la moins-value possible sur le crédit ; aucune plus-value ne doit exister qui n'ait été possibilité d'une moins-value d'égal montant à l'origine de l'anticipation. La moins-value ne peut être qu'une valeur effectivement réalisée inférieure à la mesure promise à l'origine par le crédit. La plus-value de l'option est le résultat de la prudence. L'option est principe incarné de responsabilité de la valeur présente et future mesurée dans la réalité de tout objet. Le maquillage des options en produits dérivés est une astuce linguistique et mathématique pour produire une mesure soi-disant sûre du risque. Elle élude la responsabilité de son gérant et la transformation financière des mesures en réalité comptant. Les intermédiaires financiers négocient en toute liberté des primes et des nominaux sans prendre la responsabilité d'en produire la réalité à terme.

Option monétaire internationale du bien commun

Si les sociétés politiques nationales décident d'assumer leur responsabilité de rendre intelligible le bien commun qui les constitue, elles fondent un droit commun du calcul financier par l'option des monnaies. La négociation d'options par des gérants personnellement responsables devient principe universel de mesure de la valeur de toute décision humaine. La réalité de la valeur propre d'un gérant certifie la transaction du crédit par la transaction de la prime du crédit. Le capital se définit alors comme une prime de risque de crédit à sa souscription et une plus-value sur le remboursement du crédit à son échéance. Même la valeur objective d'un système juridique ou d'une politique publique devient mesurable sur le marché international des options. La division des risques n'est plus un calcul mathématique abstrait mais une répartition de toutes les causes de la valeur entre des gérants identifiés d'objets réalisables. Tout objet anticipé de valeur est couvert par la gestion effective de sa réalité, la mesure de son crédit et la propriété de son risque. Pour que le risque de crédit soit vraiment couvert, il faut que le propriétaire du capital soit indépendant de son gérant, matériellement et formellement.

Dans un vrai marché international organisé par la responsabilité financière personnelle, l'option s'applique tout autant à l'intérêt public qu'à l'intérêt privé. Tout intérêt est identifié par le marché dans un droit transparent et public ; géré par un responsable public garanti par ses biens privés ou par une prime d'option de son engagement personnel ; et contrôlé par un actionnaire publiquement identifiable, propriétaire de la plus-value parce que responsable sur ses biens privés. La responsabilité de capital est elle-même garantie par le propriétaire de l'option de capital engagé dans la plus ou moins-value du remboursement intégral des emprunts du gérant. Un gérant a nécessairement une responsabilité publique garantie par son patrimoine privé physique et métaphysique personnel. Une société politique régie par le droit de l'option ne souffre aucune promesse de valeur dont la mesure ne soit garantie par une chaine d'achat de la prime de toutes causes identifiées de sa réalité à terme. Les erreurs de calcul du futur ne sont pas dissimulées par les mathématiques ni logées dans des véhicules juridiques sans propriétaire capable. Toute erreur est achetée en droit de son objet sous-jacent par des opérateurs de marché bien identifiables. Le vendeur d'un objet est systémati­quement couvert par le vendeur de sa mesure et le vendeur de la mesure systématiquement couvert par le propriétaire de la réalité délimitée par une caution financière.

Le propriétaire de la réalité ne vend de certitude que couvert sans limite par la répartition dans le marché des primes de toutes les causes de sa certitude. Le marché exprime l'objectivité de la valeur par la réalité des sujets d'anticipation de tout objet de promesse. Un objet financier ne peut pas être exprimé au présent par son existence physique seulement à terme. Le marché est donc nécessaire comme lieu de confrontation publique des sujets d'offre et de demande de toute prime et de tout nominal d'option. Le marché régulé confronte à la fois les offres et demandes du crédit de tout objet réel de valeur et les offres et demandes de la prime de risque de la mesure du crédit de ces objets. Les engagements négociés en prix du risque et prix du crédit d'un même objet sont enregistrés par le marché jusqu'à l'échéance des contrats. Le vrai marché est mémoire collective de la valeur. Le gérant de l'objet de l'option doit effectivement en fournir la réalité ; l'acheteur de la prime de crédit doit effectivement suppléer la défaillance possible du gérant ; l'épargnant doit effectivement récupérer l'exacte mesure de son pouvoir d'achat à l'échéance convenue.

Le bancor, nominal d'une option de droit transnational

Un tel marché international de l'option définit matériellement la valeur conventionnelle d'un étalon international de la mesure financière. Le bancor est la subdivision unitaire du total nominal de toutes les positions nettes d'options d'objet à terme négociées dans le marché régulé du SMI. La régulation internationale repose sur un marché des quatre classes fondamentales d'option de la valeur : liquidité du crédit dans le temps, liquidité du crédit par l'emprunteur, liquidité du crédit des objets assurés et liquidité des prix en crédit. Options portées par quatre catégories d'opérateurs capitalisés indépendamment les uns des autres et en contrôle prudentiel réciproque les uns des autres : les banquiers de crédit, d'investissement, d'assurance et d'intermédiation de marché. Le SMI est monétisation de la régulation financière des quatre natures de cause d'anticipation financière : la compréhension de la valeur par un gérant de la réalité, la mesure d'utilité de la valeur par sa disponibilité effective dans le temps, la sûreté des objets de la valeur par l'assurance de l'entropie physique et le droit de la valeur mesurée par l'intermédiation de marché.

La production de régulation universelle par la structure optionnelle du marché en bancor est arbitrée par un gérant central de la liquidité quantitative (BCM), un gérant central de la liquidité qualitative (BMCF), la société multinationale des États de droit actionnaires du système et les opérateurs de la réalité engagés en droit transnationalisé. La production des objets sous-jacents aux options est nominalement enregistrée et réellement surveillée par les intermédiaires financiers de marché. Le marché du bancor est une chambre de compensation du crédit sous-jacent aux options dont toutes les primes sont achetées par l'intermédiation du système bancaire. Les primes de change évaluent objectivement dans la transnationalité l'incertitude de la réalité sous-jacente aux monnaies nationales. Les nationalités récupèrent la pleine responsabilité de leur système juridique que les étrangers leur rachètent en toute liberté à leur juste prix.

Le modèle international de régulation financière est librement acheté et vendu par les États nationaux et zones monétaires. Le marché du bancor est un bien commun qu'aucun individu, aucune nation, aucune coalition d'intérêts quelconques ne peut acheter sans s'exposer au prix de la mesure réaliste de la valeur de la société mondiale ; réaliste par la responsabilité de tout sujet à réaliser et couvrir la mesure de ses promesses. Obligation appliquée dans l'internationalité à tous les responsables publics engageant le pouvoir d'État. Toute autorité publique empruntant sur le marché international doit y déposer ses comptes et régler sa prime de risque aux banques d'investissement qui la garantissent. Les seigneuriages sont versés au capital de la Banque Mondiale en garantie de la liquidité de la régulation monétaire internationale ; et recouvrés en plus-value de régulation internationale aux échéances de contrôle multinational.

Régulation financière transnationale par la loi du réel

La monnaie internationale est émise à proportion de la liquidité déposée sous couvert de la régulation de la BCM et de la BMCF en contrevaleur réelle des échanges de production nationale. Les monnaies nationales sont émises à proportion de la juste répartition de la valeur effectivement produite à l'intérieur des espaces de juridiction nationale en échange avec le marché international. La domiciliation de l'épargne et du financement de l'investissement dans le bancor ou les monnaies nationales offre à toute personne de spéculer sur la seule réalité de sa nationalité ou de sa transnationalité. Il n'est plus possible de spéculer sur la vérité de ses propres promesses. Les signes monétaires en bancor se multiplient ou se détruisent selon la valeur réelle sous-jacente aux investissements financés en bancor ou financés dans les monnaies nationales.

Le bancor fonde le risque systémique sur le droit des personnes individuelles et collectives à la responsabilité du réel. L'intégration au SMI est absolument libre mais subordonnée, si elle est engagée, à la production de liquidité en valeur réellement livrable au marché multinational. A partir de sa définition identique dans toutes les nationalités adhérentes, le bancor produit dynamiquement ses normes de solvabilité. Les acheteurs de risque garantissent par leur propre intelligence engagée dans le réel toute mesure du crédit. Aucune mesure n'est garantie par le bénéficiaire du remboursement ou l'utilisateur de sa contre-réalité. Il n'est pas possible en bancor de vendre comme crédit son incapacité potentielle à saisir le réel ou d'acheter comme risque sa propre mesure engagée en réalité du crédit. Il n'est plus possible de contourner par l'internationalité les règles prudentielles édictées par des autorités publiques qui assument financièrement dans la transnationalité leur risque de régulation.

L'objectivité transnationale du bancor est un outil de garantie de la valeur des monnaies et de la réalité de toute dette. Toute banque en monnaie nationale peut couvrir ses dettes en valeur réelle par l'achat aux échéances de son passif de sa prime de crédit (CDS de soi-même contre la BCM) et de sa prime de change en bancor. La couverture de la solvabilité de tout un système bancaire détermine la parité des monnaies dans lesquelles il travaille. Le marché du bancor est par construction obligé de négocier l'équilibre de l'offre et de la demande de la devise qu'il couvre. La libre convertibilité d'une monnaie nationale en bancor implique que des banques et États en monnaie nationale déposent leurs actifs dans des banques de marché et soient crédités d'un dépôt dans des banques de crédit en bancor ; que les banques de marché et de crédit se couvrent de leur propre solvabilité par le placement de leur capital auprès des banques d'investissement en bancor ; et que la liquidité des crédits adossés aux actifs soit couverte par des primes de crédit (CDS) réglées par tout emprunteur en bancor aux banques d'investissement.

Intangibilité de la valeur promise aux épargnants

Les dépôts en bancor d'une zone monétaire sont ses réserves de change et l'ensemble de ses emprunts sont couverts par le marché du risque en bancor. La position nette d'une zone monétaire en bancor est strictement limitée par les capitaux investis en bancor dans l'achat des plus-values à terme du crédit consenti à la zone. Les parités monétaires et les politiques monétaires nationales sous-jacentes sont strictement limitées par les achats de risque des investisseurs en bancor de toute nationalité. L'instauration du SMI bancor fournit immédiatement l'équilibre de la liquidité mondiale par l'achat des risques de tous ses objets réels anticipables. Les États ou banques centrales paient en bancor les primes de change qu'ils estiment pouvoir payer pour défendre leurs objectifs de parité en étalon de stabilité monétaire. Les erreurs passées ou potentielles de régulation, de politique monétaire ou budgétaire sont calculées et achetées par la communauté internationale selon les objectifs nominaux de masse de crédit que les zones monétaires se donnent.

En vendant au marché international une réalité qu'elle ne peut produire dans l'instant présent, une zone monétaire paie la prime dont la communauté internationale estime qu'elle aura à fournir la contre-réalité. En convaincant le marché de l'exacte mesure de ce qu'elle estime pouvoir produire, une zone monétaire paie une prime minimale sur la parité qui rembourse toutes ses éventuelles défaillances dans la durée des ses engagements en bancor. Les zones monétaires souhaitant soumettre au marché la vraie valeur de leur parité autorisent sans restriction leurs ressortissants à convertir leurs dépôts en bancor. La défiance des déposants et des épargnants devient mesurable par les sorties de capitaux indépendantes des flux physiques ; sorties qui dévaluent la monnaie vendue et resolvabilise les emprunteurs domestiques par leur marge potentielle sur le marché international. Les salaires sont exclusivement fixés en monnaie du lieu où le travail est accompli et protégé par l'autorité publique souveraine. Toute épargne de toute nature est par l'existence de l'étalon bancor potentiellement garantie en valeur réelle par l'achat privé ou public de primes de stabilité monétaire.

La possibilité d'existence du bancor démontre à l'instant présent la vérité possible d'une rationalité de la stabilité économique et financière. S'agissant d'une vérité, elle ne peut advenir que par le choix délibéré des sociétés humaines ; en l'occurrence d'au minimum deux sociétés nationales régies par des systèmes juridiques différents qui puissent se mesurer réciproquement en étalonnage de la valeur mondiale. Ce pourrait être la Chine, le Japon et les États-Unis, ou l'Euroland et le Royaume-Uni ou idéalement toutes les nations adhérents à la responsabilité économique personnelle de la valeur du Droit. L'alternative au bancor est l'effondrement probable des dettes publiques internationalisées, des banques qui les financent et de tout le système de paiement international ; donc la régression de l'économie et de la richesse mondialisées à un niveau de risque qui ne mette pas en péril les sociétés nationales.

Rétablir la responsabilité économique de la valeur

La logique de la responsabilité n'est évidemment pas une nécessité de la nature. Les prévisions économiques sont pour cette raison toujours fausses qui ne prennent pas en compte la liberté de choix des agents économiques et les erreurs d'anticipation de la valeur matérielle. En revanche, les raisonnements économiques fondés sur l'éthique de la connaissance partagée de la réalité observable conduisent à des décisions rentables. Une vision modernisée de Keynes peut placer la monnaie au centre d'un dialogue entre États et marché, entre sa forme humaine et sa matérialité physique, entre son existence sociale et son initiative privée. Je me suis efforcé d'en faire la démonstration argumentée et applicable dans un ouvrage dont j'achève la rédaction. Je crois qu'elles permettraient de faire converger les difficiles débats internationaux en cours.

La faillite de Lehman est la faillite du dollar, la crise grecque la faillite de l'euro, l'effondrement en cours du dollar et de l'euro, l'effondrement de l'économie réelle mondialisée. Ces menaces sont évidentes parce qu'il existe une parade : le SMI de Keynes rejeté à Bretton Woods. Un système cohérent et efficace par les développements-mêmes de la finance contemporaine. Les derniers travaux d'épistémologie économique et financière convergent dans la direction de Keynes. Il reste beaucoup d'explications, de définitions et de pédagogie à fournir dans le champ politique. Les pays développés vont devoir se classer selon l'autonomie et la responsabilité qu'ils accordent à la personne individuelle, intelligente et sociale. Seuls ceux qui acceptent la régulation des intérêts privés par la responsabilité publique indissociable de la responsabilité financière personnelle pourront héberger le système bancor sous leur juridiction. Il est vraisemblable que les États développés devront procéder à la nationalisation des systèmes bancaires afin de les restructurer et les rendre régulables par la responsabilité privée. L'homme est à la fois individuel et collectif, libre et en relation.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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