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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 11:30

Une science morale


Réponse à Jean Peyrelevade et Habsb quant à l'exercice de la responsabilité politique de régulation du système financier.

@Peyrelevade et habsb

Votre point de vue Monsieur Peyrelevade sur la nature scientifique de l’économie est intellectuellement réconfortant. Ne pas s’y retrouver dans les théories économiques ne doit pas nous désespérer d’y comprendre quelque chose. Une observation humble et prudente des réalités sensibles et raisonnables devraient nous permettre de progresser. Il est compréhensible que l’exercice soit difficile aux politiques à qui l’on réclame l’omniscience et l’omnipotence.

Je souhaite ne pas partager votre pessimisme et comprendre comme habsb que vous posez l’économie comme science morale. S’il en est ainsi, alors l’économie est un art politique autant qu’une discipline individuelle. Une méthode que nous choisissons pour transformer les ressources rares de notre existence terrestre en prospérité ;la plus grande satisfaction possible du plus grand nombre possible de besoins humains avec des ressources limitées.

Si l’économie est une science morale, alors elle pose le problème de la définition du bien économique et du comportement raisonné à adopter pour réaliser ce qu’on choisit comme bien. Ce qui spécifie l’économie dans la morale, c’est l’adoption explicite de la contrainte des ressources limitées à l’accomplissement du bien reconnu. Votre affirmation de la monnaie comme bien commun et votre recherche des meilleures combinaisons de dépenses publiques, de niveau de salaire, d’investissement et d’échanges internationaux s’inscrivent à mon sens dans une réflexion réellement morale.

En poussant l’hypothèse jusqu’au bout et en analysant la nature de l’activité financière telle que nous l’avons vu se développer, il n’est pas absurde de définir la finance comme activité de définition et de réalisation des objectifs de morale économique. On découvre alors que la crise actuelle n’est pas un dysfonctionnement économique mais la conséquence d’un équilibre désormais mondial des choix d’organisation économique dans l’expression des buts poursuivis par une société mondiale.

Si crise il y a, c’est que les résultats obtenus de nos choix ne sont pas satisfaisants pour tout le monde objectivement et subjectivement.

La question devient ici fondamentalement politique. L’économie mondiale est-elle au service de toutes les sociétés et de toutes les catégories sociales et de tous les individus ? Les États sont-ils solidaires dans la poursuite d’objectifs nationaux compatibles entre eux ? Les États sont-ils responsables du financement des missions qu’ils se donnent envers leurs ressortissants ? Les hommes d’État sont-ils économiquement responsables du bien public qu’ils ont le mandat de réaliser ?

Il est possible de répondre oui à ces questions d’économie morale. La conséquence morale logique en est l’instauration d’un vrai marché par la solidarité des États de droit. Un marché de la certitude transparente des engagements économiques définis en droit par la responsabilité économique des États. Un marché qui fonde la valeur des monnaies sur le respect du droit engagé nationalement et internationalement par les États. Un marché qui fonde une monnaie internationale par l’équivalence des risques encourus dans tout crédit international. L’instauration de la responsabilité économique internationale des États est le vrai substrat de la monnaie, celui que Keynes a esquissé dans sa proposition du bancor sans parvenir à démontrer la pertinence et l’opérationalité de sa gestion. Tous les outils existent désormais de gouvernance des monnaies et des marchés financiers ; si des États décident de se saisir de leurs responsabilités.

Comment réglementer demande Habsb : par le Droit, le marché et la monnaie.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Théorie
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