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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 19:08

L'économiste Jacques Marseille, décédé en 2010, est un défenseur de l'allocation universelle consistant à consolider l'ensemble des droits et revenus sociaux dans une allocation minimale versée indépendamment des revenus du travail à chaque citoyen. Considérant qu'elle doit assurer un bien-être minimum à chaque individu quelle que soit sa capacité et son travail effectif, la société verse un revenu minimum sans condition de participation à la production de biens et services.

Le versement de l'allocation universelle induit l'ouverture pour chaque citoyen d'un compte social ; compte crédité du revenu minimum alloué et débité du prix des services sociaux consommés. Le budget social peut être financé par une fraction de l'impôt progressif sur le revenu et de la taxe sur la valeur ajoutée. La redistribution et la solidarité pèsent uniquement sur les revenus et la consommation mais pas du tout sur le prix du travail entrant dans les coûts de production.

L'allocation universelle pose l'existence d'un Etat de droit fondé sur l'intégrité physique des personnes avant toute obligation de travail. Cette intégrité représente un certain prix que la collectivité fixe indépendamment des processus de production des biens et services par l'activité économique. Chaque individu certain de moyens minimum de vie offre son travail dans la perspective d'améliorer son niveau de vie par la vente de ses talents d'innovation, d'entreprise, de transformation et d'exécution.

L'allocation universelle garantit une égalité de nécessité entre l'acheteur et le vendeur de travail. Le salaire traduit exactement le prix d'équilibre de la contribution apportée par le travailleur au produit final par rapport aux autres travailleurs, par rapport à l'entrepreneur coordinateur et acheteur du travail, par rapport au créancier et par rapport à l'investisseur en capital. Le bénéfice collectif de l'équilibre ainsi créé de négociation du travail est l'identification objective des compétences nécessaires à la production et le calcul de leur vraie rareté. Acheteurs et vendeurs de travail ont un intérêt commun à investir dans l'acquisition des compétences professionnelles les plus chères et les plus rémunératrices.

Le raisonnement de Jacques Marseille est irréprochable sur le plan de la rationalité économique. L'allocation universelle est économiquement efficace, juste et parfaitement réaliste ! Il suffit de ré-indexer les monnaies sur le bien commun. A tout le moins d'opérer cette ré-indexation par la réforme de la zone euro en système de compensation multinationale des monnaies nationales et locales.

Les monnaies ne seront plus émises par les dettes fictives que contractent l'économie réelle envers le système financier mais par la dette que l'économie réelle contracte sur son engagement de bien commun vis-à-vis d'elle-même. Les différents degrés du pouvoir politique, local, national et européen sont réassignés au calcul du bien commun de la collectivité qu'ils servent. Chaque pouvoir politique financièrement représenté par une monnaie se réévalue monétairement par l'efficacité de la production et de la distribution des revenus que son autorité produit. Chaque pouvoir politique sur-anticipant l'avenir par l'emprunt sans réguler la production et la répartition des biens individuels et collectifs est au contraire dévalué par sa parité de change en euro.

La dévaluation en euro d'une monnaie nationale est nécessaire à la dépréciation des dettes publiques d'une collectivité ne sachant pas assurer à ses ressortissants le niveau de vie monétaire correspondant aux droits qu'elle accorde en revenus réels effectifs. L'intérêt de la variabilité des changes régulée en euro, monnaie de solidarité des démocraties européennes, est de restaurer une responsabilité politique de l'économie du bien commun. L'échec des politiques économiques locales, nationales ou communautaire européenne, se paie alors par un travail supplémentaire pour un même revenu monétaire nominal afin de rembourser aux étrangers de la collectivité déficitaire les emprunts en excès sur le potentiel réel de production. 

Le revenu minimum humain est bien la monétisation du droit individuel et collectif à la vie. Quand le droit à la vie est insuffisamment servi dans une collectivité, la monnaie de cette collectivité se déprécie afin que le travail de production réelle à l'intérieur de la collectivité puisse s'exporter davantage à l'extérieur afin d'importer ce que la collectivité ne parvient pas à produire.

Pour réaliser cette économie nationale et internationale du bien commun, il faut juridiquement redéfinir le capital comme la prime de droit du crédit. Concrètement les entrées et sorties de capitaux d'une zone monétaire locale ou nationale vers les autres sont compensées en droit par l'euro : toute sortie de capital implique le règlement d'une prime fiscale garantissant les droits du travail dans les biens exportés ; implique le règlement d'une prime de crédit garantissant les remboursements des crédits ayant financé les biens exportés ; implique le règlement d'une prime de change sur le crédit étranger permettant à la zone monétaire de destination de prêter à la zone monétaire d'exportation du capital.

En dépit de sa rationalité économique et philosophique, l'allocation universelle est bien une utopie tant qu'est maintenue la fiction actuelle de la monnaie abstraite non vérifiable par l'économie réelle. Pour réaliser l'utopie, il faut effectivement recréer le marché par la loi du vivre ensemble à la place du marché actuel de la spéculation financière sur des promesses non réalisables. Le nihilisme financier est aisément contournable par le communisme de marché capitalisé par la responsabilité politique du vivre ensemble. Le système du capitalisme libéral de la finalité communiste des biens existe déjà si l'euro est muté en monnaie de compensation des monnaies nationales et locales de responsabilité politique.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Assurance
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Odinot 05/01/2013 18:25


A toutes fins utiles


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Marseille le 03/01/2013


   Une utopie réalisable


 (Réflexions d’un citoyen du monde sur l’essentiel)


Le communisme ne marche pas, le capitalisme ne marche plus.


Proposons une troisième voie : pacifiquement et sans précipitation.


On l’étudie maintenant pour un début d’application dans 40 à 50 ans…….


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Où sommes nous ?


Nous évoluons sur une planète privilégiée perdue dans un univers hostile, fait de roches, de gaz de particules, et soumis à des
températures extrêmes.


          Cet univers a-t-il été conçu ou non par un dieu « créateur » ?, Personne ne peut apporter à ce
sujet de réponse pertinente. Le problème religieux doit donc se cantonner au niveau de la conscience individuelle et non collective.


La vie a envahi la terre ; trois règnes s’y côtoient : l’animal, le végétal, et le minéral.


Mais au cours de ces deux derniers siècles, un animal : l’homme, a pris le contrôle de l’ensemble, or, visiblement la situation
lui échappe, et il ne sait comment gérer cette planète dont il s’est arrogé la propriété


 Nos problèmes


Une trop rapide augmentation de la population, multipliée par sept en deux siècles, appelait de profondes transformations
sociales, mentales, économiques environnementales et d’infrastructures sans communes mesures avec les moyens disponibles et les politiques suivies durant la même période.


         En même temps que le nombre de bras augmente les besoins en main d’œuvre diminuent, du fait de la mécanisation, de la robotisation et de la course à
la productivité.


         Une fraction non négligeable de la
population, ne dispose pas de moyens d’existence décents, tandis qu’une infime minorité accumule des richesses de façon démesurée.


L’homme, excelle dans les sciences, et la production, mais il est totalement dépassé aux plans : politique, économique et
même philosophique.


L’environnement se dégrade, les ressources s’épuisent.


         Arrêtons là le constat, et donnons-nous
comme objectif d’imaginer un type de société ou l’humanité toute entière trouve sa cohésion et gère « en bon père de famille », l’ensemble de la planète


Que souhaitons nous ?


       Comme nous le constaterons ci-dessous, c’est
une utopie techniquement réalisable, mais mentalement impossible car nous avons des difficultés à abandonner nos repères habituels


Quatre questions essentielles pour le devenir de l’humanité


 1/ - Population : Combien d’hommes et avec quel niveau de vie, la planète peut-elle admettre sans mettre en cause les équilibres
naturels ?


 2/ - Moyens d’existence : Comment per

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