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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 14:13

CapitalCreditMonnaieCouverture

Le calcul économique en défaut

Quatre ans après les prémices de la crise des subprimes, la profondeur historique des dysfonction­nements de l'économie mondiale se révèle avec évidence. L'effondrement des anticipations financières est momentanément stoppé mais l'économie concrète se dérobe actuellement dans tous les pays développés. Le fait inédit depuis la deuxième mondiale est la conversion massive des pertes des opérateurs financiers en dettes publiques non intégrables dans les anticipations de marché. Le renflouement des débiteurs en défaut a évité la comptabilisation et la répartition des pertes sur actifs pourris. Les opérateurs financiers et étatiques continuent de produire de la valeur nominale non vérifiable par une réalité économique mesurable. Les États et banques centrales garantissent tous les débiteurs systémiques indépendamment de leur solvabilité réelle qui n'est plus mesurée. Pour continuer d'agir sur les marchés, il suffit d'emprunter au plus grand nombre possible de créanciers même tout petits pour obliger implicitement la puissance publique. Le système financier vend massivement du risque en spéculant sur l'économie réelle ; la puissance publique rachète massivement le risque non mesuré par une dette publique non évaluable par le marché.

Force est de constater que la régulation de l'économie par la Loi est en défaut. La signature financière des États ne s'appuie sur aucune anticipation de réalité véritablement mesurable ; le bilan des banques centrales n'est pas rationnellement proportionné à la mesure de l'activité économique réelle ; les institutions financières ne transforment plus la liquidité apparente en investissements ; la production de biens et services réels ne trouve plus les financements que la demande réelle est prête à lui acheter. Comme dans les années 1930, la dégradation brutale visible de la conjoncture est illisible par les agents économiques. L'observation des prix réels et financiers ne dit rien de l'offre et de la demande solvables. Les outils d'analyse économique sont explicitement en défaut.

La solvabilité non mesurable

Depuis 2007, États et banques centrales soutiennent la croissance par le déficit budgétaire et la facilité monétaire. La communauté de mouvement évite les positions d'arbitrage explicites entre grands États et leur zone monétaire. Les masses monétaires donnent l'impression que l'activité réelle se reprend et les parités monétaires restent relativement stables en l'absence d'argument fort de spéculation. Mais derrière la mesure financière nominalement stable, l'économie réelle se transforme et se détériore dans les zones monétaires de réserve dont la monnaie est unité de compte internationale. Parce que ces monnaies sont des outils de transaction et d'épargne internationale, leur parité est surévaluée par rapport à la réalité ; l'émigration de l'activité économique dans les pays émergents n'est plus tenable dans les sociétés développées. L'économie se financiarise dans les zones monétaires de réserve pour se réaliser effectivement dans le reste du monde.

Les sociétés et États développés sont en pleine désagrégation. Noyées dans la liquidité nominale, les sources de valeur réelle ne sont plus identifiables et se trouvent en sous-financement pendant que les pays émergents accumulent des réserves de change dont la valeur réelle est de plus en plus hypothétique. La cause de la crise est la disparition de toute régulation financière et monétaire : les mesures financières ne traduisent plus la réalité. La mesurabilité réelle du crédit n'est pas définie dans l'économie mondialisée. Toutes les règles verbalement affirmées de solvabilité sont abolies en pratique. Les États et institutions privées empruntent sur le seul critère de la puissance matérielle. Le principe d'égalité des droits se nominalise ; tout emprunteur ou épargnant petit par sa surface financière est exclu du marché ou soumis à des conditions léonines sans rapport avec la valeur réelle relative de ses engagements. La croissance réelle mondiale est vraisemblablement négative ; à un rythme lent mais durable, ou rapide et catastrophique.

Théoriser la monnaie par le Droit

Nous sommes dans une crise de la science économique et du droit financier. C'est la théorie keynésienne de l'État, de la monnaie et de l'économie qui permet de l'affirmer. L'intuition en est déjà présente par l'application actuelle des prescriptions keynésiennes de relance budgétaire et monétaire. Mais l'interprétation présente de Keynes est empirique. La théorie keynésienne de la monnaie reste inachevée ; une théorie de la monnaie posant l'ordre public de la Loi comme préalable à tout calcul financier. Tout le matériel financier est disponible d'une anticipation économique de croissance véritable et consistante par la mesure monétaire. Mais il manque un pilier essentiel : l'État de droit mondial ; non pas un gouvernement politique mondial mais une gouvernance financière mondialisée. Exactement la proposition des Britanniques à Bretton Woods. Les États-Unis avait écartée le principe d'un étalon rationnel de valeur internationale afin d'imposer le dollar dont ils croyaient posséder la maîtrise.

Toutes les zones monétaires de réserve ont perdu la maîtrise de leur monnaie par l'impossibilité de réguler les échanges économiques. Le recollement de la monnaie à la réalité impose la constitution d'une société financière mondiale des États nationaux. Elle transformerait la partie internationale du système bancaire actuel en système du bancor régulé par une Banque Centrale Mondiale (BCM) et une Banque Mondiale de Contrôle Financier (BMCF). Le nouvel étalon monétaire de calcul économique serait indépendant des politiques nationales. La clé du miracle serait la définition juridique de la monnaie internationale comme nominal international d'option de mesure constante dans le temps de la valeur économique. De cette seule définition mise en œuvre par un système monétaire international (SMI) exclusivement dédié à l'émission d'une unité de mesure constante de la valeur réelle découlerait une régulation naturelle, logique et matérielle des échanges internationaux de tout objet de valeur.

Cause de la monnaie dans le crédit

La nature optionnelle de la monnaie peu évidente à l'époque de Keynes l'est totalement aujourd'hui dans un régime de libre circulation des capitaux. Elle découle de son utilisation comme unité de compte de l'échange marchand. Tout marché effectivement fondé dans le Droit permet le règlement des échanges étalé dans le temps, c'est à dire le règlement en crédit matériellement compté en monnaie. Le crédit est délai de paiement accordé par le vendeur à l'acheteur ; également reconnaissance sanctionnée par une autorité politique de la capacité d'une personne à ne pas produire immédiatement la matérialité physique de la contrevaleur d'un échange. Trois causes sont nécessaires à l'existence de la monnaie : la production de réalité physique par un vendeur, la promesse verbale engagée par un acheteur d'en produire la contrevaleur à terme et la Loi appliquée par une autorité publique. La responsabilité publique établit l'équivalence des promesses quantifiées en droit des réalités physiques et de leur mesure métaphysique.

La difficulté des anglo-saxons à penser toutes les conséquences pratiques de l'État de droit a conduit la science économique contemporaine à négliger la Loi sociale et politique à l'origine de la rareté de la valeur matérielle. Toute société dirige par ses lois les comportements humains vers des activités dont elle juge la valeur acceptable pour la collectivité. Les expressions verbales de la Loi sociale sont la seule structure de la valeur anticipée en l'absence de la matérialité palpable des objets à produire. La mesure monétaire de la valeur future est la présomption d'un objet matériel avant son existence physiquement constatable ; mais tout aussi fondamentalement, l'affirmation d'un motif licite de valeur sans réalité physique immédiatement vérifiable. L'option sous-jacente à un crédit de monnaie appartient aux emprunteurs de son pouvoir d'achat : normalement, ils ont choisi de produire des objets de valeur définis comme tels par le crédit de la société avant d'être physiquement matérialisés.

Le marché internationale : une fiction idéologique

L'actuel système politique et financier ne comprend pas les conséquences de l'inexistence réelle d'un État de droit dans les échanges internationaux. Une vision purement matérialiste du marché s'est imposée dans l'espace international. L'offre et la demande sont désincarnées par l'absence de définition commune du sujet de la valeur. Les obligations financières des parties internationales sont librement interprétées quant à la liquidité du risque et du crédit échangés. L'immatérialité physique des objets financiers permet de virtualiser leur domiciliation là où les conditions légales et matérielles sont les plus favorables au vendeur de la mesure par rapport à l'acheteur fournisseur de la réalité finale. Contrairement au discours idéologique néo-libéral, le marché international n'existe pas réellement faute de définition et de mise en œuvre communes des droits et obligations financiers des sujets de l'échange. La finance internationale est une anarchie à la main de la tyrannie des puissants. Le risque est non mesurable par l'absence de vrai marché.

La monnaie est un ensemble de nominaux d'options financières : acheteur et vendeur choisissent une certaine mesure de leur échange plutôt qu'une autre ; acheteur et vendeur décident de se soumettre à une même Loi ; leur choix est de valeur incertaine quant à la satisfaction qu'ils en tirent et quant à la capacité de l'autorité publique émettrice de la monnaie à garantir l'identité de leur droit malgré leurs différences d'intérêt. De l'option financière de la monnaie découle la mesure en crédit de tout objet nominal défini dans le droit de la monnaie utilisée. Pour qu'il en soit réellement ainsi, il ne suffit pas de libeller la monnaie d'une transaction : il faut la porter à la connaissance de l'autorité régulatrice de la monnaie, celle qui assumera l'éventuel écart entre le sous-jacent réel de la masse monétaire émise et sa mesure nominale. Cette nécessité logique impose la délimitation des marchés par la monnaie qu'ils utilisent et la transparence de ces marchés à leur autorité de régulation. L'hyper-réglementation ne compense pas l'opacité du marché.

Option de vérité du crédit

La conséquence de la monnaie reconnue comme option dans les échanges internationaux est la structuration des marchés selon le droit y applicable et l'autorité de régulation y responsable. Tout objet financier est interprétable dans une seule nationalité de droit dont l'application ressortit à un seul système de régulation sous une même autorité arbitrale. A l'intérieur d'un marché défini par la nationalité du Droit, le risque devient clairement séparable du crédit. Un objet de financement est sous-jacent de sa mesure en crédit. Associé à la prime de risque de crédit, l'objet nominal matérialise l'option d'une monnaie régulée par une autorité publique. Par la réalité du marché régulé en droit, l'option transforme le droit des parties négociantes à l'objet de valeur : en crédit payable à terme, en prix certain immédiatement disponible et en prix incertain immédiatement réglé contre le risque de non-règlement à terme du crédit. Le crédit sûr est nominal d'une option de valeur achetée au propriétaire de son risque. Le risque est par nature une prime d'option monétaire dont la nationalité définit en droit à qui elle peut appartenir et comment elle est négociable par le marché.

La conjoncture actuelle réunit trois menaces sur le calcul financier en monnaie. Deux sont anciennes : d'une part, la puissance publique endettée peut modifier la mesure de ses obligations en changeant la définition légale des objets de la valeur ; d'autre part, la réalisation matérielle physique de la valeur anticipée dans le crédit peut rester partielle. Certains emprunteurs ont la capacité à imposer leurs prix indépendamment de la réalité négociée. La troisième menace est revenue au premier plan par les effets de la mondialisation : aucune puissance politique n'impose plus sa loi dans la mesure des échanges internationaux. En l'absence d'un critère commun de la valeur vraie, la production de fausse valeur est en pratique acceptée pour jouer avec ses concurrents internationaux. En l'absence d'obligation d'achat des primes de risque à l'origine des opérations financières, les pertes de crédit à l'échéance retombent sur des prêteurs ou sont rachetées par des États.

Condition d'annulation du sophisme financier

La condition d'existence de l'option est le marché où se confrontent les sujets de valeur égaux en droit ; un droit qui définisse toutes les limites formelles des objets échangeables. Le marché non régulé par un même État de droit est une fiction économique par échange inégal du risque. L'État de droit sans expression par le marché est nominalité sans réalité ; l'échange des objets physiques de la valeur ne respecte pas l'équivalence à terme du risque et du crédit avec le comptant. Le marché des monnaies actuelles est virtuel qui confronte l'offre et la demande de valeur réalisables par des nationalités différentes de droit. Sans un principe international de régulation accordant une définition universelle unique au nominal des options de change, le marché est virtuel par l'inégalité non reconnaissable et non mesurée des droits entre les parties.

Le vrai marché n'est pas seulement un réseau de flux physiques et financiers mais une société de sujets responsables dans la durée de la valeur échangée. L'option construit la solidarité de la valeur entre trois sujets : celui qui prête le crédit sous-jacent à l'option, celui qui achète la prime de l'option et celui qui produit la valeur réelle contrepartie du crédit à terme de l'option. L'acception financière actuelle de l'option méconnaît le rôle du producteur réel de sa valeur. Les intermédiaires financiers peuvent ainsi cantonner la négociation entre l'acheteur de la mesure en crédit et l'acheteur de la prime. Le tiers arbitral disparaît, celui qui répond de la mesure du nominal par une réalité qu'il doit produire mais aussi de la mesure de la prime qui détermine le risque encouru par le propriétaire de la prime.

Etat de droit financier universel

La vraie option de la valeur contient une probabilité de réalisation qui engage le gérant de son objet. Le gérant est responsable de la production réelle de valeur derrière la mesure en crédit vendue au prêteur du nominal. La plus-value vendue à l'acheteur de la prime doit être l'anticipation mesurée de la moins-value possible sur le crédit ; la moins-value découlant d'une valeur effectivement réalisée inférieure à la mesure promise à l'origine par le crédit. La plus-value de l'option est le résultat de la prudence. L'option est principe incarné de responsabilité de la valeur présente et future ; de la valeur mesurée dans la réalité de tout objet. Le maquillage des options en produits dérivés est une astuce linguistique et mathématique pour produire une mesure soi-disant sûre du risque. Elle élude la responsabilité de son gérant et la transformation financière des mesures en réalité comptant. Les intermédiaires financiers négocient en toute liberté des primes et des nominaux sans prendre la responsabilité d'en produire la réalité à terme.

Si les sociétés politiques nationales décident d'assumer leur responsabilité de rendre intelligible le bien commun qui les constituent, elles fondent un droit commun du calcul financier par l'option des monnaies. La négociation d'options par des gérants personnellement responsables devient principe universel de mesure de la valeur de toute décision humaine. La réalité de la valeur propre d'un gérant certifie la transaction du crédit par la transaction de la prime du crédit. Le capital se définit alors comme une prime de risque de crédit à sa souscription et une plus-value sur le remboursement du crédit à son échéance. Même la valeur objective d'un système juridique ou d'une politique publique devient mesurable sur le marché international des options. La division des risques n'est plus un calcul mathématique abstrait mais une répartition de toutes les causes de la valeur entre des gérants identifiés d'objets réalisables. Tout objet anticipé de valeur est couvert par la gestion effective de sa réalité, la mesure de son crédit et la propriété de son risque. Pour que le risque de crédit soit vraiment couvert, il faut que le propriétaire du capital soit indépendant de son gérant, matériellement et formellement.

Condition financière d'efficience de la propriété

Dans un vrai marché international organisé par la responsabilité financière personnelle, l'option s'applique tout autant à l'intérêt public qu'à l'intérêt privé. Tout intérêt est identifié par le marché dans un droit transparent et public ; géré par un responsable public garanti par ses biens privés ou par une prime d'option de son engagement personnel ; et contrôlé par un actionnaire publiquement identifiable, propriétaire de la plus-value parce que responsable sur ses biens privés. Tout prix est garanti par le propriétaire de l'option de capital du remboursement intégral des emprunts du gérant. Un gérant a nécessairement une responsabilité publique garantie par son patrimoine privé physique et métaphysique. Une société politique régie par le droit de l'option ne souffre aucune promesse de valeur dont la mesure ne soit garantie par une chaine d'achat de la prime. Chaque prime valorise une cause identifiée de la réalité nommée à terme. Les erreurs de calcul du futur ne sont pas dissimulées par les mathématiques ni logées dans des véhicules juridiques sans propriétaire capable. Les erreurs sont achetées en droit par des opérateurs de marché bien identifiables. Le vendeur d'un objet est systémati­quement couvert par le vendeur de sa mesure et le vendeur de la mesure systématiquement couvert par le propriétaire de la réalité délimitée par une caution financière.

Le propriétaire de la réalité ne vend de certitude que couvert sans limite par la répartition dans le marché des primes de toutes les causes de sa certitude. Le marché exprime l'objectivité de la valeur par la réalité des sujets d'anticipation de tout objet de promesse. Un objet financier n'est pas visiblement délimité au présent par son existence physique à terme. Le marché est donc nécessaire comme lieu de confrontation publique des sujets d'offre et de demande de toute prime et de tout nominal d'option. Le marché confronte à la fois les offres et demandes du crédit de tout objet réel de valeur mais aussi les offres et demandes de la prime de risque de la mesure du crédit. Les engagements négociés en prix du risque et prix du crédit d'un même objet sont enregistrés par le marché jusqu'à l'échéance des contrats. Le gérant de l'objet de l'option doit effectivement en fournir la réalité ; l'acheteur de la prime de crédit doit effectivement suppléer la défaillance possible du gérant ; l'épargnant doit effectivement récupérer l'exacte mesure de son pouvoir d'achat à l'échéance convenue.

Quatre causes aristotéliciennes au prix juste

Un marché international de l'option définit matériellement la valeur conventionnelle d'un étalon international de la mesure financière. Le bancor est la subdivision unitaire du nominal de toutes les positions nettes d'options d'objets à terme négociées dans le marché régulé du SMI. La régulation internationale repose sur un marché de quatre classes d'option : liquidité du crédit dans le temps, liquidité du crédit par l'emprunteur, liquidité du crédit des objets assurés et liquidité des prix en crédit. Options portées par quatre catégories d'opérateurs capitalisés indépendamment les uns des autres et en contrôle prudentiel réciproque les uns des autres : les banquiers de crédit, d'investissement, d'assurance et d'intermédiation de marché. Le SMI est monétisation de la régulation financière des quatre natures de cause d'anticipation financière : la compréhension de la valeur par un gérant de la réalité, la mesure d'utilité de la valeur par sa disponibilité effective dans le temps, la sûreté des objets de la valeur par l'assurance de l'entropie physique et le droit de la valeur mesurée par l'intermédiation de marché.

La production de régulation par la structure optionnelle du marché est arbitrée par un gérant central de la liquidité quantitative (BCM), un gérant central de la liquidité qualitative (BMCF). La société multinationale des États de droit actionnaires du système et les opérateurs de la réalité engagés en droit transnationalisé en bancor. La production des objets sous-jacents aux options est nominalement enregistrée et réellement surveillée par les intermédiaires financiers de marché. Le marché du bancor est une chambre de compensation du crédit sous-jacent aux options dont toutes les primes sont achetées par l'intermédiation du système bancaire. Les primes de change évaluent objectivement dans la transnationalité l'incertitude de la réalité sous-jacente aux monnaies nationales. Les nationalités récupèrent la pleine responsabilité de leur système juridique. Les étrangers rachètent en toute liberté à leur juste prix l'incertitude du Droit par des primes de change.

Le prix de la régulation intégré dans la monnaie

Le modèle international de régulation financière est librement acheté et vendu par les États nationaux et par les zones monétaires. Le marché du bancor est un bien commun qu'aucun individu, aucune nation, aucune coalition d'intérêts quelconques ne peut acheter sans s'exposer au prix de la mesure réaliste de la valeur de la société mondiale ; réaliste par la responsabilité de tout sujet à réaliser et couvrir la mesure de ses promesses. Obligation appliquée dans l'internationalité à tous les responsables publics engageant le pouvoir d'État. Toute autorité publique empruntant sur le marché international doit y déposer ses comptes et régler sa prime de risque. Les banques d'investissement assurent la garantie du risque par l'intermédiation systématique des primes. Les seigneuriages sont versés au capital de la Banque Mondiale en garantie de la liquidité de la régulation monétaire internationale ; et recouvrés en plus-value de régulation internationale aux échéances de contrôle multinational.

La monnaie internationale est émise à proportion de la liquidité déposée sous couvert de la régulation de la BCM et de la BMCF en contrevaleur réelle des échanges de production nationale. Les monnaies nationales sont émises à proportion de la juste répartition de la valeur effectivement produite à l'intérieur des espaces de juridiction nationale. Ces espaces ouverts sont en échange avec le marché international dont ils internalisent l'équilibre. La domiciliation de l'épargne et du financement de l'investissement dans le bancor ou les monnaies nationales offre à toute personne de spéculer sur sa nationalité ou sa transnationalité. Les signes monétaires en bancor se multiplient ou se détruisent selon la valeur réelle sous-jacente aux investissements financés en bancor ou en monnaies nationales.

Prix de la responsabilité financière personnelle

Le bancor fonde le risque systémique sur le droit des personnes individuelles et collectives à la responsabilité du réel. L'intégration au SMI est absolument libre mais subordonnée, si elle est engagée, à la production de liquidité en valeur réellement livrable au marché multinational. A partir de sa définition identique dans toutes les nationalités adhérentes, le bancor produit dynamiquement ses normes de solvabilité. Les acheteurs de risque garantissent par leur propre intelligence engagée dans le réel toute mesure du crédit. Aucune mesure n'est garantie par le bénéficiaire du remboursement. Il n'est pas possible en bancor de vendre comme crédit son incapacité potentielle à saisir le réel ou d'acheter comme risque sa propre mesure engagée en réalité du crédit. Il n'est plus possible de contourner par un statut d'internationalité les règles prudentielles édictées par des autorités publiques nationales. Toute autorité monétaire connaît financièrement son risque de régulation.

L'objectivité transnationale du bancor est un outil de garantie de la valeur des monnaies et de la réalité de toute dette. Toute banque en monnaie nationale peut couvrir ses dettes en valeur réelle par l'achat aux échéances de son passif de sa prime de crédit (CDS de soi-même contre la banque centrale mondiale) et de sa prime de change en bancor. La couverture de la solvabilité de tout un système bancaire détermine la parité des monnaies dans lesquelles il travaille. Le marché du bancor est par destination obligé de négocier l'équilibre de l'offre et de la demande de la devise qu'il couvre. La libre convertibilité d'une monnaie nationale en bancor implique que des banques et États en monnaie nationale déposent leurs actifs dans des banques de marché et soient crédités par un dépôt dans des banques de crédit en bancor ; que les banques de marché et crédit se couvrent de leur propre solvabilité par le placement de leur capital auprès des banques d'investissement en bancor ; et que la liquidité des crédits adossés aux actifs soit couverte par des primes de crédit (CDS) réglées par tout emprunteur en bancor aux banques d'investissement.

Un marché mondial de sûreté financière

Les dépôts en bancor d'une zone monétaire sont ses réserves de change. L'ensemble de ses emprunts sont couverts par le marché du risque en bancor. La position nette d'une zone monétaire en bancor est strictement limitée par les capitaux investis en bancor dans l'achat des plus-values à terme du crédit en bancor. Les parités monétaires et les politiques monétaires nationales sous-jacentes sont strictement limitées par les achats de risque des investisseurs en bancor de toute nationalité. L'instauration du SMI bancor produit immédiatement l'équilibre de la liquidité mondiale par l'achat du risque de tous les objets réels anticipables. Les États ou banques centrales paient en bancor les primes de change qu'ils estiment pouvoir payer pour défendre leurs objectifs de parité en étalon de stabilité monétaire. Les erreurs passées ou potentielles de régulation, de politique monétaire ou budgétaire sont calculées et achetées par la communauté internationale selon les objectifs nominaux de masse de crédit que les zones monétaires se donnent.

Si une zone monétaire vend au marché international une réalité qu'elle ne peut produire, elle paie la prime dont la communauté internationale estime que la zone aura à fournir la contre-réalité. En convaincant le marché de l'exacte mesure de ce qu'elle estime pouvoir produire, une zone monétaire paie une prime minimale sur la parité qui rembourse dans la durée tous ses emprunts en bancor. Les zones monétaires souhaitant soumettre au marché la vraie valeur de leur parité autorisent sans restriction leurs ressortissants à convertir leurs dépôts en bancor. La défiance des déposants et des épargnants devient mesurable par les sorties de capitaux indépendantes des flux physiques ; sorties qui dévaluent la monnaie vendue et resolvabilise les emprunteurs domestiques par leur marge potentielle sur le marché international. Les salaires sont exclusivement fixés en monnaie du lieu où le travail est accompli. Toute épargne de toute nature est par l'existence de l'étalon bancor garantie en valeur réelle par l'achat privé ou public de primes de stabilité monétaire.

Sortir de l'aliénation financière

La possibilité d'existence du bancor démontre à l'instant présent la vérité possible d'une rationalité de la stabilité économique et financière. S'agissant d'une vérité, elle ne peut advenir que par le choix délibéré des personnes en société, en l'occurrence d'au minimum deux sociétés nationales régies par des systèmes juridiques différents qui puissent se mesurer réciproquement en étalonnage de la valeur mondiale. Ce pourrait être la Chine, le Japon et les États-Unis, ou l'Euroland et le Royaume-Uni ou idéalement toutes les nations adhérents à la responsabilité économique personnelle de la valeur du Droit. L'alternative au bancor est l'effondrement probable des dettes publiques non objectivement évaluées, des banques qui les financent et de tout le système de paiement international. Sans le bancor, l'économie mondialisée s'ajustera à sa mesure financière par le bas ; à un niveau de risque qui rémunère des créanciers qui ne peuvent pas mesurer le potentiel réel de la croissance économique. Sans le bancor, les sociétés nationales développées devront se désintégrer pour échapper à leurs créanciers internationaux.

La logique de la responsabilité n'est évidemment pas une nécessité de la nature. Les prévisions économiques sont pour cette raison toujours fausses qui ne prennent pas en compte la liberté de choix des agents économiques et les erreurs d'anticipation de la valeur matérielle. En revanche, les raisonnements économiques fondés sur l'éthique de la connaissance partagée de la réalité observable conduisent à des décisions rentables. Une vision modernisée de Keynes peut placer la monnaie au centre d'un dialogue entre États et marché, entre sa forme humaine et sa matérialité physique, entre son existence sociale et son initiative privée.

Une économie morale à reconstruire

La faillite de Lehman est la faillite du dollar, la crise grecque la crise de l'euro, l'effondrement en cours du dollar et de l'euro l'effondrement de l'économie réelle mondialisée. Ces menaces sont évidentes par l'existence d'une parade : le SMI de Keynes rejeté à Bretton Woods. Il reste beaucoup d'explications, de définitions et de pédagogie à fournir dans le champ politique. Les pays développés vont devoir se classer selon l'autonomie et la responsabilité qu'ils accordent à la personne individuelle. Seuls ceux qui acceptent la régulation des intérêts privés par la responsabilité publique indissociable de la responsabilité financière personnelle pourront héberger le système bancor sous leur juridiction. Il est vraisemblable que les États développés devront procéder à la nationalisation des systèmes bancaires afin de les restructurer et les rendre régulables à la responsabilité privée.

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