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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 14:20

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Sommes-nous capables de faire ce que nous disons ?

Réponse de l'auteur du billet paru sur le Blog de Paul Jorion à Marc Riva.


@Marc,

les modèles conceptuels sous lesquels fonctionne actuellement la finance sont déconnectés de la réalité durable. Si à l’instant présent les représentations que nous avons de la finance permettent aux acteurs financiers d’agir sur notre réel, nous savons comme tous les financiers qui agissent dans la réalité et pas dans les modèles que le système est mort. Cela signifie qu’il ne peut plus dire ce qu’il fait ni faire ce qu’il dit. La finance, la monnaie et la conceptualisation de l’économie sont partis dans un sens pendant que la réalité humaine est partie dans un autre. Si nous voulons vivre consciemment en sachant ce que nous faisons, il faut donc bien proclamer clairement votre conclusion : de ce système, nous n’en voulons plus !

Mais tout système n’est jamais que ce qu’il y a dans nos têtes humaines. Récuser un système, c’est en proposer un autre pour structurer la pensée de nos actions. Sinon nous continuons à ne pas faire ce que nous disons et à ne pas dire ce que nous faisons. Sans système alternatif, nous restons prisonniers du régime actuel de la spéculation qui produit des modèles pour masquer la vraie réalité. En redéfinissant les concepts fondamentaux de capital, crédit, monnaie, responsabilité politique, droit, prix, démocratie et marché je reste effectivement dans une spéculation qui paraît se contenter de réparer le système. Mais il faut reconsidérer la notion de marché et la voir autrement que dans son acception actuelle. Si le marché intègre les systèmes, contrairement à la situation actuelle où quelques acteurs captent le marché dans leur propre système, on change d’univers au sens philosophique et mathématique du terme.

Le marché commun international d’option consiste à offrir à toute personne physique identifiable et responsable le choix de son système à la seule condition qu’il soit réalisable sans nuire à la liberté de choix des autres. Réalisable signifie que la finalité d’un système négocié dans le marché est d’être réalisé pour produire des effets pour son acteur et tous les acteurs qui l’échangent librement. Le nominal d’une option encapsule tout système dans la réalité négociable. La négociation de la prime d’option sur un marché transparent à toute société engage l’acheteur à assister le vendeur à réaliser le système formulé dans le nominal. A l’échéance de l’option, il devra y avoir un acheteur du nominal au prix signalé au marché. Sans quoi, l’acheteur de la prime devient propriétaire de la production du système même si elle est vide. L’acheteur de la prime est engagé par le marché à restituer la monnaie d’un système qui ne représente pas la valeur annoncée dans le prix nominal d’origine.

Dans un marché universel d’option, les systèmes politiques, économiques, philosophiques, religieux ou financiers ne peuvent plus être la réalité ultime que personne ne puisse dépasser. Tout système devient dépassable par la simple réalité concrète. Il suffit qu’un investisseur informé par le marché de tous les systèmes inventés par les hommes croit au système particulier dont il achète la prime pour devenir garant de sa réalisation. Un marché multinational d’égalité de droit de toute personne met la responsabilité humaine au-dessus de tout système. N’importe qui achète ce qu’il veut du moment qu’il en paie le prix en intégrité de l’autre et en réalité concrète sous-jacente à la monnaie reçue. Le marché-même d’option en bancor est l’étalon de la monnaie qui représente le choix de toute personne de transformer la réalité pour une autre personne égale en dignité à elle-même.

Par personne, il faut entendre l’entité nommée comme sujet de droit qui est soit un individu physique soit une collectivité de 3 individus à l’humanité entière. L’internationalité du marché du bancor est ici fondamentale. Elle instaure l’égalité de droit entre chaque individu et toute société intermédiaire fût-elle un empire. L’égalité de droit mondialisée ne réalise pas instantanément la démocratie ni la justice mais crée les conditions de leur émergence. Toute puissance qui n’agit pas ouvertement sur le marché du bancor se désigne comme ennemi de tous les autres réunis par l’économie multinationale de marché . La réalité ne peut plus être capturée par un système d’irresponsabilité. Tout ce qui ne se dévoile pas sur le marché financier de l’option pour être garanti par une réalité universelle est potentiellement de la cupidité dont la démocratie peut exproprier le produit par la fiscalité.

Les conséquences du marché d’option nous sont difficiles à concevoir à cause de notre mode de pensée systémique. Nous voulons absolument prévoir la réalité future par nos décisions. Si nous n’acceptons pas personnellement les limites réelles des modèles par quoi nous appréhendons notre réalité, alors nous nous enfermons dans nos systèmes que des minorités s’ingénient immédiatement à manipuler à leur profit exclusif. L’individualisme systémique est la clé de notre esclavage. L’intelligence de l’autre est la certitude de notre liberté.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation
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