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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 12:26

CapitalCreditMonnaieCouverture

Plan de sauvetage de l'Europe

Réponse au commentaire de Daniel déposé sur le Blog de Paul Jorion.


Çà suffit !

Cher Daniel,

Permettez-moi de vous répondre avec brutalité. Il faut que ce que nous disons (disons et pas disions) ait un sens. Sinon nous ne sommes que des animaux et il est tout à fait logique que nous soyons traités comme tels. Vous avez totalement raison :

«Il important de comprendre qu’elle a acheté un objet marqué d’un prix.
et non un prix attaché à un objet.»

Mais cette proposition ne doit pas avoir sens. Elle nie notre existence sociale de relation à l’autre. L’objet marqué du prix est une affirmation de l’individu qui s’attribue l’exclusivité de l’objet. Dans mon intelligence à moi, je forme et je choisis un objet à quoi je donne un prix. Synonyme de prix non attaché à un objet : prédation. Le prix non attaché à un objet est une négation de l’autre et de la société. Le prix n’est pas seulement un nombre mais la matérialité de l’échange avec un autre sous le regard d’une société. Si le prix est subordonné à l’objet sans que l’objet soit subordonné au prix, cela signifie que celui avec qui j’échange n’est qu’un objet que je manipule à ma guise hors de toute société qui n’a rien à dire.

Le prix objectif égal en valeur à l’objet est la preuve de la civilisation. Si le prix est subordonné à l’objet, c’est la barbarie ! La guerre froide de tous contre tous. Si nous en doutons encore dans la crise actuelle, c’est que nous sommes vraiment des bêtes ! Dans la civilisation, celui qui joue avec le prix d’un objet d’humanité est un criminel. C’est la raison pour laquelle toutes les civilisations ont interdit le jeu sur les prix, c’est à dire le pari gratuit sur le prix d’un objet qui puisse être réellement échangé.

Quand l’Occident savait encore ce qu’est la civilisation, « commerce » signifiait échange de gratuité (co = avec, merci = gratuit). Le prix était donc la reconnaissance sans contrepartie du désir de l’autre dans l’objet échangé. Le prix, pur nombre métaphysique sans matérialité physique, était la gratuité de la présence de l’autre dans l’objet vendu ou acheté. Le prix égal à l’objet était le signe d’une justice humaine, le signe d’une égale dignité entre les personnes en échange. Le marchand intermédiaire du prix représentait le bien commun de la société qui affirmait l’égale valeur de tous ses membres. Le marchand instigateur du prix juste entre l’acheteur et le vendeur représentait l’intérêt réel de la société à la vie de toute personne.

Désolé d’employer des mots aujourd’hui vide de sens. Il fut un temps où l’on parlait pour dire quelque chose qui vienne de soi et qui était donné gratuitement à l’autre. Aujourd’hui la parole ne sert que l’intérêt de celui qui la prononce. Le prix de la parole est strictement individuel. Le prix est identique à l’objet qui n’est que matière à remplir le vide intérieur de l’individu. Le sujet n’existe plus. L’être humain est un atome de vacuité. Et le verbe n’est que spéculation.

ÇÀ SUFFIT ! La guerre est là et explicitement déclarée. D’un coté les zombies qui jouent avec les prix et qui parlent pour jouer avec les prix. De l’autre, les humains qui construisent une civilisation. Douter de la nécessité d’interdire les paris sur les prix par une monnaie universelle, c’est se mettre dans le camp des zombies. C’est s’intéresser à la monnaie qui n’a pas de sens pour produire de l’inégalité. C’est capter le sens commun des mots pour nier l’existence de l’autre et utiliser l’humain.

Cette guerre est une vraie guerre qui fait des morts. Elle est asymétrique, donc inique, donc génocidaire. Tout le pouvoir, toute la force et tout le matériel de guerre est du coté des zombies. Les humains n’ont aucune chance. Les humains sont des personnes physiques, des êtres vulnérables qui dépendent de la réalité pour vivre. Les zombies sont des bits d’information ; ils sont partout, nulle part et totalement invisibles. Sur le papier de la rationalité, les hommes ont perdu la guerre qu’ils jouent. La guerre est faite pour tuer et elle tue ; et nous n’en sommes qu’au début !

Il n’y a qu’une seule manière de vivre qui est risquée : ne pas jouer avec la raison et parier sur la réalité de l’homme qui n’est pas zombie. Une seule voie : le marché qui matérialise la raison humaine imparfaite par la monnaie. Donc le marché qui identifie les personnes physiques ; incarne l’État de droit entre les humains ; représente la force publique ; intermédie le prix du droit entre les nationalités ; établisse le prix négociable des gouvernances nationales ; garantisse la valeur des objets vendus ; livre la réalité tangible à la confiance des acheteurs. Ne pas poser la définition réciproque du marché par la monnaie, de la monnaie par la société de droit et du Droit par le marché, c’est choisir le camp des zombies. Homme ou zombie ?

Désolé, je suis en colère ; la révolte des Égyptiens et des Tunisiens me touche.

Le texte complet du plan de sauvetage.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Débat
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commentaires

sylla 09/03/2011 11:22



oups, j'oubliai : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chr%C3%A9matistique


comme quoi les "scholastiques" n'ont pas que des défauts, juste que la modernité y a pris ce qui l'arrangeait, laissant tout transcendant de coté (=> comme on l'entend svt : discours sur la
philia=poésie)


Et à ma connaissance, la doctrine de l'église a longtemps été que les échanges devaient être sans plus value (économie=jeu à somme nulle), excluant de fait un qqconque taux : le risque y était vu
comme un manque de foi (argument que je réserve en général aux croyants)


en aparté, en science non plus, le risque n'existe pas : il y a la marge d'erreur, et l'erreur.



sylla 09/03/2011 11:12



re^^


connaissez vous : http://fr.wikipedia.org/wiki/Colloque_Walter_Lippmann ?


 


Sur un autre sujet : je ne comprends pas cet antiplatonisme primaire chez mr jorion... que certains aient usé de sa dialectique comme çà les arrange n'autorise pas à en faire un repoussoir. Ni
même les scholastiques (çà a autant de sens que "les modernes") : la valeur intrinsèque de l'objet existe bien ; les monothéistes voient toute valeur tirer son origine de la divinité.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chr%C3%A9matistique comme chez Aristote, la philia est fondée sur le nous (nousse). Jorion déplace le problème en oubliant, comme tjrs, les fondations. Si la
distinction noumène/phénomène existe chez Aristote, ce n'est pas à des fins esthétique. Ce faisant, il rejette la perception d'un objet dans le plus complet et vulgaire relativisme (relativisme
subjectif (valeur)ET situationnel(usage...car une paire de chaussures a un usage...pas pour tous les hommes...et quel usage? les chaussons au pied du sapin...ou çà peut nous sauver la vie...ou,
napoléon disant qu'il fait la guerre avec les pieds de ses soldats (en gros))).


c'est d'ailleurs pour éviter ce relativisme total (=nihilisme) que descartes chercha à faire le lien avec l'idée de Dieu (sinon, pas de sciences possibles : il n'est pas de sciences des
apparences)


Comment retrouve t il cette "sphère du nous"? cette philia?


Une façon de s'interroger sur le point nodale de cette question, est de se demander : "peut on se mettre à la place d'autrui? (ou "comment autrui existe il pour moi?"). Réponse moderne : empathie
(version laïque de la sympathie de malebranche).


Notez que je penche pour une ontologie qui se tait (un dieu silencieux), juste parce que je ne vois pas d'autres chemins, et que celui est déjà très fréquenté par de grands parleurs, sinon, çà
tourne à la tyrannie absurde (cf les logocrates de steiner, même si lui même en est un : sa grande question : comment les pires actes de barbaries peuvent voisiner avec les plus grandes
réalisations culturelles? au coeur de notre civilisation moderne)


 


je vais maintenant lire vos nouveaux articles (nombreux)



sylla 09/03/2011 10:38



J'ai aussi beaucoup apprécié cet article sur l'unité suisse : par delà les montagnes, par delà les langues, par delà les confessions, la démocratie suisse s'est maintenue...près de 700 ans dans
la tourmente continentale...les suisses sont contents d'être suisse et des valeurs de la suisse, ce qui en fait des citoyens impliqués et actifs. Le cercle vertueux de la démocratie. Par
comparaison, y a t il un peuple européen? Discutons nous dans notre langue des sujetsde compétence nationale, et entre populations des sujets de compétence supranationale? Choisissons nous nos
candidats importants (présidentielle) en connaissant ce qui relève directement de son pouvoir politique, et ce qu'il va devoir tenter de négocier au niveau du conseil? Car aujourd'hui, en fait de
président, c'est plutôt un membre du conseil d'état européen que l'on élit en France au suffrage universel : le niveau proprement politique est là (et à la commission), le reste, c'est de la
gouvernance locale... A proprement parler, notre régime est celui d'une démocratie parlementaire dont le parlement comporte 27 élus, ne parlant pas la même langue, dont les langues des
partenaires ne sont pas répandues dans leur pays d'origine (solution "pragmatique" : l'anglais (et quel anglais!?!)), et qui élisent à leur tour un quasi président type Vème république. En
dessous, une assemblée de députés européens élus par liste, selon des critères...linguistiques et nationaux (par de liste supranation : pas de discussion sur le supranational), assemblée qui n'a
que le droit de repousser (une nouveauté : avant, la comparaison d'avec Louis xiv est à peine exagérée). 11 pays sur 27 sont hors euro. L'angleterre est même hors espace shengen (et le
commonwealth aussi)... Un début d'embryon d'armée commune, subordonnée à l'otan (eu, donc) via certains pays membres, de part le traité de lisbonne. puisque certains pays de l'ue sont aussi dans
l'otan, l'ue est en droit dans l'otan (ce qui explique la décision de Sarkozy d'intégrer la france à l'otan : on y était déjà de fait), otan qui déborde largement par sa géographie les frontières
de l'ue. Par ex, la géorgie est en train ou vient d'adhérer récemment à l'otan. Pour achever cette déraisonnable comparaison entre l'union suisse et l'union européenne, les referendums, votés et
revotés jusqu'à ce que le résultat plaisent à certains, en disent long sur la volonté des populations à rester unies au sein de l'ue. La suisse se refuse a entrer dans l'ue principalement pour
des raisons démocratiques : les assemblées locales, très vivantes, l'état fédéral sera remplacé, et les länders se renforceront (les régions en france : un genre de fédération...allemande).
Rousseau, grand amoureux de Genève, a écrit (quelque part...) que les trop grands états finissaient par s'écrouler sous le poids de leur bureaucratie, tjrs moins efficace et plus coûteuse.
D'ailleurs, en janvier, la cour constitutionnelle danoise a autorisé un groupe (dont des personnalités) à poursuivre le premier ministre et les parlementaires qui ont voté "oui" au tce, alors que
le "non" l'avait emporté au suffrage universel. Dans le même fil, la cour constitutionnelle de
Karlsruhe (allemagne) a récemment déclaré que le caractère non démocratique du fonctionnement de l'ue allait finir par la forcer à dénoncer le traité de lisbonne comme inconstitutionnel. Il l'est
aussi en droit français...mais nos membres du conseil sont vigilants : giscard, chirac...

Nous sommes à la croisée des chemins : les eu perdent leur empire, dans les faits comme dans les esprits...soit l'ue continue de les soutenir (elle est là
pour çà, et ce n'est qu'une faiblesse temporaire...mais pas de loi dite loi "du Jonchay" possible), soit elle joue sa partition (ce qui implique une
modification profonde du traité giscard : quasi impossible, le plus rapide étant de casser l'ue (qui tient tout entière dans l'actuel traité de Lisbonne :
au lieu de consolider, en cas de tempête, le tout-en-un fragilise) pour en refaire une à partir les quelques morceaux viables restant.), soit les états
reprennent leur indépendance, et l'on reparle de coopération internationale (ma préférence).       
Depuis quelques années, à l'instar de la Chine, la France, le Brésil, et d'autres, ont évoqué l'intérêt d'une nouvelle monnaie mondiale (basée sur les
Droits de Tirage Spéciaux, DTS, et/ou sur un panier de monnaie). Mais ce serait de peu de différence (effet parachute du bancor, dont je vous avais parlé).
Une récente citation du ministre des finances chinois (je crois) permettera peut être de remettre ses sujets en perspective : "La parenthèse occidentale
s'est refermée."


 


bien à vous



sylla 09/03/2011 10:36



Mr du Jonchay,

Je vais vous répondre à reculons :
mon propos n'a pas dévié d'un millimètre depuis ma première intervention sur le blog de mr jorion : démocratie et ce qui va avec (rayon histoire de la philo : "mon" domaine)
Le contenu et les sujets de mes commentaires sont les mêmes qu'ici, de même les liens que je vous cite. Rien de particulier à mon sens. Je ne sais si il y a une ligne éditoriale sur le blog de mr
Jorion : y a t il seulement coordination entre les modérateurs (mr Jorion m'a répondu...qu'il allait se renseigner pour savoir pourquoi je suis banni depuis deux mois...c'était il y a quinze
jours...)?
Personnellement, je pencherais plutôt pour des a priori, et de la pensée toute faite ou prémâchée. Si on croit par ex que sortir de l'ue=nazisme, il est naturel qu'on censure...


Oui, Je pense assez bien comprendre vos propositions (la mise en application de la notion de risque, notion qui fait agir dans le présent ce qui n'est pas encore (définition partielle...), est
complétement floue pour moi), auxquelles j'adhère (sauf sur la question de qui ou quoi dirige la banque centrale) sur le principe, mais.
(est ce une bonne idée de créer une instance créatrice de dette à partir d'états surendettés, à part pour gagner du temps?)
Reste selon moi la question justement de la liberté : cette union conduit elle à une union irrévocable? Si non, qu'en est il si un état grand détenteur d'or décide de vendre son or hors union
(achat de pétrole par ex), ou de sortir de cette union, d'autonome à indépendant? Ou à l'inverse, si un très "gros" entre dans cette union (marché transatalantique)?

Là où je ne vous suis plus, c'est sur ce qui concerne l'adoption par l'ue de telles propositions.
1/  Votre schéma monétaire n'a pas eu les faveurs du conseil lors de la création de l'euro, pourquoi les auraient ils aujourd'hui? de même pour la commission avec qui le conseil partage le
pouvoir décisionnel (le parlement a gagné un droit d'opposition dans le dernier traité, mais comme pour les referendums, les propositions peuvent être resoumises au parlement un peu plus tard
(parlement débordant de lobbys (littéralement : certains lobbys se plaignent de rester dehors lors des séances et demande plus de places...pour eux.)).
Et aussi, comment? permettez moi ce rappel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_europ%C3%A9enne#Processus_de_d.C3.A9cision
http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_europ%C3%A9enne#Poids_institutionnel_des_27_.C3.89tats_membres http://fr.wikipedia.org/wiki/Majorit%C3%A9_qualifi%C3%A9e
Toute modification majeure des traités (du traité récapitulatif, en fait) est soumise à l'unanimité ; toute initiative de loi, à un vote des trois-quart...
Vous imaginez où nous méneraient de telles règles si elles avaient été appliquées à l'échelon national? 74% d'accord pour élir le président ; 74 % d'accord pour voter une loi (ou en supprimer
une) ; un parlement inutile (on voterait pour un superparlement de qq personnes qui éliraient un président)...
L'ue a inventé la représentation non représentative...
non seulement le déficit démocratique(sic!) est patent, mais c'est définitif...à moins d'un "printemps des peuples"...ou pire.

2/ une remarque constitutionnelle :  http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/acces-par-titres.5110.html

ARTICLE 4.
Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les
principes de la souveraineté nationale et de la démocratie.
Ils contribuent à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er dans les conditions déterminées par la loi.
La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la
Nation. (ARTICLE PREMIER.
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction
d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.)
 ARTICLE 5.
Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi
que la continuité de l'État.
Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.

Le vote au parlement du tce est inconstitutionnel. Le tce est inconstitutionnel. Il l'est aussi en allemagne.


3/  Je ne suis pas initié à l'économie politique, mais...Une telle monnaie ne serait elle pas un redoutable concurrent à la monnaie de référence mondiale actuelle, de par son pontentiel de
stabilité? Quelle serait la pression diplomatique des eu sur les membres de l'ue si le débat sur la question surgit? Les titres des grands groupes médiatiques (quoique les capitaux us n'y soient
pas systèmatiquement majoritaires)?
En fait, l'installation du serpent monétaire (entrée dans l'univers bigarré des changes flottants) a fortement soutenu la position du dollar...de même l'euro, de part l'absence de politique de la
bce...
[Petit détour historique, concernant l'europe. Dans les grandes lignes, à la sortie de la seconde guerre, deux idéologies majeures s'affrontent : l'internationalisme communiste, et le libéralisme
mondial. Diplomatiquement, l'Allemagne rase les murs pour se faire oublier. L'Angleterre, au bord de la ruine ne peut, bon gré mal gré, que s'arrimer à la puissance américaine, qui de toute façon
exporte des valeurs très proches. Au milieu de ces deux idéologies, une troisième voix, tant bien que mal, subsiste : l'universalisme français.  Pas seulement français de pays, mais aussi
français de langue, de lettres et d'esprits : Montaigne Rousseau Voltaire Montesquieu.  Est ce seulement de la mauvaise volonté, cette entêtante exception française?
Aujourd'hui l'Allemagne a restauré sa puissance économique mais va décliner démographiquement(politique d'Adenauer ( : la social démocratie
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_sociale_de_march%C3%A9 . Je vous ai déjà signalé, je crois, les bizzareries de l'ordo-libéralisme), se liant avec les eu, bien pragmatiquement(eu=~50%
du pib mondial au sortir de la guerre. aujourd'hui ue+eu=~50% du pib mondial)). Questions rhéthoriques : pourquoi à votre avis, les eu poussent tellement à l'intégration européenne, et à son
élargissement? Depuis 45... : n'était ce pas une des conditions du versement du plan marshall...? La chute de l'urss ne rend elle pas toute cette construction quelque peu obsolète? Mais alors,
qu'est ce qui la maintient?
"L'ue fait contrepoids à l'impérialisme américain" : non, elle en est une caisse de résonnance...peut être la plus puissante.]

De fait retour au point 1 : l'ue n'a jamais eu vocation à faire de l'ombre aux eu, au contraire : modifier les traités?! Ils n'ont qu'un but : lier les états européens et ouvrir les marchés.

Et vous, comprenez vous ces points : l'ue est quasi-inréformable et déjà orientée politiquement ; ceci à dessein (car l'état est perçu comme nuisible, ce qui arrange un certain "super etat", où
plutôt ceux qui en vivent.)? Je vous en prie, éveillez vous, reconsidérez la manoeuvrabilité du bâtiment, à défaut de percevoir les chemins historiques de cette construction.

J'ai aussi beaucoup apprécié cet article sur l'unité suisse : par delà les montagnes, par delà les langues, par delà les confessions, la démocratie suisse s'est maintenue...près de 700 ans dans
la tourmente continentale...les suisses sont contents d'être suisse et des valeurs de la suisse, ce qui en fait des citoyens impliqués et actifs. Le cercle vertueux de la démocratie. Par
comparaison, y a t il un peuple européen? Discutons nous dans notre langue des sujetsde compétence nationale, et entre populations des sujets de compétence supranationale? Choisissons nous nos
candidats importants (présidentielle) en connaissant ce qui relève directement de son pouvoir politique, et ce qu'il va devoir tenter de négocier au niveau du conseil? Car aujourd'hui, en fait de
président, c'est plutôt un membre du conseil d'état européen que l'on élit en France au suffrage universel : le niveau proprement politique est là (et à la commission), le reste, c'es



sylla 24/02/2011 19:33



bonjour mr du Jonchay!


 


Sans savoir si c'est le temps qui vous manque, l'envie ou les arguments, je reviens un peu en aveugle pour soulever qq points.


 


En préambule :


Votre projet n'est il valable que dans le cadre de l'ue ou possiblement dans un cadre de coopération international? (je vous rappelle qu'un marché commun ue-eu entrera en vigueur en 2015 (
http://www.marianne2.fr/USA-Europe-Bienvenue-a-la-World-Company-_a178156.html http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_%C3%A9conomique_transatlantique ) selon les termes actuels :
si la zone euro peut tolérer qq pays dans le marché mais hors monnaie commune, qu'en sera t il de l'arrivée des eu (par ex sur la question de la zone monétaire optimale (idéale, j'en
conviens))?  de même la création actuellement d'une capacité d'emprunt au niveau européen (et donc d'impôts, non?)).


 


 


J'ai pu constater (je ne suis pas seul, car sinon, je n'y penserais même pas) une orientation constante dans le blog de mr Jorion, résultant peut être de ses liens politiques. Il ne m'a pas
expliqué pourquoi depuis deux mois, je suis banni des commentaires. Venant de qq un qui dit que la conscience est un parasite, je ne suis guère étonné. Quelle est la modération?  J'aurais
voulu penser que c'était la concorde et la mesure, la bienséance et le respect, qui réglaient la censure, et qu'à un argument ou un principe il y  était répondus par un argument ou un
principe. N'est ce pas mr Jorion qui fustige l'adage "pas de liberté pour les ennemis de la liberté", du jeune st just? 


 


Suite à ce constat, ainsi qu'à un rumeur persistante dans certains milieux médiatiques proclamant que l'upr est d'extrême-droite (même le fn est entré dans la danse), et donc, tout l'imaginaire
qui va avec...bref, le parfait repoussoir. Dans les faits, ses adhérents sont majoritairement (légère tendance : même des communistes) de gauche (mais aussi du monde de la finance, un peu de
tout...). Son programme ne fait que proposer et organiser la sortie du traité de Lisbonne par application de l'art 50 de celui ci, et le retour à une monnaie nationale. Ses valeurs sont
ouvertement celle de la république laïque et celles des droits de l'homme, ainsi qu'aux fondements de l'onu : la souveraineté des peuples. Elle se proclame de fait de l'anti-impérialisme (us de
fait, mais d'autres, ce serait pareil), pour le dialogue des peuples. Ouvertement anti-xénophobe de fait. Et de fait, il prévoit d'abgroger l'art de la loi de 73 dite pompidou-giscard concernant
l'emprunt d'état et des collectivités. 


Là est tout son programme : plus diviserait sur l'essentiel, serait de plus peu applicable en l'espace d'un quinquennat, et de peu d'apport. Après : retour à un vote qui a un sens. Avec je
l'espère un débat ouvert. Qu'y a t il là d'extrême droite? Ne serait ce pas qq peu de la diffamation un tel qualificatif? Je cite (à prendre au conditionnel, je ne suis pas des coulisses) :
"L'une de nos adhérentes s'en étant inquiétée, s'est vu répondre par l'un des administrateurs de c...e blog (un
dénommé Julien Alexandre) qu'il "s'agit d'une ligne politique suivie par le blog de ne faire de "propagande" pour aucun "extrémisme".
Le modérateur a écrit textuellement : "pour conclure, nous ne souhaitons pas devenir un réceptacle pour la petite troupe complotiste qui encense Asselineau sur le web, aussi les messages le
mentionnant seront systématiquement modérés, en accord avec notre ligne de conduite qui refuse de faire l'apologie de l'extrême droite sur le blog"." ( http://www.pauljorion.com/blog/?p=19668 sylla
dit : 28 décembre 2010 à 21:40  ) . La grande quête
de mr Steiner, est de répondre à la question "pourquoi une grande culture peut mener à la barbarie, alors qu'elle devrait la prévenir?". C'est l'un des homme les plus cultivé qui
soit.)


Le darwinisme social, le marxisme (matérialisme historique), le discours chrétien (pour se faire moquer bien souvent), ont parfaitement droit de citer.
Pourtant, que je sache, l'un est raciste, le second appelle à la lutte des classes, et le troisième... En fait, peut on être matérialiste (je parle de la position philosophique), et ne pas être
raciste? Un mois que je me pose la question en vain (certes, les "racistes" du spirituel, çà existe aussi).  Que l'on limite les interventions selons des critères de pertinence peut avoir un
sens. Par ex ceci a été censuré (comme ce que je vous ai posté avant janvier) : "pour le coup, je suis d'accord avec attali : "ATTALI (Jacques)
Conseiller de François Mitterrand (1981-1990) et ancien président de la BERD
"Sur la fonction [de Président de la République] qui s’abîme, c’est évident. Elle s’abîme institutionnellement. Si vous regardez le président actuel, il a perdu au moins six des pouvoirs
de François Mitterrand : Il n’y a plus la monnaie, donc la dévaluation ça n’existe plus. Il n’y a plus les nationalisations, il n’y a plus la politique industrielle. La globalisation fait que
tout le monde est maître de ce qui se passe en France. La décentralisation a fait perdre l’essentiel des pouvoirs de la France. L’Union Soviétique ayant disparu, le grand pouvoir de thaumaturge
du Président de la République qui était le droit de vie ou de mort [via la bombe atomique] a disparu, et enfin la construction européenne. Progressivement, l’État s’est dissous dans la réalité de
la globalisation. Le Président n’est que l’incarnation de cette dissolution, quel qu’il soit "
("Sous les pavés", La télé libre, 3 mars 2008) "" extrême droite Attali?


et j'ajouterais 1/ que la "réalité de la globalisation" est une suite d'accords entre états(personnel politique) 2/ qui çà arrange que l'état
s'auto-détruise? Les grands groupes privés...(et les états restants) 3/ de fait, le "thaumaturge", n'a t il pas juste changé d'étage? Je me
permets de vous renvoyer à la métaphysique des ordolibéraux (sur wikibéral par ex) que je vous avais signalée, l'ordre de valeurs qu'elle soustend...à la limite, si je croyais à la démocratie de
marché...mais certains sont bcp trop gros pour cela. (actifs de bnp>pib français, et d'autres...)


 


Bon. J'arrête de vous ennuyer avec ces interrogations


en espérant pouvoir lire vos arguments ou principes.


bien à vous



Pierre Sarton du Jonchay 25/02/2011 13:55



Cher Sylla,


Effectivement je manque de temps mais lis néanmoins vos commentaires. J'ai bien apprécié le texte sur la démocratie de volonté suisse. Mais vous abordez beaucoup de sujets où je ne vois pas
quelles sont vos conclusions personnelles ni la question que vous me posez éventuellement. Pour que nous puissions discuter, il nous faut des références communes qui nous permettent de caler ce
que nous disons et de mesurer ce que nous ne comprenons pas.


C'est ce que je propose pour l'Europe et pour l'euro. Les Européens forment une communauté en tant qu'ils sont différents comme les Suisses. Pour continuer à vivre ensemble, ils ont besoin
d'avoir une méthode commune pour résoudre les nouveaux problèmes qu'ils ont à affronter. Un marché financier commun européen d'options politiques, économiques et financières permettrait
d'anticiper la faisabilité et le prix des différents projets européens sans imposer un schéma unique mais en autorisant la diversité et l'autonomie. Est-ce que vous avez compris ? Qu'est-ce qui
mérite d'être davantage éclairci selon vous ?


J'aimerais bien savoir quelle est la tonalité et le contenu des commentaires que vous n'arrivez pas à faire passer sur le Blog de Paul Jorion. Cela nous éclairerait sur la ligne éditoriale du
Blog de Paul Jorion, sur votre propre position ainsi que sur la mienne par rapport à vous et à Paul Jorion. Je crois comme Paul Jorion que nous vivons une mutation profonde de nos modes de
pensée. Si nous voulons progresser dans la compréhension du monde où nous vivons, il nous faut un minimum de conceptualisation commune. Ce n'est certainement pas simple !



Pierre Sarton Du Jonchay

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