Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 11:01

Sauver la démocratie de la faillite des subprimes

 

Le problème de la démocratie est le même que celui de la finance : il n'y a pas de dialogue entre la responsabilité individuelle et la responsabilité collective ; pas de responsabilité réciproque de la personne physique par la personne morale. Pas d'incarnation de la responsabilité morale ; pas de morale vraie de la décision collectivement assumée par les personnes physiques.

La démocratie quantitative marche comme la finance quantitative : les sophistes les plus habiles imposent à la majorité nominale des éléments de langage qui rallient le plus de "oui" ; lesquels sont sous l'angle de la théorisation financière, des ordres formels d'achat révocables. Comme dans la finance algorithmique, la démocratie formelle de marché détache toute parole de son règlement matériel en réalité vérifiable.

Sans que rien ne doive se passer dans la réalité conformément au dire, la pseudo-démocratie fait constater médiatiquement que tel vendeur d'élément de langage rencontre une majorité d'acheteurs dans la nano-seconde où se ferment les bureaux de vote et où les sondeurs-courtiers publient leurs estimations du rapport oui-non relatif à la titrisation désincarnée de questions impalpables. Par la formalité financière d'un budget public, le pouvoir se met en scène par un crédit bancaire illimité à l'acheteur dissimulé de la conscience du vendeur-électeur. Les représentants élus de la démocratie procédurale sont acheteurs gratuit de leur prime de crédit auprès des électeurs qui ne peuvent pas les connaître.

La démocratie incarnée par la comptabilité des droits humains

Pour passer de la spéculation pseudo-démocratique quantitative à la discussion quantifiable des qualités de la démocratie réelle, il n'y a pas d'autre voie que de restaurer la monnaie comme prime d'assurance de la démocratie. La monnaie ne doit plus être la quantification des fictions verbales des spéculateurs politiques mais la titrisation du travail de transformation de la réalité par les personnes physiques représentatives des personnes morales. La monnaie ne doit pas mesurer la quantité des mots abstraits mais la qualité de la réalité signifiée par le travail verbal et matériel des personnes physiques au service politique les unes des autres.

La démocratie réelle est le système monétaire de l'échange gagé par l'économie des sociétés civiles politiques. L'actuelle monnaie émise par des banquiers ontologiquement irresponsables est le régime de la dictature spéculative du nombre impersonnel. Pour mettre un terme au pouvoir du capital nominaliste, il suffit juste de rétablir des frontières politiques dans le pseudo-marché du crédit qui justifie l'émission monétaire actuelle du système bancaire mondialisé. La règle est simple : un équilibre de crédit est délimité par une société politiquement constituée sur un représentant physique contrôlé par une représentation parlementaire.

Dans le système de la monnaie comptabilité du réel, le crédit de la personne physique et de la personne morale sont assurés séparément dans la même unité comptable dont le change varie selon le crédit de la société émettrice par rapport au crédit de toute autre société. Un marché financier ne doit avoir d'existence que par rapport à une même société de personnes physiques identifiées et solidaires dans des personnes morales publiquement délimitées par leur crédit en monnaie du Droit.

Réincarner l'Union Européenne par l'assurance politique confédérale de la monnaie

Le système de la monnaie gagé par la démocratie est un système de crédit gagé par la responsabilité personnelle physique et morale. Il n'y a plus de prix sans qualité de la réalité assumée par la solidarité morale des personnes physiques ; sans quantité de réalité travaillée par la responsabilité individuelle qualifiable dans des sociétés solidaires d'un bien commun. Dans l'Union Européenne, les partisans de la démocratie doivent simplement demander la création d'un marché monétaire indexé sur les sociétés politiques et économiques sous le contrôle d'un État confédéral doté des institutions de la démocratie à égalité avec les États nationaux.

Partager cet article

Repost 0
Pierre Sarton du Jonchay - dans Démocratie
commenter cet article

commentaires

Laurence Bardet 08/04/2014 16:58

Je comprends que notre société de capitalisme financier est étourdie, rendue folle, par ses productions déconnectées du réel; ce qui dans une histoire aussi vieille que le monde se traduit aussi par : nous adorons nos idoles, qui ne sont que des images.
Je comprends que le rétablissement ou la sortie de ce monde-ci passe par la réintroduction du réel. S'adosser au réel est mettre en cohérence, le travail, la richesse produite, la valeur d'échange du travail, et les instruments financiers dans un cadre politique qui s'appelle le bien commun. Il me semble qu'"autrefois" ce principe était énoncé en première année d'économie politique au chapitre instruments financiers.
Je comprends aussi que le réel ne va pas sans souffrance - que représente par exemple d'admettre une "confédération européenne" qui serait l'accouchement d'une nouvelle identité. Mais cette souffrance là est sans commune mesure avec celle que nous procurent les égarements actuels.

Pierre Sarton Du Jonchay

  • : Le blog de Pierre Sarton du Jonchay
  • Le blog de Pierre Sarton du Jonchay
  • : La crise économique actuelle a ses racines dans la civilisation. La compréhension des phénomènes en cours exige une redéfinition de la monnaie, du crédit, du risque, du marché et de la responsabilité publique. La discussion est ouverte.
  • Contact

Recherche

Catégories