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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 15:52

Le texte suivant extrait de l'expérimentation en cours du moteur numérique de compensation monétaire, une définition analytique de la prime dans la théorie financière actuellement en vigueur.

Prime de justice dans le prix

La crise des subprimes est maintenant suffisamment ancienne pour faire voir ses ressorts. Les phénomènes provoqués par l'effondrement des actifs négociés « sous la prime » (subprime) sont manifestes ; en revanche, la causalité que les actifs subprimes contiennent n'est clairement pas interprétable dans les catégories actuelles du savoir juridique, financier et économique. Les sciences politiques doivent être rafraîchies pour rendre compte de ce qui se passe.

Pour comprendre quelque chose du donné actuellement visible, la notion à reposer est celle de « prime ». Faisons l'hypothèse que la finance est foncièrement et en tout lieu le négoce des primes. Toute transaction de prix sur un quelconque contrat financier relatif à un objet économique concret contient une incertitude ontologique irréductible :

  1. 1 - quant à la réalité de ce qui est échangé,

  2. 2 - quant à la sincérité des contractants,

    3 - quant au prix effectif du service rendu aux personnes

  3. 4 - et quant aux effets dans le temps du contrat pour les acteurs tiers.

Les effets collatéraux incertains du prix des choses sont empaquetés par la finance dans des primes.

En logique de justice, au-dessus de la pratique financière de l'économie, celui qui tire un bénéfice non certain d'une transaction doit en payer la prime tandis que celui qui assume un coût non désiré reçoit la prime en dédommagement. L'équité de la prime est vouée à jouer dans le temps de l'origine à la fin d'une transaction. On aura compris que sans droit, sans marché, sans régulateur et sans loi efficiente, il est impossible de donner un prix réaliste au règlement des primes ; c'est à dire un prix répondant un tant soit peu à ce que les uns croient perdre puis perdent effectivement et à ce que les autres croient gagner.

Le fait des transactions dans le temps est réel par une réalité visiblement livrée et le consentement définitif au prix négocié. Sans critère de réalité au calcul des primes, l'économie n'a plus de substance ; la réalité n'est plus économiquement intelligible.

L’État de droit arbitre de la prime

Le commerce des primes est forcément inique, injuste donc non-économique hors la présence d'un arbitre non financier. Un arbitre dont les intérêts financiers soient matériellement séparés des marchands de primes mobilisés par le prix. Pour que le prix d'une prime puisse être calculé en réalité objective probable, il est nécessaire que le droit fixe des règles pratiques de délimitation aux intérêts des parties dans l'échange des choses. Pour qu'un prix soit de quelque chose qui ne soit pas rien, les parties concernées ne peuvent pas éviter d'enfermer la matérialité de leurs intérêts dans les limites d'un droit qui crée une économie.

Sans un arbitre public qui n'ait pas d'intérêt direct ni dans la chose ni dans le prix mais seulement dans l'équation juste de la chose au prix, les bénéficiaires potentiels de prime ne sont pas représentés face à ceux qui économisent les coûts effectifs ou probables de leurs transactions. Le rôle financier de l'arbitre public est d'être dépositaire garant du droit de toute partie ; il vérifie, donc garantit, que chacun retrouve, à l'échéance d'une transaction, ce qui lui revient « réellement » en nature de réalité objective et en monnaie du droit réalisé.

La justice de la prime étant posée et formellement réglée, l'arnaque des subprimes est manifeste. Le système financier mondial ne s'est pas seulement effondré par l'accumulation dans les banques et les institutions financières de primes réellement dues et matériellement impayées. Le système ne peut pas se relever parce que l'autorité politique arbitre du droit aux primes n'existe plus dans les faits financiers. La délibération politique de la chose publique est irrévocablement vendue et non rachetable. La finance intégralement privée n'a aucune obligation de considérer publiquement l'intérêt général dans ses offres de prix.

Religion du bien privé

Le choc des subprimes s'est initié aux États-Unis pour une raison propre à l'origine de cette nation : l'inexistence de l'hypothèse publique du bien commun dans la politique du vivre ensemble. Sous l'empire du droit anglo-saxon, il n'est pas admis qu'une autorité politique soit témoin impartial de l'équité entre les parties privées. La morale du prix est d'essence publique mais d'existence privée ; il suffit que les parties affichent publiquement leur bonne volonté dans des mots sans engagement véritable de la propriété personnelle de la chose privée.

Si quelqu'individu ou collectif subit un préjudice, il faut qu'il s'en rende compte par lui-même et doit attendre que des faits matériels indésirables se produisent pour les soumettre à l'appréciation d'un juge. Le juge n'est pas interprète d'un bien commun premier par principe mais arbitre de l'équilibre d'un débat public entre intérêts privés irréductibles à une chose commune au-dessus des personnes individuelles.

La faillite de Lehman Brothers est survenue par l'accumulation de primes non comptabilisées à leur prix réel vérifiable dans le système bancaire international. Les banques créancières de Lehman ont pris peur car elles savaient l’État et le juge étasuniens illégitimes à constater l'iniquité du prix des créances gagées par des actifs subprimes insaisissables. La Réserve Fédérale et le Trésor fédéral des États-Unis se sont refusés à racheter les primes de Lehman ; ces non-valeurs auraient représenté des pertes sciemment infligées à l'économie réelle par le système juridique et financier étasunien.

Le droit emprunté par la monnaie

L'effondrement de la liquidité des actifs financiers aux États-Unis a été mondial par le fait du dollar. La monnaie est la deuxième notion que l'économie politique officielle n'explique pas dans les subprimes. La monnaie est factuellement la comptabilité des primes. Si toutes les primes à régler dans la négociation d'un prix sont publiquement identifiées, mesurées et engagées, la monnaie reste liquide en quantité et en qualité. Sous le capital primaire qu'est une loi commune équitablement appliquée, personne n'a de raison de douter que les prix puissent se calculés hors d'une liquidité concrète et vérifiable. Personne ne doute que toutes les primes rendant à chacun ce qui lui est réellement dû seront bien payées par quelqu'un à un moment objectivement donné.

Pour que la liquidité existe, il faut que les limites juridiques du marché soient visibles par tout acheteur et tout vendeur de la chose, du prix et des primes. Or le dollar n'est pas émis dans un marché. Les crédits de la banque centrale étatsunienne ne sont pas subordonnés à la publicité du droit dans les comptes d'emprunteurs effectivement solidaires de la liquidité. Le pouvoir politique fédéral n'a pas le droit d'arbitrer l'équité des prix du système bancaire en dollar. Enfin l'utilisation du dollar est libre en dehors de la juridiction des États-Unis. Le droit avéré n'est pas une condition de valeur de la monnaie légale des États-Unis.

Le dollar est politiquement une anti-monnaie : sa liquidité est invérifiable en économie du droit. La finance extra-territoriale non localisée dans des frontières politiques peut acheter et vendre des primes sans référence aux règles de souveraineté qui attachent les prix au droit. De fait, le dollar place les institutions financières au-dessus des lois qui fassent véritablement la liquidité des prix monétaires.

La disparition nominale de la liquidité dans les subprimes étasuniens a obligé les réseaux bancaires internationaux à révéler leur illiquidité judiciaire dans les États de droit où ils agissent. Depuis la faillite de Lehman, la liquidité ne peut plus être prouvée sans emprunter sous la prime aux banques centrales : les banques centrales détruisent le droit des gens pour maintenir les banques liquides.

Vacuité du prix sans marché de primes

La liquidité financière n'est jamais que la primauté du droit dans un prix. Si le droit n'est pas publiquement vérifiable dans le prix des choses visiblement échangées sur un marché, les primes circulent dans l'opacité spéculative ; personne ne sache vraiment qui doit vraiment quoi à qui pour combien. Quand la liquidité nominale du dollar s'est effondrée face à l'ampleur des non-valeurs du système financier, toutes les banques centrales n'ont eu d'autre solution que de prêter à leurs banques sans rachat par quiconque de la prime d'insolvabilité des débiteurs ; prime rendue non mesurable par l'inégalité systémique des débiteurs devant les lois.

Les États acheteurs légaux de la prime de leur banque centrale et les banques centrales acheteuses obligatoires de la prime de leur monnaie, ont accordé au système financier mondial un droit illimité d'émission de primes hors la loi. Désormais, la finance et la monnaie sont officiellement au-dessus de toute loi et de tout arbitrage politique. Pour cacher ce qu'il n'a jamais produit et qui est objectivement perdu, le système financier peut vendre sans contrepartie réelle vérifiable des primes de change, des primes de crédit et des primes d'assurance.

Vendre des primes sans contrepartie consiste à garantir formellement un prix hors d'un marché visible. Quand l'intermédiaire financier doit vendre la chose, il majore à sa guise la prime de crédit du vendeur réel qui doit emprunter la liquidité. Quand l'intermédiaire doit acheter la chose, il majore par l'emprunt gratuit la prime d'assurance de l'acheteur réel qui prête la liquidité. Le principe de libre circulation monétaire du capital interdit le contrôle a priori de la légalité du prix par les souverainetés politiques. La circulation privée du capital au-dessus des souverainetés offre à la finance une position économique asymétrique en surplomb de toute réalité.

Système de rationalité destructrice

Le privilège financier d'extra-territorialité interdit toute application équitable du droit. Il fait disparaître la responsabilité politique du marché vrai. Les acteurs de l'économie réelle productive de biens et services véritables sont alors placés dans deux positions antagoniques. Soit ils adoptent le statut financier de non-résident afin de diriger les prix en échappant à l'impôt ; soit ils restent prisonniers d'États impécunieux siphonnés par les banques.

La troisième notion dont la crise escamote le sens économique est la « fiscalité » : le prix de la chose publiquement bonne. Par les monnaies qu'ils émettent, les États sont assureurs en dernier ressort du système financier. La monnaie est la prime du droit des gens sous une souveraineté politique commune intégrant la finance. Le pouvoir régalien ne joue pas son rôle d'assureur systémique s'il ne peut lever un impôt proportionnel aux pertes intentionnelles ou non que les acteurs de l'économie génèrent sur les prix qu'ils promettent.

Le régime de la circulation privée du capital, des marchandises et du dollar à travers les frontières juridiques rend impossible tout calcul du prix réel en droit. Les primes d'assurance politique de la justice ne sont pas réglées par les investisseurs délocalisés donc libres d'acheter le travail productif à son coût de droit le plus faible. Le capital adossé à des actifs privés non comparables sous une même loi ne peut plus être la contrepartie lisible du prix en monnaie ; la loi du prix n'a pas de signification économique en équivalent travail si les transactions ne sont pas identifiables dans un même espace de souveraineté politique.

La monnaie déprise du travail

Les prix achetés librement sans règlement de la prime du droit appliqué et vendus librement sans la prime de réalité livrée anéantissent l'économie du travail. La réintégration de la finance dans le droit des gens est l'obligation du prix perpétuellement dans la prime. Le droit n'a pas de réalité positive sans l'obligation de règlement de la prime à tous les garants de la réalité du droit livré contre le prix. La seule assurance réelle qui puisse être apportée à la certitude d'un prix dans le temps est le juste travail que promet un vendeur pour réaliser le bien contre règlement en monnaie. La monnaie est par nature délimitation des biens par l'intérieur et par l'extérieur du temps des personnes. La monnaie intériorise la réalité dans les personnes parce qu'elle extériorise le droit humain dans l'intelligibilité du prix.

Ce qui fait exister le bien économique dans la réalité est le bien du travail ; le travail concrètement rémunéré par les droits de la personne garantis par une société. Le capital n'est pas juste une fiction juridique et financière mais la réalité d'une prime positive à la production des biens ; un potentiel de production par un ensemble de personnes en relation politique d'équité. Si le travail humain est réduit à un calcul mécaniste, alors les individus puissants n'ont rien d'autre à faire qu'à prélever sur le travail des individus faibles la prime de réalité d'un droit métaphorique sans objet substantiel.

La comptabilité du prix sans la comptabilité du travail en droit fait la prime sans contrepartie. Les spéculateurs prélèvent sans limite la prime du prix de la réalité travaillée sans droit repéré des personnes. Le débordement des actifs toxiques dans les comptes des banques, des entreprises multinationales et des États sont les primes négatives des dettes tirées sur le chômage de masse et les travailleurs non assurés. La globalisation a désindexé les monnaies de la prime publique d'assurance du travail. Sans souveraineté primaire de la responsabilité politique, l'économie civilisée se détruit par la rationalité financière.

Loi monétaire de la réalité travaillée

La quatrième notion qui fera la solution à l'actuelle dépression de l'économie des biens, est le travail comme matière de la monnaie. La monnaie est le bien commun des sociétés par quoi les personnes morales garantissent la réalité des droits des personnes physiques. Que les sociétés aient pour finalité le pur service des personnes ou la production des biens, le capital matérialisé par la monnaie en circulation est l'assurance que les biens servis sont réellement les fruits positifs du travail des personnes.

A l'échelle d'une personne physique, le capital monétaire positif effectivement déposé dans les banques garantit à toute demande une offre de droits réellement rémunérée par l'échange du travail investi dans les biens. A l'échelle d'une société intermédiaire, le capital positif mesure l'existence d'une plus-value collective sur le prix du travail versé à chaque personne physique. A l'échelle d'une société politique, les réserves de change prouve la liquidité des droits de chaque ressortissant engagé à travailler dans les textes de la loi commune convertible en toute loi commune.

Pour que la monnaie soit bien la matérialisation réelle positive du bien des personnes à l'intérieur d'une société quelconque, il faut simplement que toute transaction de prix se rattache à une même loi par une même monnaie signant des objets actifs communs de solidarité. Autrement dit, une monnaie prouve le droit des personnes si tout objet de bien est décomposable en quatre prix positifs :

  1. 1 - celui du travail de la chose,

  2. 2 - celui de l'existence du bien,

  3. 3 - celui du temps nécessaire à la livraison

  4. 4 - et celui de la prime d'assurance de la réalité du droit du travail par la société.

Capitalisation du travail en monnaie

La correspondance certaine entre la chose, le prix, le travail et le droit des personnes impose que la personne physique soit libre par les sociétés qui la protègent ; mais alors la personne doit payer une prime fiscale aux sociétés politiques à qui elle confie la définition et l'assurance de ses droits réels. La liberté internationale des échanges implique alors que toute société détienne un crédit de change dans les sociétés auprès desquelles elle achète partie de son futur.

Une réserve de change est une prime active de liquidité d'une juridiction par une autre juridiction. La liquidité du change s'adosse par nature à la prime passive du capital social alloué à l'assurance du travail contribuant au bien social commun.

Les subprimes démontrent comment la monnaie perd son efficacité économique hors du périmètre juridique de la société qui l'émet. La condition pour que l'offre de travail assure la demande de revenu en monnaie est l'appropriation personnelle des biens de production au degré de collectivité explicitement délimitable où l'actualisation de la prime sociale se vend au prix le plus élevé. Les personnes physiques sont alors intelligiblement productives par les personnes morales dont elles sont explicitement bénéficiaires en droit. Et les personnes morales n'existent pas sans l'identification des biens des personnes physiques engagées dans la prime du capital politique.

Le vrai capital est mutualisation du réel au degré de société où le travail personnel apparaît le plus productif. Si le prix des monnaies en biens et le prix du capital en garantie réelle des biens est négocié sur un même marché transparent et public, la monnaie assure l'égalité de tout acheteur et de tout vendeur au prix objectif d'un bien commun. Toute production est réellement consommable par les droits politiquement garantis du travail ; lequel ne demande que la mesure de ce qu'il offre.

Compenser la réalité par la différence

L'effondrement des subprimes s'est produit par la numérisation financière des objets de prix détachés du travail des personnes physiques. Cette même numérisation peut assurer l'attribution de tout objet à des chaînes de responsabilité personnelle. Il suffit de codifier la personne propriétaire de toute information numérisée. Le producteur de la réalité est ainsi garanti par le producteur de droit ; le texte qui dit le droit est numériquement adossé à l'engagement moral visible du producteur de prix en monnaie ; lui-même enfin garanti numériquement par le producteur formel de bien.

Dans l'espace numérique, toute prime nécessaire à la réalisation d'un bien entre l'acheteur et le vendeur est matérialisable par un lien hypertexte. Il suffit que l'émetteur d'un lien hypertexte vers un objet livrable soit responsable du prix par la prime que son garant lui attribue en monnaie numérique. Il suffit que le marché numérique identifie toute offre hypertexte par une personne physique responsable de la chose et une personne physique responsable du prix.

Dans un marché numérique régi par un État de droit effectivement réalisé par la responsabilités des personnes physiques, l'offre de travail en prix numérique compense intégralement la demande de biens formulée en hypertexte. La toile informatique mondiale est une chambre de compensation des prix en monnaie si le sujet se force à distinguer la réalité objective de ce qu'il croit savoir. Le discours politique n'est plus la réalité effective ; le calcul économique n'est plus la détermination du sujet par l'objet.

L'intelligence humaine peut servir réellement sa capacité à travailler la réalité si l'individu construit son futur en habitant le vivre ensemble dans sa personne. Entre la réalité et l'image de la réalité, il y a les personnes toutes différentes les unes des autres. Laisser négocier la réalité sous la prime, c'est abolir l'humain en privant la personne du choix réel de sa vie qui se trouve dans l'autre effectivement différent de soi ; la réalité n'est ajustable que si son prix est partageable dans la différence lisible en droit.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Compensation
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