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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 10:32

Texte d'un courriel envoyé le 5 mars 2012 à l'occasion d'une conférence de Monsieur Jean-Claude Trichet. Les titres sont rajoutés à la date d'aujourd'hui.


Sur le Blog de Paul Jorion et sur ce blog sont présentés depuis 3 ans le diagnostic de la faillite systémique à laquelle nous assistons à Chypre. Ce diagnostic repose sur le modèle de régulation financière et monétaire inspiré de la philosophie politique d'Aristote et de Thomas d'Aquin interprétée par Keynes en système monétaire d'économie politique.

 

Un modèle actif depuis 2000 ans perverti par le capitalisme libéral

La monnaie s'y définit comme prime d'option d'un État de droit d'une société politique régulant un marché. La théorie thomiste des sociétés intermédiaires développant les différents degrés de la vie humaine personnelle, professionnelle, politique et ecclésiale pose les fondements d'une monnaie au service de l'amour. D'une monnaie qui aide la raison humaine à attribuer le juste prix aux choses par le partage social des finalités personnelles dans les biens concrets qui les réalisent.

Transposée dans les techniques financières d'aujourd'hui, la monnaie thomiste est la prime de liquidité d'un marché de compensation des prix comptant de biens réels. La prime de liquidité des marchés s'exprime dans les actuelles primes de change sur les parités monétaires. La réalité des biens est ontologiquement le service de consommation, de crédit, d'investissement et d'assurances des biens, des personnes et des lois politiques rendu aux personnes dans la société politique. Toute liquidité est la prime du prix nominal d'un crédit consenti par un prêteur à un emprunteur sur un objet de droit livrable à terme.

Par le modèle thomiste de la finance, la prime du crédit et la prime d'investissement dans la production de l'objet réel sont des garanties du bien à terme à condition d'être achetées librement par un créancier du crédit et un investisseur du réel. Ainsi n'existe-t-il pas de monnaie stable ni d'échanges vrais de biens économiques dans le temps sans marché financier régulé par un État de droit ; lequel caractérise une société politique solidaire par une loi commune applicable à tout citoyen dans la production et la répartition des biens par les prix, par les primes et par le droit.

Ce modèle politique européen du financement réaliste de l'économie par la monnaie du bien commun a été abandonné dans la révolution industrielle depuis 200 ans. Le système financier s'est émancipé du service du bien commun afin de mobiliser l'épargne des nations dans les projets de puissance d'intérêts particuliers privés. Le pape Léon XIII dénonce le capitalisme financier libéral dans Rerum Novarum en 1891. Les leviers politiques et juridiques de la finance spéculative sont précisément (1) la responsabilité limitée du capital sur le crédit, (2) le marché à terme du crédit et du capital libre de tout contrôle public de légalité et (3) le transfert du pouvoir de justification de l'émission monétaire du pouvoir politique aux banques centrales.

Abus de l'intelligence spéculative

Le système monétaire international fondé à Bretton Woods sur l'étalon dollar repose entièrement sur le principe de dépolitisation de la monnaie. La monnaie d'un pays circulant librement dans n'importe quel pays établit en tout lieu deux régimes de légalité antagoniques entre la finance et la représentation de la réalité dirigée par la finance : les hommes sont maintenus irrémédiablement inégaux dans l'accès au crédit, dans l'équité du prix, dans la mobilisation du capital et dans la réalisation de leurs projets de développement humain.

Depuis l'abandon en 1971 de l'étalonnage du dollar en or, non seulement la monnaie ne contient plus aucune finalité de justice mais son émission est libre de toute référence à des réalités tangibles vérifiables par l'intelligence humaine. La zone euro a parachevé la sanctuarisation de la ploutocratie financière en imposant une monnaie unique à des régimes politiques nationaux concrètement différents.

Derrière la juste finalité de l'unité des citoyens et peuples européens, les fondateurs de la monnaie unique commettent une erreur radicale de jugement sur la nature humaine. Ils ne reconnaissent pas l'autonomie de la personne dans chaque citoyen européen ni la délibération nationale des conditions concrètes de cette autonomie au sein d’États de droit distincts. Les euro-européens se sont mis à compter dans la même monnaie leurs vies réellement différentes même si elles sont objectivement et subjectivement liées les unes aux autres.

L'euro a mis en unité monétaire les réalités nationales distinctes d'économie politique sans construire un État de droit fédératif pour discuter et financer un vivre ensemble multinational véritablement commun.

L'euro, monnaie de la raison obscure

La crise des dettes publiques en euro révèle trois aberrations systémiques superposées dans la financiarisation déshumanisante de l'économie : (1) l'autorité des États de droit nationaux est détruite par une autorité monétaire cléricale exempte de toute responsabilité politique ; (2) l'endettement reconnu excessif de l'économie réelle publique et privée croît par soi-même d'une logique financière dépourvue de tout principe d'ajustement du crédit à la réalité mesurable en monnaie ; (3) la monnaie unique s'accumule dans les comptes de la BCE et des banques internationales en règlement de la liquidité d'un système détaché de la réalité humaine. La raison humaine n'a plus de repère humain pour projeter son existence dans le futur qu'elle anticipe.

La société européenne se suicide avec une loi de comptabilité unique qui annihile les lois humaines nationales garanties par des budgets publics nationaux. Les responsabilités politiques nationales du bien commun sont mesurées par un crédit en euro émis hors du contrôle des lois nationales et dans l'inexistence d'un pouvoir politique communautaire capable de délibérer et de légiférer les limites européennes du bien communautaire.

Face à une monnaie collective, aucun État de droit confédéral ne vient lèver des ressources collectives pour financer et justifier des obligations nationales envers une zone euro réduite à une coalition d'intérêts financiers spéculatifs.  La crise actuelle révèle dans l'euro un état de non-régulation de la finance capable d'émettre la monnaie hors de toute loi politique. En tant que prime d'option d'un certain état collectif européen, l'euro est réellement une moins-value dont la croissance détruira toute possibilité d'union entre les peuples européens.

Cette moins-value est imputée sur les salaires et les garanties sociales des travailleurs européens au lieu d'être défalquée des actifs financiers déposés dans le système bancaire et assurantiel. Les banques exemptées de responsabilité sur le crédit constituent des enfers légaux présentés en paradis fiscaux par la captation financière libre du bien commun. La responsabilité limitée du capital bancaire sur le crédit et la libre circulation du capital en euro au-dessus des frontières politiques de la zone instaure l'état de guerre entre les riches et les pauvres ; précisément cet état de guerre auquel Zaché le collecteur d'impôt usurier renonce en recevant Jésus de Nazareth dans sa maison.

Rationalité du mensonge

Le modèle aristotélo-thomiste de la monnaie fondée par les sociétés politiques dévoile toutes les causalités historiques de l'effondrement systémique en cours comme des systèmes alternatifs qui se mettent en place. Ce qui va se passer en Europe dépend de ce que les Européens décideront. Pour le moment, la BCE se met en disposition de survie en mettant sur le marché toute la liquidité nécessaire à la dissimulation de la faillite de ses deux principaux actionnaires que sont l'Allemagne et la France .

Sans les liquidités massivement émises, toute l'Europe du sud serait en défaut de paiement ; ce qui obligerait les banques et les assurances à comptabiliser leurs pertes sur les portefeuilles obligataires. Et tous les États de la zone euro devraient afficher des déficits budgétaires massifs pour faire la liquidité des déposants et des assurés.

 La BCE utilise son statut extra-national bancaire pour dissimuler dans ses comptes la moins-value latente entre le total des crédits alloués à l'économie européenne et la liquidité réelle négative anticipée dans la croissance négative de la valeur ajoutée. Derrière la zone euro, tout le système financier international joue le même jeu de dissimulation de l'effondrement des anticipations de croissance réelle par la liquidité centrale allouées aux banques.

Toute la politique mondiale se mue en totalitarisme financier pour masquer l'effondrement de la valeur réelle captée par la fiction des prix financiers issus de marchés non régulés . La banque de l'ombre (shadow banking) développe des systèmes de paiement privé pour sauver des circuits économiques en dehors de toute loi applicable par les États et de toute solidarité publique financée par la fiscalité.

Le crédit existe-t-il sans la bonne foi ?

Dans le modèle économique thomiste qui fonde la doctrine sociale de l’Église, la cause première de la réalité de la valeur est le travail guidé par la prière de la société politique ecclésiale. La société ecclésiale est en langage séculier la nation formée par une loi partagée. La production nationale réelle de bien commun est exprimée par la monnaie qui mesure la légalité des activités économiques personnelles.

Le prix et le salaire en monnaie matérialisent la valeur du travail de transformation en biens réels des objets achetés par le consommateur-citoyen. Entre deux marchés régis par des lois nationales différentes matérialisées par une monnaie propre, le change d'une monnaie dans l'autre mesure la valeur relative du travail selon les lois effectivement appliquées par les nations.

A l'inverse, la monnaie unique entre nations abstraitement réunies règle les échanges internationaux par des crédits bancaires automatiques ; des crédits non mesurés entre systèmes légaux d'efficacité différente. Le travail se retrouve au même prix entre deux pays alors que la productivité réelle, juridique et bénéfique n'est pas la même.

Ainsi l'Europe latine se retrouve débitrice nette de l'Europe germanique sans que justice soit rendue aux hommes qui ont produit la contrevaleur des dettes comptabilisées. Pour sauver quelques semaines encore son utopie financiariste, la zone euro s'est mise sur le chemin de la guerre civile comme elle l'a déjà fait dans les années trente pour résorber les dettes issues de la première guerre mondiale.

Démocratie monétaire ou empire de la finance ?

Les "accords de Munich" sont déjà signés qui ont supprimé la souveraineté grecque. La guerre civile européenne sera explicite quand l'Espagne, l'Italie puis la France déclareront leur juste incapacité politique à tenir leurs engagements nominaux de réduction du déficit budgétaire et de désendettement. Le dogme de la monnaie unique comme signe de l'unité politique interdit purement et simplement la logique du bien commun européen.

La reconversion de l'Europe au bien humain est impossible sans différenciation des monnaies selon les cultures politiques et juridiques. L'euro du bien commun européen ne peut être que la monnaie commune de mesure du bien des nations européennes par les monnaies nationales. La réalité du bien politique européen ne peut pas se vérifier sans la variabilité en euro des parités monétaires nationales.

La monnaie européenne de bien commun ne peut être qu'un système de convertibilité de monnaies nationales et régionales en monnaie commune contrôlée par un État européen confédéral doté d'un budget, d'une fiscalité, d'une solidarité et de lois confédéraux. Un tel système définit un périmètre délimité de souveraineté commune contrôlé par des institutions dépositaires de l'intérêt commun indépendant des nationalités. Si l'euro est constitutionnellement défini comme matière de l'intérêt général européen, alors il faut créer un marché financier pan-européen public et transparent où soient cotées les monnaies européennes et tous les actifs financiers admis en collatéral de l'émission monétaire en euro.

Le principe du marché financier européen du bien commun serait la garantie systématique en euro de tout actif, spécialement des crédits en monnaie nationale et du capital des banques et des entreprises. La liquidité en euro devient financièrement prime de capital adossée à la prime de crédit du crédit en monnaie nationale garanti par le capital. Le capital est défini par la loi européenne confédérale comme prime de crédit en euro de tout actif négocié sur le marché financier commun.

Le marché européen ne peut être dans la réalité légale qu'un système de compensation générale adossant en temps réel les primes de capital et les primes de crédit en monnaie nationale aux primes de change en euro des prix en monnaies nationales. Le résultat de la compensation européenne est un équilibre général des prix du travail, du capital et des biens par la variation des parités de change comptant et à terme en euro.

Un modèle européen de comptabilité monétaire délibérable par la démocratie

La confédération européenne du crédit en euro restaure le principe monothéiste théorisé par Thomas d'Aquin de la continuité humaine de l'être entre le physique, le logique et le spirituel ; principe de réalité détruit par la révolution industrielle et financière accomplie par la livre sterling, le dollar et l'euro monnaie unique. Tous les outils et techniques financières existent actuellement pour créer immédiatement le marché européen du crédit garanti par la loi de réalité humaine juste

La Chine et les États-Unis demandent ouvertement aux Européens de prendre leurs responsabilités politiques pour éviter le cataclysme planétaire qu'ils ne savent pas contenir. Monsieur Trichet est informé par son expérience des mécanismes de destruction humaine actuellement à l’œuvre par la spéculation sur la monnaie unique.

Pourrions-nous demander à Monsieur Trichet de parrainer et superviser un groupe de travail pluri-disciplinaire pour formuler un plan de conversion de l'euro au modèle thomiste de la monnaie ? L'objectif du groupe de travail serait de proposer au-dessus des opinions politiques, philosophiques et scientifiques un modèle européen de comptabilité monétaire du bien commun délibérable par la démocratie.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Compensation
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BA 01/07/2013 11:05


Lundi 1er juillet 2013 :


 


Quel est le budget des grands Etats dans le monde ?


Le budget du Danemark est de 57,5 % du PIB.


Le budget de la France est de 56,5 % du PIB.


Le budget de la Finlande est de 56,2 % du PIB.


Le budget de la Belgique est de 53,6 % du PIB.


Le budget de l’Autriche est de 51,1 % du PIB.


Le budget de l’Italie est de 50,7 % du PIB.


Le budget du Royaume-Uni est de 45,5 % du PIB.


Le budget de l’Allemagne est de 44,7 % du PIB.


Le budget des Etats-Unis est de 39,4 % du PIB.


 


http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0202716743936-niveau-des-prelevements-et-des-depenses-publiques-la-france-dans-les-15-premiers-sur-187-pays-559983.php


 


Quel est le futur budget de l'Union Européenne ?


 


Pour la période 2007-2013, le budget de l'Union Européenne était au niveau ridicule de 1,10 % du PIB de l'Union Européenne.


 


Pour la période 2014-2020, les bisounours fédéralistes voulaient que le budget de l'Union Européenne augmente. Le samedi 19 novembre 2011, les bisounours fédéralistes ont demandé
que le budget passe à 1,11 % du PIB, soit 1083,3 milliards d'euros.


 


Mais neuf pays - Autriche, Danemark, Allemagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni -, ont rejeté cette proposition jugée trop élevée dans un contexte de
rigueur généralisée.


 


http://www.20minutes.fr/economie/826126-budget-2012-europe-impose-rigueur


 


Résultat : pour la période 2014-2020, le budget de l'Union Européenne sera en baisse !


 


Pour la période 2014-2020, le budget de l'Union Européenne baissera au niveau minable de 1 % du PIB de l'Union Européenne, soit 960 milliards d'euros !


 


Je dis bien : 1 % du PIB !


 


http://www.lepoint.fr/economie/ue-le-budget-2014-2020-approuve-par-les-dirigeants-europeens-28-06-2013-1686778_28.php


 


Conclusion : l'Union Européenne accueillera de plus en plus de pays très pauvres, et elle aura un budget de plus en plus faible !


 


L'Union Européenne n'est qu'un gigantesque château de cartes.


 


 


Et le vent qui se lève va le faire s'effondrer.

Pierre Sarton du Jonchay 01/07/2013 23:05



La déconnexion totale en Europe entre la responsabilité budgétaire et la responsabilité monétaire est absolument intenable. La zone euro va se désintégrer ou devenir une dictature financière.
D'ailleurs la zone euro est un simulacre politique en désintégration.


Plus fondamentalement, c'est le système de la monnaie sans état qui se désintègre. Les Etats-Unis n'ont d'état que le nom. Le niveau de dépense publique aux Etats-Unis est dérisoire par rapport
au risque systémique de la zone dollar. Le système euro-dollar est en lévitation : l'économie réelle n'est plus calculable par la monnaie.



BA 25/04/2013 10:57


Ah, la soi-disant "solidarité européenne" ...


 


Dans les paroles, la "solidarité européenne", ça existe.


 


Mais ça, c'est du pipeau pour les bisounours.


 


Dans le monde réel, les pays européens riches veulent que le budget de l'Union Européenne baisse pour la période 2014-2020 !


 


Dans le monde réel, les pays européens riches ne veulent même pas solder les impayés de 2012 !


 


Union Européenne/Budget 2014-2020 : huit pays riches renâclent à solder les impayés de 2012.


 


Huit pays riches de l'UE ont émis lundi de sérieuses réserves sur la rallonge de 11,2 milliards d'euros demandée pour solder les impayés de 2012, au risque d'hypothéquer les
chances d'accord avec le Parlement européen sur le budget pour la période 2014-2020.


 


Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a averti qu'aucune négociation sur le budget pluriannuel 2014-2020 ne serait engagée avec les Etats tant que les remboursements
dus au titre de 2012 n'auront pas été soldés.


 


"Nous ne sommes pas les seuls à penser que la somme de 11,2 milliards d'euros est trop élevée", a lancé le ministre britannique des Affaires européennes David Lidington au cours
d'un débat avec ses homologues de l'UE à Luxembourg.


 


"Je suis tout à fait d'accord. Nous ne sommes pas du tout convaincus que nous ayons besoin de 11,2 milliards", a renchéri son homologue néerlandais.


 


"Ce montant doit être vérifié et étayé par des preuves", a insisté le chef de la diplomatie allemande Guido Westervelle.


 


Une position partagée par la Finlande, l'Autriche, la Suède, le Danemark et la France. Ces huit pays sont tous contributeurs nets au budget européen.


 


http://www.romandie.com/news/n/UEBudget_2014_2020_huit_pays_riches_renaclent_a_solder_les_impayes_de_201267220420131259.asp


 


Et il reste encore des bisounours qui croient encore à l'Europe fédérale ?


 


Il en reste encore ?


 


Mais qui croit encore à l'Europe fédérale, aujourd'hui ?


 


Qui ?

Pierre Sarton du Jonchay 25/04/2013 14:15



Bonnes questions. Les mots ont-ils un sens en Europe ?



Matthieu 30/03/2013 18:07


"Entre deux marchés régis par des lois nationales différentes matérialisées par une monnaie propre, le change d’une monnaie dans l’autre mesure la valeur relative du travail selon les lois
effectivement appliquées par les nations."

La prime de change d'une monnaie dépend du contenu et de l'application de la loi sur une zone géographique donnée.

Si on suit ce raisonnement, à chaque couple {loi, application de la loi} devrait correspondre une monnaie.

1/ Les Etats des Etats-Unis n'ont pas tous les mêmes lois : devraient-ils avoir leur propre monnaie ?
2/ Si la loi n'est pas appliquée de la même manière sur une zone géographique donnée, faudrait-il créer plusieurs monnaies pour chaque sous-zone ?

On se rend compte que la prise en compte de la notion de nation est nécessaire pour sortir de ce raisonnement pousssé à l'extrême. Comment doit être définie la taille optimale d'une zone
monétaire ? Je ne peux que lister quelques variables à prendre en compte :
- loi
- application de la loi
- culture/tradition
- histoire
- langue

Voyez-vous d'autres variables à prendre en compte ? Dans quel ordre de priorité les classeriez-vous pour tenter de déterminer le périmètre optimal d'une zone monétaire ? loi > application de
la loi > culture > histoire > langue ?



 

Pierre Sarton du Jonchay 31/03/2013 17:35



A chaque couple loi-application de la loi devrait correspondre une monnaie. En pratique, deux autorités distinctes appliquant la même loi forment donc deux couples monétaires. Une même autorité
appliquant deux corps de loi distincts forme également deux couples monétaires. Une même autorité appliquant une même loi dans deux unités monétaires distinctes forme également deux couples.


Le "zonage" monétaire contient par conséquent trois arguments : la multiplicité des autorités pour une même loi ; la multiplicité des corps de loi pour une ou plusieurs autorités ; enfin la
multiplicité des espaces d'efficience monétaire pour un ou plusieurs corps de loi. Il faut maintenant définir ce qu'est une autorité en matière de loi monétisée et ce qu'est un espace
d'application de la loi déterminé par des monnaies distinctes.


La compensation keynésienne numérique des monnaies repose sur quatre arguments de prix : l'objet délimité par une certaine loi ; le prix établi par l'autorité produisant l'objet ; le prix acheté
par l'autorité acheteuse de l'objet ; le prix vendu en légalité monétaire par l'autorité responsable de la loi appliquée dans l'objet livrable.


Keynes avait proposé dans la chambre de compensation en bancor un principe d'équilibre général des prix par un référencement partageable des objets négociables ; par une mesure commune du crédit
de tout objet par le référencement partageable ; par une appréciation multinationale consensuelle du capital effectivement mis en garantie des prix internationaux du crédit ; par une négociation
multilatérale de la parité de change des monnaies nationales en objets d'importation et d'exportation, en crédit international et en capital liquide transférable des débiteurs vers leurs
créanciers.


Dans la compensation keynésienne en monnaie internationalement neutre, il y a deux manières de gager légalement une créance : par des actifs réels livrables à un acheteur engagé ou par des actifs
financiers garantis dans une loi nationale identifiée garanti par une autorité nommément engagée et personnellement reconnue par ses créanciers. Le règlement de la compensation se fait soit par
livraison du capital débité au compte de l'exportateur soit par engagement d'un crédit d'un prêteur à un emprunteur.


Les Etats-Unis ont donc une seule et même monnaie par un engagement de crédit illimité entre les Etats. Le Trésor de la Fédération des Etats-Unis est garant par la fiscalité fédérale de
l'équilibre du crédit public entre les Etats. Il existe au-dessus de la loi et de l'autorité des Etats, une loi et une autorité fédérales qui arbitre l'équilibre du crédit public sur le
territoire fédéral.


En conséquence, les règlements de dettes inter-étatiques entre les Etats étatsuniens se font en nature : en biens et services, en paiement d'impôt, en modification des lois d'état ou en crédit
fédéral en dollar. Les règlements fiscaux, budgétaires et monétaires à l'intérieur de la fédération sont structurés par le système politique des cheks and balances entre exécutif, législatif et
judiciaire au niveau étatal et au niveau fédéral.


La dette fédérale en dollar a pour contrepartie légale l'actif du système politique étatsunien. Comme l'actif systémique du dollar ne contient pas de règles efficientes d'équilibrage du système
bancaire par la capital privé, la spéculation financière pille le Trésor des Etats-Unis par une augmentation illimitée non maîtrisable de la dette fédérale qui dépasse 100% du PIB (130 à 150% du
PIB des Etats-Unis en comptant les pertes estimées non comptabilisées en dollar dans le monde). La réserve fédérale émet le dollar contre le rachat par la dette publique fédérale des pertes
bancaires.


Pour stopper l'hémoragie de liquidité, le système politique étatsunien n'aura pas d'autre solution que de fermer les frontières financières comme la zone euro a fermé les frontières de Chypre. Il
y aura donc un dollar intérieur et un dollar extérieur. Une écluse financière permettra de déprécier le dollar intérieur par rapport au dollar extérieur afin que les créanciers extérieurs des
Etats-Unis soient incités à racheter des biens et services produits aux Etats-Unis pour réduire leurs réserves de change.


La seule manière de solder des créances irrécouvrables à l'intérieur d'une même zone monétaire sans dissoudre la personne du débiteur, c'est bien de créer des sous-zones. Soit les débiteurs
peuvent alors dévaluer leur monnaie propre par rapport à celle de leur créancier, soit les créanciers allouent une cotisation fiscale pour éponger la fraction non remboursable de leur débiteur
commun.


Le contexte de définition d'une zone monétaire optimale est effectivement la loi, l'application de la loi, la culture et l'orientation politique et économique suivie au cours de l'histoire. La
limite d'une zone monétaire est donc la nation ; lesquelles fusionnent, se divisent, s'emboîtent ou se rompent au cours de l'histoire.


Ce qui lie les arguments de zonage de la monnaie par les nationalités, c'est la langue. Il est impossible d'avoir une même monnaie sans partager une langue ; laquelle permette à l'autorité
d'interpréter les engagements et les contrats et aux acteurs de partager une loi commune. Le dollar vit par l'anglais. L'euro périt par l'anglais qui n'est même pas parlé et compris de la même
façon par les gouvernements de la zone euro (la raison qui tient les Britanniques en dehors de la zone euro).


 



Matthieu 30/03/2013 17:14


Merci Pierre pour cette analyse du cas slovène, mais la compréhension de la phrase suivante m'échappe :


"Les banques européennes se servent de la Slovénie pour vendre à la BCE leur prime de crédit en dessous de son prix réel sous couvert du risque pays slovène."


Quel est l'intérêt pour X de vendre à Y sa propre prime de crédit en dessous de son prix réel ? Ca m'a l'air d'être une vente à perte, ou alors je ne comprends pas l'expression "vendre/acheter
une prime de crédit". Est-ce une vente concrète en monnaie réelle ? Ou bien simplement une notion de confiance ?

Pierre Sarton du Jonchay 31/03/2013 13:52



Cher Matthieu,

Effectivement, il faut expliciter la différence de perspective entre le vendre-acheter courant et le vendre-acheter financier. Dans la vie courante, on achète et on vend des réalités sensibles.
Un tiers neutre peut témoigner de l'objet livré à l'acheteur par le vendeur ; il suppose par là-même que l'acheteur règle le vendeur par un paiement bancaire "dématérialisé" s'il ne voit les
"espèces" circulant de la main de l'acheteur vers la main du vendeur.

En finance, c'est le temps qui s'achète et se vend. Mais le temps du vendeur est le temps de l'acheteur puisque logiquement l'acheteur et le vendeur se "placent" à une même origine et à une même
échéance commune que l'un achète et l'autre vend. Ce n'est donc pas par un objet visible que l'on observe le sens de la transaction mais par un objet de contrat écrit quelque part. Que contient
le contrat financier ? qui est acheteur face au vendeur ?

Pour dire qui vend et qui achète, il faut que l'observateur tiers choisisse son référentiel cognitif. S'il se place du côté de la réalité, il pense au bien ou au service réel qui pourra être
échangé à l'échéance de la transaction financière. Par exemple : une tonne de blé, une année de soins de santé, une ligne de crédit pour régler un certain prix de quelque chose ou la garantie
quoiqu'il arrive d'avoir un toit pour passer l'hiver. Dans ces cas, l'acheteur est le bénéficiaire à terme du bien et du service concret : donc il règle immédiatement une prime en monnaie au
vendeur engagé à terme.

Si l'observateur de la transaction financière se place du coté de la représentation financière de la réalité, c'est à dire du coté du prix nominal présent et du prix réel à terme de ce qui sera
concrètement et conditionnellement cédé à terme, alors l'acheteur et le vendeur s'intervertissent. L'acheteur du prix est celui qui vend l'objet à terme en recevant immédiatement un paiement en
monnaie. Le vendeur du prix est celui qui s'assure du prix réel à terme en payant immédiatement la "prime" en monnaie.

Si le point de vue de l'observateur qualifiant le sens d'une transaction financière n'est pas précisé par la chose ou par le prix, alors les contreparties d'une même transaction sont à la fois
acheteuse et vendeuse de la prime. Et il faut attendre l'échéance pour dire que le vendeur était le vendeur par ce qu'il a finalement concrètement livré et dire que l'acheteur était l'acheteur
par le fait qu'il doive régler en monnaie l'échéance effective de la transaction.

Quand l'objet d'une transaction est une prime de crédit, la qualification vendeuse ou acheteuse de la position des contreparties l'une par rapport à l'autre n'est lisible que s'il existe un
marché objectif du crédit. La prime de crédit est en effet la "monnaie" du crédit de la personne engagée à vendre comme de la personne engagée à acheter. Le crédit est indifféremment une réalité
et une représentation, la représentation de la réalité comme la réalité de la représentation.

Le crédit est une réalité personnelle qui existe par la volonté d'un acheteur et d'un vendeur qui sont à la fois réels et potentiels. En l'absence de visibilité de l'objet quelconque transacté
dans le crédit, l'existence du crédit n'est vérifiable que par un marché du crédit où n'importe quel prêteur et n'importe quel emprunteur s'intègre dans une chaine interpersonnelle de crédit.


Le marché du crédit est le lieu ou n'importe qui peut se dire débiteur ou créditeur d'un prix. Mais cette liberté est subordonnée à la certification d'une contrepartie en position inverse quels
que soient la chose, le prix transacté et les événements possibles contrariant la chose ou le prix. Rappeler que la monnaie est la prime de tout crédit, c'est supposer l'existence d'un marché du
crédit où il est impossible de vendre toute chose ou tout prix sans que quelqu'un d'autre rachète effectivement le risque de crédit de la transaction "déposée".


Le risque de crédit est non seulement la possibilité que le règlement d'une transaction à terme ne puisse pas se faire par la "faute" de l'acheteur ou du vendeur ; mais aussi la possibilité que
l'objet acheté et vendu du crédit n'advienne pas à l'existence concrète malgré toute la bonne volonté de l'acheteur et du vendeur ; enfin la possibilité que la représentation de la réalité
possible par l'engagement parlé de l'acheteur et du vendeur soit erronnée par rapport à la réalité concrète observée dans le déroulement du temps.

Si le marché du crédit n'existe pas en tant que système d'asservissement des représentations aux réalités par l'engagement des personnes, alors rien n'interdit de manipuler des prix de rien et de
vendre ce qu'en réalité on achète ou de régler en monnaie ce qu'en réalité on vend. Ce qui se dévoile dans la crise chypriote et très bientôt dans la crise slovène, luxembourgeoise, allemande ou
étatsunienne, c'est l'inexistence réelle du crédit. L'inexistence du crédit est la liberté de parler pour ne rien dire sans que cela se sache.


Depuis l'abolition juridique de la responsabilité personnelle du crédit dans les années 1850, toutes les monnaies sont des fausses réalités. Les Etats et les grandes entreprises, financières et
réelles, sont en eux-mêmes leur propre marché du "crédit" ; ils s'accordent du crédit exclusivement à eux-mêmes. Le capitalisme financier libéral pose que la réalité n'est pas différentiable de
sa représentation par la parole et par le prix.


Par conséquent les individus qui parviennent à monopoliser l'existence du marché dictent leur hiérarchie des réalités par les objets qu'ils mettent unilatéralement et librement sous les prix. La
confusion dictée par les "lois" entre la réalité vécue par des individus universalisés et les représentations qu'ils ont le droit de négocier dans les échanges livre le sens de toute réalité à
une poignée de privilégiés.


La monnaie devient ontologiquement vraie pour les ploutocrates et existentiellement fausse pour la démocratie. Le pouvoir polititique et financier dit toute réalité  pour que le travail
effectif dans le prix ne soit plus le fait de la volonté personnelle mais la transformation mécanique des choses par des automates humains. Marx a parfaitement décrit le phénomène au moment où le
libéralisme en a fait une loi.


L'abolition de toute volonté personnelle par la privatisation des marchés transforme toute prime de crédit en matière monétaire qui ne dit rien de la rareté réelle : c'est à dire des limites
objectives de la réalité physique par rapport aux désirs illimités du sujet. Dans l'actuel marché du crédit appartenant exclusivement aux banques, l'individu n'achète ni ne vend aucune
représentation.


L'objet des transactions financières n'est plus la réalité physique des personnes physiques mais le prix en monnaie de la représentation des représentations des prix qui augmentent sans cesse
pour les vendeurs financiers et baissent indéfiniment pour les acheteurs financiers de la réalité. La réalité est totalement subjective pour les ploutocrates et absolument objective pour la
démocratie qui n'a plus aucun objet à délibérer.


Les Etats ne peuvent plus exister en tant qu'organes politique de la délibération des personnes. Les régimes politiques sont les éléments d'un système universel globalisé de majoration infinie du
prix des représentations des primes de la réalité et de minoration infinie des primes du prix de la représentation en monnaie. Il ne peut plus et ne doit plus exister de lien entre la
représentation monétaire et la réalité sensible des personnes.


La réalité de la monnaie déconnectée du réel, c'est le marché monétaire en dollar, en euro ou en livre interdit aux personnes physiques. En d'autres termes, acheter ou vendre un bien ou un
service réel dans l'économie réelle est un phénomène sans aucun rapport légal avec acheter ou vendre le prix en monnaie de quelque chose. Le marché de la monnaie est représenté sans lien avec le
marché du crédit réel entre les personnes physiques.


La "crise" déclenchée par les subprimes est la paraléllisation du monde entre la réalité et ses représentations financières. La réalité n'a plus de sens et la finance n'a plus de prix. La
divergence du réel et du représenté n'est plus maîtrisable. Pendant que les Etats et les banques jouent dans l'univers de la monétisation des prix abstraits, les personnes physiques essaient de
transformer leur monde concret dans l'ignorance absolue des intentions acheteuses ou vendeuses de leurs vis-à-vis.


Ce qui va se passer est tragiquement simple. Les banques et les Etats actuels vont disparaître des consciences personnelles. Elles et ils vont se dissoudre dans un néant cognitif pendant que les
personnes libérées de leurs fantasmes spéculatifs vont affronter le réel dans une solitude absolue. Le langage de la parole aura perdu toute signifiance dans les esprits ploutocratiques.


En revanche les personnes qui sont demeurées dans la démocratie du réel auront gardé la faculté du langage signifiant la réalité. Mais elles affrontent déjà les conséquences concrètes de
l'insignifiance de toute représentation financière. De deux choses l'une : soit les ploutocrates auront totalement détruit le vivre ensemble par la guerre et les camps de travail avant de
disparaître ; soit ils se seront gentiment effacés dans l'insignifiance pour laisser place à un nouveau réel.


Redonner place à la réalisation des représentations par le prix, c'est ouvrir le marché de la monnaie à la réalité des personnes physiques. Dans un même marché d'égalité des personnes physiques,
s'échangent à la fois les réalités objectives, les représentations verbales des réalités, les prix des représentations et la prime du crédit personnel des objets appréciés de la réalité possible.
Dans la ploutocratie des représentations, c'est infiniment complexe ; dans la démocratie réelle, c'est radicalement concret.



BA 29/03/2013 11:23


Slovénie :


 


PIB de la Slovénie : 35,719 milliards d'euros.


 


Créances irrécouvrables des banques slovènes : 7 milliards d'euros, soit 20 % du PIB de la Slovénie.


 


Parmi les anciens pays communistes, la Slovénie, ex-élève modèle de l'Union européenne et de la zone euro qu'elle a intégrée en 2007, est tombée en récession en 2012 et devrait y
rester en 2013. Son système bancaire est confronté à une montagne de créances pourries (7 milliards d'euros, selon un rapport du FMI).


 


Lisez cet article :


 


Après Chypre, les marchés voient la Slovénie menacée à son tour.


 


Si le cas chypriote est présenté par un certain nombre de responsables européens comme "exceptionnel", la gestion du plan d'aide accordé à Nicosie pourrait avoir de lourdes
conséquences pour la Slovénie, dont le secteur bancaire montre d'inquiétants signes de fragilité.


 


Les rendements des emprunts slovènes à deux ans ont bondi jeudi à près de 7%, dépassant ainsi ceux des emprunts à dix ans, signe que les investisseurs commencent à juger que le
risque de défaut est élevé.


 


La Slovénie a placé en octobre 2012 sa première obligation à 19 mois, et l'ancien Premier ministre Janez Jansa a prévenu que le pays devrait émettre de nouveaux titres d'ici le 6
juin, date à laquelle 907 millions d'euros de dette à 18 mois arriveront à maturité.


 


Le précédent chypriote, par lequel certains déposants ont été lourdement taxés pour permettre à Nicosie d'obtenir une aide de ses partenaires, laisse craindre qu'une situation
semblable se produise en Slovénie.


 


"Pour eux, juin, c'est encore loin, ils doivent donc faire quelque chose", juge Tim Ash, responsable des marchés émergents chez Standard Bank.


 


"Il devient de plus en plus probable qu'ils devront commencer à discuter avec le FMI et la Troïka sur la question d'un plan d'aide."


 


http://bourse.lesechos.fr/forex/infos-et-analyses/apres-chypre-les-marches-voient-la-slovenie-menacee-a-son-tour-866793.php

Pierre Sarton du Jonchay 29/03/2013 18:45



Pourquoi la Slovénie est-elle en ligne de mire ? Parce que c'est un petit pays très intégré dans l'économie européenne dont la liquidité dépend entièrement du système bancaire européen. Les
banques européennes se servent de la Slovénie pour vendre à la BCE leur prime de crédit en dessous de son prix réel sous couvert du risque pays slovène.


Elles ont transformé la Slovénie en "bad bank" : elles se délestent de leurs actifs toxiques dans les banques slovènes contrôlées par les autorités monétaires slovènes. En échange de rachat de la
prime de crédit de l'Etat Slovène par les banques européennes, l'Etat slovène ferme les yeux sur les actifs pourris accumulés dans les banques slovènes pour alléger le bilan des autres banques
européennes. Toutes ces opérations sont faites en euro sur le marché des assets swaps à Londres. Les autorités monétaires de la City ne regardent pas ce qui se passe étant donné que c'est du
hors-bialn en euro qui ne les concerne pas.


La BCE fait la liquidité des titres d'Etat slovènes sans rien savoir du risque latent sur le budget slovène ; lequel garantit les banques domiciliées en Slovénie. La crise chypriote provoque
l'effondrement du marché européen de dissimulation du risque bancaire. Toutes les banques en euro ont été informées qu'une crise de liquidité est sanctionnée par une imputation des pertes
bancaires directement sur les dépôts. La BCE dont le principal actionnaire est l'Allemagne laisse tomber les Etats qui ne surveillent pas bien leurs banques.


Les petits pays tombent les premiers. Cela oblige les banques à comptabiliser leurs pertes même dans les grands pays. Le robinet à liquidité de la BCE débite moins vite que la comptabilisation
des pertes dans les banques. Toute la zone euro est partie pour s'écrouler tant que la BCE ne relance pas une campagne de refinancement massif du système bancaire. L'Allemagne est donc en train
de réfléchir sur son retrait de la zone euro : elle ne peut plus éviter que les banques allemandes comptabilisent leurs pertes sur l'excédent commercial allemand comptabilisé dans les dépôts en
euro.


Les Allemands sont donc en train de réfléchir à l'effort financier qu'ils devront consentir pour recapitaliser leurs banques après la fin de l'euro et pour éviter une envolée du deutsch mark qui
détruira l'industrie allemande. Ils ont une alternative qui consiste à muter l'euro en bancor pour réguler le change et le crédit dans la zone euro sous la responsabilité d'un gouvernement
financier européen sous contrôle d'un état confédéral européen.


Mais là, il faut des politiques intelligents qui dans tous les Etats de la zone apprennent ce qu'est la monnaie et sachent l'expliquer à leurs concitoyens. Plus radicalement, il faut supprimer
les paradis fiscaux et les privilèges financiers des élites dirigeantes pour rétablir l'équité du marché de la liquidité européenne. Il faut remettre le marché européen sous le contrôle des Etats
posés comme assureurs en dernier ressort du marché du travail et de l'emploi.


Il faut donc aussi des politiques courageux qui endossent l'abolition des privilèges devant toute la ploutocratie mondiale qui spécule en dollar et en livre contre l'euro et l'économie réelle.



Pierre Sarton Du Jonchay

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