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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 18:43

L'actuelle constitution de la République Française est construite sur l'articulation des fonctions aux hommes et sur la division des fonctions nécessaires et suffisantes à l'Etat de droit au service des libertés publiques. Si l’on ne fait pas la différence entre le texte et son actualisation interprétative par des rôles et les acteurs législatifs, judiciaires et exécutifs distincts, dont notre constitution et notre système juridique posent fermement l’existence et la mission, alors on fait le lit de la religion féroce. La religion de la liberté individuelle absolue régie mécaniquement par le pouvoir du capital monétaire de la ploutocratie hors sol et hors loi des citoyens.

Le Président de la République n’est pas le chef de l’exécutif ni dans le texte ni dans l’esprit de la constitution de la 5ème République. C’est bien le premier ministre qui dirige et conduit le gouvernement à la condition fondamentale déterminante de ne pas agir contre l’opinion de la majorité des députés. Le président de la république n’a qu’un pouvoir judiciaire particulier qui est de nommer le premier ministre dont la politique exécutive puisse être soutenue par les majorités d’opinion que le président discerne au sein du corps des députés de l’Assemblée Nationale. Une fois le premier ministre investi du pouvoir exécutif de la majorité politique de l’Assemblée, le Président ne peut rien décider d’autre que les commentaires qu’il fait de la politique gouvernementale devant l’opinion et la dissolution de l’Assemblée Nationale s’il juge que celle-ci n’est pas en phase avec le pouvoir exécutif ni avec la majorité du corps électoral.

L'hypothèse de la bonne foi

Le problème de l’électeur démocrate entre les candidatures Le Pen et Macron n’est pas de choisir le moins pire des dictateurs mais de désigner le moins mauvais censeur de la politique gouvernementale que le futur président sera au nom de la nation souveraine. Contrairement à ce qu’ont laissé croire la plupart des candidats emportés dans le spectacle médiatique, l’élection présidentielle n’est pas le choix d’une politique ni de son chef exécutif. Eu égard au triomphe de l’ordo-libéralisme en France par le moyen de la technocratie bruxelloise et de la finance indépendante des États de droit, la fonction du futur président français ne sera pas d’incarner une prépondérance de la droite ou de la gauche, soient-elles extrêmes, mais d’interpréter la volonté du peuple français à se dissoudre dans le consumérisme globalisé ou à poursuivre son projet de démocratie sociale juste.

Quel que soit le gagnant du second tour de l’élection présidentielle, une infime partie de ce qui aura été promis par les candidats sera appliqué, sauf si les électeurs désignent une majorité absolue de députés dans le parti politique du futur président. Or la décrédibilisation des programmes et des projets qui ont structuré la vie politique française depuis une génération est beaucoup trop profonde pour qu’une majorité parlementaire claire se dégage par la dynamique de l’élection présidentielle. La recomposition du paysage politique autour des enjeux concrets de la protection sociale, du pouvoir des États, de la régulation financière, de la responsabilité économique, de la régénération des milieux naturels va se faire par tâtonnements, essais et erreurs. Il y aura probablement cohabitation de visions différentes entre Assemblée Nationale, Gouvernement et Président de la République. Il est vraisemblable que l’Assemblée Nationale sera dissoute, que plusieurs premiers ministres se succéderont et que le Président démissionnera ou sera mis en accusation avant la fin de son mandat.

Protéger la dignité de tous les citoyens même de ceux qui ont tort

Le danger imminent pour la démocratie en France, en Europe et pour la civilisation humaine est une victoire trop massive d’Emmanuel Macron. Elle provoquerait une adhésion factice au programme libéral flou du nouveau président qui serait poussé à accentuer l’effacement de la fonction du premier ministre pour pallier l’inconsistance politique du futur parlement dominé par un marais d’extrême centre. Le Président de la République pourrait ne plus être qu’un associé gérant délégué par la finance globale pour administrer le démantèlement de la souveraineté des États définitivement démis de leur fonction de régulation économique, financière et monétaire au service de la société civile et des droits réels des citoyens.

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