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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 08:26

En fait, le capitalisme, le socialisme, le nationalisme ou l’internationalisme sont des véhicules. Tout dépend de qui conduit et pour quelle destination. D’ailleurs « capitalisme » contient « capita » : le capitalisme est une manière de voir et de décider le monde par des têtes qui pensent, éventuellement délibèrent et finalement font. De même, « socialisme » peut signifier que la société est à l’origine du capital, donc que l’allocation et la gestion du capital dépendent de la constitution, du gouvernement et du travail des sociétés.

Restaurer les moyens de l'économie de la raison

Les États qui furent agents des « trente glorieuses » avant que n’advienne la dérégulation libérale des années 80 étaient responsables d’une régulation publique de la gestion du capital au service du bien-être de tous à l’intérieur des frontières nationales. Le système de la régulation publique du capital par les États-nations a été démantelé par la volonté des États-Unis de conserver avec le dollar monnaie internationale un droit d’endettement illimité vis-à-vis du reste du monde. La crise mondiale de la dette est aujourd’hui la conséquence ingérable de la finance globalisée hors sol en dollar et en euro qui n’est limitée par aucune règle économique de politique objective.

La monnaie est émise contre des titres de propriété virtuelle. Les propriétaires d'actifs réels responsables de la chose comme du prix ne sont pas universellement ni univoquement identifiables. Les prix qui justifieraient la monnaie en circulation ne renvoient pas avec certitude à des finalités humaines réelles partageables par la raison. La propriété a été détachée de la responsabilité humaine des citoyens, des entrepreneurs, des entreprises et des gouvernements sur les choses produites et échangées contre monnaie. La finance fonctionne par elle-même et pour elle-même indépendamment du financement réel des besoins humains.

Le nationalisme et la nation sont le moyen et le lieu de représentation de la valeur réelle des objets échangés par le prix en monnaie. Sans la nationalité, la relation entre la chose et le prix n'est pas interprétable en besoins et en satisfaction proprement humains. Sans les nationalités ordonnées par les États, la monnaie n'a pas de sens humain ; les prix n'ont pas de substance humanisée. Les États nationaux ont une finalité financière de rendre les prix signifiants. Les États internationaux ont la finalité financière de rendre les prix convertibles entre des nations.

Les États multinationaux pour réguler la conversion des monnaies en réalités humaines

Si les nations organisent leurs relations par des États internationaux et si l’internationalisme s'enracine dans des nations constituées et ordonnées entre elles par des États reliés par les États, alors le nationalisme est le mode de pensée de la sortie par le haut du chaos libéral nihiliste. Le krach des subprimes a été parfaitement analysé par les observateurs objectifs du capital et des sociétés comme l’effondrement d’une construction anarchique sans plan et sans architecte pour ordonner la construction. Si l’Eurozone avait été un véritable État gouverné par les nations qui la composent, il aurait été possible de calculer un prix international en euro de toutes les dettes. Il y aurait eu une autorité internationale reconnue pour taxer les banques, les sociétés et les États excessivement créanciers et pour dévaluer les monnaies des États excessivement débiteurs.

Si l’Eurozone avait eu un gouvernement de la monnaie commune par délégation des États nationaux membres, il y aurait eu calculabilité et compensation des dettes et des créances en excès sur la solvabilité réelle de chaque débiteur, et sur la solvabilité globale de l’économie réelle par rapport au prix total des titres financiers en circulation. La spéculation sur le prix des titres n’aurait pas été alimentée par le déluge de liquidité émise par des banques centrales fonctionnant comme des têtes sans corps, avec du capital virtuel non mesurable par la réalité objective.

Avec des États nations financièrement encadrés par un État multinational gouverné de la monnaie commune, les banques en euro auraient été globalement recapitalisées par une taxation de leurs emprunts en dollar au moment de la faillite de Lehman. Le Trésor Public confédéral de l’euro aurait eu les moyens d’une garantie mutuelle des politiques nationales d’investissement public pour renforcer la compétitivité réelle de l’économie européenne par rapport au stock mondial de dettes à réduire.

Le capital ré-indexé par la responsabilité

Restaurer la responsabilité des nations par des États multinationaux comme le serait la Confédération financière de l’euro n’est pas un replâtrage du capitalisme mais une reconfiguration radicale. Gouverner la monnaie par des États multinationaux de responsabilité inter-étatique publique, c’est ôter aux banques et aux investisseurs financiers la liberté de jouer avec la convertibilité du signe monétaire en biens et services réels comptants et à terme. C’est interdire de mesurer du capital avec des prix virtuels ou de prêter du capital sans mettre une réalité palpable à disposition d'humains au travail. C’est donc interdire de comptabiliser des plus-values sur des réalités qui ne peuvent pas exister ou qui n’ont pas de prix en logique délibérable d’humanité.

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Pierre Sarton du Jonchay - dans Régulation Bien commun
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