Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 09:05

Conjoncture mondiale flageolante

Posté le : 30 mai 2014 09:36 | Posté par : Blog du cercle des économistes e-toile

L'inquiétude que nous exprimions en décembre 2013 et en janvier 2014 sur l'état de la conjoncture, à contrecourant des propos très optimistes qui étaient répétés dans la presse et relayés par les politiques, était malheureusement fondée.

Il n'y aura pas eu de reprise générale mondiale au premier semestre. La croissance est partout plombée. Le stock de dettes douteuses est encore si élevée que les banques ne peuvent pas relayer la croissance. La perspective des stress tests "réalistes" en Europe pèse sur les comptes des banques. Les pénalités phénoménales imposées par le gouvernement américain plombent encore un peu plus la situation.

Le secteur financier a perdu en huit plus de 100.000 salariés à travers le monde. L'hémorragie continue.

Quelques pays ont tiré leur épingle du jeu du fait d'un certain besoin de renouvellement de l'équipement. Pour beaucoup, il s'agit d'un renouvellement de machines retardé par la crise. Après 8 ans d'immobilisme, il était impossible de conserver un parc de machines obsolètes. C'est le même mécanisme qui touche le parc des voitures. Il ne peut pas vieillir indéfiniment (sauf à Cuba !). Le commerce international reste bas. La reprise de 2013 était principalement due aux achats de précaution des détenteurs de dollars.

Les pays très exportateurs à natalité basse comme l'Allemagne et le Japon sont confrontés à des difficultés internes croissantes du fait du vieillissement de la population et désormais du risque de contraction démographique.

La rente pétrolière étrangle toujours l'économie mondiale, mais les bénéficiaires voient leurs revenus stagner.

Tous les facteurs qui militent contre la croissance, démographie, rentes abusives, paralysie bancaire, excès de dettes notamment publiques, ajustement par la dépression en Europe, sont pleinement actifs.

Ils empêchent la phase haute du cycle de se matérialiser. Comme dans les années 2006-2008 en Europe, où cette phase a été très molle, mais cette fois- ci c'est le monde entier qui est frappé. On risque d'entrer dans la crise décennale après un épisode de "haute conjoncture" particulièrement médiocre. C'est ce qui s'était passé en 1938.

Blog du Cercle des Economiste E-Toile

Le cycle de l'Histoire

La Babel financière

Nous sommes dans une méta-cyclicité de l'économie que nous ignorions jusqu'à présent puisque nous ne sommes que dans le premier cycle qui est l'histoire de l'unification du monde.

On pourrait nommer cette cyclicité "syndrome de Babel". Une grande tour unique semble se construire ; mais plus les économistes politiques en parlent, moins ils sont d'accord sur les plans de la construction. Les effondrements locaux se multiplient indiquant que la mesure locale du risque par les opérateurs financiers n'a rien à voir avec le risque du système, lequel échappe à toutes les réglementations prudentielles qui prétendent le cantonner. Tout indique après le krach des subprimes que la perte latente du système financier mondial est très supérieure à ses fonds propres comptables.

Au prochain krach qui surviendra en bas de la micro-cyclicité observable, tous les compteurs du capital seront brutalement mis à zéro. Les banques centrales ne pourront plus émettre de la liquidité sauf à renoncer ouvertement à toute contrepartie en actif collatéral réel et à rémunérer directement les patrons de banque qui acceptent d'emprunter une monnaie centrale sans valeur réelle. L'armée physique et numérique des Etats-Unis devra occuper tout l'espace mondial pour forcer les Etats et les banques centrales à emprunter à la Federal Reserve. La dictature financière du dollar mettra en liquidation toute l'économie mondiale afin de maintenir un semblant de stabilité sur le territoire des États-Unis où tous les riches viendront se réfugier...

Revenir à la bifurquation de Bretton Woods

On peut aussi convoquer un nouveau Bretton Woods pour convenir d'une langue universelle de la monnaie de crédit adossée à l'économie réelle régulée par la société des Etats. On peut susciter un véritable capital politique international qui assure un équilibre mondial des parités de change déterminé par une appréciation politique de la soutenabilité de l'endettement international. On peut créer une légalité financière internationale qui pose une finalité mondiale de croissance réelle et vraie qui ne soit pas fondée sur l'usure du capital humain et de la réalité physique.

Partager cet article

Repost 0
Pierre Sarton du Jonchay
commenter cet article

commentaires

Pierre Sarton Du Jonchay

  • : Le blog de Pierre Sarton du Jonchay
  • Le blog de Pierre Sarton du Jonchay
  • : La crise économique actuelle a ses racines dans la civilisation. La compréhension des phénomènes en cours exige une redéfinition de la monnaie, du crédit, du risque, du marché et de la responsabilité publique. La discussion est ouverte.
  • Contact

Pierre Sarton du Jonchay

Atlantico.fr

Le Cercle des Echos

LinkedIn

Viadeo

Recherche

Catégories