Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 10:09

Le modèle monétaire ici présenté distingue et articule trois logiques différentes : la politique, la finance et l'économie. Chaque discipline a du mal à comprendre la cohérence de la monnaie parce qu'habituée à ne pas différentier les deux autres disciplines qu'elle exclut de son champ. La monnaie est une logique générale des prix. Or l'euro a été fondé sur la division logique irréductible de la politique, de la finance et de l'économie. Les trois logiques entrées en conflit à propos de la Grèce se détruisent réciproquement aux dépens de la vie des Grecs et de l'union des Européens.

Il n'est d'autre issue que de formuler autrement le paradigme de l'euro. L'intégration du calcul des prix dans un droit discutable et variable par les nationalités de la politique est le seul modèle de monnaie qui puisse être cohérent avec la réalité empirique que les Européens souhaitent maîtriser. Depuis le début de la crise des subprimes, l'Union Européenne va vers ce modèle. Mais la théorie de la monnaie n'a pas encore été formulée en termes transparents communs à la politique, à la finance et à l'économie.

Tout le monde reconnaît la condition de la croissance pour sauver le projet européen ; mais la fonction monétaire de l'euro n'est pas argumentée pour financer le système politique qui puisse absorber les excès de dette bancaire accumulés sur l'économie réelle. Or la liquidité des dettes est la répartition permanente des erreurs d'appréciation en droit du prix nominal de toute production réelle anticipée dans la durée. L'euro est tout proche de devenir l'étalon européen de la stabilité financière des États nationaux entre tous les citoyens de l'Union.

La création d'un budget public confédéral sur un marché européen unifié de la liquidité en euro est l'ultime réforme à accomplir pour relancer la croissance dans l'Union Européenne. Les différents degrés européens du pouvoir politique peuvent recouvrer la responsabilité du financement de la croissance par le vecteur de la monnaie. Il suffit de titriser la responsabilité politique par des monnaies exclusivement convertibles par l'euro dans le marché européen unifié de la liquidité.

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L'Europe dans l'impasse morale et financière 

Pour le moment, la Grèce est exsangue. La croissance économique est indéfiniment négative. Les impôts ne rentrent pas. La dette publique ne peut pas être remboursée. L'activité économique s'effondre ; la misère se répand avec le chômage et les services publics fondamentaux sont suspendus. L'intérêt vital des Grecs est de sortir de l'Union Européenne.

L'exigence de remboursement de la dette en euro oblige les Grecs à s'euthanasier en tant que communauté humaine partageant un même destin. Les crédits alloués en euro à l’État grec et aux banques grecques sont juste une permission accordée aux créanciers de la Grèce de continuer à réclamer des règlements pour ne pas enregistrer leurs pertes. Non seulement, la zone euro ne fournit plus la moindre liquidité monétaire à la Grèce, mais les Grecs produisant encore quelque chose chez eux gardent par l'euro la liberté de comptabiliser leurs transactions en dehors de la Grèce.

La zone euro est actuellement la liberté accordée aux Grecs et à leurs créanciers étrangers publics et bancaires d'abandonner l’État grec au défaut ; donc la liberté accordée par l'Europe de ne pas appliquer solidairement la loi grecque en Grèce ; donc la liberté de priver les Grecs les plus faibles et les plus pauvres de toute solidarité publique nationale ou européenne.

La liquidité définie par la réalité du droit 

Posons l'hypothèse de redéfinition de l'euro comme prime d'assurance européenne des dettes publiques de souveraineté des États membres. La condition première d'émission de l'euro n'est plus alors la décision de la BCE d'allouer un certain montant de crédits aux banques européennes à un certain taux d'intérêt. La condition impérative d'un emprunt en euro à la BCE devient l'application d'un droit national ou du droit confédéral de la zone euro dans toutes les transactions utilisant la monnaie de l'Union.

Posons que les banques centrales nationales du Système Européen des Banques Centrales (SEBC) sont vendeuses à la BCE de la prime d'assurance de la liquidité de leur État de droit national. Tout emprunt bancaire en euro à la BCE entraîne le dépôt par la banque centrale nationale d'un collatéral assurantiel public en complément du collatéral privé actuellement remis par les banques commerciales emprunteuses. Pour toute liquidité centrale prêtée en euro à leurs banques privées, les banques centrales nationales touchent alors un pourcentage représentant le prix de leur contrôle sur la légalité des transactions bancaires dans leur territoire de juridiction.

L'euro légalisé en prime d'assurance publique du droit dans la souveraineté européenne repose sur les États nationaux indépendants associés dans un État confédéral. Les États nationaux sont monétairement responsables de l'application du droit dans leur espace de souveraineté tandis que la confédération de l’euro hérite de la légalité des transactions entre les souverainetés nationales. L'euro légal comptabilise la prime de change de la convertibilité des transactions entre les droits nationaux et dans les droits extérieurs à l'euro.

Calculer la liquidité systémique 

L’État confédéral européen devient dépositaire de la prime de liquidité de l'euro souscrite par la BCE. Les eurobonds se définissent comme collatéral confédéral des émissions de liquidité en euro. Le budget communautaire confédéralisé acquiert une capacité d'émission obligataire par ses recettes propres. La fiscalité financière confédérale est le prix légal de la liquidité primaire de l'euro en droit communautaire.

Les fonds de réserve confédérale publique de liquidité de l'euro existent déjà : Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), futur Mécanisme Européen de Stabilité, Banque Européenne d'Investissement et Fonds Social Européen. Pour consolider le financement de la réserve confédérale de liquidité de l'euro, il reste à mettre en œuvre la fiscalité financière européenne à travers la réforme du système européen de compensation interbancaire ; donc à mettre en œuvre un marché interbancaire européen public où les États soient mis sur un pieds d'égalité avec les banques pour l'appréciation du collatéral remis à la BCE en échange de la liquidité en euro.

Le marché confédéral de la liquidité en euro autorise la titrisation de la fiscalité des États nationaux sur des obligations publiques nationales financièrement vérifiées par l'Union. Le marché confédéral rétablit l'égalité de sûreté financière entre les titres publics et les titres émis par les banques sur leurs crédits, leurs investissements, leurs emprunts et leur capital. Les banques privées perdent ainsi leur privilège d'appréciation financière des titres publics remis à la BCE contre la liquidité en euro.

Les banques centrales nationales acheteuses de la prime de liquidité des souverainetés nationales en euro deviennent les arbitres financiers visibles de la liquidité des États. Elles intègrent leur appréciation du prix de la liquidité des banques en droit confédéral dans la garantie nationale qu'elles vendent à la BCE.

Le prix public de la liquidité du droit 

Les banques centrales du SEBC sont déjà sollicitées depuis le début de la crise des dettes publiques et bancaires pour racheter les pertes latentes du collatéral remis par les banques nationales à la BCE. En titrisant les engagements des banques centrales sur l'euro-marché confédéral, les États nationaux et l’État confédéral évaluent en pleine responsabilité financière les primes de crédit des banques centrales et des banques commerciales privées. Les recettes fiscales titrisées sur le marché confédéral permettent aux États d'acheter le prix de la liquidité de toute banque y compris de la BCE.

Le système bancaire en euro est remis sous le contrôle public des lois nationales. Techniquement, il suffit d'obliger toute banque empruntant ou prêtant en euro à émettre des options de capital et des primes de crédit (Credit Default Swap) sur tous les passifs bancaires. Les États sont tenus à la même obligation ; ils rendent négociable sur le marché confédéral, la liquidité de leurs primes de crédit sur leurs émissions de titres d'obligations publiques.

Le prix de la liquidité en euro devient totalement public, universellement négociable selon des règles identiques pour les États nationaux et confédéral, pour les banques centrales et commerciales ainsi que pour tout emprunteur privé ressortissant de l'Union. L'euro prime d'assurance publique du droit dans la zone euro ne change rien aux techniques financières et bancaires ; mais il place la souveraineté publique du droit de tous les Européens au-dessus de toute transaction financière de bien réel, de crédit, d'investissement ou d'assurance.

Restauration monétaire de l'économie du travail 

La création monétaire redevient une prérogative de souveraineté nationale et confédérale dans le cadre du marché commun d'économie de l'Union. Les fiscalités nationales et confédérale acquièrent en légalité européenne un statut de garantie financière ultime de la liquidité. La restauration des unités monétaires nationales complétées par des monnaies locales et des monnaies spécialisées sur l'application de normes environnementales permet d'adosser les différents degrés de souveraineté à des parités de change en euro.

A ce stade, la Grèce est toujours en faillite : les recettes fiscales de l’État restent insuffisantes pour assurer les services publics nécessaires au financement du travail des Grecs qui subvienne à leurs besoins et au remboursement de leurs dettes. La cotation en euro des primes de crédit de l’État, des banques, d'une nouvelle drachme et de l'économie grecs reste négative. Tant que personne ne veut risquer un euro de crédit supplémentaire dans des exportations grecques globalement supérieures aux importations, la dette nationale reste irréductible au potentiel effectif de production réelle.

Comme les euro-Européens n'ont pas de capitaux bancaires ni de recettes fiscales suffisantes pour combler en euro toutes les pertes sur les emprunteurs, il faut que le prix du travail des Grecs redevienne suffisamment compétitif en euro pour que soit produit sous la souveraineté grecque tout ce qui permet aux Grecs de vivre en dégageant les excédents de liquidité nécessaires aux importations essentielles, à la diminution de la dette extérieure et au financement national des services publics.

L'euro adossé à la liquidité des droits nationaux 

Le prix du travail entre les Grecs doit permettre d'acheter le maximum sur le marché domestique en réglant toute la fiscalité qui garantisse les droits individuels et collectifs engagés par la loi nationale. L'euro redéfini en prime d'assurance européenne du droit de tous les citoyens de l'Union peut allouer une petite fraction des ressources fiscales communautaires non pas à acheter la baisse des salaires et des droits des Grecs en euro mais à garantir le prix en euro du plein emploi du travail grec à produire la réalisation économique des droits grecs.

L'euro prime d'assurance de la liquidité européenne du droit confédéré induit la définition de la drachme en prime de liquidité grecque du droit national grec. Le FESF souscrit sur le marché interbancaire en euro la prime de crédit de la Banque Centrale de Grèce (BCG). Le motif et la condition de l'adossement de la BCG au FESF sont l'organisation d'un marché grec de la liquidité en drachme. Tous les impôts et taxes grecs sont convertis en drachme. L’État grec titrise ses recettes fiscales en drachme par le rétablissement des comptes publics en drachmes. La prime titrisée de crédit public en drachme est cotée exclusivement sur le marché public européen de la liquidité.

Toute la dette publique grecque en euro est rachetée par la BCG sur le marché monétaire européen. Le prix des titres publics grecs en euro est compensé dans les comptes de la BCG par le prix du collatéral acheté en drachme ; collatéral déposé en garantie de la liquidité émise sur le nouveau marché monétaire en drachme. La drachme est déposée comme titre de souveraineté grecque sur le marché public européen de la liquidité. La prime de capital et la prime de passif de la BCG sont négociables exclusivement en euro sous le contrôle public de l'État confédéral.

Équilibrage numérique des prix au droit 

La monnaie fiduciaire circulant en pièces et billets sur le territoire grec reste l'euro. La drachme est uniquement instrument numérique de compte, de règlement et d'épargne sous la loi grecque ; non un moyen matériel de paiement. La BCG émet en drachme numérique la prime de liquidité du système légal grec de calcul des prix en souveraineté nationale. La monnaie numérique non physiquement matérialisable oblige tout vendeur de quelque chose à déposer dans une banque de donnée son identité et les catégories de contrat par lesquelles il entend acquérir du pouvoir d'achat légal en unité de compte nationale.

Pour permettre à la BCG et aux banques opérant en Grèce de comptabiliser des dépôts en drachmes, l’État grec mute l'état civil et le cadastre en banques de données numérisées comptabilisant tous les droits positifs attribués aux résidents grecs. Les qualifications professionnelles officielles reconnues, les biens immobiliers et mobiliers détenus en propriété sont légalement enregistrés dans les banques de dépôt sous contrôle du pouvoir judiciaire de l'État, distinctes des banques de crédit.

Le crédit en drachme est émis par la collatéralisation au nom des établissements de crédit, des transactions à terme sur les titres de propriété déposés. L'enregistrement numérisé de tous les sujets de droits et des objets de contrat déterminant les transactions grecques en euro délimite la conformité juridique des prix par la monnaie nationale. La gestion objective des titres de propriété engendre le règlement en taxes de tous les droits garantis par la collectivité ; le règlement en salaires du travail ; et le règlement en crédit numérisé des biens et services effectivement livrés.

Compensation du crédit par monétisation du réel objectif 

Le règlement général des prix s'opère par le processus de la compensation interbancaire décomposée en quatre équilibres complémentaires de droit positif. Le prix nominal comptant effectue le droit ; le prix au terme réalise le prix nominal ; la prime comptant en monnaie garantit constamment la livraison effective des biens au prix nominal à terme. Pour que la compensation numérique interbancaire engendre la solvabilité stable de tout emprunteur, il faut que les fonctions bancaires de garantie du droit, de financement du crédit, de comptabilité de l'investissement et d'assurance de la liquidité soient dissociées et ordonnées.

Le marché financier mutualise les risques à condition que tout acheteur soit spécifiquement assuré dans sa personne, son travail, ses biens et son crédit ; que tout prêteur soit spécifiquement garanti dans le prix de ses droits ; que tout garant enregistre les biens, le travail et les investissements dont il répond ; et que l’État agisse par des représentants publics dont le crédit personnel soit financièrement garanti en compensation.

La vraie réforme structurelle que la zone euro puisse négocier avec la Grèce est la mesure de la croissance réelle par la monnaie analytiquement compensée en prix nominal du droit. Sur le marché de la liquidité en drachme, la compensation numérique est créatrice nette de monnaie par le volume de l'offre des biens nominalement achetée dans une demande appréciée par des crédits garantis en drachmes. Tout acquéreur comptant d'un bien grec règle en prime de crédit émise par une banque d'investissement acheteuse de tout risque en drachme.

Tout acquéreur à terme règle en crédit d'une banque de crédit ; laquelle est par la compensation obligatoirement vendeuse de sa prime de crédit à une banque d'investissement. Tout vendeur d'un bien règle son ordre de vente par une prime d'assurance de sa capacité professionnelle à livrer. Tout paiement compensé dans les banques de données marchandes est règlement d'une prime fiscale d'assurance de l'intégrité personnelle du vendeur. Le prix nominal de service de tout bien livrable s'établit à l'équilibre nominal de l'offre et de la demande ; lequel est déterminé par l'égalisation en compensation de toutes les souscriptions de prime d'assurance sur les vendeurs aux souscriptions de primes de crédit sur les acheteurs.

Cohérence juridique du nommé au réel 

La réforme monétaire de la drachme induite par l'euro restructure la finance ; elle consiste à déterminer les prix nominaux des biens négociables par les primes fiscales et assurantielles des droits personnels. Ainsi la monnaie nationale est spécifiée par l'objectif financiarisé du plein emploi du travail offert par les personnes physiques en règlement de leurs besoins d'assurance, de consommation et d'investissement. La BCG ré-émettrait la drachme par rachat de la dette publique au 1er juillet 2012 à la parité de 1 pour 1 euro. Tous les vendeurs de dette publique grecque sont alors réglés en prime de crédit en euro de la BCG et en prime de change de la drachme à l'échéance des titres cédés.

Les non-résidents grecs et les Grecs souhaitant acheter à terme en drachme déposent des actifs réels et financiers dans la compensation grecque garantie par la BCG. L'achat de la drachme à la BCG provoque le calcul des prix réels à terme des actifs escomptables dans les établissements de crédit grecs. Les prix nominaux à terme sont compensés par les ordres d'achat primaire de l’État, des investisseurs résidents, des consommateurs et des exportateurs grecs.

En étant vendeur primaire de la liquidité des services publics, l’État grec en achète le prix nominal fiscal. Le prix réalisable à terme d'émission budgétaire des titres de fiscalité est objectivement issu du marché monétaire où tous les droits sont représentés. Les ventes de biens réels ou de collatéral juridique sont crédités en drachme par les banques de crédit à échéance de l'engagement de livraison du bien déposé en compensation. A l'échéance engagée, le remboursement des crédits du vendeur est compensé par le règlement primaire du crédit des acheteurs et de la prime fiscale du bien réellement servi.

Politique de responsabilité monétaire générale 

Toute la liquidité de l'économie grecque est mesurable par le bilan en drachme de la BCG. Tous les crédits centraux accordés par la compensation à différentes échéances de court terme sont adossés au prix nominal des collatéraux déposés dans les banques de marché. La compensation s'effectue en droit, en crédit, en prime investie et en prix réglé des primes d'assurance. La drachme est liquide en euro si le capital de la BCG est intégralement racheté en primes de change non nulles en euro sur le marché financier confédéral.

Comme le passif de la BCG est totalement garanti par la vente en euro de la prime des crédits centraux en drachme, les États et les banques de la zone euro sont créanciers de la Grèce par des primes dont le prix est nul si la drachme reste à la parité de 1 pour 1. Les créanciers vendent la prime de change de la drachme. Comme l'euro est une obligation de liquidité juridique positive de tout emprunteur sur le marché monétaire confédéral, les créanciers de la Grèce ont le droit de vendre leur collatéral de droit grec remis par des emprunteurs résidents grecs. Alors la baisse de la contrevaleur en euro de la position de crédit de la BCG dans la compensation en drachme finit par dégager une prime de crédit positive des emprunteurs grecs en euro et en drachme. Le change restaure la liquidité.

L'euro prime de crédit des souverainetés nationales dans la confédération européenne interdit toute répudiation de dette en euro. Un crédit en euro ne peut être remboursé dans la compensation confédérale que par le crédit d'une prime de crédit positive de l'emprunteur ; la prime étant détenue par le marché. La vente de la prime de crédit de la position nette consolidée de la BCG dans la compensation en drachme provoque une dépréciation ordonnée de la parité grecque sur la solvabilité réelle de l'économie domestique.

Équilibre rationnel monétisé de la propriété au crédit 

La dévaluation est structurellement limitée par la réévaluation des actifs réels grecs en drachme et la dépréciation nominale des actifs financiers détenus en euro sur des débiteurs produisant en drachme ; c'est à dire par du travail grec et des actifs réels sis en Grèce. La cotation des actifs de la BCG s'apprécie en drachme au fur et à mesure que le prix du collatéral grec se réévalue et augmente par les dépôts du système bancaire. le marché monétaire grec assure la liquidité en drachme par l'appréciation objective du collatéral offert par les banques à la demande de la BCG.

Le bilan de la BCG cote le collatéral réel adossé à la drachme ainsi que le collatéral financier en euro adossé à la compensation européenne de la parité des crédits centraux en drachme. Le capital de la BCG constitue ainsi la réserve de change intérieur en drachme et extérieure en euro de la souveraineté grecque. La compensation en drachme et la compensation en euro sont réciproquement adossées en parité de change ; laquelle est garantie d'application politique du droit en Grèce et dans l'Union.

A l'actif du bilan en euro des banques de l'Union, la conversion des dettes grecques en drachme et la dépréciation de la drachme en euro se traduisent par la dépréciation des titres de crédit, des primes de change rétablies et des primes de crédit. Mais la restauration systémique de la solvabilité grecque ouvre la voie par les mêmes moyens à la solvabilité de tout État rétabli dans sa fonction d'assureur financier en dernier ressort de la stabilité bancaire en euro.

La politique objectivée par la monétisation du réel 

Le bénéfice de liquidité systémique obtenu par l'adossement de l'euro à la drachme est démultiplié par la mesure objective possible des pertes de crédit en euro des États nationaux, des banques, des citoyens de l'Union et des non-résidents internationaux déposants en euro. La Confédération européenne impose par le nouveau marché monétaire européen une parité objective fixe et garantie entre la liquidité émise par la BCE et le prix nominal du collatéral immobilisé en garantie légale. Ni les États ni les banques n'ont plus la liberté d'émettre de la dette hors de la garantie fiscale des citoyens européens effective dans le marché financier.

Les paradis fiscaux et réglementaires ne peuvent plus exister dans la zone euro. En contrepartie, tout État demeurant souverain sur sa fiscalité est obligé de titriser ses lois et son budget par la restauration d'une unité de compte nationale exclusivement convertible en euro et déposée dans le marché monétaire confédéral. Le principe de liquidité du crédit en euro acquis par la Confédération est l'objectivité marchande de toute parité monétaire en collatéral financièrement déposé. Les États s'obligent à exercer leur souveraineté par leurs lois et leur budget comparables par l'euro sur des droits positifs financièrement explicites ; les banques n'ont aucun accès à la liquidité sans se soumettre publiquement aux lois et à la fiscalité qui délimitent et garantissent leur solvabilité.

L'adossement de l'euro aux compensations nationales permet la dévaluation du collatéral émis en titres de crédit par les États et les banques et la réévaluation du capital émis en titre de propriété, titres de travail et titres de capital émis par les États, les entreprises et les personnes physiques. Une monnaie interne ou externe à la confédération européenne n'est convertible en euro qu'à la condition d'être déposée dans des banques de marché en euro comme titre de rationalité du crédit par le capital objectivement mesuré.

Liquidité universelle des droits européens 

La confédération de l'Union Européenne s'impose en logique le même système bancaire en euro que celui qu'elle propose à la Grèce pour refinancer la souveraineté mise en défaut. Les banques en euro sont distinctes des banques en monnaie nationale par un capital et des primes de capital cotés séparément en euro. Les banques de crédit liquides en euro vendent tout leur capital à des banques d'investissement en euro. Tous les fonds de mutualisation publique du risque systémique et du risque sur la vie des personnes physiques ont un statut d'assureur dans la compensation en euro. Le Trésor Confédéral est assureur en dernier ressort de l'euro-système.

Tous les biens et services, tous les actifs et toutes les monnaies achetables par la liquidité empruntée à la BCE sont déposés et juridiquement garantis par les banques de marché en euro. Comme la Confédération de l'euro garantit dans la compensation européenne tous les engagements de ressortissants de l'Union envers des déposants étrangers, les parités de change nominales de toutes les monnaies en euro varient selon l'équilibre compensé en crédit de l'offre et de la demande des primes de change.

Tous les actifs étrangers déposés en euro sont des titres de souveraineté étrangère appréciés en droit européen des personnes, du travail, de l'environnement et des sociétés ; la fiscalité financière confédérale détermine sur l'appréciation du droit le prix de toute collatéralisation du crédit en euro. La liquidité de l'euro finance le droit des personnes et la dépollution de la planète à l'intérieur et à l'extérieur de la souveraineté confédérale. La compensation en euro réévalue les devises étrangères en position créditrice nette de liquidité sur les ressortissants de la Confédération ; positions qui sont par conséquent débitrices nettes en droit européen des personnes et de l'environnement.

Le travail transformateur du discours en réalité 

Les dettes publiques ne sont pas maîtrisables dans un système économique qui monétise le capital bancaire à la place du travail objectif de production du réel. Si l'intérêt général public ne s'intègre pas dans le calcul financier des prix, les intérêts privés captent la finance pour valoriser le capital au présent indépendamment du travail qui produira la richesse réelle. L'euro en crise monétise des transactions financières hors du droit réel visé par un pouvoir politique financièrement responsable. Le capital n'est plus la rémunération du travail qui puisse rembourser les dettes de la Grèce ou de tout autre pays européen.

Le nouveau marché monétaire public européen referme la trappe à liquidité où s'abîme l'Union. Le droit des nationalités européennes les plus protectrices du travail des personnes devient l'étalon d'appréciation intérieure et extérieure de l'euro. La réévaluation des monnaies de nationalité en euro et la dépréciation de l'euro par rapport aux zones monétaires excessivement créditrices en euro restaure la liquidité des transactions par le plein emploi domestique et international de l'offre de travail.

La demande européenne de bien-être discutée et délibérée par tous les degrés politiques locaux, nationaux et confédéral de la démocratie répond à une offre réelle solvable de biens et services produit par un travail justement rémunéré en liquidité du droit. Le sauvetage financier de la démocratie grecque est le sauvetage financier de la démocratie en euro. Il implique que la monnaie soit soustraite à la spéculation politique ; que le capital garantisse le crédit ; que la rémunération du capital soit le prix de la liquidité des débiteurs ; que la liquidité soit le prix de la croissance humaine réelle.

Par Pierre Sarton du Jonchay - Publié dans : Monnaie
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 19:23

Application pratique de la systémique de l’option dans la compensation des prix

Cette parabole théorétique développe une réponse à une demande formulée dans le Blog de Paul Jorion à propos du billet « Revenir dans la réalité ». Il s'agit de montrer grâce au paradigme aristotélicien de causalité que la monnaie est un effet du langage entre la réalité objective et la réalité subjective. La logique de la compensation ci-après décrite est immédiatement applicable à la refondation des monnaies.

Dans la structure logique aristotélicienne matière-forme-fin-effet, la forme et la fin spécifient la réalité subjective tandis que la matière et l'effet spécifient la réalité objective. La réalité objective est l'être donné à l'existence quel que soit le langage qui opère la transformation de l'être donné existant à la réalité objectivée. La réalité s'objectivise par la connaissance du sujet. La réalité inconnue d'un quelconque sujet connaissant n'a donc pas d'existence objective. C'est la réalité inconnue de quiconque objectivement inexistante qui est objet de spéculation financière. La finance libre sans fin ni forme existante monétise la logique formelle des mathématiques et du droit pour capter la réalité directement dans l'intelligence du sujet objectivant la réalité par le don de sa connaissance, c'est à dire par le commerce au sens étymologique.

La compensation ci-après racontée dans les quatre dimensions subjectives et objectives de l'effet matériel formé par la fin, établit la monnaie comme crédit de la réalité soustraite à toute spéculation gratuite. La gratuité spéculative soustrait le réel à la connaissance du sujet individuel et collectif par l'objet fictionnel ; l'objet de pur langage sans réalité vérifiable dans l'intérêt général de la société politique. La compensation des prix de la réalité travaillée dans la temporalité garantie rend la monnaie indissociable de la loi discutée par la politique dans le marché de la responsabilité personnelle collectivisée.

Le modèle de la compensation quadri-dimensionnelle met sur un même plan logique l'équilibre des transactions internationales, nationales, locales et entrepreneuriales. Implicite dans la comptabilité d'entreprise, il coordonne la gestion en monnaie de toute entreprise objective à l'intérieur d'une économie locale inscrite dans une loi nationale convertible dans un système d'échange mondial. La compensation quadri-dimensionnelle est la condition d'existence d'une monnaie mondiale dont l'euro est la préfiguration européenne moyennant le rétablissement des monnaies nationales assises sur les monnaies locales et spécialisées.

Le langage à la source de l'économie

Au commencement est un objet non nommé que Adam et Ève voient ensemble sur le même arbre. Cet objet est la matière fruitée de la matière d’un pommier. Adam dit à Ève : « pomme ». Ève répond « pomme ». Noé qui observe la scène affirme : Adam et Ève nomment « pomme » le fruit du pommier. Entre Noé, Adam et Ève, Noé a opté pour le même nom de l’objet fruité issu du pommier. Noé achète l’option de Adam et Ève de nommer la matière de la pomme par la forme « pomme ». La fin de Noé dans cette option est de former une société avec Adam et Ève pour partager la finalité de nommer la matière de la pomme par une même forme qui est « pomme ».

Dieu, nom de la parole commune de la société politique, établit le bilan de la création dénommée entre Noé, Adam et Ève :

Société Noé Adam Ève
Politique Matière Forme Finalité Matière Forme Finalité Matière Forme Finalité
Langage Pomme négociable « pomme » politique
Usage de la pomme par Noé
Pomme négociable « pomme » politique Usage de la pomme par Adam Pomme négociable « pomme » politique Usage de la pomme par Ève
Effet Noé sujet de son existence objective dans la société Adam sujet de son existence objective dans la société Ève sujet de son existence objective dans la société


Par la fin communisable de nommer la pomme par « pomme » Noé, Adam et Ève s’accordent une prime de finalité du langage ; elle consiste à discuter de la réalité de la pomme par sa forme plutôt que par sa matière. L’intérêt est de pouvoir évaluer la pomme indépendamment de sa matérialité. S’il n’y a matériellement qu’une pomme au présent commun de Noé, Adam et Ève, ils peuvent discuter de son attribution ou de son partage matériel sans avoir à abîmer la pomme. Si Noé sait cultiver les pommiers et Adam cueillir et remettre les pommes à l'auteur d'une commande, Ève peut se faire formellement promettre la remise matérielle d’une pomme l’année prochaine par Noé et Adam.

Option politique du prix en monnaie

Dans cette société d’option de la pomme formée entre Noé, Adam et Ève sur les finalités possibles que la pomme nommée « pomme » peut porter entre ces trois protagonistes, Abraham intervient et propose la loi suivante : convenons que si Noé et Adam promettent de livrer une pomme à Ève l’année prochaine, alors cette pomme vaut 1. « 1 » est le prix de la pomme pour Noé, Adam et Ève livrée par Adam à Ève dans un an. Ce prix de 1 est déterminé par la volonté commune de la société d'option pour un certain « état » politique de la connaissance collective et réciproque de la demande de pomme et des conditions de réalisation de l'offre possible de pomme. En l'occurrence la définition de l'unité monétaire à la valeur d'1 pomme fixe le prix de cet état à un instant conventionnel à partir duquel les variations collectivement mesurées de l'état font monter ou baisser la parité monétaire en pomme.

A la proposition de loi, Abraham ajoute que si jamais, Noé, Adam et Ève se retrouvaient à apprécier la pomme livrée à Ève à 0,8 du fait que la réalité produite ne vaudrait plus 1 comme anticipé mais réellement 0,8 à cause du goût de la pomme différent de celui attendu ou de la pomme véreuse malgré les efforts de Noé, alors Abraham prend à sa charge 0,2. Selon la loi proposée et garantie par Abraham, à la livraison de la pomme à Ève, celle-ci règle le prix réel à Adam. Abraham règle à Noé l’éventuelle différence de valeur négative sur le prix nominal : ce règlement de « valeur » s'exprime dans une délibération politique de la société d'option où l'on prononce la cause de la perte « payée » par Abraham.

Abraham accepte à l'avance pour une prime, en l'occurrence de 20% du prix nominal de 1, de ne pas pas percevoir ce prix si la réalité à terme est jugée inférieure à la prévision nominale. Adam et Noé sont donc certains de toucher une créance politique de 0,8 en monnaie quoiqu'il arrive au-delà de leur volonté engagée face à Ève et Abraham. A la prime de réalité du langage commun, Abraham ajoute la prime de négociabilité du prix de la réalité dans un état monétairement étalonné de la réalité politiquement connaissable, la société se donne une liberté. La compréhension partageable de la parité monétaire en pomme rend le prix de la pomme négociable selon une offre et une demande rationnellement variables.

Transformation politique du crédit en travail

Chaque acheteur ou vendeur de la pomme peut faire varier sa position selon le rôle qu'il entend jouer par rapport à lui-même et aux autres référencés à une même origine de prix du temps. La loi primaire de la monnaie ajoutée à la loi nominale de la parité monétaire fixe la référence monétaire dans quatre dimensions : le nom, le prix, la prime et la temporalité de toute chose. La prime est la variabilité du prix dans le temps ; donc le prix de l'incertitude inhérente à la variabilité des acteurs du prix par rapport à eux-mêmes dans leurs relations d'échange entre eux. La loi politique rend tous les échanges quantifiables afin de faire croître la valeur dans le temps compté certifiable.

Le temps compté certifiable est le jugement politique ouvert et obligatoire de la valeur inférieure à la réalité, situation révélée par le prix réel à l'échéance inférieur au prix nominal à l'origine. Dans le cas d'une perte de valeur du réel sur le nommé en monnaie, la prime achetée par la parole d'Abraham oblige la société à qualifier la perte constatée à l'échéance. Si la perte est jugée non réparable, Abraham doit puiser dans la réalité de son capital disponible un objet de substitution qui est acheté par Ève, Noé ou Adam au prix de la perte qui est alors liquidée. Si quelqu'un juge qu'il peut réparer la perte à terme, alors il l'a rachète par une prime : Abraham reste débiteur du prix de la perte à celui qui l'a lui rachète en vendant une réalité potentiellement supérieure à un nouveau terme négocié.

L'obligation de jugement politique permanent et ouvert par le prix négocié de toute promesse est le « crédit » : crédit réciproque d'un acheteur à terme à un vendeur à terme d'accord sur la chose et sur le prix dont la réalité nommée est certifiée par un acheteur de la prime de crédit. La prime fait le crédit du présent venant du passé en représentant la valeur réparable non produite dans le passé. La prime fait également le crédit du présent au futur ; elle actualise le prix de la valeur engagée dans la réalité nommée livrable à une échéance négociée. La transformation actualisant la prime du passé en prime du futur se nomme « travail ». Le travail transforme réciproquement la valeur en réalité par le prix.

De la loi de l'échange monétisé, Adam et Noé qui se chargent de transformer la réalité sous le prix promis, peuvent alors négocier le prix de leur travail investi dans la livraison promise à Ève. Le travail de production de la pomme est nommé par son résultat défini en réalité vérifiable et en prix. Ni Noé, ni Adam ne connaissent à l'avance la productivité de leur travail par rapport au temps qu'ils passent à élaborer et exécuter un processus de transformation efficace en qualité et en quantité. Noé et Adam négocient leur coopération sur le prix qu'ils accordent à leur travail respectif nécessaire au service effectif de la commande d'Ève ; ils doivent partager l'incertitude de ce prix en décidant qui renoncera à la rémunération du supplément éventuel de travail à fournir Ève au prix promis.

Comptabilité monétaire du travail

Imaginons que l'accord de travail partage le prix de la pomme pour moitié à la culture du pommier et pour l'autre moitié à la cueillette-livraison. Imaginons que toute l'incertitude de productivité du travail porte sur la culture. Pour un prix livré de 1, Adam et Noé conviennent de s'attribuer 0,7 pour la culture et 0,3 pour la cueillette livraison. Par cet accord, le risque de la production est évalué à 40% du prix livré et repose entièrement sur Noé qui assume la culture. Adam et Noé seront rémunérés avec certitude à hauteur de 0,3 pour leur travail. Et Noé s'attribuera 0,4 en plus sur le prix pour supporter par son travail toute surcharge quelconque nécessaire à la livraison effective d'Ève.

La loi proposée par Abraham est le service de la monnaie et du crédit. Si Noé, Adam et Ève l’adoptent, elle permet dès l’accord de vente à terme de la pomme de créditer 1 à Ève et de débiter 1 à Noé et Adam. Noé et Adam sont bénéficiaires d’un crédit de 1 sur 1 an par quoi ils deviendront propriétaires d’une créance de 0,8 dans 1 an si tout se passe comme prévu. Abraham responsable du service matériel public du crédit de la loi, du marché et de la monnaie, se fait rémunérer son service qui suppose de combler l’éventuel différentiel de prix marchand entre le nominal et le réel dans un an. Dans le cas présent, Noé reverse la moitié de sa prime de travail pour garantir la parité monétaire de 1 unité de crédit à 1 an pour une pomme.

Dieu, l'acteur de l'origine logique de la confiance vérifiable, comptabilise le crédit de la société initiée par Abraham :

Tableau de compensation Le crédit est à 4 dimensions : objet, travail, prix et prime. La relation d'équilibre des valeurs monétaires à l'intérieur de chaque dimension est déterminée exclusivement dans la subjectivité des personnes, de l'ensemble sociétal et de la langue financière formulant les règles de compensation. La règle de la compensation quadri-dimensionnelle est l'obligation politique d'équilibre général des équilibres singuliers :
  • 1 Pour chaque personne, le prix en monnaie des matérialités égale le prix en monnaie des finalités.
  • 2 Pour l'ensemble de la société sur chaque objet de transformation, la somme des prix dûs égale la somme des prix attendus
  • 3 Pour l'ensemble de la société sur tout objet transformable, le capital matériellement détenus par les uns et finalement engagé par les autres s'équilibre par la liquidité monétaire qui est finalité matérielle ou matérialité finale sans objet défini
Abraham Noé Adam Ève
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
0,2 Pomme
virtuelle
  0,8 Pomme
investie
    Pomme productible La finalité produite consommable est
due à la société
Pomme consommable
à terme
1
1 Travail
virtuel
0,8 0,8 Travail 0,3 0,3 Travail     Demande d'élaboration
1
3 Prix 1 1 Prix 1 1 Prix 1 1 Prix 3
0 Prime 0,2 0,5 Prime Dans sa confiance totale, Adam vend toute son incertitude du futur à Noé Prime 0,3   Prime  
Capital social collectif 2,2 Capital productif réel 1,8
    4 Demande générale liquide  
Compensation logique individuelle et collective La finalité est due à l'autre, la matérialité est à soi et la formalité est passage de la finalité dans la matière
Abraham Noé Adam Ève
Forme Forme Forme Forme
Pomme
virtuelle
Pomme
investie
Pomme productible Pomme consommable
à terme
Le prix du virtuel matériellement dû égale le prix du finalement réalisable
Travail
virtuel
Travail Travail Demande d'élaboration
Le prix du travail à effectuer est réparti à l'origine entre tous les acteurs
Prix Prix Prix Prix Le prix total de toutes les tâches de transformation du virtuel en réel est réparti entre tous les acteurs productifs ; la dette de finalité d'Ève est virtuelle
Prime Prime Prime Prime La prime matière circulante de la présence du prix assure le règlement à terme du crédit de tous les prix matériellement dûs par les prix finalement attendus
Capital social collectif Capital productif réel   Demande générale liquide La liquidité est la matérialité formée dans la finalité politique collective. La liquidité monétaire de la société est l'excédent de demande liquide sur le capital soit
4 - 2,2 - 1,8 = 0
  Principes personnels de quantification des finalités : exemples d'occurrence interprétative des positions personnelles de compensation
Abraham La finalité d'Abraham est de tirer de la fomulation des lois de transformation de la pomme virtuelle en pomme réelle une possibilité de pouvoir d'achat de 0,2 si la société est effectivement servie
Noé La finalité de Noé est d'acquérir par son travail au service d'Adam et par son innovation productive au service de la société un pouvoir d'achat quelconque de 0,7 au mieux et de 0,3 au pire
Adam La finalité d'Adam est d'acquérir par son travail au service d'Ève un pouvoir d'achat quelconque de 0,3 sur la société
Ève La finalité d'Ève est d'être livrée d'une pomme dans un an contre le crédit actuel de 1 à Adam


La démocratie réalisée par la monnaie

Abraham, Noé, Adam et Ève sont démocrates, également dignes de délibérer du bien collectif singulier. Ils estiment qu’aucun d’entre eux ne doit avoir de privilège particulier à évaluer le prix de quoi que ce soit. Comme l’écart à terme de prix possible entre le prix nominal et le prix réel de la pomme dépend de multiples facteurs dont la pondération et le poids final ne sont pas absolus ni dans le prix nominal, ni dans le prix réel, les quatre appellent David pour superviser le marché du « risque » personnel et collectif qu’ils prennent ensemble. Par rapport au prix nominal de 1 de la pomme, chacun peut vendre ou acheter la prime. Chacun des quatre acteurs du risque financier fait sa propre estimation de l’écart à terme en pourcentage du prix nominal de 1.

Entre la matière et la finalité de toute chose nommée, le risque n'est pas une chose de nature mais de langage. En matérialisant le risque par la prime issue de la négociation du prix de la chose, la loi proposée par Abraham impose la responsabilité du risque. Elle oblige tout acteur acheteur ou vendeur de la chose ou du prix à diviser le nominal en réalité jugée certaine et en réalité laissée incertaine jusqu'au terme négocié. Abraham instaure la loi politique du risque qui autorise la légalisation mathématique du risque par la théorie de la quantité. Sans négociabilité systématique de la prime, le « marché » est un chaos où la réalité n'a plus de prix car personne n'en achète ni n'en vend la matière et la finalité.

Après calcul de la moyenne des estimations, la compensation des primes déclare ceux qui sont en dessous de la moyenne acheteurs de la prime pour le montant de leur écart avec la moyenne tandis que les autres sont vendeurs pour le montant de leur écart avec la moyenne. David dépositaire de la confiance tient les comptes de compensation :

Abraham Noé Adam Ève
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
0,2 Pomme
virtuelle
  0,8 Pomme
investie
    Pomme productible

Pomme consommable
à terme
1
1 Travail
virtuel
0,8 0,8 Travail 0,3 0,3 Travail     Demande d'élaboration
1
3 Prix 1 1 Prix 1 1 Prix 1 1 Prix 3
0 Prime 0,2 0,5 Prime     Prime 0,3   Prime  
0,3 Achat/vente     Achat/vente 0,5 0,1 Achat/vente   0,1 Achat/vente  
Capital social collectif 2,5 Capital productif réel 1,3 Capital financier collectif
0,1 4 Demande liquide  0,1
Ève ne s'étant pas mise en position d'offre du réel achète sa prime sur le système général de compensation auquel elle offre de la liquidité par la confiance qu'elle ressent
La liquidité monétaire de la société est l'excédent de demande liquide sur le capital soit
4 - 2,5 - 1,3 - 0,1 = 0,1
  Principes personnels de quantification des finalités : exemples d'occurrence interprétative des positions personnelles de compensation
Abraham Abraham croit que Noé sous-estime l'amélioration vraisemblable des techniques de production : il est acheteur net de 0,3 de liquidité supplémentaire sur le prix de vente à terme
Noé Noé croit à la possibilité de vente à terme supérieure à l'actuelle ; mais ce supplément reste incertain ; Noé l'évalue à 50% du prix à terme de la commande d'Ève
Adam Adam croit que le potentiel de réévaluation du prix à terme des ventes est suffisant pour qu'il risque 33% de la rémunétation de son travail dans une perte éventuelle sur le prix de la livraison effective qu'il fera à Ève
Ève Ève croit que le prix de sa satisfaction à terme sera tel qu'elle risque 10% de son engagement à terme en cas d'événement défavorable pour ne régler que 90% du prix promis si sont anticipation se vérifie

A l’échéance, les acheteurs de la prime doivent combler la perte éventuelle sur le prix nominal de la pomme. Si le prix nominal de la pomme reste en dessous du prix réel, les acheteurs de la prime gardent la prime pour eux. La prime devient plus-value en étant réglée par les vendeurs primaires d’origine garants du prix réel de la pomme pour Ève. Le règlement des vendeurs primaires se fait par constatation d’une créance sur les acheteurs primaires acheteurs du crédit des nouvelles commandes négociées.

Compensation financière par l'appréciation réelle du crédit

A l’issue du cycle de production de la pomme au prix de 1, la créance d'Ève sur Noé et Adam a été remboursée par la livraison effective dont David est témoin impartial. Si le prix réel de la pomme s’est révélé au-dessus du prix nominal par le marché surveillé par David selon la loi d'Abraham, alors les acheteurs primaires se retrouvent créanciers en monnaie de la collectivité à hauteur de la plus-value réelle sur le crédit originel du prix de la pomme. Dans ce cas, les vendeurs primaires deviennent débiteurs de la collectivité à hauteur de la valeur réelle gagnée par les acheteurs primaires à l’échéance de l’option de la pomme. Les acheteurs primaires deviennent donc débiteurs de la réalité de la production de valeur qui résulte de la société qu'ils forment dans une demande renouvelée d'objets consommables.

Voici le bilan comptable de la production et de la livraison à partir de la situation précédente dans le cas où le réel advient exactement comme prévu :

Abraham Noé Adam Ève
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
0 Pomme
virtuelle
  0 Pomme
investie
    Pomme productible

1
Pomme consommable 1
1,2 Travail
virtuel
0,9 0,9 Travail 0,5 0,5
Travail     Demande d'élaboration
1,2
0,5 Prix 0,4 0,4 Prix 0 0,4 Prix 0 0 Prix 0,9
0,2 Prime 0 0,1 Prime     Prime 0,1   Prime 0,2
Capital social collectif 0,6 Capital productif réel 0,9 Capital financier collectif
0,8 2,3 Demande liquide  
Compensation logique individuelle et collective La situation représentée fait abstraction des besoins de consommation de tous les acteurs, de l'offre de production d'Ève et des compensations qui s'opèrent entre offres et demandes réelles sur des produits diversifiés
Abraham Noé Adam Ève
Forme Forme Forme Forme
Pomme
virtuelle
Pomme
investie
Pomme productible Pomme consommable
à terme
Ève dispose de l'effectivité du livrable au prix nominal d'origine
Travail
virtuel
Travail Travail Demande d'élaboration
Les prix et primes enregistrés font crédit d'une réalité anticipée par l'option de la société à continuer de travailler selon les savoir faire individuels exprimés dans le passé transformables en futur 
Prix Prix Prix Prix Ève n'ayant pas vendu de travail en couverture de sa commande se retrouve débitrice de la collectivité à hauteur du prix de la pomme diminué de la prime achetée par Ève sur la stabilité vérifiée du crédit systémique
Prime Prime Prime Prime Chacun a passé des ordres d'achat vente de prime selon sa position de commande, de travail, de crédit ou de capital à l'issu du cycle de production ; les ordres primaires marquent la confiance investie dans la productivité à terme de la société politique
Capital social collectif Capital productif réel   Demande générale liquide Liquidité monétaire : 2,3 - 0,6 - 0,9 - 0,8 = 0
En l'absence de commande ferme pour substantifier la demande, la liquidité tend à rester nulle

A l’issue du cycle de production, la croissance de la valeur réelle supérieure à la croissance nominalement anticipée dans le prix nominal de la pomme génère une croissance de la masse monétaire constituée de la position primaire de marché. La demande potentielle s’accroît pour refléter la croissance de l’offre potentielle que la valeur réelle de la pomme livrée représente sur l’offre nominale. L’offre nominale peut logiquement être maintenue dans un nouveau cycle de production de la pomme qui doit pouvoir être reconduit pareil à lui-même grâce à la compétence professionnelle prouvée par Noé et Adam.

Réconciliation compensatoire du crédit à la réalité

Si à l’issu du cycle de production de la pomme, le prix réel est inférieur au prix nominal, les acheteurs primaires perdent la prime qu’ils doivent reverser aux vendeurs primaires. Et les vendeurs primaires doivent utiliser les ordres d'achat primaire à combler la perte de crédit de Noé et Adam sur Ève. Si cette perte de crédit est de 0,3 et si Ève se fait intégralement dédommagée, Abraham devient débiteur net de Noé qui se trouve lui-même débiteur de la collectivité à hauteur du travail intégralement réglé à Adam selon la prime de travail vendue par Adam. Voici un bilan de compensation :

Abraham Noé Adam Ève
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
0 Pomme
virtuelle
  0 Pomme
investie
    Pomme productible

0,7
Pomme consommable 1
0,9 Travail
virtuel
0,7 0,7 Travail 0,3 0,3
Travail     Demande d'élaboration
0,9
0,4 Prix 0,3 0,3 Prix 0 0,2 Prix 0 0 Prix 0,6
0,2 Prime 0 0,1 Prime     Prime 0,1   Prime 0,2
Capital social collectif 0,5 Capital productif réel 0,8 Capital financier collectif
0,4 2 Demande liquide  
Compensation logique individuelle et collective La situation représentée fait abstraction des besoins de consommation de tous les acteurs, de l'offre de production d'Ève et des compensations qui s'opèrent entre offres et demandes réelles sur des produits diversifiés
Abraham Noé Adam Ève
Forme Forme Forme Forme
Pomme
virtuelle
Pomme
investie
Pomme productible Pomme consommable
à terme
Ève est livrée d'un objet de prix réel inférieur au prix nominal
Travail
virtuel
Travail Travail Demande d'élaboration
Les prix et primes enregistrés font crédit d'une réalité anticipée par l'option de la société à continuer de travailler selon les savoir faire individuels exprimés dans le passé transformables en futur 
Prix Prix Prix Prix Ève se retrouve débitrice de la collectivité à hauteur du prix de la pomme net de la prime versée en dédommagement et de la prime achetée par Ève sur la stabilité vérifiée du crédit systémique
Prime Prime Prime Prime Chacun a passé des ordres d'achat vente de prime selon sa position de commande, de travail, de crédit ou de capital à l'issu du cycle de production ; les ordres primaires marquent la confiance investie dans la productivité à terme de la société politique
Capital social collectif Capital productif réel   Demande générale liquide Liquidité monétaire : 2 - 0,5 - 0,8 - 0,4 = 0,3
La liquidité importante traduit la confiance dans le futur issue de la résilience systémique en dépit des pertes enregistrées

Pour que le consentement des acteurs créditeurs de la société ne soit pas forcé à conserver une créance après une perte de crédit substantielle, et comme David, Abraham, Noé, Adam et Ève forment une société démocratique, ils conviennent d’une loi de garantie légale du crédit subordonnant l’option du prix de la pomme à l’option politique du crédit de la pomme. Pour que Abraham, Noé, Adam et Ève puissent participer à la négociation de la prime de la pomme, il faut qu’ils vendent leur prime de crédit générique sur le marché surveillé par David institué débiteur de l'intérêt général à la réalité garantie du crédit systémique. Chaque offreur ou demandeur de la prime du prix nominal de la pomme propose un prix nominal de son crédit à acheter la prime de liquidité systémique.

Economie politique de la liquidité vérifiable du réel

Le prix nominal du crédit à garantir le prix de la pomme constitue une évaluation de la capacité de Abraham, Noé, Adam et Ève à anticiper la valeur réelle de la pomme, son prix nominal en risque monétaire et son coût de production en prix du travail de Noé et Adam. La prime de crédit de chacun des acteurs de marché est évaluée selon son rôle et ses compétences. Chaque acteur ne peut être que vendeur de sa prime de crédit pour le crédit nominal qu’il souhaite avoir sur l’achat de la prime du prix de la pomme.

Tout acheteur primaire du crédit d’un autre devient garant des engagements de crédit du vendeur de la prime de crédit. Cela signifie qu’un vendeur de prime de crédit est garanti sur tous les réglements qu’il doit effectuer en tant qu’acheteur primaire du prix nominal de la pomme. Par ce dispositif, Ève acheteur final de la pomme, n’a plus aucun doute sur la livraison de la pomme, sur son prix réel et sur la valeur réelle de la monnaie étalonnée par la pomme. Voici à partir du précédent bilan, le bilan de compensation après mise en oeuvre du calcul de la prime de liquidité systémique sous le nom de David :

Abraham Noé Adam Ève David
Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin. Mat. Forme Fin.
  Pomme virtuelle
  Pomme
investie

  Pomme productible   0,7 Pomme consommable 1 0,2 Existence effective du marché
0,2
0,9 Travail virtuel 0,7 0,7 Travail 0,3 0,3 Travail
  Demande d'élaboration
0,9 0,2 Élaboration collective de la Loi
0,2
0,4 Prix 0,3 0,3 Prix   0,2 Prix
  Prix 0,6 0,2 Compensation crédit 0,2
0,2 Prime   0,1 Prime
  Prime 0,1   Prime 0,2 0,2 Fiscalité 0,2
Capital social collectif 0,5 Capital productif réel 0,8 Capital financier collectif
0,4 2 Demande liquide   0,3 Liquidité monétaire consolidée  
Tout capital est public et décomposable en primes désignant nommément les personnes responsables du prix à terme de la réalité engagée au service d'un acheteur final. Le capital effectivement apprécié par le marché régi par la loi politique est nécessairement subordonné au droit universel des personnes
Capital politique de crédit public 0,3

Financer le prix politique de l'échange humanisé

Si les doutes matériels ou formels de la société politique sont levés à l'intérieur de la compensation sur la valeur réelle du crédit par l'appréciation du capital politique de crédit public, alors tous les citoyens peuvent négocier en sûreté d'eux-mêmes par les autres les prix de leurs offres et demandes. La certitude du droit par la loi, les prix, le crédit et la valeur de la monnaie en objets intégralement négociables en 4 dimensions est l’option généralisée de tous les facteurs politiques de la valeur personnelle. La loi génère la valeur par la responsabilité de marché. La négociation de tous les prix est la liberté de tout sujet ; le crédit personnel est impérativement garanti par toute la société présentée dans le marché par l'autorité politique collective incarnée par David.

La fiscalité est la prime de crédit public réglée en monnaie sur tous les objets de valeur politique instaurés dans le marché. Tout travail est vente de prime fiscale afin de garantir par le budget commun la transformation du crédit en réalité bénéfique à toute la société. En reversant aux personnes une fraction des primes fiscales achetées par David au nom du bien commun, la société politique assure l'intégrité des ordres primaires de commande, de travail et d'investissement de tous les objets échangés dans la compensation.

La définition de la monnaie par le crédit de la pomme est reproductible sur n’importe quel objet qu’un citoyen puisse offrir et produire au bénéfice d'un autre citoyen acheteur final. La valeur de la monnaie est un effet du crédit qui résulte des options de la réalité objective nommées entre les citoyens en discussion sur le marché. La réalité objective est nécessairement une matière livrable formée par la finalité définie dès l’origine du prix nominal entre l’acheteur, le vendeur, l'acheteur primaire, l'acheteur du crédit et l'acheteur politique du risque systémique.

Conditions logiques de la stabilité financière

La réalité de l’objet nommé est systématiquement couverte par la vente du prix qui produit une prime. La croissance de la masse monétaire est strictement proportionnelle à la garantie primaire des prêts et emprunts de la valeur réellement en cours de production sous le prix nominal au présent dans n’importe quel horizon futur. Comme la réalité bénéfique du futur est virtuelle donc exclusivement subjective, comme les rôles sont interchangeables dans la démocratie et comme la matérialité n'est véritablement prouvée qu'à l'instant de l'échange final entre l'objet livré et le règlement monétaire, il est impossible de différencier le réel du virtuel hors de l'autorité subjective de l'État présente dans le marché.

Comme la parole de l'État est la parole de tout citoyen, et comme l'autorité de l'État est exclusivement générale sur tout intérêt particulier, il est nécessaire de séparer dans les personnes incarnant l'autorité, l'intérêt général de l'intérêt privé particulier. La séparation des intérêts entre le réel et le crédit est la mission d'Abraham acheteur en dernier ressort du crédit par le réel. Les ordres de vente ou d'achat de David ne peuvent donc porter que sur les primes de crédit des citoyens y compris d'Abraham. La prime de crédit de David est exclusivement achetée par les citoyens hormis David ; elle est comprise dans les versements de prime fiscale à l'intérieur desquelles David effectue tous ses propres règlements. David est à l'inverse d'Abraham acheteur en dernier ressort du réel par le crédit.

Le Taux de prime fiscale applicable aux règlements du marché est voté par tous les citoyens sauf David. Le marché régi par la loi politique assure la publicité de tous les règlements afin de les intégrer dans le calcul législatif de la prime fiscale de stabilité systémique. Le marché est voulu par la société politique afin de poser les limites de stabilité de la monnaie dédiée à la matérialisation des prix selon la loi commune vérifiable. La vérité légale du réel est achetée en dernier ressort par David pour garantir le crédit d'Abraham ; la vérité réelle de la Loi est achetée en dernier ressort par Abraham dans la prime de crédit de David. La réalité légale de la vérité nommée par la démocratie est achetée par Ève, Adam, Noé et Abraham dans les primes fiscales votées par les acteurs de la réalité sous-jacente au crédit.

Responsabilité sémantique

Réalité subjective nominale Ève Adam Noé Abraham David Activité du sujet
Action subjective Consommation Production Investissement Crédit Gouvernement Agir
Activité financière objective Achat Vente Achat primaire Vente primaire Jugement politique Penser
Matérialité financière Réelle juridique Réelle économique
Réelle politique politique matérielle politique formelle Vouloir
Finalité Vivre Connaître Comprendre Confier Dire Aimer
Par Pierre Sarton du Jonchay - Publié dans : Théorie
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 17:39

De l'empire de la valeur aux conditions monétaires de la démocratie

Dans l'introduction de son ouvrage l'Empire de la valeur, André Orléan questionne le paradigme de la science économique : la rationalité des acteurs du prix et le cadre du marché effectuant cette rationalité est-elle l'efficience des théories économiques ? L'actuelle crise de rationalité de l'économie marque la déconfiture de l'hypothèse de la valeur qui soutend, depuis l'origine de l'étude réputée scientifique de l'économie, la rationalité du prix et du calcul du prix. Que la valeur cause du prix soit expliquée par le travail ou par un rapport d'échange établi par le marché, la rationalité par la valeur est mise en défaut dans l'actuelle crise du système économique. La théorie économique de la détermination des prix par le coût du travail ou par la valeur fondamentale des biens échangés se révèle impuissante à expliquer les fortes variations de prix et la baisse de valeur des échanges.

Ni le prix du travail, que la globalisation a rendu concurrentiel et ajustable, ni la valeur fondamentale des actifs, biens et services échangés, variables sur la longue durée mais pas dans l'instantanéité des marchés, ne peuvent être invoqués comme cause de la variabilité des prix financiers et de l'instabilité financière. André Orléan pose donc que le cadre de négociation des prix et les objets définis des prix ne sont pas les seules causes du prix. La négociation-même du prix entre les acteurs de la négociation indépendamment du cadre et de l'objet doit être analysée pour exhumer une rationalité des variations constatées.

Le postulat de la valeur dont la qualité et les variations ne sont pas mesurables en relation avec les variations de prix entre les acteurs économiques est objectivement inefficace. André Orléan propose par conséquent d'inspecter la substance du prix au-delà du travail et de l'utilité des biens : il voit la monnaie. La monnaie n'est pas seulement la rémunération du travail dans la valeur ou la mesure de l'utilité sous-jacente à la valeur échangée. La monnaie est recherchée pour elle-même davantage que comme contrepartie du travail ou de l'utilité. Cette affirmation induit une vision totalement renouvelée de l'économie qui ne peut plus être réelle sans être financière. Mais la finance est-elle alors toute la finalité ou toute l'origine de l'économie ?

La monnaie est bien une substance marchande sui generis a soi seule capable d'expliquer la variation des prix indépendamment de l'utilité et de la valeur "fondamentale". Orléan affirme que « les interactions marchandes peuvent produire d’elles-mêmes leurs propres médiations, sans qu’il soit nécessaire de mobiliser un principe qui leur soit extérieur ». Je souscris à cette thèse et propose sur le Blog de Paul Jorion l'analyse axiomatique de la médiation marchande qui conduit à une théorie de la monnaie "méta-stable".

Si la monnaie suffit à faire varier le prix indépendamment du travail nécessaire à l'objet du prix et indépendamment du besoin de l'objet produit et négocié, alors la théorie du prix par la monnaie a une valeur explicative complète si la monnaie rationalise également la relation entre le travail et le besoin-utilité ainsi que la relation entre le travail et le prix et la relation entre l'utilité et le prix. La monnaie est facteur de stabilité de l'économie des prix si la monnaie est méta-stabilité de la science économique. Si la méta-stabilité monétaire de l'économie est vérifiée, alors la monnaie est l'explication des prix, de la variation des prix par le travail et par l'utilité marchande mais aussi de la variabilité de l'équilibre économique des prix par la rationalité monétaire.

J'appuie la méta-stabilité monétaire du marché sur la théorème aristotélicien de la démocratie qui fournit une relation d'équilibre virtuellement stable de coopération des individus dans la collectivité par une délibération de la loi. La virtualité de la loi démocratique est de former les prix de la matière dans des finalités possibles négociables. La loi de la démocratie est une rationalité active que la monnaie enforce dans les limites de la matérialité physique.

La démocratie aristotélicienne fournit une armature au marché par laquelle toute transaction est une option libre entre un acheteur, un vendeur, un garant et un État de légalité ; les matières de l'option sont les choix subjectifs, la loi commune, le prix et le crédit entre les sujets du prix. Le principe "limite" de la démocratie introduit en économie l'extériorité du sujet dans l'objet prix que matérialise la monnaie. La monnaie se pose alors comme l'objectivité politique de l'économie qui n'a donc rien d'une science physique mais constitue la texture mathématique des sciences morales.

La monnaie définie par le marché ET par la démocratie me conduit à la proposition d'une systémique monétaire synthétisant l'économie marginaliste classique, l'économie dirigée keynésienne et l'économie physiocratique du travail et de la production réelle. Cette systémique produit par elle-même la définition de la monnaie comme prime de toutes les options négociables à l'intérieur d'un marché dédié à la satisfaction en acte de tous ses acteurs subjectifs.

Si la monnaie méta-stable est un moteur de rationalité économique et non l'élément manquant de la téléologie économique, alors il est possible que le paradigme alternatif de la science économique étudié par Orléan dans l'empire de la valeur existe bien. Si la critique scientifique ne parvient pas à invalider la logique de méta-stabilité monétaire de la démocratie, il faudra que la dictature des marchés consente à son expérimentation opérationnelle. Le seul risque que la démocratie monétaire comporte est la remise en cause des privilèges d'opacité financière dont le coût est devenu tellement exorbitant qu'il détruit la matière des privilèges avec l'ensemble de l'activité économique.

« Le désir de monnaie, et non la quête de biens utiles, est la force qui donne vie à toute la mécanique marchande ; il en constitue l’énergie originelle. Il découle de cette analyse un cadre d’intelligibilité qui pense l’activité marchande dans sa radicale autonomie, sans l’assujettir dès l’origine à l’utilité ou à toute autre finalité. L’échange suit une logique sui generis.. ». En introduisant par la monnaie le désir en économie, Orléan nous offre un cadre de théorisation tout à fait novateur des phénomènes économiques déformés par la cupidité, c'est à dire par le désir sans finalité. L'empire de la valeur est-il une recherche de la démocratie monétaire ?

Par Pierre Sarton du Jonchay - Publié dans : Débat
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 11:24

La municipalité de Nantes a annoncé en décembre dernier un projet de monnaie locale. Cette étude développe l'analyse et les perspectives du projet à partir des informations publiées.

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Le projet de monnaie locale lancé par la ville de Nantes est potentiellement une expérience d'économie de la contribution telle que théorisée par Ars Industrialis . Ce projet d'économie locale ouverte repose sur une chambre de compensation visant à mettre en équivalence toute offre et toute demande de biens, services et valeurs collectives immatérielles. Le nouveau signe monétaire sera explicitement fondé sur le crédit issu des transactions locales où les intérêts subjectifs communs ont les objets les plus manifestes ; où l'implication de la puissance publique dans la dynamique des échanges est explicite ; où les initiatives locales sont valorisables par des collaborations visibles à l'intérieur de communautés objectivement responsables.

Restaurer la liberté du sujet sur l'objet  ↑

La subjectivité des transactions monétisées a pour origine le crédit que le vendeur doit faire à l'acheteur et à l'ensemble de la collectivité pour accepter le paiement du prix en monnaie plutôt qu'en nature. Le paiement en monnaie est un acte de confiance inter-subjective par lequel les personnes acceptent d'échanger sans se connaître personnellement et en admettant un délai entre la cession de l'objet vendu et l'acquisition ultérieure de l'objet acheté. La monnaie matérialise la loi d'inter-subjectivité d'une collectivité partageant le même contexte d'appréciation des objets échangés. La même loi attribue au même objet le même prix reconnu par la même monnaie dans une même société politique partageant une même temporalité.

Dans l'économie des contributions subjectives, la monnaie est l'objectivité des prix. La société forme l'objectivité des richesses dans l'adhésion subjective à une loi commune. L'objectivité des prix fait la liquidité des échanges par la réduction des coûts de transaction. Quand la loi appliquée par une autorité politique commune garantit une solidarité des intérêts dans une définition visiblement partagée des biens et des services, la négociation des prix ainsi que la production et la livraison des objets vendus est accélérée. Le temps prend de la valeur par la fiabilité des objets nommés sous les prix. Le risque du prix, de l'investissement à la livraison finale, est réduit objectivement par le sujet. Par la loi commune applicable dans la même monnaie sous une autorité politique commune, les acteurs économiques mettent les mêmes limites à la confiance qu'ils se font les uns aux autres.

Le principe adopté par Nantes de la compensation financière a potentiellement quatre conséquences fondamentales : (1) transparence comptable des engagements, (2) garantie de l'équilibre du crédit par la collectivité publique, (3) promotion collective de la responsabilité personnelle et (4) mobilisation des ressources au-delà de l'offre et de la demande déjà exprimées en euro. Précisons que le système de la monnaie européenne repose sur une compensation unique du crédit entre plusieurs nationalités, plusieurs États, plusieurs régimes juridiques et plusieurs degrés de collectivité politique. Il en résulte que les finalités de la politique financière et monétaire européenne sont parfaitement abstraites pour la majorité des divers intérêts matérialisés dans les lois nationales représentées.

Localiser la réalité financée par la politique du marché  ↑

Le citoyen-entrepreneur-producteur-consommateur ne peut pas interpréter sa demande en euro par une offre formulée dans sa langue et son droit. Le concept de monnaie locale reprend donc les règles de la monnaie unique dans un équilibre politique de l'économie déterminé par la localité des besoins particuliers de chaque personne. La règle reste unique dans une pluralité de lois et d'autorités mais dans la singularisation des offres et des demandes. Chaque degré d'autorité politique acquiert par une unité monétaire de compte propre la responsabilité d’interpréter la loi commune dans ses figures nationales et locales. La réalité économique locale devient effectivement lisible par des collectivités formées dans les lois différentes d'un droit commun unifié.

La liquidité monétaire locale sera assurée par l'agent financier public de la municipalité nantaise : le Crédit Municipal de Nantes. La compensation monétaire pourra offrir tous les services financiers disponibles en euro : règlement, épargne, crédit, investissement, assurance et change mais sous une régulation de la concurrence contrôlable par la responsabilité politique locale. Le contrôle public de la nouvelle monnaie implique qu'elle soit entièrement numérique ; son émission et son utilisation peut être complètement assurée par un capital financier de régulation inscrit dans les budgets publics. La monnaie locale nantaise peut devenir une expérience pilote de restauration de la responsabilité politique sur les finalités de l'économie financière et monétaire.

Les principes de l'économie de la contribution s'interprètent intégralement en règles financières de compensation. La contribution réintègre dans la pratique économique la double responsabilité d'offre et de demande de toute transaction de prix. Les biens et services acquis et consommés sont nécessairement évalués au prix de toutes les causes humaines de leur production. La pratique financière de la compensation peut réaliser l'intégration de toute l'offre par la demande de toutes les causes de production, de négociation et d'effectuation d'un bien. A la condition du marché organisé à cette fin, l'identification et la décomposition de toutes les contributions nécessaires à l'existence réelle d'un service est totalement prise en charge dans les techniques numériques existantes de représentation, de modélisation et d'appréciation de la réalité observable.

Génération des prix justes et réels par la compensation  ↑

L'économie numérique mondialisée permet un système de compensation générale des règlements de crédit sur quatre niveaux : international, national, local et entrepreneurial. La toile mondiale est un espace d'intégration de tous les calculs humains . Si la société politique restaure par la compensation financière son contrôle moral de réalité efficiente du bien commun, alors elle établit toute monnaie comme outil d'interprétation de la loi universelle et négociable en production du vivre ensemble concret et local. Le projet nantais constituera la première expérimentation de l'un des deux étages actuellement manquant du processus d'interprétation de la loi universelle en réalités humaines singulières.

L'étage international de la monnaie sera créé par transformation de l'euro en étalon de crédit européen ou bien par mutation du droit de tirage spécial (DTS) en monnaie émise par le FMI ; lequel sera transformé en banque centrale mondiale . Les monnaies nationales seront rétablies là où les souverainetés nationales demeurent. Entre un état juridique international et national de régulation de l'activité économique et les personnes physiques et morales transformant les actifs financiers en biens et services, les collectivités politiques intermédiaires sont indispensables ; leur rôle est de réguler par l’État de droit les espaces locaux de transaction économique entre les travailleurs, les entrepreneurs et les actionnaires du capital.

Pour devenir une monnaie locale stable et complète, la monnaie nantaise devra être compensée dans les quatre dimensions juridique, transactionnelle, créditrice et assurantielle. La croissance des échanges et la stabilité des prix et du crédit en monnaie locale implique une fiscalisation spécifique des transactions afin de garantir le droit des personnes et des biens. Cette fiscalité prélevée sur les positions créditrices et sur les flux compensés alimentera un fonds de garantie du système. Le fonds collectif est adossé au financement systémique des services publics de justice, de police, de formation et de protection de l'intérêt des personnes indépendamment de leur activité économique.

La monnaie publiquement convertible en droit  ↑

Sur le plan financier, la matérialisation du droit, du crédit, du capital et de l'assurance contenu dans toute transaction économique détermine une chambre de compensation monétaire associant séparément les trois fonctions de dépositaire des contrats, de tenue des comptes en crédit et de garantie universelle du prix. La livraison, le droit et la valeur à terme des biens et services sont réglés par la compensation. Le contrat d'adhésion des déposants à la liquidité locale est couvert en dernier ressort par la réserve financière collective de légalité des transactions. Le dépôt des contrats permet aux travailleurs indépendants, aux petites entreprises et aux consommateurs de bénéficier d'une assurance professionnelle. Tout objet localement négociable est déposé sous la garantie d'une prime de conformité réglée par la compensation en monnaie locale.

La nouvelle monnaie connaîtra un développement rapide et fructueux pour l'économie régionale nantaise si elle apparaît au moins aussi stable que l'euro tout en étant plus liquide. La liquidité implique une convertibilité assurée en euro . Si la parité nominale est fixée invariable à raison de 1 pour 1, alors il faut que le marché des changes interne à la compensation locale permette le règlement de primes de change suffisantes pour garantir toute conversion de dépôt local en euro. La prime de change est versée en monnaie locale aux banques en euro rachetant des positions créditrices locales.

La prime de change en euro de la monnaie locale est réglée aux banques par les déposants engagés à l'extérieur à un certain terme sur un prix fixé en euro. Au mécanisme déjà en vigueur de la convertibilité des monnaies, la monnaie locale doit ajouter une réserve publique de change. Le déposant conservant son pouvoir d'achat local s'acquitte d'une prime de change systémique sur l'encours conservé liquide. La liquidité d'un avoir est le fait juridique qu'il ne soit pas contractuellement prêté pour une durée définie, ni investi dans des risques de production, ni dépensé dans la consommation de biens et services. La monnaie locale restaure la cohérence de la définition juridique de la liquidité avec la réalité économique. Un avoir est économiquement liquide s'il peut être échangé contre toute chose y compris du temps sans perte de prix non mesurable en droit.

Réconciliation du prix de nomination du Droit à la réalité des droits  ↑

Les primes de change systémique prélevées sur les soldes liquides constituent une fiscalité financière allouée à la prospérité économique commune locale. Elles constituent un capital public au nom de l'autorité collective locale ; le crédit municipal en serait le gérant sous le contrôle de la commission des finances du budget municipal. Le prix de la liquidité est en compensation locale un taux d'intérêt de tout prix décomposable en trois éléments mesurés séparément : (1) la contribution de la partie créancière à la réserve de change systémique, (2) la contribution de la partie débitrice à la garantie de son crédit et (3) la contribution de la partie productrice à l'assurance des prix engagés.

Le prix local de la liquidité nécessaire à la justice et à la justesse des transactions est déterminé par l'équilibre public entre la garantie du change et la garantie du crédit. Les technologies financières de convertibilité des monnaies sont robustes et fiables à condition d'une séparation transparente des intérêts financiers en euro et en monnaie locale. La séparation des intérêts doit être assurée par la chambre de compensation locale ; laquelle est garantie en dernier ressort par le capital public de change qui couvre l'application des règles de l'intérêt général par la compensation.

Si le projet de Nantes est mis en œuvre, le nouvel instrument de transaction locale constituera une avancée pratique majeure dans la résolution de la crise systémique internationale. L'absence de règle d'ajustement du crédit à l'économie réelle dans l'espace international a abouti au rachat massif des pertes bancaires par les budgets publics. Les dettes publiques ne sont plus maîtrisables adossées à une production publique et privée insuffisante pour fournir une contrepartie réelle aux créances déposées dans le système financier. Les États et les collectivités publiques sont obligés de se saborder pour prolonger la fiction d'un crédit financier nominal sans réalité économique. La réduction des droits sociaux qui en découle détruit les capacités effectives d'emploi du travail en remboursement de la masse des crédits.

Économie publique du développement privé  ↑

Le projet nantais se présente comme une expérience de déprolétarisation par la monnaie ré-indexée sur les droits du travail. La monnaie est restaurée en instrument d'économie du travail : calcul et négociation du milieu de vie, mesure de la rentabilité des investissements selon la demande collective, financement des contributions individuelles dans l'économie générale des ressources. La territorialisation des monnaies dans un système international organisé est la voie logique de ré-indexation des prix internationaux sur la localité des ressources et des droits humains.

La territorialisation de la monnaie délimite la responsabilité financière de l'autorité publique ; laquelle ne peut pas se dispenser d'assurer les droits des personnes sous peine d'agréer l'actuel effondrement économique. Les monnaies locales sont l'outil d'intégration dans toutes les transactions du prix réel de production des services publics nécessaires à l'équilibre local de l'offre et de la demande. L'existence de la monnaie locale autorise un ajustement de la rémunération du travail en fonction de l'offre et de la demande effectives de biens et services véritablement garanties par le service public local du droit humain.

En assurant l'équilibre local de toute offre à toute demande, la compensation en monnaie locale garantit par les prix en droit, en crédit, en prime de crédit et en prime d'assurance collective mutuelle, la rémunération de toute demande juridiquement solvable par une offre liquide de travail. La demande formulée dans les budgets publics est intégralement financée dans la compensation par l'offre de services, par le capital investi en monnaie locale en garantie de l'offre nominale et par les primes fiscales réglées à l'exécution des droits par la compensation. La chambre de compensation consolide les comptes publics avec les comptes privés : les crédits budgétaires publics d'assurance des droits personnels se compensent avec le taux de fiscalité sur les transactions et les soldes courants créditeurs ; les dépenses publiques se compensent avec la distribution des rémunérations privées ; les investissements publics se compensent avec le fonds public de garantie systémique ; la livraison des prestations publiques se compense avec les règlements fiscaux sur les règlements en monnaie locale.

Réalisation publique du capital privé de citoyenneté  ↑

Tous les échanges de droits de propriété sont conformés dans la compensation au budget public des droits collectifs du bien commun. Le fonds de garantie de la liquidité en monnaie locale est inscrit comme capital au budget de la collectivité publique ; de même en est-il des fonds propres du Crédit Municipal qui sera donc la banque centrale du système de compensation locale. Tous les paiements seront effectués par crédit du vendeur et débit de l'acheteur. Il appartient pour le moment au Crédit Municipal de Nantes de fixer les autorisations de découvert des acheteurs au-delà desquelles les ordres de dépenses ne sont plus inscrits et réglés dans la compensation car excessivement risqués pour la liquidité du crédit de la collectivité.

La solvabilité des débiteurs peut être garantie par la compensation si l'obligation est faite aux établissements de crédit dédiés à cette fonction d'acheter la prime de crédit de toute personne habilitée à dépenser en monnaie locale. Selon cette règle, toute autorisation de crédit réglée par la prime sur le solde de compensation débiteur peut être garantie par le dépôt de droits de propriété. La titrisation de n'importe quelle propriété actuelle et future dans le système public de compensation permet l'émission de liquidité monétaire par l'achat de primes de capital sur la vente à terme conditionnelle des biens et actifs déposés. Le cadastre tenu par le puissance publique est intégré à la compensation financière publique et généralisé à toute propriété admissible en sûreté du crédit.

La monétisation de la propriété sous le capital public de compensation locale des prix restaure la liquidité sur la réalité des biens, sur la responsabilité personnelle engagée de toute propriété et sur la conformité publique au droit des prix attribués aux choses. Le prix compensé du capital investi dans la sûreté du crédit intègre la valeur du temps, du travail du débiteur et de la justice garantie par les acheteurs primaires privés et publics du capital. La fonction historique de crédit sur gage des crédits municipaux est généralisée par la compensation en monnaie locale. Les créanciers nets du système monétaire mesurent par le prix compensé du capital déposé en garantie le risque qu'ils encourent réellement sur la liquidité nominale qu'ils désirent conserver.

Financement de l'économie réelle de la personne  ↑

Le mécanisme par lequel les créanciers nets peuvent convertir leurs avoirs en euro est clairement défini et garanti par la collectivité politique locale. Les processus financiers de couverture du risque de crédit et du risque de change sont contrôlés par la puissance publique. C'est l'enjeu clé du projet nantais que d'instaurer un processus transparent de liquidité intérieure et extérieure de la nouvelle monnaie. Les fonds propres du Crédit Municipal devront pouvoir croître pour garantir toutes les transactions dans leur dimension de change, de crédit et d'assurance. Le plein emploi de l'offre de travail et l'assurance publique de la régularité des transactions est la garantie systémique de la liquidité. La compensation des primes de crédit par les primes de change et les primes de capital proportionne la masse monétaire en circulation à la matérialité vérifiable de la confiance.

Le projet nantais est innovant en posant le principe d'une assurance systémique de la nouvelle monnaie par la collectivité publique officielle. Les pouvoirs de police, de justice, d'assurance et de solidarité de la collectivité sont intégralement mobilisés pour protéger les utilisateurs de la nouvelle monnaie, pour favoriser leur liquidité, pour surveiller leur crédit et pour produire un contexte d'offre maximale de biens et services. Le système de compensation calcule le prix réel des services publics sous la forme des primes fiscales d'assurance réglées sur le prix des transactions. L'identification est transparente des risques pris par les acheteurs et les vendeurs sur leurs compétences professionnelles, sur la qualité de leurs produits livrables et sur les diligences de tous les garants à solvabiliser les transactions.

La nouvelle monnaie de transaction, de crédit, d'investissement et d'assurance restaure la raison économique de la fiscalité : financer la puissance publique responsable de l'effectivité du bien commun. Cette réhabilitation de la dimension juridique publique de la monnaie entraîne la déprolétarisation du travail par l'intermédiation financière publique dans toute transaction bilatérale privée. Le travailleur-entrepreneur indépendant ou isolé est transformé en personne morale publique vendant des produits du travail dans un marché local où la puissance publique participe directement et explicitement à l'intégrité et au développement de la capacité individuelle de travail. L'acheteur de bien ou de service ne peut plus être un consommateur ignorant du prix du travail d'autrui. Tout acheteur en monnaie est rendu ontologiquement débiteur de la collectivité, laquelle existe au service de la réalisation individuelle des personnes.

Par Pierre Sarton du Jonchay - Publié dans : Monnaie
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 12:05

Cette étude a été présentée et commentée à la Mission d'information commune du Sénat français sur le fonctionnement, la méthodologie et la crédibilité des agences de notation.

Résumé

Cette étude reprend la position épistémologique de Paul Jorion sur les systèmes de notation et de garantie du crédit. Le problème actuellement posé est celui de la rationalité et de la pertinence des dispositifs existant d'appréciation du crédit. L'hypothèse en vigueur dans le système monétaire international adossé au dollar et dans la zone euro est la possibilité d'une mesure scientifique objective du risque de crédit. La présente analyse montre que la crise des subprimes et maintenant des dettes publiques invalide l'hypothèse.

Si le crédit est reposé comme un fait humain de politique, alors l'appréciation du risque de crédit sur les anticipations économiques redevient un problème de loi, de marché et de monnaie. Dans ce cas, il appartient au pouvoir politique de restaurer sa responsabilité du cadre formant le crédit et d'adopter ce cadre dans les processus budgétaires publics et privés de négociation du crédit. Il se trouve que toutes les technologies financières existent de régulation publique et transparente du crédit. Il faut que la zone euro adosse son émission monétaire à un marché public de garantie du crédit surveillé par une autorité politique confédérale financée par une fiscalité financière.


Chute mécanique de la monnaie sans crédit

Nous sommes bien dans un défaut systémique mondial : la masse mondiale des crédits construite sur la liquidité non régulée du dollar monnaie internationale ne peut plus être ré-indexée sur la croissance de l'économie réelle. Le système bancaire international prend ses dernières plus-values nominales sur la zone euro qui est le seul système monétaire à extérioriser le risque de crédit macro-économique dans une monnaie unique plaquée sur des marchés objectivement différents. Les opérateurs financiers en euro peuvent vendre librement à l'intérieur d'une seule politique monétaire des dettes nominales de même prix pour des régulations nationales différentes du crédit.

En l'occurrence, l'Allemagne est attentive au surendettement de ses partenaires qu'elle finance directement par ses excédents commerciaux en monnaie unique. La menace d'une sortie de l'Allemagne de l'euro rend crédible la faillite possible des autres États de la zone. Cette possibilité est achetée en dollar par des primes d'assurance sur les défauts de crédit, les CDS (Credit Default Swap), grâce aux liquidités empruntées à la BCE à un coût très inférieur au prix du risque acheté. La liquidité de la BCE est réemployée dans des placements théoriquement sans risque ; c'est à dire couverts par des CDS contre le risque de défaut des États Européens mais rachetés en dollar par des « swaps de devise » pour tirer bénéfice de l'affaiblissement ou de l'éclatement de la zone euro.

La principale utilisation de la liquidité quasiment gratuite en dollar et en euro est désormais l'accumulation de créances off shore sur des États qui ne peuvent plus ne pas tomber financièrement en faillite à cause de leurs engagements hors-bilan. Les emprunts illimités des banques à la BCE sont garantis par les États qui détiennent le capital de la BCE. Plus les banques spéculent avec les liquidités de la BCE plus elles gagnent sur la couverture de leur risque public qui croît indéfiniment avec l'exposition des États au risque systémique de la BCE.

Spéculer contre les États et la BCE est une obligation systémique à l'intérieur de la zone euro à cause de la réglementation prudentielle. A l'extérieur de la zone euro, la spéculation contre la BCE est une source de plus-value à saisir impérativement dans la compétition bancaire internationale. La zone euro est donc déjà morte dans le système actuel de la spéculation libre entre monnaies. Les eurobonds n'y changeront rien : l'Allemagne en portera l'essentiel du risque ce qui attirera contre elle toute la spéculation au fur et à mesure que les autres pays européens tomberont les uns derrière les autres sous perfusion financière permanente.

Absorbé par l'obsession de rester liquide, le système financier international fait semblant d'ignorer que l'éclatement de la zone euro précipitera tout le système dans l'abime. Les créances off shore accumulées contre l'euro sur des débiteurs de solvabilité très inégale gèleront instantanément toute liquidité des capitaux en dollar. Les paiements internationaux seront interrompus et toute l'économie réelle mondiale s'effondrera dans la disparition totale de la confiance internationale.

Les gouvernements n'ont plus aucune influence sur le système bancaire international tant qu'ils ne reprennent pas le contrôle nominal de la liquidité des banques centrales. Si le système bancaire mondial ne se remet pas de lui-même sous le contrôle juridique des États, l'opération se fera dans la violence : soit par des coups d’État, soit par des émeutes, soit par des guerres. La deuxième guerre mondiale a soldé par l'empire mondial des États-Unis la crise des dettes publiques héritées de la première guerre mondiale.

Les faux semblant de la régulation financière européenne

La liberté de circulation des capitaux est un principe de mystification financière : un alibi d'irresponsabilité dans l'espace international pour prélever en toute impunité des plus-values fictives sur l'économie réelle à l'intérieur des souverainetés. La zone euro a tout les moyens de mettre fin à la prédation financière par un marché interne de capitaux qui soit dissocié des intérêts de crédit, d'investissement, d'assurance et de change. Seule organisation politique multi-étatique et multinationale au monde, l'Union Européenne dispose d'un pouvoir politique capable de transcender les intérêts particuliers dans un équilibre général multinational du crédit public et privé.

La notation du crédit par les agences de notation est une commodité adoptée par les autorités publiques de régulation pour soustraire le crédit en euro au contrôle national de la loi. Le pouvoir public se défausse de sa responsabilité de dire la loi dans le domaine du crédit où il a des intérêts particuliers d'investisseur, d'emprunteur et d'assureur. Or les intérêts financiers particuliers de la puissance publique son l'attribut du pouvoir exécutif. La limitation du crédit par les agences de notation dispense le pouvoir exécutif de se soumettre à un contrôle précis du pouvoir législatif ; lequel n'a plus dès lors à définir les règles d'équité entre le contribuable, l'épargnant, l'ordonnateur et l'exécutant de la dépense publique.

Enfin l'absence de critères légaux de limitation de l'endettement des organes d’État évite de soumettre l'exécution des budgets à l'appréciation d'un pouvoir judiciaire indépendant de l'exécutif et du législatif. La justice est abstraite de la réalisation économique des obligations publiques. Le prix des obligations d'investissement, de crédit et d'assurance de la puissance publique échappe au juge faute de cadre d'équilibre objectif entre l'obligation et les moyens économiques de faire. Le législateur est dispensé de garantir la faisabilité économique des droits qu'il définit. Le citoyen est invité à compter des droits promis par la puissance publique sans pouvoir saisir le juge en cas de défaut de crédit alloué à une obligation publique mal évaluée par le pouvoir exécutif.

La notation privée du crédit dispense la puissance publique de l'obligation de cohérence économique du rôle qu'elle se donne. La formation du marché et des conditions légales et juridiques de l'équilibre des prix sont abandonnées à des intérêts privés supranationaux. Les prix et le crédit ne sont plus garantis par la séparation des pouvoirs entre la discussion de la loi, l'exécution économique de la loi et le jugement indépendant de justice sur la conformité des biens et services rendus par l'exécution de la loi.

Vérifier la liquidité nominale du crédit par la réalité tangible

Le marché confronte des intérêts privés sans arbitrage véritable de l'intérêt commun à la stabilité du crédit. Les réglementations européennes ont placé les agences de notation au-dessus des marchés pour définir des critères de solvabilité et de liquidité appartenant à la loi commune du crédit. Les émetteurs de dette, dont les États eux-mêmes, se retrouvent asservis à des intérêts privés qui contredisent le principe politique de l'égalité universelle des droits.

La logique même de la négociation de marché libre et responsable est détruite par la rémunération arbitraire non concurrentielle des notateurs ; laquelle est déconnectée d'une prestation réelle objective vérifiable. L'information réputée produite par les agences de notation n'a pas de valeur économique puisque dépourvue de conséquence économique liée à la qualité objective du service rendu par les notateurs. La notation unilatérale est assimilée à un fait objectif plus fort que l'équilibre des primes de crédit achetées et vendues par les investisseurs concrètement engagés dans des contrats. Le jugement individuel passif de l'émetteur de titre noté porte plus de valeur que le jugement collectif actif exprimé sur le marché par les acheteurs et vendeurs de titre.

Le simple principe de réalité contredit le rôle attribué aux agences de notation par la législation financière européenne. La hiérarchie des notations accordées n'a pas empêché le défaut de débiteurs bien notés rendus réglementairement comparables à des débiteurs moins bien notés qui n'ont jamais fait défaut. Les notes n'ont de fait aucune valeur prédictive normative. Elles n'apportent rien à la qualification des contrats de crédit inscrits dans un contexte juridique que la notation n'éclaire pas.

Le recours à un tiers privé pour normer le crédit n'a d'explication que politique. Soit le pouvoir politique n'a pas d'opinion sur les conditions légales du crédit, soit il souhaite imposer un point de vue particulier en s'exonérant de la délibération politique selon les procédés de la démocratie. L'histoire des régimes politiques européens illustre amplement la tentation permanente des pouvoirs exécutifs de s'exonérer d'un discours de transparence et de responsabilité effective du bien commun.

Dans la construction d'un marché commun européen, la fonction normative attribuée aux agences de notation pallie l'absence de consensus entre les cultures européennes sur les critères de la solvabilité et de la liquidité du crédit. A l'échelle mondiale, la même absence de consensus conduit à ajouter à la cotation des crédits en dollar, une notation réputée transcender les différences culturelles entre tous les utilisateurs internationaux du crédit en dollar, euro ou livre sterling.

Étalonnage nécessairement public de la monnaie en crédit

De fait, les agences de notation pallient l'absence d'étalon réel de crédit international dans le système financier mondial. Les monnaies de réserve internationale ne sont pas suffisantes de par leur pluralité à assoir les comparaisons de crédit entre débiteurs de différents systèmes juridiques. L'adoption universelle de trois agences de notation internationalement reconnues simule un consensus mondial sur la norme du crédit. Le défaut est systémique à simuler une objectivité du crédit qui n'existe pas réellement en rationalité financière universellement reconnaissable. La preuve en est apportée par le chaos désormais évident de l'évaluation du crédit des débiteurs systémiques : États, banques et assurances.

Pour restaurer une économie du crédit qui soit facteur de confiance, il n'y a pas d'autre voie logique que mettre en commun à l'échelle du monde tous les critères abstraits du crédit afin de les tester dans la transparence d'un marché générique des différentes garanties possibles du crédit. Ce marché existe déjà mais n'est pas transparent ni cohérent avec la finalité de sûreté du crédit : le marché informel et empirique des CDS s'est substitué aux anciens marchés nationaux du cautionnement public et privé.

La zone euro attaquée par la spéculation avec les CDS a trois raisons de construire un marché du cautionnement en CDS normé : (1) refonder le crédit de la responsabilité publique des lois, (2) restaurer le crédit public par des instruments objectifs de couverture du risque et (3) créer un cadre de calcul du prix du risque de crédit non captable par la spéculation.

L'absence de norme internationalement vérifiable de crédit public est le motif de la défiance financière entre Européens. Bien que partageant dans l'euro un même instrument de règlement, les États européens n'ont pas de dispositif concret de cautionnement réciproque de leurs contrats de solvabilité publique à terme ; les contrats implicites actuels peuvent sans conséquence rester inexécutés. L'anomie du crédit international dissimulé sous les agences de notation offre un boulevard à la spéculation sur les primes de CDS dont le sous-jacent est librement falsifiable en l'absence de marché organisé du crédit.

Encadrement public du crédit par le marché de légalité des contrats

Tous les professionnels du crédit connaissent empiriquement la théorie analytique du crédit vrai. Ils commencent par identifier un objet contractuel concrètement engagé entre un prêteur et un emprunteur. Ils évaluent le prix possible probable des engagements complètement exécutés à une échéance donnée. Ils identifient le porteur de la perte potentielle au cas où le crédit ne serait pas remboursé. Et ils donnent un prix au risque de crédit par la perte que la caution effective du prêt est nominalement capable de verser au prêteur en remboursement de toute perte nominale.

La prime de crédit est une probabilité entre le réel et l'estimatif puisqu'il s'agit d'évaluer un possible raisonnable qui ne s'est pas encore produit et ne se produira peut-être pas. Tout acheteur de prime de crédit sait que son risque est limité à la condition de financer l'autorité validant la loi par quoi l'objet du crédit est défini. Les agences de notation privées captent le prix d'une responsabilité générale publique actuellement non exercée. Sans loi déposée et active de contractualisation du crédit, tout objet de crédit est librement falsifiable.

Le prix de l'autorité de la loi est le prix de la liquidité à l'échéance du contrat de crédit garanti. La théorie du crédit permettant le calcul véritable du crédit est donc radicalement simple : une loi juridique, un objet de contrat, un livrable concret à l'échéance, un prix nominal, une prime de crédit, une prime de liquidité, un marché de droit, des prêteurs et des emprunteurs personnellement identifiés et responsables de leurs obligations.

Pour que le prix nominal, la prime de crédit et le prix de la liquidité soient calculables en équilibre de l'offre et de la demande, il faut : (1) des sujets prêteurs et emprunteurs identifiés, (2) des objets déposés vérifiables, (3) un périmètre délimité de contrats de crédit en cours, (4) une contractualisation systématique des cautions et (5) une cotation publique transparente des primes. La prime de crédit est la valeur subjectivement actualisée du prix nominal que les acheteurs et vendeurs primaires s'accordent à garantir à l'échéance du nominal.

La loi, l'autorité et le marché de négociation du crédit ne sont pas identifiables sans l'unité de compte monétaire. La monnaie est le seul moyen de qualifier le système marchand d'application de la loi par l'autorité publique qui fonde la légalité des prix. Un marché de CDS se définit par sa monnaie qui ne peut être la même que celle d'un autre marché de CDS appliquant d'autres lois. Un périmètre de négociation des primes de cautionnement est donc un marché monétaire cotant la liquidité de tout contrat de crédit dans une même monnaie non fongible avec d'autres.

La monnaie posée comme prime systémique de la liquidité du crédit

L'infongibilité des monnaies nécessaire à la mesure et à la couverture du crédit impose la cotation des monnaies comme unités de crédit de marchés différentiés par les lois politiques différentes qu'ils appliquent. Le CDS d'une monnaie étrangère sur un marché se définit pour ce qu'il est de fait : la prime de change d'un contrat de change à terme de crédits en monnaies distinctes mises à parité. La monétisation internationale des primes de crédit redonne à la puissance régalienne publique la fonction de notation du crédit en dernier ressort.

L'adossement de l'euro à un marché de CDS implique une chambre européenne publique de compensation. Tous les débiteurs garantis en euro doivent y déposer le compte de tous leurs contrats de crédit impérativement garantis par des primes de crédit. Les cautions sont nécessairement distinctes des emprunteurs. La compensation créée une solidarité calculée entre la masse des emprunteurs, des prêteurs et des acheteurs primaires. La compensation en euro implique alors une circulation publique et vérifiable du capital en monnaie ; laquelle interdit la dissimulation des engagements de crédit et oblige à s'acquitter de la fiscalité finançant la loi du crédit.

L'indexation du crédit en euro sur une compensation publique transparente transforme l'activité de notation du crédit en production de modèles d'appréciation du crédit selon les lois, les prix et la moralité des emprunteurs. La rémunération des notateurs est indexée sur la qualité des modèles ; laquelle est appréciée publiquement dans la compensation en euro des primes de crédit. Les acheteurs primaires du crédit garants effectifs du risque de crédit achètent les modèles de notation à proportion de la certitude qu'ils leur apportent sur le crédit des débiteurs qu'ils couvrent.

Un marché de garantie systématique de tout objet de crédit par des primes compensées dans une unique monnaie est en soi un moteur de notation objective, réaliste, sûre et concrète. Le règlement monétaire compense les primes dans une loi commune au prêteur et à l'emprunteur. La notation est alors la prime d'un emprunteur réglée sur le prix emprunté de l'objet à terme. La valeur de la notation est alors d'engager la responsabilité effective d'un acheteur primaire sur le crédit d'un emprunteur. Le crédit est apprécié par l'impossibilité marchande de se dérober à la réalité de ses engagements entre l'emprunteur et ses garants. La prime de compensation d'un CDS devient alors une monnaie absolument stable.

Pascal Ordonneau : Le financement privé des Etats et leur notation sont-ils illégitimes ?

Par Pierre Sarton du Jonchay - Publié dans : Monnaie
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